Caractère. Type. Corrélations psycho-physiologiques. Anormaux sensoriels. - compte-rendu ; n°1 ; vol.27, pg 392-404

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L'année psychologique - Année 1926 - Volume 27 - Numéro 1 - Pages 392-404
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1926
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a) Caractère. Type. Corrélations psycho-physiologiques.
Anormaux sensoriels.
In: L'année psychologique. 1926 vol. 27. pp. 392-404.
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a) Caractère. Type. Corrélations psycho-physiologiques. Anormaux sensoriels. In: L'année psychologique. 1926 vol. 27. pp.
392-404.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1926_num_27_1_6345392 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
4° Psychologie différentielle
a) Caractère. Type. Corrélations psycho-physiologiques.
Anormaux sensoriels
EMIL UTITZ. — Jahrbuch der Charakterologie. — Pan Verlag
Rolf Heise, Berlin, I, II, III u. IV Jahrgang, 1924, 1926, 1927.
Un des psychologues éminents de l'Allemagne moderne, Emil
Utitz, professeur à l'Université de Halle a fondé en 1924 une revue,
consacrée entièrement aux problèmes de caractérologie. Utitz pré
tend non sans raison que presque tout ce qui fut publié jusqu'à
présent sous le titre de caractérologie est d'un dilettantisme pur,
aussi n'est-il pas étonnant que le nom même de caractérologie soit
tombé dans le décri. Pourtant, la caractérologie est nécessaire à la
science, des problèmes de la plus grande importance tels que l'ind
ividualité, la personnalité, le caractère, exigent des recherches exactes.
La psychiatrie, la criminologie, l'histoire de la littérature, la péda
gogie ne peuvent pas se passer de la caractérologie et chacune de ces
sciences s'en occupe. La caractérologie comme science doit, en pre
mière ligne, tâcher de réunir tous les efforts particuliers de ces disci
plines diverses et Créer ainsi une unité systématique. La revue
d'Utitz a pour but essentiel de centraliser toutes les publications
ayant une valeur scientifique et touchant aux problèmes caractéro-
logiques. Ainsi nous rencontrons dans les trois volumes déjà parus
(vol. I, 1924, vol. II et III 1926 et IV 1927), les travaux les plus
divers, fournis par des psychologues, psychiatres, sociologues,
hommes de lettres. On peut diviser ces travaux en quelques groupes.
Ce sont d'abord les recherches d'ordre méthodologique. Il faut
signaler ici un travail très subtil d'un psychologue de Munich
A. Pfänder : « Grundprobleme der Charakterologie » (Les problèmes
fondamentaux de la caractérologie) vol. I ; H. Prinzhorn : « Wege zur
Charakterologie » (Les chemins vers la caractérologie) vol. II-III.
A ce groupe appartiennent aussi les travaux sur les systèmes carac-
térologiques, tel que ceux de H. Kern sur Carl Gustav Carus « Un
psychologue allemand de la moitié du xixe siècle dont on commence
à s'occuper maintenant en Allemagne » vol. II-III ou de Prinzhorn
« Sur la fondation d'une caractérologie pure par L. Klages » (Die
Begründung einer reinen Gharakterologie durch L. Klages) vol. IV.
Un second groupe de travaux s'occupe des relations du caractère
avec les manifestations de la vie les plus diverses, par exemple Utitz :
« La Caractérologie et la morale » (vol. IV) ; Katz : « La Caractérologie
et la psychologie animale », IV vol. ; H. Hoffmann : « L'investigation
du caractère et la science de l'hérédité » (Charakterforschung und
Vererbungslehre) IV v. ; P. Plaut : « Sociologie conçue comme
typologie » (Sociologie als Typologie), II-III v. ; L. Marcuse : « La
structure de la culture » (Die Struktur der Kultur), I vol.; R. Allers:
« Le caractère comme expression. Essai d'une caractérologie psycho
analytique et de psychologie individuelle » (Charakter als Ausdruck.
Ein Versuch über psychoanalytische und individualpsychologische PSYCHOLOGIE DIFFERENTIELLE 393
'Charakterologie) I vol. Un travail de Brentano : « Sur la prophétie »
{Ueber die Prophétie) II-III vol. et celui de J. Lindworsky : « L'impor
tance caractérologique des « Exercices de saint Loyola » (Die cha-
rakterologische Bedeutung der Exercitien des hlg. Ignatius von
Loyola) I vol. ; s'occupent du problème de caractérologie dans la rel
igion, F. Baumgarten dans : « Le caractère et la profession » (Cha
rakter u. Beruf) II-III vol. et « Traits caractérologiques dans la pro
fession de l'inspecteur d'assurance » (Charakterologisches im Berufe
•der Regulierungsbeamten) I v., montre le rôle du caractère dans la
vie professionnelle. Le problème de la personnalité est abordé dans
I s recherches de E. Everih : « L'individualité et l'histoire de la litt
érature » (Individualität und Geistesgeschichte), IV vol. ; de A. Kronf
eld : « Contribution à la psychologie phénoménologique et la psy
chopathologie de la volonté et des penchants » (Zur phänomenolo-
gischen Psychologie und Psychopathologie des Wollens und der
Triebe) IV vol. ; de Fr. K. Walter : « Les fondements matériels de la
personnalité spirituelle mentale » (Die materiellen .Grundlagen der
geistigen Persönlichkeit) I vol. ; de A. Lipschütz : « La sécrétion
interne et la personnalité » (Die innere Sekretion und die Persönl
ichkeit) II-III vol ; de K. Birnbaum : « Le problème de la personnalité
dans la psychiatrie » (Das Persönlichkeitsproblem in der Psychiatrie),
II-PJ vol., et Th. d" Erismann : « L'homme de foule » (Massenmensch)
IV V'La caractérologie psychopathologique se trouve dans une étude
du psjchiatre Gaupp : « De la création littéraire d'un aliéné » (Vom
dichterischen Schaffen eines Geisteskranken) II-III v., et celle de
G. Gesetyann : « Les fondements d'une caractérologie du poète russe
Gogol (Grundlagen einer Charakterologie Gogols) I v. et de K. Eilers :
« Hermam Loüs comme personnage et poète » (H. Lotis als Mensch
und Dichter) IV v. La caractérologie psychologique est traitée par
O. Kraus : <• Alexander Schweitzer. Zur Charakterologie der ethischen
Persönlichkeit und der philosophischen Mystik » (Contribution à la
■caractérologie d'une personnalité morale et d'une mystique philoso
phique) II-IIi v., par A. Lieben : « La personnalité spirituelle de
J. Kant » (I. Kants geistige Gestalt) II-III vol., par K. Hildebrandt :
« Le savant » (D>r Gelehrte) I vol. ; par K. Schneider:« L'homme im
pulsif et l'homnç raisonnable » (Der triebhafte und der bewusste
Mensch) I vol. et \ar A. Kronfeld : « L'homme positif » (Der Verstan
desmensch) I v. . La criminologie trouve des auteurs comme
R. Heindl : « La théorie du droit criminel et la pratique » (Strafrechts
theorie und Praxis) iy., et Ziehen : « Etudes caractérologiques sur les
criminels » (Charaktmologische Studien an Verbrehern) IV v., et
R. Heindl : « Le criming professionnel » (Der Berufsverbrecher) I vol.
II se trouve aussi une ritique de l'électrodiagnose dans l'article de
Fr. K. Walter : « De l'îectrodiagnose des aptitudes mentales » (la
Diagnoscopie) d'après Bisky. Un compte rendu critique (« Ueber die
Elektrodiagnose Seelischereigenschaften (Diagnoskopie) nachBissky
Eine Kritische Besprechung iv v.
Nous voyons la richesse -les sujets et la variété de points de
-vue traités dans ces trois volvnes. Les travaux ne sont pas réunis
par une idée commune ; cha<xn des auteurs exprime ses propres
opinions, quelquefois même c<itraires à celles de l'auteur suivant. 394 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
On reçoit ainsi l'impression d'un recueil dont les auteurs travaillent
l'un à côté de l'autre sans se soucier des résultats obtenus par chacun
d'eux. Mais c'est exprès qu' Utitz a donné une telle forme à son
Année. Il estime qu'il faut donner la pleine liberté de s'exprimer aux
auteurs des différents domaines et que ce n'est qu'avec le temps que
les problèmes mûriront et arriveront à former une unité, une
synthèse. Les volumes jusqu'à maintenant parus de Y Année carac-
térologique donnent ainsi un aperçu sur les diverses tendances des
psychologues, psychiatres, sociologues, jurisconsultes contemporains,,
attaquant chacun selon sa voie, indépendamment l'un de l'autre,,
l'énigme des caractères humains. Fr. B.-Tr.
EMIL UTITZ. — Charakterologie. — Pan Verlag Rolf Heise,.
Charlottenburg, 1925, VII-398 pages.
Pour initier les lecteurs de son Jahrbuch der Charakterologie, aux
problèmes de la caractérologie, Utitz publia un livre devant apport
er « un fondement théorétique d'une caractérologie générale ». Le
livre est divisé en 4 parties : 1. Les notions fondamentales. 2. Les
voies de l'investigation de la caractérologie. 3. Les directrices carac-
térologiques. 4. Les caractères.
Utitz définit la caractérologie comme la science du caractère Le
caractère est la personnalité vue sous l'angle de ses tendances,,
envisagées dans leur signification pour la personnalité. La carac
térologie n'est pas une discipline purement psychologique, mai» « une
discipline des recherches sur la personnalité », une science descriptive
non normative, une science qui ne s'occupe pas de la vJeur de
tel ou tel caractère, mais qui s'intéresse au problème : quelle signi-
fication possède tel trait considéré dans la structure dun carac
tère. La méthode de la caractérologie n'est pas l'a priori, elfe n'est pas
davantage empirique, mais se base sur ces deux principes à la fois..
Utitz nomme cette méthode « phänomenologische Wes«nschau. » II
veut donner d'ailleurs une large base à cette scierce du carac
tère et tâche de tenir compte de tout ce qui a et fait jusqu'à
maintenant dans ce vaste domaine. La seconde >artie du livre
(presque 1/3 du volume) est entièrement consacrée ^ux aperçus cr
itiques de presque tous les travaux surlaphysiogntfnie.phrénologie,
psychographie, psychologie différentielle, psychanalyse, psycho
technique, caractérologie psychiatrique. Les essfs de la caractéro
logie de Théophraste, Aristote, Kant, Simmel, et- sont spécialement
analysés. La méthode des tests, par laquelle Ffnald,par exemple, a
essayé d'examiner le caractère est soumise à u»e critique spirituelle.
Les tendances ne sont pas pour Utitz une iasse spéciale de phé
nomènes psychiques, mais toute la personr*hté dans une certaine
direction ; c'est pourquoi il tâche d'indiquer les directions, dans
lesquelles on doit considérer les caractè^s : c'est ce qu'il appelle
« charakterologische Rechtungsbestimipheit ». Elles forment la
IIIe partie du livre. Il y parle d'une se/le et de plusieurs« dimen
sions» du caractère, discerne des directions formelles (dynamique,,
rythme, intensité, spontanéité, activit«. passivité, nécessité, contin
gence, etc.) et les directions matérUles (penchants, volonté, sen
timents, intelligence, imagination, et-)- DIFFERENTIELLE 395» PSYCHOLOGIE
La IVe partie du livre contient une casuistique des caractères.
Dans la IIIe Utitz partait des traits particuliers du caractère
pour aboutir au caractère même. Ici, dans la quatrième, il part du
caractère pour arriver aux traits particuliers. Ainsi sa casuistique des
caractères contient plutôt des modèles ou des prototypes pour une
casuistique. Il divise les caractères en quatre groupes : le premier est
déterminé par des moments extra-caractérologiques, tels que la pro
fession, l'art, le crime, la morale ; le second par les directions ment
ionnées dans la IIIe partie : formelle, matérielle, tendant à un but;
le troisième par le milieu, dans lequel l'homme vit, ce sont les carac
tères d'une certaine époque, d'une certaine nation et culture. Le-
quatrième groupe contient les caractères endogènes et « prédestinés ».
Le livre d'Utitz est d'une grande valeur, car il tâche de circonscrire
le sujet, la méthode de la science du caractère, montre les problèmes-
centraux de cette science et crée un sys ème de la caractérologie qui
se base entièrement sur les travaux des auteurs de tous les domaines-
de la science. Il est d'une grande utilité pour les biologistes ainsi
que pour les psychiatres et psychologues. Fr. B.-Tr.
LÉON MAC-AULIFFE. — Les tempéraments.— In-16 de 291 p.
Paris, Gallimard, 1926. Prix : 13 fr. 50.
L'auteur, élève de Sigaud de Lyon, que ses études sur les maladies
de la digestion avaient conduit, par l'inspection abdominale, à la.
morphologie humaine, et devenu lui-même, en 1921, secrétaire génér
al de la Société d'étude des formes humaines, s'est p éoccupé de
développer et de populariser la division établie par son maître des
types humains en quatre catégories : le respiratoire, le digestif, le
musculaire et le cérébral.
En outre, faisant de ces types morphologiques de véritables
« tempéraments » ayant des caractéristiques physiologiques et ment
ales corrélatives de leur constitution anatomique, il utilise à de
multiples points de vue cette classification fondamentale.
Cependant tous les hommes n'appartiennent pas à des types
« francs ». Il existe des types à morphologie irrégulière : les types plats
(uniforme, ondulé, bossue, etc.) qui correspondraient à une variété
de gels protoplasmiques peu hydrophiles et élastiques ; les types
ronds, aux gels hydrophiles et résistants, et les types cubiques aux
gels intermédiaires (conception bien hardie, mais que l'on voudrait
voir davantage appuyée).
L'auteur ne laisse pas d'envisager d'ailleurs les classes de tempé
raments endocriniens, les divisions physiologiques (en sympathico-
toniques et parasympathico toniques, qui coïncideraient avec les
divisions en types plats et ronds), et psychologiques de Kretschmer
en schizoides (type plat) et cyclothymiques (type rond digestif).
En cette intéressante matière, on a l'impression que l'auteur
manque un peu de rigueur scientifique. H. P.
HANS FRIEDENTHAL. — Physiognomische Typen und Psychologie
(Types physio gnomiques et Psychologie). — Ps. und Med., I, 1926r
p. 142-156.
Les anciens connaissaient quatre tempéraments : le sanguin, le ■396 ANAXYSES BIBLIOGRAPHIQUES
flegmatique, le colérique et le mélancolique. Kretschmer, se fon
dant sur la structure du corps, a proposé les types asthénique,
athlétique et pyknique. Ottmar Rutz, qui a insisté sur le rôle de la
respiration, a distingué les types sphérique, parabolique, pyramidal
et polygonal. Nicolas Müller, plus psychologue, a préféré les types
spirituel, matériel et intellectuel. L'auteur propose le sensitif, le
représentatif et le conceptuel.
Il rattache ces trois types aux occupations primitives de l'human
ité : la vie pastorale a formé la sensibilité, l'agriculture a fait l'homme
doué du pouvoir représentatif, la chasse a préparé les intellectuels. Cet
argument sociologique est complété par un argument biologique :
les trois feuillets blastodermiques... I. M.
LAIGNEL-LAVASTINE. — Les facteurs endocriniens du caractère.
— Presse Médicale, 20 octobre 1926, N° 84, p. 1314-1315.
L'auteur rappelle avoir posé, dès 1914, le principe de 1' « endocrino-
diagnostic » des tempéraments, à la base de l'éthologie, science du
caractère. Il distingue les trois sortes de produits des glandes à
sécrétion interne : hormones (excitantes) comme l'adrénaline, chalones
(frénatrices) et hormozones (régulatrices).
L'hormone de la thyroïde (glande de l'émotion, a dit Brissaud)
agit sur le caractère : les hyperthyroïdiens sont inquiets et coléreux,
les hypothyroïdiens apathiques.
La chalone ovarienne empêche les poils du visage de pousser, son
absence se traduit par le caractère acariâtre.
L'hormozone hypophysaire est régulatrice du caractère, et les
troubles dans l'harmonie psychique à la puberté relèvent de sa
déficience.
Le caractère est lié à deux formes opposées du comportement,
l'une où les réactions musculaires striées l'emportent (types actifs),
l'autre où ce sont celles des muscles lisses (types émotifs). H. P.
W.-S. BROWN. — A note on the psychogalvanic reflex considered
in conjunction with estimates of character qualities (Le réflexe
psycho galvanique et son rapport avec les qualités du caractère). —
Br. J. of Ps., XVI, 2, 1925, p. 130-135.
B. a comparé l'intensité du réflexe psychogalvanique, chez les
enfants d'une école primaire de Londres avec leurs qualités intellec
tuelles et morales, appréciées par leurs maîtres. La corrélation est la
plus grande pour les qualités suivantes : désir d'exceller (0,32), rapi
dité de décision (0,25), bon sens, ténacité, activité physique, rapidité
d'appréhension (supérieure à 0,20). Pour l'intelligence, l'originalité,
la véracité, la bonne camaraderie, la bonne humeur, la corrélation
est faible (inférieure à 0,10). Ce seraient donc surtout les qualités
ayant quelque rapport avec la volonté qui présenteraient la plus
haute corrélation avec le réflexe psychogalvanique. Mais B. reconnaît
que son travail n'a pas un caractère définitif. G. P. PSYCHOLOGIE DIFFÉRENTIELLE 397
M.-F. WASHBURN {et ses élèves). — A comparaison of directed and
free recalls of pleasant and unpleasant experiences, as tests of
cheerful and depressed temperaments {Comparaison entre le rappel
dirigé ou libre d'expériences agréables ou désagréables comme test
de tempéraments gais ou déprimés). — A further study of revived
emotions as related to emotional and calm temperaments {Nouvelle
étude du rappel des émotions dans son rapport avec les tempéraments
calmes et émotifs). — Am. J. of Ps., XXXVIII, 2, 1926, p. 278-283
et 455-460.
Il s'agit de comparer deux méthodes : dans la première, le sujet,
en réponse à une série de mots qu'on lui présente, doit évoquer des
souvenirs tristes, et pour une autre série des souvenirs gais. On note
le temps nécessaire à l'évocation. Dans la seconde méthode, l'évocation
du souvenir émotionnel est libre, sans direction affective imposée ;
on note le nombre des souvenirs gais et tristes. Les sujets ont été
d'abord répartis en deux groupes suivant le tempérament qu'ils
s'attribuent eux-mêmes, ou que leur attribuent leurs amis. Il y a une
corrélation suffisante entre ces jugements et les deux tests, c'est-à-
dire qu'il y a par exemple une forte probabilité pour qu'une personne
triste soit plus lente à évoquer le souvenir gai que le souvenir triste
dans le rappel dirigé, et qu'elle évoque plus des seconds que des pre
miers dans l'évocation libre.
Si par la même méthode de jugements personnels corroborés par
ceux des camarades (la validité de ces jugements ne semble pas dou
teuse à l'auteur), on détermine les sujets émotifs et les sujets calmes,
on pourra éprouver la valeur de différents autres tests d'émotivité,
tels que la prédominance des émotions récentes dans le rappel ;
l'intensité (attribuée par le sujet lui-même à ce souvenir affectif) : la
réaction psycho galvanométrique au moment du rappel. D'autre part
on pourra chercher s'il y a corrélation de ces tests entre eux. Il résul
terait de ces expériences que la méthode galvanométrique aurait une
valeur, mais qu'on ne pourrait discerner les tempéraments d'après
les caractères du souvenir affectif. On a aussi cherché des corrélations
entre les résultats des tests de Downey et les classifications des tem
péraments par les jugements. L'auteur en tire des conclusions, qui
demeurent subordonnées à l'hypothèse que les tests de Downey sont
bien des mesures effectives de l'impulsivité motrice, de la suggesti-
bilité et de la coordination motrice, etc. P. G.
EDNA HEIDBRBDER. — Measuring introversion and extrover
sion {Mesure de Vintroversion et de V extroversion). — J. of Abn. Ps.,
XXI, 2, 1926, p. 120-134.
Max Freyd {Psych. Rev., 1924, 33, p. 74-87) a publié une liste de
54 traits caractéristiques de ce qu'il considère comme l'introversion
et leurs contraires qui peuvent servir à définir l'extroversion. L'au
teur de l'article s'est proposée :
1° D'établir les résultats obtenus à ces deux points de vue par
l'application de cette échelle à un groupe d'individus normaux ;
2° De déterminer la validité de l'échelle.
900 sujets se sont évalués eux-mêmes et ont évalué deux de leurs
camarades d'après cette liste. On a choisi au hasard les réponses. 398 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
-concernant 100 femmes et 100 hommes et on a été amené à un
certain nombre de conclusions :
a) II n'y a pas de distinction nette entre les introvertis et les extro-
vertis ; ils ne font que constituer les extrêmes d'une série mixte.
b) Cette échelle décèle une tendance centrale vers l'extroversion,
ce qui donne l'idée d'étudier dans d'autres groupes les valeurs corre
spondant à la normale, qui ne semble pas se trouver à un point exac
tement central entre les deux tendances.
c) Les individus ont globalement tendance à s'estimer plus intro
vertis que leurs associés ne les jugent.
d) II y a une corrélation de -f- 0,55 entre les estimations indivi
duelles et les estimations d'un associé, et de -f" 0.40 entre les estima
tions de deux associés sur une même personne.
e) L'échelle semble adaptée au but qu'elle se propose. M. L.
ROLAND C. TRAVIS. — The diagnosis of character types by visual
and auditory thresholds {Le diagnostic du caractère par les seuils
visuels et auditifs). — Ps. Mon., XXXVI, 2 (168), 1926, p. 18-37.
Se fondant sur les différences de type qu'on rencontre chez les
psychonévrosiques, considérés comme « extrovertis » (suggestibles,
émotionnables, expansifs) et les schizophrènes, dits « introvertis »
(négativistes, renfermés), l'auteur a examiné l'effet d'un état de
rêverie sur les seuils de sensibilité visuelle (éclat d'une plage blanche
apparaissant au-dessous d'un point de fixation rouge, et signalé par
le maniement d'une clef de Morse) et de sensibilité auditive (récep
teurs téléphoniques auxquels sont transmises les vibrations du dia
pason à travers une résistance variable).
Le sujet est laissé 40 minutes à l'obscurité, on détermine les seuils,
puis on l'invite au relâchement, pendant qu'un phonographe fait
entendre une chanson, on détermine encore les seuils, et, quelque
temps après, on recommence une troisième fois les déterminations.
Dans ces conditions — qui ne seraient pas très favorables à des
déterminations absolues bien satisfaisantes — sur 20 schizophrènes
(6 démences précoces simples, 6 à forme paranoïaque, 6 à forme
paranoide, 2 divers), 18 ont une augmentation du seuil auditif et
14 du seuil visuel pendant la rêverie (13 une élévation des deux
seuils) et sur 20 psychonévrosiques (11 hystériques, 3 neurasthéniques,
1 psychasthénique,5 divers), 17 manifestent un abaissement du seuil
visuel, 19 du seuil auditif, et 16 des deux seuils, durant la rêverie.
En envisageant les 4 cas : schizophrénie, psychonévrose, seuil
abaissé, seuil élevé, le calcul de corrélation fondé sur le coefficient de
contingence montre qu'il y a, entre psychonévrose et abaissement
et entre schizophrénie et élévation, un coefficient de 0,82 pour le
seuil auditif, de 0,72 pour le seuil visuel, et qu'ainsi la méthode a une
valeur prédictive.
Chez les normaux la réaction est variable et pourrait permettre de
déceler ainsi le type extroverti ou introverti. H. P.
WINIFRED RICHMOND. — The psychic ressemblances in identical
Twins [Les ressemblances psychiques chez les Jumeaux identiques).
— Am. J, of I., VI, 1, 1926, p. 161-174.
Après quelques considérations sur les jumeaux « vrais » ou « iden - PSYCHOLOGIE DIFFERENTIELLE 399
tiques » (provenant d'un œuf unique), l'auteur rapporte l'observation
■de deux sœurs jumelles qui, également atteintes de psychose, sont
entrées dans son service à l'hôpital Sainte-Elisabeth.
Mary et Martha, âgées de 43 ans, ont été séparées par leur mariage,
la première s'étant mariée à 19 ans, la seconde à 21 ; toutes deux
eurent des difficultés de ménage et divorcèrent ; elles présentèrent
des troubles mentaux à la même époque et durent être internées
à quelques jours d'intervalle.
L'examen physique, en dehors de la ressemblance du visage,
.montre une similitude étonnante ; la taille est la même à moins d'un
centimètre près, les dimensions des segments des membres et des
diamètres céphaliques sont sensiblement identiques, la pression
sanguine est la même, la fréquence du pouls (72) également. Les
empreintes digitales sont extraordinairement voisines sans permettre
cependant la confusion à l'analyse des services d'identification. Le
caractère, le vocabulaire employé, sont tout semblables. A l'examen
par la méthode Binet-Stanford, le niveau est le même, montrant une
débilité mentale nette, et les réussites ou échecs aux questions de
différents âges sont presque constamment les mêmes. La psycho-
pathie dut être précoce. Des manifestations hypocondriaques se
rencontrent chez l'une et l'autre. Etant donnée la vie séparée pendant
plus de 20 ans avec expériences différentes, de telles similitudes ont
le plus grand intérêt théorique. H. P.
HANS KOCH et FRIDTJOF MJOEN. — Die Erblichkeit der Musikal
ität (L'hérédité des aptitudes musicales). — Z. für Ps., XCIX, 1926,
p. 16-73.
Les auteurs ont repris les recherches de Haecker et Ziehen, dont
nous avons parlé ici [An. Ps., XXIII, p. 269, 1922), et ils ont essayé
de contrôler leurs résultats à l'aide d'une enquête de tout point semb
lable (315 questionnaires utilisés).
Les conclusions qu'ils croient pouvoir en dégager sont les suivantes :
1. Dans les unions discordantes au point de vue musical, les héré
dités positive et négative sont de même force (H. et Z. avaient noté
une prédominance de l'hérédité positive).
2. Dans les unions matropositives (mère musicienne),
il y a bien une légère prédominance de descendants mâles -f- + [par
ticulièrement doués au point de vue musical] (comme H. et Z. l'ont
signalé), mais elle est liée à ce que les mâles -f- [moyen
nement doués] sont un peu moins nombreux que les descendants
femelles -f-. La somme totale d'aptitudes positives paraît être la
même dans les deux sexes. L'action de l'éducation (relevée par
H. et Z. chez les filles) paraît négligeable aux auteurs.
3. Le talent musical marqué [+ +] est aussi répandu chez les
femmes que chez les hommes (H. et Z. avaient noté une prédomi
nance du sexe masculin).
4. L'hérédité musicale est trop complexe pour qu'on puisse la
formuler en termes des lois mendeliennes (comme H. et Z. l'ont pré
tendu). Si l'on y tient absolument, le mode qui l'exprimerait le mieux
.serait le mode Avena de H. et Z. [intermédiaire entre le mode Zea et 400 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
le mode en série continue des auteurs français], et non le mode Pisunv
(comme l'affirment H. et Z.).
5. La répartition des descendants d'unions concordantes positives
est, d'après la statistique des auteurs : 30 % -f- + et 50 % + (H. et Z.
ont trouvé 40 % + + et 40 % +).
6. L'hérédité -f- ou même -f- + dans les unions concordantes néga
tives (que les auteurs ont constaté tout comme H. et Z.) pourrait
s'expliquer par une dépréciation des aptitudes des ascendants dans
les cas où la tendance négative domine. Elle rentrerait d'ailleurs fac
ilement dans le cadre du mode Avena. I. M.
C. COX. — The Early Mental Traits of Three Hundred Geniuses (Les
caractères mentaux précoces de trois cents hommes de génie). — In-8
de 842 p. Stanford University Press, California, 1926.
C'est le second volume de la série d' « Etudes génétiques sur le
Génie » poursuivies sous la direction du professeur Terman à l'Uni
versité Stanford. Alors que le premier volume était consacré à l'étude
de mille enfants exceptionnellement doués, le problème maintenant
est inversé : il s'agit de déterminer dans quelle mesure les hommes
devenus célèbres par les dons de leur esprit ou de leur personnalité
ont manifesté une supériorité intellectuelle durant les années d'en
fance et de jeunesse.
Pour 300 hommes éminents (politiciens, philosophes, hommes de
science, poètes, peintres et musiciens) choisis d'après un travail
antérieur de Cattell, l'auteur a réuni des renseignements biogra
phiques relatifs à leur développement mental jusqu'à l'âge de 2*6 ans.
La précocité intellectuelle est exprimée en quotients d'intelligence
attribués séparément pour le développement allant de la première
enfance jusqu'à l'âge de 17 ans d'une part, et, d'autre part, pour le
rendement intellectuel qui apparaît entre 17 et 26 ans. Ce travail
d'appréciation, très délicat, sans doute, a été accompli presque en
totalité (282 cas) par trois psychologues très familiarisés avec les
tests Stanford-Binet et habitués à se rendre compte des différences
de comportement qui correspondent à des différences de quotients
d'intelligence. Terman lui-même, M. A. Merril, professeur-assistant
à l'Université Stanford, et l'auteur du livre, se sont appliqués à ne
baser leurs appréciations que sur les données biographiques relatives
à la jeunesse des hommes éminents, sans se laisser influencer par ce
que l'on savait de leurs productions ultérieures. Un effort a été fait
également pour déterminer le degré de confiance qu'on pouvait
attribuer à ces appréciations. Il oscille, semble-t-il, aux environs de
0,60. Les trois psychologues ayant travaillé indépendamment les uns
des autres, ont donné des résultats suffisamment concordants (inte
rcorrélations de l'ordre de 70).
Il apparaît que les hommes éminents ont fait preuve, pour la
plupart, d'une précocité intellectuelle considérable. Les quotients
attribués varient de 100 à 200, avec une moyenne de 135, et ils sont
en général plus élevés dans les cas où les renseignements biogra
phiques sont plus complets. Il est donc probable que, dans l'ensemble,
la précocité des grands hommes ait été encore plus marquée que les
données réunies ne permettent de s'en rendre compte.

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