Chronique - compte-rendu ; n°1 ; vol.41, pg 663-674

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L'année psychologique - Année 1940 - Volume 41 - Numéro 1 - Pages 663-674
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1940
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Chronique
In: L'année psychologique. 1940 vol. 41-42. pp. 663-674.
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Chronique. In: L'année psychologique. 1940 vol. 41-42. pp. 663-674.
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NÉCROLOGIE
Les circonstances ne permettent guère d'enregistrer que dès deuils,
*t d'est une liste assez longue, bien que certainement incomplète, que
nous devons énumérer pour les années écoulées, en nous arrêtant à
fin 1944, bien que le volume de L'Année psychologique concerne
seulement les années 1940 et 1941, étant donné le retard de la publication.
— B. Bourdon. — Né en 1860, décédé le 11 juillet 1943, Bourdon
fut un expérimentateur passionné, qui, lorsqu'il dut prendre sa
retraite comme professeur à l'Université, de Rennes ou il était
demeuré de 1895 à 1931, continua à venir au Laboratoire y tenir,
disait-il, le rôle d'un préparateur.
Il avait été se former aux méthodes nouvelles de la psychologie
scientifique, après l'agrégation de philosophie en 1886-87," grâce à un
séjour aux Universités de Heidelberg et de Leipzig. Il entra dans
l'enseignement supérieur après avoir soutenu en 1892 une thèse
sur l'expression- des émotions et des tendances dans le langage.
Ses publications nombreuses ont presque toutes porté sur les
résultats de ses recherches de laboratoire. Un grand nombre de
celles-ci eurent trait aux perceptions spatiales, et permirent en parti
culier cette mise au point fondamentale qu'apportait en 1902 l'ou
vrage sur La Perception visuelle de Vespace, sans s'interrompre pour
cela. Rappelons les contributions de Bourdon au Traité de Psychologie
de G. Dumas, sur les sensations et Jes perceptions, et le livre de 1926
sur L'Intelligence. On emploie encore bien souvent le test de barrage
de lettres pour l'étude de l'attention sous le nom de « test de Bourdon ».
— Victor Henri (1872-1940). — En' Victor Henri, U Année
psychologique perd son premier secrétaire de rédaction. Dès 1895,
lorsque Beaunis et Binet fondèrent L'Année psychologique, les noms
de deux collaborateurs principaux figuraient a côté des leurs sur la
couverture du premier volume, ceux de Th. Ribot, déjà illustre, et
•de Victor Henri, jeune élève du Laboratoire de la Sorbonne. Du
3e au 7e volumes, il exerça la charge de secrétaire de rédaction,
figurant ensuite comme collaborateur principal, avec Beaunis et
Ribot, jusqu'au 10e volume, en 1904. On lui dut nombre d'analyses
et d'excellentes revues critiques, sur le sens du lieu de la peau, sur
le sens musculaire, sur l'application du calcul des probabilités à la
psychologie ; et V Année, conjointement avec la Revue philosophique 664 CHRONIQUE
de Ribot, accueillit ses travaux originaux, relatifs en particulier à la
mémoire et à la psychologie individuelle, dont plusieurs en collabora
tion avec Binet. À partir de 1892 il avait entrepris, à la Sorbonne»
sur les perceptions spatiales tactiles, des recherches qu'il alla pour
suivre au Laboratoire de Wundt, à Leipzig, sous la direction de
Külpe (de mai 1894 à janvier 189Q), puis à Göttingen chez G. E. Müller
(de mars 1896 à mars 1899), ou il obtint le grade de docteur en philo
sophie avec son livre lieber die Raumwahrnehmungen des Tastsinnes.
Mais, bientôt, emigrant au Laboratoire de Physiologie de la
Sorbonne, où il devint préparateur de Dastre, il s'orienta, sous l'in^
fluence de Jean Perrin, vers l'application à la biologie des techniques
nouvelles de la chimie physique, et, abandonnant la physiologie elle-
même, il poursuivit une carrière de physicien, avec une préoccupation,
d'applications industrielles, comme professeur à l'École Polytechnique
de Zürich, puis à l'Université de Liège.
De son qeuvre psychologique de jeunesse, si le Traité de Psychologie
moderne, en collaboration avec Binet, annoncé en 1897, n'a jamais vu
le jour, il reste tout au moins un important ouvrage dû à ces deux
auteurs, La Fatigue intellectuelle (1898).
Le nom de Victor Hejiri, en dehors du domaine principal de son
activité scientifique, restera lié aux premiers développements de la
psychologie scientifique française, et L'Année psychologique se devait
de saluer la mémoire de ce savant eminent, de si belle intelligence,
qui fut un de ses tout premiers et très actifs collaborateurs.
— J.-M. Lahy (8 août 1872-22 août 1943). — C'est, peu après
avoir atteint sa 7.1e année, que s'est éteint brusquement le secrétaire
général des Conférences internationales de psychotechnique, bien
connu pour son œuvre dans le domaine de la psychologie appliquée.
Il était entré en 1907 comme préparateur au Laboratoire de Psychol
ogie expérimentale dirigé par Edouard Toulouse, à l'asile de Ville-
juif et y devint chef des travaux et directeur adjoint avant d'obtenir
la direction d'un Laboratoire de Psychologie appliquée à l'École
pratique des Hautes-Études en 1927, jusqu'à sa retraite en 19a 9/
II avait été chargé de l'enseignement pratique de la psychologie
appliquée à l'Institut de Psychologie de l'Université de Paris, et avait
assumé la direction d'une sériede laboratoires industriels (Société
des Transports en commun de la région parisienne ; Chemins de fer
du Nord"; Fabrique nationale d'armes d'Herstal en Belgique; Che
mins de fer polonais ; Compagnie des tramways de Marseille).
Après des recherches sur la méthode graphique en général, il
s'était consacré à la mise au point de dispositifs techniques précis,
utilisables en matière de sélection professionnelle. Les problèmes d'or
ganisation du travail, en particulier au point de vue de la fatigue
professionnelle et des accidents du travail, l'orientation professionn
elle, l'analyse de la frappe dactylographique, l'étude des professions
des transports, furent les principaux sujets de ses publications.
En 1916 il publiait un petit volume sur le Système Taylor, et en 1927
un ouvrage d'ensemble sur La Sélection des conducteurs de tramways
et d'autobus, (rnit de son expérience. Les excellents résultats obtenus
par ses méthodes ont contribué à donner confiance en la valeur des 665- CHRONIQUE
méthodes psychotechniques, et la psychologie appliquée française
doit beaucoup à son œuvre persévérante.
— - L. Dugas. — Décédé en 1943, Dugas était certainement
le doyen des psychologues français. Il était né en effet le
22 décembre 1857. Docteur es lettres en 1895, il n'avait pourtant,
pas. quitté l'enseignement secondaire, prenant en. 1924 sa retraite
de professeur de philosophie au Lycée de Rennes. On lui doit une
série d'ouvrages sur la timidité (La Timidité, en 1897, Les Grands
timides, en 1922, Les Timides dans la Littérature et dans VArt,
en 1925), II publia une Psychologie du rire en 1902, et écrivit le
volume sur L'Imagination dans la Bibliothèque de Psychologie
d'Éd. Toulouse en 1903, ainsi qu'un livre de la Bibliothèque Flammar
ion sur, La Mémoire et V Oubli (1917). Signalons encore l'ouvrage
publié en collaboration avec le neurologiste français Moutier, sur
La Dépersonnalisation, en 1911 et l'étude sur Le Philosophe Ribot,
en 1924. y
— Guy Vermeylen. — C'est à l'âge de 52 ans seulement, qu'est
décédé en février 1943 Guy Yermeylen, psychiatre et pédologiste
belge bien connu pour ses importantes études sur les débiles mentaux..
Né à Bruxelles le 18 juillet 1891, après avoir été médecin de la colonie
de Gheel, il était revenu dans la capitale où il dirigeait un service*
de psychiatrie infantile et occupait une chaire à l'Université libre..
Il était président de la Ligue nationale belge d'Hygiène mentale. On
ui doit des livres sur V Examen psycho graphique de V Intelli
gence (1924) et la Psychologie de Venjant et de V adolescent (1928).-
— James Me Keen Caïtell. — En 1944, s'est éteint, à 84 ans,
un des fondateurs de la psychologie scientifique aux États-Unis,
dont l'activité exerça une influence profonde et souvent décisive
pour l'intégration complète de la psychologie dans l'ensemble des
sciences expérimentales. Il avait étudié en Europe de 1880 à 1882, à
Göttingen, à Leipzig, à Paris, et à Genève, puis, après une année à
John Hopkins, il était retourné à Leipzig, chez Wundt, dont il fut
l'assistant, et chez qui il passa son doctorat de philosophie. Il se
sépara de Wundt eh assez mauvais termes, publiant à part, dans le
Brain (niai 1886) , un travail qu'il avait fait à Leipzig, en collaboration
avec Berger, et que Wundt insérait de son côté dans lès Philoso
phische Studien sous la seule signature de Berger. Il occupa divers
postes universitaires, devint chef du département de Psychologie à
Columbia, puis du département de Philosophie. Il se consacra bien
tôt aux nombreuses publications . qu'il fonda et dirigea : Science,
en 1894, et jusqu'à sa mort ; Popular Science Monthly (1900-1915) ;
Journal of Philosophy, Psychology and Scientific Methods (1904) ;
American Naturalist (1907) ; Scientific Monthly (1915) ; School and
Society (1915). Président en 1926 de la Psychological Corporation,
et en 1929 du Congrès international de Psychologie tenu à l'Univers
ité de Yale, il n'avait jamais perdu son ardeur combattive. Au
Congrès international tenu à Paris, en 1937, un solennel hommage
lui avait été rendu à propos de l'attribution, qui lui avait été faite,,
de la cravate de commandeur de la Légion d'honneur. ■
.
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'

666 CHRONIQUE \
- — Joseph Jastrow (1863-1944). — La même année que Cattell,
avec qui il avait collaboré dans l'étude sur les tests publiée par
la Psychological Review en 1898, et dont il , avait été le camarade
d'études à John Hopkins en 1883, un autre pionnier de la psychologie
scientifique américaine disparaissait aussi. Il avait occupé sans
interruption la chaire de psychologie de l'Université de Wisconsin,
de ses débuts jusqu'à sa retraite, pendant près de quarante ans
(de 18J88 à 1927). Son remarquable Manuel de Psychologie expériment
ale (en 1895), fut un des premiers publiés aux États-Unis. Son livre
sur La Subconscience fut édité en France avec une préface de Pierre
Janet, et il participa en 1907, avec Ribot, Janet, Münsterberg et
Morton Prince, à un important symposium sur cette question
(publié en 1910). On lui doit de nombreux travaux et toute une série
d'ouvrages. . -
— - Raymond Dodge (1871-1942). — La visite du Laboratoire
de Dodge à Yale, où il était entré comme professeur en 1924, après
avoir occupé d'assez diverses fonctions, permettait de se rendre
compte de ses magnifiques qualités de chercheur et de sa remarquable
technique d'expérimentateur. Il a établi un ensemble définitif de
données sur la motricité oculaire dans la vision, en particulier pour
l'acte de la lecture. Il a consacré d'importantes recherches aux
réflexes, aux sensations engendrées par. les rotations, à la fatigue, et
imaginé toute une série d'appareils;.
— Kurt Koffka (1886-1941). --C'est en 1923 que j'avais fait
la connaissance de Koffka, qifa"aë-41 était venu à Oxford, pour le
Premier Congrès de Psychologie organisé après, la défaite de l'All
emagne dans la première guerre mondiale, le seul, avec Köhler, parmi
les Allemands, à avoir accepté l'invitation à cette réunion de collabo
ration scientifique internationale, boycottée par le réveil d'un natio-"
nalisme déjà exaspéré outre-Rhin. Il ne put trouver qu'aux États-
Unis la liberté qui lui était nécessaire et abandonna bientôt la natio-*
nalité germanique, en se fixant, comme professeur, au Smith College,
en 1927.
On connaît l'importance de sa contribution au grand mouvement
de la psychologie de la Forme, notamment par ses recherches sur les
perceptions ..visuelles — celles dé mouvement en particulier —
et sur le développement mental. Parmi ses publications les plus
importantes, on doit citer ses Beiträge zur Psychologie der Gestalt,
de 191<f. V . .
— Max Werthéjmer (1880-1943).— Fondateur principal de là
théorie de la Forme, bien que n'ayant que relativement peu pujbKé,
Wertheimer exerça une influence profonde sur la psychologie contemp
oraine, non seulement en Allemagne, mais dans le monde. Il publia,
à partir de 1921, avec Köhler et Koffka, la très importante revue
Psychologische Forschung; demeurant en Allemagne, alors que
Koffka et Köhler s'en étaient déjà éloignés, mais forcé à son tour de
s'expatrier par l'intolérance du nazisme, il est allé mourir aux
États-Unis. • -
.'
..:■ ■".'■• • ''". \ 667- CHRONIQUE
— Guy Montrose Whipple (1876-1941). — L'auteur bien connu
du très "utile Manual of mental and physical tests, dont la première
édition Rarut en 1920, le co-éditeur du Journal of educational Psycho
logy de 1910 à 1920, et du Journal of educational Research, le directeur
des National Intelligence Tests, au Conseil national de la Recherche
des États-Unis, avait joué un rôle important dans le domaine de la
psychologie pédagogique, dans la diffusion et la mise au point des
méthodes de tests. Il avait professé dans diverses Universités (Cor
nell, Illinois, Missouri, Michigan).
— C'est après une longue et pénible maladie qu'est décédée à
Paris en 1944 Jadwïga Abramson, âgée de 57 ans. Elle avait
quitté la Pologne pour la France après la première guerre mondiale,
et avait poursuivi des recherches de psychologie pédologique. Elle
avait publié en 1940 u'n intéressant ouvrage, préfacé par G. Heuyer :
L 'Enfant et l'adolescent, instables. ,
— W. Dràbovitch, après avoir travaillé chez Pavlov, était
venu au Laboratoire de Psychologie de la Sorbonne en 1912, pour
appliquer chez l'homme la méthode des réflexes conditionnels,
s'adressant au réflexe plantaire. Il fit ensuite du journalisme, puis
revint à la science, et à la physiologie des réflexes en
rapport avec la subordination qhronaxique, dans le Laboratoire de
Lapicque. Il s'intéressa aussi particulièrement aux applications des
notions pavloviennes à la psychologie sociale. Il avait publié un
livre de vulgarisation sur la appliquée : Comment s'adapt
er à la vie. Son livre de sociale préfacé par Pierre Janet,
Fragilité de la Liberté, et séduction des dictatures, est de 1934. Il est
mort à Vichy, en janvier 1943.
— Le grand neurologiste anglais Henry Head est décédé eft 1940
àl'âge.de 79 ans. Il était né le 4 août 1861. Membre de la Royal
Society il avait été l'éditeur de Brain de 1904 à 1920. Ses premières
publications concernèrent les douleurs viscérales et leurs réper
cussions cutanées (1893-1894). Il entreprit avec Rivers la première
expérience chez l'homme sur les effets sensoriels d'une section ner
veuse et de la régénération consécutive [A human experiment in
nerve division, 1908). Il étudia, avec Holmes, les troubles sensoriels
consécutifs aux lésions cérébrales (1911-1912). Disciple de Hughlings
Jackson, il donna une grande importance au principe de la libération
fonctionnelle, en particulier au point de vue de l'aphasie, à laquelle
il consacra un important ouvrage [Aphasia, 2 vol., 1926).
— Le biologiste Paul Marchal (27 septembre 1862-10 mars 1942),
de l'Académie des Sciences, avait fait de fort intéressantes études sur
les instincts des Insectes. Dans son exposé de titres de 1912, il avait
pu dire :'« Ma monographie sur l'instinct de Cerceris ornata. (1887),
est la première qui ait été écrite sur des Insectes à la lumière
de la théorie de l'évolution. »
— S'il fut avant tout zoologiste, Louis-Eugène Bouvier, doyen
de l'Académie des Sciences, professeur honoraire au Muséum, qui •
668 CHRONIQUE
s'est éteint à l'âge de 88 ans, le 15 janvier 1944, apporta d'impor-
'tantes contributions à la psychologie comparée par ses observations,
biologiques, et ses ouvrages de mise au point : La Vie psychique des
Insectes (1918); Habitudes et' Métamorphoses des Insectes (1921);.
Le Communisme chez les Insectes (1926). C'est assis & Année psycholo
gique qu'il avait publié, en 1900, son important mémoire sur les
mœurs des Bembex.
— Paul Vignon, décédé au début de 1944, était un biologiste-
vitaliste, qui interprétait par le jeu d'un animisme les formations
morphologiques susceptibles de jouer un rôle de protection chez les
Insectes, les faits d'homochromie, de mimétisme, etc. Ses concep
tions sur le rôle de « idée organo-formatrice », rattachant la structure
à l'instinct, ont été exposées en détail dans son grand ouvrage,
préfacé par Bouvier, L'Introduction à la Biologie expérimentale ,(1930)v
— - Connu comme biologiste, principal tenant des doctrines vita- .
listes, Hans Driesch, qui est mort en 1940, avait toujours occupé,
en réalité des chaires de philosophie (à Heidelberg, de 1909 à 1920,.
puis à Leipzig). Né le 28 octobre 1867, docteur en 1889, il a publié
de très nombreux ouvrages : Die Biologie als selbständige Grund-r
Wissenschaft und das System der (1893). Die organischen
Regulationen (1901). Das Vitalismus (1905). Philosophie des Organi*
sehen (1909). Leib und Seele (1913). Wissen und Denken (1919).
Grundprobleme der Psychologie (1926). Der Mensch und die \Velt(l927).. '
Metaphysik der Natur '(1927). ,
— Albert Millot (février 1876-octobre 1942) était chargé de
l'enseignement de la psychologie pédagogique à la Sorbonne. Agrégé
de philosophie en 1900, il avait fait sa carrière dans l'enseignement
secondaire jusqu'à sa retraite. H. venait de prendre la direction de Ja
Nouvelle Encyclopédie pédagogique et d'y publier un livre sur VÉdu-K
cateur et V action éducatrice faisant suite au volume sur Les Grandes
tendances de la Pédagogie contemporaine. Il avait présidé la Société
de Psychologie.
— Désiré Rgustan, décédé eri décembre 1941, était né lé
25 avril 1873. Professeur de philosophie, puis inspecteur général de
l'enseignement secondaire, il publia chez Delagrave un Manuel de
Psychologie qui eut, à partir de 1911, un grand nombre d'édtyions.
". ; — Raoul Leroy, mort en 1942, à l'âge de 74 ans, avait été-
médecin des asiles de la Seine ; il était connu pour sa description
des hallucinations lilliputiennes (1909-1926).
— J. Rogues de Fursac décédé en 1941, était âgé de 69 ans;
Médecin des asiles de la Seine ein re traite,, il fut un psychopathologiste
particulièrement fin et averti. Son livre de 1909 sur Les Écrits et
les dessins dans les maladies nerveuses, et mentales a fait autorité;
on lui doit encore un volume sur V Avarice (1911) et sur un Mouve
ment mystique contemporain (1907). CHROOTQÛR . Ö69
■ v — Jules Crépieux-Jamin (30 décembre 1858-24 octobre 1940),
était le maître de la graphologie française. Ses ouvrages essentiels
furent le Traité pratique de Graphologie (1885), L'Écriture et le carac^
tire (1888), et VA B C de la (2 vol. en 1929).
— - On a annoncé la mort, le 27 avril 1943, de Jean Wynch,
professeur de psychologie appliquée à l'Université de Lausahne,
celles, en 1941, de J. Lindworsky, à§é de 46 ans, professeur de
psychologie à l'Université allemande de Prague, de Max Isserlin,
ancien professeur à de Munich, décédé à 62 ans à Sheff
ield, le 7 février 1941, auteur de .travaux sur l'agrammatisme, et la
physiologie pathologique du langage, et de Bruno Petermann,
âgé de 43 ans, auteur de deux livres sur les problèmes de la Gestalt,
professeur pendant dix ans à l'Université germano-chinoise de
Shang-Haï.
: — L'esthéticien Victor Basch, assassiné avec sa femme par
<les miliciens à Lyon, en janvier 1944, était âgé de 81 ans ; le grand
philosophe et logicien Léon Brunschvig, réfugié à Aix, avait
75 ans quand il mourut quelques semaines plus tard, le 4 février 1944.
— Le 11 nôvembre-1944, décédait subitement Julien Fontegne,
un pionnier de l'orientation professionnelle en France, qui avait été
l'élève de Claparède à l'Institut Jean-Jacques-Rousseau, et l'un dés
fondateurs de l'Institut national d'Orientation professionnelle; il
suivait de quatre mois dans la tombe l'ancien directeur de l'Enseigne
ment technique Edmond Labbé, qui l'avait fait venir de Strasbourg
à Paris, pour assurer le développement de l'orientation en France.
— Les États-Unis ont perdu de nombreux psychologues pendant
les années de guerre, outre ceux de réputation mondiale, précédem
ment cités : •
Rudolf Pintner (1884-1942), le professeur d'éducation de
Columbia, à qui on doit de nombreux travaux sur les tests;
C. E. Ferrée (1877-1942), de John Hopkins, qui a accompli
dans le domaine de la vision une série impressionnante de recherches;
en collaboration avec Gertrude Rand (Mrs. Ferrée) ; E. S. Conklin
(1 884-1 942), de l'Université d'Oregon, soucieux de problèmes sociaux ;
J. A. Me Geoch (1897-1942), de l'Université d'Arkansas, dont les
travaux sur la mémoire, et en particulier sur l'inhibition rétroactive,
sont bien connus ; A. J. /Rosanoff (1878-1943), d'origine russe,
psychiatre et psychologue à qui l'on doit, outre un manuel de psy
chiatrie, d'intéressantes recherches sur l'association, avec une méthode
pour la détermination du caractère; J. B. Miner (1873-1943), de
l'Université de Kentucky; Fr. Kuhlmann (1876-1941) ; Barbara
S.Bucks (1902-1943); C. C. Brigham (1890-1943), de Princeton;
Eric Benjamin (1880-1943) ; Lillian Jane Martin (1851-1943),
ancienne élève de G. A. Müller, longtemps professeur à l'Université
Stanford ; F. B. Twitmyer (1873-1943), de l'Université de Pensylva-
nie ; F. K. Moss (1898-1943) ; Elisabeth Evans Lord (1890-1943) ;;
William Henry Burnham (1855-1941), professeur honoraire d'édu
cation à Clark. ; ': .
670 CHEO»I<JUR
— Parmi les pertes intéressant le domaine psychologique aux
États-Unis, on peut citer celle des deux grands anthropologistes,
Franz Boas (1858-1943), de Columbia, qui était d'origine allemande, \
et Ales Hrdlicka (1869-1943), du Muséum national de Washington,
qui -était d'origine tchèque ; l'ethnographe Br. Malinowski ; les
biologistes Raymond Pearl (né en 1879) et Goghill décédé en 1941 ;
les psychiatres Charles Macfie Campbell, Paul Schilder, Isador.
H, Coriat ; le fondateur de ÄLigue d'Hygiène mentale Cl. W. Beers.
— Trois savants hollandais bien connus et très âgés se sont
éteints à la fin de 1940 et au début de 1941 : l'anthropologiste
Eugène Dubois, à 82 ans, qui avait été professeur à l'Université
d'Amsterdam, à qui l'on doit la découverte du Pithécanthrope, et
la loi reliant le poids du cerveau au poids du corps ; le neurplogiste
C. Winkler, à 86 ans, ancien professeur aux Universités d'Amster
dam et d'Utrecht, et le psychiatre E. D. ^iersma, à 81 ans, profes^
seur émérite à l'Université de Groningue.
— Décédé en 1943, Louis Vervaeck, né à Bruxelles, le
13 avril 1872, avait fondé en 1911 un Laboratoire d'Anthropologie
criminelle à la prison de Bruxelles dont il était le médecin et s'était
consacré à la prophylaxie de la délinquance. Il fut, de 1920 à 1938,.
le directeur général du Service belge d'Anthropologie penitentiaii'e
— Le paléontologiste Marcelin Boulé, ancien professeur au
iiuséum, bien connu pour ses travaux sur l'Homme de La ChapeUe-
aux-Saints ,est décédé en juillet 1942, à l'âge de 81 ans, et, en août,
un autre professeur du Muséum, le zoologiste Louis Roule s'éteignait
à son tour ; il avait consacré de nombreux travaux à la biologie
des poissons, apportant des contributions à la psychologie, comparée.
%~ — R. Anthony, professeur d'anatomie comparée au Muséum,
mort brusquement en août 1941, à l'âge de 67 ans, avait particulièr
ement étudié le développement cérébral ; il était principalement
anthropologiste.
— Le 29 janvier 1942 est mort, présumaturément, le professeur
de physiologie de la Faculté des Sciences de Lyon, Henri Cardot,
auteur de nombreux travaux de neurophysiologie, et en sep
tembre 1942 est décédé subitement à Paris, le physiologiste de
l'Université d'Alger, A. Tournade, à Tage de 60 ans, connu pour
de belles recherches sur l'adrénalinémie.
— Deux jeunes zoologistes sont disparus précocement ',.: au Maroc
en 1941, J. de Lepiney qui avait consacré d'intéressantes études au
comportement des criquets, et, en Allemagne, le 5 mai 1939, Kurt
Sgoninà qui venait de déposer à l'Université d'Erlangen une thèse
de psychologie animale.. .
' r*^ Le neuropsychiatre Maurice Klifpel (30 mai 1858-20 juil
let 1942), s'est éteint à un âge avancé, tandis que c'est à l'aube de sa CHRONIQUE 671
carrière que Suzanne Leconte-Lorsignol, médecin-chef de l'Hôpit
al psychiatrique de Sotteville-lès-Rouen a péri au cours d'un bom
bardement aérien le 17 août 1942, peu après avoir passé une thèse
fort intéressante sur U Évolution des troubles du caractère à la puberté.
— La mort prématurée de René Jadot, gendre du regretté
Decroly, professeur d'École normale, bourgmestre d'Angleur et
merveilleux animateur, est une grande perte pour les milieux pédagog
iques de Belgique. Il avait fondé à Angleur en 1929, une École
expérimentale avec Laboratoire psychopédagogique. Dans ses
Cahiers de la Centrale, il avait édité d'importants volumes de Decroly,
Verlaine, Braunshausen, et lui-même y avait consacré un livre à la
question de l'École unique.
— Willie Falguière, décédé à 67 ans, le 7 décembre 1943,
avast dirigâl'éerte de Boutogne-sur-Seme, où fut installé initialemen
le Laboratoire de Psychologie péetologique du Pr Wallon, à l'École
pratique des Hautes-Études, Laboratoire auquel il avait, été attaché
comme chef des travaux, se montrant un collaborateur particulièr
ement dévoué.
— Enfin, on a signalé la mort de trois membrées de la Société
allemande de Psychologie, en 1943, le Pr W. J. Ruttmann, né en 1884,
Georg Dieter, né en 1898 et Hermann Klaus, né en 1908, les deux
derniers tués à la guerre.
LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PSYCHOLOGIE
— Sur l'initiative de M. Piéron, la Société française de Psycholog
ie s'est réorganisée le 1er mars 1941 ; elle a constitué son bureau,
appelant à la présidence M. Pradines, à la vice-présidence M. Poyer,
et désignant M. Delay comme secrétaire général en remplacement
de, M. Meyerson, absent de Paris, avec maintien de M. Luquet
comme trésorier ; elle a procédé à une révision de ses statuts et de
son règlement, porté à 60 le nombre de ses membres titulaires, .
désigné un Conseil composé d'anciens présidents (MM. Guillaume,
Piéron et Wallon étant élus), décidé de confier la publication de
sds comptes rendus au Journal de Psychologie, comme précédemment,
attribué au Pr Janet le titre de président fondateur, enfin procédé à
l'élection de nouveaux membres ayant fait acte de candidature
en 1939. .
Depuis lors les séances mensuelles de W Société se sont tenues
régulièrement à l'Institut de Psychologie de l'Université de Paris,
dans ses locaux de la Sorbonne. .
Voici les communications qui ont été présentées jusqu'en
décembre 1943, dans leur ordre chronologique :
J. Delay. La mémoire chez les Presbyophrènes.
H. Piéron. Action de la température sur les processus mnémoniques.
A. Fessarp. Étude sur la vitesse d'accommodation (présentation
d'appareil).
Lrermitte et Mouzon. L' 'apractognosie géométrique.

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