Audition. - compte-rendu ; n°1 ; vol.47, pg 353-377

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L'année psychologique - Année 1946 - Volume 47 - Numéro 1 - Pages 353-377
25 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1946
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2° Audition.
In: L'année psychologique. 1946 vol. 47-48. pp. 353-377.
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2° Audition. In: L'année psychologique. 1946 vol. 47-48. pp. 353-377.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1946_num_47_1_8308."
AUDITION 353
52. — BENDER (M. B.), TEUBER (H. L.). — Phenomena of
fluctuation, extinction and completion in visual perception (Phé
nomènes de fluctuation, extinction et complètement dans la per
ception visuelle). — Spatial organization of visual fo
llowing injury to the brain (Organisation spatiale de la perception
visuelle à la suite de blessures cérébrales) . — Arch. Neurol. Psy-
chiatp., 1946, 55, 627-658; 1947, 58, 721-739; 1948, 59, 39-62.
Dans une série de cas de blessures occipitales, les auteurs ont pro
cédé à étude systématique des perceptions spatiales dans tout
le champ visuel, mettant en évidence des manifestations des atteintes
cérébrales au voisinage des cécités hémianopsiques. Il y a en par
ticulier des processus de fluctuation plus accentués que normalement,
des phénomènes d'extinction (par disparition de la perception en
stimulation prolongée) et des complètements de figures pour la partie
qui correspond à une zone aveugle.
Les défauts hémianopsiques se manifestent surtout en stimulation
penser au role dominant du pr
de celle-ci dans la phase initiale qui permettrait le complètement
des figures les zones aveugles (observé aussi dans des images
consécutives), complètement très caractéristique des expositions
brèves.
Dans deux cas, ont été particulièrement analysées les capacités,,
dans le champ visuel des blessés, de localisation en direction et en
profondeur : il y a déformation des coordonnées subjectives, avec,
par exemple, surestimation gauche des écarts et excès de profondeur
apparente . (téléopsie), des processus d'extinction venant corriger
l'influence perturbatrice qui se produirait dans la vision binocul
aire.
H. P.
2° Audition.
53. — RÜEDI (L.), FURRER (W.). — Akustisches Trauma und
Funktion des Innenohres (Lésions auditives et fonctionnement de
Voreille interne). — Acta Otolaryngol. Scand., 1945, 33, 460-469.
— DE MARÉ (G.). — The two-place theory of hearing (La théorie
de double origine pour V audition). — Ibid., 1946, 34, 437-444.
Après un bon résumé des théories de l'audition depuis Helmholtz,
de Mare en arrive à l'exposé de sa propre théorie dualistique, les
cellules ciliées internes étant excitées par des tourbillons, tandis
que les cellules ciliées externes le seraient par des mécanismes en
phase (hypothèse émise à la suite de la constatation que les harmon
iques subjectifs ne fatiguaient pas).
Rüedi et Furrer ont émis une hypothèse analogue fondée sur une
autre série d'observations : ils faisaient agir des sons extrêmement
intenses (140 db) pendant quelques minutes, ils mesuraient ensuite
la réduction du seuil dans toutes les fréquences audibles et la varia
tion de hauteur tonale perçue pour toutes les fréquences (les sujets
ayant à égaliser la sensation dans l'otwille normale et dans l'oreille
l'année psychologique, xlvii-xlviii 23 354 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
lésée), ainsi que la récupération dans le temps, celle-ci demandant
plusieurs jours pour être complète. Dans le cas de lésions par un
son de fréquence inférieure à 4.000 hz, la rédaction du seuil (d'envi
ron 50 db au maximum) atteint seulement les fréquences supérieures
à la lésée et, seulement dans cette zone, la hauteur tonale
est accrue (de 90 % au maximum); pour une fréquence de lésion
de 4.000 hz, la réduction de force sonore est limitée en bandes de
fréquences (fréquences supérieures toujours), mais, pour aucune fr
équence, il n'y a de variation de hauteur tonale; enfin, pour des de lésion à 4.000 hz, la zone de réduction
de la force -sonore est fort restreinte, toujours dirigée vers les fr
équences supérieures, ne comprenant pas la fréquence de lésion,
tandis que la hauteur tonale subit une réduction de 6 % pour des
fréquences situées de part et d'autre de la de lésion;
pour ces deux auteurs, on pourrait expliquer la réduction du seuil une bande de fréquences supérieures à la fréquence de lésion
paï des lésions au niveau des cellules ciliées externes, tandis que la
variation de la hauteur tonale serait due à des déplacements de
la membrane .basilaire, déplaçant aussi les cellules ciliées in
ternes.
Mais de Mare montre que, pour expliquer ce phénomène, il suffît
de se rappeler que des sons aigus intenses apparaissent plus aigus
et des sons graves plus graves, par suite de la répartition des cel
lules ciliées sur la membrane basilaire; si on lèse une certaine zone
dans la cochlea et si on mesure la sensibilité aux diverses fréquences
à des intensités bien plus faibles, la force sonore sera réduite et
le point de stimulation maximale déplacé.
R. Cho.
54. — Observation directe de la cochlea au cours de la stimulation
auditive :
BÉKÉSY (G. v.).— The variation of phase along the basilar mem-
brane With Sinusoidal Vibrations (Variations de la phase pour
des ondes sinusoïdales le long de la membrane basilaire). —
J. Acoust. Soc. Am., 1947, 19, 452-460. — KOBRAK (H. G.).
— Observation of cochlear structures during the process of hea
ring (L'observation des cochléaires au cours de la st
imulation auditive). — J. Acoust. Soc. Am., 1947, 19, 328-331.
— KOBRAK (H. G.). — A new method of scientific investiga
tion of the inner ear (Nouvelle méthode d' investigation scientifique
de l'oreille interne). — Laryngoscope, 1947, 57, 247-255.
Des essais d'observation directe sont tentés depuis quelques
années; malheureusement, les résultats de ces observations sont
sujets à caution, car il est extrêmement difficile, sinon impossible,
de faire un examen direct sur le vivant, sans modifier d'une façon
sans doute considérable les conditions du fonctionnement : ouver
tures de fenêtres dans la paroi osseuse et les membranes, etc.; de
plus, jusqu'à présent, on a été obligé de se limiter à des examens
sur des cochleae de cadavres humains ou animaux, avec des sons
très intenses comme stimuli.
Quoi qu'il en soit, Kobral? a pu filmer, dans ces conditions, les AUDITION 355
mouvements des liquides périlymphatique et endolymphatique, ceux
de la membrane cochléaire.
Békésy a pu, au moyen d'un dispositif stroboscopique ingénieux,
associé à une sirène photoélectrique, en introduisant de petits miroirs
sur la membrane basiîaire, mesurer la différence de phase entre
l'etrier et divers points de cette membrane, à différents moments,
pour des sons de diverses fréquences; connaissant l'amplitude deJa
vibration en ces points par des mesures antérieures, l'auteur en déduit
la déformation, la courbure de la membrane à des instants diffé
rents.
Les expériences montrent que le déphasage mesuré est dû, non à
la résonance, mais au déplacement de la déformation le long de la
membrane basiîaire; donc, la courbe de répartition de l'amplitude
de déformation avec la fréquence ne trouve paß son origine dans
une résonance analogue à celle connue dans un système vibrant»
La réduction de la différence de phase avec l'accroissement de*
l'intensité, pour des fréquences inférieures à 800 hz, amenant une
réduction de la longueur d'onde et un déplacement du maximuim
de déformation vers l'hélicotrema ne peut expliquer la réduction*
de la hauteur tonale par accroissement d'intensité à fréquence basse,,
car elle ne se produirait qu'à des intensités supérieures au seuik
de douleur.
Enfin, en utilisant un cheveu, l'auteur a pu mesurer l'élasticité^
des différentes portions de la spire cochléaire; l'élasticité de la memb
rane basiîaire (dont la tension est nulle) varie suivant la distance
à partir de l'hélicotrema, celle de la membrane de Reissner non,
R. Cho,
55. — KELLAWA Y (P.). — The mechanism of the electrophonte
effect (Mécanisme de l'effet électrophonique). — J. Neurophysiol.,
1946, 9, 23-31.
Après un exposé des diverses explications proposées pour la sen
sation produite par un courant alternatif appliqué dans le conduit
auditif, l'auteur montre que des battements audibles peuvent être
engendrés par stimulation simultanée vibratoire et électrique, sur-
la même oreille, les deux stimuli étant de fréquences voisines (con
trairement à l'avis de l'auteur, ces faits ne sont pas nouveaux) j.
de plus, de la même façon que l'interférence de deux sons de même
fréquence, entraîne, suivant les rapports de phase, une variation
dans l'intensité totale depuis un minimum jusqu'à un maximum,
la superposition, sur la même oreille, d'un son et d'un stimulus
électrique suffisamment intense de même fréquence, entraîne, sui
vant les rapports de phase, des variations dans la force sonore; si
les deux sont en phase, la sensation est plus élevée que sans super
position; s'ils sont en opposition de phase, l'observateur n'entend
plus rien.
L'auteur conclut que l'effet électrophonique est dû à la transfor
mation de l'énergie électrique en énergie mécanique au niveau de
la cochlea, il pense que cet effet serait l'inverse de l'effet microphon
ique, dont il voit l'origine dans un effet piézoélectrique au niveau ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 356
dés cellules ciliées; pour terminer, il tente de réfuter diverses objec
tions à cette interprétation.
Quelques critiques sont à faire : pourquoi localiser nécessairement
la transformation au niveau des cellules ciliées ? Pour expliquer les
faits, il suffit que cette création soit antérieure à la stimulation, pour
qu'il y ait interférence; d'autre part, il paraît impossible d'identifier
à un effet piézoélectrique, l'effet microphonique, puisqu'il n'existe
aucune structure cristalline dans la cochlea.
R. Cho.
56. — Localisations cochléaires et corticales :
NEFF (W. D.). — The effects of partial section of the auditory
nerve (Effets de la section partielle du nerf auditif). — J. comp.
physiol. Psychol., 1947, 40, 206-215. — DE ROSA (L. A.). — A
theory as to the function of the scala tympani in hearing (Une
théorie sur le fonctionnement de la rampe tympanique dans le pro
cessus de V audition) . — J. Acoust. Soc. Am., 1947, 19, 523-528.
— SMITH (K. R.). — The problem of stimulation deafness. II.
Histological changes in the cochlea as a function of tonal fr
equency (Le problème de la surdité par intense. II.
Modifications histologiques dans la cochlea en fonction de la fr
équence du son). — J. exp. Psychol., 1947, 37, 304-317. — TUN-
TURI (W. A.). — A study on the pathway from the medial geni-
culate body to the acoustic cortex in the dog (Etude du trajet du
- corps J. Physiol., genouillé 1946, moyen 147, au 311-319. — auditif WALZL chez (E. le M.). Chien). — Represen— Amer.
tation of the cochlea in the cerebral cortex (Projection de la cochlea
sur le cortex auditif). — Laryngoscope, 1947, 57, 778-787. — WE-
VER (E. G.), NEFF (W. D). — A further study of the effects of
partial section of the auditory nerve (Etude complémentaire des
effets de la section partielle du nerf auditif). — J. comp. physiol.
Psychol., 1947, 40, 217-226.
Nefï a réalisé des sections partielles d'un seul côté du huitième
nerf chez le Chat; les seuils auditifs ont été mesurés avant et après
section au moyen de tests conditionnés (la cochlea opposée ayant été
détruite avant le conditionnement); les animaux avaient été con
ditionnés à un certain nombre de fréquences dans toute l'échelle
tonale audible.
Les lésions doivent atteindre, pour affecter le seuil d'audibilité,
au moins une surface égale à 1/10 ou plus de la section du nerf;
les faibles sections n'atteignent que les fréquences supérieures; des
sections larges atteignent les fréquences moyennes (lésions dépas
sant la moitié de la section du nerf) ; mais aucune lésion, aussi étendue
soit-elle, n'atteint les fréquences basses (inférieures à 500 hz);
enfin, si, après lésion, la sensation est réduite ou- annulée pour une
fréquence, même moyenne, elle est ou pour toutes
les fréquences supérieures, sans que l'on rencontre de zones à sen
sation réduite ou supprimée entre deux zones à audition normale.
L'auteur a, aussi, obtenu une réponse avec superposition de deux
sons élevés que l'animal ne percevait plus, mais; celui-ci restait
encore sensible dans la zone du son différentiel., AUDITION 357
Ainsi, pour Neff, il y aurait localisation pour les fréquences éle
vées tandis que les fréquences basses s'étendraient à toute la cochlea;
*de plus, il admet que, si l'on ne peut obtenir de surdité pour une
bande limitée de fréquences, mais si, toujours, en même temps, les
fréquences supérieures sont atteintes, cela peut-être dû à l'inner
vation multiple des cellules ciliées, comme on la rencontre dans
les rangées externes de ces cellules.
Quelques-uns des animaux des expériences précédentes ont été
examinés par Wever et Neff. Les potentiels cocnléaires, bien que la
plupart des animaux soient sourds pour certaines fréquences, sont
normaux, sauf pour un et pour les fréquences supérieures seulement;
or, chez celui-ci, un examen histologique a montré qu'il y avait
dégénérescence des cellules ciliées de la portion basale de la cochlea ;
les cellules ciliées sont, donc, bien à l'origine des potentiels cochlé-
aires.
Un examen histologique a montré le lieu et l'extension des des
tructions dans le huitième nerf, ainsi que le lieu et des
dégénérescences dans les neurones du ganglion cochléaire et leurs
dendrites (les fibres de ce nerf dégénérant le long de l'axone jusqu'au
corps cellulaire); des destructions très sévères (par exemple, la plus
grande partie du tour basai) réduisent peu l'audition de sons aussi
élevés que 8.000 hz; l'audition est, encore, normale pour des sons
inférieurs à 500 hz, si presque tous les éléments sont dégénérés, sauf
quelques-uns près de l'extrémité apicale; la localisation ne paraît
pas pour les fréquences basses et serait faible pour les fréquences
élevées. Il serait très important que la méthode permette de léser
des fibres venant de diverses régions avant de conclure; malheureu
sement, les fibres nerveuses venant de la partie apicale sont locali
sées dans la partie centrale du nerf et, il est difficile de les atteindre
isolément.
Smith a, par contre, obtenu des résultats montrant une nette
localisation, en provoquant des destructions par stimulation intense
avec quelques fréquences; les seuils des potentiels cochléaires ont
été pris avant et après chacune des expositions; enfin, des examens
histologiques ont permis de voir où étaient localisées les destructions
soit sur la lame spirale, soit, à la fois, sur celle-ci et sur les cellules
ciliées.
Des lésions produites par un son de 5.000 hz paraissent faibles et
de faible étendue', à mi-distance de la longueur de la membrane basi-
laire; les lésions par un son de 1.000 hz sont plus sévères
et plus étendues, le centre se trouvant, environ, aux 2/3 de la dis
tance de la base à l'apex; enfin, les lésions produites par un son
de 300 hz sont très sévères, s'étendent sur près de la moitié supérieure
de la cochlea, leur centre paraissant être environ aux 2/3 de la
distance de la base à l'apex.
Cependant, avec des sons identiques en fréquence et en intensité,
les seuils peuvent être accrus de façon notablement différente suivant
les individus et l'importance des lésions peut être notablement dif
férente, mais sans aucune relation entre ces variations : un fort
relèvement du seuil peut être accompagné de lésions peu impor
tantes et inversement; l'auteur pense que des lésions, des destruc- ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 35$
tions, invisibles, doivent être de beaucoup plus importantes que les
lésions visibles: de plus, la sévérité plus grande des des
tructions à basse fréquence pourrait s'expliquer par l'amplitude plu*
grande de ces ondes, à même niveau de pression.
De Rosa a essayé, au moyen de développements mathématiques
complexes à partir de la comparaison de la cochlea à deux canaux
pleins de liquide séparés par une membrane élastique, d'expliquer
la localisation; les résultats cadreraient bien avec les observations
de 500 à 8.000 hz; malheureusement, on est encore loin de connaître
toutes les données du problème.
Tunturi a enregistré les potentiels engendrés dans le cortex audi
tif de chiens, à la suite de stimulations de durée brève, en divers
points de la spire cochléaire au moyen de très fines électrodes bipo
laires; les stimuli étaient toujours couplés, un intervalle variable
séparant les deux stimuli de chaque paire; les deux stimuli de chaque
couple étaient produits soit dans la même cochlea, au même endroit
ou à des distances variables, soit l'un dans une cochlea, l'autre dans
l'autre cochlea en un point analogue; que les deux stimuli success
ifs soient provoqués au même endroit dans une seule des deux
cochleae ou que l'un soit provoqué dans une cochlea et l'autre dans
l'autre, un intervalle de temps minimum identique est nécessaire,
dans les deux premières aires auditives corticales, pour que le
deuxième stimulus provoque une réponse : il a une période réfrac-
taire absolue de 20 à 100 msec et une période réfractaire de 100
« 250 msec; au-delà de cet intervalle, le deuxième stimulus donne
naissance à un potentiel ayant sa valeur normale; dans les deux
cas, les deux potentiels sont identiques, tant dans leur retard, leur
durée^ leur aspect, leur signe; néanmoins, l'amplitude d'une réponse
contralatérale est légèrement plus élevée que celle
homolatérale; il n'y a pas de périodes réfractaires dans la troisième
aire' auditive corticale, les potentiels successifs suffisamment rap
prochés se sommant; les périodes sont sensiblement
analogues à celles des deux premières aires corticales dans les
eradiations et le corps genouillé; au-dessous des corps genouillés
moyens, les potentiels rapprochés se somment, dans tous les cas :
la période réfractaire absolue ne dépasserait pas 1 msec, et la période
.réfractaire relative 2 à 3 msec.
L'ensemble des faits suggère qu'il existe un neurone commun
aux deux cochleae dans le corps genouillé moyen,- avant le cortex.
Walzl a résumé les recherches des dernières années sur la loca
lisation, tant corticale que cochléaire; dans chaque cortex, il exis
terait peut-être 4 aires de projection, deux principales et deux secon-
. daires, ces dernières étant plus mal connues, l'une d'entre elles
étant, peut-être, une aire d'association; dans chacune des aires,
les représentations de chaque cochlea seraient égales et symétriques;
enfin, dans les deux aires principales, les projections sont inversées
l'une par rapport à l'autre : le tour basai se projette par exemple
à la partie antérieure supérieure de l'aire I, et à la partie postérieure
inférieure de l'aire II, le tour apical à la partie postérieure supérieure
de l'aire I et à la partie antérieure inférieure de l'aire II.
R. Cho. AUDITION 359
57. — SEGAL (J.). — Essai d'une analyse quantitative du seuil
auditif. — J. Psychol. norm, path., 1947, 40, 54-93.
L'auteur essaie d'analyser les composantes du seuil pour des
ondes sinusoïdales.
Aux fréquences inférieures à 500 hz, la pente limite de chaque
onde prise séparément (gradient au-dessous duquel une variation
n'est plus efficace), variant en fonction de la fréquence, serait une
des composantes. D'autre part, comme l'excitant pour les termi
naisons nerveuses de nature électrique, ne pourrait être (pour l'au
teur) que le potentiel cochléaire lui-même, il y aurait des pertes
dans le milieu conducteur constitué par la cochlea elle-même, et
ces pertes, inversement proportionnelles à la fréquence, doivent
être compensées; enfin, des pertes en rapport avec l'impédance
mécanique de l'oreille sont, elles aussi, à compenser; en combinant
le tout, l'auteur arrive à une pente — 3 sur un graphique ayant
comme coordonnées les fréquences et les intensités en valeurs
logarithmiques, pente à peu près identique à celle de la variation
des seuils en fonction de la fréquence jusqu'aux environs de 500 hz.
On peut, à partir de ces données, prévoir exactement la pente
dans des cas où une des composantes est annulée.
Au-delà de 500 hz, la pente limite ne doit plus intervenir; seule,
l'amplitude intervient; pour les fréquences aiguës, il faut compenser
par un accroissement d'intensité la réduction de la durée de chaque
onde prise séparément pour atteindre une valeur liminaire; il faut,
aussi, compenser des pertes dues à l'existence de zones de résonnance
à la fois au niveau du tympan et de l'oreille interne et les pertes
électriques comme précédemment; au total, on arrive à une pente
Hh 4, à peu près comme avec les données expérimentales.
L'auteur montre que le seuil auditif, pour des décharges de condens
ateur dont la forme est invariable, et non plus avec des ondes
sinusoïdales, varie à peine pour des cadences de décharges infé
rieures à 1.000 par seconde (peut-être doit-on invoquer des distor
sions dans l'oreille), et plus du tout pour des cadences supérieures.
Des précisions sur une grande partie de nos connaissances sont
nécessaires pour une étude poussée de cette question.
R. Cho.
58. — Les seuils différentiels d'intensité chez le Chat :
RAAB (H. D.), ADES (H. W.). — Cortical and midbrain mediat
ion of a conditionned discrimination of acoustic intensities
(Médiation par le cortex et le cerveau moyen à! une discrimination
conditionnée des intensités acoustiques). — Amer. J. Psychol.,
1947, 59, 59-83. — ROSENZWEIG (M.). — Discrimination of
auditory intensities in the cat (Discrimination des intensités
acoustiques chez le Chat). — Amer. J. Psychol., 1946, 59, 127-
1OÖ.
Dans les deux cas, les auteurs ont, après avoir conditionné des
Chats par la méthode des punitions, testé les seuils différentiels
de ces animaux avant et après diverses destructions, sections, etc.,
ou tenté une rééduèation s'il y avait perte, ou encore, essayé un
conditionnement sur des Chats non encore éduqués, mais après 360 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
opération; les seuils différentiels sont plus élevés aux mêmes fr
équences chez le Chat que chez l'Homme.
Les divers auteurs montrent que les seuils différentiels ne sont
pas altérés après destruction des deux cortex ou suppression de
zones centrales, mais l'habitude est perdue; cependant, on peut la
faire récupérer et même, un animal non éduqué, mais dont les
deux cortex ont été détruits, peut être conditionné comme un
individu normal.
Raab et Ades montrent, au moyen de sections à divers niveaux
de la chaîne auditive, qu'il y a trois niveaux fonctionnels pour le
conditionnement chez le Chat : cortex, cerveau moyen, bulbe;
chez l'individu normal, le réflexe conditionné s'acquiert dans le
cortex; mais celui-ci étant détruit, il peut se réacquérir le
colliculus inférieur sans perte de sensibilité; ces deux centres étant
détruits, le même réflexe conditionné peut encore être acquis dans
le noyau bulbaire auditif, mais la sensibilité est, alors, fort réduite.
R. Cho.
.58 bis. — BÉKÉSY (G. y.). — The recruitment phenomenon and
difference limen in hearing and vibration sense (Le phénomène
de recrutement et le seuil différentiel pour V audition et pour le sens
vibratoire). — Laryngoscope, 1947, 57, 765-777.
L'auteur semble appliquer ces termes de « recrutement » et de
« seuil différentiel » à des phénomènes en apparence fort différents
le phénomène de recrutement est, pour lui, mis en évidence chez
les individus atteints de surdité partielle, avec relèvement du seuil,
ou chez des individus normaux, mais après diverses actions élevant
artificiellement le seuil, comme la fatigue par exemple : dans ces
cas, la force sonore croît plus vite en fonction de l'intensité que
chez des individus normaux dans des conditions normales; elle
rattrape en quelque sorte son retard initial; de plus, dans ces mêmes
cas, le seuil différentiel d'intensité est réduit par rapport à la normale.
On peut obtenir un phénomène analogue avec le sens vibratoire :
il suffit d'anesthésier localement une partie de la peau avec du
chlorure d'éthyle, ou de fatiguer au préalable au moyen d'un st
imulus vibratoire intense et le seuil de sensation vibratoire est
immédiatement relevé; or, dans les mêmes conditions, le seuil
différentiel est réduit; au fur et à mesure de la récupération de
Panesthésie, les deux seuils retournent à leurs valeurs normales;
un enregistrement des vibrations montre que l'amplitude de la vibra
tion est, en cas d'anesthésie, plus faible dans la zone anesthésiée
et s'accroît progressivement à partir de cette zone; le relèvement
du seuil est dû au fait qu'un moins grand nombre d'éléments sen
soriels sont en activité.
L'auteur appelle encore seuil différentiel le rapport de la pression
à laquelle un son ou un stimulus vibratoire sont perçus constamment
à la pression à laquelle ils ne sont plus jamais (entre ces
deux valeurs, ils sont perçus par intermittences); ce seuil varie avec
la durée pour l'audition et pour le sens vibratoire, avec le point
d'application, avec la grandeur de la surface d'application, avec la
distance d'une zone anesthésiée; moins grande est la surface, ou AUDITION 361
moins la surface contient de terminaisons sensorielles de pression,
plus le seuil différentiel défini ainsi est réduit, en rapport avec le
moins grand nombre d'éléments sensoriels; de même, l'anesthésie
ou la fatigue ont pour effet de réduire les points en activité potent
ielle : la discrimination devient plus facile.
L'auteur, en raison des analogies avec le sens vibratoire, en déduit
qu'il en est de même pour l'audition : dans la surdité, les points
sensibles sont réduits et ils le sont d'autant plus que la fréquence
est plus grande, ce qui est en accord, à la fois, avec nos connais
sances sur les localisations et avec la réduction du seuil différentiel
aux fréquences élevées.
R. Cho.
59. — Superposition de sons; effet de phase :
CHOCHOLLE (R.), SEGAL (J.). — 1. Les sons de combinais
on. — C. R. Soc. Biol., 1947, 141, 9-11. — 2. L'asymétrie de
transmission dans l'oreille. — Ibid., 1947, 141, 96-98. — 3. L'effet
de modulation en amplitude sur la perception auditive. — Ibid.,
1947, 161-163. — MATHES (R. C), MILLER (R. L.). — Phase
effects in monaural perception. (Les effets de phase dans la per
ception monaurale). — J. Acoust. Soc. Am., 1947, 19, 780-797.
Ce genre d'étude n'apporte de renseignements intéressants que si-
deux ou trois sons seulement sont superposés, de fréquences rap
prochées ou, au contraire, fort éloignées, formant un complexe,
dont on peut varier la composition par variations dans les phases
respectives ou par modulation, par redressement partiel ou total, etc.
De plus, il est nécessaire de contrôler, non seulement la forme des
ondes électriques agissant sur l'émetteur, mais surtout la forme
de l'onde acoustique émise.
Les études présentes montrent que des hauteurs tonales non
attendues par les théories classiques se superposent aux hauteurs
correspondant aux fondamentales, que d'autres, que l'on attendrait,
n'apparaissent pas et, qu'enfin, la phase intervient pour modifier
la sensation : la sensation tonale dépend des composantes, mais
aussi, et peut-être surtout, de l'enveloppe.
Mathes et. Miller voient apparaître un son de basse fréquence
en superposant des sons de fréquences moyennes assez rapprochées;
un tel son dépend de la périodicité des répétitions des thèmes dans
l'enveloppe et, si l'on fait doubler cette périodicité par doublement
ou triplement au moyen de variations de phase, la hauteur tonale
surajoutée varie de la même façon. De plus, la sensation de rugosité,
souvent présente, paraît dépendre de la durée et de l'amplitude
des dépressions répétées de l'enveloppe; elle semble d'autant plus
désagréable (rauque), que chaque dépression comprend plus de
bosses, et avec un peu de bosses, elle croît d'abord avec le rythme
des répétitions des motifs, jusqu'à un maximum, et décroît ensuite.
Ces auteurs ne proposent pas d'explications : il n'y aurait pas
analyse périphérique complète bien que le pouvoir résolu teur de
l'oreille soit fort considérable; les fondamentales agissant en des
poirits séparés, l'action de la phase aurait lieu dans les xones de
superposition; peut-être y aurait-il intervention d'interférences ner
veuses ? '

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