Caractère. Types. Corrélations Psycho-Physiologiques. Anormaux sensoriels - compte-rendu ; n°1 ; vol.31, pg 493-522

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L'année psychologique - Année 1930 - Volume 31 - Numéro 1 - Pages 493-522
30 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1930
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a) Caractère. Types. Corrélations Psycho-Physiologiques.
Anormaux sensoriels
In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 493-522.
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a) Caractère. Types. Corrélations Psycho-Physiologiques. Anormaux sensoriels. In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp.
493-522.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1930_num_31_1_30035PEDOLOGIQUE 493 PSYCHOLOGIE
de Z. qui se refuse d'envisager « l'âge de transition » comme
un processus de développement uniforme, dominé à toutes les étapes
par les mêmes caractères bio-psychiques.
L'auteur ajoute quelques précisions sur l'évolution de la mémoire
et de la pensée. Il établit les distinctions suivantes ; lre période :
développement considérable de la mémoire logique et mécanique ; la
répétition joue un grand rôle dans la fixation mnémonique ; 2e pé
riode : affaiblissement de la mémorisation mécanique, rôle prépon
dérant des intérêts directeurs dans la fixation ; celle-ci est particu
lièrement stable si l'objet du souvenir se rattache à l'imagination ou
à une action éclatante ou intense ; 3e période : travail synthétique,
qui se rapproche de celui de l'adulte. Pensée systématique, qui, étant
soumise au contrôle volontaire peut même entrer en conflit avec un
intérêt dominant. Quelques pages finales sont consacrées au problème
du groupe où l'A. souligne l'importance qu'a pour l'adolescent le chef
ou le meneur.
E. S.
468. — M. SCHORN. — Lebensalter und Leistung (Age chronolo
gique et rendement). — A. f. ges. Ps., LXXV, 1-2, 1930, p. 168-184.
Bon résumé des travaux (allemands surtout), relatifs à l'étude des
variations du rendement en fonction de l'âge du sujet. Les conclusions
sont celles-ci :
Chez les adultes, la baisse du rendement dans certains tests se
manifesterait à partir de 20 ans déjà, selon certains auteurs ; à partir
de 30 ans, selon d'autres. Après 50 ans, la chute de la courbe devient
rapide. Cependant, comme l'a fait remarquer Marbe, on ne saurait
en conclure une diminution corrélative de l'aptitude professionnelle,
qui suppose non seulement l'aptitude psychotechnique, mais encore
de l'expérience et des connaissances acquises dans le métier. Les sta
tistiques des accidents semblent montrer une diminution jusqu'à
l'âge de 50 ans, et un taux très élevé d'accidents chez les jeunes, au-
dessous de 20 ans.
Chez les enfants des écoles primaires, dans toutes les classes,
d'après les recherches des collaborateurs de Marbe, les enfants plus
âgés obtiennent, en moyenne, des notes meilleures que celles que
fournissent leurs camarades plus jeunes. Mais cette différence n'a
pu être confirmée dans les écoles secondaires. Et dans les écoles pri
maires, chez les enfants qui ont continué leurs études au lycée, les
différences sont nettement atténuées. En admettant que les enfants
qui continuent leurs études soient plus intelligents ou appartiennent
à un milieu plus élevé, on pourrait supposer que l'intelligence ou
l'action d'un milieu social plus affiné ont pour conséquence de neu
traliser l'influence des petites différences d'âge. D. W.
469. — G. C. FERRARI. — Gli adolescenti e l'igiene mentale (Les
adolescents et V hygiène mentale). — Riv. di Psic, XXVI,
1930, p. 149-156.
La personnalité de l'enfant se développe sous la triple influence
de facteurs extrêmement complexes : l'hérédité biologique, les pro- ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 494
cessas de développement psycho-physique et l'iftfhience de l'am
biance sociale.
En ce qui concerne le premier domaine la science, dans l'état
actuel des choses, ne peut nous offrir que des hypothèses.
Pour ce qui est du développement psycho-physique, les dif
ficultés d'observation d'un organisme en évolution augmentent
encore par l'extrême complexité des phénomènes et par leurs mult
iples inteï-relations.
L'ambiance sociale est, par certains côtés du moins, plus accessible
à notre intervention. Nous pouvons donc, dans ce domaine, avoir
une influence sur la formation des jeunes générations. Le rôle que
l'Hygiène Mentale est appelée à jouer en la circonstance, est sans
doute de premier ordre.
Pour connaître les vrais mobiles de l'action des adolescents, il faut
étudier leurs tendances, leurs intérêts et leurs sentiments. Les possi
bilités intellectuelles ne forment qu'une partie de la vie mentale,
c'est dans la vie affective des adolescents qu'il faut chercher les
motifs de leurs agissements.
L'entourage immédiat de l'enfant n'est pas toujours capable ou dési
reux de Comprendre ses tendances. Les mères poussent leurs enfants
dans des Voies qui ne conviennent pas à ceux-ci, tantôt pour des rai
sons affectives, tantôt pour des raisons d'ordre intellectuel. La
volonté des enfants n'est pas prise en considération, les adultes
agissent comme si les enfants n'existaient que pour accomplir, ce
qu'eux-mêmes n'avaient pas pu réaliser. Plus les conflits s'accen
tuent, plus l'aspiration vers l'indépendance s'accroît dans Pâme
de l'adolescent.
Là tâche de l'Hygiène Mentale, est d'éclairer lés parents à ce sujet,
dé les persuader que leur rôle est de préparer leurs fils à la vie,
en oubliant leur amour-pröpre, en n'ayant en vue que le bien de
l'enfant et les progrès de la race. S. H.
470. - W. C. OLSON. - The incidence ôï Nervous Habits in Childféto
{La fréquence des habitudes nerveuses chez les enfants). — j. of Abn.
Ps., XXV., 1,1930, p. 75-92.
Sous le nom d'habitudes nerveuses, l'auteur désigne les différents
tics couramment observés chez les enfants (doigts dans la bouche, le
nez, les oreilles, habitude de se tripoter différentes parties du
corps, etc....). Il à classé ces tics et tenté d'établir la fréquence su
ivant l'âge pour une période de temps déterminée. Ces données objec
tives ont été ensuite rapprochées d'autres facteurs tels que le sexe,
l'hérédité, l'imitation, la fatigue, l'équilibre physiologique qui
semblent tous entretenir avec la fréquence de ces habitudes nerveuses
une corrélation à préciser. M. L.
471. - HILDEGAND RITTER. - Die seelische Entwickekrag
regelwidrig veranlagter uad fehlerzogener Kinder {Le développe
ment mental des enfants irréguliers constitutionnels ou par suite
d'une éducation défectueuse). — Z. für Kind., XXXVII, 1930,
p. 418-490.
L'auteur montré sur de nombreux cas la justesse de la théorie de Bühler concernant le développement de l'enfant et de l'ado
lescent. Ces cas sont bien examinés cîmiquement et psycholo
giquement, selon la méthode de Homburger, le regretté professeur de
Heidelberg. Bühler, ayant tracé cinq phases dans le développement
de l'enfant normal de 1 à 19 ans, R. no-us montre les troubles
de la conduite de différents enfants difficiles à différents âges
comme l'expression des tendances régressives vers des réactions
primitives, telles que l'entêtement, le puérilisme entraînant une
incapacité à s'adapter au régime scolaire. Certains conflits avec
l'ambiance et certaines tendances perverses sont expliqués par un
manque de maturité sociale et par la persistance d'un stade inférieur
dans l'évolution dû caractère.
Si, jusqu'à l'heure actuelle, les troubles de l'intelligence de l'enfant
ont été l'objet de nombreux travaux, les troubles du caractère et
de l'évolution affective de l'enfant n'ont pas été un sujet d'études
privilégié chez les psychologues ni chez les pédagogues. Aussi devons-
nous signaler avec d'autant plus d'empressement tous les travaux
parus dans ce domaine si important de la psychologie de l'enfant.
j. A.
47Ô. — A. GRUSZECKA. — Zaîalszouanie rzeczywistosci w wieka
Statczym (Fausse appréciation de la réalité chez les vieillards). —
Kwart Ps., I, 3, 1930, p. 273-287.
G. a fait deux séries d'expériences : sur 25 vieillards de l'Asile de
Posnanie (8 hommes et 17 femmes) âgés de 63 à 85 ans et sur autant
d'enfants à l'âge pré-scolaire. Les expériences consistaient à montrer
aux sujets, à 2 reprises, 10 images qui leur étaient inconnues. Les
descriptions que les sujets en donnaient contenaient un certain
nombre d'inexactitudes que G. a analysées de deux points de vue:
quantitatif et qualitatif.
Elle a pu constater chez les vieillards une tendance indéniable à
fausser la réalité. Les fausses appréciations se montent, chez ceux
qui ont été examinés, à 12,9 % de toutes les descriptions. C'est là
le résultat principal des recherches de G.
Les fausses appréciations chez les enfants, quoique quantitative
ment très rapprochées de celles de vieillards (80 chez les enfants, dont
25 se répétaient, 78 chez les vieillards, avec 32 répétitions) ont un carac
tère tout différent. Alors que chez les vieillards, il y a à leur base la
stéréotypie des réactions et la persistance, la répugnance à percevoir
des phénomènes nouveaux, les descriptions chez les enfants marquent
une tendance à la perception globale, d'où un éparpillement mal coor
donné dans les détails. L'enfant n'est pas encore arrivé à dominer
la réalité, le vieillard ne peut plus la dominer.
Aussi différents que soient ces 2 phénomènes, G. voit à lew base le
même fiïialisme biologique : il consiste à éviter, aussi bien au vieillard
qu'à l'enfant, par la simplification des données réelles de ta percept
ion, un effort qui le dépasse. A. R. 496 ANALYSES BrBfJOGRAPHlQUES
4° Psychologie Différentielle
a) Caractère. Type. Corrélations psycho-physiologiques.
Anormaux sensoriels l
473. — F. BAUMGARTEN. — Les bases de la science de la personnal
ité. - Kwart. Ps., I, 3, 1930, p. 261-272.
Le seul remède à la crise actuelle de la psychologie appliquée qui,
dans la spécialisation de ses recherches, a perdu de vue ce qui fait
le fond des réactions de l'individu, serait d'après B., la création d'une
science de la personnalité. La conception sur laquelle cette science
doit être basée, est chez B. éminemment dynamique : c'est « un en
semble de la constitution physique et psychique de l'homme dans la
particularité de son être ». Elle englobe donc celle du caractère. Les
systèmes actuels, partant de conceptions plus étroites, ne lui pa
raissent pas suffisants : ni celui d'un schématisme trop théorique de
Klages, qui identifie la personnalité avec le caractère, ni, non plus,
celui de Kraepelin, destiné trop exclusivement à l'usage du psy
chiatre. Avant d'aborder une étude de la personnalité il faudrait
dresser des inventaires scientifiques des matériaux amassés jusqu'ici
par des études analytiques et synthétiques de différents psycho
logues moralistes (La Rochefoucauld, Nietsche, Jung, etc.). B. pro
met d'en publier un prochainement.
Il faudrait surtout élaborer une méthode de recherches permettant
d'éviter les erreurs systématiques d'interprétation, dont deux
sources principales sont l'expérimentateur et le sujet eux-mêmes.
L'expérimentateur a de la peine, dans la compréhension d'autrui, à
dépasser les cadres de sa propre personnalité. Son attitude est diff
icilement objective ; de plus elle tend à être statique au lieu de dyna
mique, ce qui s'exprime par la généralisation trop facile des faits
isolés. Les erreurs de jugement peuvent être causées par l'attitude du
sujet. Il y a toujours une différence entre le « moi empirique » et le
« moi réel ». C'est là le problème d'être et de paraître. Une discrimi
nation est donc nécessaire entre l'expression adéquate, l'expression
inadéquate et l'expression symbolique dans le sens freudien du mot.
Il faudrait remonter à la source même des mobiles.
On doit se garder de négliger l'importance de l'action d'un individu
(ou des individus) sur un autre. Il y a des personnes qui sont de véri
tables « catalysateurs » des manifestations extérieures d'autrui.
Enfin, le point essentiel de la science de la personnalité est le pro
blème de structure ou de corrélations. Malheureusement, rien n'est
fait dans ce domaine. La corrélation dans la structure du caractère
n'est jusqu'ici constatée que par un empirisme grossier qui donne lieu
à une fâcheuse confusion entre l'unité et l'homogénéité. Or, l'homo
généité du caractère ne peut être établie que par une typologie
basée sur des relations de structure, que déterminera étude spé
ciale de corrélations. A. R.
1. Voir aussi les n°s 84, 548 564, 588, à 590, 1106, 1163, 1241, 1301-1304,
1341, 1349, 1490, 1491, 1560, 1561, 1584, 1587. PSYCHOLOGIE DIFFERENTIELLE 497
474. - DAVID WECHSLER. - The range of human capacities
{La marge des capacités humaines). — Scientific Monthly, XXXI,
1930, p. 35-39.
Cattell a cru remarquer que la marge des capacités mentales dans
un grand nombre de cas était représentée par le rapport 1 à 2. L'au
teur a cherché des données numériques variées pour l'appréciation
de cette marge des caractéristiques humaines, en comparant le 2e
et le 999e de 1.000 individus (et négligeant les cas extrêmes). Il
emprunte à Galton des mesures de poids du corps, de force dynamom
étrique, de capacité respiratoire, d'audibilité, à Retzius des poids cé
rébraux, à d'autres des capacités crâniennes, pressions sanguines, fr
équences du pouls ou de la respiration, acuités visuelles, âges mentaux
d'enfants de 9 ans (Burt), quotients d'intelligence iTerman), capacités
de mémoire immédiate (Gates), temps de réaction (Léman). Or, la
marge est comprise comme valeurs extrêmes entre 1,45 (poids du
cerveau) et 3,23 (capacité respiratoire), avec valeur moyenne générale
de 2,31, ce qui est très proche du rapport indiqué par Cattell. C'est
encore ce rapport qu'on rencontre en comparant, d'après une série
d'auteurs, les rendements les meilleurs et les plus mauvais dans une
série de travaux professionnels. Il y aurait là, pour l'auteur, une cer
taine constante psychobiologique.
Des différences entre les hommes, qui resteraient en somme tou
jours petites, n'en entraînent pas moins des conséquences pratiques
fort importantes ; entre un vainqueur et sa victime ii peut n'y avoir,
conclut W., que l'épaisseur d'un cheveu. H. P.
475. — W. BOVEN. — Aperçu sur l'état présent de îa caractérologie
générale. - J. de Ps., XXVII, 1930, p. 816-851.
Très utile résumé des tendances actuelles de la caractérologie, avec
riche bibliographie. Les auteurs, pour chacun desquels les grandes
lignes de sa conception sont exposées avec le maximum de netteté, sont
classés en cinq types: école sociale, descriptive et pragmatique; école
mixte, descriptive et analyste (Decroly, Vermeylen, Ferrière) ;
biologique (C. von Monakow, Mourgue, H. Hoffmann) ; école fonc
tionnelle-analyste (Freud, Adler, Jung) ; école qualitative-structur
ale (Ewald, Apfelbach, Kronfeld, Klages, Haberlin, Utitz, Delmas
et Boll, Pfänder). G.-H. L.
476. — E. KRETSCHMER. - La structure du corps et le caractère.
— Traduction de Jankélévitch. In-8 de 255 pages, Paris, Payot,
1930. Prix : 40 francs.
Le public français connaît déjà le psychiatre de Tubingen par la
traduction de sa Psychologie médicale. Il est heureux que l'on ait
traduit aussi son ouvrage fondamental, qui en est arrivé à sa
6e édition allemande.
Les « Recherches sur le problème des constitutions et la science des
tempéraments » qui forment la matière du livre comportent deux
directives principales, d'une part la division psychiatrique de Krsepe-
lin, dont l'auteur est resté le disciple; en deux affections fondament
ales, la psychose maniaque dépressive, et la démence précoce — avec
individualisation de cette dernière comme schizophrénie par les re-
I.'aNN£e PSYCHOLOGIQUE. XXXI. 3? 498 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
<Äer«hes de Bleuler, en opposition avec la syntonie des circulaires —
et d'autre part, la division morphologique des structures somatiques
humaines en trois types fondamentaux, les asthéniques ou leptosomes,
les athlétiques et les pycniques.
L'ouvrage est divisé en deux parties, dont l'une est consacrée
aux constitutions somatiques, dans leurs rapports avec les dispositions
pathologiques et les influences humorales, et l'autre aux tempéra
ments, dont l'étude se fait suivant les deux directives psychopathol
ogique et morphologique. Pour K., la constitution représente l'e
nsemble des qualités individuelles d'origine héréditaire, structure du
corps, dispositions psychiques, et morbidité.
Le caractère est « l'ensemble de toutes les possibilités de réactions
affectives et volontaires telles qu'elles se sont formées au cours de
l'évolution, et du fait des dispositions héréditaires et des facteurs
exogènes, sans séparer toutefois l'intelligence de l'affectivité.
Quant au tempérament, notion encore mal définie, il représenter
ait ce qui, dans le psychisme, est en corrélation avec la structure
somatique par l'intermédiaire d'un déterminant commun qui serait
l'élément humoral.
Cette corrélation apparaît dans les types morbides, et dans les
aspects du caractère qui manifestent, moins accentuée, la disposition
morbide. Les recherches ont débuté par des essais de caractérisation
morphologique (suivant un questionnaire détaillé impliquant appré
ciations et mesures) de psychopathes.
Une première statistique, complétée par des données numériques
ultérieures sur des aspects quantitatifs de la structure (sans emploi
des méthodes de calcul statistiques), avait donné la répartition sui
vante de 85 circulaires et de 175 schizophrènes (en rattachant à
ces types tous les autres psychopathes) :
Circulaires Schizophrènes
Type asthénique 81 4 athlétique 3 31
Type mixte 2 11
5 pycnique (pur ou mixte) 72
34 Dysplasiques (disparates)
Inclassables . 4 13
85 175 Total
II en ressort, pour K., une affinité biologique nette entre la struc
ture pycnique et la disposition psychique des maniaques dépressifs,
et entre les structures asthénique ou athlétique (et les formes dyspla
siques) et la disposition psychique des schizophrènes.
Dès lors, on doit retrouver cette affinité dans les tempéraments
cyclothymiques (normaux ou syntoniques, et à la limite du patholo
gique, des cycloïdes) et les schizothymiques (dont les schizoides
font le passage entre les normaux et les schizophrènes). PSYCHOLOGIE DIFFÉRENTIELLE 499
C'est ce que l'auteur cherche à montrer, en s'appuyant sur les types
les plus marqués, cycloïdes ou schizoïdes.
Pour les types normaux, peu accentués, iï. a réussi à grouper d'après
l'aspect morphologique un certain nombre de tempéraments synto-
niques relevant du type pycnique : 1° bavards joyeux, aimables et
commodes, un peu agaçants, superficiels et dépourvus de tact ; 2°
humoristes calmes, spirituels quand ils sont échauffés, bienveillants
et naturels ; 3° sentimentaux calmes, flegmatiques, mais ayant le rire
ou la larme facile ; 4° jouisseurs aimant leurs aises, bedonnants et
bienveillants, sans idéal ; 5° pratiques actifs, serviables, résolus, in
fatigables.
Parmi les schizothymes, sont décrits les esprits raffinés, suscept
ibles, prétentieux, blasés, fuyant les vulgarités, souffrant du rhume
des foins, les idéalistes rêveurs de goûts abstraits, les dominateurs
froids et égoïstes, les secs et impuissants.
Quelques rares données de psychologie expérimentale sont four
nies sur des essais pour préciser les caractéristiques des tempéraments,
dont K. distingue ses deux types principaux du point de vue : 1° affec
tivité (proportion « diathésique » entre excitation gaie et dépression
triste, d'un côté, « psychesthésique » entre la sensibilité et la froideur
de l'autre) ; 2° rythme psychique (oscillant, entre vif et ralenti d'un
côté, heurté, alternant, entre constant et instable, de l'autre) :
3° psychomotilité enfin fadaptée, naturelle, souple d'un côté, ina
déquate, raide de l'autre).
Tout cet effort d'observation concrète et d'interprétation un peu
simpliste ne peut toujours aboutir à des données bien claires dans
l'analyse individuelle, mais il n'en est pas moins utile, et il est bon
qu'il soit connu. H. P.
477. — L. KLAGES. — Les principes de la caractérologie. — Traduct
ion de W. Real. In-8 de 263 pages. Paris, Alcan, 1930. Prix :
35 francs.
Si la caractérologie, visant à atteindre dans sa totalité la per
sonne humaine, répond à un besoin pratique dans la technique hu
maine et paraît nécessaire pour les applications psychotechniques,
d'un autre côté elle a, en Allemagne, un succès considérable, parce
qu'elle ouvre la voie aux interprétations métaphysiques qui r
eprennent pied sur le terrain psychologique.
Les principes posés par Klages relèvent de la métaphysique all
emande :
La personnalité, c'est un Moi, qui comprend les autres dans la me
sure où incité par eux, il les découvre en lui-même, grâce à une
communauté, à une participation véritable.
Ce Moi continue l'Esprit universel avec une Ame particulière, et
entre ces deux forces il existe un antagonisme irréductible ; car la vie
est écoulement, tandis que l'être est une existence absolue, négative
de la vie... Que cela vous serve à l'étude des caractères dans les trois
domaines que distingue K., celui de la matière ou ensemble des apti
tudes personnelles aux propriétés « quantitatives », celui de la struc
ture ou ensemble des dispositions déterminant « la forme du déroule
ment des processus internes », aux propriétés « proportionnelles », 500 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
et celui de la nature, ou ensemble des mobiles personnels, des disposi
tions sentimentales, aux propriétés directives !
Il faut, pour aller jusqu'au bout du livre, un goût particulier pour
les méandres d'un bavardage qui fait fi de l'ordre et de la clarté et
qui exprime une aspiration amorphe vers le Moi absolu des phénomé-
nologistes ! H. P.
478. - JULIO ENDARA, avec la collaboration de J. RIVADE-
NEIRA, L. A. LEON, F. CHAVES, L. F. CASTRO, L. H. JARRIN
L. A. ESPINOSA, J. P. MUNOZ, J. C. VILLACRESES, N.
OLEAS, L. SALVADOR, C. ROMO et C. MORA. - Los tempe-
r a ment os. — Trabajos de la Faculdad de Filosophia (Chaire de
Psychologie appliquée). I. In-8 de 318 pages. Quito, 1930.
Le Professeur Endara, qui enseigne la psychiatrie à la Faculté de
Médecine de Quito a été chargé en outre à la Faculté de Philosophie et
Lettres de la chaire de psychologie appliquée et éducation, et son
action personnelle féconde se traduit déjà par ce livre qui rassemble
des leçons préparées par ses élèves sur une série de questions relatives
au tempérament et à ses applications pédagogiques.
Le premier chapitre est essentiellement biologique et endocrino-
logique. le second envisage le système neuro-végétatif et le troisième
les relations de ce système avec les glandes endocrines ; le- quatrième
est anthropologique et relate en particulier les grandes divisions en*
types de Kretschmer ; avec le cinquième, on pénètre sur le terrain
psychologique et Kretschmer est encore le guide suivi. L'étude de la
constitution émotive , celle de la personnalité avec ses aspects autiste
ou syntone, enfin les applications pédagogiques avec discussion du
rôle des facteurs héréditaires et du milieu, de la notion d'aptitudes,
et examen de quelques problèmes pratiques (éducation sexuelle,
travail et jeu), font l'objet des trois derniers chapitres de cet en
semble qui fait honneur à la direction informée et compétente du
Professeur Endara. H. P.
479. — J. PILTZ. — Character from the Biological Point of View
(Caractère du point de çue biologique). — J. of Ment. Se, LXXVI,
315, 1930, p. 668-676.
P. insiste sur les bases biologiques du caractère. Le caractère est
conditionné par des traits biologiques qui jouent le rôle le plus im
portant dans la conduite, les actes des êtres, et dont dépend le suc
cès dans la lutte pour l'existence.
Mais ces traits sont complexes et pour serrer la question des études
seraient nécessaires, en particulier sur le caractère animal, le déve
loppement du caractère chez les enfants et le chez les nor
maux et des psychopathes. L'auteur préconise la création d'un Ins
titut pour l'étude du caractère en vue de coordonner les recherches
des divers spécialistes, ayant trait à cet important domaine. D.W.
480. — O. KROH. — Experimentelle Beiträge zur Typenkunde.
Band I (Contributions expérimentales à V étude des types). — 1er vo
lume. — Barth, Leipzig, 1929, in-8, XIV-300 p.
La distinction des types psychologiques nécessite des vérifications DIFFÉRENTIELLE 501 PSYCHOLOGIE
expérimentales et il faut savoir gré à Kroh d'avoir réuni dans ce vo
lume une série de recherches qui visent l'étude expérimentale de la
classification de Kretschmer.
La plupart des travaux portent sur la perception et l'attention en
rapport avec le type de la personnalité.
Lutz étudie la perception au tachistoscope de figures géométriques
colorées et constate, — en accord avec les recherches antérieures
de Scholl, — que certains sujets perçoivent plus facilement les cou
leurs, alors que d'autres saisissent surtout les formes. Il semble qu'il
s'agit bien d'une caractéristique individuelle, car le pourcentage des
formes perçues (par rapport au total des éléments perçus) reste rel
ativement constant chez un sujet, malgré les variantes diverses de la
technique : perception de lettres noires ou colorées, reconnaissance au
tachistoscope d'une figure préalablement exposée, recherche de deux
nombres identiques sur un tableau de nombres tantôt noirs, tantôt
colorés.
Les sujets qui perçoivent surtout la forme ont un champ de per
ception plus étroit. En effet, en classant les 30 sujets étudiés en 3
groupes, suivant la prédominance de la forme dans leurs perceptions,
L. trouve que le « type de la forme » (20 % de sujets extrêmes) per
çoit en moyenne, 4,13 éléments isolés dans une exposition tachis-
toscopique brève (1 /250e de seconde), le type mixte (60 % de sujets
moyens), 4,27 éléments ; enfin, les 20 % de sujets qui perçoivent
mieux la couleur perçoivent 4,84 d'éléments en moyenne.
Ayant déterminé le tempérament des sujets d'après leurs réponses
à un questionnaire, L. trouve une affinité entre la schizothymie et
la tendance à percevoir les formes : parmi 6 schizothymiques, 2 appar
tiennent au « type de la forme », aucun au type des « coloristes » ;
parmi les 6 cyclothymiques, 2 sont des « coloristes » et aucun n'appart
ient au « type de la forme ».-
Des problèmes connexes sont traités par O. Vollmer qui examine la
relation entre les « types d'attention » et les types de Kretschmer.
En partant de l'analyse de Meumann notamment, V. étudie le
« champ » d'attention, par la quantité d'éléments perçus au tachistos
cope et distingue plusieurs attitudes alternatives, avec d'ailleurs, des
types intermédiaires.
Ces attitudes sont : l'attention fluctuante (grande quantité et
mauvaise qualité dans le test de barrage, perception des mots, malgré
des fautes d'impression au tachistoscope) et l'attention fixe ; — l'att
itude objective (lecture exacte des mots au tachistoscope et sent
iment de certitude) et l'attitude subjective ; — la perception synthé
tique (le sujet saisit une image dans son ensemble et apprécie des
échantillons d'écriture globalement) et perception analytique ; —
enfin, l'attention totale qui fait saisir l'ensemble d'une série dans le
test de mémoire immédiate, et l'attention « discrète ». Entre ces
couples de qualités opposées et les types de Kretschmer il semble
y avoir une certaine liaison : les cyclothymiques semblent présenter
en général un champ étendu de perception, une attention fluctuante,
subjective, synthétique et totale ; les schizothymiques semblent se
distinguer par des qualités opposées.
K. Dambach étudie l'aptitude à effectuer simultanément deux

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