Audition - compte-rendu ; n°1 ; vol.51, pg 353-366

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L'année psychologique - Année 1949 - Volume 51 - Numéro 1 - Pages 353-366
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1949
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2° Audition
In: L'année psychologique. 1949 vol. 51. pp. 353-366.
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2° Audition. In: L'année psychologique. 1949 vol. 51. pp. 353-366.
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2° Audition.
51. — Enregistrement des potentiels cochléaires :
BLEEKER (J. D. J. W.), DE VRIES (H.). — The microphonic
activity of the labyrinth of the Pigeon. Part I : the cochlea (Activ
—ité Acta microphonique Otolaryngol. du labyrinthe Scand., 1949, du Pigeon' 37, 289-297. lre partie — CAUSSE : la cochléa), (R.).
BUU-HOI (Ng-Ph.), GONDET (I.), HOAN (Ng.). — Modif
ication des potentiels cochléaires du Cobaye sous l'influence
de l'acide acétylaminophénylarsinique (arsacétine). — C. R.
Soc. Biol., 1949, 143, 68-70. — CAUSSE (R.), GONDET (I.).
— Influence du dimercaptopropanol (B. A. L.) sur les per
turbations cochléaires et vestibulaires provoquées par l'acide
acétylaminophénylarsinique. — C. R. Soc. Biol., 1949, 143, 827-
829. — CAUSSE (R.). — Recherches expérimentales sur la sur
dité. — Acta Oto-Rh'ino-Laryngol. belg., 1949, 3, 350-354. —
DAVIS (H.), GERNANDT (B. E.), RIESCO-Mc CLURE (J. S.),
COVELL (W. P.). — Aural microphonics in the cochlea of the
guinea-pig (Microphoniques auraux de l'oreille du Cobaye)
J. Acoust. Soc. Amer., 1949, 21, 502-510. — DAVIS (H.),
RIESCO-Mc CLURE (J. S.), Me AULIFFE (D. R.). — Bio
physics Of the COChlea (Biophysique de la cochléa). — Fed. Proc,
1949, 8, 56. — DE VRIES (H.), BLEEKER (J. D. J. W.). —
The microphonic activity of the labyrinth of the Pigeon. Part II :
the response of the cristae in the semicircular canals (Activité
microphonique du labyrinthe du Pigeon; 2e partie : réponse des
crêtes ampullaires des canaux semi-circulaires) . — Acta Oto
laryngol. Scand., 1949, 37, 298-306. — RIESCO-Mc CLURE
(J. S.), DAVIS (H.), GERNANDT (B. E.), COVELL (W. P.).
— « Ante-mortem » failure of the aural mierophonic in the gui
nea-pig (Disparition « ante-mortem » des microphoniques auraux
du Cobaye). — Proc. Soc. exp. Biol. Med., 1949, 31, 158-160.
— Van EYCK (M.). — Potentiels dérivés des
ampoules des canaux semi-circulaires chez le Pigeon. — Acta
Oto-Rhino-Laryngol. belg., 1949, 3, 459-467. — WEVER (E. G.),
LAWRENCE (M.). — The patterns of response in the cochlea
(Schémas de réponses dans la cochléa). — J. Acoust. Soc. Amer.,
1949, 21, 127-134.
De tous côtés, l'étude des potentiels microphoniques a été reprise
avec des moyens plus précis et de beaucoup améliorés; il y a, en
effet, bien des points inconnus ou mal connus dans leur production,
leur lieu d'origine, leur rôle, etc.
Le regretté Professeur Causse avait trouvé un phénomène fort
intéressant, qui aurait sans doute pu le conduire à trouver une
solution à ces problèmes; il ne lui a pas été permis, malheureuse -
l'année psychologique, li 23 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 354
ment, d'aller jusqu'au bout de ces recherches, dont il espérait
beaucoup; souhaitons que des travaux soient repris dans cette
voie. Quelques notes montrent l'intérêt de la méthode qu'il avait
mise au point.
L'arsacétine est un poison remarquable par le fait qu'au cours
des premiers stades de l'intoxication, apparaissent des troubles
de l'équilibre et de l'audition; l'animal meurt après une seule injec
tion sous-cutanée, au bout d'un temps relativement long, sans
pouvoir s'alimenter.
Le plus précoce de tous les phénomènes constatés est la surdité :
elle apparaît au bout de 4 heures, elle est totale au bout de 6 heures
ou 7 heures (on le constate par la disparition du réflexe de Preyer);
on remarque une disparition progressive et simultanée des potent
iels cochléaires (parfois même avant le réflexe de Preyer) ; elle
est totale quand la surdité est complète. Le Cobaye est plus sen
sible que la Souris à l'arsacétine, mais le résultat est le même.
Sur coupes histologiques, les premiers symptômes visibles sont
dans l'arrêt de la circulation sanguine dans les capillaires de la
strie vasculaire; puis apparaît un coagulum dans les rampes tym-
panique et vestibulaire, amenant une forte dépression de la memb
rane de Reissner (sans qu'il y ait de coagulum dans la rampe
cochléaire); à ce stade déjà, la réponse cochléaire est fortement
réduite, et la surdité nette; ensuite, le laisse la place à
un liquide exsudatif, avec accentuation de la dépression de la
membrane de Reissner; dans le dernier stade, l'organe de Corti
lui-même voit la destruction progressive de ses éléments (cellules
ciliées, structures) et les potentiels cochléaires ont, alors, complè
tement disparu; les fréquences les premières atteintes par la surdité
sont les fréquences les plus aiguës.
Causse a montré que l'apparition de la surdité peut être différée
par une piqûre de dimercaptopropanol; mais si cette piqûre est
faite trop tard (après des premiers indices de surdité),
la surdité est irréversible; par contre, les troubles vestibulaires
sont réversibles.
Ainsi : 1° les potentiels microphoniques sont bien liés à la stimul
ation, ce sont des intermédiaires entre le stimulus externe et les
potentiels d'action sensoriels; 2° ils sont bien engendrés au niveau
de la cochléa.
Bleeker et de Vries d'un côté, Van Eyck de l'autre (sur les indi
cations des premiers) ont abouti à une conception analogue en
comparant les potentiels microphoniques de la cochléa et des
crêtes ampullaires. Les auteurs ont retrouvé sur la du Pigeon
des résultats déjà connus chez les Mammifères; les potentiels coch
léaires sont plus faibles; le voltage le plus élevé à une intensité
donnée est obtenu aux alentours de 1.800-2.000 Hz (contrair
ement aux Mammifères où, par ailleurs, le maximum est plus pro- AUDETIOX 355
nonce); pour toutes les fréquences, la relation entre voltage des
potentiels microphoniques et intensité est linéaire, aux intensités
moyennes, mais, aux intensités élevées, les courbes tendent vers
un maximum presque identique pour toutes les fréquences.
L'adaptation est importante; elle est maximum au bout de cinq
minutes, puis apparaît une récupération, mais elle n'est jamais
totale; d'autre part, elle s'étend aux fréquences voisines.
Les mouvements du bec de l'oiseau dans la respiration (ou plutôt
les courants d'action musculaire) gênent dans les enregistrements :
le voltage s'élève à l'ouverture du bec, par suite, sans doute, de
contractions synchrones du muscle tenseur du tympan.
Toute destruction des structures cochléaires abolit les potentiels
microphoniques; mais si, à ce stade, on ouvre le canal semi-circulaire
antérieur, on retrouve un potentiel microphonique presque aussi
important en laissant l'électrode au même endroit sur la fenêtre
ronde; ces derniers potentiels disparaissent quand on détruit les
crêtes ciliaires ampullaires (s'il reste encore des traces chez certains
pigeons, elles disparaissent après destruction de l'utricule et du
saccule); la réponse microphonique diffère alors plus de la forme
sinusoïdale pure que la réponse cochléaire, mais elle suit les mêmes
lois : adaptation, variation linéaire avec l'intensité aux intensités
moyennes (avec un, maximum aux intensités élevées); mais le max
imum de réponse est situé entre 500 et 900 Hz; ce fait est à rap
procher du réflexe de ïullio (si un canal semi-circulaire est détruit,
l'animal déplace la tête si un son intense est émis) ; ce réflexe a le
même optimum de fréquence que cet effet microphonique, mais le
seuil de ce réflexe est bien plus élevé. Les potentiels microphoniques
doivent avoir une origine identique dans les deux cas; Bleeker et
de Vries pensent que les potentiels rnicrophoniques sont les inter
médiaires obligatoires entre le stimulus et la stimulation des cellules
de Corti, mais celles-ci sont sensibles aux vibrations tandis que les
cellules ciliées des crêtes ampullaires sont sensibles aux accélérations
de la pression.
Davis et collaborateurs ont repris l'étude avec des moyens per
fectionnés; ils ne se sont pas limités à l'emploi d'une électrode posée
sur la fenêtre ronde, ils ont aussi utilisé des fils très fins introduits
à l'entrée de petits trous faits en divers points de la cochléa (trous
de 0,10 mm. de diamètre); les auteurs ont cherché, dans la plupart
des cas, à troubler le moins possible les conditions normales du
fonctionnement de l'oreille.
Les potentiels microphoniques sont pratiquement identiques à la
fenêtre ronde et sur la rampe tympanique voisine; ils sont
aussi en des points opposés de la rampe cochléaire et de la rampe
vestibulaire; la fenêtre ronde devient plus négative électriquement
par rapport aux muscles du cou pendant la phase de condensation,
de pression positive dans le conduit auditif; il y a opposition de ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 356
phase entre les potentiels microphoniques des rampes vestibulaire
et tympanique du premier tour de la cochléa; la différence de phase
entre l'apex et la fenêtre ronde n'est pas de 180°. Il a été impossible
de faire une étude des déphasages dans la cochléa, car, d'un côté,
les potentiels d'action qui s'y superposent ont la même forme, la
même grandeur et la même latence en divers points de la cochléa;
d'autre part, il y a transmission des potentiels microphoniques à
la fois le long des rampes et au travers des lames osseuses d'un tour
à l'autre.
Aux fréquences basses, les harmoniques supérieurs compliquent
la forme des potentiels microphoniques; aux fréquences élevées, à
condition que l'intensité soit forte, il y a création d'un sous-ha
rmonique de fréquence moitié; il apparaît brusquement à 93 db
au-dessus du niveau normal de pression à 3.000 Hz et à 86 db à
10.000 Hz; il est obtenu en tous les points étudiés, mais il est maxi
mum si l'électrode est à l'apex, où il peut alors être égal au fonda
mental; il peut être dû à la contraction des muscles de l'oreille
moyenne.
Davis et collaborateurs ont étudié aussi les variations du voltage
en divers points en fonction de la fréquence, en conservant un vol
tage constant à la fenêtre ronde; la chute est de 18 à 20 db de l'apex
à la fenêtre ronde, le voltage le plus élevé étant obtenu pour les
fréquences graves; ils ont aussi étudié l'action de petites destructions
locales. L'explication des résultats obtenus est difficile. Certains
faits, cependant, semblent indiquer l'origine des potentiels micro
phoniques dans les cellules ciliées ou dans la membrane basilaire.
Wever et Lawrence ont étudié plus spécialement les variations
des potentiels microphoniques avec l'intensité; aux intensités
moyennes, la relation entre les potentiels et l'intensité en valeurs
arithmétiques est linéaire, mais il y a une incurvation progressive;
aux intensités élevées, la croissance est de plus en plus ralentie,
mais on atteint un maximum au-delà duquel toute nouvelle aug
mentation du stimulus se traduit par une réduction du potentiel
microphonique; pourtant à 15.000 Hz, il ne paraît plus y avoir de
maximum (il faut remarquer que les auteurs ont étudié les variations
de la fréquence fondamentale seule après filtrage, et non du potentiel
total, et que le départ de la linéarité a lieu à des intensités diffic
ilement supportables).
Les auteurs ont fait coïncider les parties linéaires des courbes
aux diverses fréquences sur un graphique à doubles coordonnées
logarithmiques (intensité en décibels, réponses en microvolts) :
plus la fréquence est grave, plus élevé est le voltage de départ de
la linéarité, et aussi le voltage auquel on atteint le maximum;
pourtant, aux fréquences inférieures à 1.000 Hz, le départ de la
linéarité et le maximum de voltage restent à une valeur à peu près
constante, quelle que soit la fréquence. AUDITION 357
Wever et Lawrence font remarquer que la relation linéaire nécess
ite le fonctionnement de cellules ciliées en nombre constant et
identiques dans leur fonctionnement; seul le degré de la stimulation
varie suivant les éléments; en ajoutant quelques hypothèses (telles
que, par exemple, au point de départ de la linéarité, les amplitudes
de pointe doivent être sensiblement identiques), on peut tracer
l'aire de réponse suivant l'amplitude de l'action mécanique aux
diverses fréquences; on constate, alors, que les fréquences aiguës
sont très localisées, tandis que les fréquences basses ne le sont pas
du tout; elles peuvent s'étendre à une grande partie de la cochléa.
R. Cho.
52. — Adaptation auditive :
DIX (M. R.), HALLPIKE (C. S.), HOOD (J. D.). — Auditory
adaptation in the human subject (Adaptation auditive chez
V Homme). — Nature, 1949, 164, 59-60. — LÜSCHER (E.),
ZWISLOCKI (J.). — Adaptation of the ear to sound stimuli
(Adaptation de V oreille aux stimuli sonores). — J. Acoust. Soc.
Amer., 1949, 21, 135-139 (et corrections, 434).
Lüscher et Zwislocki ont étudié l'adaptation au cours des der
nières années. Comme on le voit, il n'y a pas, à proprement parler,
de fatigue auditive, mais il y a une adaptation auditive, qui disparaît
très rapidement, dès que le stimulus a cessé : elle se traduit par une
augmentation très passagère du seuil. Les auteurs ont étudié cette
élévation passagère du seuil, en utilisant une première stimulation
brève de 0,4 à 2 s, suivie d'une deuxième stimulation brève de
50 ms, après un intervalle variable de 0,1 à 1 s, et à diverses fr
équences; ils mesurent le seuil pour le deuxième stimulus; on éva
lue ainsi la récupération de l'adaptation avec des intervalles variables.
L'adaptation est complète en 0,4 s : il ne sert, donc, à rien de pro
longer la durée du premier stimulus au-delà de cette valeur; la
récupération est en 250 ms : elle suit une décroissance
exponentielle. La valeur de l'adaptation dépend, à la fois, de l'i
ntensité et de la fréquence; elle est rnonaurale, car il n'y a pas d'adap
tation dans une oreille quand l'oreille opposée seule a été stimulée
(sauf aux intensités assez élevées où une partie importante du son
arrive à atteindre l'autre oreille); enfin, l'adaptation n'est pas seu
lement localisée à une seule fréquence; elle s'étend à d'autres fr
équences voisines, d'une façon asymétrique : elle s'étend très peu
aux fréquences plus basses, mais beaucoup plus aux fréquences plus
élevées, avec des remontées au 2e et au 3e harmoniques; l'extension
de l'adaptation dépend de l'intensité.
Les auteurs déduisent de ces résultats que l'adaptation est un
phénomène périphérique (et non pas cortical); d'autre part, ils
comparent l'adaptation et le masquage (en particulier pour Texten- 358 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
sion aux fréquences voisines) : l'adaptation et le masquage ont de
grandes ressemblances, donc une origine commune : le masquage
dépendrait principalement de l'adaptation; cependant, il y a quelques
différences, par exemple dans l'élévation du seuil (l'élévation du
seuil est de 10 db plus élevé pour le masquage que pour l'adapta
tion); le masquage doit aussi dépendre d'autres facteurs.
Dix, Hallpike et Hood ont pu mettre en évidence un autre aspect
de l'adaptation : c'est l'adaptation accompagnant le stimulus
sonore; ils l'appelèrent « fatigue per-stimulus » pour la distinguer
de la « fatigue post-stimulus » étudiée habituellement; mais il paraît
plus correct de parler d'adaptation que de fatigue.
Ils F étudièrent ainsi : les sujets avaient à chercher à égaliser
avec la force sonore d'un son fixe émis dans une oreille celle d'un
son de même fréquence émis seulement à un moment donné sur
l'autre oreille; on peut ainsi tracer des courbes d'adaptation au
cours de stimulation.
A 80 db, l'augmentation du seuil atteint 30 db en 3 minutes 1/2;
cette adaptation dépend de l'intensité et appara t à toutes les inten
sités; mais le moment où on atteint le maximum de l'adaptation
est indépendant de l'intensité : 3 minutes 1/2; fait remarquable,
c'est aussi l'intervalle de temps au bout duquel les potentiels d'ac
tion dans le nerf auditif cessent de voir leur amplitude se réduire.
La récupération est très rapide, surtout pendant les 10 premières
secondes; elle est totale en une minute environ.
R. Cho.
53. — Caractères de la sensation auditive :
HARRIS (J. D.), MYERS (C. K.). — The emergence of a tonal
Sensation (L'apparition de la sensation tonale). — J. exper. Psy-
chol., 1949, 39, 228-237. — LÜSCHER (E.), ZWISLOCKI (J.).
— Adaptation des Ohres an Schallreize als Mass für die Laut
stärkeempfindung und die Erregungs-Verteilung im Cortischen
Organ (Adaptation de F oreille aux stimuli sonores utilisée comme
mesure de la force sonore et de la répartition de V énergie dans F organe
de Corti). — Acta Otolaryngol. Scand., 1949, 37, 498-508.—
POLLACK (I.). — Loudness as a discriminable aspect of noise
(La force sonore, caractère discriminable du bruit). — J. exper.
Psychol., 1949, 39, 285-289. — THOMAS (G. J.). '- Equal-
volume judgments Of tones (Appréciations de volumes sonores
équivalents). — J. exper. Psychol., 1949, 39, 182-201. — MEYER
(M. F.). — Beats from combining a unit frequency with a mistu-
ned multiple (Battements provenant de la superposition d'une fr
équence fondamentale et d'un harmonique légèrement décalé). —
Amer. J. Psychol., 1949, 62, 424-430.
Lüscher et Zwislocki ont pensé à vérifier les échelles de force
sonore (« sonic » ou « sonorie ») en, utilisant l'adaptation par la AUDITION 359
meine méthode que Fletcher avec le masquage. Ils ont repris sur-
quelques sujets les mesures de l'extension, de l'adaptation aux
fréquences voisines, à 1.000 et 7.000 Hz, et à divers niveaux d'in
tensité (de 10 et 10 db), et résumées dans ce volume; à une fréquence
déterminée, pour chaque sujet, les courbes d'extension s'emboîtent
les unes dans les autres; comme Fletcher avec le masquage, ils en
ont déduit les localisations sur la cochlea; puis ils rapportèrent
leurs figures en valeurs logarithmiques d'abord, en valeurs arithmét
iques ensuite, à la cochléa elle-même; par intégration, les auteurs
arrivent à une échelle de force sonore en fonction de l'intensité en
décibels (courbes individuelles).
Ils essaient de superposer leurs courbes à celles utilisées en. Amér
ique (courbes en. sones), et ils déclarent que la superposition est
excellente; ils montrent, enfin, l'intérêt de cette méthode pour
l'étude du phénomène de « recrutement ».
En réalité, il n'y a pas superposition des courbes (contrairement
aux affirmations des auteurs); on manque d'informations sur les
intensités faibles et élevées; à 20 db, où s'arrêtent les courbes, on
constate une nette déviation de la courbe avec celle de Fletcher;
l'allure de cette courbe à ces intensités doit nécessiter une courbure
aux faibles intensités; aux fortes intensités, il y a une
encore plus visible à partir de 50 db, et l'amorce d'un plateau
au-delà de 80 db (où s'arrêtent les courbes) : à 80 db, la différence
entre les deux courbes est de 10 sones, et le plateau doit être aux
alentours de 20 sones; la courbe est, donc, une sigmoïde et si on la
retrace en. valeurs arithmétiques, on trouve une courbe rappelant
l'évolution de tous les phénomènes biologiques (contrairement aux
courbes données jusqu'à présent).
En achevant la courbe par une courbure aux intensités faibles,
on trouve environ 2.000 échelons de force sonore, ce qui est bien
plus vraisemblable que les millions d'échelons des auteurs améric
ains. Les objections à cette évaluation sont identiques à celles
données à l'évaluation par le masquage.
Pollack a essayé de se rendre compte si on pouvait avoir des
impressions sonores différentes avec un bruit; il fractionna un bruit
à spectre continu en bandes au moyen de filtres; les sujets avaient
à ajuster en intensité le bruit dans chaque bande de façon à ce
qu'elle leur donne une sensation identique, pour un caractère déter
miné, à celle d'un bruit étalon, contenant toutes les bandes (ou,
dans certaines expériences, à celle d'une seule bande); les caractères
choisis étaient : le volume sonore, le gêne sonore, la densité sonore,
la « loudness » et la « force »; les contours d'égale sensation sont
tous différents l'un de l'autre, à l'exception des deux derniers
(«loudness)) et «force »); ainsi le bruit a des caractères sonores
identiques à ceux des sons purs.
Thomas a repris l'étude du volume sonore; jusqu'ici, on. s'était, ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 360
contenté de vagues notions sur ce caractère sonore; il a cherché à
étendre nos connaissances; il a utilisé deux méthodes différentes;
dans la première, les sujets avaient à ajuster l'intensité d'un son
d'une certaine fréquence de façon que le volume sonore leur paraisse
équivalent à celui d'un autre son de 1.000 Hz à une intensité
donnée; dans la deuxième méthode, les sujets avaient à ajuster
non plus l'intensité, mais la fréquence du premier son de façon à
conserver une impression de même volume sonore. Les résultats
des deux méthodes (pour des valeurs analogues des stimuli) se
superposent bien; cependant, les résultats de la méthode par aju
stement d'intensité ont tendance à s'éloigner des résultats de l'autre
méthode aux extrémités des courbes : celles-ci ont plus nettement
une allure sigmoïde.
En général, aux intensités et aux fréquences élevées, une même
variation de la fréquence produit une variation plus faible du volume
sonore qu'à intensités et fréquences faibles. L'auteur a essayé de
transposer les résultats dans des graphiques utilisant les échelles
de force sonore (« sonie » ou « sonorie ») et de hauteur tonale (« tonie »
ou « tonalie »); mais rien d'intéressant ne peut en être tiré.
Harris et Myers reprennent la question de la hauteur tonale
(«tonie », «tonalie ») des sons d'intensité voisine du seuil; on sait
qu'on distingue le seuil de détectabilité et un seuil de tonalité, plus
élevé; ils ont mesuré les deux seuils; les valeurs sont significatives;
la différence entre les deux seuils paraît croître de 3 à 5 db avec la
fréquence. Mais ils n'admettent pas l'existence d'un seuil véritable
de tonalité, valeur à laquelle apparaîtrait la tonalité; ils pensent que
la hauteur tonale paraît d'autant plus précise que l'intensité est
plus élevée, aux intensités faibles; ils ont essayé de le montrer en
demandant sujets d'ajuster la fréquence d'un deuxième osci
llateur jusqu'à ce qu'ils aient une impression de hauteur tonale iden
tique; l'intensité du premier oscillateur était fixée successivement à
diverses intensités depuis le seuil jusqu'à 10 db au-dessus du seuil;
l'égalisation apparaît d'autant plus précise que l'intensité est plus
élevée, en accord avec l'hypothèse des auteurs.
Meyer reprend des constatations qu'il avait faites il y a très long
temps (et que j'ai refaites moi-même) : des battements sont entendus
si, à un son donné, on. superpose un son voisin d'un de ses harmo
niques; toute théorie du fonctionnement de l'oreille interne doit
expliquer cette sensation; c'est pour cela que certains auteurs les
ont ignorés, ou les ont niés, tandis que d'autres ont essayé de les par les harmoniques auraux; mais ceux-ci sont trop faibles
pour donner lieu à des battements audibles et leur rythme serait
différent du rythme perçu (s'ils existaient). Meyer a montré autrefois
que, dans de telles superpositions, il y avait des maxima et des
minima périodiques de l'amplitude totale de l'onde complexe (qu'on
peut calculer), et l'oreille est sensible à ces variations (j'ai moi-même AUDITION 361
constaté que ces minima et maxima étaient enregistrables sur l'écran
d'un oscillographe cathodique et qu'on pouvait suivre la coïncidence
de leur rythme et des battements perçus).
R. Cho.
54. — Etude du masquage :
HIRSH (I. J.), WEBSTER (F. A.). — Some determinants of
monaural phase effects (Quelques déterminants des effets de phase
monauraux) . — J. Acoust. Soc. Amer., 1949, 21, 496-501. — - POL
LACK (I.). — The effect of white noise on the loudness of speech
Of assigned average level (Effet du bruit à spectre continu sur la
force sonore de sons vocaux de niveau moyen déterminé). — J. Acoust.
Soc. Amer., 1949, 21, 255-258. — SCHÄFER (T. H.), GALES
(R. S.). — Auditory masking of multiple tones by random noise
(Masquage auditif de sons complexes par du bruit à spectre continu).
— J. Acoust. Soc Amer., 1949, 21, 392-398.
Hirsh et Webster ont continué les recherches sur le masquage en
fonction du déphasage (voir numéros précédents de V Année Psyc
hologique). Ils ont étudié le masquage produit par divers sons ou
divers bruits sur un même son de 250 Hz à 60 db au-dessus du seuil;
ils utilisèrent des sons purs, des sons puisés régulièrement, des pul
sations irrégulières, un bruit à spectre continu, des bandes d'un tel
bruit; on peut mettre le son masqué en phase sur chaque oreille ou
en phase opposée, et les sons ou bruits masquants en phase ou en
phase opposée; ils recherchaient le seuil de masquage en chaque cas.
D'une façon générale, les sons sont plus s'ils sont plus
voisins du son masqué, et les bruits masquants si la bande de
bruit est plus voisine du son masqué; de plus, les sons et bruits de
fréquence faible que celle du son masqué sont plus masquants
que ceux de fréquence plus élevée; avec les bruits, les résultats sont
les mêmes que les bandes de bruit soient étroites ou très larges; seul
compte l'emplacement des bandes.
La phase n'apparaît avoir de l'importance que si le son masquant
est du bruit ou des pulsations irrégulières (c'est-à-dire des sons
variant constamment); le seuil de masquage est plus faible si, avec
un son masqué en, phase, le bruit masquant était en phase opposée,
et inversement.
Schafer et Gales ont montré que le seuil de masquage avec un bruit
à spectre continu est de 5 db plus faible pour 2 sens superposés de
fréquence assez voisine que pour 1 son unique, mais il est sensibl
ement le même si les fréquences des 2 sons sont trop éloignées; s'il
y a 4 ou 8 sons tous assez éloignés les uns des autres, la réduction
du seuil de masquage est de 0 à 3 db.
Pollack utilisa des enregistrements d'un texte lu à haute voix
comme son masqué et un. bruit à spectre continu comme son mas
quant; le déroulement de l'enregistrement avait lieu sans discon-

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