Comportement des Invertébrés - compte-rendu ; n°1 ; vol.30, pg 347-377

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L'année psychologique - Année 1929 - Volume 30 - Numéro 1 - Pages 347-377
31 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1929
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d) Comportement des Invertébrés
In: L'année psychologique. 1929 vol. 30. pp. 347-377.
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d) Comportement des Invertébrés. In: L'année psychologique. 1929 vol. 30. pp. 347-377.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1929_num_30_1_4945zoqlogioue et biologie 34"? Psychologie
tomètre dans lequel on fait passer au-dessus d'un liquide odorant, de
surface donnée d'évaporation, sous pression mesurée au manomètre,
un courant d'air de vitesse définie (conditionnée par la pression), ser
vant à l'aspiration, avec mesure, grâce à cette vitesse, des quantités
mises en jeu de parfums dans l'excitation olfactive. H. P.
d) Comportement des Invertébrés.
273. — H. KALMUS. — Versuche über die Bewegungen der See
sterne, besonders von Asterina gibbosa {Recherches sur les mouve
ments des étoiles de mer, en particulier d'A. G.). — Z. für ver. Ph.,
IX, 5, 1929, p. 703-733.
Au cours de ses observations sur les mouvements de l'astérie,
l'auteur a fait quelques remarques concernant l'excitabilité et la
coordination nerveuse, qui confirment les données déjà acquises :
absence d'un centre supérieur, et fonctionnement sous la forme d'« une
république de réflexes ».suivant l'expression d'Uexküll à propos de
l'oursin ; absence de réaction à des images visuelles, mais photo-
tactisme positif probable, avec géotactisme négatif, et sensibilité
chimique renseignant sur la présence de la nourriture. H. P.
274. — R. D. SWARTZ. — Modification of behavior in earthworms
(Modification du comportement chez des vers de terre). — J. of
comp. Ps., IX, 1, 1929, p. 17-34.
On place dès vers de terre dans la branche principale d'un tube en
Y. L'animal peut-il apprendre à choisir l'une des branches latérales,
s'il reçoit un choc électrique chaque fois qu'il s'engage dans l'autre ?
Les moyennes de milliers d'expériences montrent qu'une légère
préférence du bon côté finit par s'établir chez Helodrihis caligi-
nosus tandis que l'effet inverse prédomine chez H. fœtidus et chez
H. parvus P. G.
275. — H. BOULANGE. — Observations sur le retour au gîte da
Chiton {Lepidopleur us cinereus X). — Ann. de la Soc.Sc.de Bruxelles,
XLVII, 13, p. 91-99. •
Très souvent les Chitons regagnent leur abri après un trajet plus ou
moins long et sinueux sur le sable, où ils suivraient au retour la sécré
tion déposée à l'aller.
Crozier a rattaché au phototropisme négatif le retour* au gîte du
Chiton tuber culatus. OrB. montre que chez Lepidopleurus, le homing
se montre indépendant de l'éclairement. H. P.
»
276. — J. H. ORTON. — Observations on Patella vulgata III. {Obser
vations sur la Patelle. III). — J. of Marine Biological Association,
XVI, 1, 1929, p. 277-288.
Dans l'habitat des Patelles, ce qui joue un rôle prédominant c'est
l'ensoleillement et l'action dessicatrice, le niveau au-dessus des
basses mers, pour ces gastéropodes découverts à chaque marée, étant
d'autant plus élevé que l'ensoleillement est moindre .La plupart de.. 348 ANALYSES ÖIBLIOGRAPHIQÜES
individus, du moins de taille moyenne ou grande, se déployant à
découvert, ou au contraire quand ils viennent juste d'être recouverts
par l'eau, regagnent leur place (Rüssel, 1907, Piéron, 1909, Loppens,
1922, Orton, 1928), après avoir circulé dans un rayon de 2 mètres.
Mais, comme l'a vu Loppens (Ann. de la Soc. R. zool. de Belgique,
LUI, 1922, p. 57), lorsque la place ne convient pas (roche trop
effritée, manque de nourriture, etc.), la Patelle émigré parfaitement et
va choisir un autre habitat. H. P.
277. — MAURICE THOMAS. — L'Instinct chez les Araignées.
XII, XIII et XIV. — Bull, et Ann. de la Soc. entomologique de
Belgique, LXrX, 1929, p. 209-216 et 253-272.
L'auteur n'a pu constater aucun mouvement des poils dits « audit
ifs » de Dahl en examinant les pattes d'une araignée tranquille au
binoculaire au moment où l'on faisait résonner diverses notes d'un
piano, ou vibrer une mouche, alors que, dans ce derniers cas, l'arai-
gnéer réagissait. Il admet que les observations positives d' Erich Meyer
sur des pattes isolées d'araignées tenaient à une plus grande mobil
ité de ces poils, alors que les muscles n'avaient leur tension.
A propos des considérations du même Erich Meyer sur la plasti
cité de l'instinct d'après des faits d'adaptation à la substitution des
toiles chez diverses araignées, Th .reprend des expériences du type
de celles de Jeanne Berland sur l'adaptation à des conditions excep
tionnelles dans la construction des toiles : une Epeire qu'il place
dans un tube construit une toile fragmentaire et la perfectionne.
Certaines des Epeires, plus ou moins adaptées à des tubes, perdent
la capacité de construire ultérieurement leur toile spécifique.
L'instinct peut donc marquer, dit l'auteur, une certaine plasticité,
une certaine « adaptabilité », mais étroitement limitée, et ne permet
tant pas, à ses yeux, de nier l'immutabilité fondamentale ; il y a
intervention d'une certaine intelligence (mais différente de nature de
celle de l'homme), que Fabre aurait généralement qualifiée de « disce
rnement ».
Enfin l'auteur expose quelques observatons faitas sur un couple
d'un Attide, Philœus chrysops : La vue est bien développée dans cette
espèce, et les proies saisies grâce à des bonds parfois prodigieux.
Il conteste les remarques des Peckham reproduites par Rémy Perrier,
au sujet de la danse nuptiale du mâle : les gestes décrits comme un
moyen de séduction vis-à-vis de la femelle se produisent mieux en son
absence, sous l'action d'un rayon de soleil et parfois la femelle est
abordée, sans le geste qui témoigne simplement d'un état d'excita
tion. Il se trouve à cet égard en accord avec L. Berland. H. P.
278. — M. BARTELS. — Sinnesphysiologische und psychologische
Untersuchungen an der Trichterspinne Agelena labyrinthica Cl.
(Recherches de physiologie sensorielle et de psychologie sur Varai-
gnée A.I.). — Z. für ver. Ph., X, 4, 1929, p. 528-593.
L'auteur a recherché sur quels repères se fondait l'orientation de
l'araignée quand vers son nid elle revient du lieu où elle a saisi sa
proie jusqu'à sa cachette, alors qu'il ne peut y avoir le guide vibraproie." ""'" toire qui lui permet de trouver la PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQÜE ET BIOLOGIE 349
Ayant une araignée avec son nid dans une caisse, des changements
d'orientation vis-à-vis de la direction de la lumière ont pu être fac
ilement réalisés, montrant que le repère lumineux est utilisé, en sorte
que YAgelena est induite en erreur par un changement' dans la di
rection de la lumière.
Mais il existe des facteurs kinesthésiques. Après avoir saisi la proie,
l'araignée se retourne normalement de 180° pour revenir à sa loge.
Quand l'araignée est aveugle, et qu'on change l'orientation du
support vis-à-vis de la verticale on provoque une perturbation prou*
vant l'existence de repères fournis par la pesanteur (baresthésie),
mais de peu d'importance vis-à-vis des repères lumineux dans les
circonstances normales.
En l'absence de données optiques, kinesthésiques, baresthésiques,
les données tactiles paraissent aussi intervenir. Normalement ce sont
des complexus qui guident l'araignée avec des suppléances (comme
j'ai montré autrefois que c'était le cas pour la Patelle), en sorte que
l'araignée aveugle «rrive à s'orienter dans son nid avec une certitude
presque aussi grande que la clairvoyante.
Il existe, chez l'araignée, une mémoire des lieux, rendue évidente
par le fait que si, quand une Agelena a trouvé une proie à un endroit
donné, on déplace celle-ci, elle revient à l'endroit primitif (grâce à des
repères d'ordre principalement visuel), la persistance de ce souvenir
(pour l'araignée empêchée quelque temps de revenir vers sa proie),
de ce que l'auteur appelle un « Ortsengramm », un engramme de
lieu, dure quelques heures (3 heures dans une observation).
H. P.
279. — GERHARD BRECHER. — Beitrag zum Raumorientierung
der Schabe Periplaneta americana (Contribution à la question
de l'orientation spatiale de la Blatte P. a.). — Z. für ver. Ph., X, 3,
1929, p. 497-526.
La Blatte, dont Turner avait déjà étudié les capacités d'apprent
issage au labyrinthe, a été dressée à choisir dans des couloirs la
gauche ou la droite, principalement par la méthode lumineuse (côté
clair, évité naturellement, et côté sombre, naturellement choisi).
La Blatte s'est montrée capable de faire cette distinction de la
gauche et de la droite, sous forme de représentation tactile, liée à une
exploration antennaire (avec perte de ce pouvoir quand les antennes
sont sectionnées). H. P.
280. — R. DUBOIS. — Sur les réflexes associés de la Mante reli
gieuse. — B. B., C, 3, 1929, p. 160-162.
Une mante femelle décapite son mâle avant l'accouplement, ce
qui n'empêche pas ce dernier (dont les réflexes sont suscités par st
imulation de contact), et achève ensuite de le dévorer.
L'auteur attribue à une intention délibérée l'acte initial de déca
pitation, qui empêcherait les influences inhibitrices pouvant s'oppo
ser à l'accouplement ! H. P. 850 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
281. — €R. BROWN et M. H. HATCH. — Orientation and « fright » :
reactions of whirling beetles (Gyrinidae) [Réactions d'orientation
et de « peur » des gyrins). — J. of comp. Ps., IX, 2, 1929, p. 159-
189. '
Des gyrins (Dinentus discolor) placés d'ans une cuve cylindrique
dans laquelle on peut à volonté produire un courant d'eau circulaire
et faire varier les conditions d'éclairage, s'orientent vers la source .
lumineuse. Si la cuve est éclairée par le fond, ils plongent et se main
tiennent quelquefois contre le fond, réaction qui n'a pas d'équiva
lent ' dans les conditions naturelles. A l'obscurité, la désorientation
est. complète ; il ne paraît pas y avoir de réaction au sens du courant
d'eau : il n'y a pas non plus de tendance grégaire ; le groupe est
dispersé. Il se reforme à la lumière sans doute par l'effet analogue des
conditions externes sur les individus. Cependant il faut distinguer
deux sortes d'orientations : la véritable orientation (qui est indivi
duelle) et les réactions négatives à 'certaines influences externes :
celles-ci tendent à faire de certains emplacements des sortes de
« trappes » où des animaux plus ou moins nombreux se trouvent en
fait rassemblés, sans être individuellement orientés. Dans les con
ditions naturelles l'orientation est un fait moins simple : il y a sans
doute tendance à maintenir une même perception visuelle à laquelle
les animaux sont habitués.
Dans d'autres expériences on a étudié des réactions de « peur »
produites par l'apparition, sur un fond uniforme, d'un cercle de
couleur différente (noir sur blanc ou blanc sur noir). Il n'y a pas de
réaction à la disparition du cercle ; la réaction a lieu pour une aug
mentation de complexité du champ et non dans le cas inverse ; elle
est suivie d'une phase d'inexcitabilité pour un stimulant du même
genre quifdure environ une minute. La réaction a encore lieu pour un
cercle vu sous un angle de 10° (1 /133e du champ visuel.) . P. G.
282. — H, MANEVAL. —Notes sur quelques Hyménoptères. — An.
S. Bnt., XCVIII, 3, 1929, p. 289-300.
»Relevons quelques observations d'intérêt psychologique.
Un gphégide, le Trypoocylon jigulus L. élit domicile dans des gale
ries de calibres très divers; or, il apporte des proies de taille souvent
proportionnée au diamètre de la cavité adoptée ; dans des galeries
d'Anobium, ce sont des araignées jeunes, très petites ; dans celles de
Scolytes, les araignées sont moyennes ; enfin dans le trou d'un
Hylotrupes, il y a une très grande proie (une Linyphia), ou plusieurs
petites.
Un Pompilus gibbus femelle est observé arrivant au nid à recu
lons, directement, sans arrêt après un long parcours ininterrompu
(de 7 mètres), la position du nid étant d'un repérage facile.
Quand le Pom pile abandonne son fardeau, c'est donc qu'il n'est
pas sûr de son chemin.
Une observation de mémoire des lieux concerne une Osmia ruf a
installée dans une galerie s'ouvrant sur le champ supérieur d'une
porte normalement entr'ouverte, à côté de deux autres portes semb
lables. On ouvre toute grande la porte ; l'abeille va à l'endroit "où
devait se trouver son nid (mémoire dynamique), et, né le trouvant V-JS
PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQDE ET BIOLOGIE 851
pas, se dirige vers la 3e porte, entr'ouverte, dont l'aspect est le même
que celui habituel de la porte où se trouve le.nid (mémoire visuelle).
H. P.
283. — L. VERLAINE. — L'instinct et l'intelligence chez les Hymén
optères. VIII. Note eomplémentaire sur l'abstraction. — IX.
La notion du temps. — - X. La reine des abeilles dispose-telle à volonté
du sexe de ses œufs ? — XI. La construction des cellules hexagon
ales par les guêpes et les abeilles. — Annales et Bulletin de la
Soc. entomologique de Belgique, LXVIII, 1928, p. 240-250, LXIX,
1929, p. 115-125, p. 224-238, et p. 387-417.
Au cours d'expériences systématiques sur Vespa germanica, l'au
teur a réussi à mettre en évidence ce qu'il appelle une capacité d'abs
traction, les guêpes apprenant à choisir, pour rentrer au nid, un ori
fice signalé par un triangle blanc, dont on modifie à son gré la forme,
la grandeur et l'orientation, et à éviter un orifice conduisant à une
impasse et signalé par une autre forme géométrique quelconque
(carré, rectangle, losange, cercle, équerre, etc.). La position relative
(droite ou gauche) des deux orifices est constamment changée.
La réaction est acquise au triangle en général, en ce que 80 % des
guêpes se dirigent correctement après quelques jours d'apprentissage.
Et certaines guêpes, ne commettent même aucune erreur dans une
série de retours successifs (15 retours corrects observés consécut
ivement chez une d'elles, préalablement marquée).
Si l'on supprime les marques, en continuant à changer la position
relative des orifices, les choix deviennent sensiblement égaux, et de
même si "on utilise un triangle pour les marquer l'un et l'autre.
Et, si on désigne l'orifice d'impasse par un triangle, c'est à lui que
commencent à venir les guêpes en grande majorité. .
C'est la première fois qu'on montre chez des animaux une réaction
à une forme aussi générale. .
Une autre série d'expériences, fort intéressantes également, a été
inspirée par des recherches de Tolman sur les rats : A leur sortie du
nid, les guêpes doivent choisir entre deux couloirs, placés l'un à
droite et l'autre à gauche. Elles se trouvent, en traversant le couloir,
momentanément prisonnières, mais pour une durée de 5 secondes
seulement à gauche et de 35 secondes à droite. Cet emprisonnement
leur est en général désagréable et suscite de vifs efforts de libération ;
mais les différences individuelles sont [grandes. L'observation des
6 sujets pendant 6 jours montre que les guêpes peuvent apprendre à
éviter l'emprisonnement le plus long, dont elles donc appréc
ier la durée :
2e jour 3e jour 4e jour 5e jour 6<; jour
Sorties correctes %... 40 68 57,6 84 100
Une autre expérience de labyrinthe où les guêpes ont devant elles
successivement deux impasses éclairées d'inégale longueur, la plus
longue étant d'abord à gauche (3 premières alternatives), puis à
droite (3 dernières), n'a pas donné de résultats très significatifs;
les guêpes évitent rapidement les impasses, et plus vite celle de gauche
qui est la plus longue dans la première moitié, et cela même dans la 352 t 'ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
seconde moitié où elle est plus courte. Mais le problème posé ne per
mettrait en aucun cas de conclusion simple (la longueur d'un par
cours ne pouvant s'identifier à une durée).
Dans la note sur le vieux problème de la disposition du sexe des
œufs chez les abeilles, V. reconnaît l'erreur qu'il avait commise en
attribuant aux ouvrières, non fécondées, le"s œufs mâles de la ruche.
La reine dépose bien dans les grands alvéoles spéciaux préparés
pour eux des œufs de mâles, et dans les petits alvéoles normaux les
œufs d'ouvrières. Et elle détruit en général les œufs pondus par des
ouvrières, destinés à donner des mâles.
Le problème posé par cette capacité de la reine effraie l'auteur qui
« cherche en vain à se figurer la marche à suivre pour lui trouver une
solution satisfaisante : aucune hypothèse ne paraît même possible
sur la nature de cette solution ». A vrai dire il paraît bien y avoir dans
la vie des ruches d'autres problèmes du même ordre, et peut-être
dans le mécanisme de bien des réflexes.
La dernière série d'études de V. concerne la fabrication des cellules
des guêpes et des abeilles. Reprenant les observations remarquables
de Charles Janet (1894-95) sur le début cylindrique des alvéoles
juxtaposés, dont les cloisons sont ensuite aplanies par le jeu du tra
vail de la guêpe à cheval sur les alvéoles contigust il montre que
si les alvéoles de bordure restent souvent cylindriques dans leur
partie libre, ils sont aussi redressés suivant la structure hexagonale,
par imitation des autres alvéoles. Et, montrant l'influence de l'éduca
tion individuelle, nécessaire chez les abeilles pour la construction des
gâteaux de cire, il a, en isolant un rucher de jeunes ouvrières, pu véri
fier que l'utilisation de la cire ne pouvait répondre à une transmission
instinctive, la sécrétion des cirières aboutissant à des paquets collant
au ventre dont elles ne savent même guère se débarrasser, tant
qu'on ne leur fournit pas des modèles, qui les intéressent d'ailleurs
vivement. Et les abeilles apprennent aussi à construire, mais elles
n'ont jamais le talent individuel des guêpes ; isolées elles fabriquent
des cellules en nid d'hirondelles, et c'est par ce travail collectif avec
la disposition des ouvrières multiples collaborant à l'édification
de l'alvéole que les beaux gâteaux réguliers prennent forme.
H. P.
284. — VICTOR WILLEM. — L'architecture des Abeilles. — Bull.
Se. Ac. Belg., 5e série, XIV, 12, 1928, p. 672-705.
L'architecture des abeilles a été un des arguments les plus forts
en faveur de l'intelligence merveilleuse impliquée dans les actes
instinctifs, en ce que la forme de la cellule serait celle qui assurerait
l'économie maxima de matière, le problème ne pouvant comporter
une solution mathématique plus exacte. Les évolutionnistes ont
tenté d'expliquer la naissance de l'habitude instinctive sans faire
appel à une intelligence transcendante. L'exposé historique de ces
débats sert à W. d'introduction à ses observations qui apportent un
peu de clarté positive, dans une question obscurcie par les discussions
a priori ne faisant que bien pauvrement appel aux faits, et rappelant
celles de la légendaire dent d'or.
L'auteur eut, en 1921, à propos d'une communication mathé- PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 353
matique de G. Césaro (sur la forme de l'alvéole de l'abeille, Bull.
Se. Ac. Belg. 1920, p. 100), l'intuition que la valeur des angles
dièdres, de l'alvéole (tous égaux à 120°) résultait de l'équilibre
réalisé par des poussées égales qu'exercent trois ouvrières travaillant
à la fois le long d'une même arête. Et immédiatement une confirmat
ion apparaissait dans ce fait, généralement négligé, que les cloisons
marginales d'un cadre auxquelles ne collaborent que deux ouvrières
forment avec le plan d'attache deux angles droits.
Pendant plusieurs années W. a fait travailler des abeilles sous ses
yeux dans des conditions variées ; et il a pu vérifier pleinement son
hypothèse.
Une abeille qui travaille isolément construit sur le mode sphérique ;
elle travaille « en rond », elle creuse, par refoulement, par modelage,
une cellule cylindrique à fond hémisphérique ; l'existence de plans est
liée à la collaboration de deux équipes d'ouvrières travaillant sur
chacune des deux faces des cloisons ; une paroi plane est la limite
d'une sorte d'aplatissement d'une lentille biconcave.
Les données obtenues sont illustrées par une série de remar
quables documents photographiques.
Évidemment le travail comporte beaucoup de régularité, exige une
grande finesse du sens musculaire, les poussées triples devant très
exactement s'équivaloir. Mais il n'apparaît nullement un schéma
géométrique de la construction.
On peut comprendre que le groupement des abeilles s' agrippant
côte à côte à la latte de bois, sous laquelle le gâteau est suspendu
en une rangée horizontale et construisant une rangée d'alvéoles
cylindriques, tandis qu'une série d'autres abeilles s'accrochent à
la lame de cire et s'insinuent entre les premières, construisant une
seconde rangée de cellules sous la précédente, les cellules du premier
rang prennent obligatoirement la forme d'un prisme hexagonal
tandis que celles du second rang restent limitées par des surfaces
courbes jusqu'à ce que les cellules du troisième rang viennent modif
ier celles-ci en les changeant en deux faces égales.
L'auteur a réussi, par des amorces en cire, à réaliser un autre
type de groupement des ouvrières : par exemple il les incite à
aligner les débuts de cellules en séries juxtaposées sans alternanoe ;
dès lors les sections des cellules sont des carrés au lieu d'être des
hexagones.
It n'y a donc pas besoin d'envisager un sens géométrique excep
tionnel des abeilles, et « l'étude de l'architecture des rayons ne se
prête guère à la recherche de l'initiative individuelle et de l'éduca-
bilité chez les Abeilles ». H. P.
285. — A. MINDERHOUD. — Onderzoekingen over de wizze,
waar p de honing by haar Voedsel versamelt (Etudes sur les mét
hodes des abeilles pour recueillir leur nourriture). — Thèse de Wa-
geningen, 1929, 94 pages.
Observations dans une ruche d'expériences avec des groupes
marqués d'abeilles. Les durées de vol s'allongent à mesure qu'avance
la saison, avec tendance progressive à la récolte du pollen d'une
seule espèce- végétale.
1,'année psychologique, xxx. 23 - ANALYSES BIBLIOGBAPHIQU^S 354
Les chercheuses d'eau limitent leurs voyages à un domaine étroit ;
aussi elles sont désorientées si on déplace la source d'eau de plus
d'un mètre. On peut au début modifier facilement le comportement
des chercheuses d'eau ou de nectar dans un domaine étendu, mais»
après un premier choix, représentant la solution d'un problème,
quand le lieu a été repéré, le milieu efficace se trouve très limité.
H. P.
286. — PH. EAU. — Experimental studies in the homing of car
penter and mining bees {Études expérimentales sur le retour au nid
d'abeilles maçonnes et mineuses). — J. of comp. Ps., IX, 1, 1929,
p. 35-70.
On lâche loin de leur nid des abeilles capturées à l'entrée de leur
demeure. Tous les individus ont été marqués et transportés au lieu
du lâcher dans des cages fermées : certains ont servi dans plusieurs
expériences consécutives.
Les insectes appartenaient aux genre Xylocopa, de grande taille
et pourvue d'yeux très développés, et Antophora mineuse, plus petite
et à vue médiocre.
Le nombre des individus qui reviennent varie avec la distance ; le
maximum est de 8 milles pour la première espèce et de 2 pour la
seconde; mai« déjà pour des distances plus courtes certains indivi
dus ne rentrent pas ou le font avec un retard de un à plusieurs jours.
Ces résultats contredisent déjà l'hypothèse d'un mystérieux sens du
retour, II s'agit sans doute de mémoire visuelle de lieux connus
par 4es explorations antérieures ; les objets susceptibles de servir
de repère {rivière, lignes de chemins de fer) paraissent avoir une
influence.
L'expérience sur les Antophora est particulièrement instructive.
L>es jeunes se perdent toutes, les abeilles d'âge moyen se retrouvent
dans la proportion de moitié ; malgré l'accroissement de leur expé
rience, les plus âgées n'obtiennent pas de meilleurs résultats, peut-
être parce qu'elles sont moins vigoureuses-. P. G.
287. -~ MAURICE TOOMAS. — Quelques observations sur le
retour an nid. — Discernement ou Imagination ? Instinct ou... ?
Lambillionea, novembre et décembre 1929. Février 1930. Extraits.
Les observations ont consisté à vérifier sur un nid de guêpes
creusant un nouvel orifice quand on en a bouché l'entrée, la rapidité
avec laquelle le nouvel emplacement est fixé dans la mémoire, et
l'existence du vol préalable de reconnaissance. Les notes comportent
surtout des discussions de théorie, de tendance et de terminologie
avec Verlaine, dont l'auteur cite quelques belles expériences, mais
critique vivement les expressions. H: P.
288. — INGEBORG BELING. — Ueber das Zeitgedächtniss der
Bienen {Sur la mémoire du temps chez les abeilles). • — Z. für ver.
Ph., IX, 1, 1929, p. 259-338. — Résumé dans Die Naturwissensc
haften, XVIII, 3, 1930, p. 63-67. "
Dans cet excellent travail, l'auteur relate des expériencs syst
ématiques sur le dressage des abeilles à venir chercher leur nourri- .f TV7
PSYCHOLOGIE ZOOXOG1QUE ET BIOLOGIE 856
ture en un lieu donné à une certaine heure, dressage qui s'obtient
très vite, au bout de 2 ou 3 jours, et dont la réalité apparaît sur le
graphique relatant le nombre d'ouvrières venant par heure à l'en
droit où la nourriture est mise. Ce dressage, facilement obtenu sur le
rythme normal des 24 heures ne l'est plus quand on procède à un
apport périodique de nourriture sur un rythme différent, de 19 heures
par exemple.
Cela pourrait faire penser que des signes extérieurs indiquent
l'heure de la nourriture ; mais des recherches systématiques ont
permis d'éliminer tous ces signes : en procédant aux expériences
en chambre noire sous éclairage constant, avec humidité constante,
en modifiant l'évolution de la température, en apportant à l'état
électrique des perturbations artificielles, les résultats n'ont pas été
modifiés.
Au point de vue des conditions internes, en modifiant les condi
tions d'alimentation, l'état de faim ou de satiété, il n'a pas été pos
sible de trouver non plus d'influence modificatrice.
Il semble y avoir un facteur périodique nytchéméral qui reste
encore inconnu et qui permet de garder la mémoire du temps, la
mémoire de l'heure, dont la signification biologique est envisagée
par l'auteur, regrettant que le problème n'ait encore suscité aucune
rcherche. . •
On peut penser que l'aptitude à la rythmisation, fait général, se
montre particulièrement grande quand le rythme coïncide avec
tout l'ensemble de rythmes physiologiques corrélatifs du nycthé-
mère. H. P.
289: — E.ROUBAUD. — Caractère obligatoire de l'hibernation
chez les reines de Vespides annuels. Conséquences biologiques. —
B. S. Ent., 1929, 4, p. 83-84.
Deux reines de Vespa germanica hivernant dans un cabinet de
travail, en novembre, se -trouvent placées à la lumière et à la chaleur.
Or, après un court réveil, elles retombeïfrt dans leur torpeur hiver
nale, qui n'est donc pas une conséquence du froid, mais représente
un état spontané, irrésistible : c'est une « asthënobiose pseudo-hivern
ale ».
Il s'agit d'un « repos réactivant » à basse température, tandis que
chez les Mellifères, qui sont « thermophiles », il y a nécessité du maint
ien permanent d'une haute température. H. P.
290. —ALBERT GUILLAUME. — Les guêpes sooiales en France
et leurs nids. — Nat., n° 2807, 15 avril 1929, p. 347-353.
Les guêpes sociales de France sont toutes monogames : chaque nid
est formé par un seule femelle (sa mort avant la naissance des insectes
sexués détermine la perte du nid, alors que chez les polygames,
d'autres femelles peuvent assurer le développement de la colonie).
Les nids des Polistes sont les plus simples : découverts et, le plus
souvent, à un seul rayon. Les nids de Vespae sont d'une architecture
plus compliquée, ils peuvent être souterrains ou aériens, ils sont re
couverts d'une enveloppe imperméable.
• Après avoir passé l'hiver, engourdie dans un abri caché, la femelle

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