Audition - compte-rendu ; n°2 ; vol.59, pg 475-485

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L'année psychologique - Année 1959 - Volume 59 - Numéro 2 - Pages 475-485
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1959
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Audition
In: L'année psychologique. 1959 vol. 59, n°2. pp. 475-485.
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Audition. In: L'année psychologique. 1959 vol. 59, n°2. pp. 475-485.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1959_num_59_2_8961PSYCHOPHYSIOLOGIE DES SENSATIONS 475
1° Un tremblement rapide d'amplitude inférieure à 0,5' ;
2° Des déviations rapides intermittentes, dont l'amplitude moyenne
semblé osciller autour de 15' et dont la fréquence va de 1/5 c/s
à 30 es.
3° Des déviations lentes de l'ordre de l'/s dans les périodes comprises
entre deux déviations rapides.
Les auteurs introduisent artificiellement et isolément chacun de ces
3 mouvements pour en étudier l'action sur la visibilité de l'objet (ligne
noire verticale).
Résultats. — Le tremblement rapide de faible amplitude (1°) ne
semble exercer aucune action sur l'acuité visuelle. Les déviations rapides
d'amplitude considérable (2°) provoquent une reprise très nette et même
très aiguë de la visibilité, et ceci pour une amplitude même beaucoup
plus faible que l'amplitude moyenne observée sur l'œil libre. Les auteurs
expliquent pourquoi ils ne pensent pas que la déviation de 2° est seule
responsable du maintien de l'acuité visuelle en vision libre. Les déviations
lentes peuvent contribuer au maintien de l'image, si l'on admet que toute
la gamme des fréquences composant son spectre concourt à cet effet.
E. B.
L'audition.
SCHWARTZ KOPPF (J.). — Über den Einfluss der Bewegungsr
ichtung der Basilarmembran auf die Ausbildung der Cochleapoten-
tiale von Strix varia und Melopsittacus undulatus (Shaw) (Sur
l'influence du sens du mouvement de la membrane bàsilaire êur la
forme des potentiels cochléaires chez S. v. et M. M.). — Z. vergl.
Physiol., 1958, 41, 35-48.
Poursuivant ses études sur l'anatomo-physiologie comparée de l'audi
tion chez les Vertébrés supérieurs, Schwartzkopff compare la réponse
cochléaire à des courants carrés chez deux oiseaux : là Perruche ondulée,
dont l'oreille est typique pour la classe des Oiseaux (limaçon relativement
court ; pied de la columelle très large), et la Chouette dont l'organe
auditif se rapproche beaucoup de celui de certains Mammifères
(cochlée presque aussi longue que celle d'un Mammifère de même poids,
pied de la columelle beaucoup plus étroit que chez la plupart des oiseaux
de même poids). A ces différences structurales correspondent des diff
érences dans la réponse électrique de la cochlée. Si la composante micro
phonique du potentiel cochléaire est très semblable dans les deux espèces,
il n'en va pas de même de la composante neuronique Nr Celle-ci, chez la
Chouette comme chez les Mammifères, varie très peu avec la durée et
avec la phase du click ; seule l'intensité l'influence notablement, et l'on
peut en conclure avec Ranke (1953) que, dès le niveau de l'oreille
interne, les rapports de phase des composantes d'un son sont faussés
en grande partie. Tel n'est pas le cas chez d'autres oiseaux, comme le
Pigeon (données de Heise et Rosenblith, 1952) ou la Perruche : les 476 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
données de l'A. montrent que, dans cette espèce, les composantes
neuroniques des potentiels cochléaires reflètent assez fidèlement non
seulement l'intensité, mais aussi la durée et les rapports de phase des
courants carrés utilisés comme stimuli. En particulier, la d'un
click de durée brève (optimum pour 0,8 ms) influe sur la forme de la
composante Nj du potentiel cochléaire : quand le click est négatif,
Nx se dissocie en 2 potentiels Nla et N^ ; rien de semblable ne s'observe
dans le cas d'un click positif. Selon l'A. cette plus grande fidélité dans la
transmission des modalités des signaux jusqu'au niveau du limaçon
s'expliquerait par un couplage mécanique plus étroit du système collu-
melle — membrane basilaire, chez les espèces à « oreille d'oiseau
typique », comme la Perruche ou le Pigeon.
J. M.
WEVER (E. G.), VERNON (J. A.), RAHM (W. E.), STRO-
THER (W. F.). — Gochlear potentials in the cat in response to
high-frequency sounds (Potentiels cochléaires chez le Chat en réponse
aux sons de fréquences élevées). — Proceed. Nat. Acad. Sei., 1959,
44,1087-1090.
Il n'existait pratiquement aucune donnée expérimentale sur le
potentiel microphonique du Chat aux fréquences élevées. Une telle
étude nécessitait un appareillage et une technique modifiée pour la
production du son et l'enregistrement des potentiels. Ces potentiels
étant d'amplitude analogue à celle du bruit de fond (voisin de 1 (xV),
un analyseur servant de filtre permettait d'enregistrer seulement la
fréquence considérée tout en diminuant ce bruit de fond.
Les résultats montrent la présence de potentiel microphonique,
d'amplitude décroissante jusqu'à 100 000 Hz. Les courbes d'intensité
de la réponse en fonction de l'intensité sonore sont analogues à celles
obtenues pour des fréquences plus basses, et suggèrent que les vibrations
de fréquences élevées sont transmises par des mécanismes semblables.
Les auteurs discutent le rôle auditif de ce potentiel pour ces fr
équences élevées. Les expériences de Nefî et Hind de conditionnement
chez le Chat ont montré une limite d'audibilité supérieure à 60 000 Hz
II est possible que les différences de technique n'aient pas permis
d'obtenir la preuve de la présence d'une sensibilité jusqu'à 100 000 Hz,
que semble démontrer l'enregistrement du potentiel microphonique.
J.-P. L.
TASAKI (L.), SPYROPOULOS (G. S.). — Stria vascularis as
source of endocochlear potential (La strie vasculaire source du
potentiel endolymphatique cochléaire). — J. Neurophysiol., 1959>
22, 149-155.
On sait que le liquide endolymphatique contenu dans la rampe
cochléaire du limaçon présente une différence de potentiel positive
(80 raV) par rapport à la périlymphe (Békésy, Davis. ïasaki). L'origine PSYCHOPHYSIOLOGIF. DES SENSATIONS Ml
de ce potentiel pose certains problèmes, du fait qu'il semble ne pas
dépendre, comme la plupart des potentiels biologiques, de différences
de concentrations ioniques (bien que la teneur en ion K+ soit très élevée),
et que son existence semble étroitement liée aux oxydations respirat
oires.
Dans cette étude, Tasaki a cherché à localiser la source de ce potentiel
en explorant l'intérieur de la rampe cochléaire au moyen d'une micro
électrode.
Dans une série d'expériences, il a utilisé des races de cobayes « val
seurs » qui présentent génétiquement une dégénérescence ou une absence
totale d'organe de Corti. Sur ces animaux, l'électrode exploratrice
enregistrait cependant un potentiel positif de 100 mV environ lorsqu'elle
était en contact avec la stria vascularis (laquelle est normale chez ces
animaux dépourvus d'organe de Corti).
Dans une autre série d'expériences, des cobayes normaux étaient
utilisés. La membrane de Reissner était enlevée de façon à pouvoir
déplacer facilement l'électrode. Aucune différence de potentiel n'était
détectable dans l'organe de Corti, mais une positivité de 10 et quelquefois
de 30-55 mV était enregistrable au niveau de la stria vascularis.
La conclusion de ces expériences est que la source du potentiel
continu endolymphatique dans la cochlée n'est pas située dans l'organe
de Corti, mais dans la stria vascularis.
J.-P. L.
KATSUKI (Y.), SUMI (T.), UCHIYAMA (H.), WATANABB (T.). —
Electric responses of auditory neurons in cat to sound stimulation
(Réponses électriques des neurones auditifs chez le Chat aux stimulations
acoustiques). — J. Neurophysiol., 1958, 21, 569-588.
Exploration systématique et très complète des divers neurones
constituant les voies acoustiques, au moyen de microélectrodes.
La plupart des neurones explorés montraient une activité spontanée
parfois rythmique et en relation avec les mouvements respiratoires.
En général, les neurones sensibles aux sons graves présentaient des
décharges à rythme lent. D'autre part, le rythme était plus lent dans
les neurones des régions centrales que dans les neurones des régions
périphériques.
Les latences des réponses à des clics ou à des pips étaient de 1 à
2 ms dans le nerf auditif, de 1 à 5 ms au noyau cochléaire dorsal, de 2 à
5 ms au corps trapézoïde, de 5 à 8 ms au tubercule quadrijumeau
postérieur.
Pour les sons purs, le rythme des influx augmentait avec l'intensité.
La relation qui reliait la fréquence des influx et l'intensité prenait la
forme d'une courbe en S. Aux très fortes intensités, la fréquence des
influx avait tendance à diminuer. Par exemple, pour une fibre du nerf
cochléaire dont la fréquence sonore caractéristique était de 830/s, la
fréquence maximum des influx était de 800/s, ce qui représente la ■
478 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
fréquence la plus élevée rencontrée par les auteurs. Il en résulte qu'il est
possible qu'il existe une relation 1-1 entre chaque influx et chaque alte
rnance du son, mais seulement lorsque l'intensité est assez forte.
La gamme de fréquence à laquelle répondait chaque neurone s'élar
gissait lorsque l'intensité était accrue. Cette gamme était plus étroite
pour les neurones les plus haut situés.
Lorsqu'on appliquait un deuxième son de fréquence voisine du
premier, on obtenait une inhibition du neurone exploré. Ceci ne se
produisait d'ailleurs pas au niveau du nerf cochléaire.
La disposition tonotopique des neurones selon les fréquences aux
quelles ils répondent, souvent mentionnée dans des travaux plus
anciens, n'a pas été retrouvée par les auteurs, sauf dans les tubercules
quadrijumeaux postérieurs, mais elle est très imprécise.
J.-P. L.
KNECHT (S.). — Ist der Preyersche Ohrmuschelreflex als Hörtest
verwendbar? (Le réflexe de Preyer du pavillon auditif est-il utilisable
comme test d'audibilité ?), — Z. vergl. Physiol., 1958, 41, 331-341.
Le réflexe de Preyer, ou contraction du pavillon auditif en réponse
à une émission sonore, a donné lieu à une abondante littérature, surtout
entre 1886 et 1920. Car on espérait que cette réaction pourrait être
utilisée comme test commode de l'audibilité des sons. Le travail de Knecht
montre que ce test n'est pas fidèle. En effet, les limites du champ tonal
du Cobaye, déterminées par une méthode de conditionnement aliment
aire, sont 100 et 15 000 c/s. Or le champ tonal auquel le réflexe de
Preyer est « sensible » est nettement décalé vers des fréquences plus
élevées (entre 200 et 25 000 c/s). Ces données sont confirmées par des
mesures de seuil absolu : le seuil de déclenchement du réflexe de Preyer
est plus élevé que celui de la réaction conditionnée alimentaire pour
les fréquences sonores inférieures à 4 000 c/s ; il est plus bas entre 6 000
et 8 000 c/s. Au-dessus de 8 000 c/s, la technique de conditionnement
utilisée est entachée d'erreur, et l'on n'a pas de données quantitatives.
Quoi qu'il en soit, la discordance entre la sensibilité auditive et le seuil
d'évocation du réflexe de Preyer ne fait aucun doute.
J. M.
TONNDORF (J.). — Harmonie distorsion in coohlear models
(Distorsion harmonique dans des modèles de coohlée). -— J. acoust.
Soc. Amer., 1958, 30, 929-937. — TONNDORF (J.). — Localization
of aural harmonies along the basilar membrane (Localisation des
harmoniques auraux le long de la membrane basilaire). < — J. acoust.
Soc. Amer., 1958, 30, 938-943.
Selon les résultats de Békésy, l'onde mécanique qui anime la memb
rane basilaire pendant les stimulations sonores présente une courbe
d'enveloppe asymétrique, la pente distale étant plus inclinée que la
pente proximale. Comme ]'a montré également Békésy sur des modèles PSYCHOPHYSIOLOGIE DES SENSATIONS 479
représentant la cochlée (Camera acoustica), des tourbillons se forment
dans le liquide périlymphatique, et ceux-ci sont responsables de cette
asymétrie. L'auteur a repris cette étude sur des modèles de cochlée, et
est arrivé à la conclusion que l'introduction de nouveaux tourbillons
dans le liquide entraîne un changement dans la forme du déplacement
du liquide (le déplacement trochoïdal devient cycloïdal). Ce changement
est responsable :
1) De l'asymétrie de l'enveloppe du mouvement de la membrane
basilaire ;
2) De l'écrêtage de l'onde sinusoïdale ;
3) D'une autre asymétrie faisant que le déplacement est plus ample du
côté de la rampe tympanique que du côté de la rampe vestibulaire.
Dans le deuxième article, l'auteur a cherché à confirmer sur la
cochlée réelle l'origine « tourbillonnaire » de la distorsion dans l'oreille.
La technique utilisée était celle de Tasaki, Davis et Legouix pour étudier
l'amplitude et la phase du potentiel microphonique en différents endroits
de la cochlée et consistait à utiliser plusieurs paires d'électrodes diffé
rentielles (enregistrement bipolaire) implantées dans la cochlée. Cette
méthode permet d'enregistrer le produit au voisinage
immédiat des électrodes sans être perturbé par celui produit en des
points plus éloignés.
Les résultats obtenus montrent :
1) Que la distorsion survient dans la cochlée pour des intensités plus
faibles que celles qui provoquent de la distorsion dans l'oreille
moyenne ;
2) Quand il se produit un harmonique, celui-ci se propage et forme un
pattern vibratoire le long de la membrane basilaire, comme s'il
s'agissait d'un son provenant de l'extérieur. Ces résultats prou
veraient l'origine hydrodynamique, par formation de tourbillons,
de la distorsion.
J.-P. L.
HIRSH (I. J.). — Monaural temporary threshold shift following
monaural and binaural exposure f Modification temporaire du seuil à la suite d'une exposition monaurale et binaurale de l 'oreille).
— J. acoust. Soc. Amer., 1958, 30, 912-914.
L'auteur a effectué un certain nombre d'expériences sur l'augment
ation du seuil après stimulation monaurale ou binaurale par un son
pur ou par un bruit.
Dans une première série d'expériences, les sujets étaient exposés à
un son continu de 1 000 Hz à 20, 80 et 100 dB au-dessus du seuil pendant
une minute, soit en stimulation monaurale, soit en stimulation binaurale.
Le seuil était alors mesuré en audiométrie continue (à l'audiomètre
de Békésy) sur chacune des deux oreilles séparément ; ces mesures étaient
poursuivies pendant 3 ron, 480 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Dans une deuxième série d'expériences, les sujets étaient exposés
de la même façon à un son continu de 1 000 Hz pendant 1 mn, et le
seuil mesuré en audiométrie continue à 1 400 Hz.
Dans une troisième série les sujets subissaient un
bruit blanc s'étendant de 100 à 6 000 Hz pendant 3 mn à 110 dB ; le
seuil était ensuite mesuré en audiométrie continue à 4 000 Hz pendant
10 mn.
Dans la première série d'expériences, de même que dans la troisième,
11 n'apparaît pas de différences entre l'exposition monaurale et l'expo
sition binaurale.
Dans la dernière série le seuil augmentait moins en
exposition binaurale qu'en exposition monaurale, mais la différence
n'est pas significative ; d'autre part, la récupération se fait d'une façon
régulière si l'exposition a été monaurale, tandis qu'un crochet apparaît
dans le cas contraire.
Par ailleurs, des différences nettes apparaissent si l'on s'adresse à la
meilleure ou à la plus mauvaise des deux oreilles.
R. Cho.
ZWISLOCKI (J.), PIRODDA (E.), RUBIN (H.). — On some
poststimulatory effects at the threshold of audibility (A propos de
quelques effets poststimulatoires au niveau du seuil d'audition). —
J. acoust. Soc. Amer., 1959, 31, 9-14.
Les essais furent faits à 1 000 Hz, et les mesures exécutées en audio
métrie continue (audiomètre de Békésy). Les sons apparaissaient et
disparaissaient sans transitoires.
Dans une première série d'expériences, le premier son durait 500 ms,
à un niveau de 85 dB ; un deuxième son d'une durée de 20 ms appar
aissait après un intervalle variable.
Bien que le premier son disparaisse subjectivement au bout de
20 à 30 ms, le seuil du deuxième son passe cependant de 50 dB, si
l'intervalle est de 20 à 30 ms, à 10 dB si celui-ci est de 200 ms et ne
retrouve sa valeur normale pour un son de 20 ms que si l'intervalle
est de 1 000 ms.
Dans une 28 série d'expériences, la durée du deuxième son variait,
mais l'intervalle entre la fin du premier et le début du deuxième était
gardé constant ; les résultats restent les mêmes que précédemment jus
qu'à 150 ms ; au delà de cette durée, le seuil décroît encore plus que préc
édemment, et atteint des valeurs plus basses qu'avec un stimulus de 20 ms.
Dans une 3e série d'expériences, l'intervalle était gardé constant
entre la fin des deux stimuli, seule variait la durée du deuxième son ;
3 intervalles furent étudiés : 30, 40 et 60 ms. Le seuil augmente
un peu quand l'intervalle est plus court, mais ne dépend pratiquement
pas de la durée du deuxième stimulus.
Dans une 4e série d'expériences, les auteurs ont fait varier la durée
du premier son tandis que l'intervalle restait de 20 ms et la durée du
deuxième son de 40 ms. De 5 à 1 000 ms, l'augmentation du seuil est PSYCHOPHYSIOLOGIE DES SENSATIONS 481
pratiquement indépendante de la durée du premier son ; elle dépend
seulement de son intensité (les mesures ont été faites de 15 à 85 dB) : il
apparaît cependant un minimum vers 100 ms, aux niveaux élevés ; ce
minimum a été régulièrement retrouvé chez tous les sujets ; au-dessous
de 20 dB, l'effet est pratiquement nul.
Dans une 5e série d'expériences, des transitoires sont ajoutés ;
le premier son avait une durée variable et un niveau de 85 dB et se ter
minait brusquement ; le deuxième son durait 20 ms et apparaissait après
un intervalle de 40 ms. Tandis qu'avec la coupure graduelle, tout se
passe comme dans la 4e expérience (indépendance avec la durée du
premier son à l'exception d'un petit crochet vers 100 ms), avec la cou
pure brusque le seuil passe progressivement de 5 dB environ avec une
durée du premier son d'une milliseconde, à un niveau de 30 dB pour une de 1 000 ms ; au delà de 100 ms, les résultats se confondent, que
la coupure du premier son soit brusque ou non.
Dans une 6e série d'expériences, les auteurs reprennent les derniers
essais, mais cette fois avec une bande étroite de bruit blanc centrée
sur 1 000 Hz et sans coupure brusque. Les résultats sont les mêmes
qu'avec le son de 1 000 Hz coupé brusquement. Ceci démontre bien le
rôle des transitoires.
R. Cho.
TRITTIPOE (W. J.). — Residual effects of low noise levels on the
temporary threshold shift (Effets résiduels de bas niveaux de bruit
sur V augmentation temporaire du seuil). — J. acoust. Soc. Amer.,
1958, 30, 1017-1019.
La récupération de l'augmentation temporaire du seuil (c'est-à-dire
la fatigue auditive après un son ou un bruit intense) a été suivie à
l'audiométrie continue (audiomètre de Békésy).
Les sujets utilisés furent des sujets entraînés ; les oreilles étaient
examinées séparément.
Un bruit à spectre continu était donné à 118 dB pendant 3 mn ;
il était précédé, ou non, d'un même bruit pendant 15 mn ; ce dernier,
quand il était présent, pouvait varier de 48 à 88 dB.
Comme contrôle, le bruit a été donné pendant 18 mn à 88 dB,
sans apparition d'un niveau de 118 dB. Or, ce contrôle a montré que la
plupart des sujets avaient récupéré au bout de 3 mn ; au bout de 4,5 mn,
tous les sujets ont récupéré. Dans l'augmentation temporaire mesurée,
il n'y a donc plus trace de l'effet du bruit antérieur.
Les résultats montrent que la présence du bruit antérieurement à la
période où il atteint 118 dB a pour effet d'augmenter encore la fatigue,
et l'effet en est encore visible au bout de 10 mn. Cet effet est d'autant
plus important que le bruit préexistant est plus intense. Les différences
sont significatives, sauf pour le niveau de préexposition le plus faible ;
cependant, même dans ce cas, l'action est très nette chez quelques sujets
pris isolément.
R. Cho, 482 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
MISRAHY (G. A.), ARNOLD (J. E.), MUNDIE (J. R.), SHINA-
BARGER (E. W.), GARWOOD (V. P.). — Genesis of endolymphatie
hypoxia following acoustic trauma (Apparition d'une hypoxie endo-
lymphatique à la suite de traumas acoustiques). — - J. acoust. Soc.
Amer., 1958, 30, 1082-1088.
L'hypoxie endolymphatique a été envisagée comme un des facteurs
de l'augmentation temporaire du seuil après un stimulus intense (c'est-à-
dire de la fatigue auditive).
Les auteurs ont d'abord examiné le système circulatoire de l'abajoue
du Hamster, après exposition directe à un son pur de très forte intensité.
L'abajoue était étalée et solidement attachée ; un son de 50 à 2 000 Hz
(le plus souvent 1 000 Hz) était dirigé sur elle au moyen d'un tube
pendant 30 s. Les vaisseaux sanguins et la circulation furent examinés
au microscope.
Avec un seul éclat de son à 150 dB, en quelques secondes, de la
vasodilatation apparaît, et la circulation sanguine augmente. Si le
son est encore plus intense, des globules blancs se collent le long des
vaisseaux et restent collés pendant des heures, de la diapédèse apparaît,
des concentrations de globules blancs arrivent à obstruer partiellement
ou totalement les artérioles et les capillaires ; la paroi des vaisseaux
s'épaissit, des spasmes généralisés ou locaux apparaissent dans les
artérioles avec stase de la circulation, rupture des artérioles et des
veinules, et hémorragie.
Ces accidents n'apparaissent que si l'abajoue est tendue ; d'autre
part, les basses fréquences semblent plus actives que les fréquences
élevées. De 150 à 160 dB, la stase dure un temps court et reste relat
ivement limitée ; de 160 à 165 dB, la stase est complète.
La récupération complète reste possible tant que le son n'atteint
pas 160 dB ; au delà de 170 dB, il n'y a presque plus de récupération
possible.
Les auteurs ont étudié également, sur le Ghat chronique non anes-
thésié et respirant un mélange d'air et d'hydrogène, les changements du
potentiel continu au niveau du cortex sous l'effet d'un bruit blanc-
On sait que la vitesse à laquelle un gaz inerte atteint un équilibre dans
un tissu est fonction de la circulation et que le potentiel électrique d'une
électrode de platine platinée est proportionnel à la concentration
d'hydrogène. Les auteurs ont alors introduit des électrodes de platine
platinées dans les cortex auditif et visuel droit et gauche, ainsi que dans
le cortex sensori-moteur.
Au fur et à mesure que l'animal respire de l'hydrogène, le potentiel
continu passe progressivement de + 150 mV par rapport à l'électrode
indifférenciée en argent, jusqu'à un plateau à -— 350 mV ; si l'animal
est soumis à un bruit en même temps qu'il respire de l'hydrogène, le
potentiel continu croît plus vite et atteint plus rapidement un plateau
dans le cortex auditif ; rien de tel ne se produit dans les autres cortex.
JUes auteurs ont enfin étudié la vitesse de diffusion de l'hydrogène. PSYCHOPHYSIOLOGIE DES SENSATIONS 483
dans la rampe cochléaire du Cobaye avant et après exposition à des
sons purs. Les cobayes respiraient un mélange d'air et d'hydrogène au
moyen d'une sonde trachéale. Les potentiels étaient mesurés au moyen
d'une électrode de platine platinée et d'une électrode métallique indiffé
renciée, placées toutes deux dans la rampe cochléaire du premier tour
de la cochlée. La vitesse de diffusion de l'hydrogène se trouve aug
mentée après action d'un son, surtout si l'animal a été hyperventilé.
Il est évidemment difficile de comparer des résultats obtenus sur des
animaux différents. Cependant, d'après les auteurs, il résulterait que le
son a :
1) Un effet direct sur les vaisseaux sanguins de la cochlée, avec spasmes,
stases, hémorragies, etc., et peut-être parfois, diminution de la
perméabilité de la strie vasculaire ;
2) Une action indirecte, par augmentation du métabolisme de l'oxygène,
augmentation de la tension de CO2 et donc de la circulation, et
peut-être augmentation de la perméabilité de la strie vasculaire.
Il serait bon, à mon avis, de savoir, avant de se prononcer définit
ivement sur cette question, s'il s'agit d'un effet du son en tant que tel,
ou seulement d'effets dus à une réaction d'alarme, de surprise, de
« stress ».
R. Cho.
GRIFFIN (D. R.), GRINNELL (A. D.). — Ability of Bats to discr
iminate echoes from louder noise (Habileté des chauves-souris à dis
tinguer leurs échos de bruits plus intenses). — Science, 1958, 128,
145-147.
Dans une salle expérimentale, où doivent évoluer les chauves-souris
(5 individus d'une espèce de Plecotus), sont disposés en 4 rangées 28 fils
verticaux (de 0,28 à 1,54 mm).
Des mesures ont été faites de l'intensité sonore des échos, par les
divers fils des puises (1 ou 2 ms) de sons (de 25 à 40 kcps), et des nota
tions étaient faites de la proportion des cas où le heurt du fil était
évité, cela, en plein silence, ou avec un bruit blanc de 80 à 90 dB
transmis par un haut-parleur et comprenant les fréquences des cris.
La comparaison montre que la distinction est parfaitement faite quand
les fils réfléchissent en écho 57 dB (1,54 mm), le bruit n'exerçant alors
aucune perturbation ; avec des fils (0,46 à 0,54 mm) réfléchissant 32
à 35 dB, la gêne n'est que minime et devient très nette lorsque l'écho se
limite à 24 ou 27 dB (0,28 mm).
H. P.
JERISON (H. J.). — Effects of noise on human performance (Effets
du bruit sur les performances humaines). — J. appl. Psychol., 1959,
43, 96-101.
Jerison décrit trois expériences, mettant en évidence l'effet des,
bruits.

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