Classe sociale, dimension de la famille et aptitude intellectuelle - article ; n°2 ; vol.70, pg 467-485

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L'année psychologique - Année 1970 - Volume 70 - Numéro 2 - Pages 467-485
Summary
A representative sample of about 1500 Dutch speaking Belgian children has been tested with a factor test battery measuring the Verbal, Quantitative, Perceptual, and Spatial factors of intellectual ability (adapted version of the Thurstone's Primary Mental Abilities Test). An analysis of covariance of the data has revealed, among others, highly significant differences (p < 0.01) for all factors in function of the occupational-educational level of the father; but there is no general decrease of intelligence test scores in function of family size. A slight tendency in that direction is found for factors V and P, but the only significant difference found is for factor V between only children and the group of families with six children and more (p = 0.05). A different tendency is found for factors Q and S where the four-to-six children family group obtains the highest scores : this difference is significant on the 1 % level for factor S when comparing the four-to-six children family group either with only children or with the eight-or-more children family group. For the Q-factor the greatest difference is found between only children and the five-children family group : this difference in favor of the latter group attains only a doubtful level of significance (p = 0.06). Size of family is not negatively related to educational-occupational level in this population.
Résumé
Un échantillon représentatif d'environ 1 500 enfants belges d'expression néerlandaise a été testé au moyen d'une batterie de test factoriels mesurant, dans l'aptitude intellectuelle, les facteurs Verbal, Quantitatif, Perceptuel et Spatial (adaptation du Primary Mental Abilities Test de Thurstone). Une analyse de la covariance des résultats a révélé, entre autres choses, des différences hautement significatives (p < 0.01) pour tous les facteurs en fonction du niveau professionnel-éducationnel du père ; on ne remarque cependant aucune baisse générale des résultats des tests en fonction de la dimension de la famille. Une légère tendance en ce sens apparaît pour les facteurs V et P, mais la seule différence significative est observée, pour le facteur V, entre les enfants uniques et le groupe issu de familles à six enfants et plus (p = 0.05). Une tendance différente se manifeste pour les facteurs Q et S, où le résultat le plus élevé est obtenu par la catégorie de familles de quatre à six enfants : pour le facteur S, cette différence est significative au niveau de 1 % quand on compare la catégorie de familles de quatre à six enfants aux enfants uniques ou au groupe de familles de huit enfants et plus. En ce qui concerne le facteur Q, la différence la plus marquante est observée entre le groupe des enfants uniques et celui des familles à cinq enfants : l'ècart en faveur de ce dernier groupe n'atteint cependant qu'un niveau de signification douteux (p = 0.06). Dans la population étudiée, il n'existe aucune relation inversement proportionnelle entre la dimension de la famille et le niveau professionnel-éducationnel du père.
19 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1970
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J. Nuttin
Classe sociale, dimension de la famille et aptitude intellectuelle
In: L'année psychologique. 1970 vol. 70, n°2. pp. 467-485.
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Nuttin J. Classe sociale, dimension de la famille et aptitude intellectuelle. In: L'année psychologique. 1970 vol. 70, n°2. pp. 467-
485.
doi : 10.3406/psy.1970.27909
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1970_num_70_2_27909Abstract
Summary
A representative sample of about 1500 Dutch speaking Belgian children has been tested with a factor
test battery measuring the Verbal, Quantitative, Perceptual, and Spatial factors of intellectual ability
(adapted version of the Thurstone's Primary Mental Abilities Test). An analysis of covariance of the data
has revealed, among others, highly significant differences (p < 0.01) for all factors in function of the
occupational-educational level of the father; but there is no general decrease of intelligence test scores
in function of family size. A slight tendency in that direction is found for factors V and P, but the only
significant difference found is for factor V between only children and the group of families with six
children and more (p = 0.05). A different tendency is found for factors Q and S where the four-to-six family group obtains the highest scores : this difference is significant on the 1 % level for factor
S when comparing the four-to-six children family group either with only children or with the eight-or-
more children family group. For the Q-factor the greatest difference is found between only children and
the five-children family group : this difference in favor of the latter group attains only a doubtful level of
significance (p = 0.06). Size of family is not negatively related to educational-occupational level in this
population.
Résumé
Un échantillon représentatif d'environ 1 500 enfants belges d'expression néerlandaise a été testé au
moyen d'une batterie de test factoriels mesurant, dans l'aptitude intellectuelle, les facteurs Verbal,
Quantitatif, Perceptuel et Spatial (adaptation du Primary Mental Abilities Test de Thurstone). Une
analyse de la covariance des résultats a révélé, entre autres choses, des différences hautement
significatives (p < 0.01) pour tous les facteurs en fonction du niveau professionnel-éducationnel du père
; on ne remarque cependant aucune baisse générale des résultats des tests en fonction de la
dimension de la famille. Une légère tendance en ce sens apparaît pour les facteurs V et P, mais la
seule différence significative est observée, pour le facteur V, entre les enfants uniques et le groupe issu
de familles à six enfants et plus (p = 0.05). Une tendance différente se manifeste pour les facteurs Q et
S, où le résultat le plus élevé est obtenu par la catégorie de familles de quatre à six enfants : pour le
facteur S, cette différence est significative au niveau de 1 % quand on compare la catégorie de familles
de quatre à six enfants aux enfants uniques ou au groupe de familles de huit enfants et plus. En ce qui
concerne le facteur Q, la différence la plus marquante est observée entre le groupe des enfants uniques
et celui des familles à cinq enfants : l'ècart en faveur de ce dernier groupe n'atteint cependant qu'un
niveau de signification douteux (p = 0.06). Dans la population étudiée, il n'existe aucune relation
inversement proportionnelle entre la dimension de la famille et le niveau professionnel-éducationnel du
père.Université de Leuwen, Louvain, Belgique
CLASSE SOCIALE, DIMENSION DE LA FAMILLE
ET APTITUDE INTELLECTUELLE
Recherche sur des enfants de 5 à 6 ans1
par Joseph Nuttin
SUMMARY
A representative sample of about 1500 Dutch speaking Belgian children
has been tested with a factor test battery measuring the Verbal, Quantitative,
Perceptual, and Spatial factors of intellectual ability (adapted version of
the Thurstone's Primary Mental Abilities Testj. An analysis of covariance
of the data has revealed, among others, highly significant differences
(p < 0.01) for all factors in function of the occupational-educational level
of the father ; but there is no general decrease of intelligence test scores
in function of family size. A slight tendency in that direction is found
for factors V and P, but the only significant difference found is for factor V
between only children and the group of families with six children and more
(p = 0.05). A different tendency is found for factors Q and S where the
four-to-six children family group obtains the highest scores : this difference
is significant on the 1 % level for factor S when comparing the four-to-six
children family group either with only children or with the eight-or-more group. For the Q-factor the greatest difference is found
between only children and the five-children family group : this difference
in favor of the latter group attains only a doubtful level of significance
(p = 0.06). Size of family is not negatively related to educational- occupat
ional level in this population.
LE PROBLÈME
Plusieurs recherches ont démontré l'existence d'une relation
entre l'intelligence moyenne des enfants et la dimension de la
1. A cette recherche ont collaboré Mmes Hardeman-Demeester, Creyf-
Brinckman et Nijs-Vandekerckhove, ainsi qu'une équipe de spécialistes
en testing d'enfants en âge préscolaire. La recherche a été subventionnée
par le ministère belge de l'Instruction publique et le Fonds national de la
Recherche scientifique. MÉMOIRES ORIGINAUX 468
famille à laquelle ils appartiennent, c'est-à-dire le nombre d'en
fants dans cette famille1. Les facteurs responsables de cette
relation peuvent être multiples. On pense surtout au rapport
existant entre le nombre d'enfants dans les familles et le niveau
professionnel et social des parents. En effet, on trouve générale
ment, dans ces recherches, un nombre d'enfants moins élevé
dans les familles des classes supérieures comparées à celles des
classes inférieures. D'autre part, on sait que l'intelligence
moyenne des enfants des classes sociales supérieures est plus
élevée que celle des enfants des classes inférieures. L'intelligence plus élevée des enfants de familles peu nombreuses
pourrait donc être l'effet indirect du fait que les parents des
classes sociales supérieures ont, en même temps, moins d'enfants
et des enfants d'intelligence moyenne plus élevée.
Sans vouloir donner ici un aperçu de l'état actuel de la ques
tion, mentionnons simplement que dès 1925, Terman trouva,
d'une part, une corrélation négative de — 0,214 entre le niveau
d'instruction des parents et le nombre de leurs enfants et, d'autre
part, une corrélation négative de — 0,27 entre la dimension de
la famille et le quotient intellectuel moyen d'un groupe homogène
d'enfants bien doués. La même situation a été constatée, notam
ment, en Ecosse (Scottish Council, 1953) et en France (Gille
et al., 1954) pour les familles de niveaux socio-économiques
différents. Toutefois, le problème se révèle plus complexe ; il
est probablement lié, entre autres, à des facteurs culturels en
continuelle évolution. Mentionnons, par exemple, les résultats
intéressants des recherches de Conrad et Jones (1940), qui mont
rent que la corrélation entre la dimension de la famille et le
niveau social et intellectuel du père est négative pour des familles
encore en voie de développement, tandis que cette même corré
lation est positive pour des familles « complètes » (c'est-à-dire
celles dont on peut admettre que le nombre d'enfants n'augment
era plus). Il faut ajouter que cette dernière recherche fut faite
sur un groupe spécial, à savoir une population rurale. (Voir aussi
au sujet de « familles incomplètes », Maxwell et Pilliner, 1960.)
On a constaté aussi dans plusieurs recherches (Scottish
Council, 1953 ; Gille et al., 1954, etc.) que la corrélation négative
1. Un excellent aperçu de ces recherches jusqu'en 1955 a été publié dans
A. Anastasi, Intelligence and family size, Psychol. Bull., 53, 1956, 187-209.
Quant aux travaux plus récents, on en trouve un certain nombre cités dans
la bibliographie de cet article. J. NUTTIN 469
entre la dimension de la famille et l'intelligence moyenne des
enfants se maintient lorsqu'on étudie les enfants d'un même
groupe social. L'explication en termes de familles plus nombreuses
chez les classes sociales inférieures reste donc insuffisante.
D'autre part, le fait que l'intelligence moyenne des enfants
tend à baisser en fonction du nombre d'enfants dans les familles
a fait surgir, chez certains auteurs, le problème plus général
d'une baisse progressive de l'intelligence dans la population
globale (voir, entre autres, Burt, 1946 ; Thomson, 1950 ; Vernon,
1954, etc.). Toutefois, le pronostic d'une telle baisse progressive
a été contredit par plusieurs résultats de recherches (voir, par
exemple, Scottish Council, 1953 ; Higgins et al., 1962).
Dans ces quelques pages, nous nous demandons, à l'aide
d'une recherche faite en Belgique, dans quelle mesure l'existence corrélation négative entre la dimension de la famille et
les résultats des enfants sur un test d'intelligence se trouve
confirmée. Il existe des raisons spéciales, en rapport avec certains
changements dans le contexte social actuel, qui nous invitent
à soumettre l'hypothèse généralement admise à un nouveau
contrôle. En effet, au cours des dernières années, un fait socio
logique nouveau s'est manifesté dans plusieurs pays. La corréla
tion négative si souvent constatée entre le niveau social et pro
fessionnel des familles d'une part, et le nombre de leurs enfants
d'autre part, tend à disparaître. C'est ce que nous avons observé
également dans l'échantillon de la population qui fait l'objet
de notre recherche. Le nombre moyen d'enfants dans les familles
de la classe sociale supérieure n'est pas inférieur à celui des classes
les plus modestes. De plus, nous avons utilisé une méthode qui
nous permet de distinguer entre différents facteurs de l'aptitude
intellectuelle.
LA MÉTHODE
La présente recherche fut réalisée sur un groupe de 1 500 en
fants (garçons et filles) âgés de 5 à 5;11 ans. Le groupe constitue
un échantillon représentatif de toute la population belge d'ex
pression néerlandaise de 5 à 6 ans1.
1. On sait que la Belgique comprend deux grands groupes linguistiques :
les Flamands, de langue néerlandaise, dans la moitié nord du pays, et les
Wallons, de langue française, dans le sud. Le groupe d'expression néerlan
daise comprend à peu près 60 % de la population globale du pays.
a. psychol. 70 16 MÉMOIRES ORIGINAUX 470
La présente étude fait partie d'une recherche plus étendue
dont certains résultats, en rapport avec d'autres problèmes,
ont déjà été publiés ailleurs (Nuttin, 1965). La méthode, l'échan
tillonnage, et les tests employés y sont exposés plus en détail.
La dimension de la famille, c'est-à-dire le nombre d'enfants
par famille, est le nombre total d'enfants vivants au moment
de l'examen. L'échantillon représentatif comprend naturell
ement un certain nombre de « familles incomplètes », c'est-à-dire
de familles dont on peut supposer qu'elles s'accroîtront encore
d'un ou de plusieurs enfants dans les années à venir. Ceci implique
que certains enfants sont classés comme appartenant à une famille
plus restreinte qu'elle le sera en réalité lorsque la famille sera
complète. Il ne s'agit donc pas de la fécondité de la comme
d'une caractéristique biologique, mais du simple fait social,
pour chaque enfant, d'avoir passé les cinq premières années de
sa vie dans un milieu familial d'autant de membres. Nous nous
rendons compte des difficultés méthodologiques qui découlent
du fait de ces familles incomplètes et des restrictions qu'elles
entraînent quant à l'interprétation des données (cf., entre autres,
Anastasi, 1956 ; Conrad et Jones, 1932). D'autre part, on a tenu
compte des différences d'âge chez les enfants en termes de mois,
mais non de l'âge des parents. Nous admettons que ce dernier
facteur, lui aussi, pourrait avoir une influence, mais notre recher
che ne nous fournit aucune donnée à ce sujet. Quant aux diff
érences entre garçons et filles, aucun écart significatif n'ayant
été constaté, les résultats pour les deux sexes ont été groupés.
Les variables expérimentales, dont il fut tenu compte dans la
recherche, sont les suivantes :
1. Niveau éducationnel et professionnel du père des enfants
examinés. Une des caractéristiques de notre étude réside dans
ce fait que nous nous sommes basés sur une combinaison des
deux données (niveau d'instruction et nature de la profession)
pour établir nos six catégories ou « classes sociales » de parents.
Nous parlerons couramment de « classe sociale », étant donné
que le niveau social de la famille est déterminé, en grande partie,
par la profession du père, alors que le niveau de cette profession
elle-même dépend surtout du niveau d'instruction. Il ne s'agit
donc pas directement du niveau économique ou des revenus des
parents, quoique ce dernier facteur ne soit naturellement pas sans
relation avec les premiers. J. NUTTIN 471
Sans entrer dans les détails de la classification, nous pouvons
distinguer les six catégories suivantes :
Aa : Personnes ayant fait des études universitaires (professions
libérales et pratiquement toutes les fonctions administrat
ives supérieures), ainsi que chefs de grandes entreprises.
Ab : Etudes supérieures non universitaires et fonctions corre
spondantes (études techniques supérieures, etc.).
Ces deux sous-groupes constituent le groupe A (niveau supér
ieur). Notre échantillon comprend 91 enfants dont le père
appartient à ce groupe (64 en Aa et 27 en Ab). Etant donné le
petit nombre d'enfants dans chacun de ces deux sous-groupes,
nous envisagerons généralement le groupe A dans son ensemble.
Ba : Les personnes ayant terminé le cycle supérieur des études
secondaires et les professions correspondantes.
Bb : Cycle inférieur des études secondaires.
C'est surtout dans cette catégorie que le niveau des études
permet d'opérer certaines distinctions pour des professions mal
définies, telles que « employé », agriculteur, etc.
Notre échantillon comprend 569 enfants de la catégorie B
(226 en Ba et 343 en Bb).
Ca : Personnes possédant, en plus de l'instruction primaire,
quelque qualification technique ou professionnelle qui en
fait des « ouvriers qualifiés ».
Cb : Ouvriers non qualifiés.
Notre échantillon comprend 854 enfants de la catégorie C
(547 en Ca et 397 en Cb).
Nous avons des raisons de croire que le nombre de sujets de
chaque classe correspond grosso modo aux proportions que repré
sentent les mêmes classes dans la population totale du pays,
étant donné que l'échantillon a été établi selon les règles de
l'échantillonnage stratifié.
2. Le facteur géographique comporte cinq catégories de
localités (allant des « grandes villes » aux « villages de campagne »),
établies d'après des données officielles à ce sujet.
L'échantillon comprend un nombre d'enfants de chacune
de ces cinq catégories proportionnel au nombre total d'habitants
pour chacune de ces cinq catégories. MEMOIRES ORIGINAUX 472
3. L'âge des enfants, classés par mois, de 5 ans à 5 ans et
11 mois.
4. Le nombre d'enfants vivants dont la famille est constituée.
5. La position, ou le numéro d'ordre, que l'enfant examiné
occupe parmi ses frères et sœurs.
6. La variable dépendante dans notre recherche est la mesure
de quatre facteurs de l'intelligence (facteur verbal, facteur quant
itatif, facteur perceptuel et facteur spatial), obtenue à l'aide
d'une adaptation du test SEA Primary Mental Abilities (5-7)
de Thurstone (Knops, 1967). Ce test et sa valeur étant suffisa
mment connus, nous n'entrerons pas dans les détails à ce sujet.
LES RÉSULTATS
I. — Dimension de la famille
EN FONCTION DE LA CLASSE SOCIALE
Examinons d'abord le nombre moyen d'enfants, par famille,
dans les six classes de parents que nous venons de distinguer.
Ces moyennes sont indiquées au tableau I. On constate que le
TABLEAU I
Nombre moyen d'enfants par famille
dans les six « classes sociales » de notre échantillon
Classes sociales
Total
Ba Bb Ca Cb A?)
3,41 3,13 3,48 3,87 3,53 3,42
1. Les classes Aa et Ab ont été combinées, étant donné le nombre rel
ativement petit de familles dans ces classes supérieures (N = 91). On trouve
au tableau IV le nombre d'enfants à l'intérieur de chaque classe sociale.
nombre moyen d'enfants dans les familles de la classe sociale
supérieure (catégorie A) est 3,87, contre 3,53 pour la classe
inférieure Gb). Ce sont les classes moyennes, et surtout
la catégorie Bb, qui donnent la moyenne la plus basse. Ce fait
semble être confirmé par des données démographiques récentes
pour la Belgique tout entière, en ce sens que les classes moyennes J. NUTTIN 473
semblent avoir actuellement les familles les moins nombreuses,
alors que les classes extrêmes — et surtout les classes supé
rieures — présentent, en moyenne, des familles quelque peu plus
fécondes. Toutefois, aucune de ces différences n'est significative
dans l'échantillon examiné. Il nous faut conclure, en tout cas,
que le nombre d'enfants n'est pas significativement inférieur à
la moyenne dans les familles à niveau social élevé.
Quant à la répartition des familles à 1, 2..., 10 enfants dans les
différentes classes sociales, on en trouve le détail au tableau II.
On constate, par exemple, que 5,49 % des familles de la caté
gorie A ont, au moment de l'examen, un seul enfant, alors que
c'est le cas pour 13,98 % des familles de la classe inférieure (Gb).
Dans le groupe total de notre échantillon, 13,84 % des familles
ont un seul enfant. C'est le groupe Gb qui possède le pourcentage
le plus élevé de familles à un enfant (17,94 %).
TABLEAU II
Pourcentages de familles à un, deux..., dix enfants
dans les différentes classes sociales (A, Ba, etc.)
de notre échantillon
Pourcentages Pourcentage Dimension pour chaque catégorie sociale du de la famille
groupe total (Nombre d'enfants) A Ba Bb Ca Cb
1 5,49 9,29 17,94 14,61 13,98 13,84
2 24,78 27,35 24,49 26,08 25,31 19,78
22,18 3 25,27 25,66 22,65 21,80 19,35
4 17,58 20,80 11,76 13,03 12,90 14,18
9,84 5 13,19 7,08 8,82 10,11 11,29
6 9,89 5,75 5,00 6,52 6,72 6,31
3,24 3,82 3,23 3,53 7 4,40 3,54
1,76 8 1,10 0,88 1,47 2,25 2,15
0,88 1,35 2,42 1,63 9 2,20 1,77
10 +1 1,42 1,10 0,44 2,02 1,88
100 100 100 100 100 100
1. Ce groupe inclut les familles à « dix enfants et plus ». Le nombre
absolu de familles de chaque dimension est indiqué au tableau III.
Cette même répartition des familles à 1, 2..., 10 enfants se
trouve représentée de façon plus frappante dans la figure 1,
où on ne distingue que les trois catégories principales de « classes
sociales » (A, B et G). On constate un léger déplacement de la 474 MEMOIRES ORIGINAUX
courbe du groupe A vers la droite : il y a, dans ce groupe, un
pourcentage moins élevé de familles à 1 ou 2 enfants, et un plus élevé de familles à 3, 4, 5, 6 et 7 enfants. Quant
aux familles les plus fécondes (8, 9 ou 10 enfants et plus) il y a,
en moyenne, une très légère supériorité (non significative)
du groupe G.
Nous avons aussi calculé le niveau social moyen pour chaque
groupe de familles (familles à 1, 2, 3 enfants, etc.). Voici comment
nous avons procédé. On se rappelle que nous distinguons six
« classes sociales » qui, en réalité, correspondent aux niveaux
2 3 4 5 6 7 8
Dimension de la famille
Fig. 1. — Pourcentages de familles de 1 à 10 enfants
dans chacune des trois classes sociales (A, B, C)
d'instruction et d'activité professionnelle du père. Chaque famille
des enfants examinés obtient donc un chiffre de 1 à 6 (1 corre
spondant à la classe Aa, et 6 à la classe Gb, comme il est exposé
ci-dessus, p. 471). On calcule la moyenne de ces chiffres pour toutes
les familles à 1 enfant, à 2 enfants, etc. Le tableau III nous donne,

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