Audition. - compte-rendu ; n°1 ; vol.25, pg 451-462

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L'année psychologique - Année 1924 - Volume 25 - Numéro 1 - Pages 451-462
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1924
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Henri Piéron
P. B.
P. K.
P. G.
6° Audition.
In: L'année psychologique. 1924 vol. 25. pp. 451-462.
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Piéron Henri, B. P., K. P., G. P. 6° Audition. In: L'année psychologique. 1924 vol. 25. pp. 451-462.
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faites avec le» chiens policiers. Chaque odeur régionale est formée
d'un mélange d'odeurs, constituées principalement par les sécrétions
cutanées, la sueur, les matières sébacées, les pellicules épider-
miques des régions correspondantes.
Dans ce complexe odorant, les matières sébacées jouent le rôle
principal. C'est ainsi que les régions du corps fortement pileuses
-et richement pourvues de glandes sébacées présentent une odeur
régionale très caractéristique, et l'on remarque de même une modif
ication de l'intensité et de la qualité de l'odeur régionale à l'appa
rition de la puberté qui coïncide avec l'augmentation des- sécré
tions sébacées. Dans les matières sébacées, de plus, ce sont les acides
gras libres, à poids moléculaire élevé, qui ont la plus grande impor
tance à ce point de vue, ils n'existent cependant pas à l'état libre
généralement dans les produits purs de sécrétion sébaeée et sudorale,
mais se forment à la suite de transformations secondaires. L'odeur
individuelle peut complètement être transformée par une modifi
cation insignifiante qualitative ou quantitative d'un des com
posants du mélange odorant. Oft comprend donc la variabilité ex>
trao-rdinairenLént marquée des odeurs régionales sous l'influence
des facteurs intrinsèques encore mal connus et des facteurs extrin
sèques (alimentation différente, ingestion médicamenteuse), sui
vant l'état de propreté du corps, suivant la stagnation plus ou
moins longue à la surface de la peau des sécrétions cutanées et sous
l'influence des bactéries cutanées qui réduisent les substances odo
rantes sécrétées par les glandes cutanées et qui peuvent ainsi mod
ifier totalement les caractères de Fodeur individuelle d'une région
déterminée du corps. Enfin l'auteur signale que l'épreuve du vête
ment chez les chiens policiers n'est valable que lorsque celui-ci
est appliqué sur une région du corps totalement nue.
P. B.
6° Audition
ROBERT MORRIS OGDE.N. — Hearing. — In-8, 351 p. New-
York, Harcourt, Brace and C°, 1924 (Relié : 3,50 dollars).
Ogden, ayant été l'assistant de Max. Meyer, à l'Université de Mis
souri (1903-1905), fut tout naturellement conduit à s'intéresser aux
problèmes d'audition, et il accepta de faire les revues annuelles d'au
dition dans le Psychological Bulletin de 1910 à 1920. Il acquit aiasi
une connaissance très précise des questions relatives à la psychologie
auditive et apporta quelques données personnelles intéressantes,
dans la discussion des attributs du son et de leur classification or
ganisée.
Il était tout naturel qu'en s'appuyant sur sa documentation il fît
un ouvrage de synthèse sur l'audition, de synthèse moderne, ae faisait
qu'un très bref appel aux données classiques, et venant compléter
les traités anciens.
Le livre ne pourrait donc suffire si l'on voulait se documenter sur
tout l'ensemble de la psychologie auditive, mais il est nécessaire, si
Ton veut se mettre au courant de l'état actuel des problèmes aujour- 452 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
d'hui discutés, en ce qui concerne surtout les attributs et caractères
des sons, les bruits, la nature des sons vocaux, la localisation audi
tive ; on trouvera aussi d'intéressantes données sur le langage et la
phonétique, la musique, la pathologie auditive et l'éducation de
l'oreille.
L'ouvrage comporte un index alphabétique et une bibliographie
de 150 travaux (dont une vingtaine seulement antérieurs à 1905).
H. P.
O. ZOTH. — Usber eine Modifikation der Ewaldschen Hörhypothese
(D'une modification de Vhypothèse d'Ewald sur l'audition). —
Z. für Sin., LV, 4-6, 1923, p. 179-184.
Ewald a émis en 1899 l'hypothèse que la spécificité des sensations
tonales dépendait des « images sonores » de la membrane basilaire.
Mais la membrane basilaire serait peu propre à la constitution et à la
perception de ces images, que l'auteur situe dans la membrane de
Reissner : au moyen de Pendolymphe et peut être aussi de la
de Corti, les ventres des ondes stationnaires agiraient immédiatement
sur les cils des cellules auditives, chaque répartition statique des
excitations engendrant une sensation spécifique.
H. P.
A. BONAIN. - — Comment les sons parviennent-ils à l'oreille interne ?
— Presse Médicale, 17 septembre 1924, p. 755-757.
L'auteur, se fondant sur le maintien de l'audition en l'absence du
tympan et des osselets, expose une ingénieuse conception renversant
l'ordre généralement admis des phénomènes.
Au lieu de voir la transmission des vibrations aériennes effectuée à
l'oreille interne par les mouvements de la membrane de la fenêtre
ovale que commanderait la poussée vibratoire des osselets, avec
dépressions de la fenêtre ronde corrélatives des poussées de la péri-
lymphe, par la ovale, ce serait au contraire par la fenêtre
ronde que les vibrations pénétreraient dans l'oreille interne et la
chaîne des osselets avec l'appareil tympanique constituerait un dis
positif d'accommodation et de freinage.
Peut-on dire, avec l'auteur, que ce fait, que par la disparition du
tympan et des osselets l'audition est diminuée en finesse et en éten
due mais non supprimée, « démontre clairement que les organes ne
sont pas destinés à la transmission des sons, mais seulement à l'accom
modation de l'oreille ». Il se peut qu'une transmission moins bonne
soit assurée directement, par la même voie, ou par voie osseuse, sans
le dispositif renforçateur tympanique.
En tout cas, l'hypothèse peut être directement soumise à l'expé
rience : en enregistrant simultanément les déplacements du tympan
et ceux de la fenêtre ronde (si ce n'a déjà été fait) on saura quel est
le processus initial et quelle est la voie d'entrée vibratoire, dont il
serait tout de même bien étonnant que ce ne fût pas la voie tympan
ique.
H. P. r
hauteurs divers raccourcissement, YOSHITSUNE nettes, vibrent mort, tympan point maintenir, tension Le gane des muscle vibre la Gehörorganes sons dont auditif). chez de du narcose à façon a3 différemment et tympan. le la tympanique — des maximum pigeon façon a*. WADA. différente profonde, comme divers Pf. L'analyse (Contribution SENSATION Chez montre A., d'un bruits, — pour d'amplitude celui de CGII, tous muscle la Beiträge l'oiseau que, de des section ET le les 1924, un ces à non tympan sons PERCEPTIONtonique, mammifères la vertébrés, même zur correspond ne phénomènes seulement physiologie du p. de réagit vergleichenden 46-69. muscle différentes présente son, un sous pas ; les mais état généralement il comparée tympanique d'oscillation diverses a des au l'influence déterminé hauteurs. pour qu'un son oscillations Physiologie régions rôle de par même Vcr- resaux des 453 La du un de
treignent l'échelle des sons qui font vibrer le tympan. Les régions
des moindres oscillations sont, chez les oiseaux, le point d'attache de la
columelle, et, chez les mammifères, celui de l'apophyse du marteau.
Chez les oiseaux, les deux caisses du tympan communiquent par
l'intermédiaire des cavités pneumatiques du crâne, de sorte que les
•déplacements d'un tympan réagissent sur l'autre. Des pigeons en
état d'hypnose peuvent être éveillés par des sons de hauteur déter
minée. L'action prolongée des sons ne semble produire chez le
pigeon aucune lésion ou modification appréciable.
P. B.
J. VAN DER HŒVEN LEONHARD. — Sur l'ouïe absolue et le
caractère des tonalités. — (6e Réunion des Physiol. hollandais).
Ar. néerl. de Ph., IX, 2, 1924, p. 248.
L'ouïe absolue représente, pour l'auteur, le pouvoir inné de rémi
niscence de la hauteur tonale — entre certaines limites — quel que
soit l'instrument fournissant la note.
L'ouïe pseudo-absolue permettrait, grâce à l'exercice, de recon
naître instantanément tous les intervalles, et de reconnaître une
note différente d'une autre note entendue en même temps ; en s'adres-
sant à divers individus, en faisant appel à un critère qu'il dé.clare
arbitraire et qui est défini « reconnaître la plus petite moitié en plus
du son touché », et en utilisant un piano et un harmonium bien accor
dés, il y aurait 10 % des individus cultivés, 22 % des aveugles,
15 % d'étudiants en musique et 75 % des élèves du Conservatoire
qui posséderaient l'ouïe absolue.
Malgré l'ouïe absolue, on pourrait d'ailleurs se tromper et con
fondre, faute d'exercice, une tierce majeure et une tierce mineure.
La mémoire musicale pourrait compenser le défaut d'ouïe absolue
(dont Wagner et Grieg auraient été dépourvus).
Enfin il y aurait une « adaptation » de l'ouïe absolue : une personne
usant, depuis 16 ans d'un piano accordé un demi ton trop bas, bien
qu'écoutant des concerts, localise toutes les notes entendues un
demi ton trop bas.
Cette conception d'une ouïe absolue congénitale permettant de 454 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
désigner tine note isolément entendue est singulière ! Il y a bien là;
une capacité particulière, mais fondée sur une éducation perceptive ;
elle implique des associations déterminées avec la sensation tonale-
absolue, et comporte par conséquent la mise en jeu de dispositions,
congénitales ; mais elle est, comme toutes nos capacités percept
ives, la résultante du jeu éducatif et des dispositions innées.
h. p.
REYNAUD-BONIN. — Les travaux de MM. Fletcher, Wegel et
Lane sur l'acoustique de l'oreille. — Annales des Postes, Télé
graphes et Téléphones, XIII, 1, 1924, p. 26-36.
[" Fletcher a publié dans le Journal of the Franklin Institute de se
ptembre 1923, un très important mémoire résumant toute une série
de recherches, dont nous avons déjà partiellement rendu compte
(Cf. An. Ps., XXIII, p. 410-412), et dont R.-B. donne un exposé
très complet.
Tout d'abord, combien y a-t-il de sensations sonores distinctes,
soit d'après l'intensité, soit d'après la tonalité, perceptibles par
l'oreille. Pour le savoir, Fletcher, en collaboration avec Wegel, a
déterminé, sur une centaine de sujets, la limite inférieure d'intensité,
le seuil absolu, pour une série de hauteurs tonales différentes (entre
32 et 20.000 v. d) et a tracé la courbe réunissant les points empiriques
sur une échelle logarithmique des fréquences (échelle des octaves),
courbe passant par un minimum aux environs de 3000 v. d. (Les
premiers résultats de Fletcher qui ne concernaient que des fréquences
inférieures à 4000 v. d. n'avaient pas mis en évidence l'élévation du
seuil pour les fréquences supérieures qui était théoriquement cer
taine) . Il a en outre fait déterminer par Wegel les limites supérieures
d'audibilité, au moyen d'une méthode dont nous avons souligné [lac.
cit.) le caractère discutable, d'après l'intensité donnant une impression
de choc douloureux sur l'oreille (entre 32 et 4000 v. d.), avec tracé
d'une courbe passant par un maximum vers 550 v. d., et extrapola
tion de manière à ce que les limites inférieure et supérieure se con
fondent, aux deux limites d'audition tonale.
Les intensités sont exprimées sur une échelle logarithmique en
variations de pression subies (dynes par centimètre carré), la limite
inférieure absolue étant comprise entre 10~4 et 10~3, et la limite supé
rieure absolue à 104 (cette méthode statique d'évaluation de l'inten
sité d'excitation, qui ne tient pas compte des vitesses de variation
ne laisse pas de prêter à de sérieuses objections). >
Le seuil différentiel relatif, la fraction différentielle pour la dis
tinction de hauteur en fonction de la variation de fréquence, a été à
son tour déterminée pour une série de hauteurs tonales entre 60 et
4000 v. d. ; la courbe a été tracée, indiquant une diminution progres
sive de cette fraction différentielle jusqu'à 500 ou 600 v. d., puis
une constance jusqu'à la limite, mais avec une extrapolation hardie,
— justifiée toutefois par de multiples données — comportant un.
relèvement progressif de la fraction différentielle jusqu'à la l'imite-
d'audibilité. SENSATION ET PERCEPTION 455
Enfin la fraction différentielle pour les variations d'intensité a été
également établie pour une grande échelle d'intensités (comportant
une dizaine d'unités logarithmiques), et la courbe tracée, qui révèle,
comme pour la fraction différentielle lumineuse une diminution
progressive, puis une stabilité conforme à la loi de Weber, mais sans
relèvement ultérieur aux très fortes intensités (à rencontre, cette
fois, -de ce qui a été constaté pour la sensation lumineuse).
Par intégration graphique, Fletcher a obtenu comme somme de
sons distinguables entre les limites de hauteur et d'intensité établies,
d'après la valeur des fractions différentielles, environ 300.000 sen
sations.
Il a adopté une échelle conventionnelle d'intensités et de hauteurs :
Pour unité d'intensité, il prend le seuil absolu, pour un son de 700 v.
d., soit 0,001 dyne par centimètre carré; un son simple de 700 v. d.
exerçant une action (variation de pression), de p dynes par centi
mètre carré, aura une intensité conventionnellement exprimée par
la relation I = 60 x 20Lp(L étant le logarithme népérien). Pour
un son de fréquence différente, on le ramène d'après les rapports
d'efficacité à un son de 700 v. d., afin d'avoir cette même relation.
Pour la hauteur H, on l'exprime par la relation H = 100 log2 / (/
étant la fréquence, ou nombre de v. d. par seconde, et logî le loga
rithme à base 2 qui représente le système d'octaves de la gamme).
Pour chaque son complaxe, on le ramène à une somme de compos
antes en définissant ce que Fletcher appelle son « spectre sonore »,
et la nécessité de la décomposition apparaît du fait que la différence
des sensibilités différentielles pour des sons de différentes hauteurs
à des niveaux différents d'intensité, entraîne un changement tonal
des sons complexes, dont on modifie l'intensité.
Fletcher ne s'est pas contenté d'établir, à partir de ses lois empir
iques, une nomenclature pour les sons audibles, mais il a établi une
théorie de l'audition dérivée de celle de Ter Kuile, qui se fonde sur
l'inégalité de pénétration dans le limaçon des sons de fréquence
différente, en admettant avec Rutherford que la membrane basilaire
subit des vibrations forcées tout comme une téléphonique:
le point de la membrane présentant l'amplitude vibratoire maxima
se trouverait, d'après les calculs de Wegel et de Lane à une distance
de 22 millimètres de la fenêtre ovale (sur 31 millimètres de longueur
de la membrane basilaire) pour un son de 400 v. d., à 14 millimètres
pour un son de 1.200 v. d. La membrane basilaire, même excitée par
un son pur, présenterait d'ailleurs des vibrations harmoniques supé
rieures (mais d'amplitude faible), en sorte qu'il n'y aurait physiolo-
giquement aucun son rigoureusement pur, surtout à un niveau élevé
d'intensité.
Ce sont les tractions des cils qui, pour une amplitude suffisante,
exciteraient les cellules sensibles (sans aucun phénomène de réso
nance). Chaque cil commanderait à plusieurs fibres nerveuses, réa
gissant chacune suivant la loi du tout ou rien, en sorte que la hau
teur étant définie par le cil agissant, l'intensité le serait par le
nombre plus ou moins grand de fibres excitées ; il faudrait donc
300.000 fibres en tout pour assurer la totalité des sensations sonores.
La théorie est ingénieuse, mais se heurte à de singulières difficultés. 456 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Elle se prête en tout cas à des vérifications histologiques, puisque
le nombre des fibres nerveuses correspondant à chacun des cils, dont
le doit être égal au total des tonalités audibles doit repré
senter le nombre de degrés d'intensité discernables pour chaque
tonalité.
L'effort de Fletcher et de ses collaborateurs, malheureusement plus
physique que physiologique, et passible de certaines critiques, est
en tout cas d'une très grande importance, et, en le rendant accessible
au public français, R.-B. a rendu un service réel.
H. P.
MILLIE WEINBERG et FRANK ALLEN. — On the critical fr
equency of pulsation of tones (Sur la fréquence critique de la pulsa
tion des sons). — Philosophical Magazine, XLVII, 1924, p. 50-62.
— On the effect of Aural Fatigue upon the Critical Frequency of Pul
sation of Tones [Sur V effet de la fatigue auditive sur la fréquence
critique de la pulsation des sons). — Ibid., p. 126-141. — On the
Effect of Fatiguing the Ear with Combinations of two or more
Tones (Sur V effet de la fatigue de V oreille avec une combinaison de
deux ou de plusieurs sons). — Ibid., p. 141-151.
En s'inspirant des recherches relatives à la persistance des im
pressions visuelles, les auteurs ont entrepris d'établir les lois régissant
la persistance auditive en fonction de la fréquence et de l'intensité
du son excitateur. A cet effet, ils ont eu recours à la méthode du
« papillotement » (flicker) sonore, analogue à celle qui était employée
dans l'étude des phénomènes visuels correspondants. Voici en quoi
consistait leur dispositif expérimental : Comme source sonore, le
« Tonvariator » de Stern, placé dans une boîte convenablement
tapissée et munie d'un orifice par lequel le son pouvait s'échapper.
Une interruption régulière de l'onde acoustique, ainsi engendrée,
était réalisée à l'aide d'un disque tournant de faible masse, portant
quatre orifices et mis en rotation, devant l'ouverture de la boîte,
par un moteur électrique à vitesse constante. Les expériences consis
taient à déterminer, pour les fréquences et les intensités variables,
les seuils de fusion ou vitesses de rotation critique.
Il est à noter que, de l'avis des auteurs eux-mêmes, cette technique
expérimentale laissait à désirer. Elle ne permettait pas d'éviter la
production des bruits « parasites » qui rendaient certaines obser
vations difficiles sinon impossibles. Elle comportait, en outre, une
marge trop restreinte des fréquences et des intensités sonores.
En fait, les expériences ne furent exécutées que sur une petite
échelle de fréquences comprises entre 142 v. d. et 285 v. d. et com
posée de 7-10 sons de hauteur différente. Quant à l'intensité, elle ne
pouvait être variée que dans le rapport de 1 à 2, comme valeurs
extrêmes. Cependant 8 valeurs intermédiaires ont été introduites
entre ces valeurs-limites.
Les résultats obtenus se trouvent exprimés par les auteurs sous
forme de trois lois quantitatives. La première de ces lois se rapporte
à la relation entre la durée D de la persistance auditive et la fré- SENSATION ET PERCEPTION 457
quence vibratoire N avec deux constantes K et G. Elle est la sui
vante :
Comme les auteurs le font remarquer, cette loi diffère de celle
établie autrefois par Mayer (Sillimans Journal, sér. 3, vol. VIII,
1874), cette dernière impliquant une proportionnalité inverse simple
entre la durée de la persistance et la fréquence vibratoire.
En ce qui concerne la relation entre l'intensité du son et la durée
de la persistance M. Weinberg et le professeur Frank Allen éta
blissent la formule :
D = K VlögT -f- C (2)
où P signifie pression ou intensité et K' et G' sont deux constantes.
On voit, que contrairement à ce qui a été constaté pour la vision, la
persistance auditive s'accroîtrait avec l'intensité excitatrice. La
comparaison des formules ci-dessus montre, en plus, que le taux
d'accroissement de la persistance est plus grand en fonction de la
fréquence qu'en fonction de l'intensité.
Enfin les auteurs établissent une troisième relation qui doit unir P
et N, pour une valeur constante de D. Cette est :
log N = K" log P + G". (3)
Dans le cas où les constantes C et C dans les équations (1) et (2),
seraient identiques, ils proposent aussi la formule :
v/logN
Cette dernière équation pourrait, à leur avis, définir une « surface
acoustique » comparable sous certains rapports à la surface thermo
dynamique.
Les imperfections de la technique expérimentale et l'insuffisance
de la marge des fréquences et des intensités ne permettent pas de
considérer les résultats de cette investigation comme définitifs.
C'est, d'ailleurs aussi l'opinion des auteurs eux-mêmes.
Dans leur second travail les auteurs ont cherché à mesurer l'i
nfluence de la fatigue de l'oreille sur la durée de la persistance audit
ive. La technique expérimentale employée était à peu près la même
que dans leur recherche précédente. C'est avec un disque rotatif
qu'ils interrompaient le son continu, produit par le « Tonvariator »
de Stern. Cependant ils avaient aussi recours à un second « Tonvar
iator » tout à fait semblable au premier qui leur servait à fatiguer
l'appareil auditif. C'est par deux méthodes différentes qu'a été
étudiée l'influence de la fatigue de l'oreille sur les persistances de 458 ASALYSUS BIBLIOGRAPHIQUES
l'impression auditive : tantôt la fréquence du son « fatigant » était
maintenue constante et on faisait varier la fréquence du son dont
on observait la persistance, tantôt c'est le contraire qui avait lieu ;
le son produisant l'effet de persistance restait le même alors que le son-
fatigant était modifié au point de vue de la hauteur. Dans les deux
cas le son variable prenait des valeurs de fréquence s'étendant à
15 v. dL au-dessus et au-dessous du son fixe, ce qui donnait une
marge de variation de 30 v. d.
En ce qui concerne le procédé utilisé pour provoquer la fatigue de
l'appareil auditif, les auteurs exposaient l'une des oreilles du sujet
à l'action du son émis par le deuxième « Tonvariator » pendant la
durée de deux minutes, la fatigue apparaissant maxima après cette
portion de temps. Cependant ce n'est que pour des sons d'intensité
faible que la fatigue maxima se produisait, après la durée de deux
secondes. Il est intéressant de noter que, d'après les observations des
auteurs, des sons plus intenses auraient, au point de vue de la fatigue,
un effet moindre.
Les expériences effectuées dans ces conditions ont mis tout d'abord
en évidence un accroissement de la persistance auditive sous l'ae-
tion de la fatigue. Cet accroissement atteint notamment la valeur
maxima lorsque la fréquence du son fatigant est la même que celle
du son sur lequel on fait la mesure de la persistance. Toutefois, il
suffit d'un écart très léger de l'unisson pour que l'accroissement de
la persistance devienne très faible et disparaisse. Les auteurs ont
pu constater que la marge des fréquences affectées par la fatigue avec
une seule fréquence comprend environ 8 vibrations au-dessus et
au-dessous de l'unisson. Ces résultats sont représentés par une courbe
symétrique, par rapport à l'ordonnée exprimant le maximum de
persistance et à pentes très abruptes. Pour toutes les fréquences
étudiées, cette courbe présentait la même forme générale. Cepen
dant, dans la mesure où la fréquence vibratoire augmente, l'effet
de la fatigue devient plus grand, c'est-à-dire que la durée de la persis
tance s'allonge et, en même temps, la marge des fréquences affectées
devient -plus étendue. Les auteurs expliquent la première de ces
observations en invoquant l'augmentation de la sensibilité auditive
pour les sons aigus ; quant à l'extension de la base des courbes en
cloche, ils sont portés à y voir l'effet de la mise en jeu d'un nombre
plus considérable des résonateurs de l'oreille.
Un autre fait intéressant est celui-ci : plus le son fatigant est in
tense, et plus l'effet produit au point de vue de la persistance est
moindre. Les auteurs apportent sur cette question des données nu
mériques qui se traduisent géométriquement par la décroissance ûe
l'élévation des courbes de fatigue. L'effet de la fatigue auditive
aurait une durée d'autant plus brève que le son est plus intense.
Mais cette donnée de fait n'est -elle pas en contradiction avec la loi
de la persistance établie par AI. Weinberg et F, Allen dans leur
travail précédent.
La ressemblance des courbes de fatigue auditive avec celle que
Helmholtz a établie pour représenter le champ de résonance, conduit
les auteurs à interpréter les résultats de leurs recherches à la lumière
ée la théorie de la résoiaance. Ils expliquent le caractère indistiûCt ET PERCEPTION 45Î>V SE.VSATION
et embrouillé des trilles dans la basse, non pas par l'insuffisance de
l'amortissement vibratoire, mais par la mise en jeu des zones de fr
équence, ou zones de résonateurs très voisines, étant donné que dans
l'échelle musicale les sons successifs ne sont pas séparés par des
nombres de fréquences fixes, mais par des nombres de vibrations
correspondant à certains rapports fixes. Il est évident, d'après les
résultats de cette recherche, que les courbes de fatigue pour deux
sons voisins dans la basse, chevauchent l'une sur l'autre, tandis
qu'elles sont nettement séparées pour deux sons voisins de fréquence
élevée.
Enfin, les auteurs ont étudié également les eîfets de la fatigue
auditive, provoquée par l'action simultanée de deux et trois sons, sur
la durée de la persistance. Les résultats de cette recherche consignés
dans les tableaux de chiffres et traduits sous forme graphique
montrent que chacun des sons fatigants affecte dans le récepteur
sensoriel une certaine zone de fréquences. Si la différence de hauteurs
des sons fatigants est faible, on obtient une courbe à deux sommets
très rapprochés ou même fusionnés (lorsque cette différence est
seulement de quelques vibrations). Si, par contre, les sons fatigants
sont séparés par des intervalles plus grands, l'effet de fatigue se
traduit par des courbes nettement distinctes qui, loin d'empiéter
l'une sur l'autre, ont des pentes descendant jusqu'à la base représen
tative de la persistance normale (sans fatigue).
Les résultats obtenus sur une échelle de fréquence ne dépassant
pas une octave sont considérés par l'auteur comme une nouvelle
preuve du mécanisme de résonance de l'oreille. Quant à la méthode
utilisée, ils estiment avec raison, qu'elle pourrait être appliquée à
l'analyse des sons complexes (ou plutôt à l'analyse des sensations
produites par un son complexe). Dans la fatigue de l'oreille avec un tel
son on pourrait voir notamment le rôle fatigant des harmoniques,
en tant qu'il serait décelable par les variations de la persistance.
L'auteur a fait d'ailleurs lui-même la première tentative dans ce
sens, en s'attachant d'abord à l'étude des sons différentiels de pre
mier ordre. Il a pu mettre en évidence l'accroissement de la persis
tance pour les fréquences du son différentiel. Il a apporté ainsi une
nouvelle preuve de l'origine physiologique et périphérique des sons
différentiels. Ce dernier résultat est encore considéré par l'auteur
comme constituant un appui d'importance pour la théorie de
Helmholtz.
P. K.
H. -M. HALVERSON. — Tonal volume as a function oî intensity.
{Le volume des sons comme jonction de V intensité). — Am. J. of Ps.,
XXXV, 3, 1924, p. 360-367.
Le volume d'un son est fonction de sa hauteur et le seuil différent
iel du varie peu entre 100 et 800 vibrations. Mais il est aussi
fonction de l'intensité, comme l'établit le présent travail. Après
avoir exercé ses observateurs à faire des appréciations de volume
sonore, Halverson a déterminé le seuil différentiel de cette percept
ion, en partant d'une intensité maximale donnée par son appareil

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