Association et Imagination. Les Images et l'Eidétisme. Le Rêve - compte-rendu ; n°1 ; vol.31, pg 842-855

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L'année psychologique - Année 1930 - Volume 31 - Numéro 1 - Pages 842-855
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1930
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VIII. Association et Imagination. Les Images et l'Eidétisme. Le
Rêve
In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 842-855.
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VIII. Association et Imagination. Les Images et l'Eidétisme. Le Rêve. In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 842-855.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1930_num_31_1_30079842 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
étendue de 91*1 % et d'une exactitude de 93,4 % ; les 12 sujets du
typé li (intégré d'une manière moins constante) ont eu une étendue
de 80j3 % et une exactitude de 77,3 % en moyenne. Au cours d'un
second interrogatoire, après un intervalle de deux semaines, les
chiffres ont été : 87,6 % et 90,4 % pour lss sujets du type It et
75,6 % et 74,6 % pour ceux du typé I8. Les premiers semblent supé
rieurs dans les questions relatives aux couleurs ; les seconds ont
mieux retenu les relations spatiales entre les parties de l'image.
D. W.
Vllt. — Association et Imagination
Lei? Imagée éb l'fildëtisme Lé Rêve
1164. — W. KŒHLER. — Concepto de Asoeiaciön [Concept d'as
sociation). — Archivos de la Sociedad de Biologia de Montevideo,
Suppl, 1930, p. 19-24.
Dans cette communication au Congrès biologique de l'Amérique
latine, K. rappelle que le concept classique d'association ne tient pas
compte du fait biologique fondamental de l'organisation. Comment,
en dehors des groupements morphologiques, pourrait-on donner une
représentation adéquate du corps humain grâce à une enumeration
du contenu de chaque millimètre cube.
Il y a une organisation de la vie mentale, qui correspond à une
organisation neurologique, impliquant des fonctions unifiées en de
hors de toute association. Comme pour des atomes entrant dans la
structure d'une molécule, les matériaux psychologiques dans
une organisation nouvelle changent complètement d'aspect, ainsi
que le montre bien l'étude des progrès dans l'apprentissage.
Kt énonce la loi de mémoire d'après laquelle, en vertu des proprié
tés du substrat, après une consécration mentale donnée, la répétition
d'urie partie coûduii à la répétition du tout.
C'est cette loi qui doit se substituer à celle de l'association, qui
n'est qu'un effet secondaire dé Vorganisation naturelle, concept dyna
mique commun à la psychologie et à la neurophysiologie,
Qu'il me soit permis de rappeler à cette occasion que, dès 1904, ej
dénonçais formellement le concept classique de l'association, et mont
rais le rôle de l'organisation mentale et de la synthèse, proposant
de substituer aux lois courante.5 cette loi unique dont la parenté
avec la loi de Köhler apparaîtra bien d'après son énoncé :
« Deux états, disais-je, qui ont coexisté dans la conscience de manière
à former Mux parties d'un même groupement systématique tendent à
s'attirer, de manière à former un analogue avec d'autant
plus de force que le premier groupement était plus cohérent et qu'ils ont
été plus souvent réunis dans un même système à. » H. P.
1. Voir aussi les n<"> 767, 1189, 1279.
i. H. Piêronj Là eoiicopticM générale de l'Association et les données de
l'expérience, Revue Philosophique, mai 1904, p. 493-518. " ASSOCIATION teï IMAGINATION. RÊVE 843
il6ö. - A. WOHLGEMÜTH. - Thë conditioned reflex and some
psychological analogues {Le réflexe conditionnel et certains pröce sus
psythiques analogues). — J. of Ment. Se, LXXVI, 1930, p. 764-771.
L'auteur trouve une ariâlogiê entre là voie de formation des asso
ciations psychologiques et celle des réflexes conditionnels. L'analogie
est assez étroite dans certains processus psychologiques, comme par
exemple dans la formation du transfert affectif, Un stimulus indiffé
rent peut devenir un stimulus affectif, ayant été autrefois associé à
un état affectif léel. De même, la formation des associations dans la
mémoire motrice est soumise aux lois des réflexes conditionnels. Ici
le stimulus indifférent pour devenir Un excitant conditionnel doit
précéder le stimulus non conditionne^ l'excitation ne chemine que
dans un sens. Par contre, les associations visuelles ne paraissent pas
être soumises à ces lois. En étudiant la mémoire de couples de
mots, lorsque l'élément moteur avait été éliminé, l'auteur a trouvé
le même nombre de reproductions en évoquant lé premier ou le
second élément du couple. Cette mémoire visuelle, caractérisée par
la réversibilité de la direction de l'association, est appelée par l'au
teur mémoire psychologique, pour la différencier de la mémoire
motrice, qu'il appelle mémoire physiologique. B. N.
1166. - G. L. FREEMANN. - The rôle oî context in associative
formation {Le rôle du « contexte » dans la formation associative). —
Am. J. of Ps., XLII, 2, 1930, p. 173-212.
On s'est efforcé dans ce travail de dégager les principaux facteurs
d'organisation opérant dans la formation de nouvelles associations.
Dans les 4 groupes d'expériences exécutées, le matériel (syllabes sans
signification) a été choisi de façon à suggérer la mise en œuvré d'une
variété de ces facteurs. Dans la première série, aucune organisation
du matériel lui-même n'était impliquée ; les syllabes à associer ne
présentaient entre elles que des liens fortuits. Pour qu'il y ait ass
imilation, le sujet devait lui-même avoir recours à des facteurs « ex
trinsèques » d'organisation, tels que des sons, un rythme, une loca
lisation, etc.. Dans la 2e expérience, des possibilités de liaison entre
les éléments à associer étaient suggérées, le 2e terme d'une paire de
syllabes étant soit une rime, soit un renversement du premier. En
3e lieu, on a considéré l'effet, sur l'assimilation, d'un lieh logique,
exprimable sous forme de loi, tel que la substitution d'une lettre à
la lettre suivante dans l'alphabet. Enfin, dans la 4e série d'expériences,
une relation symbolique était suggérée, lés Syllabes sans Signification
rappelant grossièrement par leur consonance la succession dés mots
d'une chanson, poésie, etc.
Les résultats expérimentaux de cette importante Recherche, étâyés
par les rapports introspectifs des sujets, ont permis d'aboutir à
quelques coriclusiohs sur l'efficacité relative des différents facteurs
d'organisation considérés. Eh premier lieu viennent les
intrinsèques de rime et d'inversion. Ensuite la trame logique, presque
aussi efficace pour la formation de nouvelles associations, et qui
semble même, avec le temps, plus favorable. L'utilisation d'un fac
teur symbolique entraîne généralement une assimilation soudaine, 844 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
mais peu durable. L'efficacité des facteurs tels que le son, le
rythme, etc.. n'est pas non plus négligeable.
Dans tous les cas, on voit opérer des facteurs secondaires d'orga
nisation sans lesquels il ne peut y avoir assimilation. « L'organisation
« n'est qu'une progression continue vers une organisation complète
« impliquant de nombreux changements dans la manière de procéder
« et de formuler les instructions. » Plus que les éléments à fixer et les
liens absolus qu'ils ont entre eux, la trame qui les soutient contri
buera à déterminer ce qui pourra être reproduit. A. B.-F.
1167. — J. A. MC. GEOCH. — The influence oî associative value
upon the difficulty of non-sense syllable lists (Influence de la valeur
associative sur la difficulté des listes de syllabes sans signification).
- J. of genet. Ps., XXXVII, 3, 1930, p. 421-426.
3 séries d'expériences (2 sur adultes et 1 sur enfants), ont servi à
déterminer la difficulté relative que présentent pour leur mémoris
ation des listes de 10 syllabes sans signification, groupées d'après
leur valeur associative; telle qu'elle a été déterminée par Glaze. Les
syllabes à plus forte valeur associative ont été le plus facilement
apprises (moyennes du nombre de syllabes retenues : 8,97 pour une
valeur associative égale à 100, contre 5,88 pour une valeur nulle).
Sur ce point les' résultats confirment l'opinion courante. Il n'en a
pas été de même pour la variabilité qui a constamment été trouvée
la plus faible pour les syllabes les plus évocatrices. A. B.-F.
1168. — J. H. SCHULTZ. — Mehrsinnige Çeizworte als Kunstgriff
im Assoziationsversuch (Mots à double sens comme stimuli dans
V épreuve d'associations). — Z. für ang. Ps., XXXVI, 1-2, 1930,
p. 135-137.
L'auteur recommande, pour déceler des « complexes » par l'expé
rience des associations, d'employer des mots stimuli à double sens.
Ainsi par exemple, à un sujet suspect de poltronnerie à la guerre, on
a présenté des mots relatifs à l'agriculture suivis du mot « champs »,
afin d'observer si ce mot serait interprété dans le sens de de
bataille. D. W.
1169. - TH. SCHJELDERUP-EBBE. - Zur Psychologie der Zahlen
eindrücke (Contribution à la Psychologie des représentations de
nombres). — Kwart. Ps., 1-4, 1930, p. 365-380.
Les recherches de S. ont pour but de constater la conformité de
certains processus psychologiques, fait étudié déjà par Marbe.
Les 90 sujets examinés (étudiants), ont été divisés en 4 groupes.
Après avoir montré à chaque groupe un nombre différent (respecti-1
vement : 5 ; 5,4 : 5>6 et 50) on a demandé aux sujets d'écrire un
nombre entier quelconque, le premier qui leur viendrait à l'idée.
Les résultats représentés en 20 tableaux, sont interprétés par S.
de la façon suivante :
1° II existe dans le domaine des processus d'imagination une assez
grande conformité. En effet, la plupart des nombres choisis sont
simples et petits. Les sujets examinés marquent une préférence pour ASSOCIATION ET IMAGINATION. BEVE 845
les nombres 6 et 7. Plus de moitié des nombres inscrits ne dépassent
pas 10 et aucun ne va au delà de 100 ;
2° II y a, également, une certaine conformité dans l'influence
qu'exerce sur le choix le nombre-stimulus. Ainsi, lorsque dans le
nombre donné le nombre d'unités même joint à un nombre décimal
pair (à condition toutefois que celui-ci soit plus petit que le premier),
est impair, le nombre choisi est impair. Et, au contraire, lorsque le
nombre-stimulus est pair le nombre choisi a une tendance à être pair.
Cette deuxième conclusion peut être d'une portée pratique là où
l'on pourrait chercher à prévoir certaines décisions (dans le commerce,
l'estimation, l'application des amendes, etc.). A. R.
1170. - ANDREAS ANGYAL. - Üeber die Raumlage vorgestell
ter Oerter (Sur la situation dans V es pace des endroits représentés). —
A. f. ges. Ps., LXXVIII, 1930. p. 47-94.
Dans le but d'étudier la capacité de situer dans l'espace des endroits
représentés, l'auteur a analysé les plans dressés par 16 personnes,
qui ont dû indiquer la situation des endroits connus par eux dans
une ville (Turin).
L'analyse de ces plans a permis à l'auteur de distinguer deux types
de personnes. Chez les unes, l'orientation se faisait en partant du
point de départ objectif, de l'endroit où se trouvait la personne au
moment où le plan avait été dressé. Les directions des rues dessinées
correspondaient ici à la réalité. Chez les autres, il n'y avait pas de
point de départ objectif. Les relations entre les directions des rues
ont été gardées, mais ne correspondaient pas aux réelles.
L'étude d'un grand nombre de plans dressés par ce dernier type de
sujets a amené l'auteur à penser, qu'il doit exister chez ce de
personnes une liaison étroite entre la représentation des directions
des rues et le plan de la ville. Les directions seraient associées ici
avec les coordonnées principales de la ville, ces dernières étant dé
terminées par son caractère de construction, ou par sa situation par
rapport à la rivière, la montagne, etc. Un endroit habituel au sujet
servirait inconsciemment comme point de repère.
L'auteur explique les illusions de l'orientation qui arrivent fr
équemment chez ce type de sujets, par le conflit entre les directions
réelles de la ville et les directions représentées, lorsque le sujet se
trouve dans un point inconnu d'une ville connue.
Les expériences de l'auteur ont montré, que les sujets ne réus
sissent généralement pas à s'orienter dans un plan qui leur est pré
senté tourné sous un certain angle par rapport à la position qui leur
est habituelle. B. N.
1171. — E. JAENSCH et ses collaborateurs. — Ueber den Aufbau
des Bewusstseins (Sur la structure de la conscience (du point de vue
de la cohérence). — I. La cohérence avec le monde extérieur dans la
perception de l'enfant, ses survivances dans la perception définitive
( Kohärenzpetref akte) . — Le doute cartésien d'après les bases psycho
expérimentales de la théorie et de la philosophie de la perception. —
1 vol. in-8, IV-429, pages, 31 figures, 16 cartons stéréoscopiques
dans une pochette, Leipzig, J. A. Barth, 1930. — I.E. JAENSCH. — 846 A^ALYS^ BIBLIOGRAPHIQUES
Star la structure de I9. conscience, p. 1-39. — II. HERMINE RUS
CHMANN. — Action d'excitations perturbatrices sur Is perceptions
de jeunes eidétiques, p. 40-65. — III. ELLA MAYER. - Stratifica
tion fonctionnelle de la perception spatiale, p. 66-104. — IV. FRITZ
KRANTZ. — Psychologie structurale et subordination de la per
ception au type de la personnalité, P- 105-214. - V. FRIEDRICH
SIMON. — Perception de profondeur et disparation transversale,
p. 215-252. - VI. ALBERT KOBUSCH. Les degrés de la mémoire
dans les représentations des adultes normaux, p. 253-315. —
VII. HEINRICH BAMBERGER. - L'impression de réalité dans
la perception, p. 316-346. - VIII. E. JAENSÇH. - Le doute car
tésien, p. 347-368. — IX. E. J. — Philosophie de la perception et
base psychologique de la théorie de la connaissance, p. 369-399. —
X. E. .1. — Relations historiques de notre théorie de la
avec celles de Nicolas Tetens et de Jean Müller et avec la philosophie
de Rant, p- 400-412, — XI. E- J- — Base eidétique de la perception
et de la théorie de la connaissance et interprétation de Kant par
Heidegger, p. 413-424. — XII. Le cartésianisme latent de la science
moderne et ses origines : les types de structure psychologique,
p. 425-480.
Partie expérimentale. — L'œil est d'abord un centre nerveux et si
nous ignorons l'action des fibres centrifuges sur les images rétiniennes,
au moins apprenons-nous que les facteurs centraux peuvent l'em
porter sur les facteurs périphériques dans la formation des percept
ions. La perception peut avoir une structure très « représentative »>
et montrer de grandes variations malgré la fixité des actions exté
rieures, ou opposer une remarquable « invariance » aux changements
périphériques et extérieurs. Il ne faut pas dire : au commencement
était la réponse régulière, simple, directe et correcte de la perception
à l'excitation extérieure, l'intervention croissante dee représentations
provoquant l'erreur, la chute, le Sündenfall de la connaissance per
ceptive. En fait, au commencement domine la structure représenta
tive de la perception, et peut-être la soumission de la rétine aux
centres sous-jacents. Ce n'est que lentement, chez l'enfant qui grand
it, que la perception tend, asymptotiquement et sans jamais y
parvenir, à être la réponse directe, simple, correcte, univoque à
l'objet, à ses variations, aux excitations périphériques.
Si intéressante que soit ici l'image eidétique, elle n'est qu'un symp
tôme, et même secondaire x. L'important, ce sont les phénomènes
d'Intégration, quand les facteurs centraux modèlent les perceptions
et précisément dans ce qu'elles ont de plus sensoriel.
Sur de nombreux sujets, intégrés ou désintégrés, les auteurs étudient
de nombreux phénomènes d'Intégration, dont la plupart appar
tiennent à la perception de la profondeur, la plus plastique, la plus
soumise aux facteurs centraux.
Dans la Covariance 2 par exemple, on voit, par un déplacement
1. Dans l'article de Bamberger, l'image eidétique est très près de l'image
consécutive, et celle-ci peut être étudiée aux lieu et place de celle-là. B. décrit
des images eidétiques vertes ou rouges d'objets rouges ou verts.
2. Pour obtenir le Kovariantenphänomene on présente au sujets trois fils ASSOCIATION Ef IMAGINATION. BETE 847
réel de 10 millimètres, l'objet covariant subir un déplacement de
6 millimètres chez tel intégré, 0 mm. 8 chez tel désintégré, 7 mill
imètres chez tel enfant, et, vers la puberté, 4 millimètres aujourd'hui,
0 mm. 7 demain, ce qui montre, à cette phase, une oscillation entre
les deux types.
Devant trois fils verticaux alignés dans le plan frontal, l'intégré
voit le fil médian subir de vives impulsions en avant et en arrière,
tandis que le désintégré peut ne constater aucune tendance du fil
médian à quitter le plan frontal, bien que cette « Horopterabwei-
chung » soit normale.
Les corps qui s'éloignent paraissent de plus en plus plats et l'on
sait comment le relief apparent décroît avec la parallaxe binoculaire.
Chez les intégrés la perception du relief résiste vigoureusement aux
effets de l'éloignement.
Au stéréoscope, devant une inversion d'images on sait que l'habi
tude des perceptions de relief interdit souvent l'inversion des per-
ceptions de profondeur, la pseudoscopie. Ce refus de percevoir un
creux au lieu d'une saillie est très assuré chez l'intégré ; devant une
inversion d'images stéréoscopiques il perçoit paisiblement « la môme
chose » que devant les images non inversées. Une forte disparité des
images ou de leur fond (image noire et imagç claire, images grises
l'une sur fond blanc, l'autre sur fond noir, traits continus ici, ha
chures là) gêne ou empêche, chez l'intégré, la perception de relief
que devrait mathématiquement provoquer le tracé des images. Dans
les dessins complexes, certains objets, un ballon, prennent, chez l'inté»
gré, des positions et une mobilité libérées des obligations de la pa
rallaxe et de la « Querdisparation », De même, dans des cas simples où
la Querdisparation semblerait devoir être maîtresse absolue de la
profondeur : c'est ainsi que l'image etéréoscopique d'un tronc de
pyramide quadrangulaire vu par une de ses bases sera, parfois, « un
profond couloir », et parfois quelque chose de plat, sans relief, « un
plateau », « une enveloppe ». Ces différence typologiques éclairent
des controverses comme celle de la téléstéréoscopie, les désintégrés
voyant les objets agrandis, éloignés, hyperplastiques et très déforr
mes, les intégrés au contraire percevant un modèle réduit, rapproché
et très fidèle de l'objet ; là, radicale soumission au réel, ici, action
vigoureuse des images.
Laissant le stéréoscope pour des lunettes prismatiques, on voit des
sujets malgré les bouleversements ainsi obtenus, retrouver très vite
perception normale, bonne harmonie entre perception visuelle, per
ception tactile et perception motrice, succès moteurs. Leur percept
ion est « comme avant », leur activité motrice n'est pas gênée. Ce
résultat, laborieusement acquis par Stratton dans ses célèbres expér
iences, peut-être inaccessible aux désintégrés, est presque immédiat
chez les intégrés, tant les valeurs spatiales de leur rétine se laissent
transformer sous l'action des centres supérieurs.
Sans stéréoscopes ni lunettes, en observant des objets isolés sur
verticaux dans un plan horizontal et on avance ou recule un des fils laté
raux. L'autre fil latéral subit alors un déplacement apparent plus ou
moins prononcé. &4# ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
fond homogène, à travers la fenêtre d'un écran, intégrés et désinté
grés obtiennent du même objet des perceptions bien différentes.
Dans les cas simples, ce qui intéresse l'intégré paraît plus près, plus
grand, plus beau. Dans des cas remarquables l'objet acquiert une vie
intense : un disque rouge est une boule rouge « très en avant » des
disques vert et bleu situés sur le même plan horizontal ; c'est un vase
transparent, avec, dedans, une danseuse. Dans « la boule » verte on
voit la mer, un canot, un marin. Devant des objets plus complexes,
dans les mêmes conditions, s'éveille une féerie analogue à celles des
mangeurs de haschisch ou de peyotl.
On peut favoriser et obtenir, devant les images eidétiques ou
consécutives les plus simples le sentiment de la présence d'un objet.
La métesthésie d'un carré de carton coloré est projetée sur un écran
gris, d'abord nu puis muni du contour de l'objet, ou de sa silhouette
grise, découpée et collée. Dans les deux derniers cas, l'image métes-
thésique est plus saturée, plus stable, plus corporelle, même quand
le sujet ne voit pas contour ou silhouette. On projette image consé
cutive ou eidétique sur le contour ou la silhouette de l'objet, et on
éloigne l'écran. Parfois l'image au lieu de croître proportionnellement
à la distance, croît beaucoup plus lentement ou pas du tout. Dans
des conditions analogues l'image consécutive ou eidétique d'une
verticale refuse de s'incliner avec la tète ou le corps du sujet ; et l'on
sait que le phénomène d'Aubert est souvent absent chez les intégrés
devant une ligne réelle. En disposant enfin, sur l'écran où est projetée
l'image, des figures lui ressemblant le plus possible, on peut parfois
dérouter le sujet et obtenir des confusions où l'objet réel est pris
pour une image eidétique et l'image pour un objet.
Ces phénomènes sont d'ordinaire parfois tout à fait absents chez
les désintégrés. On peut pourtant leur rendre quelque chose de l'int
égration primitive. C'est ainsi qu'une simple réduction d'éclairage
évoque des phénomènes de covariance ou des perceptions de relief
dignes de la plus nette intégration.
A côté des éléments représentatifs de la perception, on peut mont
rer, dans les représentations les plus pures d'éléments sensoriels ou
eidétiques, des qualités qui les rapprochent de l'image consécutive
sinon de la perception : la croissance avec la distance par exemple.
Si on projette et mesure sur un écran (ce serait facile) une représen
tation, une image noétique, on constate, chez les intégrés, qu'elle
croît avec la distance, et ne croît pas beaucoup moins que l'image
eidétique, ou même consécutive. Des recherches sur ce point confi
rmeraient la distinction entre un espace proche et un espace lointain,
le passage de l'un à l'autre étant indiqué par des changements subits,
marqués et brefs dans l'image, l'écran où elle est projetée et qui
s'éloigne, l'attention qui s'y attache et la pupille qui s'adapte ; celle-ci
subirait, à ce moment, une brusque, importante et fugitive dilatation.
H. R. montre que les excitations perturbatrices accentuent l'action
des images sur les perceptions. E. M. voit décroître le rôle des compos
ants centraux de la perception à mesure que le développement
avance. F. K. cherche les traces de l'eidétisme chez les adultes inté
grés. F. S. montre aussi la généralité, au degré près, des particularités
qu'a la perception chez l'enfant intégré, et réussit à neutraliser, chez ASSOCIATION ET IMAGINATION. UÈVB 849
l'adulte moyen, l'action de la disparition transversale et de. la fusion
des images sur la perception de la profondeur. A. K. ne cherche plus
le composant représentatif de la perception mais le composant eidé-
tique de l'image. H. B. montre à quelles conditions une image ou consécutive est prise pour un objet réel.
Partie doctrinale. — A l'origine : l'Intégration, quand les percep
tions ont la liberté des représentations, et les images la matérialité
des perceptions. Alors des fonctions destinées à se séparer ne font
qu'un. C'est au début et non à la fin que les images peuplent et font
les perceptions, et les rendent mouvantes et vivantes devant l'objet
le plus brut. Les sens ne sont pas d'abord des appareils de physique
purement réceptifs et fournissant des sensations pures peu à peu
parasitées par des images. Les sens sont d'abord des appareils à
représentations, projecteurs plus que récepteurs.
L'adulte garde toujours quelque chose de l'intégration initiale, ses
reliquats, ses Petrefakte.
Les fonctions de l'adulte, désintégrées, suivent finalement des lois
plus simples et plus rigides que les fonctions intégrées de l'enfant ;
chez celui-ci, dans l'exemple des perceptions de profondeur, les lois
où domine la parallaxe binoculaire, la Querdisparation, non seul
ement sont masquées par des exceptions, des déviations, mais
n'existent pas encore. En regardant évoluer le sujet on voit des faits
très embrouillés faire place à des lois simples, on assiste à la genèse
de lois de la nature. La physique après la psychologie pourrait peut-
être faire de semblables découvertes au lieu de célébrer l'invariant,
de se laisser dominer par Y Invarianztendenz.
Sous l'action du réel, des besoins, des sanctions, les mondes indivi
duels de la phase intégrée s'uniformisent, se simplifient, convergent.
Sur la Varianztendenz de l'origine V Invarianztendenz prend le pas,
imposant aux « choses » une stabilité croissante, nous faisant croire
qu'un objet conserve longtemps sa taille en s'éloignant, qu'un mor
ceau de sucre, n'est pas presque noir dans l'ombre, que l'espace est
homogène. C'est ainsi que la perception de la fixité ou des mouve
ments des objets devient indépendante des mouvements de l'œil, du
Wirkungsgegenstand, de l'objet de l'action, comme, dans la théorie
de la relativité, la vitesse de la lumière est indépendante des mouve
ments du Wirkungsgengenstand Terre.
Intégré ou désintégré, soumis à la Varianz ou à l'Invarianztendenz
le sujet a du monde une vision différente puisque; pour un « I » tout
est individualité et mouvement, puisqu'il est Bergsonien x. S'il fait
de l'histoire il y verra d'abord des faits individuels et des valeurs,
non des lois ; et il y a là plus qu'une différence de méthode, mais deux
aspects du monde fondés sur deux ^ructures de connaissance. S'il
fait de la physique l'intégré s'attachera surtout aux réalités concrètes
qu'on ne peut que voir et qu'aucun acte de la pensée ne peut reconst
ruire ; avec Jean Müller il distinguera le Produkt, construction,
résultante de conditions, et l'Edukt qui est toujours, au delà de ses
conditions, un Urphänomene. L'I. ne ferme pas les yeux à l'irra-
1. Curieuses remarques sur le Bergsonisme, issu de Schelling par Ravaisson
et dont un des fruits les plus intéressants serait le Surréalisme.
I/ASSÉE PSYCHOLOGIQUE. XXXI. 54 ANALYSES BIBLtOGRAPUlO/UBS 850
tionnel que contient tout réel à côté du calculable. Il vise à un empi
risme absolu, à une niera experientia pour toujours inaccessible à
la conscience humaine.
Jaensch étudie le cas d'un Intégré synesthésique, un de ces « Is »
chez qui, dans la Cohérence entre objet et sujet, le sujet domine, est
projectif plus que réceptif. II choisit Descartes, maître dangereux
de la pensée moderne. C'est un Français et c'est un scolastique, sans
l'influence volontariste, empiriste et nominaliste de Duns Scott, de
Roger Bacon, de Occam, des franciscains. En sa qualité de « Is » il
perçoit un donné pénétré d'éléments subjectifs et par là de « Va
riance •» et d'instabilité. Aussi, épris d'Invariance, a-t-il l'angoisse
d'être trompé par les sens. Sous prétexte que ceux-ci nous trompent
parfois, il nous en détourne partout, il nous convie à mépriser la trom
peuse richesse du monde des apparences, à transcender les sens et à
donner à la science une forme de moins en moins sensorielle sous la
conduite de l'Invarianztendenz. Comme fera Newton et contre
Gœthe, il ne s'intéressera pas à la couleur en elle-même et à ce que
ses événements individuels ont à nous dire. Le doute cartésien n'a
rien à voir avec une théorie de la connaissance, et n'est qu'anxieuse
fuite des sens vers le réel, hors du réel peut-être. Pour Descartes la
connaissance vraie du réel est d'abord celle de l'esprit, la pensée
pure, l'idée innée, la mathématique, le rationnel, le déductif ; et la
pensée pure nous dévoilera précisément le monde corporel ; les formes
de l'esprit seraient celles du cosmos. Et cette idée va de soi pour ce
type psychique, scolastique, français, cartésien, infantile, maître de
la science moderne et responsable de ses échecs, devant la vie par
exemple, dans les domaines où le progrès est anticartésien.
Jaensch se trouve enfin des titres de noblesse chez divers auteurs :
Tetens, fondateur d'un empirisme Leibnizien où la spontanéité de la
monade devient une Dichtkraft qui fait travailler ensemble, dès l'or
igine, toutes les fonctions, et leur fait non seulement assembler mais
créer de nouvelles images sensorielles ; Kant, avec la Einbildungskraft
de la Critique du Jugement, fonction originelle, fonction d'intuition
sensorielle, aussi bien créatrice d'images que réceptive.
P. Q.
1172. - G. DWELSHAUVERS. - Nouvelles recherches expér
imentales sur l'image eidétkiue. — J. de Ps., XXVII, 1930, p. 794-
804.
Expériences effectuées sur un sujet déjà étudié par D. (jeune fille
d'une vingtaine d'années, en retard, sur les personnes de son âge).
L'image eidétique est objective ; le sujet lit à la loupe sur son image
eidétique un détail invisible à lteil nu et visible à la loupe sur le mod
èle. Si l'on place sur l'écran une gravure quelconque et qu'on d
emande au sujet de projeter sur l'écran l'image eidétique d'une autre
gravure vue antérieurement, l'image eidétique se projette un peu en
avant de l'écran et le sujet voit à la fois sans les confondre l'image
eidétique et à travers elle la gravure par transparence. L'image eidé
tique n'est pas modifiée par un changement de position de l'écran, ni
■ par un recul de celui-ci jusqu'à une distance de 2 m. 50 à 3 mètres ;
au delà, l'image grandit sans perdre de sa précision. Ainsi, jusqu'à

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