Applications pédagogiques - compte-rendu ; n°1 ; vol.22, pg 533-560

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L'année psychologique - Année 1920 - Volume 22 - Numéro 1 - Pages 533-560
28 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1920
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2° Applications pédagogiques
In: L'année psychologique. 1920 vol. 22. pp. 533-560.
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2° Applications pédagogiques. In: L'année psychologique. 1920 vol. 22. pp. 533-560.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1920_num_22_1_4466PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE 5>a3
WILLIAM M. MARSTON. — Reaction-Time symptoms of deception
(Les temps de réaction comme symptômes de tromperie). — i. of. exp. "
Ps., III, 1, 1920, p. 72-87.
sous la direction de feu Münsterberg, a cherché un test L'auteur,
pour l'application médico-légale. Il a essayé la mesure des temps de
réaction associative en présentant aux sujets des cartes avec deux
colonnes de mots, l'association devant être provoquée, suivant
instruction, par les mots de droite ou de gauche; 4 fois sur 8, le
sujet doit prendre le contre-pied de l'instruction qui lui est dormée.-
Sur les 10 sujets, 4 ont montré des temps plus longs, avec
variation moyenne plus grande, pour les associations correspondant
à la tromperie, les autres ont eu au contraire des temps plus courts
avec moindre variation moyenne, ou tantôt plus courts et tantôt plus
longs.
L'auteur pense qu'il a apporté une pierre à l'édifice de l'expertise
psychologique judiciaire.
En réalité ses expériences avec tâche complexe, — car la tâche de
tromper se réduit ici à traduire le mot « droite » tantôt par droite
et tantôt par gauche — ne répondent aucunement au but proposé
et sont à^ce point de vue sans réelle valeur.
H. P.
2° Applications Pédagogiques.
ED. CLAPAHÈDE. — Psychologie de l'enfant et Pédadogie expéri
mentale, 8e édition. — In-8 de xl-571 pages, 1920. Genève, Kündig.
•Il ne faudrait pas croire, parce que l'on a entre les mains une des
premières éditions de ce livre, dont le succès fut considérable et
qui fut traduit en toutes langues, qu'il est inutile dé se procurer
une édition nouvelle. C'est en réalité un ouvrage nouveau que publia
Claparède en 1915 comme 5e édition. Des trois grandes parties, à
peu pr-ès égales, que comportait la 4e édition, en 1911, l'une relative
à l'introduction doctrinale, à l'historique, aux problèmes et aux
méthodes, la seconde au. développement mental, et là troisième à
la fatigue intellectuelle, il a supprimé la dernière, qui reparaîtra dans
un deuxième tome avec des chapitres sur la mémoire, l'intelligence,
la volonté; et il a considérablement étendu les deux premières, dont
le nombre de pages in-16 était de 290 et dont le nombre de pages
in-8 dépasse maintenant r>50 !
Claparède fait ainsi profiter le lecteur dé son information très
vasteT II tient à jour son historique, précise les problèmes, discute
les objections des misonéistes dans son Introduction, ajoute une
partie technique très clairement rédigée sur les méthodes biomé
triques appliquées en psychologie, enfin complète sa très jnté-
ressante étude du jeu, où il voit la forme naturelle de l'appren
tissage de l'enfant, à laquelle l'éducation doit savoir se plier. Comme
cette cinquième édition avait été tirée d'un coup à plusieurs milliers ■
/
534 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
d'exemplaires, dont chaque coupure de mille prit le nom d'édition,
la huitième, dans le texte, ne diffère pas des précédentes immédiates.
Mais toujours soucieux de mettre son livre au courant, l'auteur
a apporté, dans les 25 pages de la préface, outre des errata, les
données qu'il lui a été possible de recueillir pour compléter.l'histo-
rique, et les chapitres des problèmes (la guerre et l'école, l'orien
tation professionnelle, la sélection des bien doués, la culture
générale), des méthodes (tests, profils, etc.), et du développement
mental (le jeu dans l'éducation, la maison des petits, etc).
Ainsi, peu à peu, le recueil initial de quelques articles de vulga
risation tend à devenir un véritable traité que, d'emblée, Clapa-
rède n'eût peut-être pas osé entreprendre, et que l'on finira par
obtenir de son bel esprit de synthèse. L'ouvrage, dont nous espé
rons voir bientôt le second tome, ne sera peut-être plus aussi
facile à lire que dans la première édition, mais, s'il perd au point
de vue de la grande vulgarisation, il gagne beaucoup en importance
scientifique, ' et devient un instrument de travail dé premier H. P. ordre.
PAUL LAPlE. — Pédagogie française. — In-16, 216 pages, 1920.
Paris, Alcan.
analogue' Voici, réunies mais de en but un différent, petit volume, et que une la série situation d'études actuelle d'esprit de
l'auteur suffit à imposer à l'attention. On y trouve en effet mises en
lumière les grandes directives que lé Directeur de l'enseignement
primaire désire imprimer à l'éducation et à l'organisation scolaire.
Ses propres recherches pédologiques doivent constituer un
second volume, qui fera suite à ce livre de pédagogie pratique.
Le premier chapitre, qui a donné son titre à l'ouvrage, est le
mémoire rédigé pour l'Exposition de San Francisco en 1915,' et
publié dans la « Science française » ; il retrace l'œuvre importante *
de la pédagogie française, essentiellement libérale, qui s'est surfcmt
attachée à l'organisation scolaire et universitaire, et qui, dans le
détail, tâche de s'inspirer de la psychologie pédologique, suivant
l'impulsion féconde de Binet, mais devra utiliser les acquisitions de
la sociologie, sans négliger les données de la physiologie (dans
lesquelles l'auteur fait rentrer, ce qui ne laisse pas d'étonner un
peu, les théories de Ribot), tout en se rappelant qu'elle est un art,
une adaptation des vérités établies à la réalisation d'un idéal.
La deuxième étude, sur les principes psychologiques de la péda
gogie, reproduit une conférence, faite en 1909 à l'École de Saint-
Maixent, et destiné« à faire pénétrer l'esprit généreux de la péda
gogie libérale, avec une discipline adoucie, dans l'éducation du
soldat, en s'adressant à des sous-officiers, élèves officiers. Le prin
cipe fondamental développé dans cette conférence? c'est qu'on ne
fait de l'éducation qu'en modifiant la conduite parla modification
des idées. Mais, dans le détail, se rencontrent des difficultés que n'a
pas esquivées i'auteur, en tant que le but du dressage militaire est APPLIQUEE 535 PSYCHOLOGIE
de mener les hommes, alors.que le but de l'éducation civile, ou du
moins de la partie philosophique de cette éducation, c'est d'em
pêcher les hommes de se laisser mener.
Ici se poserait le problème capital de l'antagonisme entre le but
individuel et le but social de l'éducation! On ne peut plus aujour
d'hui demander à Lapie de le traiter dans toute son ampleur, car, de
par ses fonctions, il ne pourrait plus le faire avec l'objectivité
indispensable. Mais, on trouve ici des conseils de détail pleins de
finesse et de ce tact qui caractérise le véritable éducateur.
Comme recteur de l'Université de Toulouse, l'auteur, en des
circulaires ou des allocutions, s'est souvent adressé au personnel
de son ressort, pour lui donner des conseils et des directions, et
cela nous vaut plusieurs chapitres sur « méthode directe, méthode
active », sur les résultats de l'enquête — qui provoqua la rédaction
de 114 mémoires — relative à ce problème « comment fixer les
connaissances dans l'esprit de ses élèves », sur « la composition
française », enfin sur « l'enseignement des sciences physiques »,
où, bien justement, Lapie voudrait voir utiliser les manipulations
dans un esprit inductif, en faisant découvrir plutôt que vérifier, et
sanctionner cet enseignement concret par un examen pratique au
baccalauréat.
La préface à la traduction française de la « pédagogie scien
tifique » de Mme Montessori, relative à « l'éducation des tout petits »,
et deux articles de la Revue pédagogique, « Un regard sur l'école
d'après guerre » et « Que seront demain nos écoles normales? », où
se trouve indiqué l'esprit général de la .réorganisation de l'enseign
ement primaire conçue par son directeur, terminent ce livre plein
de suggestions intéressantes, auxquelles nul ne saurait rester
indifférent. H. P.
MARIA MONTESSORI. — Pédagogie scientifique. I. La Maison des
enfants. II. Éducation élémentaire. — 2 vol. in-4° de 225 et
472 pages, avec planches, Paris, Larousse.
Tous ceux qui s'intéressent à la pédagogie se doivent de lire
avec soin ces ouvrages, traduits par Miss Cromwell l et préfacés une sympathie comprehensive et les réserves nécessaires par
Paul Lapie, dans la belle édition de la Librairie Larousse. Le
deuxième volume, écrit en 1916, est précieux dans sa partie
spéciale, où l'auteur développe sa méthode, pour l'adapter à l'e
nseignement élémentaire de six à dix ans, avec son souci d'obtenir
par l'intérêt, par l'activité, une spontanéité d'effort très féconde,
et de toujours aller du concret à l'abstrait, en employant un matér
iel de plus en plus compliqué.
Dans la partie générale, se marque une évolution assez fâcheuse;
1. Il y a parfois quelques impropriétés techniques dans la traduction.
Si désigner l'asile d'aliénés comme « maison de fous • n'est pas très
grave, appeler substances « proléiques » alimentaires les matières amyl
acées et grasses au même titre que les azotées l'est davantage. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 536
Mme Montessori se montre diffuse, remplissant d'anecdotes personn
elles, ou d'histoires très diverses, des chapitres où l'on note au
passage des idées intéressantes, mais où il' y. aurait matière à
critiques singulièrement sévères; d'une façon générale, partie de
la science et de la technique, mais avec un besoin d'action et d'apost
olat, une foi qui lui a valu le succès, elle traité de haut maintenant
la technique et la science; grisée par le succès, elle s'exagère la
puissance de son œuvre et, avec un mysticisme envahissant, donne
à 1' « âme », à la « religiosité » une place qui n'a plus rien à voir
avec la « pédagogie scientifique».
Aussi, malgré l'intérêt pratique incontestable de ce second livre,
on s'attachera davantage au premier, plus modeste mais plus scien
tifique tout de même, où tous les principes sont clairement mis en
lumière, et où leur application s'adresse de façon adéquate au
matériel qui leur convient essentiellement — le jeune enfant, au
cours de la première éducation — dans les séduisantes « case dei
bambini ».
On prendra connaissance de la personnalité de l'auteur, médecin
psychiatre, pédiatre, bientôt anthropologiste et psychologue, se
mettant relativement tard à étudier la pédagogie, lorsqu'elle entra
en contact avec la pratique de l'éducation chez des anormaux. On
trouvera l'histoire de la méthode, de sa genèse, de son déve
loppement, de ses succès. C'est en étudiant les méthodes qu'Itard
avait appliquées à cet enfant abandonné dans les bois, où
il avait longtemps vécu une vie primitive, et demeuré muet,
connu sous le nom du « Sauvage dexl'Aveyron », méthodes
que Séguin avait développées pour les enfants anormaux, que
Mme Montessori trouva sa voie. Tülle suivit son maître lointain
Seguin, s'astreignant à copier en italien, en les calligraphiant, les
600 pages de son ouvragé français ; elle perfectionna ses procédés,
et, voyant leur réussite chez les anormaux, les étendit aux normaux.
Le succès fut rapide, et aujourd'hui la méthode Montessori, qu'il
serait plus juste d'appeler la méthode Seguin-Montessori, se
répand dans tous les pays, surtout dans ceux où n'existait pas
encore l'école maternelle d'esprit frœbelien, moins en France, où,
en particulier sous l'influence de la grande pédagogue qu'est
Mme Kergomard, on a donné depuis longtemps déjà une assez
grande liberté au jeune enfant n'ayant pas atteint l'âge scolaire.
Toutefois la méthode Montessori paraît bien constituer un "progrès
très réel dans l'éducation des tout petits, avec son appel plus
marqué à la spontanéité, son élimination initiale de tout ce qui est
abstrait. La critique du banc et du pupitre, si elle est imprégnée d'une
vivacité tout affective, n'en est pas moins très juste. La conception
d'une liberté de l'enfant n'ayant comme limite que l'intérêt collectif,
est très rationnelle; c'est grâce à une discipline très prudente que
le contrôle social commence à s'exercer sur l'individualité enfant
ine, emprisonnée à l'excès dans presque toutes les écoles. L'appel
-à 1' « auto-éducation », guidée par celle qui ne s'appellera plus
« institutrice » mais « directrice », avec le bénéfice d'une joie puis- PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE 537
santé pour l'enfant, celle de la découverte, dont on le prive mala
droitement, est très fécond. Le matériel concret imaginé, — d'après
Seguin, ou par adaptation à l'éducation sensorielle de dispositifs
esthésiométriques rencontrés dans des laboratoires de psychologie,
en particulier de ceux de Pizzoli — est utile et ingénieux, sans
qu'on doive se croire obligé d'ailleurs de s'y attacher avec supers
tition, car on en peut imaginer bien d'autres formes équivalentes.
Comme l'ouvrage est très bien illustré, et agréable à lire, on
prendra connaissance de la méthode, dans ses principes théoriques
généraux et dans le détail de sa pratique, si on ne l'a fait déjà, sans
se laisser distraire, comme certains enfants cités par l'auteur, qui
sont pris par le jeu de « savoir ».
On goûtera les remarques d'une observatrice passionnée, dont le
cœur est maternel, comme le remarque P. Lapie, et on profitera de
ce que celui-ci appelle des « trouvailles » pédagogiques, comme le
jeu ou la leçon de silence, avec l'éducation de l'inhibition qu'elle
comporte. '
II n'est pas possible de discuter ici la place de la méthode mon-
tessorienne en pédagogie, d'examiner ses rapports avec la méthode
Frœbel, ou celle de l'Institut J.-J. Rousseau de Genève * et de com
parer sa technique avec celle à laquelle aboutissaient certains ,
de nos jeunes maîtres, comme le regretté Pernet qui aurait fait
honneur à la pédagogie française, dans la classe d'anormaux qui
lui avait été confiée par l'inspecteur Berthonneau.
Toutefois il est impossible de ne pas signaler l'analogie des prin
cipes fondamentaux empruntés par Mme Montessori à Itard et
Seguin avec ceux que Decroly, médecin aussi, dégagea pour son
propre compte à Bruxelles, en s'adressant également à l'éducation
des enfants «normaux, pour les appliquer ensuite, lui aussi, aux
normaux, en une méthode qui tend à se généraliser officiellement,
"dans l'enseignement belge. En particulier la notion des « centres
d'intérêt » de Decroly, plus scientifique, plus précise d'ailleurs,
correspond à la « polarisation d'attention » de Mme Montessori.
Cela montre bien que l'évolution moderne impose à la pédagogie
des tendances communes.
H. P. .
P. SECELLE et A. DEKOCK. — L'éducation des enfants anormaux
et arriérés. — In-16, 284 pages, 1920. Paris, Maloine. —
0. DECROLY et GÉRARD BOON. — Vers l'école rénovée. — In-18,
48 pages, 1921, Paris, Nathan.
Dans le livre de Mlles Secelle et Dekock, préfacé par le
Dr S. Chauvet qui en a assuré la. publication, les deux institutrices
à la section d'enseignement spécial de la ville de Bruxelles
exposent en détail la mise en œuvre de la très remarquable
1. Claparède reproche à Mme Montessori de ne pas donner encore
assez de liberté à l'enfant, et de faire usage d'un matériel artificiel au
ljeu de jouets véritables, >
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 538
méthode pédagogique de notre collaborateur Decroly, l'une dans
les classes d'anormaux, l'autre dans les classes d'arriérés.
Cette méthode, d'esprit scientifique rigoureux et de fine inspira
tion psychologique, dont les succès pratiques se sont montrés très
grands, et qui ne cesse en Belgique de gagner du terrain, passant
de l'enseignement libre à l'enseignement officiel, s,e développe à
partir d'une notion fondamentale, celle des centres d'intérêt.
Au Jieu de diviser le savoir en branches distinctes, de le clo
isonner en compartiments étanches, toute connaissance nouvelle,
dans quelque direction que ce soit, devra se rattacher à une idée
commune pour laquelle l'intérêt de l'enfant aura été éveillé; de cette
manière cet intérêt le conduira à acquérir spontanément des
données diverses dont il comprendra le sens, et qui s'intégreront
dans un système mental organisé, actif, vivant.
Les données les plus abstraites viennent à propos de quelque
chose et non pour elles-mêmes; leur utilité apparaît dès lors imméd
iatement: le centré d'intérêt sera, pendant toute une époque : les
jeux, ou l'alimentation, ou le vêtement, etc.
A ce propos la géographie, l'histoire, l'arithmétique, les sciences
naturelles, la langue, l'orthographe, viendront s'intégrer dans un
enseignement cohérent et séduisant.
Dans l'opuscule de Decroly et Boon, les principes de la méthode
sont clairement exposés ; en outre, on trouvera, dans le petit livre
des deux institutrices, des exemples concrets, détaillés, de l'appli
cation de cette méthode excellente, dont la diffusion est très dési
rable chez les normaux.
H. P.
Dr J. DEMOOR et T. JONCKHEERE. — La science de l'éducation.
— Bruxelles, Lamertin, 1920, 380 p., 2° éd., 1921, 436 p.
La psychologie et la pédagogie de l'enfant ont surtout été envi
sagées au point de vue biologique. D'importants chapitres sont
consacrés aux bases biologiques de la vie psychique. Les auteurs
envisagent tour à tour la vie cellulaire, la fécondation, l'hérédité,
.les variations individuelles et l'évolution. Chaque fois qu'il est
possible de le faire des conclusions d'ordre pédagogique sont tirées
de façon à- répondre à l'esprit général du livre qui veut prouver les
rapports étroits du physique et du psychique et les avantages que
peuvent tirer les éducateurs d'une connaissance approfondie de la
biologie en général et de l'anatomie et de la physiologie humaine
tout particulièrement.
Les chapitres consacrés à l'étude du système nerveux sont part
système' iculièrement nerveux intéressants. central en Les envisageant auteurs étudient chaque chaque fois la étage fonction du
psycho-physiologique à laquelle il est particulièrement affecté. En
passant ou dans des conclusions spéciales ils tirent les enseigne
ments qui peuvent servir aux pédagogues.
L'étude de la structure et des fonctions de la moelle, de la fatalité PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE 539
du réflexe et de l'absence d'automatisme spontané de la moelle
nous engage à faire un dressage progressif de l'inhibition et à éviter
l'uniformité disciplinaire.
Suit l'étude des différents centres cérébraux : le centre occipital
et son rôle dans l'ordre d'apparition des images et des idées visuelles,
l'intuition visuelle et l'esthétique de la vue; le centre de l'audition;
le centre de la sensibilité générale et du mouvement ainsi que la
signification psychologique du travail de ce centre par rapport à la
formation des idées du « moi » et du « non moi »; le centre de
Broca et le rôle du langage au point de vue de l'abstraction et de
la généralisation ; les centres principaux d'association enfin : le
centre pariétal qui est, d'après les auteurs, le centre des idées
abstraites et générales, le centre frontal qui est le des
morales et de la personnalité.
L'étude de la structure et des fonctions du bulbe amènent tout
naturellement la question de l'état émotionnel, colère, esprit de
révolte, bouderie, peur, timidité, et de l'éducation de cet état émot
ionnel chez l'enfant.
Les fonctions psychiques supérieures sont, elles, envisagées
d'après les données de la psychologie expérimentale. Les auteurs
insistent surtout sur celles qui ont une utilité plus directe à l'école
et auxquelles l'éducateur fait plus spécialement appel : la mémoire
et l'attention. De plus les auteurs ajoutent quelques pages sur des
questions d'actualité telles que le témoignage, le mensonge, la
fatigue intellectuelle, le surmenage à l'école et le jeu. Il est assez
curieux de constater le peu de place qui est accordé à l'exposé des
méthodes d'investigation des aptitudes mentales. Après avoir
constaté que parmi les méthodes qui permettent de tracer le « profil
psychologique » celle des tests attire fortement l'attention, les
auteurs concluent que « depuis la méthode du test unique d'Ebbin-
ghaus jusqu'à celle des épreuves complexes de Rossolimo, la plus
intéressante est celle que B. S. ont décrite en 1905, en 1908 et en
1911 » et ils en donnent un résumé. Cette méthode est loin d'être
parfaite et d'une précision mathématique, mais elle a néanmoins une
grande valeur d'orientation et est utile pour différencier les normaux
des anormaux et les anormaux entre eux.
Le 4e livre s'occupe de l'évolution de l'école et donne un excellent
aperçu du développement des œuvres de protection et d'éducation
des enfants, surtout en Belgique. Ils envisagent successivement les
jardins d'enfants, les « case dei bambini », l'école primaire à seé
différents degrés et l'école moyenne. Un chapitre particulier est con
sacré aux écoles pour enfants qui évoluent irrégulièrement : les
sourds-muets, les aveugles, les enfants infirmes, les enfants arriérés
et les anormaux médicaux. Dans l'ensemble ce livre constitue un
excellent compendium qui pourra être utilement consulté par les
pédagogues et les personnes qui s'occupent des œuvres de l'enfance.
La clarté du style et la division judicieuse des chapitres en
rendent de plus la lecture facile et agréable.
G. V. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 540
TOBIE JONCKHEERE. — La Pédagogie expérimentale au jardin
d'enfants. — Bruxelles. Lamertin, 1921, 140 p.
Là plupart des recherches concernant la psychologie de l'enfant
se rapportent aux élèves des écoles primaires, certaines ont trait à
l'évolution de l'enfant de zéro à trois ans. Très peu concernent
l'enfant de trois à six ans. Parmi elles la plupart s'appuient « sur
des hypothèses et des constatations fragmentaires ou hâtives, au
lieu d'être le résultat de l'observation méthodique ou de l'expé
rience raisonnée ». Il faut combler cette lacune et faire pénétrer
la pédagogie expérimentale, non seulement à l'école primaire,
mais aussi au jardin d'enfants. Pour cela il faut que l'enfant de
trois à six ans soit soumis à l'observation attentive et à l'expér
imentation. Ce sont les directives qui sont nécessaires pour les
mener à bonne fin que l'auteur se propose de consigner dans ces
pages. 41 y a joint des données exactes qui ont été recueillies sur la
psychologie de l'enfant de trois à six ans. L'auteur passe succes
sivement en revue les meilleures méthodes de mesure de la taille,
du poids, du périmètre thoracique, de l'acuité visuelle, de la per
ception syncrétique. de la notion chromatique, de l'acuité auditive,
olfactive, gustative, du sens musculaire et de l'aptitude manuelle.
Puis viennent les fonctions psychiques supérieures ; la mesuré de
l'intelligence générale, la mémoire, l'attention, le raisonnement,
les notions de choses, les idées de nombre, les notions de temps, etc.
Enfin les sentiments : peur, colère, cruauté, justice, générosité,
curiosité, intérêt.
Ces pages n'ont-pour but que d'amorcer l'étude méthodique de
l'enfant de trois à six ans. Elles tendent surtout à résumer une
série de faits déjà mis e"n évidence de façon à déterminer des
recherches de contrôle et d'acquisitions nouvelles. Si elles com
prennent la tâche qui leur incombe, les institutrices des petits ne
seront plus seulement des « gardiennes » d'enfants mais des édu-
catrices qui, après avoir étudié et compris l'enfant, pourront lui
appliquer les meilleurs procédés pour assurer son développement
"" intellectuel.
G. V.
F.-A.-C. PERBIN. —A Comparaison of motor tests with Estimates
of Character. — Mental Test Scores and University Grades. Univer
sity of Texas. American Psych. Assoc, 1920.
L'investigation porte sur l'analyse de l'habileté motrice étudiée
chez 5t sujets adultes au moyen de 3 tests de complexité motrice
(complex motor tests) : le. test dé fatigue de Bogardus, le « card
sorting », un. « coordination test » et 14 tests de fonctions motrices
élémentaires portant sur le rythme, le balancement, la mémoire
motrice, l'inhibition, 1' « aiming », etc. Comme notes complément
aires l'auteur ajoute : l'observation systématique du sujet durant
l'épreuve, l'estimation de certains traits du» caractère observés ■
APPLIQUEE 541* PSYCHOLOGIE
durant le test, les « mental test scores», les grades universitaires
du sujet.
Ses conclusions sont intéressantes. L'habileté motrice n'est pas
générale mais très étroitement spécialisée, le rapport des différents
tests ne montre pas de corrélation. Le type intellectuel établi par
les tests mentaux, et les grades universitaires, ne donnent pas de
corrélations significatives avec l'un ou l'autre test moteur spécial ;
mais pourtant les facteurs intellectuels contribuent à l'habileté
supérieure dans les « complex motor tests ». L'assertion que ce
sont les traits généraux du caractère qui peuvent être le mieux
employés comme principes explicatifs dans l'analyse des habiletés
motrices ne se justifie qu'en partie. Enfin les facteurs émotionnels
sont difficiles à évaluer mais en général leurs effets sont secondaires.
La pression sanguine ne peut donner des indications au sujet des
troubles émotifs. *
• G. V.
ANDREW LION ARD. — A Parents study of Children's Lies. —
Ped. Sem. vol. XXVII, n° 2, June, 1920, p. 105-136.
D'après 294 cas étudiés chez des étudiantsde collèges et des amis
et 379 cas de garçons et filles du Junior High School. Les recherches
ont porté sur l'influence de l'émotion, des circonstances et de
Timpulsion sur le mensonge de l'enfant et sur son attitude pendant
le mensonge. Le buta été de déterminer « a standard of morals in
regard to lying » pour lès parents dans le cours de la vie.
L'auteur montre d'abord l'universalité du mensonge puis l'habitude
du mensonge, sa contagion, ses relations avec d'autres délinquences,
ses rapports avec la littérature.
Comme œuvres générales du mensonge il note : a) la déviation
intellectuelle amenant un manque de distinction entre l'expérience
réelle des personnes et des choses et celle des images. C'est le type
infantile qui porte sur 12 p. 100 des cas étudiés; b) les impulsions
émotives dans lesquelles il groupe la peur des punitions physiques, la
désapprobation, la peur du ridicule, la privation de sympathie, etc.,
s'applique à 48 p. 100 des cas; c) l'invention volontaire, où manque
l'appoint émotif et qui est toujours plus ou moins prémédité,
20 p. 100 des cas; d) enfin toute une série d'autres facteurs moins
fréquents.
L'auteur insiste surtout sur le fait que le mensonge est conditionné
par l'état de la société actuelle qui demande le ndensonge, et plus
étroitement par le milieu familial. « Le problème de la véracité de
l'enfant est essentiellement un problème familial. L'école n'inter
vient que dans la maturation de l'habitude » : Comme prophylaxie
il préconise le développement de l'esprit clair, l'attitude sincère
des parents, leur sympathie et leur intérêt sérieux aux problèmes
qui troublent l'enfant, l'étude et la répression de ses impulsions
émotives.
G. V.

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