Audition - compte-rendu ; n°2 ; vol.52, pg 485-498

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L'année psychologique - Année 1952 - Volume 52 - Numéro 2 - Pages 485-498
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1952
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R. Chocholle
2° Audition
In: L'année psychologique. 1952 vol. 52, n°2. pp. 485-498.
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Chocholle R. 2° Audition. In: L'année psychologique. 1952 vol. 52, n°2. pp. 485-498.
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Or, les expériences de Bouraan, comme celles de Rose, confirment
que k.f-1^ varie peu avec B si k ne variait pas, / tomberait à 1 ml
à 1/7 de la valeur qu'il a au seuil. Et puisque Bouman connaît la
valeur liminaire de / pour son propre œil, il peut calculer la valeur
approximative de k. Il trouve k = 3,3, tandis que Rose avait
trouvé k = 5. Peu importe, il est intéressant d'avoir la confirmat
ion de ce que le « signal » doit être 3 à 5 fois plus grand que le
« bruit de fond » pour que la distinction se fasse.
Les déviations de la théorie quantique que notent van der Velden
et Bouman (1947), correspondant à l'accroissement simultané de d
et de t, se retrouvent chez Fauteur, mais en plus de cela, on constate
que pour B donné, la variation de d ou de t influe sur la pente des
courbes de réponses. Ceci est inexplicable par une théorie quantique
seule.
La forme de la courbe, en fonction de B, des valeurs limites de AB
(pour d et t grands) suggère que jusqu'à N ~ 100 ce sont les bâton
nets et plus loin aussi les cônes qui répondent. En effet, abstraction
faite du début de la courbe, où ÀB = const., AB/B varie très peu
jusqu'à N = 100 et est même rigoureusement constant et égal
à 0,5 entre N = 1,8 et N = 10. C'est la loi de Weber-Fechner qui
serait donc retrouvée pour les intensités moyennes provoquant la
réponse des bâtonnets seulement. Mais tandis que la loi de Weber-
Fechner tient pour tous les t et d, la loi correspondante pour les
bâtonnets seulement pour t et d grands.
E. B.
2° Audition.
Les potentiels cochléaires; les potentiels nerveux :
BORNSCHEIN (H.), GERNANDT (B.). — Selective removal of
the nerve discharge component from the cochlear potential during
anoxia (Suppression sélective de la composante nerveuse du potent
iel cochléaire au cours de V anoxie). — Acta physiol. scand., 1950.
21, 82-89. — DAVIS (H.), FERNANDEZ (C), Mac AUL1FFE
(D. R.). — The excitatory process in the cochlea (Le processus de
la stimulation cochléaire). — Proc. Nat. Acad. Sei., 1950. 46, 580-
587. — (Traduction française : / : Sur la théorie de V audition.
Processus d'excitation électrique de Vouïe. — Cahiers d'Acoustique.
1951, 34, 1-5). — DAVIS (H.), GERNANDT (B. E.), RIESCO-
Mac CLURE (J. S.). — Threshold of action potentials in ear of
guinea-pig (Le seuil des potentiels d'action auditifs chez le Cobaye).
— J. Neurophysiol., 1950, 13, 73-87. — GALAMBOS (R.)'. —
Neurophysiology of the auditory system (Neurophysiologie du
système auditif). — J. Acoust. Soc. Amer., 1950, 22, 785-791. —
VAN EYCK (M.). — Potentiels microphoniques dérivés des ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 486
ampoules des canaux semi-circulaires chez le Pigeon. — Arch.
Internat. Physiol., 1949, 57, 102-105. — VAN EYCK (M.). —
Nouvelles recherches sur les potentiels dérivés des ampoules des
canaux semi-circulaires chez le Pigeon. — Arch. Internat. Phys
iol., 1949, 57, 239-256. — VAN EYCK (M.). — Potentiels ampuï-
laires et processus d'excitation des canaux semi-circulaires. —
Arch. Internat. Physiol., 1950, 57, 434-439. — VAN EYCK (M.).
— Effets de la fatigue sur les potentiels microphoniques nerveux
du labyrinthe chez le Pigeon. — Arch. Internat. Physiol., 1950,
58, 313-320. — VAN EYCK (M.). — Potentiels cochléaires et
ampullaircs du Pigeon. — Arch. Internat. Physiol., 1950, 58,
476-477.
Bornschein et Gernandt ont étudié l'action de l'anoxie sur les
potentiels cochléaires et sur les potentiels d'action chez le cobaye,
en présence de sons continus; si l'anoxie n'est que partiell«, cette
action est réversible; elle se traduit par une réduction progressive
du potentiel cochléaire, tandis que les potentiels d'action disparais
sent brusquement, avant que l'amplitude des potentiels cochléaires
commence à chuter, au point qu'on peut enregistrer des potentiels
cochléaires sans potentiels d'action; pendant la période de récupé
ration, les potentiels d'action ne réapparaissent qu'après que les
potentiels cochléaires ont retrouvé leur amplitude initiale; après
plusieurs hypoxies répétées, le potentiel d'action ne réapparaît
plus, tandis que le potentiel cochléaire retrouve sa valeur initiale.
D'autre part, pendant la disparition du potentiel d'action, celui-ci
se déphase par rapport au potentiel microphonique : à 600 Hz et
à l'état normal, chaque influx est intercalé entre les maxima d'am
plitude du potentiel cochléaire; au cours de la progression de l'hy-
poxie, les influx se rapprochent peu à peu des maxima, avec lesquels
ils finissent par sembler se confondre.
Les auteurs évaluent le décalage entre l'état normal et l'état
hypoxique à 0,2 ms; cet allongement de la latence paraît corollaire
de la réduction des potentiels cochléaires : plus l'intensité est faible,
plus grand doit être le retard à la stimulation des fibres nerveuses;
il serait intéressant de voir si le décalage trouvé entre l'état normal
et l'état hypoxique varie avec la fréquence du son : il ne paraît pas
que les auteurs se soient posé cette question.
Davis et ses collaborateurs ont pu avoir à leur disposition un
matériel très important, ce qui leur a permis d'isoler, sur les enre
gistrements avec un animal dans son état normal, les potentiels
d'action des potentiels microphoniques : par exemple, Davis, Ger
nandt et Riesco-Mac Clure suppriment les potentiels microphoniques
en réinjectant avant le dispositif d'enregistrement oscillographique
une partie suffisamment amplifiée du potentiel total déphasé de
180°: en injectant à l'animal une faible dose de quinine, les potent
iels cochléaires subsistent seuls; enfin, ils utilisèrent encore le fait PSYCHOPHYSIOLOGIE DES SENSATIONS 487
déjà connu que la mort de l'animal n'abolit pas tout de suite les
potentiels microphoniques. Davis, Fernandez et Mac Aulifîe mont
rent qu'on conserve seulement les potentiels microphoniques si
on soustrait, par inversion de phase de 180°, le potentiel de la rampe
tympanique de celui de la rampe vestibulaire avant les enregistr
ements (après amplification convenable de l'un des deux pour per
mettre cette suppression, car les potentiels microphoniques sont en
opposition de phase entre les deux rampes); les potentiels cochléaires
sont supprimés par addition simple des potentiels captés dans les
deux rampes.
Davis, Gernandt et Riesco-Mac Clure pensent qu'on peut déter
miner facilement le seuil, car les potentiels microphoniques croissent
linéairement avec l'intensité, tandis que les potentiels d'action
croissent plus vite que le stimulus à ces intensités : ils font plus
que doubler quand la pression du stimulus double; pourtant, les
auteurs préférèrent utiliser comme critère un yN de potentiel micro-
phonique et, parfois même, 20 [xV.
En comparant les enregistrements faits à l'apex et à la fenêtre
ronde sur un animal normal, on voit les potentiels d'action larg
ement prédominer de 300 à 1.000 Hz à la fenêtre ronde, tandis que
les potentiels microphoniques semblent prédominer à l'apex.
Le potentiel total varie d'une façon irrégulière avec la fréquence,
mais le microphonique et le potentiel nerveux pris isol
ément paraissent varier plus régulièrement avec la fréquence; le
potentiel microphonique semble indépendant de la fréquence, au
moins pour les fréquences moyennes et relativement basses; le d'action décroît linéairement avec la fréquence de 28 db
environ par octave, au moins jusqu'à 1.000 Hz, mais il semble
croître de nouveau au-delà de cette fréquence.
Davis, Gernandt et Riesco-Mac Clure concluent que la relation
des niveaux des potentiels d'action à la fréquence apparaît à la
stimulative puisqu'elle diffère de celle des niveaux des potentiels
microphoniques à la même fréquence; mais cela ne paraît pas suffire
pour rejeter l'hypothèse de la stimulation par les potentiels micro
phoniques, car les propriétés des terminaisons sensibles intervien
nent certainement; et d'ailleurs, le critère du niveau constant du
potentiel d'action est-il comparable à celui du du microphonique?
Davis, Fernandez et Mac Auliffe ont utilisé soit des sons purs,
soit des sons interrompus rythmiquement; chaque groupe com
prenait 4 ou 5 ondes d'amplitude différente, croissante de la première
à la médiane, décroissante de la médiane à la dernière; ces groupes
sont répétés à un rythme d'un à 60 par seconde; les auteurs les appel
lent « tone-pips », du fait de la sensation qu'ils engendrent; ces
sons rythmés sont reproduits correctement par les haut-parleurs,
et des clics ne s'y surajoutent pas. Aux fréquences supérieures à 488 . ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
2.000 Hz, un seul potentiel nerveux est engendré pour chaque
groupe; par contre, à 2.000 Hz et au-dessous, chaque onde du groupe
produit un influx nerveux.
Sur les enregistrements, on reconnaît que la stimulation a lieu
à la raréfaction d'énergie au tympan; après renversement du sens
de la première onde de chaque groupe, on modifie la latence d'appar
ition du premier potentiel nerveux, car on modifie l'instant de
l'apparition de la première onde négative active. A 8.000 Hz et
au-dessus, le phénomène est différent : l'inversion de la première
onde n'a plus d'action sur la latence. D'autre part, en accroissant
l'intensité du stimulus rythmé, on voit à 2.000 Hz, la latence se
réduire par honds, ce qui s'explique par le passage à une intensité
suffisante pour être stimulante d'ondes de plus en plus nombreuses
du son rythmé, et par conséquent, plus proches de la première
de chaque groupe; par contre à 8.000 Hz, la réduction de latence
paraît continue.
Les auteurs émettent, alors, l'hypothèse qu'au-dessus de 8.000 Hz,
il n'y a plus d'action séparée de chaque onde du groupe, mais qu'il
y a action du groupe lui-même : il y aurait sommation.
D'après les auteurs, le potentiel de sommation paraît distinct
sur les enregistrements du microphonique et du potentiel
nerveux : le potentiel de sommation semble d'un seul côté de la
ligne du zéro, comme le potentiel d'action; mais il reproduit le
stimulus, et n'a pas de période réfractaire; il est orienté différe
mment du potentiel microphonique (de la rampe vestibulaire à la
rampe tympanique au lieu de la rampe moyenne à l'électrode de
référence); il semble apparaître dans l'organe de Corti et non dans
le ganglion spiral; il est en retard de phase sur le potentiel micro
phonique; il peut subsister après traumatisme opératoire ou anoxie,
tandis que le potentiel microphonique disparaît (à ce propos, les
auteurs ajoutent qu'au cours de certains traumatismes opératoires,
ils ont observé la disparition des potentiels microphoniques avec
survivance des potentiels d'action; ceci est-il bien exact, car, jamais
jusqu'à présent, une telle dissociation n'a pu être faite, malgré le
désir de nombreux chercheurs de la mettre en évidence?); le potentiel
de sommation, comme le potentiel d'action, n'arrive pas à satu
ration aux intensités élevées, à l'inverse du potentiel microphoni
que; une polarisation dans les deux rampes agit parallèlement sur
les potentiels nerveux et sur les potentiels de sommation, mais elle
est presque sans action sur les cochléaires; à la mort,
les d'action disparaissent d'abord, puis les potentiels de
sommation, enfin les potentiels microphoniques (il y a, parfois,
disparition du potentiel microphonique avant le potentiel de som
mation).
Pour les auteurs, la stimulation provoque une réponse dans les
terminaisons nerveuses entourant les cellules de Corti, et ceci serait PSYCHOPHYSIOLOGIE DES SENSATIONS 489
le potentiel de sommation, à l'origine du départ des influx; le poten"
tiel microphonique ne serait qu'un artefact.
Évidemment, il y a beaucoup de faits dans ce travail, mais doit-on
faire appel à l'existence de potentiels nouveaux, dits de sommation,
pour les expliquer? est-on bien sûr que la méthode permet de bien
isoler les potentiels microphoniques des potentiels d'action? est-on
bien sûr que les potentiels microphoniques ne sont pas accom
pagnés d'autres variations postérieures, décalées dans le temps?
est-on bien sûr que l'anesthésie n'y est pas pour quelque chose, ou
les troubles opératoires? la sommation est-elle si nécessaire pour
expliquer le retard de la réponse aux fréquences élevées? n'y aurait-il
pas un rapport avec la mise en marche des volées d'influx, leur alte
rnance? Beaucoup des caractères des potentiels de sommation pour
raient laisser croire que ceux-ci seraient des potentiels locaux, non
propagés infraliminaires; ils seraient intermédiaires, ainsi, entre la
stimulation et le départ d'influx propagés, ceux-ci étant engendrés
par confluence des premiers sur une synapse commune, ou par
propagation sur une même fibre (avec intervention de sommations
et d'inhibitions, comme cela doit se produire dans ces fibres longitu
dinales qui innervent de très nombreuses cellules ciliées), dans toute
la rangée externe de celles-ci; ceci n'exclut pas, comme le font les
auteurs, la stimulation par l'intermédiaire des potentiels micro
phoniques.
Galambos résume ses travaux parus en 1944, il y ajoute quelques
faits nouveaux : dans le ganglion cochléaire, un son peut inhiber,
non seulement l'activité spontanée, mais encore l'activité engendrée
par un autre son; dans le corps genouillé moyen, un son continu
peut inhiber la réponse à un clic; cette inhibition n'est possible que
pour un son dont la fréquence est comprise dans une bande étroite
de fréquences, et cette bande est d'autant plus étroite que l'inten
sité est plus grande.
Van Eyck a retrouvé des faits analogues à ceux décrits par de
Vries et Bleeker (voir Année Psychologique précédente); par des
truction de la cochléa chez le Pigeon, on abolit les potentiels micro
phoniques; si, à ce stade, on crée une fenêtre dans un canal semi-
circulaire, on retrouve des potentiels qui se comportent de la même
façon que les potentiels cochléaires : un son de fréquence moyenne
engendre, alors, des potentiels rythmiques reproduisant sensibl
ement la forme sinusoïdale du stimulus. Les potentiels paraissent
nettement engendrés dans les ampoules des canaux semi-circulaires,
d'où le nom de potentiels ampullaires donnés par l'auteur. De plus,
il y a apparition de potentiels d'action : si on fait entendre des
clics, on provoque l'inversion des potentiels ampullaires par inver
sion du sens des clics, sans inversion du sens des potentiels nerveux,
comme dans le nerf auditif. Qu'il s'agisse de cochléaires
ou de potentiels ampullaires, des mécanismes analogues doivent
l'année psychologique, lu, fasc. 2 32 490 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
intervenir; pourtant, les potentiels cochléaires et les potentiels
ampullaires diffèrent par leur adaptation : un son continu réduit
rapidement les potentiels ampullaires et allonge leur latence, tandis-
qu'il n'a pratiquement pas d'effet sur les potentiels cochléaires; les
potentiels d'action ampullaires suivent les ampullaires
dans leur adaptation; la quinine a la même différence d'effet dans
les deux cas; cette différence doit provenir du fait que les structures
cochléaires sont faites pour supporter des stimuli acoustiques,,
tandis que la stimulation dans les ampoules des canaux semi-cir-
culairespar un son n'est possible que par un artefact, par passage
des vibrations acoustiques par une fenêtre créée artificiellement;,
ces expériences sont fort importantes, car elles montrent que les
potentiels cochléaires sont engendrés au niveau des cellules ciliées
et qu'ils doivent être à la base du départ des influx nerveux, car on
ne s'expliquerait pas comment les fibres nerveuses pourraient être
stimulées de la même façon par les sons, malgré des structures-
différentes au niveau des organes sensoriels.
R. Cho.
HARRIS (J. D.). — The effect of sensation-level on inten
sity discrimination (U effet des niveaux de la sensation sur la discr
imination de l' 'intensité). — Amer. J. Psychol., 1950, 63, 409-421.
— HARRIS (J. D.), STUNTZ (S. E.). — A new determination
of differential frequency thresholds (Nouvelle détermination des
seuils différentiels de fréquence). — Amer. Psychologist, 1950, 5,
269-270.
Harris montre que le seuil différentiel pour des bruits à spectre-
continu ne semble pas varier beaucoup avec l'intensité au-dessus-
de 15 db : on trouve de 0,4 à 0,7 db suivant les méthodes, l'entra
înement des sujets, etc; au-dessous de 15 db, le seuil différentiel croît
un peu : 0,6 à 1,2 db. L'auteur note les différences obtenues suivant
les diverses méthodes utilisées.
Harris et Stuntz ont déterminé les seuils différentiels à un niveau
de sensation de 30 db de 125 à 12.000 Hz par la méthode des stimuli
constants; les stimuli duraient 1,5 s et un intervalle de 1,5 s les
séparait; les variations étaient progressives.
A 8.000 Hz, les seuils différentiels étaient de 80 Hz au lieu de
29 Hz trouvés par modulation de fréquence par d'autres auteurs;
on trouve des différences de même ordre pour toutes les fréquences-
aiguës; d'autre part, aux fréquences graves, les seuils différentiels
diminuent en valeur absolue quand la fréquence décroît au lieu de
rester constants; à 250 Hz, on trouve 0,99 Hz, à 500 Hz, 1,98 Hz;
par modulation de fréquence, on 2,7 Hz à ces deux fréquences«
R. Cho. PSYCHOPHYSIOLOGIE DES SENSATIONS 491
CHOCHOLLE (R.). — Sensation auditive engendrée par
action d'ondes rectangulaires. — Cahiers d'Acoustique, 1950,
n° 16, 16 p. — HOWES (D. H.). — The loudness of multicom-
ponent tones (La sonorie de sons à nombreuses composantes) . —
Amer. J. Psychol., 1950, 53, 1-30.
Howes essaie de confirmer des hypothèses antérieures de Fletcher,
fort discutables, sur la sonorie des sons complexes. On sait que
Fletcher et Munson avaient posé comme principe que la sonorie,
la force sonore, d'un son complexe était égale à la somme des sonories
des composantes, si celles-ci sont suffisamment éloignées les unes
des autres; ils ont, à partir de cette hypothèse, après des mesures
psychophysiques, défini une relation devant relier la sonorie à l'i
ntensité du son stimulant.
Howes veut montrer que l'hypothèse est correcte, donc les conclu
sions aussi; il commence par faire faire l'égalisation des composantes
(1 à 11 composantes), en équisonorie, en force sonore équivalente;
les composantes utilisées étaient telles qu'il ne pût y avoir de sons
de combinaison (ce qui paraît difficile, soit dit en passant, à un
habitué des expériences auditives); les composantes étaient, de plus,
séparées par un intervalle constant en mels, échelons de tonie, de hau
teur tonale, de Stevens et Volkmann; les sujets avaient à régler
l'intensité d'un son complexe auxiliaire, de façon à ce que sa sonorie
paraisse identique à celle du son complexe.
Mais Howes ne donne pas les valeurs brutes; il donne les valeurs
en unités de sonorie de Stevens, en sones; cette transformation est
inadmissible par elle-même, puisque c'est là tout le fond de la ques
tion; mais, même après cette transformation, tout ne va pas tout
seul : en effet, l'hypothèse de Fletcher ne cadrerait, après cette
transformation des résultats, que pour les intensités moyennes
(de 30 à 70 phons); au-dessus de 70 phons, les valeurs expérimentales
seraient inférieures aux valeurs théoriques; aux niveaux élevés,
la différence est importante; l'auteur émet, alors, l'hypothèse qu'aux
niveaux élevés, les composantes arrivent à se masquer en partie
les unes les autres. Howes retrouve des résultats analogues, après
une transformation semblable, avec des sons complexes choisis de
façon à avoir à la fois, intensité et sonorie assez semblables; il retrouve
les divergences avec la théorie aux niveaux supérieurs à 60 phons;
il retrouve encore des résultats analogues avec des sons de sonories
différentes.
Howes va encore plus loin : il tire des formules de ses valeurs
traduites en sonorie; en ajoutant encore des hypothèses, il généralise
ses formules pour les niveaux supérieurs à 70 phons; si les compos
antes sont écartées d'une même différence en mels, les coefficients
seraient constants; il termine, enfin, par un schéma du fonctio
nnement aux intensités élevées, avec des interférences sur la memb
rane basilaire (et au cortex). 492 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
En réalité, tout ceci ne paraît pas sérieux; mélanger résultats et
hypothèses pour essayer de valider les hypothèses ne peut aboutir
à rien; utiliser les échelles de sonorie (et de tonie), pour tenter de
les valider en essayant de montrer que ces valeurs, contestables
a priori, se somment, est-ce correct, surtout si l'auteur se permet
de représenter les valeurs déduites des transformations en coor
données logarithmiques? les résultats bruts (en phons par exemple)
nous auraient appris plus de choses; d'autre part, pourquoi admettre
que les divergences aux intensités élevées sont dues à des phéno
mènes supplémentaires, à un masquage? (si seulement les compos
antes avaient des intensités fort différentes!); enfin, l'auteur, sans
doute parce qu'il n'a pu trouver d'hypothèses pour les divergences
aux intensités inférieures à 30 db, ne se préoccupe pas du tout de
celles-là!
Chocholle a étudié la sensation engendrée par un générateur à
courant rectangulaire relié à un émetteur (écouteur du haut-parl
eur). La sensation engendrée est mise en rapport avec la forme de
l'onde émise dans le milieu ambiant; en effet, cette dernière ne repro
duit pas du tout la forme de l'onde électrique initiale; elle dépend,
à la fois, de l'intensité et de la fréquence de la fondamentale de
l'onde rectangulaire (et, parfois aussi, de celles des premiers harmon
iques), de la fréquence propre de l'émetteur, de la différence de
fréquence entre la fondamentale et la fréquence propre de l'émetteur,
de la bande de résonance de ce dernier, et, par conséquent, de l'exten
sion de sa bande de rendement maximum.
Aux fréquences basses, la sensation est réduite à l'audition de
tops, de clics, successifs (un clic étant émis à chaque renversement
du sens du courant rectangulaire); aux fréquences moyennes, on
entend un son complexe, comprenant la fréquence propre de l'émet
teur et la fondamentale; aux fréquences supérieures, ne reste plus
que la sensation de la fondamentale, seule émise; l'auteur étudie
encore l'action de la variation de la durée respective "des deux phases,
de l'éloignement de l'oreille de l'observateur de la source, etc.;
en conclusion, il semble que l'oreille ne fonctionne pas comme un
analyseur parfait, mais qu'elle est surtout sensible à l'enveloppe
globale de l'onde acoustique.
R. Cho.
Le masquage; l'adaptation postérieure au stimulus :
EGAN (J. P.), HAKE (H. W.). — On the masking pattern of a
Simple auditory Stimulus (Pattern de masquage d'un stimulus audit
if simple). — J. Acoust. Soc. Amer., 1950, 22, 622-630. —
EGAN (J. P.), MEYER (D. R.). — Changes in pitch of tones of
low frequency as a function of the pattern of excitation produced
by a band Of noise (Modification de la hauteur des sons de basse PSYCHOPHYSIOLOGIE DES SENSATIONS 493
fréquence en fonction du pattern d'excitation produit par une bande
de bruit). — J. Acoust. Soc. Amer., 1950, 22, 827-833. — HAWK
INS (J. E.), KNIAZUK (M.). — The recovery of auditory
nerve action potentials after masking (La réapparition des potent
iels d'action nerveux après masquage). — Science, 1950, 111, 567-
568 et J. Acoust. Soc. Amer, 1950, 22, 84. — HAWKINS
(J. E. Jr), STEVENS (S. S.). — The masking of poor tones and
Of speech by White noise (Masquage des sons purs et de la parole
par un bruit à spectre continu). - — J. Acoust. Soc. Amer, 1950,
22, 6-13. — HIRSH (I. J.), ROSENBLITH (W. A.), WARD
(W. D.). — The masking of clicks by pure tones and bands of
noise (Masquage des dies par des sons purs et par des bandes de
hruit). — J. Acoust. Soc. Amer., 1950, 22, 631-637. — MUN-.
SON (W. A.), GARDNER (M. B.). — Loudness patterns (Patterns
de sonorie). — J. Acoust. Soc. Amer., 1950, 22, 177-185. —
ROSENBLITH (W. A.). — Auditory masking and fatigue (Eff
et de masque auditif et fatigue). — J. Acouat. Soc. Amer., 1950,
22, 792-800. — ROSENBLITH (W. A.), GALAMBOS (R.),
HIRSH (I.). — The effect of exposure to loud tones upon animal
and human responses to acoustic clicks (Effet de l'exposition à des
sons intenses sur les réponses de V Homme et de V Animal à des clics).
— Science, 1950, 111, 569-571. — SCHUBERT (E. D.). — The
effect of a thermal masking noise on the pitch of a pure tone
(Effet de masque d'un bruit à spectre continu sur la hauteur d'un
son pur). — J. Acoust. Soc. Amer, 1950, 22, 497-499.
Egan et Hake montrent qu'en utilisant une bande étroite de bruit
à spectre continu, le masquage sur un son pur est plus important
qu'en utilisant un autre son pur, situé même dans la bande du bruit,
à niveau égal d'intensité : en effet, le masquage d'un son pur par
un autre son pur est compliqué par l'existence de battements, de
sons différentiels, ce qui explique les irrégularités constatées sur les
audiogrammes de masquage; dans le cas de masquage par un bruit
à spectre continu, l'audiogramme évolue sans irrégularités, et ceci
d'autant mieux que la bande de bruit est plus large (et le masquage
est plus important).
D'autre part, la relation entre le masquage et l'intensité du bruit
masquant est linéaire, pour un supérieur à 10 db, sur un
graphique en décibels, avec une pente 1, tandis qu'elle est sigmoïde
„avec tendance vers un maximum pour un son masquant.
Hawkins et Stevens recherchent, dans le masquage par un bruit
à spectre continu, l'intensité minimum à donner pour que le son
paraisse avoir une tonie, une hauteur tonale (et non plus seulement
pour qu'on entende quelque chose). Les auteurs ont cherché les seuils
de tonie aux différentes fréquences, pour des niveaux de bruit
croissant de 10 en 10 db. En moyenne, un accroissement du
de 10 db nécessite un relèvement du seuil de 10 db; il en est de même

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