Audition - compte-rendu ; n°1 ; vol.62, pg 106-116

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L'année psychologique - Année 1962 - Volume 62 - Numéro 1 - Pages 106-116
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1962
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In: L'année psychologique. 1962 vol. 62, n°1. pp. 106-116.
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http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1962_num_62_1_7169lOfi ANALYSTS BrilUOGTlAPHIQUES
minées par l'allumage de la lampe, en chambre noire (de 0,6 à 19,8 s.)
Quatre luminances ont été utilisées, en foot lamberts (0,001, 0,01,
0,1, 1). Les déterminations ont été pratiquées en vision monoculaire
et binoculaire. Le seuil s'est montré plus bas dans l'approche que dans
l'éloignement ; il a été beaucoup plus bas en vision binoculaire pour
les deux luminances les plus faibles, la différence devenant minime et
tendant à s'effacer pour les deux plus fortes. L'abaissement du seuil
en fonction du logarithme de la luminance très rapide s'atténue et
s'annule même (en binoculaire), aux deux plus fortes valeurs. Le seuil
monoculaire s'abaisse de 14 à 3 pour 3 unités logarithmiques de diffé
rence, le binoculaire d'environ 8 à 2.
H. P.
Audition.
D.S. H. Abstracts. — h' American Speech and Hearing Association
vient de commencer la publication d'analyses d'articles ayant trait
à l'audition à partir d'octobre 1960, les D.S.H. Abstracts (Deafness,
Speech and Hearing Abstracts) (4 numéros par an) ; celle-ci couvre
tous les domaines de l'audition, de la phonation et de la phonétique,
leurs troubles et leur réadaptation. Le nombre d'ouvrages ana
lysés dans chaque numéro est important, les analyses sont suffisamment
longues et bien présentées ; c'est une revue à recommander à tous
ceux qui s'intéressent à ces domaines.
R. Gho.
Wever (E. G.), Vernon (J. A.). — Gochlear potentials in the
Marmozet (Potentiels cochléaires chez le ouistiti). Proc. nat. Acad.
Sei., 1961, 47, 739-741.
Détermination par conditionnement de la sensibilité auditive chez
ce petit singe, puis, après anesthésie, enregistrement des potentiels
cochléaires, afin de comparer, chez 2 animaux, les audiogrammes de
sensation et ceux correspondant à un seuil convenu de potentiel
cochléaire (1 jaV).
La différence des courbes obtenues conduit à dénier aux potentiels
la possibilité de fournir une véritable courbe d'audibilité : le seuil
auditif, moins uniforme, s'est montré plus bas de 20 à 40 dB ; le
des potentiels a présenté un crochet d'élévation entre 2 000 et 7 000 eps
chez les deux animaux (le minimum absolu se situant entre 8 000 et
10 000 cps).
H. P.
On cm (Y.) — Mechanism of the middle ear (Le mécanisme de
l'oreille moyenne). — /. acoust. Soc. Amer., 1961, S3 794-804.
L'auteur a mesuré l'impédance de l'oreille sur des cadavres frais
en introduisant des sondes microphoniques en divers points ; la calibra
tion des sondes a posé des problèmes particuliers. PSYCHOPHYSIOLOOIE SENSORIELLE 107
La perte en décibels chez l'homme entre le conduit auditif et la
cavité de l'oreille moyenne est faible (de 5 à 15 dB) et reste à peu près
indépendante de la fréquence (sauf aux alentours de 3 000 Hz, où elle
est nettement plus élevée). Si la chaîne des osselets est enlevée, la
perte est pratiquement nulle aux fréquences inférieures à 1 000 Hz ;
aux fréquences supérieures à 2 000 Hz par contre, la perte est plus
élevée qu'en présence des osselets.
La résistance est à peu près constante, au moins jusqu'à 1 000 Hz,
mais varie avec les oreilles de 400 à 2 000 ohms ou plus ; au-dessus de
1 000 Hz, quelques pointes apparaissent jusqu'à 7 000 Hz ou plus ;
par contre, si la chaîne des osselets est désarticulée du tympan, la
résistance est à peu près constante quelle que soit la fréquence, et plus
faible. La reactance croît au contraire rapidement avec la fréquence
jusqu'à 7 000 Hz.
Ainsi, la chaîne des osselets chargée par la cochlée semble le facteur
le plus important dans l'impédance totale de l'oreille ; l'impédance du
tympan vient ensuite, et enfin l'impédance de la cavité de l'oreille
moyenne.
La chaîne des osselets elle-même semble avoir deux résonances :
celle du couple marteau-enclume et celle de l'étrier.
En insérant une sonde sur la fenêtre ronde et une autre soit devant
le tympan, soit devant la fenêtre ovale après avoir enlevé les osselets,
l'auteur a mesuré le gain dû à l'oreille moyenne ; celui-ci est d'environ
10 à 20 dB suivant la fréquence, avec un maximum dans les fréquences
moyennes (sur une oreille le gain est même de 25 dB), mais il y a de
grosses différences suivant les oreilles.
L'impédance de l'étrier décroît avec la fréquence, et la fr
équence caractéristique de la chaîne des osselets se situe vers 1 000-
1 300 Hz.
La contraction des muscles de l'oreille moyenne ne peut avoir
qu'un faible effet ; en effet, un poids de 50 g accroché au muscle tenseur
du tympan donne à peine une réduction de 2 à 3 dB en moyenne ;
le maximum atteint a été de 5 dB et seulement pour des fréquences
inférieures à 1 000 Hz ; or, la tension créée dans ce cas est large
ment supérieure à celle qui doit résulter de la contraction du muscle
lui-même.
L'auteur a mesuré également l'impédance sur un sujet vivant ;
elle varie de 155 à 1 750 ohms acoustiques.
Onchi pense que les divergences entre les auteurs dans la mesure de
l'impédance de l'oreille proviennent de différences les processus
expérimentaux utilisés ; il semblerait par contre indifférent de faire les
mesures sur des cadavres ou sur des sujets vivants, d'après des essais
faits sur le lapin.
L'auteur essaie de donner une représentation de l'oreille au moyen
de modèles.
R. Cho. 108 ANALYSES HIBLIOGR APUIQTIES
Kritzler (H.). Wood (L.). — Provisional audiogram for the shark
« Carcharinus leucas » (Audiogramme provisoire du requin C. l.). —
Science, 1961, 133, 1480-1482. — Lilly (J. C), Miller (Alice M.). —
Sounds emitted by the bottlenose « Dolphin » (Sons émis par le
dauphin T. t.). — Science, 1961, 133, 1689-1693.
Le rôle de l'audition chez les Vertébrés marins apparaît beaucoup
plus général et plus grand qu'on ne le pensait autrefois. Grâce à de
grands bassins expérimentaux les recherches expérimentales portent
sur des espèces de grande taille. Les sur le requin ont porté
sur un conditionnement auditif, avec une difficulté, la présence de bruits
de fond dans l'eau atteignant 60 dB. Les seuils d'efficacité pour les sons
de fréquence différente devaient être nettement supérieurs à ces bruits
de fond sauf pour les fréquences optimales situées entre 100 et 1 500 cps,
avec minimum vers 500.
Si l'audition joue un rôle important, c'est en partie parce que les
poissons comme les Cétacés émettent eux-mêmes des sons dont on a
établi le rôle de repérage par sonar chez les marsouins, mais aussi
d'intercommunications.
Chez le Tursiops truncatus on a recueilli avec des hydrophones des
sons émis spontanément en réponse à ceux provenant d'autres individus
ou enfin provoqués par certaines manoeuvres. L'analyse en a été faite,
la fréquence étant comprise entre 4 000 et 18 000 cps. Il y a des cris
de détresse (sifflements), et des clicks de sonar.
H. P.
Békésy (G. von). — Pitch sensation and its relation to the periodicity
of the stimulus, hearing and skin vibrations (La sensation de tonie,
et sa relation avec la périodicité du stimulus, aussi bien dans l'audi
tion que dans les vibrations de la peau). — J. acoust. Sùc. Amer.,
1961, 33, 341-348. —Békésy (G. v.). — Concerning the fundamental
component of periodic pulse patterns and modulated vibrations
observed on the cochlear model with nerve supply (A propos de la
composante fondamentale des aspects des pulsations périodiques
observées sur le modèle de la cochlée en rapport avec les terminaisons
nerveuses). — /. acoust. Soc. Amer., 1961, 33, 888-896. — Small
(A. M. Jr.), Campbell (R. A.). — Pitch shifts of periodic stimuli
with changes in sound level (Variations de la tonie de stimuli pério
diques avec les variations du niveau du son). — J. acoust. Soc.
Amer., 1961, 33, 1022-1027.
Dans le premier travail, Békésy a repris des expériences faites par
Seebeck en 1841 ; ce dernier avait montré que si, dans une suite de clics,
on supprime régulièrement un clic sur deux, la tonie baisse d'une octave,
en accord avec l'analyse de Fourier ; mais si on déplace légèrement d'une
façon régulière, d'une même valeur et dans le même sens, un clic sur
deux, la tonie baisse également de près d'une octave, bien que l'analyse
de Fourier ne fasse apparaître qu'une toute petite composante à cette PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 109
fréquence ; la périodicité semble donc dans ce dernier cas jouer un rôle
important pour l'oreille et non la composante la plus intense.
Il en est de même pour la sensation vibratoire, bien que la variation
de tonie soit moins sensible du fait qu'on distingue alors beaucoup
moins les qualités des stimuli ; l'effet se retrouve également pour la
stimulation électrique, et il est alors plus net que dans le cas de
la vibratoire ; mais le mécanisme de l'effet se situe
à des fréquences différentes dans ce dernier cas ; on retrouve éga
lement des faits analogues en vision, ou en alternant des clics élec
triques et des clics vibratoires ; on peut également faire varier plus
ou moins la tonie en modifiant régulièrement l'intensité d'un clic
sur deux : tout se passe alors comme si un clic sur deux était
décalé.
Dans le deuxième travail, Békésy utilisait le système déjà décrit
antérieurement, qui lui permet d'obtenir une sensation localisée le long
du bras suivant la fréquence, aux diverses fréquences ; on peut ainsi
utiliser des suites de clics dans lesquelles un clic sur deux se trouve
décalé par rapport à l'autre ; la sensation de fréquence est abaissée
comme dans les expériences de Seebeck ; on peut même arriver à
engendrer la sensation d'une fondamentale qui n'existe pas ; on peut
aussi utiliser des sons puisés. L'auteur a également supprimé deux clics
successifs tous les quatre, ou quatre clics successifs tous les huit, ou
laissé subsister seulement un large clic tous les huit ; la sensation semble
baisser de 2 octaves dans le premier cas, de 3 octaves dans le dernier
cas, le deuxième étant intermédiaire ; à l'analyse pourtant, les compos
antes correspondant à ces fréquences sont fort minimes devant la
fondamentale. L'auteur a obtenu des résultats analogues avec des sons
purs interrompus.
Dans toutes ces expériences, la sensation dépend de l'attitude du
sujet ; il peut concentrer son attention sur les composantes et les perce
voir seules, ou au contraire concentrer son attention sur les pulsations,
et n'avoir qu'une sensation de son puisé.
De son côté, Small offrait à des étudiants en musique à oreille nor
male chaque 1,7 s un son puisé sur une oreille à 30 dB au-dessus du
seuil et variant de 90 à 130 Hz au hasard pour éviter l'accoutumance, et
en alternance un 2e son puisé identique dont l'intensité variait au gré
de l'opérateur (30, 50 ou 70 dB au-dessus du seuil) ; les sujets devaient,
au moyen d'un dispositif mis à leur disposition, faire varier le rythme
du 1er son de façon que la hauteur paraisse identique à celle du 2e (ou
de la composante la plus basse).
Trois types de sons puisés furent employés : pulsations de sons
purs, pulsations de forme continue, pulsations elles-mêmes alter
natives.
Les variations de la hauteur avec l'intensité existent dans tous les
cas, mais sont faibles et fort variables d'un sujet à un autre ; elles
semblent toutefois significatives pour les pulsations continues et les 110 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
pulsations alternatives de fréquence égale à 5 000 ; il semblerait donc
que la sensation de tonie soit due soit à la localisation dans la cochlée,
soit à la périodicité, selon les cas.
R. Gho.
Loeb (M.). Dickson (G.). — Factors influencing the practice effect
for auditory thresholds (Facteurs influençant l'effet d'apprentissage
dans la mesure des seuils auditifs). — /. acoust. Soc. Amer., 1961,
33, 917-921.
L'effet de l'apprentissage est net dans la mesure du seuil des sons
graves ; il peut aller jusqu'à 11 dB sur une moyenne de 10 sujets au bout
de quelques jours (3 à 4 jours) pour un son de 125 Hz, et 8 dB pour un
son de 1 000 Hz ; par contre, il est limité à quelques décibels un
son de 500 Hz et n'est plus significatif à 3 000 Hz, mais il existe des
différences individuelles importantes. Les sujets étaient motivés à
donner leur meilleur seuil et les mesures faites au moyen de la technique
de Békésy.
En ajoutant un bruit blanc de 50 dB sur l'autre oreille, il reste une
tendance à l'amélioration avec le temps, surtout à 125 et 1 000 Hz,
mais ceci n'est plus significatif sur une moyenne de 10 autres sujets,
bien qu'il y ait encore des différences individuelles importantes entre
sujets ; on ne trouve pas non plus d'apprentissage net à un son de
3 000 Hz dans un bruit de bande 3 000-3 200 Hz.
Les auteurs concluent de ces expériences que l'apprentissage doit
être dû à l'entraînement à discriminer entre le son et les bruits phy
siologiques.
R. Cho.
Greenwood (D. D.). — Auditory masking and the critical band
(L'effet de masque auditif et la bande critique). — J. acoust.
Soc. Amer., 1961, 33, 484-502. — Ward (W. D.). — Studies on the
aural reflex : I. Contralateral remote masking as an indicator of
reflex activity (Études sur le réflexe aural : I. Effet de masque
« éloigné » contralatéral en tant qu'indicateur de l'activité réflexe). —
/. acoust. Soc. Amer., 1961, 33, 1034-1045.
Greenwood a étudié l'effet de masque de bandes de bruit blanc
de largeur différente sur des sons purs. A des niveaux d'intensité
faibles ou moyens, l'effet de masque augmente avec la largeur de bande,
et atteint des fréquences d'autant plus éloignées : la variation avec la
puissance totale de la bande est linéaire : l'audiogramme de masque est
triangulaire ; mais dès qu'on atteint une certaine largeur de bande
l'effet de masque n'augmente plus et devient trapé
zoïdal ; ceci confirme donc bien l'existence de bandes critiques au-delà
desquelles les composantes n'ont plus d'effet, et les valeurs ainsi trouvées
sont en accord avec celles données par d'autres auteurs dans d'autres
types d'expériences. Mais ceci n'est correct que si le niveau de bruit PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 111
est inférieur à 50 dB ; à 50 dB ou plus, l'effet de masque semble diminuer
légèrement quand on atteint la largeur de bande critique, et l'audi
ogramme devient alors trapézoïdal ; mais, contrairement au cas précédent,
l'effet de masque se met à croître de nouveau avec la largeur de bande
critique lorsque la largeur de bande est supérieure à la bande critique.
L'auteur a également masqué des bandes de bruit au moyen d'un
ou de plusieurs sons purs ; on retrouve des faits analogues suivant
la différence de fréquence entre les sons purs.
La bande critique serait pour l'auteur la bande dans laquelle les
puissances des composantes se somment, et le seuil de l'effet de masque
un seuil de discrimination, à moins qu'il ne s'agisse du seuil de sensibil
ité des cellules ciliées internes. Mais comment expliquer le comporte
ment différent aux intensités inférieures et supérieures à 50 dB ?
Ward de son côté a étudié l'effet de masque des bruits de bande de
fréquence élevée sur des sons graves. Dans une première expérience,
l'auteur a utilisé une bande de bruit blanc de 300-500 Hz ; elle donne
hétérolatéralement une augmentation du seuil d'un son de 500 Hz à
peu près analogue à tous les niveaux à l'augmentation du seuil que
donnerait homolatéralement la même bande de bruit à un niveau d'envi
ron 60 dB plus faible, ce qui correspond au transfert du son d'une oreille
à l'autre par l'intermédiaire des os du crâne ; par contre, ceci n'est plus
correct lorsque la bande de bruit est de 2 400-4 800 Hz et le son toujours
de 500 Hz ; il y a dans ce dernier cas un effet croisé important, qui
s'ajoute éventuellement à l'effet de masque dû au transfert.
L'auteur émet l'hypothèse que cet effet croisé est dû à la contraction
des muscles de l'oreille moyenne du fait que l'intensité est toujours
relativement élevée ; il ne nie pas qu'il puisse y avoir un effet de masque
central, mais il le considère a priori comme trop faible s'il existe.
L'effet croisé obtenu dans ce cas diminue linéairement avec le temps
sur une échelle à doubles coordonnées logarithmiques ; cette adaptation
est très rapide ; par ailleurs, elle croît linéairement avec l'intensité du
bruit lorsqu'on utilise les précédentes.
Gomme les différences individuelles sont considérables, il semble
difficile de suivre l'auteur lorsqu'il affirme que l'effet croisé central est
négligeable devant l'effet de la contraction des muscles de l'oreille
moyenne : il a bien plus de chances d'être d'origine corticale.
R. Gho.
Scharf (B.). — Complex sound and critical bands (Le son complexe
et les bandes critiques). — Psychol. Bull., 1961, 58, 205-217.
La notion de « bande critique » en audition a fait l'objet de nombreux
travaux ces dernières années ; certains effets de composantes l'une sur
l'autre ne se produiraient que dans certaines limites.
L'auteur fait une mise au point fort intéressante de la question à
partir de résultats de divers auteurs, et des siens propres.
La notion de bande critique apparaît par exemple dans la valeur du 112 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
seuil de deux sons entendus simultanément, ou de deux bandes de bruit
superposées ; il en est de même dans les équivalents isosoniques de
sons complexes ou de bandes de bruit blanc, dans l'effet de masque,
de sons purs ou complexes à composantes plus ou moins éloignées, ou
dans l'effet de masque de bandes de bruit blanc.
Il est possible effectivement, comme le pense l'auteur, qu'existent
de telles bandes critiques au-delà desquelles les composantes agissent
indépendamment l'une de l'autre, ou n'ont plus d'effets l'une sur l'autre ;
mais les bandes critiques obtenues dans telle série d'expériences se
superposent-elles aux bandes critiques obtenues dans telle autre série
d'expériences ? Et la largeur de la bande critique est-elle une donnée
liée à la structure cochléaire ou à certaines différences de tonie ? Ces
questions restent encore sans réponse : l'auteur reconnaît que les argu
ments manquent encore.
Quoi qu'il en soit, la notion de bande critique a amené un certain
nombre de chercheurs à se poser des questions, que ce soit dans le
domaine de la surdité et de sa réhabilitation, ou de la phonation ou
même de la musique.
R. Gho.
Nixon (J. C), Glorig (A.). — Noise-induced permanent threshold
shift at 2 000 cps and 4 000 eps (Modification permanente du seuil
créée par le bruit à 2 000 et 4 000 Hz). — J. acoust. Soc. Amer.,
1961, 33, 904-908. —Ward (W. D.). — Non-interaction of temporary
threshold shifts (Absence d'interaction des modifications temporaires
du seuil). — J. acoust. Soc. Amer., 1961, 33, 512-513.
Nixon et Glorig ont étudié les résultats statistiques sur un grand
nombre de sujets répartis en un certain nombre de sous-groupes des
pertes auditives à 2 000 et 4 000 Hz sous l'effet des bruits d'usine,
en fonction du niveau du bruit, de l'âge des sujets et du temps passé
dans le bruit (bruit sensiblement constant, pendant 8 heures par jour).
Les travailleurs testés pouvaient tous être considérés comme normaux
du point de vue de l'oreille ; les auteurs ont tenu compte des pertes
auditives résultant de l'âge (mesures faites sur des auditeurs de même
âge n'ayant pas subi d'atteintes du bruit) en soustrayant les moyennes
de ces dernières pertes des pertes réelles enregistrées. Les pertes audi
tives à 4 000 Hz s'accroissent rapidement et régulièrement avec le
temps passé dans le bruit, ainsi qu'avec l'intensité de ce dernier ; mais
elles semblent atteindre pratiquement leur maximum au bout de
10 ans passés dans le bruit ; les pertes à 2 000 Hz par contre semblent
croître d'abord lentement, puis augmentent plus rapidement après la
10e année, sans atteindre un plateau. Le plateau à 4 000 Hz semble
n'être atteint que si le niveau dans la bande 1 200-2 400 Hz est supérieur
à 70-75 dB. Ces résultats sont peut-être fonction des conditions de mesures
présentes (aux alentours de 80-90 dB par bande).
Les auteurs essaient de relier par une formule les pertes auditives PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 113
résultant des bruits et la réduction du seuil après fatigue auditive.
Ward de son côté a étudié l'augmentation passagère du seuil auditif
sous l'effet d'un bruit de bande, en présence ou en absence d'un autre
bruit de bande pendant une heure, de même que la récupération du
seuil auditif une heure.
Les augmentations passagères du seuil à 1 500 et 2 000 Hz lorsque
le sujet est exposé à un bruit de bande de 600 à 1 200 Hz à 110 dB sont
les mêmes, qu'il y ait ou non exposition simultanée à une bande de bruit
de 2 400 à 4 800 Hz à 100 dB et la récupération est la même si on super
pose pendant cette récupération le même bruit de bande à 100 dB.
Il en est de même pour les effets de fatigue à 4 000 et 6 000 Hz pendant
l'exposition à un bruit de bande de 2 400 à 4 800 Hz à 100 dB lorsqu'on
superpose un bruit de bande de 600 à 1 200 Hz à 110 dB, sauf en début
d'exposition et en fin de récupération, ceci étant dû probablement au
fait que la bande de 600 à 1 200 Hz a un effet de fatigue sur des fr
équences plus aiguës.
Ainsi, l'effet de fatigue est bien localisé, car des bandes de bruit
qui ont un effet de sur certaines bandes, n'ont aucun effet sur
d'autres bandes. n rH0
Thurlow (W. R.), Elfner (L. F.). — Localization effects with
steady thermal noise in one ear and pulsed thermal noise in the other
(Effets de localisation avec un bruit blanc stable à une oreille et
des pulsions de bruit blanc à l'autre). — Science, 1961, 134, 617-618.
On fait entendre pendant 10 s à l'oreille droite un bruit blanc continu,
et à l'oreille gauche des pulsions de bruit blanc de fréquence variable
(5 valeurs, de 1,4 à 105,3 ps), dont on règle la durée pour que le son
perçu soit localisé dans le plan médian. La durée nécessaire décroît
presque linéairement avec l'accroissement de fréquence sur coordonnées
doublement logarithmiques. Il en est de même pour la durée de l'inte
rmittence entre pulsions nécessaire pour que se fasse la détection du son
durable de l'autre oreille. Les auteurs pensent que la conduction ner
veuse du son durable est inhibée pendant la stimulation de l'autre
oreille et se rétablit pendant les intermittences.
Subjectivement le son continu à l'oreille droite, paraît puiser aussi
aux basses fréquences et il paraît croître en sonie quand les intermit
tences s'allongent. „ p
Deatherage (B. H.). — Binaural interaction of clicks of different
frequency content (Interaction binaurale de clics de contenu en
fréquence différent). — /. acoust. Soc. Amer., 1961, 33, 139-145. —
Jeffress (L. A.), Taylor (R. W.). — Lateralization vs. localization
(La latéralisation comparée à la localisation). — J. acoust. Soc.
Amer., 1961, 33, 482-483.
Deatherage a donné à une oreille et à l'autre des clics simultanés
de même contenu en fréquence ou de contenu différent.
A. PSYCHOL. 62 8 114 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Le contenu différent en fréquence était obtenu en filtrant des clics
identiques au départ au moyen de filtres accordés sur des bandes de
fréquence différentes à différentes octaves par exemple. Les clics
duraient 0,1 ms et se répétaient toutes les 0,2 s. Le sujet devait faire
varier un potentiomètre mis à sa disposition jusqu'à ce que le décalage
dans le temps des deux clics soit tel que le son paraisse dans le plan
médian. L'intensité était réglée à égalité, de telle sorte que la première
demi-onde de raréfaction soit d'amplitude égale des deux côtés (ceci
est entièrement arbitraire car cette onde n'est pas toujours la plus ample,
et il n'est pas sûr que l'amplitude des autres ondes ne joue aucun rôle
dans l'intensité perçue).
Contrairement à ce qu'on pourrait attendre, il semblerait qu'un
décalage de 20 fzs d'une oreille sur l'autre soit nécessaire en moyenne
sur l'ensemble des sujets testés pour que le son paraisse être dans le
plan médian lorsque les clics sont strictement identiques ; l'auteur ne
pense pas que ceci puisse être dû à un artefact quelconque dû à l'appa
reillage ; mais ceci reste tout de même à démontrer. Si le contenu des
clics est à l'octave, un décalage de 350 y.s est alors nécessaire.
Si la différence en fréquence du contenu des clics est un peu trop
grande, l'image n'apparaît plus comme unitaire ; si la différence est
considérable, les clics apparaissent comme nettement différents quoi
qu'on fasse, et celui qui apparaît le premier semble seul être dans le
plan médian.
Jeffress de son côté a essayé de voir si la latéralisation était de nature
différente de la localisation. On sait, en effet, qu'on tend à parler de
localisation lorsque le sujet doit localiser une source dans l'espace et de
latéralisation les sons étant émis au moyen d'écouteurs, le son
apparaît médian ou au contraire localisé dans une oreille ou dans l'autre ;
dans le premier cas, il s'agit d'une localisation extérieure, dans le
deuxième cas on pourrait presque dire qu'il s'agit d'une localisation
intérieure.
Les sujets étaient entourés de petites lampes disposées en demi-cercle
sur une ligne horizontale, écartées les unes des autres de 15° ; ils enten
daient des sons identiques dans les écouteurs, mais décalés dans le temps
de durées identiques aux durées nécessaires pour que les sons paraissent
provenir de telle ou telle lumière (d'après des expériences antérieures).
Les sujets devaient indiquer à chaque fois, en admettant que les sons
viendraient des lampes, à quelle lampe ils attribueraient l'origine des
sons entendus. Dans une première série d'expériences, on ne leur rendait
pas compte de la valeur des résultats, mais on leur en rendait compte,
au contraire, dans une deuxième série d'expériences.
Les erreurs sont faibles en moyenne, à peine quelques degrés, et
ne semblent pas s'améliorer avec le temps ou avec la motivation ;
l'auteur en conclut à l'identité des mécanismes, bien que les sujets
continuent toujours à sentir dans ces expériences le son comme provenant
réellement des écouteurs et non des lampes.

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