Comportement des Invertébrés. - compte-rendu ; n°1 ; vol.41, pg 360-372

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L'année psychologique - Année 1940 - Volume 41 - Numéro 1 - Pages 360-372
13 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1940
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e) Comportement des Invertébrés.
In: L'année psychologique. 1940 vol. 41-42. pp. 360-372.
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e) Comportement des Invertébrés. In: L'année psychologique. 1940 vol. 41-42. pp. 360-372.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1940_num_41_1_5912ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES ♦ l "ZWO
290: ^ D. R. GRIFFIN et T. R. GALAMBOS. — The sensory basis
of obstacle avoidance by flying bats (La base sensorielle de Vévite-
ment des obstacles par les chauves-souris dans leur vol). — J. of
• exp. Z, LXXXVI, 1941, p. 481-506.
Hartridge (1920) a émis l'hypothèse de l'émission au cours dti
vol, par les chauves-souris, de notes brèves aiguës, dont la réflexion
par les obstacles apporterait les renseignements permettant de les
éviter, et l'émision d'ultrasons par les chauves-souris (à des fr
équences de 45.000 à 50.000 p. sec.) a été établie par Pierce et Grif
fin (1938).
s Les auteurs ont'donc cherché à vérifier cette hypothèse, en exami
nant comment les animaux se comportaient vis-à-vis d'une barrière
de fils métalliques pendus (fils de 1 mm. de diamètre, à intervalles
de 30 cm.) en volant dans une petite pièce, ou dans la chambre
insonore de l'Université Harvard (de 4,5 x 3,3 m, de surface, et
3,3 m. de hauteur), ceci à l'état normal, ou après élimination de la vue
ou de l'ouïe (yeux obturés avec du collodion, oreilles bouchées).
Les pourcentages de collisions avec les fils donnaient l'indication
de la capacité plus ou moins grande d'éviter ces obstacles/particuliè-
rement difficiles.
Il n'y a pas de différence entre les chauves-souris normales Ou
aveuglées (25 à 30 % de heurts) tandis que celles qui sont assourdies
(aveuglées ou non) se heurtent bien plus souvent (65 % environ),
et elles se heurtent même aux parois de la chambre sourde.
En bouchant une seule oreille, les heurts sont à .peu près aussi
fréquents, ce qui paraît indiquer un mécanisme binauriculaire de
localisation des obstacles. Qu'il s'agisse bien de la réflexion d'un son
vocal émis par ranimai c'est ce dont on ne peut douter d'après lea
résultats de l'expérience complémentaire qui a consisté à recouvrir
la bouche de collodion, dont l'effet est de provoquer autant de
' heurts (65 %) que l'assourdissement, un petit orifice dans le collodion
•'■.'■obturateur suffisant pour ramener le comportement normal.
H. P.
291. — G. DE MUYLDER. — Corpuscules sensitifs dans les veines
du rein de la Souris. — Archives de Biologie, LU, 1941, p. 509-521.
. Dans la lumière des veines, soulevant Fendothélium, des corpus
cules de formes variées sont reliés par une fibre afférente et une
fibre efférente au plexus nerveux des artères voisines. Ce seraient
des chémo-récepteurs, selon l'auteur, et ils déclencheraient des
.réflexes réglant la mise hors circuit totale ou partielle de certains
territoires glomérulaires du rein. . H. P.
e) Comportement des Invertébrés
292. — J. H. HUBBELL. — A blind cricket locust Typhlo-centro-
1 philus jloridanus inhabiting Geomys burrows in Peninsular Flo-
* ' rida (Une sauterelle aveugle T. f. habitant les terriers de G. dans
la péninsule de Floride). — Ann. of Entomol. Society of Amer.,
XXXIII, 1940, p. 11-32.
Cet Orthoptère aveugle, probablement carnassier, très sensible .
COMPORTEMENT DES INVERTÉBRÉS 361
à la dessiccation, et aux vibrations transmises par le sol (qui les font
chercher refuge dans des cavités ou au plafond du terrier, par réaction
sans doute à l'arrivée du rongeur) ne manifeste aucune sensibilité
à la lumière. Il serait donc dépourvu de la sensibilité dermatoptique
que possèdent généralement les Arthropodes aveugles des cavernes.
H. P.
293. — N. EICHLER. — Bemerkenswerte Unterschiede in der
Verhaltensweise von junglarven und Imaginies bei Phlugiola
dahlemica Wd. Eschl. ( Différences remarquables dans le comporte
ment de jeunes larves et d'imagos chez Phlugiola dahlemica Wd.
Eschl.). — Z. f. Tierps., 1939-40, IV, p. 247-249.
Les jeunes larves ont un grand besoin de nourriture tandis que les
imagos peuvent jeûner longtemps. Les premières, plus mobiles, ont
un instinct migrateur qui manque aux secondes. Elles ont une
démarche particulière, saccadée, discontinue ; elles présentent des
réactions phobiques devant des mouches qui, plus tard, leur serviront
de proies ; elles se laissent facilement tomber (sur le sol) en cas de
danger, et se blottissent souvent dans des fentes étroites. Ces instincts
font défaut aux stades ultérieurs du développement. P. G.
294. — L. TINBERGEN: — Zur Fortpflanzungsethologie von
Sepia officinalis L.. {De Vethologie de la reproduction de S. o.). —
Ar. néerl. de Z., III, 1939, p. 323-364.
Observations en aquarium. La reconnaissance préalable à l'accou
plement est purement optique chez la Seiche, comme le montrent
les réactions positives à des modèles constituant des attrapes. Un
rôle essentiel est joué par la livrée, particulièrement dans la région
céphalique, et par l'attitude, avec intervention aussi de l'agitation,
comme l'a montré la reproduction sur les modèles de la livrée de
( noce Si différente les seiches de pondent la livrée sur de des repos. baguettes où des œufs sont déjà ,
déposés, la reconnaissance est encore purement optique, sans parti
cipation de sens chimiques, et des attrapes en plastiline se montrent
là encore efficaces, tandis que des sacs remplis d'œufs de seiche ne le
sont pas. H. P.
295. — ET. RdABAUD. — Recherches sur l'adaptation et le compor
tement des Pagures. — Ar. de Z. exp., LXXXII, 1941, p. 181-285.
Un fait décisif à rencontre des explications adaptatives des
structures morphologiques chez les Pagures concerne la position
dans la coquille, vérifiée dans des coquilles ajourées : si l'atrophie
correspondait à un Contact permanent, elle devrait intéresser le côté
gauche, alors que les pléopodés droits présentent cette atrophie; les
Pagures se montrent indifférents à l'enroulement dextre ou sénestre
des coquilles et adoptent très bien des tubes de verre rectilignes ;
et la fixation est uniquement de nature musculaire, assurée par des
contractions de l'abdomen et un agrippement des péréiopodes, le
bourrelet columellaire ne jouant aucun rôle.
Au point de vue du comportement, il n'y a pas de discernement
de la forme des contours de la coquille ni de l'état, de la surface par ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES "362
la vue ou par le toucher. On prend à tort pour une exploration l'i
ntroduction réflexe des pinces dans l'ouverture' d'une coquille, suivie
par le réflexe d'introduction de l'abdomen.
L'influence de la suppression des yeux se ramène à celle de la
diminution de tonus consécutive. Le rôle des yeux consiste à diriger
le Pagure vers un solide qui l'attire quand il est de volume suffisant
(à une distance maxima de 10 à 15 cm).
Les réactions de pénétration correspondent à un stéréotropisme
de protection de la sensibilité tegumentaire (pouvant conduire
au foüissement en l'absence de coquilles) : la sensibilité serait inhibée
par le contact. ,
L'attraction de certains Pagures pour des actinies est. un simple
fait de tropisme, et l'anpélide associée obéit de son côté à un stéréotro
pisme simple. H. P.
296. — A. RËYNE. — On the food habits of^he Coconut Crab
Birgus latro L. with notes on its distribution (Sur les habitudes
alimentaires du Crabe des cocotiers B. L, ,avec des notes sur sa
distribution). — Ar. néerl. de Z., III, 1939, p. 283-320.
En raison des mœurs nocturnes de ce crabe terrestre, on n'a que
bien peu de données précises à son égard. En captivité, il est omni
vore, se nourrit de poissons, de cadavres de rats, et doit boire ou du
moins s'humidifier. Mange-t-il des noix de coco ? Jamais un natural
iste ne l'a vu ouvrir une noix. Et une seule observation digne de foi
témoigne de sa présence, qui pouvait être occasionnelle, au sommet
d'un cocotier. , .
En fait l'espèce a été rencontrée dans des îles entièrement dépour
vues de cocotiers, et si le Birgus peut se nourrir de noix le cas échéant,
il le fait aussi de divers fruits d'autres arbres.
On en a vu en particulier sur des Pandanus, en ^mangeant les "
fruits. H, P.
297. — H. LASSEN et ELSE TOLTZIN. — Tierpsyehdlogische
Studien an Radnetzspinnen (Études de psychologie animale sur
les araignées orbitèles). — Z. für ver. Ph., XXVII, 1940, p. 615-630.
Volkelt a fondé sa théorie de la qualité totalitaire (Ganzheit)
sur l'observation de l'araignée Zilla, qui saisit, lorsqu'elle est dans sa
toile, une mouche qu'on appréche d'elle, mais qui s'enfuit au contraire
quand elle est dans son repaire. 11 admettait qu'il y avait, dans les
deux cas, un même substrat sensoriel. i
Or des observations des auteurs sur l'Epeire les conduisent à faire
intervenir des différences effectives de perception : en faisant vibrer
la toile par contact avec un diapason, on attire l'araignée ; mais si
on approche le diapason, perçu par voie aérienne, fuit, et
se laisse même parfois tomber, alors qu'elle est pourtant déjà sur
sa toile. Les vibrations tactilement perçues signifiçnt une proie, les
vibrations aériennes signifient l'approche d'un ennemi, d'une guêpe
«n particulier.
Dans d'autres cas où Volkelt applique sa conception, des modifi
cations internes sont probables, par exemple quand l'araignée refait
les fils radiaires qu'on détruit à mesure, au stade initial de la çpnfèe^ COMPORTEMENT DES INVERTÉBRÉS 363
tion de la toile, et au contraire ne refait ni ceux-ci ni les spirales quand'
elle déroule son fil spirale, au 2e stade de la confection. H. P.
298. — J. FREISLING. — Zur Kenntniss des Instinktslebens bei
Theridium notatum L. und Theridium saxabile Koch (Contribut
ion à la connaissance de la vie instinctive chez Theridium notatum
L. et chez Theridium saxabile Koch). — Z. f. Tierps., iv, 1940-41,
p. 233-246.
L'auteur étudie, chez ces deux variétés d'araignées, la construc
tion du nid, surmonté d'une sorte de coupole faite avec les débris
des proies desséchées dans la toile ou avec des matériaux d'origine
végétale tombés dans la nappe de soie qui les retient. Elles utilisent
aussi à l'occasion des déchets de papier. Quand on leur fournit un
tuyau de papier, elles déplacent, si on le retourne bout pour bout,
le cocon qu'elles avaient d'abord fixé à l'un des bouts et le reportent
à l'autre en l'attachant à un réseau de fils. La fixation des filaments
'suspenseurs à des supports constitués par des plantes que le vent
lait osciller témoigne d'un art remarquable; l'animal consolide
l'ensemble par des fils auxiliaires cfiû réunissent les tiges, équilibrent les' les tensions en renforçant fils primitifs ou en compensant les
tractions au moyen de nouveaux fils dirigés de façon convenable.
Si on enlève son cocon, à l'araignée, elle accepte à la place n'im
porte quel cocon ; deux individus ainsi dépouillés se battent pour la
possession d'un nouveau cocon. L'araignée reste reliée au cocon par
un fil, qu'elle utilise souvent pour transporter ce cocon dans son nid.
Si l'on place le nid au fond d'un verre, l'animal y fixe des fils,
les tend et arrive ainsi à soulever lé nid et à le relever tout entier.
On trouvera dans cet article des graphiques montrant la distribu
tion des différentes activités instinctives au cours de la vie entière
de l'animal et sa répartition quotidienne selon les différents moments
de la journée. P. G.
299. — P. GRASSE et R. POISSON. — Recherches sur les Insectes
termitophiles. I. Une nouvelle espèce de Termitodiscus et son
éthologie. — B S. Ent. XLV, 1940, p. 82-90.
Description d'un Staphylinide fréquentant les nids de Bellicosi-
termes natalensis de la Côte d'Ivoire, où ils sont tolérés ; ils nettoient
le corps des termites, se nourrissant des débris récoltés, et en parti
culier des champignons qui poussent sur les meules ou jardins de bois
mâché édifiés par les termites (rongeant les mycotètes, formation
exclusive de cet habitat).
Les auteurs, qui relèvent les ressemblances des comportements
des Termitophiles et des Myrmécophiles, supposent que les Termites
éprouve n-t un certain plaisir à être léchés et nettoyés, la notion du
plaisir éprouvé pouvant expliquer « des comportements qui, si on
l'élimine, deviennent malaisément intelligibles ». H. P.
800. — R. HEIM. — Les Termitomyces dans leurs rapports avec les
Termites prétendus champignonnistes. — C. R., CGXIII, 1941,
p. 146-148.
Sur les débris triturés rejetés des nids par les Termites, se déve
loppe un champignon, adapté au milieu ligneux particulier résultant .
364 . ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
de la mastication et dont on a cru qu'il était cultivé par les Termites.
Mais rien ne permet, d'après l'auteur d'affirmer l'utilisation 'alimen
taire des mycotètes de ce champignon qui évolue par contamination,
non par culture. L'emmagasinement des mycotèles dans des chambres
ne répondrait qu'au besoin de se débarrasser du champignon trop
envahissant. H. P.
301. — ET. RABAUD et M. L. VERRIER. — Notes sur le compor
tement et l'adaptation des Triongulins. — B. Biol., LXXIV,
1940, p. 185-194.
La capture dé deux Leptufa fulva couverts de triongulins (71 sur
l'un, 112 sur l'autre) montre que ces larves de Melœ proscarabœus
peuvent s'accrocher sur des Insectes quelconques : elles sont attirées
par tout corps vibrant passant à leur portée, sans adaptation, sans
action olfactive. v H. P.
302. — R. CHAUVIN. — Sur le fouissement des larves de Cétoines. —
B. S. Ent., XLVI, 1941, p. 126-128.
Les larves de Cétoines cherchent toujours à s'enterrer, en des
substrats secs ou humides, à la lumière ou à l'obscurité, et à toutes
températures. Il s'agit d'un thigmotactisme; le réflexe étant déclen
ché au contact d'un substrat mou ou friable, comme pour apaiser
un malaise provoqué par ce contact. . H. P.
>
303. — R. CHAUVIN. — Sur le comportement des larves des Galé-
ruques de l'Orme. — B. S. Ent., XLVI, 1941, p. 143-144.
Ces larves ne se trouvent qu'à la face inférieure des feuilles, dont
elles rongent le parenchyme, et, même quand la ponte a eu lieu sur
la face supérieure, après éclosion, les larves gagnent l'autre face.
Elles marchent en réalité au hasard, mais se trouvent retenues
par l'humidité que dégagent les stomates quand elles passent en des
sous de la feuille, ce qui déclenche le réflexe alimentaire. Le change
ment de face ne s'effectuant que sur la feuille de l'orme, il doit y avoir
intervention d'un chimiotropisme. . H. P.
304. — N. TINBERGEN, B. J. D. MEEUSE, L.-K. BŒREMER
et W. W. VAROSSIEAU. — Die Balz der Samsfalters Eumenis
(Satyrus) Semele L. (Les préliminaires de V accouplement chez
le papillon velouté Euménis Semele L.). — Z. f. Tierps., V,
1942-43, p. 182-225.
L'Eumenis est un papillon brun à taches jaunes peu visible sur
les feuillages qu'il fréquente; II s'oriente par l'odorat vers certaines
plantes, mais la vue est chez lui un sens important ; il est attiré par
/des papiers colorés, notamment par les jaunes et par les bleus. Il
s'oriente d'un vol décidé vers les papillons ou vers les insectes qui
passent dans son voisinage. S'il rencontre une femelle, il se place
devant elle et se livre à toute une série de démonstrations échelonnées
dans l'ordre suivant : vibrations des antennes, élévation des ailes
antérieures dont les bords antérieurs battent l'un contre l'autre
d'une façon rythmique ; rotation des antennes qui décrivent deux
surfaces coniques symétriques ; enfin la partie antérieure du corps COMPORTEMENT DES INVERTÉBRÉS 365
se penche en avant, les antennes allongées- horizontalement, les
ailes antérieures rabattues en avant. Puis le mâle se place derrière
la femelle en ramenant sous lui l'extrémité de son abdomen ; c'est
alors seulement que se produit l'accouplement proprement dit.
Pour expérimenter sur ce comportement, les auteurs ont placé
des papillons dans de grandes cages et présenté aux mâles des
« attrapes » variables. On obtient les mêmes résultats avec une
attrape en forme de papillon colorée uniformément et celles
qu'on fabrique au moyen de véritables ailes d'Eumenis, dont les
dessins spéciaux ne paraissent jouer aucun rôle. La couleur est indif
férente dans le schéma sexuel (tandis qu'elle ne l'est pas dans le
schéma des plantes alimentaires), ou plutôt, dans le premier 'cas,
c'est la saturation qui importe ; l'attrape est, d'autant plus efficace
qu'elle est de couleur plus foncée ; plus sombre que l'Eumenis réel,
elle est « superoptimale ». Les formes (cercle, rectangle, forme de
papillon) sont presque indifférentes. Les dimensions peuvent varier
dans une large mesure ; les grandes formes sont les plus attractives.
Le mouvement a un rôle essentiel. Une forme dansant ou oscillant
autour de son axe longitudinal est plus efficace qu'une forme animée
d'une translation rectiligne dans son plan. La proximité est un facteur
important ; l'effet de chaque facteur varie avec la distance..
Tous ces facteurs agissent séparément, mais leurs effets s'addi
tionnent, la faiblesse de l'un pouvant être compensée par la. force de
l'autre. Il faut donc admettre que les excitations viennent converger
sur un même centre pour, agir sur les mêmes appareils moteurs. De
plus toutes ces excitations utilisent des automatismes moteurs (par
exemple le vol), en leur communiquant une orientation vers un cer-
- tain objet. Il s'agit donc d'actes beaucoup plus complexes que de
simples réflexes.
L'article se termine par une étude d'un organe odorant qui se
trouve sur les ailes antérieures ; il intervient sans doute dans la
phase moyenne de l'acte instinctif: On a cherché à le montrer en
grattant, puis en laquant cette partie de l'aile. Ces mâles ainsi prépa-
• rés sont moins attractifs pour les femelles que les normaux (dont l'aile
a subi le même traitement dans une partie voisine de l'organe
odorant).
L'article est illustré de nombreux graphiques et de belles
photographies. P. G.
305. — M. L. VERRIER. — Pontes aberrantes chez les Éphémères
et conséquences biologiques. — C. R., CGX1II, 1941, p. 630-632.
Observation de pontes sur une route, sèche à quelques centaines
de mètres d'une rivière, un thermotropisme positif expliquant le
rassemblement des Éphémères au-dessus de la route bitumée, ce
qui montrerait que le comportement de ponte est dominé par les
tropismes, quelles que soient les conséquences. H. P.
306. — J. LHOSTE. — Importance relative des soins maternels chez
Forficula auricular ia L. — B. B., CXXXV, 1941, p. \<j<è-ï>00.
Si l'on intervertit les pontes de deux femelles, celles-ci ne s'en
aperçoivent pas. En dehors des soins, des léchages par la mère, les ■
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 366
peufs se développent; s'ils sont désinfectés, en milieu humide et
stérile; mais la dessiccation et le développement de moisissures
empêchent dans les conditions ordinaires les éclosions.
Une fois les jeunes éclos les soins de la mère ne sont plus néces
saires. Les jeunes ne s'aperçoivent pas de l'absence de la mère, ils
restent groupés, obéissant à un instinct grégaire. H. P.
307. — R. CHAUVIN. — Sur le grégarisme du Criquet pèlerin
{Schistocerca gregaria Forsk). — G. R., GGXII, 1941, p. 175-177.
— Contribution à l'étude physiologique du Criquet pèlerin et
du déterminisme des phénomènes grégaires. — Thèse de la Fac.
des Se. de Paris, 1941.
Un certain nombre d'observations de R. C. sonti à relever en ce
qui concerne les tropismes.
Le thermotropisme du. criquet est particulièrement impérieux,
et les larves se massent au-dessus de la résistance servant à chauffer
leur sable (à plus de 45").
Le phototropisme étudié dans un tube en Y se manifeste en direc
tion d'une lumière verte confrontée avec une lumière rouge, à moins
que l'intensité de la lumière verte soit très affaiblie.
L'attraction par la de Wood serait due seulement au
rayonnement visible pour nous, et disparaîtrait quand on ne laisse
rait plus que l'ultra- violet.
Les chimiotropismes se réduiraient à un hygrotropisme : un tam
pon bien imbibé est préféré à la salade, et des essences diverses sont,
sans influence sur les choix.
Le grégarisme morphologique est d'origine assez complexe : un
individu ayant le type solitaire, placé dans un manchon de verre,
devient grégaire si le manchon est lui-même introduit dans une cage
pleine de grégaires, à condition qu'il y ait de la lumière.
Et, d'autre part, groupés en cage à l'obscurité complète, les soli
taires se transforment eh grégaires. L'intervention de l'audition ou
de l'odorat peut être éliminée, car, placés dans une cage toute
proche d'une cage remplie de grégaires, les solitaires ne subissent pas-,
la transformation caractéristique. Les cadavres de grégaires sont
inefficaces.
L'ablation des antennes où des pulpes n'empêche pas la
transformation.
Il paraît s'agir d'une influence — du type des réflexes condi
tionnels — exercée sur le solitaire par la vue ou le contact de congé
nères et comportant une rétention d'acridioxanthine, de carotinoïdes
(xanthoph'ylles surtout) et une formation de mélanine, une modifica
tion de l'amplitude respiratoire, etc., tous processus physiologiques
commandant la transformation i de l'animal. H. P.
308. — G. P. BAERENDS. — On the life history of Ammophila
eampestris Jar. (Sur l'histoire de la vie d 'A. c). — Proc. Nederl.
Ak. v. Wet., XLIV, 1941, p. 483-488. — Fortpflanzungsverhalten
und Orientierung der Grabwespe A. e. (Comportement reproducteur
et orientation de la. guêpe jouisseuse A. c). — : Tijdschrift voor
Entomologie, LXXXIV, 1941, p. 68-275..
Après 5 années de recherches systématiques dans le milieu naturel COMPORTEMENT DES INVERTÉBRÉS 367
de cette Ammophile, comportant 1.250 heures d'observations et
d'expériences, l'auteur a pu établir une monographie très complète
du comportement de cet Hyménoptère. Il a décrit la marche, le
transport de la chenille, la recherche d'une chenille perdue (avec
accès de nervosité), le vol avec charge, l'exposition au soleil, le net
toyage,, les batailles, et les chaînes d'activités : creusement du nid,
chasse et-apport de la chenille, ponte de l'œuf (avec dessins et photog
raphies), le comportement alimentaire (breuvage, recherche de fleurs
à nectar), l'accouplement, le soin des -larves. •
La spécificité des proies (chenilles de Géometrides et Noctuides)
est généralement respectée, et des autodressages entraînent souvent
la recherche exclusive d'une espèce déterminée.
La piqûre paralysante des proies est-elle nécessaire à la survie
des larves ? Si les larves sont jeunes, elles meurent effectivement
lorsque les chenilles transformées en cadavres s'altèrent (ce qui
confirme Fabre),* mais les larves plus âgées s'accommodent de
cadavres de (ce qui confirme les observations des Peckham).
Au point de vue orientation, les Ammophiles éloignées du nid
ne reviennent que quand elles se trouvent placées dans la direction
d'une région connue, et le rôle des repères (purement visuel) a été
expérimentalement établi.
Les marques peuvent être d'autant plus petites qu'elles sont plus
proches du nid, mais l'entrée même du nid est tactilement explorée
et reconnue.
La kinesthésie ne jouerait qu'un rôle secondaire, intervenant au
début du creusement du nid, pour de petits vols d'éloignement avec
retour d'emblée. 7
Le comportement nïnémique-op tique est rapproché de celui du
Philanthe étudié par Tinbergen (1932). .
Le dressage à de nouveaux repères s'obtient très vite (en 5 vois-
en viron), avec des préférences pour des volumes, et pour des objets
découpés (comme chez les abeilles). .
A côté de cet ensemble de faits, B. expose des considérations
théoriques sur le rôle des facteurs internes dans la régulation du
comportement, en faisant appel à la notion de disposition (Stimmung).
après Heinroth et Lorenz (Folia bietkewctica, 1937, III, p. 17),,
L'apposition que l'on envisage entre rigidité et plasticité de
l'instinct tient à ce qu'on méconnaît une hiérarchie dans les facteurs
ou complexes de facteurs régissant le comportement.
Le creusement du nid, la chasse, l'approvisionne ment comportent
une chaîne d'activités avec phases successives régies par les disposi
tions donnant une efficacité à des catégories de stimuli inefficaces à
d'autres phases.
Devant un trou ouvert dans le sol, suivant la disposition, la réac
tion de TAmmophile sera, de le fermer, de continuer à le creuser ou
de tourner autour ; en présence d'une chenille, il y aura saisie, intro
duction dans le nid, ou expulsion et. fermeture du nid.
La « Stimmung » primaire générale (soins à la progéniture, par
exemple) comporte des dispositions secondaires plus spécialisées, et,
à titre de dispositions tertiaires, des activités limitées auxquelles le
comportement pourra se limiter à un moment donné (comme fermer 368 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
le nid, traîner une chenille), et qui ne comporteront plus que des
actes définis (pour, fermer le nid, chercher une pierre, l'essayer, la
faire tomber, etc.). .
Dans les soins à la progéniture, pour les trois phases distinguées,
(la 2e étant déclenchée par la présence d'une jeune larve et la 3e par
la présence d'une larve plus âgée et de chenilles), B. distingue les
dispositions de 2e ordre et de 3e ordre, et les actes répondant au
4e ordre.. ,
Le « comportement d'appétence » de Lorenz est conçu comme la
recherche d'une situation stimulatrice qui entraîne le passage d'une
disposition à une autre; quant à la variabilité de comportement, elle
serait due en général à des changements dans le milieu et ne serait
qu'apparente. H. P.
'
309. — A. MOLITOR. — Das Verhalten der Raubwespen (Le
comportement des guêpes prédatrices). — Z.' f. Tierps., III,
1939-40, p. 60-74 et 347-371.
Les observations classiques de Fabre, confirmées dans l'ensemble
par celles de l'auteur, répondraient au comportement instinctif
typique, tel qu'il résulte de conditions internes normales, suffisam
ment actives ; les écarts qu'on peut observer tiennent à l'interférence
de ces automatismes instinctifs, comme les conçoit Lorenz, avec des
(reactions sensori-motrices aux conditions extérieures. Dans ces
expériences, l'auteur enlève à la guêpe la proie qu'elle a piquée ou
profite d'un moment où celle-ci lui échappe, pour lui substituer une
proie de même espèce ou d'une autre espèce, déjà piquée par.
autre guêpe. L'insecte accepte parfois la substitution et pique une
deuxième fois ; on arrive même à lui faire piquer la victime placée
dans la main dé l'expérimentateur, qui peut ainsi observer tous les
détails dans les meilleures conditions. Si la proie est inerte et peu
mobile, l'ordre des. piqûres, sans être absolument invariable, est bien
celui que Fabre a décrit ; si elle est bien vivante et se débat énergique-
• ment, toutes sortes.de variantes de détail sont déterminées par les
réactions de la victime. On obtient plus ou moins facilement l'accep
tation de substituts plus éloignés, selon que la guêpe est plus ou moins
dominée par les conditions internes ; c'est ainsi que l'on arrive à faire
piquer et emporter dans le terrier par l'Ammophile jusqu'à des
larves dé sa propre espèce. Il semble résulter de certaines expériences ,
que la paralysie exige la piqûre des centres nerveux. Les effets
dû venin de certaines espèces sont tout à fait spécifiques pour une
certaine catégorie de proies ; il est à fait inactif sur les larves
- mêmes de la guêpe. .
Un second article contient des observations et des expériences
sur la construction dû nid chez toute une série de Sphégides (Ammo-
philes, Sphex, Bembex, Philanthes, Pömpiles, etc.). P. G.
V 310. — J. FREISLING. — Zur Psychologie des Feldwespe (Contri-
- bution à la psychologie de la guêpe sauvage). — Z. f. Tierps., ' ,.,* • ■V, 1943, p. 438-463. ,
Chez les guêpes Polistes operabilis et Polistes gallicus, F. étudie
successivement le retour au nid (vol d'orientation à la sortie, attrac-

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