Comportement des Invertébrés - compte-rendu ; n°1 ; vol.31, pg 425-436

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L'année psychologique - Année 1930 - Volume 31 - Numéro 1 - Pages 425-436
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1930
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d) Comportement des Invertébrés
In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 425-436.
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d) Comportement des Invertébrés. In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 425-436.
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aux expériences de Groebbels — il y a lieu de se demander si, par
suite de la diffusion du courant, on n'excite pas en même temps un
grand nombre de centres nerveux éloignés.
Ayant rappelé les phénomènes généraux, H. entreprend de nous
prouver que la réaction galvanique ne peut pas en réalité nous ren
seigner sur la fonction labyrinthique. En effet, une extirpation bila
térale des labyrinthes ne change pas la réaction, et l'extinction pro
gressive ultérieure de celle-ci est rigoureusement parallèle à la dégé
nérescence du nerf vestibulaire et du ganglion de Scarpa. La double
extirpation des ganglions de Scarpa n'empêche pas non plus la réac
tion de se produire, il faut seulement un peu plus de courant. En défi
nitive, c'est le nerf qui est responsable de la plus grande
partie du phénomène, L'effet le plus important de l'opération gan
glionnaire est d'avancer l'arrivée des mouvements rotatoires de la
tête, qui autrement n'apparaissent qu'au bout de plusieurs jours,
du moins chez le pigeon, lorsqu'on se contente d'enlever les laby
rinthes.
Le rôle des centres sur le tonus, l'effet d'ablations unilatérales ou
partielles sont également examinés. A noter un fait d'interprétation
difficile : le renversement de la réaction avec le changement de polar
ité, même dans le cas où un seul nerf fonctionne. A. F.
d) Comportement des Invertébrés x
341. — H. BIRNET HOVEY. — Associative hysteresis in marine
Flatworms (Hystérésie associative chez les planaires marines). —
Physiological Zoology, II, 1929, p. 322-333.
Les Leptoplana fuient la lumière, or, des individus qui sont mis
à la lumière un certain temps dans des conditions où on rend imposs
ibles les mouvements de fuite, ne tardent pas, après des répétitions
en nombre suffisant, à rester immobiles quand on les met à la lu
mière, l'action inhibitrice s'étant substituée à l'action mobilisante
de fuite. Mais cette action inhibitrice d'origine mnémonique fait
défaut chez les planaires dont on a détruit les ganglions cérébroïdes.
H. P.
342. — E. A. ANDREWS. - Honeydew reflexes {Réflexes de
Miellée). — Physiological Zoology, III, 4, 1930, p. 467-484.
L'excrétion de la miellée anale des membracides Thelia, Vanduzea,
se fait normalement par une violente contraction musculaire expuls
ive, réaction de défense provoquée par des stimulations externes, des
piqûres par exemple. Mais des stimulations faibles et répétées, comme
les caresses des antennes de fourmis, mettent les aphides dans un
certain état de tension qui facilite l'excrétion, sans contraction vio
lente et pénible. Cette facilitation doit, d'après l'auteur être à l'or
igine de la symbiose des fourmis et des pucerons. H. P.
1. Voir aussi les noS 290, 292, 293. 426 ANALYSES BIBI-JOGRAPHIQÖES
343. — C. VANEY et A. BONNET. — Les phénomènes d'autotomie
chez le Spirographis spallanzanii. — G. R., GXG, 24, 1930, p. 1451-
1452.
Par traction légère ou par cautérisation des ganglions cérébroïdes,
on provoque chez cette belle annélide tubicole l'autotomie du pa
nache, au niveau de l'insertion des muscles longitudinaux sur l'a
nneau de soutien du panache ; avec ce dernier s'en vont deux ganglions
nerveux reliés par de courts connectifs, qui sont rompus, aux gan
glions cérébroïdes.
En dehors de cette autotomie élective, on obtient encore, par liga
ture, ou cautérisation de ganglions de la chaîne, des ruptures du
corps, en général au niveau lié, mais parfois aussi à distance du
point stimulé. H. P.
344. — M. GOPELAND. — An apparent conditionnée response in
Nereis virens [Une réaction conditionnelle apparente chez Nereis vi-
rens). — J. of comp. Ps., X, 4, 1930, p. 339-354.
Placée dans un tube de verre assez large pour qu'elle puisse s'y
retourner, une Néréide est attirée à une extrémité au moyen d'al
iments qu'on lui présente au bout d'un fil de fer ; elle sort la tête et
saisit l'aliment. Au contraire une lumière ou une ombre projetée sur
elle provoque une rétraction dans le tube, ou l'arrêt des mouvements
ondulatoires par lesquels l'animal y produisait un courant d'eau.
C. a essayé de créer au moyen de ces variations d'éclairage un réflexe
conditionnel. Le vase où est placé est recouvert d'une boîte
dont une des faces est fermée par un verre rouge. L'intérieur peut
être éclairé au moyen d'une lampe qu'on allume ou éteint du dehors.
Après 50 secondes d'éclairage on présente la nourriture au bout du
tube. On arrive ainsi à provoquer de plus en plus tôt la progression
du ver vers l'extrémité : l'éclairage est devenu un signal. Dans la
suite le même animal a pu être dressé à réagir à l'interruption d'un
éclairage continu, enfin à réagir par les mêmes mouvements de
progression, soit à l'éclairement, soit à la suppression de Péclairement,
de sorte qu'on pouvait obtenir les deux réactions le même jour à
quelques heures d'intervalle. P. G.
345. - G. HUMPHREY. - Le Chatelier's rule and the problem of
habituation and dehabituation in Helix albolubris [Le principe de
Le Chatelier et le problème de la formation et de la dissolution de l'ha
bitude chez Helix albolubris). — Ps. Forsch., XIII, 2-3, 1930,
p. 114-127.
Un Mollusque {Helix albolubris) placé sur une tablette à laquelle
on imprime des secousses, réagit en rétractant ses tentacules, mais
s'habitue à ne plus réagir si on répète les excitations. Cette habitude
elle-même peut être troublée par une excitation plus forte ou diff
érente qui rendra de nouveau l'animal sensible au premier excitant.
Mais la répétition de cette forte perturbation finira par la rendre
inefficace à son tour.
Ces faits s'expliquent par le principe de Le Chatelier : Quand un des
facteurs qui déterminent un équilibre est changé, l'équilibre se mod
ifie d'une façon qui tend à annuler l'effet du changement. Ici le PSYCHOLOGIE ZOOLOG40ÜE ET BIOLOGIE 427
nouvel état d'équilibre est la disparition de la réaction aux secousses.
Mais, les secousses disparaissant, l'organisme revient au premier état
d'équilibre. (Il faut admettre que l'excitation plus forte a ici le même
effet que la disparition des secousses, ce qui n'est pas très clair.)
P. G.
346. - HANS HOFFMANN. - Ueber den Fluchtreîlex bei Nassa
(Sur le réflexe de fuite chez la Nasse). — Z. für ver. Ph., XI, 1980,
p. 662-688.
Bauer a décrit un véritable réflexe de fuite du gastéropode marin
Nassa reticulata touché par une étoile de mer (1913), et Weber en a
fait une analyse détaillée chez JV. mutabilis (1924). Il ne s'agit pas
seulement d'une réaction d'éloignement, mais de rapides contorsions
avec fuite en zig-zag.
On n'obtient cette réponse qu'au contact des Astéries et des Ours
ins, mais non des Holothuries, ni des Poulpes, des Nudibrancb.es ou
autres Mollusques. Cela semblait bien indiquer que l'excitation méca
nique ne pouvait déclencher le réflexe de fuite, ce qu'a vérifié l'au
teur, n'observant que des contractions du pied. Avec des contacts
très chauds, au-dessus de 60° (avec une anse d'un tube de verre pour
circulation d'eau chaude, en tenant compte du refroidissement) et
des stimulations électriques suffisantes, la réaction peut être obtenue ;
mais elle est surtout déclenchée par certaines stimulations cîiimiques,
non par des acides (même aux plus fortes concentrations) sauf par
l'acide picrique, mais par des alcalis, soude ou potasse et toute une
série de sels, des chlorures, carbonates, azotates, de potassium ou de
sodium ; pour le sel marin en particulier, la réaction est facilement
obtenue à partir du taux de 6 % et ne fait jamais défaut à partir de
10 %, ce qui ne laisse pas d'être assez étonnant, du fait que la concen
tration normale de l'eau de mer approche déjà 4 %.
L'action des Astéries peut être considérée comme chimique due à
des sécrétions des glandes cutanées ; la réception se fait sur tout le
dos du pied, le réflexe de fuite n'étant pas obtenu pour un contact
d'une autre région (ce qui n'exclut pas pourtant avec certitude la
possibilité de la réception) ; la sensibilité est maxima sur une région
moyenne caudale. H. P.
347. — MAURICE THOMAS. — L'instinct chez les Araignées. XV-
; XVIII. — Bull, et Ann. de la Soc. entomol. de Belgique, LXX,
' '1930, Ces nouvelles p. 183-196 notes et renferment 229-249. quelques observations et des consi
dérations générales.
f|! L'auteur décrit l'accouplement de Xysticus pini, le mâle ligottant
les pattes de la femelle au préalable comme dans d'autres espèces voi
sines ; dans un cas, sur deux observés, la femelle a dévoré le mâle
après l'accouplement, ce qui indique des différences individuelles de
comportement et l'efficacité bien incomplète de la ligature des pattes
qui devrait permettre une fuite du mâle.
Revenant sur la question de la « danse nuptiale », T. d'accord avec
Borland attribue à de simples phénomènes d'excitation les gestes des
mâles d'Attides décrits par les Peckham sous l'expression citée, mais, 428 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
contrairement à Berland, après des observations sur Par dos a, juge
que les gestes des mâles des Lycosides sont bien, comme le pensaient
Bristowe et Locket des actes de cour nuptiale.
Sur une grande Argiopide [Nephila madagascariensis) , l'auteur a
constaté des réparations fréquentes apportées à la toiJe, réparations
aussi notées par Pierre Bonnet qui lui avait procuré cette araignée
(Bull. Soc. zool., IN, 53-77).
Enfin, tant à propos des phénomènes de l'accouplement que d'ob
servations sur des jeunes d' Araneus quadraius, se dispersant après
l'éclosion, l'auteur reprend une discussion avec Verlaine sur la notion
d'instinct, « inné, héréditaire, parfait (relativement) dès l'origine,
avec ce qu'il faut de discernement, de compréhension des choses, de
jugement, pour en assurer l'application en concordance avec les
conditions du milieu où vit l'individu et les modifications que son
organisme subit au cours de la croissance » ; et il cite largement
l'étude de Spaier publiée dans la Revue Philosophique, avec laquelle il
s'accorde de façon générale. H. P.
348. — ET. RABAUD. — Le stationnement de l'Argiope îasciée
{Argiope bruennichi) sur sa toile. — C. R., CXCI, 1930, p. 878-880.
Une Argiope fasciée disposée sur une toile d'Epeire diadème, vient
immédiatement occuper le disque central, dont la structure est c
ependant différente de celle qu'il affecte dans sa propre toile.
On peut penser que l'araignée, obéissant à une action purement
mécanique, vient stationner en un point où les tensions de la toile
équilibrent son propre poids.
R. a soumis cette hypothèse à un contrôle expérimental en appor
tant à la toile des délabrements qui modifient les conditions d'équi
libre : de fait si le délabrement est asymétrique, après réparation
partielle par quelques fils, une position nouvelle et bien différente est
prise, tandis que, si le est symétrique, la nouvelle posi
tion diffère peu de l'ancienne. Et, après excision du disque central,
l'araignée pose quelques fils pour réparer, et se replace au centre,
malgré l'absence de disque.
Sans délabrements, des déformations (avec tensions par un poids)
entraînent aussi un déplacement de l'araignée, qui paraît bien tou
jours obéir à l'action des forces mécaniques. H. P.
349. — D. VINCENT. — Les réparations des pièges d'Araignées. —
Nat., N° 2833, 15 mai 1930, p. f40-443.
Les araignées réparent les dégâts de leurs toiles. Certaines espèces,
par exemple la Linyphia triangular is , trouent leur toile à chaque
prise et réparent les dégâts la nuit : les toiles nouvelles s'adaptent
parfaitement aux lèvres des « plaies opératoires », chaque parcelle
constitue une pièce rapportée. D'autres qui ne trouent pas leur toile
pendant la prise, comme la Tegenaria domestica ou VEpeira umbra-
tica, chez qui par conséquent la déchirure constitue un accident,
réparent les dégâts, soit la nuit encore (comme les Linyphia), soit
même de jour, quelques heures après le traumatisme. La réparation
est quelquefois régulière, conforme à la technique et à l'architecture PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQL'E ET BIOLOGIE 429
ordinaires, d'autrefois atypique, singulière ; souvent l'araignée se
contente du strict nécessaire.
Les accrocs considérables ne sont pas réparés ; sont dans ce cas les
accidents ayant détruit le centre, ou l'extrémité inférieure de tous les
rayons, ou la totalité des rayons et des échelons de plusieurs secteurs
contigus. I. M.
350. - W. S. BRÏSTOWE. - The mating habits of Spiders, with
special reference to the problems surrounding sex dimorphism (Les
mœurs d'accouplement chez les araignées, spécialement au point de
vue des problèmes qui ont trait au dimorphisme sexuel). — Procee
dings of Zoological Society of London, 1929, p. 309-358.
L'auteur s'est livré à des observations très prolongées sur le com
portement sexuel de plusieurs espèces d'araignées, parmi lesquelles
on en peut glaner quelques-unes.
Chez les Salticides, les mâles commencent parfois leur danse nupt
iale devant leur propre image réfléchie par un miroir, ce qui prouve
le rôle possible des excitants visuels : mais un mâle aveuglé danse
aussi devant une femelle, ce qui prouve que la vue n'est pas le seul
facteur efficace, et le fait que les mâles manifestent de l'excitation
aux points où une femelle a passé, prouve le rôle des stimuli olfactifs,
qui provoquent d'ailleurs plus rapidement encore les réactions chez
les Lycosides que chez les Salticides. H. P.
351. - PIERRE P. GRASSE. - Etude écologique et biogéogra
phique sur les Orthoptères français. — B. Biol., LXIII, 4, p. 489-
539.
L'auteur distingue quatre catégories de « groupements » d'Orthopt
ères en France, des groupements sylvicoles, praticoles, saxicoles et
arénicoles, dont il cite une série d'exemples soigneusement étudiés
mettant en évidence les facteurs agissant pour déterminer, dans la
répartition géographique, ces réunions d'espèces : rôle de l'humidité
et de l'évaporation (espèces plus ou moins hygrophiles ou xerophiles),
de la température, de la lumière, de la nature du sol, de la végétation.
Le groupement, ainsi déterminé, devient un index des caractéris
tiques du milieu.
L'auteur insiste sur le danger des méthodes statistiques — valables
pour les végétaux — quand on les applique aux animaux dont les
groupement sont instables dans le temps, et la répartition très hété
rogène dans l'espace, en raison des déplacements que régissent des
facteurs très variés de comportement : instinct grégaire entraînant
la constitution de véritables colonies d'une espèce donnée, se tenant,
aux environs de lieux de ponte, tendance contraire à Féloignement
qui se manifeste chez les Œdipodes et a comme limite extrême la
tendance migratrice, recherche de la nourriture, enfin. H. P.
352. - V. WILLEM. - L'Architecture des Abeilles. - Bull. Se.
Ac. Belg., XVI, 7, 1930, p. 893-906.
Suite au travail dont il a été précédemment rendu compte (An.
Ps., XXX, p. 352), relatant de nouvelles expériences poursuivies sur
de petites colonies d'abeilles (var. ligustica), auxquelles étaient 430 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
fournies des plaques, ou des treillages métalliques enduits de cire, et
servant de base à la construction des alvéoles.
Dans tous les cas (bien que Verlaine ait observé une exception),
chaque alvéole débute par le creusement d'une cupule dans la masse
abordée, alors même que l'on offre aux abeilles des gaufrages indust
riels de cire avec des fonds déjà préparés aussi parfaits de forme
que ceux qui pourront être réalisés par leur travail.
D'autre part, la disposition et la forme des cellules accolées dans un
gâteau, dérivent de leur arrangement initial qu'on peut déterminer
à volonté par les amorces en forme de creux. On voit par exemple,
sur treillis, des groupes de cupules à fonds arrondis limitées en carrés
par les mailles avec élévation de quatre parois latérales comme sur
les contours hexagonaux des gaufrages ordinaires. Sur des plans
horizontaux, les abeilles acceptent d'édifier des cellules verticales,
ouvertes les unes vers le haut, les autres vers le bas. H. P.
353. - B. N. ZOLOTAREWSKY. - Sur le comportement de
Phymateus puniceus Bol. — B. S. ent., 1930, N° 18, p. 283-286.
Chez ce grand Orthoptère de Madagascar, solitaire et sédentaire, à
déplacements lents, le seul mouvement brusque est un soulèvement
des élytres et ailes dont la couleur rose apparaît, comme réaction de
défense.
Chez les larves il existe un comportement grégaire ; toutes celles
qui sont issues d'un même oothèque, se déplacent ensemble (sous
l'action probable d'une élévation de température comme dans la
migration journalienne des Acridiens migrateurs) ; elles marchent en
file indienne derrière la larve de tête, qu'elles suivent en grimpant
sur la première plante rencontrée. Deux bandes de larves se rencon
trant fusionnent ensemble. H. P.
354. — M. MAETERLINCK. — La Vie des Fourmis. — In-16 de
255 pages. Paris, Fasquelle, 1930. Prix : 12 francs.
Le chantre des fleurs complète avec cette étude des fourmis un véri
table triptyque consacré aux Hyménoptères sociaux, après avoir
décrit les mœurs des Abeilles et des Termites.
Plus encore que dans les volumes précédents, M. a appuyé son
oeuvre d'un examen approfondi des Travaux publiés par les natural
istes, et sa solide documentation scientifique (sa bibliographie ne
comprenant pas moins d'une centaine de travaux) donne une sérieuse
valeur positive aux bases sur lesquelles il s'appuie avant de se hasar
der aux envolées philosophiques dans lesquelles il révèle sa hardiesse
de penseur, son imagination de poète.
Et son talent fera beaucoup pour répandre des connaissances
exactes sur la vie des fourmis, passant en revue : l'organisation de la
vie collective avec la poche « sociale » d'où les ouvrières régurgitent la
nourriture au profit de leurs compagnes affamées ou des larves ;
puis la fondation de la cité qui se fait de bien des manières ; les va
riétés des nids ; les guerres souvent féroces ; les procédés de commun
ication et les mécanismes d'orientation ; et les mœurs pastorales
avec l'élevage des pucerons, et les agricoles avec la culture des champ
ignons, des epiphytes ou des graminées, les moisonneuses, les filan- PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQÜE ET BIOLOGIE 431
dières... Enfin l'étude des parasites précède l'épilogue où se pressent
les questions auxquelles la science ne peut donner de réponse.
H. P.
355. - F. S. BODENHEIMER et H. Z. KLEIN. - Ueber die
Temperaturabhängigkeiten von Insekten. II. Die Abhängigkeit der
Aktivität bei der Ernteameise Messor semirufus André von Temper
atur und anderen. Paktoren (Sur les dépendances thermiques des
Insectes. II. Dépendance de Vactivité chez M. s. A. vis-à-vis de la
température et d'autres jaeteurs). — Z. für ver. Ph., XI, 1931, p. 345-
385.
Etudes poursuivies pendant 5 années en Palestine sur une série de
nids de la fourmi moissonneuse Messor semirufus (et de quelques
variétés) par les auteurs qui appartiennent à l'Université juive de
Jérusalem et à la station agricole de Tel Aviv.
Quatorze fois par jour des notations étaient faites en échelons con
venus du niveau d'activité d'après le nombre d'ouvrières actives ;
des déterminations furent faites aussi des vitesses de progression.
L'activité générale présente deux maxima annuels, en avril et en dé
cembre, et deux minima, en janvier-février et en août.
La température est le facteur important qui influence le niveau
d'activité (la pluie, le vent, la lune paraissant inefficaces). Mais, fait
intéressant, il y a une température au-dessous de laquelle l'activité
est complètement abolie, et qui n'est pas la même au cours de l'année :
le zéro thermique est de 9° en janvier, 3°,5 en avril, 11° en mai-juin,
18°,5 en juillet-août, 21°,5 en septembre, 8° en décembre. Et la vitesse
de déplacement décroît avec l'abaissement de température jusqu'à
l'arrêt complet au zéro variable, suivant une allure hyperbolique.
Mais, malgré cette variation du zéro d'activité, il existe un opt
imum thermique manifesté par le choix de la région de séjour dans un
bloc à température variable, qui ne change pas avec la saison, et qui
se trouve, suivant les variétés de cette espèce, compris entre 18° et 22°.
H. P.
356. — SEVERIN ICARD. — L'orientation des fourmis. Comment
une fourmi retournant seule au gîte retrouve- t-elle son orientation
vers le nid ? — Nat., N° 2845, 15 novembre 1930, p. 448-454.
L'auteur montre, par une série d'expériences simples et élégantes,
que le facteur dominant dans l'orientation des fourmis est Péclairement
et plus particulièrement la position du soleil par rapport à l'animal.
L'animal suit un chemin tel que son éclairement reste le même. Il est
dérouté lorsque l'éclairement change. Dans l'obscurité, il continue
simplement un mouvement commencé.
1. Si l'on fait subir, à une fourmi qui va droit devant elle, une
rotation de 90°, 180°, 270°, 360°, 450°, l'animal se replace dans la
position initiale.
2. Si l'on introduit cette fourmi dans un tube de verre transparent,
elle continue, après quelque tentative, sa route. Si alors on tourne le
tube de 150°, brusquement ou progressivement, la fourmi en
sens inverse et maintient sa direction primitive par rapport au soleil.
3. Si, au lieu d'un tube droit, on offre, à la fourmi un tube en U, 432 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
la fourmi, arrivée à la première courbure de l'U, va se buter contre la
paroi du verre et, après avoir essayé de vaincre cet obstacle, se déplace
latéralement dans la branche transversale de l'U, maintenant tou
jours l'axe de son corps dans la direction primitive (elle marchera en
crabe). A la seconde courbure, nouveaux efforts contre l'obstacle,
puis retour à la première etc.
4. Introduite dans un tube de verre droit opaque (recouvert à l'inté
rieur d'une épaisse feuille de papier noir) la fourmi ne réagit plus aux
mouvements de rotation du tube.
5. Introduite dans un tube courbé en U opaque, la fourmi franchit
sans hésitation les courbures.
6.dans un tube droit dont la paroi est opaque d'un
côté (par exemple "à droite) et transparente de l'autre, la fourmi ne
réagit pas à une rotation à 180° : après la rotation, en effet, elle con
tinue à être éclairée du même côté (à gauche).
7. Pour la même raison, dans un tube recourbé, rendu opaque d'un
côté (par exemple celui de la grande courbure), elle demeure sans
hésiter, sans être troublée par les changements d'angle : elle est restée
éclairée du même côté.
8. Si l'on tourne un tube droit transparent autour de son axe.
l'animal qui s'est trouvé porté à la paroi supérieure du tube, lâche
prise et se laisse choir sur la paroi inférieure, mais reprend aussitôt, sa
route dans la même direction. Mais si l'on fait l'essai avec le tube
opaque d'un côté de l'expérience 6, la fourmi se retourne et revient à
son point de départ.
9. Si, dans le tube droit des expériences précédentes, la moitié
inférieure est opaque à gauche et transparente à droite, et la moitié
supérieure à droite et à gauche, la fourmi arrivée
au milieu s'arrête et refuse d'avancer. Mais si à ce moment on tourne
le tube autour de son axe, la fourmi reprend immédiatement son
chemin : l'éclairement de la seconde moitié est devenu le même que
celui de la première.
Ce n'est donc pas le sens des angles qui guide la fourmi dans son
retour au nid, mais la lumière solaire. I. M.
357. — F. SANTSGHI. — Nouvelles expériences sur l'Orientation des
Tapinoma par sécrétions dromographiques. — Ar. de Ps., XXII, 88,
1930, p. 348-351.
Cornetz avait cru montrer chez la fourmi l'existence d'un sens spé
cial de l'orientation par l'expérience suivante : On attire sous un
couvercle métallique des fourmis par un appât. Quand il y a piste
établie entre le nid et l'appât, on emporte l'appât chargé de fourmis
sur un autre terrain, et on lute les bords du couvercle. Au bout d'un
certain temps les fourmis creusent une mine en dessous du couvercle
et réapparaissent à l'extérieur en un point correspondant à la direc
tion de leur nid. Mais si l'on repère précisément l'entrée par laquelle
elles pénètrent sous le couvercle dans la première partie de l'expé
rience, on constate que c'est vers ce point qu'elles se retrouvent massées
dans la deuxième partie, que ce corresponde ou non à la direc
tion virtuelle du nid, selon l'orientation donnée au couvercle sur le
deuxième terrain. Il n'y a donc dans ce phénomène aucune manifes- ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 433 PSYCHOLOGIE
tation d'un sens spécial d'orientation, comme le voulait Cornetz, mais
simplement reconnaissance probablement olfactive d'un endroit où
elles ont passé antérieurement. M. F.
358. — J. L. MARCH. — The homing psychology of a Wasp (La
psychologie du retour au nid chez une Guêpe). — Faculty Papers of
Union College, I, 1930, p. 84-94 (d'après les Psychological Abst
L' racts). Ancistrocerus capra fait son nid dans de petites ouvertures.
Ayant dû adopter un nouveau nid, un tube de verre par exemple, la
guêpe exécute une sorte de danse, un « nest flight » à reculons dont
l'auteur se demande si elle a un sens pour l'orientation (et qui est
commune à un grand nombre d'Hyménoptères).
Même, si sur l'emplacement habituel, on change le nid, le tube de
verre fourni à la guêpe, le même vol a lieu ; il semble uniquement
suscité par la nouveauté du nid, car, si l'on remet un nid ancien, ou
si on déplace le nid, le vol n'a pas lieu.
La confusion des nids peut se produire par déplacements assez
grands, ou par addition d'un nid semblable au voisinage immédiat.
H. P.
359. - LÉONARD MARTIN. - Les Mellipones tropicales du
Brésil. Observations inédites. — Nat., N° 2826, 1er février 1930,
p. 97-100.
Le principe de la royauté unique (une seule reine) est aussi sévère
ment observé chez les Mellipones que chez les abeilles du genre Apes.
De plus, il y a eux plus de mâles et il n'y a jamais de massacre de
mâles. Il n'y. a pas non de vol nuptial : la fécondation de la jeune
reine doit s'effectuer obscurément dans la ruche.
Les Mellipones ne sont guère prolifiques : le nombre d'abeilles s'élève
à peine à 800 ou 1.000 par colonie. Celle-ci récolte malgré tout 5 à
6 kilogrammes de miel par saison. Une espèce nouvelle, découverte
par l'auteur, peut récolter 25 à 30 kilogrammes.
Les Mellipones supérieures sont très « intelligentes » : elles savent
utiliser pour boucher des fissures tantôt l'argile et tantôt la cire se
lon les circonstances et les besoins. Elles savent s'isoler dans un
creux d'arbre par un mur d'argile, et de façon plus générale, elles-
savent s'adapter aux circonstances. I. M.
360. — E. WOLF. — The homing behavior of bees (Le comportement
des abeilles retournant à la ruche). — J. of Soc. Ps., I, 2, 1930,
p. 300-311.
Les excitations visuelles et olfactives ont un rôle important dans
l'orientation des abeilles ; elles paraissent se diriger d'après la lumière
solaire, distinguent des repères jaunes et bleus ; leur sensibilité olfac
tive est extrêmement grande. Au cours de ses expériences, W. a pu
observer que pour les discriminations d'objets grossières les impress
ions visuelles interviennent, mais lorsqu'il s'agit de fines distinctions,
l'odorat a un rôle plus actif.
Un autre facteur très important est leur faculté d'enregistrement
des variations de direction au cours d'un voyage, angles et cercles,
l'année psychologique, xxxi. 28

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