Comportement des Invertébrés. - compte-rendu ; n°1 ; vol.33, pg 311-327

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L'année psychologique - Année 1932 - Volume 33 - Numéro 1 - Pages 311-327
17 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1932
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d) Comportement des Invertébrés.
In: L'année psychologique. 1932 vol. 33. pp. 311-327.
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d) Comportement des Invertébrés. In: L'année psychologique. 1932 vol. 33. pp. 311-327.
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sagittal, organe sensoriel central des Vertébtés, spécialement rhez le
singe). — Z. für Zelîforschung und mikroskopische Anatomie,
XIII, 1931, p. 236-248.
Ce que l'auteur décrit sous le nom d'organe sagittal comprend une
zone du revêtement épendymaire du 3e ventricule, en dessous de la
commissure postérieure, caractérisée par la présence de cellules épi-
théliales hautes, terminées par un fouet (organe sous-commissural),
une formation filiforme qui part de cet organe, et flotte librement
dans le canal épendymaire, s'étendant jusqu'à la région caudale
(le filament de Reissner), enfin des cellules sensorielles primaires
éparses dans l'épithélium épendymaire. Il n'y aurait, chez les mamm
ifères, que les Cétacés, le hérisson, la musaraigne et l'homme, pour
être dépourvus du filament de Reissner, étudié en détail chez le
Macaque, et comparable à la membrane qui recouvre les crêtes
ampullaires des canaux labyrinthiques (épaisseur de 10 à 15 fx, par
agglomération de multiples filaments extrêmement ténus).
Lès cellules sensorielles primaires, très nombreuses chez le singe,
analogues à celles des taches maculaires du labyrinthe, ont un pro
longement en massue faisant hernie dans le canal.
L'auteur pense que l'appareil a un rôle réflexogène s'opposant à
des flexions excessives de la moelle, la stimulation se produisant par
choc contre les massues cellulaires en saillie du filament de Peissner.
Les cellules sensibles seraient en effet particulièrement nombreuses
dans les régions où se produisent les plus fortes courbures de la co
lonne vertébrale. H. P.
d) Comportement des Invertébrés x
357. — L. FAUROT. — Actinies et Pagures. Etude de psychologie
animale. — Ar. de Z. exp., LXXIV, 8, 1931% p. 139-154.
Eescription du début de la fixation d'une Sagartia parasitica
sur la coquille d'un Paguras striatur.
Le Pagure, au contact d'une actinie de cette espèce, la saisit en
entourant la base pédieuse fixée et exerce des palpations qui en
traînent une réaction tentaculaire de fixation à la coquille au-dessus
de l'orifice ; puis l'actinie détache son pied, se recourbe, et le disque
pédieux vient adhérer sur la coquille ; il y a alors relâchement tenta
culaire et redressement. La nouvelle fixation est opérée, à l'initiative
du Pagure, mais par les manœuvres propres de la Sagartia, qui, par
leur coordination, feraient croire à une certaine centralisation ner
veuse motrice.
L'association avec l'actinie n'est pas nécessaire au Pagurus striatus
qui se rétracte entièrement dans la coquille qu'il habite ; l'associa
tion avec VAdamsia palliata serait en revanche indispensable à la
vie de VEupagurus Prideauxi qui est en grande partie recouvert par
l'actinie, et lui doit plus de souplesse et de mobilité avec un abri
moins lourd.
C'est le Pagure, ici encore, qui a l'initiative de l'association, mais
1. Voir aussi les noa 277 et 312. 3,12 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
qui manoeuvre cette fois lui-même pour assurer la fixation sur la
coquille généralement très petite où il a enfoncé son telson_ La sur
face pédieuse de l'actinie ayant adhéré, sans plus, c'est par la croi
ssance de VAdamsia que se fait l'enveloppement protecteur du
Pagure ; la bouche de l'Actinie se trouvant placée, d'après la dispo
sition de la fixation par le Pagure, immédiatement en arrière des
pièces buccales de celui-ci, les deux organismes s'alimentent en même
temps, l'actinie profitant des miettes. Le Pagure reconnaît fort bien
au contact VAdamsia ; indifférent à toutes les autres actinies, même
tenu hors de l'eau, il cherche à se saisir d'une Adamsia des qu'une
de sess pattes arrive à l'effleurer.
L'auteur termine cette note par quelques considérations générales
sur la symbiose, le commensalisme et l'instinct en général. Signalant
l'arrêt de développement produit par contact ciliaire des deux expan
sions latérales de V Adamsia, se rejoignant sur le céphalothorax du
Pagure, il ajoute : « Le degré de sensibilité qui pour Bichat et Claude
Bernard est confondu avec l'irritabilité photopiasmique et placé par
eux, sous le nom de sensibilité insensible, bien au-dessous de la
sensibilité inconsciente, se manifeste par des activités très complexes
auxquelles on peut joindre l'auto-régulation et l'hérédité. Leur en
semble constitue la vie végétative qu'après Bichat, Maine de Biran-et
Th. Ribot considèrent comme étant la source d'où est sortie la vie
affective ou animale, laquelle est formée d'états physiologiques de
besoin, d'aises et malaises, de tendances qui chez les animaux sont à
l'origine des instincts. » H. P.
358. — M. L. VERRIER. — Etude des rapports de la forme, de
l'habitat et du comportement de quelques crustacés Isopodes. - —
B. biol., LXVI, 1932, p. 200-231.
Deux espèces terrestres à yeux bien développés, le désertique
Hemïlepistus Reaumun, et YOniscus murarius des pierres humides,
• et deux espèces aquatiques, YAsellus aquaticus d'eaux douces, et le
Cœcosphœroma burgundum, privés d'yeux, vivant dans les mares
des grottes, seraient également insensibles à Faction de la lumière
(d'après des observations de comportement qui auraient singulièr
ement besoin d'être vérifiées par des expériences plus précises, syst
ématiquement conduites). Il existe une hygrophilie générale sans appar
eil sensoriel différencié (du moins en l'état actuel de nos connais
sances), et les différences morphologiques dans le développement et
la structure des antennes ne correspondraient pas à des différences
parallèles de comportement.
L'Asellus a des antennes plus longues et plus mobiles que le
Cœcosphaeroma, privé d'yeuy. H. P.
359. — L. VERLAINE. — Les accouplements multiples des mâles
d'insectes. — Bull, de la Soc. r. des Sciences de Liège, 1932, n° 1,
p. 27-31.
Examen de Bourdons, de Guêpes, et du papillon Orgyia antiqua,
dont le mâle est extrêmement sensible aux émanations olfatives de
là femelle :
« On peut admettre, par voie d'analogie, dit V., que le souvenir PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 313
d'une satisfaction éprouvée au cours du premier accouplement déter
mine le mâle à copuler une seconde fois ; mais on se demande quel
bien lui procure le renouvellement inutile de l'acte, sa provision
de sperme étant épuisée, qui puisse l'inciter à recommencer une tro
isième ou plusieurs fois encore. D'autre part un progrès remarquable
se manifeste d'un accouplement à l'autre, chez les Vespa du moins,
dans la rapidité avec laquelle le mâle quitte une femelle qui ne repond
pas instantanément à son appel, et dans son habileté à maîtriser celle
qui se montre quelque peu disposée à lui donner satisfaction » ce qui
indiquerait qu'un peu d'intelligence se mêle à l'instinct dans l'accou
plement. H, P.
360. — L. VERLAINE. — L'instinct et l'Intelligence chez les
Hyménoptères. XIII. Le tombeau des Danaïdes. XIV. L'abstraction
(3e note). XV. Les Guêpes ont elles un langage P XVI. La vision bino
cnlaire et la localisation des objets en profondeur chez la Vespa
germanica. XVII. L'origine des mâles chez les guêpes. — B. et
Ann. S. Ent. de Belgique, LXX1, p. r/3-130 et 2^7-^48. Mémoires
de la Soc. r. des Sciences de Liège, XVII, 1932, p. 1-16. Bul1. de la
Soc. r. des Se. de Liège, 1932, n° 2, p. 57-60. B. et An. S. Ent. de
Belg.,LXXII,p. 89-97.
Fabre a percé le fond d'une cellule de Chalicodome des murailles,
et l'Hyménoptère pendant 3 heures a apporté des charges de pollen,
négligeant « de mettre un tampon à ce tonneau des Danaïdes ».
Or un Pélopée du Congo belge qu'avait étudié Verlaine boucha
parfaitement les trous de ses loges, en les approvisionnant. V. pense
que Fabre a eu affaire à de vieilles abeilles maçonnes automatisées.
« II est vraisemblable, ajoute-t il, que si de nouvelles recherches
étaient entreprises sur de jeunes Chalicodomes, elles démontreraient
elles aussi que J. H. Fabre a parfaitement décrit chez ces Abeilles
solitaires les résidus d'une activité mentale primitivement plus
complexe et réduite au strict nécessaire par un exercice suffisamment
renouvelé dans des conditions normales invariables. »
Des expériences sur des ruches ont montré que les abeilles répa
raient les alvéoles, et ainsi, pour V. le « tombeau des Danaïdes » n'est
qu'une légende de l'instinct.
A propos des expériences de la Gestalt-psychologie sur le choix
d'un gris relatif par les animaux, du gris le plus clair, indépendam
ment de sa valeur absolue, par expérience, V. rappelle qu'il a pu
apprendre à des guêpes à reconnaître un gris moyen absolu en l'oppo
sant à des gris plus clairs ou plus sombres. Le relatif doit précoder
l'absolu, et, pour le démontrer, l'auteur utilise des abeilles qui ont
trouvé du sucre sur un triangle equilateral, et constate qu'elles vont
ensuite plutôt, sur un rectangle que sur un carré et se distr
ibuent sur divers triangles au milieu desquels est le triangle equilateral
primitif, la « triangularité », donnée relative se manifestant de façon
initiale, l'abstrait précédant le concret.
L'analyse, chez les guêpes, de la progression des visites à une pro-
vende découverte par des butineuses, pour la recherche des procédés
de communication de la découverte, conduit à renoncer à l'hypothèse
d'un langage véritable. 314 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Les guêpes sont alertées par le retour des butineuses (mais il semble
qu'il existe des moyens spéciaux pour provoquer l'alerte chez les
abeilles d'après Von Frisch), et doivent alors redécouvrir le lieu
cherché, en suivant au vol les butineuses, et en se servant des per
ceptions olfactives.
Sur les guêpes encore, l'auteur constate que le vernissage d'un des
yeux latéraux entraîne la perte d'appréciation de la position exacte
de l'orifice de leur gîte, et entraîne de la désorientation, car sur
100 ainsi traitées à la sortie du nid, 7 seulement revinrent (bien
qu'elles se soient envolées en ligne droite sans mouvement de manège).
En prenant de jeunes guêpes dans le nid endormies à l'éther, sur
100 vernissées, 33 revinrent après leur sortie, ce qui indique encore
un fort déchet.
Ayant enfin réussi à constituer un guêpier avec une reine de Vespa
germanica et des ouvrières de Vespa vulgaris, il a obtenu de nouvelles
ouvrières de V. germanica, provenant des œufs pondus par la reine, et
d'autre part des mâles de V . vulgäres, venant d'œufs parthénogéné-
tiques des ouvrières, et des mâles de V. germanica. La reine pond donc
bien réellement des œufs qui, donnant des mâles, n'ont pas été fécondés.
Le problème reste de savoir quel rôle joue la reine dans cette non-
fécondation. ^ H. P.
361. — L. VERLAINE. — L'instinct et l'intelligence chez les
Hyménoptères. — XX. Les sociétés d'insectes ont-elles des traditions
— J.dePs., XXIX, 1932, p. 784-816.
L'instinct ou ensemble des opérations indispensables à la conser
vation de l'existence est forcément spécifique, les individus d'une
même espèce ayant les mêmes besoins simples et peu nombreux à
satisfaire sous peine de mort et ayant pour les satisfaire la même
nature dans des milieux peu différents. Mais la spécificité, si elle
implique l'innéité dans le domaine morphologique, ne l'implique
pas forcément pour les conduites. Les automatismes résultant de
l'intelligence par habitude ne se distinguent pas d'automatismes
innés dits instinctifs. Le seul moyen d'établir l'existence de l'instinct
au sens courant serait de prouver empiriquement que la plupart des
automatismes spécifiques se réalisent sans aucun apprentissage.
Même le réflexe dans sa définition classique n'est qu'un artifice de
laboratoire ; le réflexe véritable n'est qu'une réaction à des influences
constantes dont la parfaite adaptation aux besoins spécifiques de
l'individu résulte d'un automatisme acquis par un apprentissage très
simple, lorsque le profit que l'organisme retire de la réaction ne se
modifie pas. Pour n'importe laquelle de ses propriétés morphologiques,
physiologiques ou psychiques, l'être vivant est toujours le produit
d'un complexe de facteurs internes par un complexe de facteurs
externes, de sorte que les causes de l'hérédité ne peuvent être r
echerchées uniquement dans l'individu. L'ambiance acquiert une
importance de plus en plus grande à mesure que se développe la
vie psychique, et en particulier chez les animaux vivant en famille
ou en société , les traditions sont les f acteurs de certaines activités
spécifiques dites instincts sociaux et qui, comme tous les autres
instincts, ne sont que les résultats d'une épigénèse psychique. PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 315
Les insectes chez lesquels l'existence de traditions peut le mieux
être mise en évidence sont les abeilles et surtout les guêpes, puisque
chez celles-ci, à la différence des abeilles, les ne peuvent
être transmises d'un organisme social à un autre que par la reine.
L'observation et l'expérimentation sur le retour au nid, l'élevage du
couvain et l'approvisionnement, les relations qui s'établissent entre
les sujets d'un même nid après la naissance, l'hygiène sociale, la
protection de la collectivité, la construction du nid, la division du
travail et la spécialisation de la production, les signaux collectifs et
le langage, conduisent aux conclusions suivantes. La vie sociale
des guêpes et des abeilles paraît entièrement gouvernée par des tra
ditions, en entendant par là des activités tributaires d'initiatives,
individuelles, exceptionnelles, communiquées à la masse et à la des
cendance par l'exemple et l'imitation. Il semble suffire d'un événe
ment de minime importance pour faire éclore la vie sociale avec une
telle perfection de l'organisation du nécessaire qu'il ne reste plus
guère d'occasion pour l'initiative individuelle de réaliser des pro
grès nouveaux. Toutefois cet événement est d'ordre sociologique, et
des ébauches de traditions proprement dites semblent bien se déve
lopper dans certaines collectivités. G.-H. L.
362. — M. THOMAS. — L'instinct et la psychologie des Hyménoptè
res. I. Réalité scientifique de l'Instinct. II. L'instinct de sociabil
ité. III. La case hexagonale des guêpes et des abeilles. IV. Le retour
au nid. — Bul. et Ann. de la S. Ent. de Belgique, LXXI1, 1932,
p. 177-180, 180-185, 185-198, et 301-310.
L'instinct, comme « connaissance innée et héréditaire d'un plan de
vie spécifique •>■>, est démontré, déclare T., par les mœurs des animaux
solitaires. Les variations de détail observées dans la façon dont les
animaux réaliseraient ce « plan de vie spécifique » relèveraient de
petites différences morphologiques et physiologiques d'un côté, psy
chologiques de l'autre, par intervention de patrimoines personnels
inégaux, d'ordre individuel, ou facultés intellectuelles « innées, mais
variables et pas nécessairement héréditaires ».
Après avoir trouvé confirmation de ses vues théoriques chez les
animaux solitaires, comme les araignées, T. va s'adresser maintenant
aux animaux sociaux et particulièrement aux guêpes et aux abeilles.
Descy ayant considéré que la vie sociale était le résultat du retour
au nid, se fondant sur la reconstitution d'une société de guêpes après
catastrophe, T. demande si le retour au nid, condition nécessaire de
la sociabilité, en est bien la condition d terminante principale, étant
donné que l'on retrouve la même capacité de retour au nid chez des
Hyménoptères solitaires.
C'est à un instinct précis et rigoureux de sociabilité qu'il ramène
le déterminisme de la vie sociale, les Insectes communistes ayant « la
connaissance de leur impuissance et la volonté de concourir efficac
ement au développement de leur espèce ».
En ce qui concerne la forme hexagonale des alvéoles des abeilles
et des guêpes, T. s'appuie sur l'étude fouillée de Verlaine (.9- 9),
pour en discuter les interprétations, opposant à la notion de l'appren- 316 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
tissage individuel, celle de la capacité héréditaire commune, qui
préside aux « exercices d'assouplissements » individuels.
Lorsque l'on observe des individus jeunes manifestement malad
roits dans leur activité, c'est, aux yeux de T. qu'il s'agit de déficients
et d'anormaux.
L'instinct pourrait d'ailleurs comporter une « poussée à l'imita
tion ». Et, somme toute, les expériences de Verlaine, à rencontre de
leur auteur, lui paraissent démontrer la réalité de l'instinct.
Enfin, en ce qui concerne le retour au nid, conditionné pour une
grande part par la mémoire des lieux, faut-il voir dans les vols d'ex
ploration le résultat d'une initiative intelligente ou d'un instinct ?
C'est encore en s'appuyant sur des expériences de Verlaine où l'on
voit de jeunes guêpes sortant pour la première fois du nid pratiquer
le vol explorateur que T. affirme que la seconde alternative est
réellement la vraie. H. P.
363. — H. MANEVAL. — Notes recueillies sur les Hyménoptères.
— An. S. Ent., CI, 1932, p. 85-110.
Dans ces notes, un certain nombre d'observations de comporte
ment sont à retenir.
Lorsqu'une Ammophila sabulosa L. est en train de creuser son
terrier, des chenilles paralysées placées auprès l'attirent aussitôt :
elle se précipite pour les piquer, obéissant « à un réflexe irrésistible
qui lui impose un geste d'offensive, la préhension par les mandibules
et la véhiculation ».
Après la ponte l'impulsion à clôturer le nid est très forte, mais
non invincible, car l'auteur, en présentant de nouvelles chenilles a
pu en faire transporter dans le nid, une nouvelle ponte ayant eu lieu
sur une d'elles.
L'Ammophile ne supporte pas la vue d'un œuf sur une chenille :
elle se précipite pour le lacérer, et si on lui présente une chenille portant
sa propre ponte, elle ne la ménage pas davantage.
Dans un cas, l'Ammophile s'est nourrie d'une des chenilles qu'elle
avait piquée.
Au point de vue de l'orientation, l'auteur, qui a pris des croquis des
parcours de l'Ammophile, déclare que celle-ci « paraît connaître fort
bien l'ensemble du terrain sur lequel elle évolue, et avoir une mémoire
visuelle fidèle des reliefs ou accidents qui se trouvent sur son che
min » ; le déplacement de certains repères produit une désorientation.
Chez Y Ammophila campestris Latr., qui chasse des larves de Ten-
thrèdes ou des chenilles arpenteuses, l'emplacement approximatif
du terrier est bien connu visuellement, mais le lieu précis est repéré
par une palpation antennaire (d'ordre tactile ou olfactif). Le rôle
des repères sur la route du Tachysphex. pectinipes L. traînant un gros
criquet vers son nid, a été vérifié, l'Hyménoptère gardant un sens
très sûr de la direction générale.
L'Agenia bifasciata F., qui chasse les araignées, et utilise des gale
ries de Scolytes dans des troncs de pin pour y faire son nid, reconnaît
l'ouverture de la galerie d'après sa forme et son orientation, se trou
vant désorientée si on trace un sillon de disposition analogue à celui
qui précède l'ouverture. .
PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 317
Le Pompilus cinctellus Sp., traînant son araignée à reculons à vive
allure use de repères tactiles, et s'arrête pour explorer si on fait une
brèche sur son chemin.
Le P. fumipennis voit à des distances considérables des masses fo
rmant repères (d'où l'auteur conclut qu'il est presbyte, en quoi il
montre qu'il n'a pas une notion très précise de ce qu'est la presbytie) :
une femelle traînant à reculons une araignée vers son nid, situé au
pied d'une maison, s'arrête quand, à 80 mètres environ de celle-ci, la
vue lui en est masquée par un buisson de genêts. Elle vole au-dessus
du buisson pour se repérer et revient prendre sa proie.
Le Pompile qui utilise la vue pour s'orienter, reconnaît la présence
d'une proie à l'odeur ; indifférent à côté d'un tube de verre clos
contenant une araignée, il s'arrête et s'engouffre dans l'ouverture
quand le tube est débouché ; il explore avec ses antennes au cours
de la chasse. Il calibre sa galerie d'après la grosseur des proies qu'il
a capturées, à ce moment, la substitution à la sienne d'une proie
plus grosse qu'il ne peut faire entrer ne suscite pas de correction,
d'élargissement de la galerie. D'une manière générale une proie
plus grosse est plus facilement acceptée en échange qu'une plus
petite.
Observant qu'Un Pompile ayant laissé tomber une Lycose qu'il
traînait le long de la paroi verticale d'un mur se précipitait aussitôt
au pied du mur pour la reprendre, l'auteur fait remarquer que cela
paraît indiquer une expérience des effets de la pesanteur.
Enfin sur une Osmie (0. adunca P.) Maneval remarque qu'il
confirme ses observations sur le retour au nid déjà faites sur une
autre espèce (O. ruf a). Il y a intervention d'une « mémoire dyna
mique », le sens des mouvements d'accès jouant un rôle important,
et en outre un souvenir visuel de la région du nid, et des détails de
l'entrée. H. P.
364. — K. FREUDENSTEIN. — Das «Hebeln» der Bienen {Le
« balancement » des Abeilles). — Bi. Zentr., LU, 1932, p. 343-349.
Von Büttel Reepen a attribué à un jeu le balancement, observe,
aux soirées chaudes d'été, d'abeilles se mouvant rythmiquement
d'avant en arrière sur les parois de la ruche.
Or il s'agit là d'un travail de rabotage et de polissage, les abeilles
frottant la cire avec leur langue au cours de ce balancement.
Aucune activité chez les abeilles ne peut, d'après F., être rattachée
à un instinct de jeu. H. P.
865. — MATHILDEHERTZ.— Neue Versuche über das Gedächtnis
der Honigbiene für Strukturen (Nouvelles recherches sur la mémoire
de l'Abeille pour les sU-uctures). — Bi. Zentr., LU, 1932, p. 436-444.
Discussions avec Mme Friedländer et expériences nouvelles.
Les abeilles sont dressées à choisir une caisse portant un signe
formé d'un papier blanc à droite et d'un papier gris (N° 14 de Hering)
à gauche, entre deux autres caisses, une de chaque côté, portant, à
l'inverse, le papier blanc à gauche et le gris à droite.
Ensuite, pour la vérification du dressage, on ne présente plus que 318 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
deux caisses, positive et négative, en situations relatives variées, et
l'on compte le nombre des visites d'abeilles à l'une et à l'autre.
Malgré une certaine tendance au choix de la caisse gauche, on peut
vérifier la réussite du dressage à la position relative du blanc et du
gris.
A ce moment, on remplace le papier blanc par un papier gris assez
clair (N° 9) et le papier gris par un noir.
Or, dans ces conditions, les abeilles vont toutes ou presque (105
contre 3.) à la caisse ayant le papier clair à droite et le noir à gauche,
quelle que soit la position relative de cette caisse.,
L'organisation complexe, la structure, détermine donc le choix,
indépendamment de la clarté comme telle (sans nier pour cela la
possibilité, qui reste en question, d'un dressage à un niveau absolu de
clarté), H. P.
366. — N. T1NBERGBN. — Ueber die Orientierung des Bienen
wolfes Philanthus triangulum Fabr. (Sur l'orientation du Philanthe
apivore). — Z. für ver. Ph., XVI, 1932, p. 305-334.
Les femelles du Philanthus triangulum véhiculant une abeille,
leur proie, retournent au nid avec une grande précision. On peut
mettre en évidence une orientation lointaine, ramenant la guêpe
dans les alentours du nid, où se trouvent des repères (et comprenant
un cercle d'environ 2 mètres de diamètre), et une orientation proche,
objet d'analyse par l'auteur, qui a procédé à des dressages.
Les dressages ne sont obtenus qu'avec des repères optiques, dont
la connaissance est prise par des vols d'orientation, très rapidement.
La guêpe apprend à distinguer le nid du simili-nid si l'on emploie
pour les différencier des objets naturels, car avec des papiers de cou
leurs différentes l'auteur n'a rencontré que des échecs.
En ce qui concerne la découverte de la proie, elle est optique
d'abord, mais ensuite olfactive, l'abeille seule étant poursuivie, ou
toute autre proie que l'on a imprégnée de l'odeur d'abeille.
Cette olfaction est antennaire (avec indifférence vis-à-vis de
l'abeille quand les antennes sont sectionnées).
L'auteur a examiné les organes sensoriels du Philanthe, semblables
à ceux des Hyménoptères sauf pour les plaques poreuses qui font
défaut. H. P.
367. — A. MOLITOR. — Neue Beobachtungen und Experimente
mit Grabwespen. II. (Nouvelles observations et expériences sur les
guêpes fouisseuses). — Bi. Zentr., LU, 1932, p. 449-468.
Recherches sur les instincts de chasse et de soin de la progéniture,
avec vérification du rôle biologique joué par la paralysie des proies
quand les Ammophiles luttent avec les chenilles, si celles-ci se dé
battent, les coups d'aiguillon deviennent quelconques. Les ganglions
sont-ils réellement atteints, M. n'a pu le vérifier.
Certaines Ammophiles se nourrissent des chenilles chassées. Dans
un cas une Ammophile (A. Heydeni) apporta à sa larve des chenilles
nouvelles.
La paralysie des proies ne constitue pas, comme l'a prétendu Fabre, PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 319
une nécessité absolue pour la vie des larves, mais elle n'est pas dé
pourvue de tout rôle biologique et exerce une influence favorable.
D'une manière générale M., d'après ses observations, affirme qu'il
existe une « plasticité psychique », une intelligence aussi grande chez
les Ammophiles que chez les autres Vespides ou que chez les Fourmis.
H. P.
368. — \A. STEINER. — Die Arbeitsteilung der Feldwespe Polistes
dubia K. (La division du. travail chez la guêpe des champs P. d.). —
Z. für ver. Ph., XVII, 1, 1932, p. 101-152.
Etude faite dans les conditions optima (température de la ruche
34° à 37°), et examen des modalités du travail de la mère, avant et
^après la naissance des femelles auxiliaires, de ces femelles et des
mâles (qui ne sortent guère de l'activité copulatrice).
Si on met à part le repos — classé comme catégorie d'activité —
il y a quatre groupes assez homogènes d'activités, le soin du miel
(aération, élaboration, répartition), la construction, le transport de
l'eau, le service aux champs (pour la nourriture liquide ou solide).
Les facteurs de répartition de ces tâches apparaissent multiples ;
comme individuels, les différences de taille ne paraissant
jouer aucun rôle, il n'y aurait guère que l'âge qui agirait peut-être,
très faiblement ; les spécialisations constatées dans certains cas, tien
draient plutôt aux éléments psychiques.
Des facteurs sociaux et des influences de milieu agiraient principa
lement. Et, en conclusion, une activité donnée d'une des guêpes
apparaîtrait comme la résultante de facteurs individuels et sociaux
l'état reposant, non sur une coordination mécanique des individus,
mais sur une capacité de réaction sociale de ceux-ci. H. P.
369. — P. W. WHITING. — Reproductive reactions o! sex mosaics
of a parasitic wasp, Habrobracon juglandis (Réactions reproductrices
de mosaïques sexuelles d'une guêpe parasite. H. /.). — J. of comp.
Ps., XIV, 1932, p. 345-363.
Certains hyménoptères sont des mosaïques sexuelles, c'est-à-dire
-que certaines parties du corps présentent les caractères mâles et
d'autres des caractères femelles, les uns et les autres facilement
Teconhaissables grâce au dimorphisme sexuel de ces espèces. Ces êtres
assez rares (puisqu'on ne les trouve que dans la proportion de 1 pour
1.000 ou 10.000 individus) proviennent d'un œuf à double noyau
dont l'un, fécondé, donne les parties femelles et l'autre, non fécondé,
3es parties mâles. Par exemple un individu peut avoir la moitié du
corps d'un sexe et l'autre moitié de l'autre, ou il peut avoir l'abdomen
femelle et la tête mâle ; quelquefois même une partie de la tête ou
même de l'œil peut être, divisée entre les deux sexes. W. a étudié,
•chez une guêpe parasite, une soixantaine de ces mosaïques au point
de vue du comportement, qui présente toute une variété de combi
naisons des activités caractéristiques du mâle et de la femelle, non
seulement dans les relations des deux sexes, mais dans l'attitude à
l'égard des chenilles paralysées par la femelle fécondée, qui se nourrit
de leurs sucs et y pond ses œufs. On observe tantôt les actes propres
à l'un des sexes, tantôt une alternance ou un mélange des réactions

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