Audition. - compte-rendu ; n°1 ; vol.49, pg 484-500

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L'année psychologique - Année 1948 - Volume 49 - Numéro 1 - Pages 484-500
17 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1948
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3° Audition.
In: L'année psychologique. 1948 vol. 49. pp. 484-500.
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3° Audition. In: L'année psychologique. 1948 vol. 49. pp. 484-500.
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domaine scotopique, ce qui revient à dire que ces éléments imagi
naires ne seraient pas fonctionnels.
Le travail expérimental date de l'année 1939, sa publication de
1948. On peut se demander si ce n'est pas à la mort prématurée
de S. Hecht, intervenue entre temps, que nous devons la publi
cation de cette étonnante hypothèse.
J. S.
3° Audition.
31. — BÉKÉSY (G. v.), ROSENBLITH (W. A.). — The early
history of hearing. Observations and theories (L'historique de
l'audition. Observations et théories). — J. Acoust. Soc. Amer.,
1948, 20, 727-748.
Ensemble extrêmement riche qui doit retenir l'attention non
seulement des spécialistes de l'audition, mais encore de tous ceux
que préoccupe l'évolution des connaissances humaines. Il est imposs
ible de faire un résumé de tout ce travail, qui s'étend des Egypt
iens, des Assyriens jusqu'à Helmhotz; le, tout est accompagné
de nombreuses gravures, d'anecdotes, et suivi d'une bibliographie
donnant plus de 181 titres d'ouvrages parus sur l'audition depuis
le moyen âge jusqu'à la veille des temps modernes, ou d'articles-
traitant déjà de l'historique de l'audition 1.
R. Cho.
32. — WEVER (E. G.), LAWRENCE (M.). — The functions of the
round window (Les fonctions de la fenêtre ronde). — Ann. Otol.
Rhinol. Laryngol., 1948, 57, 579-589.
La fixation de la fenêtre ronde amène, pour certains auteurs,
un relèvement, pour d'autres un abaissement du seuil : Wever
et Lawrence ont repris l'étude en enregistrant les potentiels coch-
léaires au niveau de la fenêtre ronde sur le Chat.
Le seuil n'est pas modifié au-dessous de 500 hz, il est légèrement
relevé pour les fréquences supérieures; avec un maximum de 10 db
entre 7.000 et 10.000 hz;les résultats sont sensiblement les mêmes,
que l'immobilisation ait lieu au moyen d'un tube élastique exerçant
une pression variable, ou au de cire, etc., à condition, que
l'oreille moyenne soit intacte (mais si l'immobilisation est obtenue
1. G. v. Békésy a entrepris une. nouvelle publication de ses articles
parus soit à la veille, soit au cours de la guerre dans Akustische Zeitschrift,
cette fois-ci en anglais dans Journal of acoustical Society of America (t. 20
et 21) (dans ce même périodique, il a, d'ailleurs, fait paraître des traductions
d'articles antérieurs). Nous n'analyserons pas ces travaux, puisque nous
l'avons déjà fait à partir du texte original; nous voulons seulement signaler
cette traduction, qui sera certainement utile à ceux qui n'ont pas eu la
possibilité d'avoir l'original ou à ceux qui comprennent difficilement les
textes en allemand. AUDITION 485
au moyen d'une sonde, on n'enregistre plus de modifications du
seuil, quelle que soit la fréquence).
Si l'oreille moyenne est détruite, et si l'on amène le son dire
ctement à la fenêtre ovale, le relèvement du seuil est identique à
toutes les fréquences (2 à 3 db au maximum), et même, sur un des
Chats, le seuil ne variait pas. L'interprétation de ces faits est diffi
cile (je pense, en particulier, que nous ne savons pas comment le
fonctionnement a pu être modifié par la technique opératoire d'ou
verture de l'oreille interne, si le seuil est bien un seuil physiologique,
ou peut-être une limite de nos appareils, etc.); quoi qu'il en soit,
les auteurs pensent que par l'immobilisation de la fenêtre ronde,
l'impédance mécanique de l'oreille interne a peu varié : si la masse
croît, le seuil se relève aux fréquences élevées, si la raideur croît,
le seuil se relève aux fréquences basses; la fenêtre ronde contribuerait
plus à la raideur qu'à la masse.
R. Cho.
33. — BÉKÉSY (G. v.). — Vibration of the head in a sound field
and its role in hearing by bone conduction (Vibrations de la tête
dans un champ acoustique et son rôle dans V audition par conduction
osseuse). — J. Acoust. Soc. Amer., 1948, 20, 749-760.
La tête, sur un individu vivant, a une fréquence propre de 1.800 hz
et la vitesse de conduction y est de 570 m/sec.
L'amplitude de vibration de la tête, étudiée par un dispositif
ingénieux, montre que cette vibration peut devenir un facteur
important au-dessus de 2.500 hz; or, les vibrations transmises au
crâne par un écouteur posé sur l'oreille sont importantes pour cer
tains types d'écouteurs.
Avec des écouteurs électrodynamiques reposant indirectement
sur l'oreille par l'intermédiaire de coussinets de caoutchouc et
fixés à un casque, on sait qu'il y a seulement 40 à 50 db de chute
de l'oreille excitée à la deuxième en stimulation monaurale (de
100 à 10.000 hz); or, d'après les expériences présentes, il ne semble
pas que cette transmission d'une oreille à l'autre soit due à une trans
mission au moyen du casque sur lequel sont fixés les écouteurs, car
on retrouve des valeurs analogues en reliant les écouteurs par un
système en caoutchouc; par contre, la transmission aérienne (les
sons contournant la tête) doit intervenir, car on réduit l'amplitude
du son transmis d'une oreille à l'autre en recouvrant l'embouchure
de l'écouteur, éloigné de la tête, d'un tube plastique que l'on intro
duit dans le conduit auditif (dans la lumière du tube est un fil
contourné pour réduire la résonance); d'ailleurs, on sait que la
transmission d'une oreille à l'autre est fort réduite si on recouvre
l'oreille opposée à celle excitée au moyen d'un deuxième écouteur.
Pourtant, il y a une limite à l'isolement d'une oreille à l'autre :
le seuil de conduction osseuse est de 60 db plus élevé que le seuil 486 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
«le conduction aérienne : nous ne pouvons éviter qu'à intensité
élevée, une fraction du son passe d'une oreille à l'autre par conduc
tion osseuse.
R. Cho.
34. — GOLD (T.), PUMPHREY (R. J.). — Hearing. I. The coch
lea as a frequency analyser (Audition. I. La cochlea en tant qu'ana
lyseur de fréquence). — Proc. R. Soc, 135 B, 1948, 462-491. —
GOLD (T.). — Hearing. II. The physical basis of the action of
the Cochlea (Audition. II. Base physique de l'action de la cochlea). —
Ibid., 492-498.
Gold et Pumphrey étudient d'abord les caractéristiques de tout
système physique entrant en résonance.
Us font ensuite l'hypothèse fondamentale que le fonctionnement
de l'oreille interne est lié à une résonance quelle qu'en soit la nature,
et ils essaient de le démontrer.
Ils pensent y parvenir en mesurant les seuils dans des conditions
différentes : 1° soit pour un son de fréquence déterminée et de durée
assez grande pour que celui-ci paraisse continu, 2° soit pour un son
de même fréquence, mais de durée suffisamment brève pour que
celui-ci apparaisse comme un clic (phénomènes transitoires seulement).
Les seuils ont été mesurés, dans ces conditions, pour un son
continu, puis pour un son de durée brève, correspon
dant à quelques périodes; dans des séries dont les divers éléments
variaient de 2 en 2 db, les sujets indiquaient ceux qu'ils entendaient,
et la valeur la plus faible à laquelle le sujet répondait encore était
prise comme seuil.
Or on peut déduire de ces valeurs, au moyen d'une formule, un
coefficient de sélectivité de résonateurs.
En admettant que l'oreille interne a un grand nombre de résona-
Steurs, et en faisant un certain nombre d'hypothèses secondaires, les
.auteurs calculent, pour l'oreille, à la fois un coefficient de sélectivité,
^variant de 60 à 250 suivant la fréquence, et une constante de temps
3ie 10 à 20 ms.; cette constante de temps est, par ailleurs, bien une
constante de l'oreille interne, comme le montrent les auteurs.
Ces coefficients de sélectivité sont sensiblement identiques à ceux
que l'on peut déduire des mesures de seuils différentiels faites par
d'autres auteurs, pour les fréquences inférieures à 1.000 hz tout au
moins (dans l'hypothèse que le fonctionnement de l'oreille interne
repose sur de la résonance; les auteurs émettent, en outre l'hypo
thèse que les seuils différentiels de fréquence sont équivalents à des
seuils différentiels d'intensité, un changement de fréquence à intensité
constante, ne devenant perceptible que s'il détermine, en un point de
la cochlea, un changement d'amplitude supérieur à celui que produit
un seuil différentiel d'intensité).
JLe facteur d'amortissement déterminé ainsi n'est ni trop élevé, AUDITION 487
ni trop faible; or, des expériences contradictoires avaient fait sup
poser qu'il devait être soit élevé, soit au contraire faible; Pumphrey
et Gold, en terminant, discutent ces expériences (potentiels micro-
phoniques, masquages, etc.).
Gold, dans le deuxième article, montre, d'abord, que les coeffi
cients de sélectivité trouvés pour l'oreille aux différentes fréquences
ne sont pas comparables à ceux que l'on aurait pour un système
physique (cordes tendues plongeant dans un liquide); ils sont trop
élevés (mais n'y aurait-il pas d'autres systèmes physiques plus re
ssemblants, à mon avis?); l'auteur en déduit que la cochlea n'est
pas passive dans son fonctionnement.
La cochlea aurait un rôle actif : une fibre entrant en activité
produit un champ électrique qui lui revient amplifié, par suite d'une
action secondaire; ceci accroît son activité, d'où le champ électrique,
et ainsi de suite; le potentiel microphonique deviendrait ainsi un
élément actif, et on comprendrait que, à partir d'un phénomène
acoustique faible, on ait des potentiels microphoniques considér
ables...
Enfin, Gold émet l'hypothèse que le tintement d'oreilles pos
térieur à un stimulus prolongé pourrait être un phénomène du même
ordre; malheureusement, il n'a pu le montrer.
Que peut-on conclure de tout ce travail? Je ne pense malheureuse
ment pas que des arguments soient apportés de l'existence de réso
nateurs dans l'oreille interne (tous les calculs faits supposent
cette existence) ; mais il nous donne des valeurs de facteurs d'amor
tissement, au cas où il en serait ainsi, et où toutes les hypothèses
accessoires seraient, elles aussi, exactes.
L'hypothèse de Gold est intéressante, mais peut être tenue ind
épendamment de l'hypothèse initiale.
R. Cho.
35. — DE VRIES (H.). — The minimum audible energy (L'énergie
acoustique liminaire) . — Acta otolaryngol. scand., 1948, 36, 230-
235.
L'auteur a étudié l'énergie liminaire en fonction des durées de
stimulation; on présentait aux sujets des séries de 6 sons de même
fréquence (1.000 hz), mais d'intensités différentes, interrompus
mécaniquement et ceux-ci indiquaient les sons qu'ils avaient enten
dus sur les 6; on déterminait ainsi le voltage nécessaire, au travers
des écouteurs, pour obtenir une réponse dans 50 % des cas en durée
indéfinie, et à 3 durées brèves.
L'auteur donne des courbes de fréquence; or, au travers des
points (qui dessinent, le plus souvent, une sigmoïde), il trace des
droites; et il rapproche ce fait des résultats d'auteurs antérieurs
ayant émis l'hypothèse d'unités, de quanta sensoriels.
Pour les durées les plus courtes utilisées, l'énergie liminaire 488 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
(représentée par le voltage liminaire, multiplié par le carré du
/temps) paraît constante et représentable par l'énergie liminaire
par seconde pour un son continu, multipliée par un facteur 0,4;
cette constante rappelle celle d'autres travaux antérieurs.
Malheureusement, il y a des critiques à faire : l'intervention
des phénomènes transitoires n'est pas envisagée; or, aux phéno
mènes transitoires inévitables, s'ajoutent les clics dus à l'interrup
tion mécanique; les durées les plus faibles utilisées sont encore
bien longues : 40 msec.
R. Cho.
36. — POLLACK (I.). — The atonal interval (L écart atonal).
— J. Acoust. Soc. Amer., 1948, 20, 146-149.
A des intensités légèrement supraliminaires, la sensation n'a
pas de caractère tonal; la valeur minimum pour laquelle la
sensation a un caractère tonal est le seuil de tonalité; l'écart entre
le seuil d'audibilité et le seuil de tonalité est V écart atonal.
Cet écart est de 2,5 à 3 db de 125 à 2.000 hz, puis croît de 2.000
à 8.000 hz (6 à 8 db à cette dernière fréquence) et décroît légèrement
ensuite.
S'il existe en fait un intervalle atonal, on doit le voir dans les
mesures de seuils différentiels de fréquence; à 1.000 hz, le seuil
différentiel croît peu à peu quand l'intensité décroît jusqu'au
de tonalité (il augmente, en valeur absolue de 3 à 12 hz); à ce
niveau, l'allure de la variation se modifie grandement, car entre
le seuil de tonalité et le seuil d'audibilité, la croissance du seuil
différentiel quand l'intensité décroît est devenue très rapide; le
seuil différentiel atteint alors, en valeur absolue, 140 hz et plus
(toujours pour une fréquence de 1.000 hz); la pente des deux parties
de la courbe est différente, bien qu'il n'y ait pas de discontinuité
bien nette.
Ainsi, dans cet écart atonal, la capacité de discrimination est
faible, mais non nulle; l'auteur pense que la valeur moyenne obtenue
représente, en réalité, la moyenne des fluctuations, et non une
moyenne de valeurs.
R. Cho.
37. — CHOCHOLLE (R.). — Quelques remarques sur les varia
tions et la variabilité des temps de réaction auditifs. — J. Psychol.
norm, path., 1948, 41, 345-358.
L'auteur ajoute quelques compléments aux articles qu'il a publiés
les années antérieures sur les temps de réaction (v. les tomes des
années de V « Année psychologique t>).
Le but de cet article est de montrer que, connaissant bien les
causes de la variabilité et des variations dans les mesures de temps
de réaction, on peut réduire celles-ci à leur strict minimum. .
4891 AUDITION
Après avoir envisagé la variabilité inter-individuelle, il étudie
la variabilité individuelle, soit dans la moyenne des résultats, soit
dans l'indice de variabilité.- Il montre que les différents caractères
du stimulus, les conditions des mesures, de l'état physiologique et
psychologique du sujet doivent être bien gardés constants.
Quelques figures montrent cette variabilité des temps de réaction
absolus ou différentiels dans diverses conditions.
R. Cho.
38. — Rôle des durées brèves et des interruptions :
(1) DOUGHTY (G. M.), GARNER (W. R.). — Pitch character
istics of short tones. II. Pitch as a function of tonal duration
(Caractères tonaux de sons de durées brèves. II. Hauteur tonale
en fonction de la durée). — J. exp. Pyschol., 1948, 38, 478-493.
— (2) GARNER (W. R.). — The loudness of repeated short
tones (La force sonore de sons répétés de durée brève). — J. Acoust.
Soc. Am., 1948, 20, 513-527. — (3) MILLER (G. A.). — The
perception Of Short bursts Of noise (La perception de courts « éclats »
de bruit). — J. Acoust. Soc. Am., 1948, 20, 160-170. — (4) MIL
LER (G. A.), GARNER (W. R). — The masking of tones by
repeated bursts Of noise (Le masquage des sons par des « éclats »
répétés de bruit). — J. Acoust. Soc. Am., 1948, 20, 691-696.
— (5) MILLER (G. A.), TAYLOR (W. G.). — The perception
Of repeated bursts Of noise (La perception d' « éclats » répétés de
bruit). — J. Acoust. Soc. Am., 1948, 20, 171-182.
Diverses expériences ont été faites, les unes avec des sons purs,
les autres avec un bruit à spectre continu; un des avantages du
bruit à spectre continu dans ces expériences est le suivant : les
phénomènes transitoires ne viennent plus compliquer d'une manière
mal déterminable le stimulus et la sensation.
Miller (3) a voulu reprendre l'étude de ce qu'on appelle l'éta--
blissement de la sensation; les sujets avaient à chercher à quelle
durée un stimulus d'une certaine intensité pouvait paraître égal
en force sonore à un stimulus de grande durée (1,55 sec) et d'intens
ité différente; le bruit à spectre continu était le stimulus.
L'auteur a retrouvé des faits connus, par exemple la réduction
de la force sonore pour des durées de plus en plus faibles. a, aussi, par une méthode analogue, étudié la cessation
de la sensation; dans des expériences analogues à celles de Békésy,
il retrouve que la cessation paraît être annulée après un intervalle
de temps constant à la suite de la cessation du stimulus, quel que
soit le stimulus initial; mais les intervalles de temps sont plus
brefs que pour Békésy.
Une autre étude de ce travail porte sur les intervalles de temps 490 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
nécessaires pour que deux stimuli, l'autre faible, paraissent cesser
simultanément.
Miller rejette toute explication reposant sur l'action des muscles
intra-auraux, puisqu'un des sujets avait perdu ces muscles; mais
il propose une explication où interviendraient des fibres à vitesses
de conduction différentes, et une substance hypothétique au niveau
dos cellules ciliées.
Doughty et Garner (1) ont étudié la hauteur tonale de sons de
durées brèves (500 à 6 msec), à diverses fréquences réparties dans
tout le spectre audible et à divers niveaux d'intensité; les mesures
ont été faites par comparaison avec un son de durée infinie, soit
par la méthode des stimuli constants, soit par égalisation par le
sujet de la hauteur tonale du son raccourci à celle du son de durée
infinie.
En général, la hauteur tonale ne commence à varier avec la durée
que pour des durées inférieures à 25 msec; pour une durée de 6 msec,
la variation de hauteur tonale est encore faible (de quelques % au
maximum); d'une manière générale, la hauteur tonale devient plus
basse pour des durées brèves (pourtant, il semble bien que la hauteur
tonale croît un peu aux faibles intensités pour les fréquences élevées
aux durées brèves), la réduction de hauteur tonale est relativement
plus grande en pourcentage pour les fréquences élevées que pour
les fréquences graves, et aussi plus importante aux fortes intensités
qu'aux faibles intensités; enfin, la variabilité décroît quand la durée
croît.
Soulignons le fait suivant : par les méthodes utilisées, les sujets
peuvent fixer une hauteur tonale à un son de 250 hz réduit à 6 msec,
c'est-à-dire à un cycle et demi; pourtant, il apparaît atonal à la
simple audition.
Pour expliquer cette variation de hauteur tonale avec la durée,,
les auteurs font intervenir la moyenne géométrique de la fréquence
du son pur et des fréquences des transitoires; comme les résultats
ne sont pas suffisamment en rapport avec cette moyenne, ils font
l'hypothèse supplémentaire que la moyenne dont il faut tenir
compte est d'ordre psychophysiologique, la plupart des transitoires
étant probablement inaudibles. Il me semble que bien d'autres
facteurs, eux aussi bien connus suffiraient pour expliquer ces faits.
Miller et Taylor (5) ont constaté qu'un bruit à spectre connu
interrompu rythmiquement se distinguait facilement du même
bruit, mais continu, contrairement aux implications de la loi d'Ohm.
Ces auteurs ont recherché à quelle intensité, pour une cadence
donnée d' « éctats » de durée déterminée, les observateurs ne di
stinguent plus le bruit interrompu du bruit non interrompu.
On retrouve des faits déjà connus dans le flicker optique, mais
on peut, encore, en Audition, percevoir des rythmes plus rapides
qu'en Vision. La hauteur tonale engendrée semble être plus celle AUDITION 491
du rythme des interruptions à rythme faible et plus celle du son
interrompu à rythme élevé; la limite entre les deux zones semble
se situer vers 200 par seconde. Une variation subite
dans le rythme des interruptions n'est perçu que si ce rythme est
inférieur à 200 par seconde; on peut créer des battements entre
deux rythmes; on peut obtenir aussi des binauraux
entre deux rythmes différents.
Les auteurs proposent l'hypothèse suivante : une modification
est engendrée à la suite d'un premier « éclat » dans la cochlea, où
elle se propage, puis une deuxième modification est engendrée à
1' « éclat » suivant, avant que la première n'ait cessé et ainsi de
suite; ainsi, des influx partent de différentes portions de la cochlea
sans se superposer, d'où une activité fluctuante transmise au cortex
par le nerf auditif; ces fluctuations détermineraient la hauteur
tonale, tandis que la cadence moyenne des influx déterminerait
la force sonore.
Je rappellerai que Segal et moi-même avons proposé une autre
hypothèse (v„ analyses du tome précédent de V « Année Psycholog
ique))).
Garner (2) étudie plus précisément la force sonore de sons inte
rrompus (sons d& fréquence pure).
Si l'on conserve constante la fréquence du son, la force sonore
croît avec le rythme des interruptions, et ce d'autant plus que la
durée de chaque interruption est plus courte; mais il n'y a jamais
proportionnalité.
Un son interrompu est toujours plus intense qu'un son de même
fréquence, mais continu, bien que l'énergie totale soit toujours
plus faible.
De deux sons à même fréquence de base et même intensité, le
plus intense est celui à rythme de répétition le plus élevé et de durée
d'interruption la plus brève.
Enfin, pour des sons de même durée et de même rythme d'inter
ruption, la force sonore est à peu près constante si la fréquence
du son interrompu est comprise entre 125 et 8.000 hz (5 db de
différence pour des intensités élevées, 2 db pour des intensités
moyennes), avec un minimum de 1.000 à 2.000 hz.
L'auteur tente une explication en admettant que l'oreille est un
analyseur parfait (ce que l'on sait être faux), en faisant intervenir
les phénomènes transitoires (mais en négligeant la reproduction de
telles ondes par l'émetteur, et en oubliant de se demander dans
quelle «mesure ils interviennent dans notre sensation ou dans la
stimulation); il fait intervenir en plus la relation entre force sonore
et intensité, relation fort critiquable, comme on sait ajoute encore
des hypothèses supplémentaires incontrôlables, et aboutit enfin à
ce qu'il croit suivre à peu près correctement les faits!
Miller et Garner (4) ont déterminé le seuil de masquage d'un son 492 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
pur de diverses fréquences par un bruit à spectre continu à divers
niveaux d'intensité, interrompu à divers rythmes pour diverses
durées d'interruptions.
En général, plus le rythme des interruptions est grand, quelles
que soient les autres conditions, plus le bruit est masquant.
Les auteurs essaient d'expliquer les faits au moyen d'hypothèses
nombreuses et spéculatives; une seule semble intéressante, malheu
reusement, elle ne cadre pas avec tous les résultats : le son masqué
ne serait audible que pendant les périodes silencieuses du son
masquant, donc à condition que la durée de celles-ci soit suffisante;
cette dernière varie évidemment avec la fréquence du son masqué
et avec le rythme des interruptions.
R. Cho.
39. — Seuils de discrimination :
(1) FLYNN (J. P.). — Lack of randomness in responses of audi
tory threshold data (Le hasard en défaut dans les mesures de
seuils différentiels auditifs). — Amer. Psychologist, 1948, 3, 254.
— (2) HARRIS (J. D.). — Pitch discrimination under masking
(Discrimination tonale avec masquage) . — • Amer. J. Psychol.,
1948, 41, 194-204. — (3) HARRIS (J. D.). — Discrimination
of pitch; suggestions toward method and procedure (Discrimi
nation de hauteur tonale; suggestions pour la méthode et la technique
des mesures). — Amer. J. Psychol., 1948, 41, 309-322. — (4)
HENRY (F. M.). — Discrimination of the duration of a sound
(Discrimination de la durée d'un son). — J. exp. Psychol., 1948,
38, 734-743.
Le seuil différentiel de fréquence a été étudié par Harris (2)
pour des sons masqués par un bruit à spectre continu à deux niveaux
de sensation, à trois niveaux du rapport du son au bruit, ainsi que
dans le silence; les sons utilisés furent 500 et 1.000 hz (la méthode
utilisée est décrite par Harris (3) dans un deuxième article).
D'une manière générale, le seuil différentiel est d'autant plus
large que le niveau de bruit est plus intense, pour un même niveau
de sensation du son; à un niveau équivalent par rapport au bruit,
la discrimination est du même ordre, souvent même un peu meilleure
si le niveau du son est plus élevé.
L'auteur remarque que le masquage ne peut être périphérique,
sinon il lui paraît impossible de comprendre pourquoi, plus le
bruit est intense, moins il. reste de fibres non encore activées, et
pourtant le seuil différentiel est plus large (le concept est analogue
à celui admis dans les théories dites du « recrutement périphérique ») ;
le masquage devrait avoir son origine dans des inhibitions le long
de la chaîne nerveuse (en réalité, l'auteur oublie que le seuil diffé
rentiel, s'il a une base périphérique, est, cependant, déterminé par
des conditions centrales).

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