Chronique - article ; n°1 ; vol.35, pg 878-896

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L'année psychologique - Année 1934 - Volume 35 - Numéro 1 - Pages 878-896
19 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1934
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Henri Piéron
Chronique
In: L'année psychologique. 1934 vol. 35. pp. 878-896.
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Piéron Henri. Chronique. In: L'année psychologique. 1934 vol. 35. pp. 878-896.
doi : 10.3406/psy.1934.5372
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1934_num_35_1_5372CHRONIQUE
NÉCROLOGIE
— Le Pr Georg Elias Müller, qui s'est éteint le 24 décem
bre 1934, était un des derniers survivants de l'époque héroïque de la
psychologie scientifique.
Né le 20 juillet 1850, docteur en philosophie de l'Université de
Göttingen, c'est dans cette Université qu'il enseigna de 1876 à 1922
(sauf une année, passée à l'Université de Gzernowitz). Élève et suc
cesseur de Lotze, il organisa un des premiers laboratoires de psychol
ogie expérimentale. Il consacra la plupart de ses recherches à la
psychophysique, mais entendue en un sens physiologique, et sa théor
ie de la vision chromatique, qu'il développa et défendit jusqu'à ses
derniers jours, est bien connue. Il fut un des premiers à entreprendre
des recherches systématiques sur la mémoire, à la suite du beau
travail d'Ebbinghaus. Son école, indépendante de celle de Wundtr
se marque par la haute valeur des hommes et des travaux.
— Santé de Sanctis (né le 7 février 1862) entrait tout juste dans
sa 74e année quand la mort vint le surprendre, le 10 février 1935, en
pleine activité, en plein travail. Psychologue et psychiatre, il occupa
à l'Université de Rome la première chaire, qui y fut créée, de psychol
ogie expérimentale, ayant fondé, en 1906, un Institut et un Labor
atoire de psychologie. Il avait toujours donné, parallèlement, un
enseignement de neuropsychiatrie, auquel il se limita en occupant,
en 1931, la chaire de clinique psychiatrique.
Il avait été l'actif secrétaire général du Ve Congrès international
de Psychologie à Rome, en 1905.
Il laisse une longue liste de travaux, en particulier sur le rêve, sur
la psychopathologie des enfants anormaux. Il a résumé ses 25 ans
d'enseignement psychologique dans un traité en 2 volumes, Psicologia
sperimentale (1929-1930).
— ■ Avec Léon Frédéricq (24 août 1851-2 septembre 1935),
disparaît un des grands noms de la physiologie contemporaine, un
biologiste au sens le plus large du terme. Successeur de Schwann,
en 1879, il occupa 40 ans la chaire de de l'Université de
Liège, fondant l'Institut qui porte aujourd'hui son nom (et que
dirige son fils Henri Frédéricq).
Il publia jusqu'au dernier jour les Archives internationales de
Physiologie. Parmi ses nombreuses et importantes recherches, on CHRONIQUE 879
peut rappeler, pour leur caractère biologique général, celles qui
concernèrent l'autotomie des crustacés.
Il accepta de collaborer à L'Année Psychologique, en 1904, publiant
des revues générales très remarquées sur le système nerveux (t. X
à XIII).
— Quelques mois plus tôt, un autre grand physiologiste avait
disparu, à peu près au même âge (85 ans), Sir Ed. Sharpey Shafer,
qui fut professeur de physiologie à l'Université de Londres, fonda
teur du Quarterly Journal of experimental Physiology, et l'un des
membres fondateurs de l'importante Physiological Society en 1876.
11 imagina les méthodes d'enregistrement pléthysmographique, mit
en évidence des mouvements associés des yeux provoqués par
l'excitation de certaines régions de l'écorce cérébrale, et, ces
dernières années, consacra d'importantes études à la question de la
récupération des sensibilités consécutives aux sections de nerfs
cutanés.
■ — Le nom de A. Goldscheider (décédé en septembre 1935)
restera lié aux points de chaud et de froid, dont il découvrit la di
scontinuité spécifique en 1884 (à peu près en même temps que Blix
et Donaldson). Neurologiste, directeur pendant de longues années, de
la clinique médicale de Berlin, il s'intéressa toute sa vie aux problèmes
neuropathologiques et psychophysiologiques relatifs aux sensibilités
cutanées, discutant avec Von Frey auquel il s'opposait sur presque
tous les points (contestant l'indépendance de la sensibilité doulour
euse, défendant la notion d'un tact profond, etc.) Il établit (1887-
1893) la distinction des sensibilités musculaire, articulaire et ten
dineuse, et s'attacha ces dernières années au mécanisme de la sen
sibilité thermique.
Outre le recueil de 1898 (Gesammelte Abhandlungen), on peut
citer, dans ses œuvres, l'intéressant volume consacré à la douleur
{Der Schmerzproblem, 1920) et son important article sur le sens ther
mique dans le grand Traité de Physiologie de Bethe.
— On a annoncé, le 9 septembre 1935, la mort, à 69 ans, de
M. L. Patrizi, anthropologiste et psychophysiologiste bien connu
pour ses recherches sur l'attention, le travail, etc., qui dirigea long
temps l'Institut de Physiologie de Modène. Il avait été élève de
Mosso et avait succédé à Lombroso dans la chaire d'anthropologie
criminelle de Turin. C'est lui qui imagina, par l'inscription graphique
du temps de réaction à partir d'une origine commune, de rendre
évidentes les oscillations de l'attention, dont le rythme lui paraissait
très caractéristique de chaque individualité (« Prosexigrammes »). Il
enseignait physiologie et psychophysiologie à l'Université de Bologne.
— Ce fut une mort bien prématurée que celle de Fr. W. O. Giese,
professeur à l'École technique de Stuttgart, décédé subitement le
12 septembre 1935 dans sa 46e année (né le 21 mai 1890). Il avait
fondé 1' « Institut für praktische Psychologie » de Halle en 1918, et il a
réalisé, en psychotechnique une œuvre très considérable de mise au
point, avec son Handbuch der Arbeitswissenschaft, son Handbuch
psychotechnischer Arbeitsprüfungen (1921), ses nombreux manuels, 880 CHRONIQUE
son lexique psychologique, sa collaboration au grand traité métho
dologique d'Abderhalden, etc.
Il avait été élu membre du Conseil de l'Association internationale
de Psychotechnique à la Conférence de Prague en 1934.
— - Le 20 octobre 1935, s'est éteint à 67 ans, après une longue et
pénible maladie, le philosophe français Xavier Léon, qui avait fondé
la Société de Philosophie et la Reçue de Métaphysique et de Morale
(en 1893), et fut un des initiateurs des Congrès internationaux de
Philosophie ; il joua un rôle important dans l'évolution de la phi
losophie qu'il chercha à rapprocher de la science, attirant un grand
nombre de savants, y compris des psychologues, à la Société de
Philosophie.
— - François Simiand a disparu le jour anniversaire de sa
62e année, le 18 avril 1935. Agrégé de philosophie, il s'orienta très tôt
vers les études sociales et économiques, s'adonnant tout particuli
èrement aux recherches statistiques. Il fit partie du groupe de
L'Année sociologique, aux côtés de Durkheim, depuis la première
heure (1896). Professeur au Conservatoire des Arts et Métiers, puis
au Collège de France (où il vint occuper la chaire d'histoire du travail
à la mort de Georges Renard), il laisse de nombreux ouvrages, dont le
magistral traité sur la Monnaie fut le couronnement de son œuvre ;
il sut y montrer le rôle des facteurs psychologiques au milieu des
éléments proprement sociaux qui régissent les processus économiques
et sut dégager les principes d'une méthodologie précise. Ce fut un
véritable savant, d'esprit rigoureusement expérimental, s'appliquant
à un domaine dans lequel l'expérimentation est particulièrement
difficile à utiliser.
— En août 1935, un autre philosophe français, logicien celui-ci,
Edmond Goulot (né le 13 novembre 1858), est décédé. Contemporain,
à l'École Normale, de Pierre Janet et de Durkheim, il consacra sa
thèse, en 1898, à un Essai sur la classification des sciences. Il avait
succédé en 1905 à Hannequin dans sa chaire d'« histoire et philo
sophie des sciences » à l'Université de Lyon, chaire qu'il occupa
jusqu'à sa retraite, en 1929.
Il se préoccupa à maintes reprises des rapports de la logique et de
la psychologie sur le terrain de laquelle il pénétra à maintes reprises
(dans des études sur le souvenir du rêve, la théorie physiologique de
l'association, l'aphasie de Broca, la vision droite, etc.) Son œuvre
maîtresse est le Traité de Logique publié en 1918.
— C'est Lionel Landry, dont on connaît les études relatives aux
problèmes d'esthétique psychologique, en particulier sur le rythme,
membre de la Société française de Psychologie, qui a disparu le
1er janvier 1935, sous son nom véritable de M. Dally, directeur
honoraire de la Monnaie.
— Albert Mairet (18 février 1852-8 novembre 1935), retraité
depuis 13 ans, avait été doyen pendant 26 ans de la Faculté de
Médecine de Montpellier où il était chargé de l'enseignement clinique
des maladies mentales et nerveuses. Outre d'importants travaux de
neuro-psychiatrie de guerre, alors qu'il dirigeait le centre de la
XVIe Région, on peut rappeler qu'il publia divers travaux psycho- CHRONIQUE 881
pathologiques, auxquels on peut rattacher son livre sur la démence
précoce, écrit en 1920, en collaboration avec Margarot.
— • Louis Joubin (27 février 1861-22 avril 1935), membre de
l'Institut, professeur honoraire au Muséum, ancien directeur de
l'Office des Pèches, directeur de l'Institut Océanographique, fut un
biologiste qui s'intéressa aux problèmes d'éthologie des animaux, en
particulier des Invertébrés.
— Victor Morax (né à Morges, en Suisse en 1866) fut un des
maîtres de l'ophtalmologie moderne, dirigeant les Annales d'Oculis-
tique, et s'intéressant aux problèmes de neurophysiologie oculaire :
il a publié d'importantes études sur les troubles de vision consécutifs
aux traumatismes occipitaux, dans les blessures de guerre. Il est
mort le 14 mai 1935.
— Physico-biologiste, professeur à la Faculté de Médecine de
Paris, Zimmern, à qui l'on doit (avec Ghavany) un grand traité de
Diagnostic et thérapeutique électroradiolo gique des maladies du système
nerveux (1930), et qui est décédé à 62 ans le 12 avril 1935, avait
consacré toute une série de recherches au réflexe psychogalvanique
et à son utilisation diagnostique, construisant un dispositif pratique
d'étude de ce réflexe.
— Licencié de philosophie et de sciences naturelles, docteur es
sciences, J. P. Nayrac, qui est mort en 1935, à l'âge de 56 ans, comme
censeur du Lycée de Marseille, avait dirigé pendant quelques années
un Laboratoire psychopédagogique à l'LTniversité de Lyon, et publié
un livre, Psychologie et physiologie de V attention, qui avait été récom
pensé par l'Académie des Sciences morales (Prix Saintour, 1905) et
préfacé par Th. Ribot.
— Edouard Fuster, professeur au Collège de France, décédé à
66 ans en juillet 1935, avait, comme secrétaire général de l'Institut
Lannelongue d'Hygiène sociale, provoqué des recherches sur la phys
iologie du travail et l'orientation professionnelle.
— • Philippe Tissié, mort à Pau à l'âge de 82 ans le 4 juin 1935,
était connu pour un intéressant ouvrage sur Les rêves (écrit en 1890
alors qu'il était bibliothécaire de la Faculté de Médecine de Bordeaux)
autant que pour son apostolat en faveur de l'éducation physique
suivant les directives de la gymnastique suédoise.
— Le 14 septembre 1935 est décédé Albert Laugier, inspecteur
honoraire de l'Enseignement primaire, ancien directeur d'École
normale, qui avait participé au mouvement pédagogique en France,
avec le souci de l'orienter dans un sens rationnel et de réaliser la
liaison avec la psychologie scientifique.
— En septembre 1935 est décédé bien prématurément, dans sa
32e année, le beau-frère d'Ed. Toulouse, le Dr Courtois qui, médecin
de la colonie de Chezal-Benoit et assistant de l'hôpital Henry
Rousselle, avait déjà publié un grand nombre de travaux de psy
chiatrie et de psychopathologie.
— René Semelaigne, ancien président de la Société médico-
psychologique, porteur d'un nom historique en psychiatrie, s'était
spécialement consacré, en ce domaine, aux études historiques. Il
est mort le 16 novembre 1934, dans sa 79e année.
— Mme E. Sokolnika, décédée en 1935, était une ancienne élève
l'année psychologique, xxxv 56 ■
882 CHRONIQUE
de Freud et de Jung à Zurich, et appartenait à la Société française
de Psychanalyse.
— Bien qu'astronome de profession, Jean Mascart, emporté par
la maladie le 28 mai 1935, à 63 ans, s'était vivement intéressé aux
problèmes psychologiques et métapsychiques, et il avait été parmi les
membres fondateurs, en 1900, de l'Institut général psychologique.
— C'est à l'âge de 38 ans seulement qu'est disparu, le 11 juin 1934,
l'éminent pédologue et psychologue russe L. S. Vygotski dont la
réputation en U. R. S. S. était déjà grande ; il avait publié plusieurs
ouvrages, dont un livre sur les principes de pédologie, et un traité de
psychologie éducative.
— Otto Bobertag, mort à Breslau le 25 avril 1934, à l'âge de
55 ans, était un spécialiste de la psycho-pédagogie, et l'on connaît
ses tests d'intelligence enfantine, son adaptation de l'échelle de
Binet et Simon.
— Le 20 septembre 1934 décédait subitement Victor Mercante,
le grand pédagogue argentin, qui avait été créateur du Laboratoire
de Psychologie expérimentale de l'Université de La Plata, et avait
présidé, comme doyen, aux destinées de la Faculté des Sciences de
l'Éducation. Il était âgé de 64 ans.
Parmi ses nombreux ouvrages (car il a écrit plus de 20 livres),
on peut citer la Psychologie de Vaptitude mathématique de Venfant
(1904), la Crise de la puberté (1918), la Pédologie et la Pédagogie,
l'étude sur Le Langage musical (1930).
— C'était un pédiatre anglais bien connu que Shepherd Dawson
(mort à 55 ans, le 28 mars 1935) : psychologue consultant à l'Hôpital
royal des Enfants malades de Glascow, président de la section psycho
logique au Congrès d' Aberdeen (1934) de la British Association, il
s'était particulièrement consacré à l'influence des maladies sur l'inte
lligence des enfants.
— Signalons encore la mort de deux pédagogues éminents,
Manuel Bartolomeo Cossio, la plus haute autorité en Espagne en
matière d'éducation ; esprit ouvert aux méthodes nouvelles d'ins
piration scientifique, à qui ont été faites des funérailles nationales
(décédé à Madrid le 2 septembre 1935), et le Dr Otto Glöckel qui
avait dirigé la magnifique réforme scolaire réalisée à Vienne, ainsi que
celle du neurologiste Spielmeyer (1879-1935) qui avait succédé à
Kraepelin à la direction de la Forschungsanstalt, du graphologue
Robert Saudek (mort le 15 avril 1935, à l'âge de 54 ans), et de
Magnus Hirschfeld (décédé à Nice, en exil, le 14 mai 1935 à l'âge
de 67 ans), qui s'était consacré toute sa vie aux études sexolo-
giques, et avait publié pendant plusieurs années un Jahrbuch jilr
Sexualwissenschaft.
■ — Enfin nous avons appris avec tristesse la mort, survenue à
l'âge de 29 ans, en octobre 1935, de Mlle A. Lévy, élève titulaire de
l'École des Hautes Études (Laboratoire de Psychologie appliquée),
de qui la dernière Année Psychologique avait publié le mémoire,
en collaboration avec Mme Korngold, sur la conduite dans l'effort
mental imposé. ■
CHRONIQUE 883
PERSONALIA
— ■ En remplacement de Marcel Foucault, admis à la retraite,
c'est G. Poyer, déjà à l'Université de Montpellier, qui a été nommé
professeur de philosophie.
— Le Dr Mario Camis (dont on connaît les études sur le méca
nisme des émotions et les fonctions vestibulaires) succède au regretté
Patrizi à l'Université de Bologne.
— Pendant l'été de 1935, W. Stern a été appelé à enseigner à la
Duke University (North Carolina), et W. Köhler, qui a dû aban
donner la direction de l'Institut de Psychologie de Berlin, à l'Uni
versité d'Iowa et au Swarthmore College.
— Le Pr Lashley a quitté l'Université de Chicago pour l'Uni
versité Harvard.
— Au Teachers College de Columbia, à New- York, a
été appelé à faire des conférences d'été sur la psychologie de l'enfance
et de l'adolescence G. D. Stoddard, directeur de la Station de
recherches sur l'enfant à l'Université d'Iowa.
— Le titre de lecteur de psychologie industrielle à l'Université de
Londres a été donné à G. P. Crowden.
— • Mlle Biegel, qui dirige le laboratoire psychotechnique des
P. T. T. en Hollande, a été chargée de l'enseignement de la psycho
technique à l'Institut Polytechnique de Delft.
— Le Pr Marinesco, le célèbre neurologiste roumain, a pris sa
retraite, à l'Université de Bucarest.
— ■ De nombreuses commémorations jubilaires ont été célébrées,
en l'honneur du 70e anniversaire du Pr Robert Sommer, ancien
recteur de de Giessen (notes commémoratives de Goring
et Jung dans le numéro de décembre 1934 du Zentralblatt für Psy
chotherapie), et du 60e anniversaire de Jung, à Zurich (publication
d'un « Festschrift », intitulé Die Kulturelle Bedeutung der Komplexen
Psychologie, avec études de 24 collaborateurs, dont deux Français,
L. Lévy-Bruhl et Yves Le Lay) ; du 70e anniversaire du
Pr Matatara Matsumoto, de Tokio (numéro commémoratif dans
le volume IX du Japanese Journal of Psychology) ; du 80e annivers
aire du Pr C. Winkler (fête jubilaire en mai 1935), qui continue la
publication de son très important Manuel de Neurologie.
— Un comité (présidé par Joseph Bédier, avec, comme secré
taires, G. Dumas et H. Piéron) s'était constitué pour offrir une
médaille à Pierre Janet, prenant sa retraite de professeur au Collège
de France après plus de 40 années d'enseignement. La remise de
cette médaille en même temps que de la cravate de commandeur de
la Légion d'honneur, a été faite au maître de la Psychologie patho
logique dans une cérémonie intime qui s'est déroulée dans le cabinet
de l'administrateur du Collège de France, le 7 juin 1935, avec des
allocutions de J. Bédier et G. Dumas, et une réponse émue de
P. Janet.
— Le Pr André Mayer, du Collège de France, dont on connaît
les études de psychophysiologie (sur la soif en particulier) a été élu
membre de l'Académie de Médecine. ■
884 CHRONIQUE
— A l'occasion de la création au Brésil d'une Faculté des Lettres,
G. Dumas a été appelé à nouveau à Rio de Janeiro, dont il est citoyen
d'honneur, et où il a été particulièrement fêté.
— Une série de leçons ont été faites cet été 1935 à Rio de Janeiro
par H. Wallon, au titre de l'Institut franco-brésilien de Haute
Culture.
— Le prix Dagnan-Bouveret de l'Académie des Sciences Morales
a été décerné, en 1935, simultanément à J. Lacan, Goblot, Renée
Dejean et Philippe Fauré-Frémiet.
PÉRIODIQUES
— ■ Les Ada Psychologica, édités par G. Révész chez Martinus
Nijhoff à La Haye, ont commencé à paraître en] 1935, avec un comité
international de rédaction, comprenant Bartlett, Boring, Brugmans,
Bühler, Burt, Ghiba, Glaparède, Erismann, Gemelli, P. Janet, Katz,
Köhler, Lashley, Marbe, Matsumoto, Me Dougall, Michotte, Mira,
G. E. Müller, Myers, Pavlov, Pear, Piaget, Piéron, Ponzo, Roels,
Rubin, Schjelderup, WT Stern, Twardowski et Yerkes. (Abonne
ment : 12 florins.) Dans le premier fascicule ont été publiés 23 rap
ports ou communications du Congrès international de Psychologie
de Copenhague (en l'absence de publications de ce Congrès).
— Le tome I (xn + 222 pages) des Analele de Psihologie, qui a
paru en 1934, sous la direction du Pr Radulescu Motru, avec,
comme rédacteur en chef, I. M. Nestor, renfermait une intéressante
série de 6 mémoires et de 7 notes. C'est l'organe de la Société rou-'
maine de recherches psychologiques. On doit saluer avec sympathie
l'apparition de cette revue roumaine.
■ — En 1935 a vu le jour le tome I des Anales del Istituto de Psico-
logia (Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université de Buenos
Ayres) revue argentine dirigée par le Pr Enrique Mouchet, directeur
honoraire de l'Institut de Psychologie, avec une série d'études de
Mouchet, Jakob, Beitran, Loudet, Bosch, Jesinghaus, Jachesky et
Faradori.
— • Un Japanese Journal of experimental Psychology, bisannuel
(n° 1 en avril 1934), a été fondé par l'Association de Psychologie
expérimentale de Kyoto, avec un comité editorial de 13 membres,
(comprenant Ataka, Kato, Miyagi, etc.).
— Les Archives belges des Sciences de F Education (tome I, 1er juil
let 1935, tome II, 1er octobre), constituent le Bulletin périodique du
Centre national d'éducation Decroly (2 Vossegat, à Uccle), dirigé
par René Jadot, avec un comité scientifique composé de 20 membres
belges et d'une série de membres d'honneur étrangers. Mlle Jadoulle
occupe le secrétariat de la revue.
Dans les deux premiers numéros signalons, outre l'introduction
et une étude sur Milieu et éducation, de René Jadot, les articles de
J. E. Segers (Globalisation et écriture), Ferrière (Loi biogénétique),
Mlle Jadoulle (Le milieu familial ; La fiche psychologique de M. et
Mme Piéron), Brunshausen (Études expérimentales de la volonté)
Julia Degand (Méthodologie des centres d'intérêt associés), etc. CHRONIQUE 885
— U International Journal of individual Psychology, publié par
Adler à Chicago, a sorti son premier numéro en avril 1935, tandis
qu'en mai 1934 paraissait le fascicule de la Zeitschrift für
Psychologie und Sexualökonomie publiée parE.P arell à Copenhague.
— C'est 1934 qui constitue la première année de la Psychotherap
eutische Praxis (Vierteljahrschrift für praktische ärztliche Psychot
herapie) publiée par W. Stekel (Vienne), A. Kronfeld (Berlin),
O. L. Forel, Morgenthaler et Staehelin pour la Suisse, Bjerre
(Stokholm), Bruel (Copenhague) et Tomasson (Rejkjavik), chez
Weidmann et Co. (Vienne). Le fascicule 3 du tome II (juillet 1935) a
été consacré à la psychothérapie enfantine.
— La Revue d'Art et d'Esthétique, publiée depuis 1935 par
Mlle Nedelcovici dans la collection « Esthétique et Science de l'Art »,
23, rue de Constantinople, à Paris, a un imposant conseil de rédaction,
présidé par Paul Valéry. Dans le premier numéro, relevons, outre
les débuts d'un vocabulaire d'esthétique et science de l'art présenté par
Basch, des articles de H. Focillon (Vie des formes), V. Basch (Esthé
tique et science de l'art), Ghyka (Science et esthétique), Ch. Lalo
(Variations du goût et sociologie), Et. Souriau (L'idée d'art pur).
— La Société française d'anesthésie et analgésie publie une revue
trimestrielle, Anesthésie et Analgésie, à la Librairie Masson, avec,
comme rédacteur en chef, Robert Monod (premier fascicule en
février 1935).
— A partir du tome XLVIII, la Zeitschrift für angewandte Psyc
hologie, dirigée par O. Klemm et Ph. Lersch ajoute à son titre :
... und Charakterkunde.
— Le Personnel Journal change de caractère en 1935, et donne
plus de place au point de vue pratique et social, abandonnant les
études proprement psychologiques.
— En remplacement du regretté Warren, c'est Langfeld qui
édite la Psychological Review, remplacé par J. Peterson à la tête des
Psychological Monographs, cependant que c'est J. A. Me Geoch
qui devient éditeur du Psychological Rulletin, en remplacement de
E. S. Robinson.
LE XVe CONGRÈS INTERNATIONAL DE PHYSIOLOGIE
A LENINGRAD ET MOSCOU
Plus de 1.500 participants, dont un tiers environ de physiologistes
soviétiques, se sont trouvés à Leningrad le 9 août 1935, pour l'ouver
ture, dans le palais Uritzky (construit par Catherine II Potem-
kine, et qui fut le siège de la Douma) du XVe Congrès international de
Physiologie, sous les feux d'innombrables projecteurs, permettant
aux opérateurs de cinéma de filmer en toutes directions les orateurs,
et les assistants qui, coiffés du casque récepteur, pouvaient écouter
ces derniers, parlant ou traduits, chacun selon ses préférences, dans
l'une des cinq langues admises. Ils pouvaient ainsi applaudir l'éner
gique discours présidentiel du magnifique savant dont s'enorgueillit
l'U. R. S. S., Ivan Petrovitch Pavlov, se recueillir à l'évoca
tion des grands disparus depuis le Congrès de Rome — cependant 886 CHRONIQUE
qu'un hymne funèbre s'élevait, admirablement exécuté par une
musique militaire — suivre les allocutions, prononcées naturellement
aussi en langue russe, par le délégué du gouvernement soviétique
Akulov, le président du Soviet de Leningrad Kadatski, et les
paroles de bienvenue du vénérable savant Karpinsky, enfin plein
ement comprendre la belle adresse de Gannon, qui, avant d'exposer
les données récentes sur la transmission par voie chimique des actions
nerveuses, tint à parler de la recherche, et de ses exigences, matér
ielles et morales.
Du 10 au 16 août se tinrent, divisées en 5 sections, les séances
scientifiques consacrées aux communications du Congrès (plus
de 500 dont un grand nombre, faites par les membres, au nombre
de plus de 50, de la délégation française, présidée par L. Lapicque).
La séance de clôture se tint dans la salle du Conservatoire de
musique de Moscou (où les membres du Congrès furent transportés
en une nuit par une série de trains, dont plusieurs composés de
magnifiques sleepings, après s'être embarqués salués par la musique
de la Flotte et une pluie torrentielle comme je n'en ai jamais connu,
même sous les tropiques). On entendit les adresses en français du
Pr Ukthomsky, fidèle disciple de Wedensky sur la « labilité »
physiologique et l'inhibition, et de L. Lapicque (Quelques progrès
récents dans la connaissance du système nerveux).
Le temps fut bien court, au long de ce Congrès, avec les soll
icitations multiples des séances de travail, des musées (comme
l'incomparable musée de l'Ermitage agrandi, enrichi, remanié),
des œuvres sociales et des établissements industriels, des laboratoires
et instituts scientifiques, etc.
Que dire des fastueuses réceptions ménagées au Congrès, de la
soirée offerte la veille de l'ouverture dans la salle de marbre du
magnifique Musée d'Ethnographie, de la visite, au soir, de Peterhof,
aux ors éclairés par des milliers de bougies, dont le charme italien
fut particulièrement goûté quand des feux multicolores dessinèrent
les innombrables jets d'eau et les capricieuses fontaines, avec retour
nocturne de quatre cents autos dans la ville de Leningrad ill
uminée dont l'activité ne paraît jamais s'arrêter, du festin offert par
le Soviet de Leningrad dans les salles dorées du palais Catherine de
Detskoié Sélo, avec défilé en musique pour apporter le buste en
glace de Pavlov auprès de son illustre modèle, à côté de la statue,
tout aussi fondante, élevée au « chien inconnu » en copie de celle qui
orne aujourd'hui le nouvel Institut du maître des réflexes condi
tionnels, des séances de cinéma, de la soirée théâtrale où défilèrent
les grandes vedettes de l'Union, de la réception et des banquets
donnés par le gouvernement, dans la salle de marbre des Chevaliers
de Saint-Georges et les salles adjacentes, au palais du Kremlin, du
spectacle inoubliable du meeting d'aviation de Touchino où se
pressaient les assistants par centaines de mille !
Ce qui suscita, plus encore que ces fastes, l'admiration unanime
des congressistes, ce fut la visite des Instituts scientifiques où tra
vaillent des centaines de chercheurs à qui sont donnés très largement
tous les moyens de travail dont ils ont besoin, chez le Pr Orbeli, à
l'Académie militaire (où travaillèrent Setchenov et Pavlov), à Tins-

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