Audition, par R. Chocholle, J.-P. Legouix - compte-rendu ; n°1 ; vol.57, pg 167-180

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L'année psychologique - Année 1957 - Volume 57 - Numéro 1 - Pages 167-180
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Publié le : mardi 1 janvier 1957
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R. Chocholle
J.-P. Legouix
3° Audition, par R. Chocholle, J.-P. Legouix
In: L'année psychologique. 1957 vol. 57, n°1. pp. 167-180.
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Chocholle R., Legouix J.-P. 3° Audition, par R. Chocholle, J.-P. Legouix. In: L'année psychologique. 1957 vol. 57, n°1. pp. 167-
180.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1957_num_57_1_26592PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 167
CLAUSEN (J.). — Visual sensations (phosphenes) produced by AC sine
Wave stimulation (Sensations visuelles. Phosphenes, produits par
stimulation en courant alternatif sinusoïdal). — In-8° de 101 p.,
Ejnar Munksgaerd, Copenhague, 1955.
Cette monographie (thèse américaine) a comme sujet une étude
intégrale des phosphenes dus à la stimulation en courant alternatif
sinusoïdal. Le critère est bien la sensation papillotante et non pas la
sensation lumineuse tout court.
On confirme les observations suivantes faites par d'autres auteurs,
en se basant sur les mesures obtenues avec 3 à 7 sujets :
Le phosphène périphérique présente un seuil croissant entre 20
et 70 hz ; à 35 hz, la pente de la courbe seuil-fréquence de stimulation
varie assez brusquement. Le phosphène fovéo-périfovéal accuse la même
allure, quelle que soit la couleur du fond éclairé que fixe le sujet pendant
l'expérience. Les seuils sont plus bas en vision périphérique, et somme
toute, les différences, objectives et subjectives, entre les deux types de
phosphenes sont bien plus prononcées que celles qui résultent de la
variation du niveau d'adaptation pour l'un ou l'autre type.
Dans le phosphène périphérique, l'augmentation des niveaux d'adapt
ation fait monter le seuil quand la fréquence de stimulation est comprise
entre 5 et 20 hz, mais, au contraire, le fait baisser aux fréquences allant
de 20 à 70 hz. Après adaptation à la lumière, le début de l'adaptation à
l'obscurité se manifeste par une baisse du seuil du phosphène, suivi par
une hausse et le seuil se stabilise après environ 15 mn de séjour dans
l'obscurité. Ce seuil est supérieur au seuil en adaptation à la lumière.
Voici quelques-unes des observations qualifiées nouvelles de l'auteur
(pourtant partiellement faites par Motokawa et son école).
On peut indiquer la fréquence subjective de papillotement lorsque
la fréquence de stimulation est comprise entre 5 et 10 hz. De 10 à 20 hz,
les réponses sont moins aisées et au-dessus, elles sont peu sûres. Jus
qu'à 25 hz, la fréquence perçue est identique pour le phosphène et le
papillotement lumineux. Aux fréquences plus élevées, le phosphène
papillote plus lentement que la lumière intermittente.
En vision périphérique et en adaptation à la lumière, l'auteur trouve
un minimum du seuil à 35 hz, s'ajoutant au minimum à 20 hz bien
connu. En adaptation à l'obscurité, un minimum à 6 hz se manifeste.
E. B.
3° Audition
WEVER (E. G.), VERNON (J. A). — The sensitivity of the Turtle's
ear as shown by its electrical potentials (La sensibilité de Voreille
de Tortue mesurée par les potentiels électriques ). — Proc. Nat. Acad.
Sei., 1956, 42, pp. 213-220.
Quelques travaux ont déjà été consacrés à l'étude du fonctionnement
de l'oreille de Tortue. Très peu ont utilisé les méthodes électrophysiologi
ques : Foa et Peroni (1930), Wever et Bray (1931), Adrian, Craik et Sturdy. 168 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Les différents résultats obtenus ont montré que l'oreille de Tortue
répond aux sons graves. En dépit de ces résultats, de nombreux herpéto-
logistes pensent que les tortues sont sourdes et que leur oreille ne
représente que les vestiges d'un organe fonctionnel.
Ce travail présenté par Wever et Vernon a consisté à étudier d'une
façon détaillée les potentiels auditifs présentés par des Tortues de diffé
rentes espèces appartenant à la famille des Emydiadae1.
Les potentiels auditifs chez la Tortue sont très faibles et il est néces
saire d'éviter les artefacts, principalement l'action directe du son sur les
appareils et le microphonique des tissus. Des précautions spéciales ont
été prises dans ce but.
Les sons de fréquences élevées, au-dessus de 3 000 hz, se sont montrés
traumatisants. Il était donc nécessaire de tester constamment l'oreille
après l'application des sons de fréquences élevées.
L'influence de l'état physiologique de l'animal chez les Reptiles et
de la circulation avait été indiquée comme peu importante au cours des
travaux antérieurs.
Ce présent travail indique, contrairement à ces résultats, une influence
très nette.
La mort de l'animal, de même que la section du cou, entraîne une
chute de potentiel. Il est donc nécessaire de maintenir l'animal en bonne
condition.
La sensibilité paraît uniforme pour les sons graves jusqu'à 500 et
700 hz, et diminue pour les fréquences plus élevées. Elle paraît plus
grande lorsque l'électrode est placée dorsalement, vraisemblablement
par suite d'un meilleur contact.
La réponse était encore meilleure avec l'électrode placée sur la
fenêtre ronde (5 db). Ce fait suggère que les cellules actives sont placées
à la partie inférieure du labyrinthe.
Il est intéressant de comparer les potentiels cochléaires du Chat à
ceux obtenus sur la Tortue. La sensibilité paraît la même pour les
fréquences basses. La principale différence semble être l'étendue de
l'échelle d'intensité tolerable par l'oreille qui est très réduite chez la
Tortue (20 db) (la réponse n'est plus linéaire au-dessus de 1 fxV).
En général, le potentiel maximum montre une diminution lorsque la
fréquence s'accroît. La valeur de ce maximum atteint 8 [xV aux basses
fréquences et 1 [xV aux fréquences élevées.
Cette faiblesse relative des potentiels semble, pour les auteurs,
être reliée au petit nombre de cellules sensorielles présentes chez les
Reptiles.
J.-P. L.
1. Des données précises relatives à l'anatomie de l'oreille de la Tortue et
son fonctionnement sont données dans un autre article du même auteur
(Proc. Nat. Acad. Sei, Amer., 1956, 42, 292-299). PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 169
HERNANDEZ-PÉON (R), SCHERRER (H.), JOUVET (M.). —
Modification of electric activity in cochlear nucleus during « atten
tion » in unanesthetized cats (Modification de l'activité électrique du
noyau cochléaire pendant V attention chez le Chat non anesthésié ) . —
Science, 1956, 123, 331-332.
Le travail présenté par les auteurs consiste à vérifier s'il n'existe pas,
comme pour d'autres récepteurs sensoriels, un mécanisme central
contrôlant les influx afférents parcourant les voies auditives. Des travaux
récents ont déjà fait entrevoir l'existence d'un système inhibiteur situé
dans la formation réticulée du tronc cérébral. La stimulation de cette
région produit en effet une inhibition des influx afférents des principales
voies somatiques. Le blocage se produit entre le 1er et 2e neurone. Au
contraire, durant l'anesthésie, les potentiels afférents provoqués sont
augmentés au niveau du 1er neurone.
Ces faits suggèrent la possibilité que ce système inhibiteur puisse
fonctionner pendant l'attention et filtrer en quelque sorte les messages
sensoriels.
La technique utilisée consistait à insérer des électrodes bipolaires
en acier inoxydable dans le noyau cochléaire dorsal du Chat, au moyen
d'un appareil stéréotaxique. Une semaine après l'opération, l'animal
était soumis aux tests.
La stimulation du noyau cochléaire était produite par des clics
sonores.
L'attention de l'animal était provoquée par des stimulations visuelles,
olfactives ou somatiques.
La stimulation visuelle (souris présentées dans un bocal) réduisant
l'amplitude des potentiels du noyau cochléaire, et la stimulation olfactive
produite par des odeurs de poisson entraînaient un blocage complet des
potentiels. Le blocage était parfaitement réversible.
Le même phénomène était obtenu au moyen d'un stimulus nociceptif.
Les voies parcourues par les influx inhibiteurs ne sont pas connues.
Il est probable que la formation réticulée mésencéphalique soit intéressée.
Les auteurs soulignent que ces mécanismes semblent devoir jouer un
rôle dans la « sélection » des influx sensoriels afférents.
J.-P. L.
KÖHLER (W.), NEFF (W. D.), WEGENER (J.). — Currents of
the auditory cortex in the cat (Potentiels du cortex auditif chez le
Chat). — J. cell. comp. Physiol., 1955, 45, sup. I, 1-24.
Des expériences antérieures de Köhler et Held ont montré qu'une
variation lente, continue, de potentiel, pouvait être enregistrée sur la
surface de la tête de sujets humains normaux, au cours d'une stimulation
visuelle.
Köhler, Neff et Wegener ont repris les expériences sur le Chat
légèrement anesthésié, et utilisèrent des stimuli auditifs. L'électrode 170 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
active était posée sur la peau de la tête, le crâne normal ou aminci, la
dure-mère ou la pie-mère.
La variation lente est, dans tous les cas, surface négative par rapport
à l'électrode indifférente. Elle apparaît à toutes les fréquences, des plus
graves aux plus aiguës, et semble indépendante de la fréquence, que le
son soit continu ou non (sonnerie de réveil, sifflet). La différence de
potentiel est de 100 à 200 \iV en général, mais elle peut parfois
être plus importante. On obtient cette réponse dans toutes les positions
de l'électrode, sauf si celle-ci est posée sur la tête du Chat (à l'inverse de
ce qu'on obtient chez l'Homme).
Les réponses peuvent être obtenues sur toute l'aire auditive, tout
autour du gyrus ectosylvien ; mais aucune variation continue n'apparaît
au niveau du gyrus suprasylvien ou de l'aire visuelle.
La déflexion de potentiel varie d'un enregistrement à un autre. Elle
peut apparaître brusquement, ou graduellement, ou même avec une
certaine latence ; elle reste ensuite plus ou moins constante, ou décroît
progressivement ; elle peut disparaître brusquement ou graduellement,
avant, au moment ou postérieurement à la cessation du stimulus. Si la
réponse a été réduite, cette réduction peut se maintenir plusieurs dizaines
de secondes après la cessation du stimulus.
Le rythme spontané de l'aire auditive, parfois très intense en l'ab
sence de son, peut se régulariser, voir croître son amplitude ; il n'est
jamais réduit.
Cette variation lente de potentiel n'est pas due au mouvement des
yeux : on sait que le mouvement des yeux engendre une variation de
potentiel dans les yeux, qui se propage à toute la tête ; or, quand on
enlève les yeux à des Chats qui ont une forte variation de potentiel
continu, les réponses ne sont pas changées.
Les auteurs pensent qu'une des causes de ces phénomènes pourrait
être la diffusion d'un anélectrotonus à partir d'une source plus ou moins
éloignée de l'électrode.
R. Cho.
TUNTURI (A. R). — Masking of cortical responses in middle ecto-
sylvian auditory area Of the dog (Masquage des réponses corticales
du gyrus ectosylvien moyen chez le Chien). — Amer. J. Physiol., 1956,
184, 321-328.
L'auteur présente une étude du masque des réponses de l'aire
corticale auditive du Chien aux stimuli sonores.
Les animaux étaient anesthésiés au pentotal. Les potentiels corticaux
sont enregistrés au moyen d'électrodes en acier inoxydable en contact
avec la surface de l'aire ectosylvienne moyenne. Elles étaient déplacées
selon des coordonnées rectangulaires. Chacune de ces électrodes était
reliée à une voie d'amplification différente et à un oscillographe. Une
électrode de référence constituée par un morceau de coton humide était
commune à l'ensemble des 10 amplificateurs. Les signaux acoustiques PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 171
étaient produits, soit par le début de son pur ou des pips, les sons
masquants par un générateur sinusoïdal ou bien un générateur de bruit
blanc (thermoionique).
L'effet de masque des sons purs sur les réponses corticales était mis
en évidence de façon très nette en utilisant la technique de strychni-
sation. La strychnine était appliquée au moyen d'un morceau de papier
filtre imprégné de sulfate de strychnine. Un spike provoqué était obtenu
par exemple au moment de l'établissement d'un son pur de 4 khz
à 18,3 db (au-dessus de 10~16 W). En même temps, un son continu
(masquant) était présenté à la même oreille. La courbe représentant
l'intensité minimum du son continu pour que se produise l'effet de
masque, en fonction de sa fréquence, délimite deux régions sur le gra
phique. Au-dessus de la courbe, le masque se produit, en dessous il ne
se produit pas. Cette courbe montre une asymétrie. Le masque se pour des intensités plus basses pour les sons de fréquence
inférieure à 4 khz.
La courbe reste identique pour tous les points du gyrus ectosylvien.
Dans tous les cas, on observe un seuil de masque beaucoup plus bas
lorsque la fréquence du son masquant est plus proche de la fréquence
du son stimulant. La gamme de fréquence masquée se rétrécit lorsque
l'électrode est déplacée vers la région des hautes fréquences.
Plusieurs points importants ont été observés.
Le masque de la réponse corticale ne se produit que si le son stimulant
et le son masquant sont présentés à la même oreille. Si le son
était présenté à l'oreille gauche et le son masquant à l'oreille droite, le
masque ne se produirait qu'au-dessus de 50 db (vraisemblablement par
conduction osseuse transcrânienne).
A l'opposé, lorsqu'un son stimulant constitué par un pip était pré
senté à l'oreille gauche, et ensuite, un deuxième à l'oreille droite avec un
certain délai, on pouvait mettre en évidence une période réfractaire.
Un rapport entre l'intensité de masque du son masquant et l'intensité
du son masqué, apparaît sur la courbe. L'intensité de ces deux sons est
identique lorsque leurs fréquences sont très proches. Ce rapport est
modifié quand la différence des fréquences change.
Lorsque cette est constante, on constate que le seuil
d'intensité du son masquant est une fonction linéaire de l'intensité du
son stimulant.
Les réponses corticales déterminées par la stimulation de la cochlée
au moyen d'un choc électrique peuvent être également masquées par un
son pur.
Dans la discussion des résultats de ce travail, l'auteur souligne
l'étroitesse de la gamme de fréquence des courbes de masquage. Celui-ci
traduit une grande sélectivité aux fréquences le long des voies auditives.
Cette sélectivité ne semble pas exister au niveau de la cochlée. La
membrane basilaire, selon Bekesy, ne présente pas de résonance étroite.
D'autre part, Tasaki a observé sur les réponses de fibres uniques du ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 172
nerf acoustique une sélectivité seulement pour les hautes fréquences.
Une sélectivité plus grande semble exister au niveau du noyau
cochléaire (Galambos, Davis). C'est à ce niveau que les fibres semblent
se spécialiser pour certaines fréquences.
Cette spécialisation des fibres semble devoir rendre compte de
l'aspect sélectif des courbes de masque. Cependant, l'auteur soulève la
question de l'existence d'effets inhibiteurs sélectifs au niveau du noyau
cochléaire.
Galambos et Davis ont en effet suggéré que le mécanisme du masque
pouvait résulter vraisemblablement de l'excitation de certaines fibres
par le son masquant, qui agirait en inhibant des fibres voisines. L'origine
nerveuse du masque est confirmée également par le fait que les réponses
corticales à des excitations électriques de la cochlée peuvent être
masquées.
Le fait que l'application du son masquant est inefficace dans l'oreille
contralatérale, amène à penser que les voies intéressées par le phénomène
de masque et les voies parcourues par la décharge déterminée par le son
stimulant sont différentes pour les deux oreilles. Cependant, deux stimuli
présentés aux deux oreilles avec un certain délai, mettent en évidence
une période réfractaire. On doit donc conclure qu'il existe une voie
commune pour les deux oreilles jusqu'au cortex d'un même côté.
Le fait que le masque ne se produit que pour l'oreille du même côté
oblige à considérer que les voies intéressées par ce phénomène sont à un
niveau en dessous de la voie commune parcourue par la décharge.
Galambos a signalé en effet, l'existence d'un masquage au niveau
des noyaux cochléaires. Rappelons que sur les sujets humains, on ne
constate pas de masquage contralatéral.
La largeur critique de la gamme de fréquence pour les sons masqués
par des bruits s'est alors révélée être approximativement semblable à
celle observée chez les sujets humains. Cependant, il existe des variations
probablement dues à des variations « explosives » du bruit thermique
utilisé pour le masquage.
J.-P. L.
GERSUNI (G. V.). — Sur quelques nouvelles méthodes de mesure
de l'audition chez l'Homme et résultats obtenus au moyen de ces
méthodes. — Akust. Dj., 1956, 2, 137-141.
Au cours de ces dernières années, Gersuni et ses collaborateurs ont
utilisé la méthode des réflexes conditionnés à l'étude de l'audition chez
l'Homme : conditionnement de la réponse électrodermale, du clignot
ement de la réponse électrocorticale, du réflexe oculomoteur, du réflexe
pupillaire.
La méthode des stimuli constants fut utilisée, et la valeur aux 50 % de
réponses positives prise comme seuil.
Ils firent la comparaison avec les réponses obtenues sur les mêmes
§ujets a.u moyen des méthodes psychophysiologiques habituelles, c'est-à- PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 173
dire obtenues au moyen d'un conditionnement verbal. La concordance
des résultats est excellente.
Sur l'exemple du réflexe conditionné de clignotement, Gersuni
montre que le seuil absolu s'abaisse au fur et à mesure de l'élaboration
de ce réflexe conditionné. Aux premiers stades de cette élaboration, le
seuil est notablement plus élevé que celui obtenu au moyen de réponses
verbales sur les mêmes sujets ; au bout d'un certain temps d'élaboration,
le seuil apparaît comme du même ordre de grandeur ; enfin, au bout d'un
temps d'élaboration suffisamment long, le seuil est de quelques décibels
plus faible.
En règle générale, le seuil absolu obtenu au moyen d'un réflexe
conditionné suffisamment élaboré est de 1 à 6 db plus faible que le seuil
obtenu par les méthodes habituelles. Gersuni le montre encore sur un
exemple, celui du réflexe électrodermal.
La concordance est excellente également entre les résultats obtenus
sur les seuils différentiels à la fréquence ou à l'intensité par les méthodes
ordinaires et par les méthodes de conditionnement (le clignotement
conditionné sert d'exemple dans ce travail).
L'intérêt de ces nouvelles méthodes est considérable : en effet, tout
d'abord, elles apportent tout un choix de nouvelles méthodes ; elles
permettent de faire des mesures chez l'enfant, ce qui est important aux
premiers âges ; elles peuvent servir chez l'adulte à dépister les désordres
de l'audition au niveau du cortex et dans les expertises.
Cependant, à l'examen des résultats une question se pose : le pro
cessus de différenciation des caractères du son dépend-il du processus
d'élaboration de la réaction au son, ou l'apparition de la réaction
n'est-elle seulement qu'un indicateur d'un processus de différenciation
se produisant au niveau du système nerveux ?
En effet, d'après Pavlov, les processus de différenciation des carac
tères d'une stimulation externe doivent se préciser au cours de l'élabo
ration des réflexes conditionnés, car le stimulus devient alors un signal de
réactions bien définies, c'est-à-dire un biologiquement important.
Dans le Laboratoire de Gersuni, fut utilisé comme indicateur des
processus de différenciation, l'effet de l'influence d'un stimulus acous
tique donné sur les caractéristiques d'une réaction conditionnée, élaborée
sur un stimulus acoustique tout différent ; dans un cas, le stimulus
acoustique est le signal de réactions bien définies, dans l'autre cas, il
prend la valeur d'un stimulus indifférent ; on se trouve ainsi dans une
situation différente des situations habituelles en Psychophysiologie,
car l'attention n'est absolument pas portée sur le stimulus.
On peut ainsi chercher l'intensité minimum à donner à un stimulus
acoustique auquel l'individu n'a pas été conditionné pour qu'il fournisse
la réaction, la variation d'intensité ou de fréquence nécessaire, etc.
Gersuni donne quelques valeurs qui montrent qu'un stimulus acoustique
indifférent nécessite un niveau beaucoup plus grand (de 2,5 db plus élevé)
que lorsqu'il est le signal de réactions conditionnées ; il montre qu'il en 174 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
est de même pour la variation de fréquence ou la variation d'intensité.
Ainsi, la différenciation par le sujet des caractères du son dépend
des réactions conditionnées à ce son antérieurement. La réaction condi
tionnée originellement est ainsi, non seulement un indicateur des pro
cessus de différenciation, mais aussi un facteur agissant sur les processus
de différenciation postérieurs, et ceci par l'intermédiaire des mécanismes
centraux, qui agissent comme des systèmes de contre-réaction.
Les réactions conditionnées créées sur le stimulus acoustique doivent
amener un affinement de la différenciation, du fait même qu'on crée une
réaction conditionnée à ce stimulus.
Or, comme le fait remarquer Gersuni, l'effet des mécanismes centraux
est oublié dans toutes les théories actuelles de l'audition, qui essaient
d'expliquer comment, à la suite de l'analyse des sons dans la cochlée,
se fait la différenciation de notre sensation et son affinement.
R. Gho.
KLUMPP (R. G.), EADY (H. R.). — Some measurements of inter-
aural time difference thresholds (Quelques mesures des seuils de diffé
rence interaurale de temps). — J. acoust. Soc. Amer., 1956, 28,
859-860. — ZWISLOGKI (J.), FELDMAN (R. S.). — Just noticeable
differences in dichotic phase (Différences de phase dichotique juste
perceptible). — J. acoust. Soc. Amer., 1956, 28, 860-864.
Klumpp et Eady utilisèrent des décalages variables de signaux entre
les écouteurs droit et gauche.
Ils offraient aux sujets une première paire de stimuli sans différence
de phase entre les deux oreilles ; puis, après un intervalle de temps
de 2 s, une 2e paire était offerte, mais dans cette paire le stimulus gauche
était en avance, la différence variant au hasard. Le sujet indiquait s'il
sentait ou non une avance à gauche. La durée des stimuli était de 2 s,
avec un établissement de 0,3 s, et un déclin de 0,3 s; l'intensité des
stimuli de chaque paire était identique.
Le seuil était pris aux 75 % de réponses correctes ; à 1 000 hz et 65 db,
le seuil est de 11 [xs, et de 9 (xs, c'est-à-dire pratiquement identique, pour
une bande de bruit de 60 à 80 db, centrée sur cette même fréquence ;
le seuil est de 11 [is pour un clic de durée égale à 1 ms.
Aux fréquences graves comme aux fréquences aiguës, le temps
s'accroît de 75 (xs à 90 hz, 24 \is à 1 300 hz ; au-dessus de 1 300 hz, les
sujets furent incapables de détecter une différence pour les sons purs ;
mais ils ont pu encore des différences mesurables pour des
bandes de bruit centrées sur 3 000 hz. Mais il serait intéressant de
demander aux auteurs quelle était l'atténuation apportée par leurs
filtres car si, sur un bruit dont le niveau est de 60 à 80 db, l'atténuation
apportée par le filtre n'est pas supérieure à cette valeur, le niveau
restant aux fréquences moyennes peut encore être suffisant pour être
responsable des résultats ; or, un filtre n'apporte habituellement que
30 db d'atténuation. PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 175
Zwislocki et Feldman ont utilisé des éclats de son d'une seconde,
ayant une montée et un déclin de 50 ras.
Dans la lre paire, les stimuli sont en même phase dans les deux
écouteurs ; dans la 2e paire, séparée de la lre par 1 ms, une légère diffé
rence de phase est introduite, variant au hasard. L'intensité des stimuli
de chaque paire était égale. Les sujets devaient indiquer si la 2e paire
apparaissait comme à droite ou à gauche de la lre. Le seuil était pris
aux 75 % de réponses correctes.
La différence de phase juste perceptible est de 2° 5 environ à 250-
500 hz et à une intensité moyenne. Cette différence s'accroît avec la
fréquence, elle atteint 10-11° à 1 300 hz ; elle n'est plus mesurable aux
fréquences supérieures. Elle est plus élevée aux intensités faibles, et
aux intensités élevées ; aux fréquences graves, il semble même y avoir
deux minima aux intensités moyennes.
Les résultats traduits en différence de durée apparaissent identiques
à ceux de Klumpp et Eady. Ils sont aussi analogues à ceux obtenus par
d'autres auteurs.
R. Gho.
STEVENS (S. S.). — The direct estimation of sensory magnitudes-
loudness (L'estimation directe des grandeurs sensorielles, la sonie). —
Amer. J. Psychol., 1956, 49, 1-25.
Dans cet article, Stevens donne une vue d'ensemble des travaux qu'il
a poursuivis ces dernières années sur les échelles de sensation dans le
domaine de l'Audition. Nous avons déjà eu l'occasion d'ailleurs, dans
Y Année psychologique, d'analyser en détail quelques-uns des articles
antérieurs à cette vue d'ensemble.
En se rapportant au dernier numéro de V Année psychologique, on
voit que Stevens est arrivé à la conclusion que l'intensité subjective (la
sonie) L, varie comme une puissance de l'énergie acoustique I, suivant
la formule :
L = H0-3
En effet, la meilleure courbe sur un graphique à doubles coordonnées
logarithmiques (sonie en valeurs logarithmiques, intensité en décibels)
est une droite, à condition de ne pas tenir compte des déviations aux
extrémités des courbes. Mais ces déviations peuvent fort bien être dues
aux difficultés rencontrées par les sujets, quand on s'éloigne par trop
de la valeur de référence choisie, ou de la valeur de départ ; il y aurait
surestimation ou sous-estimation suivant les cas, d'où résulterait une
variabilité plus grande des résultats et une répartition nettement
dissymétrique des réponses.
Dans le présent article, Stevens montre qu'on arrive aux mêmes
résultats avec différentes méthodes.
La méthode qu'il a principalement utilisée a été la suivante : on fait
entendre au sujet deux sons successifs, et, on lui demande de dire, en
supposant qu'il attribue une valeur x à la sonie du premier son, quelle

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