Caractère. Type. Corrélations. Psycho-Physiologiques. Anormaux sensoriels - compte-rendu ; n°1 ; vol.32, pg 427-440

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L'année psychologique - Année 1931 - Volume 32 - Numéro 1 - Pages 427-440
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1931
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a) Caractère. Type. Corrélations. Psycho-Physiologiques.
Anormaux sensoriels
In: L'année psychologique. 1931 vol. 32. pp. 427-440.
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a) Caractère. Type. Corrélations. Psycho-Physiologiques. Anormaux sensoriels. In: L'année psychologique. 1931 vol. 32. pp.
427-440.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1931_num_32_1_5059DIFFÉRENTIELLE 427 PSYCHOLOGIE
Les vieillards ont manifesté une supériorité seulement en ce qui
concerne le test des synonymes et antonymes où domine la pratique
du vocabulaire.
D'une manière générale les différences d'âge sont restées faibles
par rapport aux différences individuelles ; l'infériorité est minime
en ce qui concerne l'exactitude (et négligeable dans les épreuves
en relation avec les spécialités, comme les tests numériques chez des
pb ysiciens) , et n'est réellement appréciahle qu'en ce qui concerne
la vitesse. H. P.
4° Psychologie différentielle
a) Caractère. Type. Corrélations psycho-physiologiques.
Anormaux sensoriels i1)
487. — W. BOVEN. — La Science du Caractère. Essai de Carac
térologie générale. — Tn-8° de 351 pages. Paris et Neuchâtel,
Delachaux et Niestlé, 1931. Prix : 40 francs.
Dans cet essai, dont l'auteur tient à signaler qu'il est incomplst
et provisoire, la « structure » du caractère est représentée comme
une pyramide dont la base est figurée par le triple système
végétatif (avec ses impressions propres, ses besoins et ses instincts),
moteur et sensoriel : les impressions du premier système sont dési
gnées du nom d' « endesthésiques », avec un caractère de subjectivité
et d'émotivité qui n'appartient plus guère aux impressions « exes-
thésiques » du troisième ; entre les deux, les « amphies- », venant du système moteur, se montrent nettement
intermédiaires. Tout l'ensemble de ces impressions est classé comme
cénesthésie, ce qui comporte une modification regrettable de la
signification usuelle d'un mot de la terminologie courante.
C'est dans les « dispositions » propres à ces systèmes (besoins,
tendances), en relation étroite avec la force des impressions, que
se marquent les différences les plus profondes entre les individus,
tenant à leur constitution, à leur patrimoine héréditaire.
Au-dessus de l'assise fondamentale se superpose un étage moyen
qui comporte une coordination générale des systèmes de base, par
le jeu de ce que l'auteur appelle 1' « Egocentre », situé dans le mésen-
céphale, et qui serait vraiment le centre de la personnalité, du moi,
centre supérieur de la « cénesthésie » et en même temps (ce qui
apparaît comme bien douteux), centre des symboles, par élaboration
coordonnée des impressions, du langage.
A ce niveau se définissent, à partir des dispositions, les « traits »
du caractère comportant une part de constitutif et une part impor
tante d'acquis, traits tels que la curiosité, l'irascibilité, la sympat
hie, etc., dans les attitudes envers soi-même, envers les autres et
envers les choses.
L'amour-propre, la conscience, les mécanismes de refoulement
ou de sublimation relèveraient des fonctions de cet étage intermé-
1. Voir aussi les ,n°» 31, 65, 253-255, 281, 893. 428 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
diaire, débutant chez l'enfant vers 2 ou 3 ans, et constituant chez les
animaux le sommet de la pyramide.
Mais, chez l'homme se développerait un étage supérieur, à partir
de l'âge de 5 ou 6 ans, où s'effectuerait l'élaboration intellectuelle
des symboles, des représentations fournies par PEgocentre, grâce
au jeu d'une « surattention », d'une « surmémoire ». Mais l'intelligence
n'est qu'un instrument au service des dispositions fondamentales.
Et le jeu complexe de cette intelligence dirigée représente l'ind
ividualité définie à cet étage par les « linéaments « du caractère, les
parties les plus subtiles, les plus plastiques.
Ce schéma général, discutable sur bien des points, mais séduisant,
et en accord général avec les données actuelles de la psychobiologie,
sert de guide pour un questionnaire destiné à faciliter l'appréciation
du caractère.
Les chapitres suivants sont consacrés à l'examen et à la discussion
d'une série de questions et de points de vue : rapports de l'intell
igence et du caractère, essais de détermination et de mensuration
du caractère, relations du caractère avec la morphologie somatique,
avec la race et le milieu, influence du sexe, variation avec l'âge,
modifications pathologiques, problème de l'hérédité, essai de classi
fication, rapports avec l'éducation.
Dans toutes ces études, qui ne forment pas un ensemble très
systématique, l'auteur fait preuve d'une large information, et sa
pensée est toujours intéressante. H. P.
488. - A. KRONFELD. - Lehrbuch der Charakterkunde (Manuel
de caractérologie). — Berlin, Springer, 1932, 451 p. Prix : 24 Mk.
Ce « manuel » est conçu dans un esprit philosophique : la distinc
tion des traits de caractère, les principes des typologies sont discutés
du point de vue logique. Le gros de l'ouvrage est consacré à la revue
des principales doctrines modernes du caractère. D'ailleurs, les
travaux allemands sont les seuls qui soient résumés et discutés en
détail. Ceux de Klages occupent une place privilégiée dans la partie
consacrée aux systèmes philosophiques de caractérologie. Les
recherches médico-biologiques ne sont pas omises, mais l'exposé
qui leur est consacré ne laisse pas de paraître écourté : c'est ainsi
que sont négligées les nombreuses recherches de psychologie expé
rimentale suscitées par la thèse de Kretschmer et dont l'importance
n'est pas à méconnaître. D. W.
489. — H. KLÜVER « Do Personnality types exist ? » (Existe-t-il
des types de personnalité P). — Am. J. of Ps., X, 1931, p. 781-788.
Si l'on analyse les difficultés de ce problème, on s'aperçoit qu'il
implique au moins trois groupes de problèmes : celui discuté par
Heymans, de la méthode des statistiques et de la méthode typolo
gique en psychologie ; celui soulevé au 8e Congrès International de
Psychologie du « comprendre » et de 1' « expliquer », autrement dit de
l'opposition d'une psychologie naturelle à une psychologie culturelle ;
et enfin celui du tempérament et du caractère. Après avoir passé en
revue et critiqué les raisons pour lesquelles on nie l'existence des
types de personnalité, ces raisons étant un amour exagéré pour les PSVCHOLÔGIÉ DIFFÉRENTIELLE 429
courbes et les statistiques, l'auteur conclut que ces critiques ne font
qu'obscurcir le problème. Le grand intérêt des types est de pouvoir
être l'expression du fait qu'il existe des unités de conduite qui
peuvent être et qui ont été examinées par maints psychologues.
Etant donné que ces unités de conduite existent, une « psychologie
typologique » doit être élaborée. J. A.
490. — R. ALLENDY. — Les bases d'une notion de tempérament. —
Hygiène mentale, XXVI, 6, 1931, p. 132-141.
Etude des rapports psycho-organiques qui permettent de recons
truire le tempérament physique et psychique. Les deux aspects, l'o
rganique et le psychique peuvent-être réunis dans un même cadre qual
itatif-quantitatif de tonicité et de plasticité à condition de ne con
sidérer dans l'individu que les tendances profondes, partant de
l'inconscient, laissant de côté les compensations apparentes et les
habitudes volontairement acquises. M. H. P.
491. - E. SCHUMACHER. - Einheit und Totaütät bei Wor
dsworth unter dem Gesichtspunkt psychologischer Strukturty
pologie (Unité et Totalité chez Wordsworth, du point de vue de la
Typologie). — A. f. ges. Ps., LXXX, 1-2, 1931, p. 1-88.
Les Integres, c'est-à-dire les sujets dont les fonctions psychiques,
Perception et Représentation surtout, sont puissamment unifiés. Les
intégrés orientés vers le dehors, en étroite Cohérence avec le dehors.
L'intégré du type l\ qui se donne avec amour à la plénitude mou
vante des phénomènes, y découvre l'organisation vivante, l'unité
et la totalité, l'harmonie du réel et de Y Harmonisierungstendenz,
qui, se bornant tout entier au réel, réalise la condition qui lui permet
de vivre l'unité et la totalité de l'univers, l'homme de Y Imagination
au sens anglais, le romantique, surtout allemand ou anglais. S'oppo-
sant à lui, le Synesthétique, intégré et orienté lui aussi vers le dehors,
lui impose sa forme plutôt qu'il ne reçoit celle du réel ; orienté vers
le dehors, il ne l'est pas vers le réel et construit de capricieuses syn
thèses. C'est le type ïs, l'homme de la Fancy anglaise, le romanesque,
surtout français.
Aux lx et aux I, s'opposent les I3, orientés vers leur monde intérieur
et détournés du dehors. Chez eux, le monde extérieur reste un objet
et ne se mêle pas à leur vie intime ; et si leur dépendance tant affec
tive que sensorielle vis-à-vis du monde leur permet de
s'élever au Charakter, ce ne sont pas des artistes.
Suit l'étude de Wordsworth, W. eidétique, W. intégré, W. et l'i
ntuition cosmique, W. Ii I3 et son développement politique, W. et le
sentiment romantique de Dieu, W. et le numen, W. et le tremendum,
W. et la connaissance-foi « panenthéistique ». P. Q.
492. — H. CODET. — Les émotifs et les impressionnables. Leur
psychophysiologie. — Evolution psychiatrique, 2e S., 2, 1931,
p. 9-22.
D'après C, on peut distinguer les émotifs, sympathicotoniques, et
les impressionnables, vagotoniques.
Les premiers ont des réactions vives, immédiates ; il sont sans ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 4âO
cesse sous tension, leur caractère est vif, ils sont enclins aux crises
de larme et à la colère ; l'affolement, la crise de nerfs, le spasme
pharyngo-laryngé, les « palpitations » sont fréquentes, et il y a un
certain désaccord entre l'intensité des réactions somatiques et les
émotions perçues, bien moins vives que les premières le feraient
penser. Ce sont des individus de stature généralement bréviligne,
avec des épidémies peu pigmentés et sujets aux érythèmes, de l'hy-
peresthésie superficielle, du dermographisme, de l'hyper-réflectivité
tendineuse. Le réflexe oculo-cardiaque est très faible ou inversé,
le réflexe solaire est au contraire net ou intense.
Les impressionnables sont des émotifs à réactions intérieures et
retardées, dont l'émotivité peut passer inaperçue ; ils sont facilement
« paralysés », incapables d'agir ; ils font de la rumination et subissent
fortement la sommation émotionnelle. L'émotion entraîne
la vaso-constriction périphérique ; il y a des débâcles urinaires émot
ionnelles. On note, chez ces sujets* longilignes, plutôt maigres,
frileux, acquérant facilement le hâle, enclins aux états nauséeux et à
la lipothymie, une fréquente ptôse viscérale. Le réflexe solaire est
peu marqué et au contraire le réflexe oculo-cardiaque intense.
L'approche des règles agirait principalement sur les sympathico-
toniques émotives (accentuées parla ménopause), avec soulagement
à l'arrivée du flux, tandis que les vagotoniques impressionnables au
raient surtout pendant les règles mêmes la sensibilité émotionnelle
accrue. H. P.
493. - S. STUDENCKI. - Les types psycho-physiques des Polo
nais. Contribution à la caractérologie des types anthropologiques
de la jeunesse polonaise {En Polonais), Kwart. Ps., II, 1-2, 1931,
p. 55-90.
Existe-t-il une corrélation entre les types de constitution soma-
tique et les types anthropologiques ; peut-on les identifier ou simple
ment établir entre eux un certain rapport ? D'autre part, peut-on
déceler une corrélation entre les types anthropologiques et les types
psychologiques ? Voici les deux problèmes fondamentaux de cet
article. A côté d'eux, d'autres questions surgissent, d'une non moindre
portée générale. C'est d'abord le problème des ensembles de carac
tères psychiques qui détermineraient les types psychologiques.
C'est ensuite celui de la priorité des facteurs somatiques ou de ceux
de la race dans la formation des types psychologiques. C'est enfin
la question de savoir quels seraient les caractères psychiques les plus
sélectifs pour la détermination des types ethniques. Problèmes, on
s'en aperçoit aisément, dépassant de beaucoup l'importance de
l'article. On ne s'attendra donc pas à y trouver de solutions, mais
plutôt des suggestions et les ébauches d'une méthode. Ceci n'est
point une critique à l'adresse de l'A., puisque, lui-même, à plusieurs
reprises, souligne le caractère provisoire de ses conclusions et le t
âtonnement de sa méthode.
La classification en types de structure somatique, d'après Kretsch-
mer (athlétiques, asthéniques, pycniques, plus les graciliques de Gour
e witch), a été faite par la méthode « optique », sans appareils. La
détermination des types ethniques a été basée sur 9 mesures anthro- PSYCHOLOGIE DIFFÉRENTIELLE 43l
pologiques, d'après la classification établie par le Prol'. Czekanowski
pour la population polonaise. Les types anthropologiques ont été
à leur tour étudiés au point de vue psychologique : 1° par tout un en
semble de tests (d'habileté générale, d'attention distribuée, d'in
telligence générale, technique et pratique, de représentations spat
iales, d'habileté manuelle, du rythme psycho-moteur) ; 2° (et c'est
là, le point auquel l'A. donne le plus de poids) par la tache d'encre de
Rorschach. Les corrélations ont été calculées par la méthode des
différences de Rupp et, pour une partie de l'étude, par celle de Cze
kanowski (méthode de ressemblances et de différences).
Le matériel expérimental est assez restreint. Parmi les 2.000 jeunes
gens, de 16 à 20 ans, qui ont subi un examen d'entrée à l'Institut
Psychot. de l'Ecole Nat. du Bâtiment de Varsovie, S. en a choisi 105,
nettement déterminés au point de vue race. Ce groupe restreint et
sélectionné ne peut donc être considéré comme représentatif de la
population polonaise.
Voici la répartition de groupes : 1° d'après la structure somatique :
athlétiques 43 %, asthéniques37 %, pycniques 16 %,graciliques4 % ;
2° au point de vue de race : subnordiques y 37 %, nordiques a 13 %,
préslaves ß 24 %, dinares Ô 10 %, alpins o 9 %, littoraux p 5 %,
laponoïdes cp 2 %.
Bien que l'accord entre ces deux classements ne soit pas complet,
on peut cependant constater à l'intérieur de chaque groupe anthropo
logique la prépondérance tout à fait nette d'un des types de consti
tution somatique. Ainsi, parmi les nordiques (14 suj.) il y a 92 %
d'asthéniques, parmi les subnordiques (39 suj.) 70 % d'athlétiques ;
les préslaves (26 suj.) donnent 65 % d'athlétiques-pycn, ; les dinares
(10 suj.) 80 % d'asthéniques, les alpins (9 suj.) 72 % d'ast.-pycniques,
les littoraux (5 suj.) 60 % de pycn., les laponoïdes (2 suj.) 100 %
d'athlétiques. En admettant provisoirement qu'à chaque type racial
correspond un type déterminé de structure somatique, S. voudrait
voir à l'origine de la dissociation entre eux le croisement de races.
C'est là que résiderait la source de maintes psychoses.
Les types psychologiques sont bien moins nettement déterminés.
Les moyennes arithm. obtenues par des ensembles de tests ne sont
guère expressives, les différences entre les maxima et les minima peu
significatives. Néanmoins, S. en souligne certaines comme caractéris
tiques. Ainsi, les subnordiques obtiennent le maximum dans les
épreuves d'habileté générale, d'attention distribuée, d'intelligence
générale ; les nordiques réussissent le mieux dans les tests d'intell
igence technique et pratique, de représentation spatiale, d'habileté
manuelle.
Les résultats du psychodiagnostic d'après Rorschach semblent
bien plus concluants. Complétés par une étude sur les types de tra
vail (par les tests de classement de plaquettes métalliques de Blumen-
feld), ils permettent d'ébaucher quelques traits caractéro logiques.
Ainsi, le sarmate (ou subnordique) se distingue par la légèreté d'esprit ;
il est impulsif, sensible, sociable, peu impressionnable, peu coartif ;
travaille vite et mal. Le nordique est, par contre, le plus dominé
dans ses réactions motrices et affectives, introverti,
constant, réfléchi, peu imaginatif, peu sociable, conservateur ; le 432 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
meilleur au point de vue de travail. Le préslave est caractérisé
par l'instabilité de sentiments ; il est oppositionniste, médiocre au
point de vue intellectuel ; dans le travail plus mauvais encore
que le subnordique (lent). Le dinare au tempérament vif et opposi
tionniste, se montre le moins dominé au point de vue moteur, le moins
introverti ; travaille lentement, mieux cependant que le sarmate
et le préslave. L'alpin est imaginatif, ambitieux, susceptible d'émulat
ion ; travaille vite et mal.
Cet essai n'est basé, en somme, que sur les données représentées
en %. Les corrélations à proprement parler ne sont exposées que
dans un tableau graphique dépourvu, malheureusement, d'explica
tions. L'A. se croit néanmoins en droit de conclure qu'il existe à
l'intérieur de chaque groupe anthropologique un noyau assez con
sidérable, homogène au point de vue psychologique. Voici les essais
de solution pour les deux problèmes essentiels. Les autres restent
simplement posés ou résolus par un a priori provisoire. Ainsi, S. croit
que ce sont les facteurs anthropologiques qui déterminent, plutôt que
ceux de la constitution somatique, le type psychologique de l'individu.
Il voudrait vérifier son assertion en étudiant les cas de dissociation
entre race et structure malheureusement il ne dispose
que de petits groupes de sujets (10 ou 7).
Ce qui fait cependant l'intérêt et la validité des conclusions, si
provisoires qu'elles soient, c'est leur confrontation avec divers témoi
gnages puisés à des sources variées : la littérature ancienne et contemp
oraine, les opinions courantes des Polonais sur eux-mêmes, les r
echerches ethnographiques d'une autorité scientifique incontestable
(Czekanowski, Mydlarski, Wiersma). Il est évident qu'en grandes
lignes il y a concordance. Les synthèses caractérologiques sont bien
menées, avec un souci constant de ne pas perdre de vue toute la
richesse de la réalité. Entre autres, une jolie digression sur « l'âme
slave », propre au type nordique et que réaliseraient, dans sa forme la
plus noble, Chopin et Tolstoï. A. R.
494. — P. SKAWRAN. — Die Typologie der Ergogramme und ihre
Beziehung zu Eneigietypen und zu den Korperbautypen Kretsch-
mers {La typologie de l'ergogramme et sa relation avec les types
énergétiques et avec les types de constitution physique de Kretschmer) .
— Psychot. Z., VI, 1931, 1, p. 10-19 et 2, p. 49-63.
L'étude des ergogrammes pris à l'aide de l'ergographe de Mosso
chez 260 sujets (étudiants, ouvriers et des criminels) a montré à
l'auteur qu'il n'y avait pas de relation entre la forme de l'ergogramme
et le type énergétique du sujet, mais qu'il paraissait y avoir un cer
tain rapport entre cette forme et le type constitutionnel de l'ind
ividu. La forme de l'ergogramme la plus répandue, est celle qui se
rapproche le plus de la forme d'un triangle, elle se rencontre dans
tous les types constitutionnels, chez les leptosomes, les pycniques et
les athlètes. La forme concave prédomine chez les athlètes et les
leptosomes, la convexe chez les pycniques et les athlètes. La
forme qui se rapproche de celle d'un rectangle aplatie prédomine
chez les pycniques, la forme qui se rapproche de celle d'un rectangle
bien prononcé s'observe surtout chez les criminels. Enfin, la forme PSYCHOLOGIE DIFFÉRENTIELLE 433
concave de l'ergogramme paraît pouvoir être obtenue chez tous les
sujets, si on leur fait faire une série d'ergogrammes successifs, ce
serait un signe de fatigue des centres nerveux.
L'auteur fait remarquer que l'interprétation des différentes
formes des ergogrammes n'est pas très simple, car cette forme est
déterminée par la mise en jeu de plusieurs facteurs, comme la consti
tution physique, la fatigabilité, la capacité de vaincre la fatigue et de
fournir un effort, etc. La forme de l'ergogramme n'est que le résultat
final de l'action de tous ces facteurs, qui peuvent se compenser
mutuellement. Il faut donc être très prudent lorsqu'on fait une ana
lyse psychologique de l'ergogramme. Néanmoins, une telle analyse
permet de retrouver les traces caractéristiques du tempérament de
l'individu dans son ergogramme. B. N.
495. - O. REITER et O. STERZINGER. - Aufmerksamkeit
und Konstitution (Attention et constitution). — 7j. für. Ps., CXXII,
1931, p. 115-132.
On a cherché des rapports entre l'attention et les constitutions de
Kretschmer ou les types de Jaensch. Dans les expériences de R. et
de S., les constitutions schizothymiques et cyclothymiques sont
déterminées par des questionnaires sur le caractère et les aptitudes.
L'attention globale ou analytique, est étudiée dans des expériences
de lecture tachistoscopique ; on présente des mots qui, par leur
forme générale, peuvent être pris pour d'autres. Les résultats sont
traduits numériquement par toute une série de méthodes. En général,
l'attention globale se rencontrerait chez les cyclothymiques, l'atten
tion analytique chez les schizothymiques, mais il y a des cas extrêmes
présentant de notables exceptions. Les fluctuations de l'attention
peuvent être mieux décelées par le test de barrage que par l'épreuve
tachistoscopique avec de courtes expositions. Enfin, chez la plupart
des auteurs qui ont étudié ce problème, la détermination psycholo
gique des types paraît rester très subjective. P. G.
496. — O. POPPINGA. — Die teilhaltliche Beachtung von Form und
Farbe bei Erwachsenen in ihrer Beziehung zur strukturpsycho
logischen Typenlehre {L: abstraction de la forme et de la couleur chez
les adultes dans son rapport avec la théorie structurale des types). —
Z. für Ps., GXXI, 1931, p. 157-177.
C'est surtout chez les enfants qu'on a étudié la perception des
ressemblances de forme et de couleur ; on observe, en général qu'avec
l'âge la forme prend le pas sur la couleur. Mais il y a aussi des in
fluences caractérologiques. Ce travail s'inspire des idées de Jaensch.
On présente d'abord, pendant 10 secondes une première figure,
puis, pendant un temps plus court un ensemble de figures dont cer
taines, groupées dans une certaine région du champ, ressemblent
à la première par la couleur, tandis que dans une autre région pré
domine la ressemblance de forme. Le sujet doit dire où il voit une
figure semblable à la première ; on note si son attention est attirée
par le pôle homomorphe ou par le pôle homochrome. Dans d'autres
épreuves, on expose brièvement des figures de forme et de couleur
variées (figures géométriques ou silhouettes capables de suggérer
l'année psychologique, xxxii. 28 434 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
des objets soit par leur couleur, soit par leur forme) et le sujet doit
simplement rendre compte de ce qu'il a vu. Parallèlement à ces r
echerches sur l'abstraction, les mêmes sujets sont soumis à l'examen
caractérologique de l'école de Marburg (durée des images consécut
ives, interprétation des tests de Rorschach, etc.). On trouverait
un rapport très étroit entre le type I1 (intégré éminemment réceptif
pour le monde extérieur) et la considération privilégiée de la couleur.
Les sujets qui voient surtout les formes, peuvent appartenir soit au
type I2 (à intégration intériorisée), soit au type S (synesthésique) ,
soit aux types franchement désintégrés.
C'est parce que le type I1 prédomine chez l'enfant et rétrocède
avec l'âge, qu'on s'explique les résultats des travaux antérieurs. Cette
loi explique aussi les différences régionales (gens du Nord et du Sud).
Enfin, dans les expériences, l'intégré apporte une adaptation assez
mobile, tandis que le désintégré y transporte l'attitude habituelle
de la vie pratique, surtout orientée vers la forme. P. G.
49?. — G. LERSMACHER. — Strukturpsychologische Erörterungen
über die arbeits-und beruïstypologischen Zusammenhänge {Con
sidérations de psychologie structurelle sur les rapports typologiques
dans le travail et la profession). — Z. für ang. Ps., XL, 3-4, 1931,
p. 239-276.
L'A., élève de Jaensch, essaie de rattacher les différences d'attitude
dans le travail aux types dégagés par Jaensch à la suite de ses études
sur la perception. J. a distingué, on le sait, le type intégré chez qui
le souvenir et l'image se confondent dans l'image eidétique et qui se
caractérise en général, par une forte interpénétration des fonctions
psychiques ; et le type désintégré, chez qui les fonctions sont diff
érenciées les unes des autres.
Dans ses études ergographiques ayant porté sur une trentaine
d'adultes, l'A. essaie de dégager les signes révélateurs de ces types.
Il considère les courbes régulières comme caractéristiques du type
désintégré ; les qui accusent des oscillations comme apparte
nant au type intégré. Quelques courbes de femmes auraient été
toutes irrégulières ce qui cadrerait bien avec l'idée d'une plus grande
fréquence du type intégré dans le sexe féminin.
Celui-ci est supposé être plus souple, plus malléable, plus apte à
s'adapter. Et une autre recherche de l'A. porte précisément sur l'apt
itude à changer, sous l'influence d'une consigne, l'attitude adoptée
spontanément. On a appliqué, à une centaine de garçons et autant
de filles de 14-16 ans, le test de traçage de Poppelreuter consistant à
promener un dessin à doubles lignes sous la pointe d'un crayon, de
manière à suivre fidèlement le contour. La première épreuve est suivie
d'une deuxième, dont la consigne est un peu modifiée : on insiste
tout particulièrement sur la précision du travail.
Les résultats ont montré, pour la première épreuve, une répartition
des erreurs assez semblable chez les garçons et les filles (modes : 20-
22 pour les garçons ; 17-19 pour les filles). Mais dans la deuxième
épreuve les ont changé très peu (modes : 17-19 erreurs), tandis
que les filles se sont davantage adaptées à la consigne spéciale (modes :
8 à 9 erreurs). PSYCHOLOGIE DIFFÉRENTIELLE 435
Comme conclusion pratique, l'A. demande que la détermination
du niveau d'aptitudes professionnelles soit subordonnée à la détermi
nation du « type » : le type désintégré, peu capable de modifier ses
aptitudes spontanées, ne saura bien effectuer le travail que si le con
tenu et les méthodes conviennent parfaitement à son comportement
naturel.
Ces recherches pourront être suggestives, à condition d'etre davan
tage approfondies. On aimerait connaître, notamment, la répartition
des types et les corrélations des divers signes typologiques entre
eux. D. W.
498. — A. KOLODNAJA. — Besonderheiten der Konstitution und
psychische Struktur {Particularités de constitution et structure psy
chique). — Z. für ang. Ps., XXXVIII, 1931, p. 249-269.
Les résultats de l'A. se rapportent à un groupe de 1.128 apprentis
des écoles de transports, âgés de 15 à 20 ans. Les sujets ont subi un
examen psychotechnique comprenant la série de tests de Rossolimo
et quelques autres épreuves. Ils ont été, d'autre part, classés, au
point de vue somatique, d'après un schéma de Stafko qui a effectué
ce classement. Les sujets se sont trouvés ainsi répartis : I. Types
normaux : 1° Type thoracal, 46,4 % ; 2° Type musculaire, 24,8 % ;
3° Type asthénoïde, 6,6 % II. Types biologiqùement inférieurs :
1° Hypoplastique, 8,6 % ; 2° Infantile, 11 % ; 3° Asthênique, 2,6 %.
En laissant de côté les asthéniques, trop peu nombreux, l'A. relève
les rendements moyens et essaie de suivre les variations d'une fonc
tion psychologique à travers les différents types. Le résultat qui se
dégage avec le plus de netteté, c'est l'infériorité générale des hypo-
plastiqües et des infantiles qui ne se montrent supérieurs que dans les
épreuves d'attention concentrée. Les asthénoïdes auraient fourni
un plus grand nombre de profils « accidentés ». D. W.
499. - S. STUDENCKI. — Problème de la rapidité et de la précision
du travail étudié du point de vue anthropologique {En Polonais). —
Psychot., V, 2, 1931, p. 1-23.
Il n'est guère possible, dit S., d'apporter une solution valable à
ce problème de tout premier ordre pour la psychotechnique, si l'on
ne tient pas compte de tous ses facteurs. Aux recherches de Wentcher
sur le rythme du travail en rapport avec sa structure, à ceux de
Kretschmer, de Enke et de l'école russe sur la constitution somatique
et le rythme psycho-moteur, il faudrait ajouter une étude de corréla
tion entre les types ethniques et les types de travail.
Lorsqu'on étudie le travail (rapidité et précision) de divers groupes
de sujets, pris au hasard dans la même population, par des tests diffé
rents, on est frappé par la similitude des apports entre les fréquences
des mêmes types. Voici à ce propos les résultats en % obtenus par S. :
1° dans le test de classement de 40 vis (13 modèles) sur 350 sujets de
17 à 20 ans ; 2° par le test de classement de 180 plaquettes métalliques
de Blumenfeld (12 modèles) sur 141 sujets, de 16 à 20 ans : soigneux{\)
8,5 (2) 13,5 ; négligents (1) 24,5 (2) 22,5 ; habiles (1) 22 (2) 23,5 ;
inhabiles (1) 35 (2) 34,5 ; moyens (1) 9,5 (2) 6. Ne faudrait-il pas voir
là, une manifestation de la loi de Czekanowski sur les rapports pro-

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