Applications médicales - compte-rendu ; n°1 ; vol.24, pg 623-638

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L'année psychologique - Année 1923 - Volume 24 - Numéro 1 - Pages 623-638
16 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1923
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3° Applications médicales
In: L'année psychologique. 1923 vol. 24. pp. 623-638.
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3° Applications médicales. In: L'année psychologique. 1923 vol. 24. pp. 623-638.
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pérament et des instincts. Il y a donc nécessité, dans le dépistage
des anormaux, d'opérer par des méthodes nettes, appliquées de man
ière homogène, j
M. L.
ADA HART ARLITT. — The relation of intelligence to age in negro
children (La relation entre l'intelligence et l'âge chez les enfants
nègres. — J. of appl. Ps., 1922, VI, 4, p. 378-384.
243 enfants nègres dont 129 garçons et 114 filles ont été testés
à Philadelphie et à New-Orléans au moyen des tests de Binet et de
la Revision Stanford. L'auteur a trouvé que le quotient d'intell
igence pour les enfants nègres décroît avec l'âge
A l'âge de 5 ou 6 ans, les blancs sont inférieurs aux nègres de la
même classe sociale ; au-dessus de 6 ans, les blancs prennent une
supériorité qui croît avec l'âge.
Quoiqu'il y ait plus de filles que de garçons avec un Q. I. supé
rieur à 110 et plus de garçons et de filles avec un Q. I. inférieur à 70,
les différences dues au sexe sont légères, sauf entre 5 et 6 ans ; à cet
âge les filles sont supérieures aux garçons.
J. M. L.
3° Applications médicales.
PIERRE JANET. — La médecine psychologique. — In-16 de 288 p.
Paris, Flammarion, 1923.
L'essentiel des idées exposées, avec une riche documentation,
dans les trois volumes des Médications psychologiques, se retrouve
sous forme condensée dans ce petit livre de la Bibliothèque de
Philosophie scientifique. L'évolution des méthodes de traitement
moral est historiquement retracée depuis les origines magiques et
religieuses, jusqu'aux méthodes modernes, psychophysiologiques,
en passant par la Christian science, le magnétisme animal, la
psychanalyse, la persuasion de Déjerine et de Dubois de Berne, etc.
Les principes sur lesquels reposent les diverses méthodes psycho
thérapiques sont clairement dégagés : automatisme psychologique
et lois de l'activation des tendances, économies des forces, ou ac
quisitions positives, par apport de tendances nouvelles et augmentat
ion des forces.
Enfin les résultats de ces méthodes sont envisagés, et les condi
tions d'application rationnelle nécessaires à l'obtention de succès
thérapeutiques.
L'utilisation grossière et maladroite de la psychothérapie conduit,
en effet, à des échecs inévitables qui entraînent le découragement ;
la psychothérapie ne peut devenir scientifique que si elle s'appuie
sur la connaissance des lois psychologiques ; c'est maintenant seul
ement qu'elle entre dans cette phase après avoir été religieuse et
morale. Et, parmi les lois les plus importantes à observer, selon
Pierre Janet, figurent celles qui ont trait aux « forces de l'esprit »
pour assurer leur bilan en équilibrant harmonieusement les ressources
et les dépenses. H. P. 624 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
WILLIAM BROWN. — Suggestion and Mental Analysis {Suggestion,
et Analyse mentale). — In-16 de 276 p. (3e édition). — Talks on
Psychotherapy (Entretiens sur la Psychothérapie). — In-16 de 96 p.
Londres, University of London Press, 1923.
W. Brown, successeur de Mac Dougall à l'Université d'Oxford,
lecteur de psychothérapie au Kings College de Londres, a été neu-
rologiste consultant de la 4e armée britannique sur le front français
et à eu l'occasion, à ce titre, d'utiliser les méthodes suggestives
dans le traitement des psychonévroses de guerre.
Il a déjà publié sur psychologie et psychothérapie un volume de
mise au point de ses conceptions générales. Il donne, dans ces deux
petits volumes, qui se complètent, un exposé clair de la question
telle qu'il l'envisage.
W. Brown est partisan d'une méthode qui fait appel à la fois à
1' « analyse mentale », c'est-à-dire à la psychanalyse du type freu
dien, mais non orthodoxe, et à la thérapeutique suggestive, la
suggestion — auto ou hétéro suggestion — s'inscrivant dans le
subconscient, aidée par les facteurs émotionnels, d'où viendra
l'influence efficace.
Il fait jouer, dans la genèse des troubles- psychonévrosiques, un
rôle essentiel au « conflit mental » entraînant, suivant les concep
tions de Freud, répression et dissociation.
Le conflit « affaiblit » l'esprit, affaiblit la synthèse mentale, et
facilite l'acceptation de suggestions perturbatrices par le subconsc
ient. On peut alors, par analyse, aider le malade à prendre pleine
connaissance du conflit et à le résoudre, mais aussi utiliser la contre-
suggestion qui complète très efficacement la thérapeutique analy
tique, dans des cas tels que le bégaiement, la toxicomanie, etc.
La pratique de la psychothérapie exige, déclare à juste titre
W. Brown, des connaissances médicales et psychiatriques précises
et étendues, afin de la diriger utilement et de ne pas l'employer à
contre- temps dans des affections organiques exigeant d'autres mé
thodes, et de l'associer aux traitements convenables, à l'opothérapie,
par exemple, dans les perturbations endocrines.
Quant à la théorie de la psychothérapie, W. Brown l'appuie sur
la philosophie bergsonienne dont il résume les principales thèses.
On trouve, dans le livre sur la suggestion et l'analyse mentale,
un chapitre d'exposé et de critique, relatif à la méthode de Coué,
ce qui est évidemment faire à ce dernier beaucoup d'honneur.
Brown, en termes très mesurés, indique que la théorie de Coué
n'apporte rien de bien neuf et est psychologiquement très faible ;
mais il ne la rattache pas à son origine, qui se trouve dans la pra
tique de Liébeault.
Les chapitres sur les conceptions de Freud sont intéressants par
la critique très ferme des exagérations pansexualistes et de l'uni
versalisation de certains modes explicatifs.
Quelques observations personnelles sont données à propos de
l'hystérie comme « dissociation » et de 1' « hystéro-épilepsie ».
Les « entretiens sur la psychothérapie » comprennent trois confé
rences au Kings'College de Londres, sur les maladies nerveuses
fonctionnelles (dissociation, hypnotisme, suggestion), sur la psy- '
PSYCHOLOGIE APPLIQUEE 625
chanalyse, le transfert et la théorie de la libido, enfin sur une théorie
de la mélancolie et de la folie maniaque dépressive, qui est celle de
Freud, à laquelle Brown se déclare très sympathique, d'après ses
observations personnelles.
Il est intéressant de comparer l'attitude de W. Brown, qui est, en
Angleterre, un psychothérapeute très renommé, et de Pierre Janet.
S'il y a, au fond, bien des points de contact entre les deux pensées,
il existe, d'autre part, de très notables divergences.
Parmi celles-ci, on peut signaler la suivante : tandis que Pierre
Janet pense pouvoir formuler des règles psychothérapiques qui per
mettront l'emploi scientifique de la méthode, comme de toute autre
thérapeutique, W. Brown pense que la psychothérapie restera tou
jours un art très personnel, le médecin devant sympathiser, presque
communier avec son malade (« feel with the patient »), afin d'exercer
l'influence affective nécessaire à la pénétration subconsciente de la
suggestion.
L'attitude de W. Brown est celle du médecin- confesseur, elle est
scientifico-religieuse. H. P.
H. PIERON. — Le renouveau de la thaumaturgie et la thérapeut
ique suggestive. Emile Coué ou la nouvelle école de Nancy. —
Revue de France, 3e An., 1, 1923, p. 66-92.
Coué, dont le succès dans les pays anglo-saxons a été très grand,
est un pharmacien de Nancy, ancien disciple de Liébeault, qui ob
tient des succès thérapeutiques, en faisant appel à une méthode sou
vent donnée comme nouvelle, celle de l'auto-suggestion. Et l'on voit
James Drever considérer Coué comme un des principaux psychopa-
thologistes français, sur le même plan que Charcot ou Janet !
En quoi réside l'originalité de Coué ? Le rappel des procédés de
Liébeault permet de constater que la principale différence entre la
méthode nouvelle et l'ancienne, réside dans l'emploi — industrialisé
— de la méthode collective, qui n'est pas précisément neuve et qu'on
peut faire remonter tout au moins auxpratiques thaumaturgiques,
telles qu'elles étaient employées déjà à VAsclépiéion d'Epidaure.
Si, d'après Charles Baudouin, la nouvelle école de Nancy, tout
en n'ayant pas constitué une psychologie nouvelle, a fourni avec
l'influence propre de l'autosuggestion et le rôle capital de l'incons
cient, les éléments d'une psychologie, on peut dire que ces éléments
étaient déjà donnés par Liébeault. En quoi peut consister l'auto
suggestion invoquée par Coué ?
La suggestion, clairement définie par Pierre Janet, comme la pro
vocation d'une impulsion à la place d'une réalisation réfléchie, s'ob
tient par le mécanisme associatif du réflexe conditionnel.
« Dans le cas où vous suggérez à un individu, en faisant appel à
des associations verbales, de faire chaque jour un certain acte à une
heure donnée, ou en de certaines circonstances, vous cherchez à
engendrer un réflexe conditionnel qui s'exécutera de lui-même, au
tomatiquement, sans passer par le mécanisme de l'élaboration per
sonnelle, sans s'exposer au contrôle critique de l'intelligence » ; grâce
à l'action fixatrice de certaines influences affectives assez fortes,
le réflexe conditionnel peut être parfois engendré d'emblée ; mais, en
l'année psychologique, xxiv. 40 626 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
règle générale, la suggestion agit d'autant mieux qu'elle est plus
souvent répétée.
Comment peut-on se suggestionner soi-même ? En s'exposant
volontairement à l'action de facteurs répétés, susceptibles d'en
gendrer, comme réflexe conditionnel, l'impulsion désirée. Mais la
méthode de Coué ne diffère, en rien, de celle de Liébeault ; elle com
porte seulement l'affirmation que c'est l'autosuggestion qui jouera,
alors que c'est son influence suggestive propre qui est en jeu, et que
sa réussite est la négation de la théorie, si théorie il y a. Mais il
n'y a pas de théorie chez Coué ; il n'y a que des procédés pratiques.
Et, par son affirmation habile, le nouveau thaumaturge apaise cette
résistance critique, cette contradiction instinctive qui répond à une
défense individuelle contre les tendances sociales à l'imitation, à la
sympathie, à l'adhésion collective. Liébeault cherchait dans un état
de somnolence plus ou moins accentué, qu'il appelait hypnotique,
l'assoupissement de la résistance ; mais, même pour réaliser cet
état, il faut un certain abandon. Coué use de l'action de la foule qui
vient à bout des contradictions individuelles, et, en outre, « en
faisant appel à la collaboration du malade, en insinuant ainsi en lui
sa propre volonté sous le couvert d'une volonté inconsciente qui lui
serait propre tout en restant de lui ignorée, Coué apaise les réactions
de défense qui peuvent encore persister ».
Et si la méthode obtient certains succès en dehors même des
formes classiques d'accidents névropathiques, c'est grâce à l'action
stimulante incontestable des émotions sthéniques, obtenues en dé
veloppant la foi en cette nouvelle forme de divinité guérisseuse
qu'est l'Inconscient.
Autosuggestion, Inconscient, ne sont en rien des éléments d'une
psychologie nouvelle, ce sont d'habiles recettes d'action morale sur
les patients.
H. P
CAVENDISH MOXON. — M. Coué's theory and practice of auto
suggestion {L' auto-suggestion de M. Coué : sa théorie et sa pratique)
— Br. J. of Med. Ps., III, 4, 1923, p. 320-326.
L'auteur s'efforce de traduire tout d'abord en termes psychanal
ytiques la théorie et la pratique d'auto-suggestion de M. Coué, puis
indique dans quels cas cette auto-suggestion est à recommander,
dans quels cas, au contraire, les méthodes ordinaires de la psycha
nalyse sont à préférer.
M. L.
ERNEST JONES. — The nature of Autosuggestion {La nature de
V auto-suggestion). — Br. J. of Med. Ps., III, 3, 1923, p. 190-212.
S' il y a réellement une auto- suggestion distincte des autres formes
de suggestion, elle ne peut, selon l'auteur, répondre qu'à deux as
pects :
1° L'idée correspond au désir universel de « libre arbitre » et
flatte le sens narcistique d'omnipotence.
2° Elle délivre le patient des formes les plus redoutées de la dépen- .
PSYCHOLOGIE APPLIQUEE 627
dance extérieure (transference sexuelle à la base de l' hétéro- suggest
ion).
Quels phénomènes peuvent être classés sous la rubrique de phé
nomènes d'auto-suggestion ? Ce seront soit les expériences conduites
sur eux-mêmes par un certain nombre d'expérimentateurs (Liébeault,
Baudouin), soit des phénomènes d'auto-hypnose. Cliniquement et
psychologiquement, l'auteur trouve impossible d'établir aucune
distinction tranchée entre l'auto etl'hétéro-suggestion. Partisan des
théories de Freud, il voit dans la suggestion essentiellement un pro
cessus de libido.
M. L.
A.-A. ROBACK. — Behaviorism in the light of Medicine (Le « beha-
viorisme » du point de vue médical). — J. of abn. Ps., XVII, 1, 1922,
p. 88-92.
L'auteur, invoquant certains cas de guérison opérés par des psy
chiatres qui faisaient intervenir la notion d'esprit ou de conscience
dans leur traitement, introduit un certain nombre de restrictions
concernant le « behaviorisme » appliqué à la psychiatrie. La défini
tion que donne Watson d'une intelligence normale : « une déviation
habituelle », lui paraît insuffisante à révolutionner les conceptions
classiques de la psychiatrie, et nécessiter, pour être justifiée, des
chiffres et des cas à l'appui.
M. L.
•G. VERMEYLEN. — Les Débiles mentaux. Etude expérimentale
et critiaue. — In-8 de 150 p., Paris, 1923 (et B., 1, P, 22, p. 4-6).
C'est une très belle étude, tant au point de vue de la méthode em
ployée qu'à celui des résultats obtenus, que notre collaborateur
Vermeylen a consacrée à la débilité mentale.
Laissant de côte une introduction historique intéressante, nous
indiquerons tout de suite quelle fut sa méthode d'examen des dé
biles, qui a heureusement combiné les méthodes globales du type
Binet-Simon et analytiques du type Rossolimo, établissant des
profils comme le dernier auteur, et suivant la croissance globale
d'après une quotation en points, le proc de de l'échelle
Yerkes-Bridge.
Tous les enfants, quel que soit leur âge, leur niveau mental sup
posé, sont donc soumis aux mêmes épreuves et seront notés selon
leur réussite, mais la note sera une simple somme de réussites part
ielles à des épreuves pour lesquelles on appliquera le « tout ou rien »,
de Binet-Simon (échec ou réussite),
II y a 15 séries de tests correspondant chacune à une fonction
mentale particulière : attention perceptive (i) et reactive (2), mé
moire de fixation (3), de conservation (4), et d'évocation (5), imagi
nation simple (6), association simple (7), compréhension (8), juge
ment (9), raisonnement (10), discrimination (il), gen ralisation (12),
imagination créatrice (13), habileté (14), combinaison (l5).
liai voici la liste et la description sommaire :
1° Test de pointage de Rossolimo (attention perceptive). — Da- 628 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
miers dont certaines cases sont garnies de points noirs. A reproduire
après présentation sur un damier en blanc.
2° Test de piquage (attention réactive). — Planchettes percées
de trous marqués de différentes manières. Perforer certains trous
désignés d'avance.
3° Test de répétition d'image (mémoire de fixation). — Tableaux
avec dessins. Retenir un nombre de plus en plus grand d'objets
dessinés.
4° Test de souvenir d'objets (mémoire de conservation). Présen
tation de 10 objets dont il faut retenir la iiste. — Reproduction
après 48 heures.
5° Test d'idenfication de dessins de Rossolimo (mémoire d'évo
cation). — Retrouver parmi un certain nombre de dessins ceux qui
ont été précédemment montrés.
6° Test d'inversion des lettres (imagination simple). — Epeler
en ordre inverse les lettres de mots plus ou moins longs.
7° Test de couplage de dessins (association simple). — Accoupler
de mémoire et dans un ordre préalablement déterminé, des dessins
rouges et noirs.
8° Test d'arrangement d'images de Decroly (compréhension). —
Arranger dans un ordre logique les épisodes mélangés d'une histoire
sans paroles.
9° Test de contradiction de situation de Toulouse et Piéron
(jugement). — Découvrir une impossibilité dans une image.
10° Test des problèmes de Vaney (raisonnement). — Série de
problèmes d'arithmétique de plus en plus difficiles.
11° Test d'analyse de lieux ou de choses de Ziehen (discriminat
ion). — Donner les parties constituantes d'objets de plus en plus
complexes.
12° Test d'appellation de genre ou de qualité de Ziehen (géné
ralisation). — Qualifier des actions dont on vient d'entendre le récit.
13° Test de reconstitution de dessins de Rossolimo (imagination
créatrice). — Chercher la signification de dessins inachevés.
14° Test de solutions pratiques de Rossolimo et Porteus (habileté).
— Petits problèmes de mécanique à résoudre.
15° Test des jeux de puzzles de et de Healy (combin
aison). — Eléments séparés de puzzles à rassembler. .
Chacune des séries comprend 10 degrés de la même épreuve, classés
en ordre de difficulté croissante d'après les résultats obtenus chez
les enfants normaux de différents âges (Maximum de 150 points).
La méthode — qui comporte encore, dans l'établissement des
Moyenne obtenue Limites adoptées
De 6 à 7 ans 57,6 45-70
74,5 70 90 De 7 à 8
De 8 à 9 ans 99,2 90-110
112 110-125 De 9 à 10 10 à 11 ans 130 125-135
138,1 135-145 De 11 à 12
Au-dessus de 12 ans 145-150 PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE 62£
dix épreuves assurant un point chacune, un certain arbitraire —
fut étalonnée par examen d'enfants normaux de 6 à 13 ans dans les
écoles. La moyenne des points obtenus aux différents âges ; et la va
riabilité constatée conduisirent à établir des limites de points.
Mais, au lieu de se contenter du barème global, Vermeylen a eu
l'excellente idée de détailler et de donner les normes correspondant
aux 150 épreuves partielles, ce qui permet d'établir un profil ana
lytique de chaque âge, de suivre ainsi les modes de progrès des di
verses fonctions, et de déterminer la nature des déficiences.
Les tests 1 et 2 sont des épreuves d'attention, les tests 3-5 de mé
moire, le test 6 d'imagination simple, le test 7 d'associations simples,
groupe classé sous la rubrique « fonctions d'acquisition », par V. ;
puis les tests 8 à 13 (compréhension, jugement, raisonnement, discr
imination, généralisation, imagination), constituent le groupe des
« fonctions d'élaboration » ; enfin les tests 14 (habileté pratique) et
15 (combinaison), répondent aux « fonctions d'exécution ».
Voir les normes établies [pour la série des tests dans le tableau
ci-contre (p. 630):
En traduisant sous la forme de profils graphiques ces données,
on voit que la croissance n'est pas égale et régulière pour les diverses
fonctions ; il y a par exemple, un saut à 8 ans pour les fonctions d'éla
boration logique : c'est l'âge ou les notions abstraites commencent
à être utilisées, où la réflexion apparaît, où intervient une activité
synthétique.
D'autre part, les profils individuels montrent que, d'un sujet à
l'autre, les rapports entre les différentes fonctions varient, même si
la résultante globale est la même. « Ainsi donc, dit V., le niveau
mental global n'est qu'une résultante d'aptitudes partielles parfois
très dissemblables, et son obtention ne peut être basée que sur les
résultats partiels établis par l'examen analytique ».
Dès lors l'auteur se trouvait conduit à procéder à une analyse
individuelle des débiles mentaux, et c'est ce qu'il a fait avec succès,
en examinant tous les pensionnaires de la colonie de Perray- Vau-
cluse (placée sous la direction médicale de Th. Simon), ayant d'après
les tests B. S., un âge mental supérieur à 7 ans (80 individus de 8 à
30 ans). Dans 75 0/ 0 des cas, l'âge mental avec l'échelle analytique
était inférieur d'au moins un an à celui obtenu avec l'échelle B. S.
(dans quelques-uns même de ces cas la différence atteignait 2, et
4 ans). « Nous croyons, dit V., que cette surestimation constante du
niveau mental des sujets examinés par la méthode B. S. est une
conséquence de la trop grande fréquence des tests verbaux qui y
sont surtout employés pour les niveaux mentaux dépassant 10 ans. »
Or, les différences individuelles rencontrées chez les normaux se
retrouvèrent, et bien plus accentuées encore, chez les débiles : L'exa
men terminé, un groupe important de sujets présentait une insuffi
sance se répartissant assez également sur les différentes fonctions
mentales et donnant un profil presque horizontal. Un autre groupe
au contraire, marquait des irrégularités dont la signification demand
ait à être précisée. Il en résulte qu'il n'y a pas une seule manière
d'être débile. Certains débiles présentent en effet un développement
insuffisant mais assez harmonique ; d'autres, quoique ayant une
insuffisance générale de leurs activités mentales, marquent en plus Fonctions
Fonctions d'élaboration Fonctions d'acquisition d'exécution
Total
Tests 2 5 6 8 10 ii 12 i5 i 3 4 .* 7 9
4 4 55 6 ans 3 3 5 5 5 4 5 1 3 2 2 3 6
7 4 4 5 5 75 4 5 6 6 6 6 7 3 4 4 6
8 — 6 6 6 7 6 6 7 6 7 97 7 7 7 7 6 6
7 7 9 — 7 7 7 7 7 8 7 8 9 112 7 8 8 8
10 — 9 9 7 8 8 9 8 8 9 10 128 8 8 9 9 9
11 - 10 9 8 9 9 10 9 9 9 9 9 9 10 138 9 10 PSYCHOLOGIE APPLIQUEE 631
une disharmonie manifeste dans le rapport des différentes fonctions
entre elles.
Et les débiles disharmoniques purent être rangés en trois caté
gories désignées sous les noms de sots, instables et émotifs, les débiles
harmoniques d'après leurs réactions spontanées comprenant des
types passifs, actifs, pondérés et puérils.
Les « sots » (Ghaslin), ont bonne mémoire générale, manque d'auto
critique, jugement faux : ils sont incapables de mettre en ordre les
dessins d'une histoire sans paroles ; ils ont de la suffisance et une passi-,
vite générale (absence d'intérêt, incapacité d'effort), avec docilité ;
les erreurs logiques sont constantes, par déséquilibre des activités
mnésiques vis-à-vis des capacités de compréhension et jugement.
Les « instables », sont incapables d'attention soutenue, surtout
quand la tâche n'est pas intéressante ; ils ont une activité de jeu
qui leur permet de réussir les épreuves pratiques des derniers tests
(fonctions d'exécution).
Les « émotifs » se montrent imaginatifs, intuitifs, ils ont une ten
dance à l'irréflexion et à l'approximation, se découragent facilement,
mais sont très sensibles aux encouragements ; ils ont une tendance
« sympathique » continuelle, brodent et enjolivent sous l'influence
de leurs tendances affectives.
Parmi les débiles harmoniques, il en est qui sont caractérisés par
une spontanéité et une versatilité très marquées, ce sont les puérils.
Alors que le caractère « puéril » se rencontre normalement jusqu'à
4 ou 5 ans, de 6 à 8 ans il ne se trouve plus que chez 40 0/ 0 des en
fants, chez 20 0/0 de 8 à 10, chez 10 0/0 seulement de 11 à 12, et
encore il s'agit généralement alors de retardés.
Les débiles puérils sont, eux, à la lettre, de grands enfants. Ils
présentent les mêmes caractères que ceux qu'on constate chez les
jeunes enfants : même mobilité des jeux de physionomie et des
gestes, mêmes rires et larmes faciles, même intensité et inadaptation
des expressions, même activité de jeu et émotivité superficielle, enfin
même manque de coordination mentale et même suggestibilité.
Nous donnons textuellement les conclusions auxquelles V. est
arrivé.
« Définition. — Le débile mental est un déficient :
a) Dont le niveau mental correspond à celui d'enfants de 6 à 10 ans.
b) Qui, en plus de cette diminution globale de ses fonctions ment
ales manifeste une infériorité qui porte particulièrement sur ses
activités d'élaboration.
c) Et dont l'adaptation normale à la vie, par le jeu des suppléances,
ne peut se faire que d'une façon incomplète, l'autonomie des diverses
fonctions mentales, que l'on constate chez l'enfant au-dessous de
10 ans, ayant une tendance à perdurer et à se fixer.
« Méthode d'examen. — 1° La méthode des courbes mentales,
basée sur l'emploi de plusieurs séries de tests gradués en ordre de
difficulté croissante et adaptés à l'examen des diverses activités
mentales, permet de faire à la fois une étude analytique et de poser
des conclusions globales avec plus d'exactitude et de sûreté que ne
le font les échelles synthétiques.
2° Elle permet également d'étudier le rapport qui existe entre les

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