Audition - compte-rendu ; n°1 ; vol.56, pg 145-160

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L'année psychologique - Année 1956 - Volume 56 - Numéro 1 - Pages 145-160
16 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1956
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R. Chocholle
2° Audition
In: L'année psychologique. 1956 vol. 56, n°1. pp. 145-160.
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Chocholle R. 2° Audition. In: L'année psychologique. 1956 vol. 56, n°1. pp. 145-160.
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des facteurs indépendants et que leur effet total sur l'acuité stéréos-
copique est la somme de leurs effets partiels. La première hypothèse est
certainement injustifiable, car moins la convergence est précise et plus la
disparation devient accusée. Quant à la seconde hypothèse, elle exprime
plutôt une commodité mathématique qu'autre chose. Puisque les condi
tions A et B deviennent identiques pour l'angle 0° entre les deux tests,
Wright avait conclu que le rapport — devrait tendre vers l'unité quand
l'angle de séparation tend vers 0°. Les auteurs lui opposent un artifice
mathématique pour contredire cette prise de position. S'ils avaient tenu
compte de l'interdépendance de la convergence et de la disparition, ils
n'en seraient pas venus là.
F.. B.
2° Audition
TASAKI (I.), DAVIS (H.). — Electric responses of individual nerve
elements on cochlear nucleus to sound stimulation (guinea pig) (Les
réponses électriques à la stimulation acoustique d'éléments nerveux
isolés dans le ganglion cochléaire chez le Cobaye). — J. Neurophysiol.,
1955, 18, 151-158.
Les auteurs reprennent les expériences de Galambos et Davis sur la
fibre isolée du ganglion cochléaire au moyen de microélectrodes liquides.
Les stimuli étaient des « pips » ou des sons continus.
Ils obtinrent toujours comme réponses des pointes positives.
Les latences montrent que les microélectrodes atteignent bien une.
zone de neurones du 2e ordre, mêlés à des neurones de 1er ordre.
La réponse d'une fibre de 2e ordre paraît s'étendre beaucoup sur les
fréquences graves, mais être, par contre, limitée vers les fréquences
aiguës ; cette limite varie avec les fibres.
La fréquence des décharges semble croître avec la fréquence, puis
baisser brusquement aux environs de cette fréquence-limite.
Les décharges spontanées ne paraissent pas inhibées par les réponses
aux sons.
R. Cho.
WEVER (E. G.), LAWRENCE (M.). — Pattern of injury produced by
OVerstimuIation (Aspects de la destruction résultant d'une stimulation
trop intense de Voreille). — J. acoust. Soc. Amer., 1955, 27, 853-858.
Sur des cobayes profondément anesthésiés, furent placées une fine
électrode de platine sur la membrane de la fenêtre ronde et une électrode
indifférente dans les muscles voisins. Les courbes reliant l'amplitude de la
réponse cochléaire à l'intensité du son furent tracées pour 11 fréquences
dans la gamme allant de 100 à 10.000 Hz. Puis, après une stimulation
acoustique très intense et un repos d'une heure, on traçait de nouveau
les courbes. Des fréquences, des intensités et des durées différentes du son
destructeur furent utilisées.
A. VSYCIIOL. .")(> 10 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 146
On sait que, normalement, la relation entre l'amplitude de la réponse
et l'intensité est linéaire (en coordonnées logarithmiques) jusqu'à une
certaine intensité ; aux intensités élevées, apparaît une courbure, la
réponse tendant à croître de moins en moins vite : il y a surcharge ;
au delà d'une certaine intensité, la réponse n'augmente plus, et, parfois,
elle baisse même un peu.
Après lésion, la réponse est plus faible à tous les niveaux d'intensité ;
la forme générale des courbes reste, cependant, pratiquement la même ;
seules, de petites différences apparaissent parfois au niveau de la
courbure. Ainsi, sur des oreilles lésées, la relation entre la réponse et
l'intensité acoustique est encore linéaire à des niveaux où elle ne l'est
plus pour des oreilles normales ; la surcharge arrive, d'autre part, à son
maximum sur une marge d'intensité plus faible ; et, d'ailleurs, tantôt le de potentiel enregistré est atteint à peu près au même niveau
qu'avant la lésion, tantôt il n'est qu'avec des stimuli plus
intenses ; enfin, parfois, la variation du potentiel avec l'intensité n'est
plus régulière, il peut y avoir des inflexions, des maxima secondaires, etc.
Les auteurs ont étudié, en fonction de la fréquence, les variations de la
« sensibilité » (écarts entre les réponses avant et après la lésion aux
intensités où il n'y a ni pour l'une, ni pour l'autre, de surcharge, c'est-
à-dire aux niveaux où leurs variations avec l'intensité sont parallèles),
et les variations du maximum de réponse. Presque toujours, la « sensi
bilité » est plus atteinte que le maximum de réponse. Relativement à la
« sensibilité », quelle que soit la fréquence du son de lésion, toutes les
fréquences sont atteintes, et presque également : ou, en tout cas, il n'y a
pas de liaison nette avec la fréquence de lésion (sauf, peut-être, une plus
forte atteinte des fréquences aiguës, quand la lésion est faite avec un
son de 10.000 Hz). Relativement au maxima de potentiels, il semble que
les fréquences graves soient un peu plus atteintes que les fréquences
aiguës, quel que soit le son de lésion, grave ou aigu.
Les auteurs expliquent les résultats en se référant à l'hypothèse
qu'ils ont déjà émise : le potentiel enregistré est la somme de tous les
potentiels élémentaires de toutes les cellules de Corti qui répondent ; dans
chaque cellule, le potentiel croît avec l'intensité, atteint son maximum
et décroît ensuite ; mais toutes les cellules n'arrivent pas à atteindre leur
maximum en même temps, puisqu'elles sont plus ou moins écartées du
centre de la zone de stimulation maximum ; le maximum enregistré est,
alors, la valeur atteinte quand il y a équilibre entre le potentiel des
cellules du centre de cette zone (qui ont donc dépassé leur maximum de
réponse) et celui des cellules les plus éloignées (qui n'ont pas encore
atteint leur maximum de réponse). D'autre part, la lésion doit être
d'autant plus sévère que le stimulus a été plus intense : à l'endroit où le
stimulus a été maximum, la lésion doit être très sévère ; ceci explique
que le maximum soit plus atteint que la « sensibilité ». De même, si,
après la lésion, la réponse est encore linéaire à des intensités où elle ne
l'était plus avant la lésion, ceci peut s'expliquer par la destruction des PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 147
cellules dans la zone de stimulation maximum ; pour arriver à sur
charger des cellules distantes de cette zone, il faut encore accroître
l'intensité.
Enfin, un son très intense doit stimuler une grande partie de la
membrane basilaire ; aussi, ne doit-on pas s'étonner qu'à toutes les
fréquences l'action soit à peu près indépendante de la fréquence de
lésion ; et aussi que les sons graves soient plus atteints que les sons aigus,
puisque, à même intensité, ils s'étendent sur une zone plus large de la
membrane basilaire.
R. Gho.
BÉKÉSY (G. von). — Human skin perception of travelling waves
similar to those on the cochlea (Perception sur la peau de Vhomme
d'ondes propagées semblables à celles qui se propagent dans la cochlée) .
— J. acoust. Soc. Amer., 1955, 27, 830-841.
Von Békésy a construit un système constitué par une série de lames
accordées reposant sur un support vibrant, stimulé par l'intermédiaire
d'un ressort et d'un levier, de façon que les vibrations soient perpendic
ulaires au support, donc aux lames. Les lames sont disposées de façon
telle que la fréquence de résonance décroisse rapidement de 1/2 Hz à
chaque passage d'une lame à la suivante, en s'éloignant de la source.
Les lames vibraient librement. Seules, quelques lames vibrent quand
des vibrations sont transmises au système ; à chaque fréquence, un
groupe différent de lames répond ; dans un tel système, les fréquences
les plus aiguës sont localisées le plus près de la source. L'auteur a cinéma-
tographié ce système à grande vitesse (1.800 clichés par seconde), puis il
a examiné les figures au ralenti. Il a alors constaté que, faisant immédia
tement suite à la mise en marche du générateur de vibrations, des ondes
se propagent le long du système ; plus l'onde propagée s'approche des
quelques lames qui entreront en résonance, plus le mouvement de
l'extrémité des lames est de grande amplitude. Au delà de ces lames,
l'amplitude du mouvement chute très rapidement. Mais ces ondes
propagées cessent rapidement ; il n'y a plus alors en mouvement que les
quelques lames en résonance, avec une amplitude beaucoup plus grande.
On peut faire réapparaître temporairement des ondes propagées en
variant la fréquence ou l'intensité des vibrations transmises.
Von Békésy montre ainsi que l'existence d'ondes propagées dans
l'oreille n'est pas forcément en contradiction avec une localisation
la cochlée.
Dans l'audition des transitoires, les ondes propagées doivent jouer
un grand rôle pour la reconnaissance de la hauteur, d'après l'auteur.
Mais on pourrait objecter à Békésy que les transitoires constituant la
musique ou la parole doivent contenir plusieurs dizaines, et même
plusieurs centaines de périodes ; d'autre part, nous savons que notre
oreille est incapable de reconnaître la hauteur d'un son comprenant un
nombre insuffisant de périodes. Or, les ondes propagées doivent dispa- ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 148
raître extrêmement vite, pour faire place au régime définitif, d'après ce
que dit Békésy.
Il ne donne malheureusement pas de chiffres ; et même s'il donnait
des chiffres, dans quelle mesure pourrait-on en conclure qu'ils valent
aussi pour la cochlée, dont l'organisation est totalement différente de
celle de ce système ?
Von Békésy s'attache ensuite aux analogies existant entre sensation
vibratoire et audition ; il part du principe qu'au cours de l'évolution, la
sensation cutanée, et plus particulièrement la sensation vibratoire, ont
donné naissance à la sensation auditive, en se spécialisant dans des
organes de plus en plus perfectionnés, mais fonctionnant toujours sur les
mêmes principes. Il a conçu un dispositif d'études, constitué de la façon
suivante : un tube métallique de 30 cm. de long sur 5,5 cm. de diamètre,
fermé à une extrémité, et lié, à l'autre extrémité, au générateur de
vibrations par l'intermédiaire d'un piston ; le long d'une génératrice du
tube, il a ménagé une fente ; sur ce cylindre, on a collé extérieurement un
autre tube, en matière plastique, qui fait membrane à l'endroit de la
fente ; à cet endroit, l'épaisseur de la matière plastique est d'autant
plus grande, donc d'autant plus rigide, qu'on se trouve plus proche de la
source vibratoire, d'où il résulte une variation progressive de la fréquence
de résonance le long du tube ; enfin, au-dessus de la fente, la lame de
Hz
200
■3 100
50
40
Extrémité
close du tube 30
20
30 cm 10 20
Localisation de la sensation
Fig. 1. — Localisation de la sensation en fonction de la fréquence
matière plastique a une petite crête : c'est sur cette crête que l'obser
vateur pose le bras. Ce système représente pour Békésy un modèle
de la cochlée.
Un observateur posant le bras sur la crête de la membrane parall
èlement au tube, perçoit une sensation vibratoire (accompagnée d'une
légère sensation de pression), quand on met en marche le générateur de
vibrations ; cette sensation est très nettement localisée et facilement SENSORIELLE 149 I'SYCIIOPHYSIOLOGIE
localisable même si la durée du stimulus est très courte ; sa localisation
varie avec la fréquence. Or, à l'examen stroboscopique, on voit des
ondes se propager le long du tube, à la mise en marche du système.
Le point où on sent la vibration varie quand on tend ou relaxe les
muscles, quand on place l'appareil au-dessous ou au-dessus du bras,
quand l'intensité change ; et il y a de grandes différences individuelles.
11 faut éviter d'appuyer trop fortement le bras sur l'appareil, car il y
aurait alors sensation osseuse vibratoire, dont la localisation se fait, en
général, dans les articulations ; d'autre part, il faut bien isoler acousti-
quement le système, bien boucher les oreilles du sujet, pour éviter les
interférences avec la sensation auditive.
La figure 1 donne un exemple de deux séries successives de mesures,
faites à 25 db sur le bras gauche d'un même sujet avec des vibrations
de durée très brève, le piston étant dirigé vers la main. On voit qu'avec
ce modèle, la sensation s'étale sur deux octaves (40 à 160 Hz) et ceci,
sur 25 cm.
Quand on applique au système des vibrations réduites à deux
périodes, on constate que, non seulement la localisation subsiste, mais
encore elle est bien meilleure chez bien des sujets qu'avec des vibrations
continues (flg. 2) ; à 160 Hz, l'aire de perception cutanée semble s'étendre
sur 0,5 à 0,8 cm. ; à 40 Hz, elle est 4 fois plus étendue. Avec des
Hz
200 25 db au-dessus
du seuil
AfV-
| IOO
S
40
30
Extrémité 20 close du tube 10 20 30 cm
Localisation de la sensation
Fig. 2. — • Longueur de la membrane qui semble vibrer aux diverses fr
équences à 25 db au-dessus du seuil, avec des vibrations réduites à deux périodes.
entretenues, cette extension est, en général, beaucoup plus grande ; elle
peut être jusqu'à 5 fois plus étendue aux fréquences les graves, chez
certains sujets ; on trouve, cependant, des sujets chez qui il n'y a pas de
différences, que les vibrations soient entretenues ou réduites à deux
périodes.
Au moyen d'un microphone à condensateur, Békésy a pu suivre la
progression des ondes le long de la membrane. Les deux ondes isolées ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 150
progressent le long de la membrane jusqu'au point de résonance, avec
une amplitude croissante ; à partir de ce point, celle-ci chute très rap
idement. Les deux ondes se conservent intactes jusqu'au point de rés
onance ; c'est seulement à partir de ce point qu'aux deux périodes
initiales, s'en ajoutent d'autres, dues probablement aux réflexions sur le
fond du tube. Il n'y a, donc, pas de transitoires surajoutés, et Békésy
en conclut que la cochlée pourrait, comme le système, aux stimuli très
brefs répondre sans ajouter de transitoires, et avoir, cependant, une
excellente localisation des fréquences, puisque ces deux phénomènes
ne s'excluent pas l'un l'autre, à l'inverse de ce qu'on croit généralement.
On peut, de même, avoir une bonne localisation des fréquences sur le
bras, si on pose ce dernier perpendiculairement à la crête du tube. Les
ondes propagées peuvent être suivies sur la peau en vision stroboscopique
sur quelques centimètres, à partir de la crête vibrante. Le système
nerveux doit donc intervenir pour 100 Hz
affiner la localisation de la sensation,
localisation d'autant meilleure que
le stimulus est plus court.
Pour montrer que l'inhibition
A VU A . nerveuse intervient pour affiner la
localisation, Békésy pose sur la peau
un cylindre de 13 cm. de long et de
5x 3 cm. de diamètre. On transmet des
vibrations à ce système. A même
fréquence de vibration, plus le st
7x imulus contient de périodes, plus la
sensation paraît venir d'une zone
plus large de la peau, et plus elle 16 x
semble faiblir. Quand le nombre de
périodes est plus important, la sen
32x i— — ma sation semble provenir de toute la
surface touchée par le cylindre.
Si le stimulus est encore plus Stimulus
physique long, la sensation semble localisée
aux deux extrémités du tube, et Fig. 3. — Extension de la sensation
paraît même osciller autour de en fonction de la durée du stimulus
(100 Hz à 6 db au-dessus du seuil). ces points. Enfin, si le stimulus
est trop long, la sensation dispa
raît totalement (v. fig. 3 et 4).
Même une faible asymétrie peut être ressentie ; il suffit d'exercer
une pression sur le bord d'une surface vibrant au contact de la peau pour
que la sensation créée par deux périodes isolées apparaisse comme
dissymétrique.
On peut encore démontrer l'existence de l'inhibition, en posant un
bras et la main opposée sur la crête du système considéré par Békésy
comme un modèle de la cochlée ; la propagation des ondes se faisant le '
PSYCIIOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 151
long du bras vers le poignet, la sensation apparaît seulement sur ce bras,
et non sur la main opposée ; mais, si on enlève le bras, la sensation dis
paraît évidemment sur ce bras, mais elle réapparaît sur la main opposée,
restée en contact avec le système de Békésy ; la sensation vibratoire
sur la main est presque aussi forte qu'elle l'était précédemment sur le
bras opposé. Et pourtant, la différence d'amplitude des vibrations
propagées n'est pas importante le long du système ; Békésy en conclut
donc qu'il y avait inhibition de la sensation de la main par celle du bras
opposé, le premier touché par les ondes propagées. Il serait bon de savoir
cependant, quel est l'ordre de grandeur de la variation d'amplitude le
long du système ; où avait lieu la résonance ? Le contact du bras sur la
crête de la membrane ne rendrait-il pas plus difficile la propagation des
ondes ? Est-ce de mesures antérieures ou d'un contrôle au moment
de l'expérience que v. Békésy en conclut à l'insuffisance de la varia
tion d'amplitude le long du système pour expliquer le phénomène ?
La localisation de la sensation
varie avec l'intensité ; elle peut se 100 Hz sec.
déplacer parfois de 2 cm. pour 20 db : ^aiwiiMiiMiwiiiiwiiiiiwiiiiiiiBiii^ in
plus l'intensité est élevée, plus haut
on localise la sensation, même si la
direction de propagation des ondes ^iman**. — — nn^*^. 20
est en sens inverse. D'ailleurs, la
localisation dépend de l'orientation _ _
du système par rapport au bras ; il ^*— " w*m* 40
suffit de retourner le système pour
-~ — - _-. s'apercevoir qu'on ne localise plus
la source au même point du système :
en effet, la sensation ayant toujours
tendance à se localiser plus haut que ____— __ ___ ___ ■»»___ 80
le point d'amplitude maximum, dans
un cas elle apparaît en deçà de ce — • __
point, dans l'autre cas elle apparaît — — — — — — — 100
au delà. Ce phénomène n'est sensible Fig 4 __ Ponr les durées de pré.
qu'à des intensités suffisantes du sentation supérieures à 10 secondes,
stimulus ; au delà de ce Seu,l, il est l^pU.to dtataUp» intervlen-
d'autant plus important que l'inten- aux stimuli très brefs, la sensation
site est plus élevée. Von Békésy ne disparaît,
semble pas considérer qu'ait pu inter
venir aussi dans cette expérience l'emplacement différent du point de
stimulation maximum sur le bras, car il n'en parle pas : or, dans un cas,
était plus près de la main, dans l'autre cas plus près du coude, comme on le
voit sur les schémas qu'il donne. L'auteur compare le déplacement de la
localisation avec l'intensité du stimulus vibratoire et la variation de la
hauteur d'un son avec l'intensité acoutisque ; mais il ne dit pas si les
sujets ont constaté une modification du caractère de la sensation corré
lativement au déplacement de la localisation du stimulus vibratoire. ANALYSES BI B L I O G il A P II I Q !J E S 152
La comparaison n'est possible que s'il y avait aussi une telle corré
lation.
Von Békés3r compare ensuite les capacités discriminatoires à la fr
équence et à la localisation ; il demandait aux sujets de s'attacher tantôt
à un des aspects, tantôt à l'autre. Il faisait agir sur son système d'expér
imentation une vibration réduite à deux périodes et ceci 3 fois de suite ; il
changeait ensuite la fréquence, et donnait une nouvelle suite de 3 signaux
à la môme intensité. Chez un même sujet, la discrimination de la locali
sation est bien plus fine que celle de la fréquence, et elle est plus aisée.
De même, en posant le système d'expérimentation sur un bras et un
vibreur sur l'autre, il trouve une bien meilleure discrimination sur le
premier bras.
Evidemment, il y a loin de l'extrême sensibilité de la cochlée à celle
de Pépiderme du bras couplé à ce système. Mais ceci provient, pour
Békésy, du fait que la densité nerveuse est beaucoup plus importante
au niveau de la cochlée, et donc aussi que l'aire corticale correspondante
est de beaucoup plus large.
L'auteur a, enfin, procédé à des expériences de stéréophonie en
posant sur chaque bras un système d'expérimentation, relié chacun à un
microphone ; ceux-ci captaient à des intensités et à des phases différentes
le son émis par un générateur. On crée surtout une sensation de diff
érences d'intensité ; mais si l'expérience a été associée à des essais de
localisation auditive, on peut créer aussi des sensations de direction.
Ces expériences sont très intéressantes. Elles mériteraient d'être
approfondies. Il me semble, cependant, qu'il y a quelques objections à
l'assimilation pure et simple de la cochlée avec le système de Békésy.
Comment, par exemple, concilier la localisation de plus en plus fine avec
ce modèle au fur et à mesure que le stimulus est plus bref, et la sensibilité
d'autant plus mauvaise de l'oreille que le stimulus est plus court ? Les
sensibilités auditives différentielles décroissent avec des stimuli très
brefs : si les stimuli sont trop brefs, le son n'a plus de caractère tonal ;
d'autre part, à l'inverse du modèle, la sensation auditive n'est pas
d'autant plus intense que le stimulus est plus bref : il faut un minimum
de périodes pour qu'on entende un son, et un autre minimum pour qu'il
ait un caractère tonal. Von Békésy ne semble pas de cet avis, puisqu'il dit
que cette étude fait comprendre comment l'oreille peut reconnaître la
hauteur d'un son réduit à deux, ou même une, période isolée (p. 834),
ce qui est en opposition avec tout ce que nous savons. Quoi qu'il en soit,
l'inhibition doit certainement jouer un grand rôle dans la sensation
auditive.
R. Cho.
NEFF (W. D.), HIND (J. E.). — Auditory thresholds of the Cat (Les
seuils auditifs du Chat). — J. acoust. Soc. Amer., 1955, 27, 480-483.
Les seuils auditifs chez le Chat ont été étudiés au moyen de réflexes
de défense conditionnés. Le a appris que le son était suivi d'un V S Y ('. H O P H Y S r O L O G I E S E N S O R ! K L L, E 1 f> 'A
choc sur les barreaux du plancher de la cage tournante et qu'il pouvait
l'éviter en se précipitant vers l'avant ; le choc était donné si le Chat
n'avait pas bougé dans les 3 secondes suivant le début du son. Le choc
était accompagné d'un bruit fourni par un trembleur ; on émettait le
bruit même si le Chat se précipitait vers l'avant, donc en l'absence de choc.
On contrôlait soigneusement le son émis ; cependant, le contrôle ne
pouvait être qu'approximatif aux fréquences graves et aiguës ; le bruit
ambiant était de 50 db, mais réparti surtout dans les infra-sons.
A chaque fréquence, les essais étaient faits en séries croissantes et
décroissantes de 5 en 5 db. Des valeurs fort voisines furent obtenues sur
les 3 Chats utilisés.
Aux fréquences graves, les seuils semblent identiques à ceux de
l'Homme, ou peut-être un peu plus élevés. Mais des différences nettes
apparaissent à partir de 2.000 Hz ; la sensibilité du Chat continue à
croître jusqu'à 10.000 Hz, où elle atteint — 18 db au-dessous du niveau
normal de référence de 2.10~4 dynes/cm2, c'est-à-dire que le Chat, à
cette fréquence, est presque 10 fois plus sensible (en valeurs de pression
acoustique) que l'Homme dans la bande de meilleure audition, celle-ci se
situant, par ailleurs, à des fréquences plus graves : 1.000-2.000 Hz. Il
y a, ensuite, remontée du seuil ; à 40.000 Hz, le seuil est égal au niveau
de référence ; à 60.000 Hz, il n'est encore que de 35 db. Comme la
remontée du seuil est rapide vers ces fréquences, le Chat ne doit plus
guère être sensible au delà de cette fréquence.
R. Cho.
EGAN (J. P.). — Indépendance of the masking audiogram from the
perstimulatory fatigue of an auditory stimulus (Indépendance de l'a
udiogramme de la perstimulatoire due à un stimulus auditif).
— J. acoust. Soc. Amer., 1955, 27, 737-740. — LIGHTFOOT (G.).
— Contribution to the study of auditory fatigue (Contribution à V étude
de la fatigue auditive). — J. acoust. Soc. Amer., 1955, 27, 356-364.
— THWING (E. J.). — Spread of perstimulatory fatigue of a pure
tone to neighboring frequencies (Extension de la perstimulat
oire d'un son pur aux fréquences voisines). — J. acoust. Soc. Amer.,
1955, 27, 741-748.
L'intérêt semble se porter actuellement sur la question de la réduction
apparente de la sensation au cours de l'adaptation aux sons ou bruits
intenses (ce que des auteurs appellent « fatigue perstimulatoire »).
Egan a mesuré de minute en minute la réduction de la sensation avant
l'introduction d'un bruit de 90 db et jusqu'à 7 minutes après le début de
celui-ci.
Le bruit était ininterrompu sur une oreille ; sur l'autre oreille, appar
aissait toutes les minutes un bruit identique que le sujet devait régler
rapidement à une intensité subjective égale.
La sonie baisse régulièrement, surtout pendant les premières minutes ;
la chute est de l'ordre de 17 db au bout de 7 minutes.

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