Comportement des Arthropodes. - compte-rendu ; n°1 ; vol.27, pg 342-352

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L'année psychologique - Année 1926 - Volume 27 - Numéro 1 - Pages 342-352
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1926
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d) Comportement des Arthropodes.
In: L'année psychologique. 1926 vol. 27. pp. 342-352.
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d) Comportement des Arthropodes. In: L'année psychologique. 1926 vol. 27. pp. 342-352.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1926_num_27_1_6341342 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
II pense qu'on a placé trop haut les capacités psychiques du
poulpe, qui agglomère des pierres contre lui mais ne construit pas
d'abri, et ne saisit des proies qu'à leur passage auprès de lui, ne réa
gissant pour s'emparer d'un crabe que quand celui-ci est en mouve
ment, marchant ou nageant. Tandis qu'aveuglé, le poulpe réagit bien
aux excitants chimiques, ceux-ci sont de peu d'action chez l'animal
normal qui, vis-à-vis de mollusques, réagit à des formes visuellement
perçues.
Aucun acte du Poulpe ne témoignerait d'intelligence véritable,
mais un problème se pose au sujet de la possibilité d'un instinct de
se servir d'outils à propos de l'acte du Poulpe introduisant une pierre
entre les valves d'un gros Lamellibranche (d'une Pinna par exemple)
qu'a décrit Power, et que B. de H. n'a pu personnellement observer.
H. P.
H. GIERSBERG. — Ueber den chemischen Sinn von Octopus vul-
garis {Sur le sens chimique d'O. V.). — Z. für ver. Ph., Ill, 6, 1926,
p. 827-838.
Un poulpe aveuglé présente une réaction de retrait vis-à-vis d'une
solution d'acide acétique dans l'eau de mer de concentration 0,006,
à une solution de quinine de 0,0005, et de scatol de 0,0001. L'extir
pation des fossettes olfactives (dont G. pense qu'elles doivent un
iquement contrôler le courant d'eau respiratoire) n'a pas d'effet
notable. Et un bras isolé (dont les ventouses possèdent la plus grande
sensibilité, a des réactions de retrait pour des concentrations un
peu plus élevées seulement (0,01 avec l'acide acétique, la quinine, et
le scatol où parfois agit une concentration de 0,001).
Ces bras isolés ne possèdent pas seulement une sensibilité chimique
grossière, mais une capacité de différenciation qualitative : avec un
extrait de viande, il y a une réaction positive, et il y a recherche et
préhension d'un morceau de poisson, d'une façon constante (comme
chez un poulpe affamé, l'inhibition de la réaction, d'origine céré
brale, qui se manifeste chez le poulpe rassasié, ne pouvant plus
s'exercer sur le bras séparé du corps).
G. ne pense pas qu'on puisse différencier, dans le sens chimique
du poulpe, le goût et l'odorat. H. P.
d) Comportement des Arthropodes
MAURICE MAETERLINCK. — La Vie des Termites. — In-16 de
218 p. Paris, Fasquelle. Prix : 12 francs.
Indépendamment de sa valeur littéraire et de ses aspirations phi
losophiques, en particulier pour ce qui concerne le sort de l'homme
et l'évolution de nos sociétés, le beau livre de Maeterlinck apporte une
documentation très soigneuse et très complète (avec bibliographie de
plus de 50 travaux) sur les mœurs des Termites et leur si curieuse
organisation sociale. La synthèse, faite par l'auteur, a une incontes
table valeur scientifique, qui mérite d'être soulignée ici, sans plus,
car tout le monde a lu ou lira ce livre. H. P. PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 343
W. MORTON WHEELER. — Les Sociétés d'Insectes. — In-16
de 468 p. (Encyclopédie scientifique). Paris, Doin, 1926. Prix :
18 francs.
Ce livre reproduit les intéressantes conférences que le professeur
de zoologie de Harvard a faites à l'Université de Paris comme pro
fesseur d'échange, sur une question qu'il étudie depuis de nombreuses
années, l'évolution des Insectes sociaux, des Termites et des Hymén
optères Abeilles, Guêpes, et Fourmis, ainsi que de leurs multiples
commensaux et parasites.
L'auteur a marqué lui-même l'intérêt général d'une telle question
en des termes qu'on ne peut mieux faire que citer :
« Je crois, dit-il, que l'étude des insectes sociaux a actuellement
un intérêt particulier pour les travailleurs sérieux, à la fois en philo
sophie, en sociologie, en zoologie, et dans l'étude des mœurs des
animaux. Celui qui incline à la philosophie ne peut manquer de
trouver un aliment pour la pensée dans les étranges analogies avec
les sociétés humaines qui se révèlent continuellement parmi les
guêpes, les abeilles, les fourmis et les termites, puisque nous sommes
nous-mêmes des animaux — • j'allais dire des insectes ! — sociaux, et
le zoologiste et l'éthologiste noteront qu'ils suggèrent un cortège
surprenant de faits et de problèmes fascinants. En outre, la vie sociale
des insectes, par le fait qu'elle est presque exclusivement déterminée
par les réflexes, les tropismes et ce qu'on appelle les instincts, et non l'intelligence, prend une grande signification théorique, si nous
considérons les tendances et les courants présents anti-intellectual
istes et relativistes de la pensée européenne et américaine ».
De fait, après un exposé extrêmement riche dont il serait vain de
vouloir donner une idée même approchée, W. a envisagé, dans sa
conclusion, les conséquences théoriques de ses constatations générales
au point de vue de l'évolution même des sociétés humaines, non
sans prêter le flanc à d'assez sérieuses objections : II y a, d'après lui,
du fait de la vie sociale, régression et involution des individus, la
déchéance des membres du groupe étant compensée et au delà par
l'augmentation de puissance du groupe lui-même, de la société consi
dérée comme un tout. Et cette augmentation de puissance se marque
surtout dans le sens de 1: activité destructive, en sorte que, d'après
l'auteur, l'homme exterminera faune et flore et ne trouvera plus sur
terre pour lui résister que les sociétés de fourmis.
Les conclusions générales ne s'imposent pas, car il y a chez l'homme
des tendances à la protection et au maintien qui peuvent s'opposer
même à des extinctions naturelles, et de multiples espèces ne se trou
veront menacées, ni par l'homme, ni par les Hyménoptères sociaux.
Et, quant à la régression des individus du Jait de la vie sociale, elle
n'est nullement justifiée pour l'homme, tout au moins du point de
vue mental, alors même que l'opinion inverse, qui est courante, ne
soit pas complètement exacte.
Il est bien difficile d'apprécier quantitativement les capacités
mentales propres de l'individu, en dehors de toute socialisation, à
des époques différentes de l'évolution ! En fait on peut dire qu'il est
même impossible de procéder à une telle appréciation chez Tun
quelconque de nos contemporains. 344 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Si nous envisageons l'individu socialisé comme une résultante de
ses capacités propres et des influences éducatives qui l'ont modelé, il
n'y a pas de doute que la puissance mentale, que l'efficience. est en
progrès continu. C'est que l'homme, à la différence des insectes,
acquiert, au cours de sa vie individuelle, des procédés de pensée et
d'action élaborés par les générations précédentes, au lieu d'être limité
à un bagage de tendances automatisées héréditairement transmises
et singulièrement rigides.
W., patient investigateur de sociétés qui exigent une bonne loupe,
est un peu myope en ce qui concerne des sociétés qu'il faut regarder
avec du recul. Mais ce que ses conclusions extrapolées ont de faux n'ôte
rien à la valeur des faits qui ont été établis par ses soigneuses études
et par les très nombreux travaux utilisés dans sa documentation aussi
large que précise, et dont témoigne une bibliographie considérable.
H. P.
E.-L. BOUVIER. — Le Communisme chez les Insectes. — In-16 de
291 p. (Bibl. de Philosophie scientifique). Paris, Flammarion^
1926. Prix : 13 francs.
Un peu oubliées depuis Espinas, dont on vient de rééditer l'ouvrage
publié en 1877, les sociétés animales ont trouvé un regain d'actualité.
A côté des ouvrages ci-dessus cités de Maeterlinck et de Wheeler,
voici un nouveau livre de psychologie animale dû à Bouvier qui
envisage l'aspect social de l'activité des Insectes.
Avec un souci de haute vulgarisation, l'auteur présente, sous une
forme agréable, des faits nombreux, clairement exposés, avec toutes
explications utiles. Il donne d'abord une brève monographie des
grands groupes d'Insectes sociaux, des Guêpes, des Abeilles, des
Fourmis et des Termites ; puis il juxtapose une série de stades d'or
ganisation sociale dans un ordre logique supposé conforme à une
histoire, à une évolution chronologique des sociétés, enfin il examine
le fonctionnement des sociétés les plus évoluées, dans le but d'en
analyser le mécanisme, admettant la collaboration d'instincts domi-,
nateurs et d'une certaine plasticité intelligente, partiellement libé
ratrice.
Loin d'admettre, comme Wheeler, la déchéance individuelle des
membres du groupe social, B. attribue aux insectes communistes une
supériorité d'intelligence individuelle sur les autres insectes, et voit,
dans les sociétés humaines, un facteur essentiel de progrès pour les
capacités mentales de l'homme.
Pour ce qui est des insectes, il est de fait que c'est chez les Hymén
optères sociaux que les centres nerveux supérieurs, où Forel a
déterminé des zones d'association, sont le plus développés. Toutef
ois pour déterminer l'action spécifique du milieu social, il faudrait
comparer des espèces assez voisines, l'une solitaire, l'autre commun
iste, et les comparer grâce à des épreuves convenables. Ceci pour
rait se faire sans doute chez les Vespides ; mais en l'absence de don
nées précises, il est difficile de décider si c'est l'opinipn de Wheeler
ou celle de Bouvier qui se trouve en accord avec les faits. B. termine,
lui aussi, par des considérations générales, de portée philosophique^
sur les rapports des sociétés d'Insectes et des sociétés humaines. PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 345
Que pouvons-nous tirer d'utile, pour notre idéal, ou pour notre
simple prévision de l'avenir, des données de la sociologie comparée ?
Grave problème sur lequel il n'est pas inutile de méditer. H. P.
L. VERLAINE. — L'instinct et l'intelligence chez les Hyménopt
ères. V. La traversée d'un labyrinthe par des guêpes et des bour
dons. — Annales de la Soc. royale Zool. de Belgique, LVI (1925),
1926, p. 33-98.
V. a voulu comparer le comportement des Hyménoptères à celui
des Vertébrés dans des circonstances semblables, en imposant la
traversée d'un labyrinthe (celui de Yerkes pour la souris japonaise).
Il a réalisé une série de 1369 essais (ces essais se faisant, en règle
générale, par série de 10 consécutifs) chez des Vespa germanica (devant
traverser le labyrinthe en sortant du nid), des Bombus terrestriset des
Vespa crabro capturés et tenus en cage métallique (40 individus en
tout), et il a noté avec beaucoup de soin toutes les péripéties des tra
versées successives en notant les numéros des couloirs dans lesquels
s'engageait l'animal (14 couloirs dont 5 en cul-de-sac).
Il a recueilli ainsi des documents dont il aurait désiré la publica
tion si elle n'avait pas été trop lourde (230 tableaux d'une grande
page), et qu'il tient à la disposition d ceux qui voudraient les con
sulter.
La condensation des résultats fournit, à côté du temps de la tra
versée, le nombre et la nature des erreurs (visites d'impasse^, retours
en arrière). Si nous ne gardons que le temps et le nombre d'erreurs,
voici les résultats de 3 séries de 10 essais chez une Vespa germanica,le
nombre d'erreurs étant entre parenthèses.
I. l'45" 5'20" (3) (23) ; ; l'5'' 5'35" (5); (11) l'15" ; l'3O'' (6) ; til); 2'55" 11'27" (8) ; 2'15'' (34); (6). 3'50" (16);
II. 14'20" (50) ; 2'5" 17) ; 2'30" (6) ; 2'20" (25) ; 2r (7) ; 10'20" (30) ;
lf15" (2) ; 6'35" (8) ; 30" (2) ; 13" (3).
III. 13'' 12" (0) ; 40" (0) ; 17" (0) ; 15" (0) ; 12" (0) : 18" (0) ; (0) ;
25" (0) ; 25" (1) ; 28" (0).
Il y a, comme chez les vertébrés, de grandes irrégularités dans la
courbe du progrès, et, comme chez les vertébrés supérieurs, une
amélioration notable assez brusque. Le progrès est en somme rapide,
mais avec de très grandes différences individuelles.
, La grandeur des intervalles entre les épreuves n'a pas paru jouer
un rôle appréciable, mais ici les recherches n'ont pas été assez sys
tématiques pour permettre une conclusion aussi ferme que celle de
l'auteur ; les facteurs sont trop complexes, et les irrégularités trop
grandes pour qu'on puisse mettre en- évidence l'action d'un facteur
isolé sans un grand nombre d'essais avec, autant que possible, ce
facteur comme seule variable.
En retournant le labyrinthe (entièrement en verre, sans quoi les
guêpes cherchaient à percer le fond des impasses) et bien que les
changements d'orientation fussent sensiblement les mêmes, on
trouble au début complètement l'animal habitué à la traversée.
C'est que les facteurs sensoriels sont multiples et complexes, aveq
prédominance visuelle, et que l'automatisme kinesthésique ne 346 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
fonctionne librement que dans la mesure où il n'y a pas de per
turbations sensorielles.
Ceci est en accord avec toutes les données actuellement acquises
sur les perceptions syncrétiques des animaux.
L'analyse des erreurs montre que les animaux tirent nettement
profit de leurs expériences, et qu'il n'y a pas simple progrès par auto
matisation (essais et erreurs), les guêpes « anticipent » souvent, se
préparant par exemple à mordre la pince qui va les saisir comme
d'habitude à la sortie, ou bien, ce qui complique l'interprétation, r
enonçant à sortir quand elles ont été saisies plusieurs fois et retour
nant en arrière.
L'apprentissage résulte, pour Verlaine, d'opérations psychiques
complexes, et, en particulier « l'amélioration progressive du compor
tement, dit-il, est avant tout le fruit de l'attention et nous appelons
attention l'exaspération quantitative et qualitative des phénomènes
mentaux ». Seulement, peut-on attribuer à ainsi conçue —
et assez justement — la valeur d'un facteur alors que c'est un mot
désignant un niveau d'activité ? H. P.
L. VERLAINE. — Le déterminisme de l'emplacement da nid chez
la Vespa sylvestris Scop. — Bull, et Annales de la Soc. royale des
Se. méd. et nat. de Bruxelles, 1926, n° 1-3 p. 9-22.
Dans une étude parue ici-même (1923, T. XXII, p. 84), Rabaud
attribue #à une action simultanée du phototropisme et du thermo-
tropisme positifs de la Vespa sylvestris le déterminisme du lieu de
fondation du nid. Verlaine considère ce comme beau
coup plus complexe et il cite l'observation de nids souterrains de
cette guêpe en des lieux peu ensoleillés, et où, ni la lumière plus
grande, ni la température plus élevée ne peuvent être invoquées à
l'origine du choix de l'emplacement. D'après l'état du nid, il appar
aît que cette nidification souterraine s'est montrée défavorable à
la colonie, probablement parce que ces guêpes ne sont pas capables
de creuser le sol comme les ouvrières des espèces nichant habituell
ement sous terre.
A ce propos l'auteur expose quelques considérations générales sur
les tropismes et sur la notion de 1'« erreur » dans le comportement
animai. Il définit 1'« erreur de l'instinct » comme un acte qui a sans
impliquer la mémoire associative, constitue une variation du com
portement spécifique, préjudiciable à l'espèce ». H. P.
ETIENNE RABAUD. — Acquisition des habitudes et repères sen
soriels chez les guêpes. — B. bipl., LX, 2, 1926, p. 313-333.
Un nid de Vespa sylvestris fixé contre les volets d'une fenêtre est
décollé et suspendu dans une cloche posée sur un plateau de verre.
En mettant dans la cloche un récipient rempli de sirop, R. constate
que chaque guêpe, après 2 ou 3 visites, prend l'habitude de venir droit
au récipient. Ayant soulevé la cloche pour assurer un orifice de sortie,
il note que les guêpes, après s'être dirigées vers le haut, dans la direc
tion de la lumière, et ayant trouvé l'orifice, sortent directement après
quelques tâtonnements, tournent plusieurs fois en rentrant avant
de retrouver l'orifice, les hésitations diminuant très vite. Dès le len- PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 347
demain la précision est complète. Un déplacement de 180° de la
cloche entraîne une forte perturbation (l'orifice qui était face à la
fenêtre et aux champs est maintenant à l'opposé). Au bout de 6 heures
la nouvelle habitude est acquise à la sortie et à la rentrée. En mettant
l'orifice en haut de la cloche, les parcours corrects sont obtenus en
3 heures.
De façon générale la disposition des lieux est retenue après 3 ou
4 voyages aller et retour.
Un changement minime en apparence suffit pour troubler le com
portement des guêpes : le simple exhaussement de 20 centimètres de
la cloche entraîne des tâtonnements et des hésitations au départ et
surtout au retour ; un recul de la cloche entraîne des effets analogues.
« Suivant toute évidence, dit R., l'image de la cloche intervient, les
guêpes ne s'arrêtent pas dans le vide et vont jusqu'à la tubulure.
Mais la vue de celle-ci n'est pas un repère décisif ; elle fait simple
ment partie d'un ensemble de données sensorielles ». Nouvel exemple
de complexe syncrétique qui est à la base de la réaction perceptive.
Dans le complexe les éléments saillants ne peuvent être déterminés
a priori. Ainsi, la présence ou l'absence de volets clos ne gênant pas
les guêpes, celles-ci se trouvent fortement perturbées quand les
volets sont mi-clos ; ce serait la modification de plans successifs qui
serait le facteur de perturbation.
Quelques observations sur deux Vespa crabro nouvellement écloses
d'un nid placé lui aussi dans la cloche ont montré que l'acquisition
des habitudes était notablement plus lente que chez les V. sylvestris.
H. P.
ERNST WOLF. — Ueber das Heimkehrvermögen der Bienen. I.
(Sur la capacité de retour au logis des abeilles). — Z. für ver. Ph., Ill,
6, 1926, p. 615-691.
Recherches systématiques et prolongées à l'Institut zoologique
de Heidelberg.
L'auteur a constaté que, dans les conditions normales, la fr
équence des entrées d'abeilles à la minute était constante. Si l'on
crée une perturbation d'orientation, il y a une chute passagère de
cette fréquence, et la profondeur de chute dans la courbe en fonction
du temps mesure l'intensité de la perturbation.
Grâce à cet ingénieux procédé, W. constate qu'un déplacement
de la ruche entraîne une perturbation au retour : la plus marquée
quand on élève la ruche, un peu moins grande quand on lui fait
subir une translation latérale, et minima quand on la recule. Les
abeilles commencent par revenir à l'emplacement ordinaire et, ne
trouvant pas la ruche, vont à sa recherche.
Ayant remarqué l'influence de repères, l'auteur a fait quelques
recherches expérimentales à ce point de vue.
Ayant par exemple dressé les abeilles à une odeur (en plaçant une
source de parfum près de l'entrée de la ruche), d'essence de lavande,
de citronellol,d'anisol,etc.,il constate qu'après déplacement, la ruche
est plus vite retrouvée (d'autant plus vite que le parfum est plus
intense), la chute de fréquence de la courbe des entrées par minute
étant moins marquée. Une surface colorée au fronton de la ruche agit 348 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
aussi comme repère : si l'on met une surface jaune sur la ruche et
une bleue sur une ruche semblable située à côté, pendant quelque
temps, puis qu'on intervertisse les couleurs, il y a une perturbat
ion marquée (forte chute de la courbe de fréquence) ; si à ce mo
ment on rétablit l'ordre primitif des il y a un afflux brusque
d'abeilles (élévation bien au-dessus de la normale de la courbe des
fréquences d'entrées).
Au passage on note une influence curieuse de la surface bleue :
les abeilles viennent s'y heurter violemment, ce qu'elles ne font ja
mais avec la surface jaune, comme si la surface bleue représentait
simplement l'espace libre. Le bleu, corrélativement, constitue un
moins bon repère optique que le jaune dans les expériences de dres
sage avec déplacement de la ruche (la couleur repère facilitant le
retour à la ruche déplacée).
En mettant en opposition des repères olfactifs et chromatiques,
l'auteur a mis en évidence la prépondérance des premiers.
Le rôle de la connaissance optique des environs de la ruche, bien
connu, est accessoirement remarqué aussi par l'auteur.
Mais la partie importante de son travail concerne l'expérience des
boîtes, de Bethe et Büttel Reepen, qu'il a reprise. En transportant
des abeilles dans une boîte que l'on ouvre dans une région assez
éloignée de la ruche pour être totalement inconnue, on constate que
les abeilles s'envolent, tournent et retournent comme pour explorer,
et reviennent bientôt s'abattre sur la boîte, ou, si on l'a déplacée, à
l'endroit où elle se trouvait au moment de l'envol, pour, de là, se
mettre à la recherche de la boîte déplacée qu'elles retrouvent.
Mais, si l'on sectionne les antennes, les abeilles, tout en continuant
à revenir à la boîte, ne retournent pas à l'emplacement primitif de
la boîte déplacée ; elles regagnent la boîte directement.
L'auteur en conclut qu'il y a dans les antennes un appareil sen
soriel qui enregistre les déplacements spatiaux de l'abeille, les rota
tions diverses, et permet, par compensation de ces rotations, de
prendre au retour la direction du point de départ et de le retrouver.
Quand ces données manquent, le repérage optique persiste seul, et
l'abeille, au lieu de revenir à son point de départ, va à la recherche
de sa ruche ou de la boite qui constitue sa demeure provisoire.
Voici l'expérience que l'auteur a faite, dans le but de contrôler cette
hypothèse : II emporte des abeilles marquées dans une boîte à quelque
distance de la ruche (450 mètres) à un point dont il a été vérifié qu'il
était connu, représentant une partie du champ de vol normal. Après
lâcher, on note les retours en fonction du temps. Or, si l'on a fait
subir à la boîte de?s rotations multiples, ce retour est retardé. Ces
rotations ont joué un rôle perturbateur, ont sensiblement désorienté
les abeilles. Mais, quand on fait la même comparaison entre la boîte
qui a subi des rotations multiples et celles qui n'en a pas subi, avec
des abeilles privées d'antennes, on ne constate plus aucune diffé
rence; •
II y a donc, d'après W. dans les antennes, des appareils fournissant
des impressions, non seulement d'ordre statique (comme les appar
eils statolithiques), mais d'ordre dynamique et équivalent aux
canaux se mi -circulaires. '
II ne lui reste plus qu'à aller à la recherche de ces appareils. H. P. PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 349
K. VON FRISCH et G.-A. RÖSCH. — Neue Versuche über die Be
deutung von Duftorgan und Pollenduft für die Verständigung im
Bienenvolk {Nouvelles recherches sur la signification de V organe
odorant et de V odeur du pollen au point de vue des communications
dans la ruche). — Z. für ver. Ph., IV, I, 1926, p. 1-21.
Dans ces nouvelles et intéressantes recherches il a été établi' qu'en
offrant près d'une ruche, des fleurs à nectar (de Robinia) ou à pollen
(des roses), la première abeille qui les a découvertes, après être allée
rendre compte de sa trouvaille par sa danse spéciale, vient « mar
quer » en quelque sorte les fleurs, avec son organe odorant, qui ne
sert donc pas seulement à signaler un bol d'eau sucrée, mais inter
vient dans des conditions naturelles. L'odeur de l'organe a valeur
spécifique pour les abeilles de la même ruche, et est négligée par
celles des autres ruches.
En ce qui concerne la danse différente des récolteuses de nectar
(« Rundtanz ») et des récolteuses de pollen [« Schwänzeltanz »), ce
n'est pas la forme de danse qui révèle qu'il y a du nectar ou du pollen
à récolter, mais l'odeur du nectar ou du pollen déjà rapporté, qui
suscite la réaction exclusive des abeilles adonnées à la récolte du
nectar ou à la récolte du pollen. En fait une abeille rapportant du
sucre, et dansant en rond, mais à qui on a collé aux pattes des bottes
de pollen enlevées à une récolteuse provoque l'alarme chez les récol
teuses de pollen. H. P.
PAUL MARÉCHAL. — Etude biologique de YOsmia aurulenta
Panz. — B. Biol., LX, 4, 1926, p. 561-592.
L'auteur a trouvé jusqu'à 7 mâles de cette Osmie réunis dans une
même coquille d'escargot — lieu exclusif de nidification pour cette
espèce — , et il en conclut à l'existence d'un instinct grégaire él
émentaire, comme Grandi l'a admis chez Psammophila hirsuta (Natura,
XVI, 1925).
Il a vérifié que l'Osmie reconnaissait de loin, dans la mousse, sa
coquille grâce à la vue (ne la reconnaissant plus si elle était brisée et
en cherchant une entière) mais que l'olfaction devait jouer un rôle
pour la reconnaissance définitive.
Enfin, dans les cellules (4 ou 5 par coquille), on trouve de jeunes
mâles quand ces sont petites, de jeunes femelles quand elles
sont grandes.
M. pense que les Osmies sérient leurs pontes d'après 1st place dis
ponible, et que le facteur qui détermine la ponte d'œufs mâles ou
lemelles n'est pas une simple sensation visuelle ou tactile, mais une
véritable perception, une connaissance du volume des cellules.
H. P.
P. VIGNON. — Le papillon qui féconde les yuccas — Nat.,n° 2715,
17 fév. 1926, p. 255-256.
La Tegeticula alba, que l'auteur propose d'appeler Pronuba
Yuccasella à cause de la partie essentielle de son activité, semble
mieux que d'autres papillons, « savoir » polliniser les plantes. Elle
s'est spécialisée dans les yuccas. Elle récolte le pollen, le bourre sous
sa tête, puis va pondre dans le sillon qui sépare les ovules des elôi- 350 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
sons entre les carpelles. Pour avoir accès dans cette fente, elle perce
à l'aide de son oviscapte . Ayant pondu, le Papillon féconde le végé
tal en allant frotter le pollen sur le stigmate. L'organe essentiel pour
ce travaille tentacule, le « palpigère », a, chez la Pronuba, une forme
parfaitement adaptée à la fonction.
Un genre très voisin, le Prodoxus vit également sur les Yuccas,
mais sa conduite est différente. Il se borne à pondre dans la tige.
On devine les conclusions que l'auteur en tirera :« L'instinct natif
est l'indispensable auxiliaire des organes. Sans le savoir vital, à quoi
.serviraient en effet le tentacule et l'oviscapte ?... Mais ce talent con-
substantiel, c'est de l'idée : l'organe typique est donc, aussi, fils d'une
idée». I.M.
J. G. MILLET. — Un geste de chasse du Fourmilion. — Nat., n° 2751,
25 déc. 1926, p. 415-416.
Le Fourmilion, en rejetant le sable derrière lui, a-t-il bien l'inten
tion de faire tomber la Fourmi, ou bien cherche-t-il simplement à
dégager ses pinces que Péboulement vient d'ensevelir ? Les expé
riences de l'auteur semblent montrer qu'il s'agit là bien d'un geste
de chasse, adapté aux circonstances : lorsqu'on place une Fourmi
devant la tête du Fourmilion, celui-ci se retourne avant de lancer
sa charge, qu'il projette alors, par-dessus sa tête dans la direction
correcte. I. M.
P. GENIEYS. — Notes biologiques au sujet des coccinelles. — F. des
Nat. 31, 1926, p. 136.
Les cas d'adelphophagie, c'est-à-dire d'animaux prenant comme
nourriture les larves de leur propre espèce, ne sont pas rares chez les
coccinelles. On trouve toute la gamme des variations d'une espèce à
l'autre. A un des extrêmes les larves mobiles de certaines espèces
respectent leurs congénères mobiles ou fixes, même en cas de pénurie
alimentaire ; à l'autre extrême on rencontre des individus préférant
les larves congénères à tout autre aliment, même présenté plus à
portée, et cela au point que cette destruction des pontes est un des
plus gros obstacles à la reproduction au Laboratoire. Que pensent
de ces faits les théoriciens finalistes de l'instinct ? M. F.
J. COMIGNAN. — Contribution à l'étude du déterminisme du îouis-
sement chez quelques Arthropodes. — B. B., XCY, 1926, p. 293-
294.
Le fouissement du scorpion Buthus occitanus Amor, n'est pas con
ditionné nécessairement par l'humidité ni par la lumière, et paraît
être une réaction aux variations de température.
Le passage de 24° (en étuve) à 16° en terre meuble entraîne un
fouissement rapide; le chauffage de 18° à 27° (par rayonnement de
plaque de schiste) a le même effet. On peut même déterminer le par courant d'air à température variable.
La sensibilité différentielle est très fine aux alentours de 16°5
(réaction pour des variations de 0°5).
La courtilière réagit aussi par fouissement à toutes les variations
de température, et, à température constante, sur sol sec, ne fouit pas.

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