Comportement des Vertébrés. - compte-rendu ; n°1 ; vol.25, pg 307-320

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L'année psychologique - Année 1924 - Volume 25 - Numéro 1 - Pages 307-320
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1924
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Henri Piéron
P. B.
I. M.
G. P.
P. G.
e) Comportement des Vertébrés.
In: L'année psychologique. 1924 vol. 25. pp. 307-320.
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Piéron Henri, B. P., M. I., P. G., G. P. e) Comportement des Vertébrés. In: L'année psychologique. 1924 vol. 25. pp. 307-320.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1924_num_25_1_6181PSYCHOLOGIE COMPABEE 307
La première esquisse de la réponse réflexe consiste en un mordille-
ment des doigts ou des pinces tenant la patte quand la pression n'est
pas assez forte.
H. P.
P. VIGNON. — Sur 1« mimétisme homotypique de « uelçues sauter
elles Phanéroptérides de l'Amérique tropicale. — C. R., 178, 1924,
p. 1852.
Trois espèces examinées (des Pycnopalpa et Cœlophyllum) pré
sentent un mimétisme de perfection croissante (plaques rongées sur
les élytres simulant les altérations foliaires causées par les chenilles
mineuses) ce qui relève de l'orthogénèse aux yeux de l'auteur, disposé
même à admettre un développement « volontaire » de ce mimétisme !
H. P.
HARLOW SHAPLEY. — Note on the Thermokinetics of DoEeho-
derine Ants [Note sur la thermokinétique des fourmis Dolichodérines).
— Pr. of N. Ac. of Se, 10, 10, 1924, p. 436-440.
L'auteur a examiné l'influence de la température sur la vitesse de
déplacement de certaines espèces de fourmis (moyennes de 17 à
24 individus pour chacune des 52 mesures faites entre 19°,7 et 41°,5,
chez Tapinoma sessile Say et Iridomyrmex humilis Mayr).
La deuxième espèce est une fois et demie plus rapide que la pre
mière, mais l'action accélératrice de la température se montre sens
iblement identique, et très semblable à celle qu'il avait antérieurement
constatée sur Liometopum apiculatum Mayr.
Le coefficient de température Qlo est de 2,4 à 25°» de 1,7 à 30° pour
Tapinoma (ce qui signifie que la vitesse serait multipliée par 2,4 ou
1,7 à 10° de plus). La vitesse maxima se rencontre à 36°. Au-dessus,
l'action excessive de la chaleur entraîne au contraire un ralentiss
ement.
Pour Liometopum le coefficient était de 3,3 au-dessous de 20°,
de 1,9 entre 20° et 38°.
H. P.
e) Comportement des Vertébrés.
CHAS. W. GREENE. — Physiological reactions and structure of
the vocal apparatus of the California singing fish, Porichthys nota-
tns [Réactions physiologiques et structure de Vappareil vocal du,
poisson chanteur de Californie). — Am. J. of. Ph., LXX, 1924,
p. 496-499.
L'auteur décrit l'appareil vocal du poisson chanteur de Californie,
qui est formé par un double sac aérien en forme d'U, évagination
pharyngienne possédant deux muscles striés. Les sons sont produits
par la vibration d'une membrane transversale située à la base de
l'U et qui sépare ainsi le sac en deux cavités. Le diaphragme 308 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
entre en vibration par suite de l'établissement brusque d'une
différence de pression dans les deux chambres aériennes, cette
dernière est réglée par les contractions des muscles striés du sac.
Le son produit volontairement dans l'offensive ou la défensive est
une sorte de grognement ou de coassement sourd. L'auteur insiste
sur l'intérêt que présente le grand développement des muscles qui
mettent en jeu cet appareil vocal et qui appartiennent au type strié
et volontaire et qui sont cependant innervés par les nerfs crâniens
(10° paire en particulier). Leur innervation et leur fonction les rap
prochent donc bien physiologiquement et peut-être aussi embryo-
logiquement des muscles laryngés des mammifères.
P. B.
CHAS. W. GREENE et HAROLD H. GREENE. — Phosphores
cence of Porichthys notatus, the California singing fish (Phosphor
escence de le poisson chanteur de Californie). —
Am. J. of Ph., LXX, 1924, p. 500-506.
Les auteurs confirment la phosphorescence de Porichthys notatus ;
ce poisson sous l'action d'une excitation intense peut produire vo
lontairement de la lumière. Une forte excitation électrique générale
fait apparaître une phosphorescence intense, mais de courte durée ;
l'injection d'adrénaline fait au contraire persister cette phosphores
cence pendant plusieurs heures. Les organes phosphorescents de ce
poisson sont donc contrôlés par les hormones plutôt que par le sys
tème nerveux.
P. B.
MIGUEL OZORIO DE ALMEIDA et HENRI PIERON. — Sur
les effets de l'extirpation de la peau chez la grenouille. Action de la
peau sur l'état général du système nerveux chez la grenouille. Sur
le rôle de la peau dans le maintien du tonus musculaire chez la
grenouille. Sur le rôle de la peau dans le maintien du tonus musc
ulaire chez les mammifères — B. B, 90, 1924, p. 420, 422, 478 et
1402.— M. OZORIO DE ALMEIDA. — Sur le rôle de la peau dans
la coordination des mouvements et dans le sens des attitudes. —
M. OZORIO DE ALMEIDA et BRANCA DE A. FIALHO. —
Sur les effets des ablations partielles et totales de la peau chez les
serpents. —B. B., 91, 1924; p. 878 et 880. — LOUIS et MARCELLE
LAPICQUE. — Modification du nerf moteur en relation avec le
tonus d'origine cutanée. — B. B., 90, 1924, p. 1338-1340.
L'extirpation de la peau chez les grenouilles, les lézards et les ser
pents comporte deux catégories d'effets ; d'une part, si limitée que
soit cette extirpation au niveau des membres, elle entraîre, dans la
partie correspondante des membres, une perte complète de tonus
musculaiie, avec troubles corrélatifs dans les attitudes et la coordi
nation motrice, et il en est de même chez les mammifères, dans une
première phase suivie de contracture (par irritation probable des
terminaisons nerveuses dénudées, rétrocédant par cocaïriisation).
Le dessèchement de la peau, l'anesthésie cutanée superficielle, COMPAREE 309 PSYCHOLOGIE
agissent comme l'extirpation elle-même . Mais en outre, la suppression
fonctionnelle totale de la peau entraîne une torpeur, un véritable
coma (avec cessation même de la respiration, fréquemment, chez la
grenouille.) Il suffit d'une petite quantité de peau, en particulier
aux doigts ou à la face pour que le tonus du système nerveux central
soit maintenu. Ce tonus nerveux dépend donc de la peau : L'ablation
de la peau dans la région antérieure du corps étant faite sans que
l'activité de l'animal soit diminuée, si l'on sectionne la moelle, de
manière à isoler des centres supérieurs la région postérieure encore
pourvue de peau, l'état comateux apparaît aussitôt. y$j
II suffit de remplacer les excitations d'origine cutanée par des
stimulations électriques pour susciter le réveil de l'animal, la reprise
d'activité réflexe et spontanée pendant quelques instants.
Le tonus nerveux central dépendrait donc d'une stimulation
sensitive d'origine cutanée, chez les amphibiens et les reptiles, du
moins ; il aurait un caractère en quelque sorte réflexe.
M. et Mme Lapicque ont constaté, corrélativement, après ablation
totale de la peau (l'ablation partielle étant sans effet) une modifica
tion de chronaxie périphérique des nerfs de grenouille, identique à
celle qui suit la destruction des centres encéphaliques, ce qui confirme
la défaillance de ces centres privés de la stimulation cutanée.
H. P.
SYDONJA VRTELOWNA. — Sur les changements de couleur de
la peau chez les Batraciens Anoures privés de la vue. — B. B., 90,
1924, p. 1366-1368.
La lumière agit sur la couleur des Batraciens par un mécanisme
nerveux conditionné par la réception oculaire. Mais, en outre, les
expériences de l'auteur montrent, en accord avec des faits déjà
observés, une action directe de la lumière sur les mélanophores
cutanés de Bombinator igneus et Pelobates fuscus.
L'animal normal présente, sous l'influence de la lumière, un
éclaircissement cutané par contraction réflexe des ;
chez l'animal aveuglé, c'est au contraire une extension des mélano
phores qui est directement suscitée comme réponse de ceux-ci à l'ex
citation lumineuse. L'action réflexe est antagoniste de la réponse
directe et nettement prédominante.
H. P.
THEODORE KOPP AN YI et J. FRANK PEARGY. — Studies on
the clasping reflex in Amphibia {Etude du réflexe copulatoire chez les
Amphibiens). — Am. J. of Ph., LXX1, 1, 1924, p. 34-39.
L'intégrité des voies sexuelles n'est pas indispensable pour l'ét
ablissement du réflexe copulatoire chez la grenouille. Ce réflexe est
provoqué seulement par l'excitation de la peau de la face interne
des pattes antérieure et du sternum, ou par l'excitation nerveuse
directe. Le centre de ce réflexe, déterminé par l'excitation, se trouve
au niveau de la partie moyenne du bulbe. Ce réflexe est caractéris
tique des Amphibiens et dépend seulement de leur façon de copuler.
P. B. 310 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
V. HAECKER. — Reizphysiologisches über den Abendgesang der
Vögel [Action des excitations physiologiques sur le chant du soir
des oiseaux). — Pf. A., CCIV, 1924, 5 et 6, p. 718-725.
Le moment d'apparition du chant du soir du merle dépend de
l'intensité de la lumière du jour et de la chaleur de l'atmosphère
(mesurée par la durée de Féclat du soleil). Après une interruption de
plusieurs jours provoquée par une température rigoureuse, l'oiseau
commence son chant beaucoup plus tôt.
P. B.
D. KATZ et H.-H. KELLER. — Das Zielen bei Tieren (Versuche
mit Hühnern) (Le « pointage » chez les animaux. Expériences sur
des poules). — Z. für Ps., 95, 1924, p. 27-35.
Les poules atteignent le grain qu'elles picorent avec une précision
frappante (Révész l'a montré, Z. für Ps., 88, p. 136, — cf. An. Ps..
XXIII, p. 300). Elles ne piquent pas au hasard, mais visent juste,
grâce à la coordination du processus visuel et du processus moteur,
L'ceil ne tourne pas dans la tête, c'est donc la tête tout entière qui
vise.
L'expérience, faite à l'aide du tachistoscope de Schumann, posé
horizontalement, compliquera la tâche de l'animal. La poule a jeûné
pendant 2 heures; placée sous la table, près du tachistoscope par
semé de grains de riz, elle picore d'abord sur la roue qui se meut
lentement. A mesure que la vitesse augmente, elle ose moins. Enfin,
elle se détourne complètement, quitte à revenir quand le mouvement
se ralentira. Elle déplace sa tête d'une manière caractéristique, de
façon que ses yeux s'adaptent au mouvement de la roue, et picore
alors à coup sûr. La roue n'inspire par elle-même aucune crainte.
Il arrive que l'animal monte dessus.
Quand on recouvre d'ua carton la plus grande partie de la roue,
un carré de 15 centimètres de côté "seulement restant visible, la
poule picore beaucoup moins. Elle attrape les grains dans la partie
gauche du champ, souvent au moment où ils sont sur le point de
disparaître. Tout se passe comme si elle avait utilisé la durée de
passage du grain pour préparer son mouvement.
Une troisième expérience montre l'importance de la vision péri
phérique. On présente à la poule, alternativement, un secteur de
45 centimètres sur 15 centimètres et un autre moitié moins large.
Pour des vitesses moyennes, la poule picore environ deux fois moins
sur le secteur étroit que sur le large ; pour une grande vitesse, elle
cesse complètement de picorer sur le secteur étroit, alors qu'elle
donne encore environ 1 coup de bec par seconde sur le secteur large.
Si on place la poule au-dessus de la roue du tachistoscope, latéra
lement, de façon que les grains passent devant elle en s'éloignant, elle
renonce à picorer. Dans la position inverse (grains qui passent en se
rapprochant), elle picore, mais avec peine. Placée devant la roue,
elle picore beaucoup plus parce qu'elle peut viser davantage.
Chose curieuse, quand la roue tourne très rapidement, les poules
commencent à gratter le sol. Ce réflexe, qui paraît déclenché par la PSYCHOLOGIE COMPAREE 311
situation : nourriture difficile à atteindre, s'accompagne bientôt de
cris furieux et impatients.
Une expérience analogue — atteindre avec un pinceau chargé de
couleur des petits points noirs irrégulièrement disséminés sur la roue
du tachistoscope — , faite par quelques membres du laboratoire,
montre que, quand la rotation s'accélère, on a peine à viser. Une
grande vitesse décourage complètement. L'attitude embarrassée
des sujets rappelle le comportement des poules.
I. M.
HANS REICHNER. — TJeber farbige TJmstimmung und Momenta
daptation der Hühner [V altération des couleurs {contraste successif)
et l'adaptation brusque chez les poules). — Z. für Ps., 96, 1924,
p. 68-75.
Révész a montré (Z. für Ps., 88, p. 130, 1921, cf. An. Ps., XXIII,
p. 300) que les poules présentent un contraste simultané tout sem
blable à celui de l'homme et des mammifères. Il semble qu'elles
présentent aussi le contraste successif.
Quatre poules dressées à picorer sur une couleur déterminée (rouge,
vert, bleu, jaune) et à ne pas sur la complémentaire s'arrêtent
de picorer dans 19 expériences sur 21, lorsqu'on remplace brusque
ment la couleur permise par une couleur de même nuance, mais
moins saturée. L'expérience de contrôle sur l'homme montre qu'il
se produit, dans ce cas, le phénomène de contraste. Les poules ont
été, par ailleurs dressées à ne pas tenir compte des saturations.
L'adaptation à l'obscurité (diminution d'éclairement de 2.000 fois,
par exemple) est excellente chez la poule, semblable à celle de
l'homme à vision normale, et notablement supérieure à celle de l'hé-
méralope (fait paradoxal pour les Allemands qui appellent l'hémé-
rslopie Hühnerblindheit, cécité de poule).
I. M.
THORLEIF SCHJELDERUP-EBBE. — Zur Sozialpsychologie
der Vögel (Contribution à la psychologie sociale des oiseaux). Z. für
Ps., 95, 1924, p. 36-84.
Chaque oiseau a xme personnalité, il diffère par quelques traits
des autres membres de son espèce. Il faut, pour faire la psychologie
des oiseaux les reconnaître individuellement. Les oiseaux sur les
quels porte cette étude ont été étudiés de 1903 à 1922 en Norvège,
Suède, Danemark, Allemagne, Autriche, Italie. Ils appartiennent à
une centaine d'espèces : moineaux, pinsons, mésanges, merles,
alouettes, grues, perroquets, hiboux, faisans, poules domestiques,
pintades, paons, canards, oies, pigeons, aigles, autruches, nan
dous, etc., etc.
Dans toutes ces variétés, on peut remarquer le phénomène du
« despotisme » et une hiérarchie entre les individus. L'oiseau despote
peut être plus ou moins cruel pour celui qu'il opprime, il peut manif
ester une joie véritable à le faire souffrir. L'oiseau opprimé vit dans
la crainte, il dépérit et peut même mourir à brève échéance. Chose 312 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
singulière, ces relations ne paraissent pas être une conséquence de
la force respective des animaux.
L'assujettissement d'un oiseau à un autre n'a pas de conséquences
pratiques, l'opprimé ne rend pas de services au despote.
Les coups dé becs sont donnés selon l'humeur du moment, l'oiseau
calme frappe avec mesure, l'oiseau excité avec fureur. Le bec est
l'arme principale, mais les pattes et les ailes peuvent aussi jouer un
rôle.
Il y a un âge où les oiseaux vivent en paix, ils ne se disputent point
leur nourriture, ils sont sans jalousie. Mais en grandissant, même s'ils
n'ont vu devant eux aucune bataille, ils deviennent batailleurs. Il
n'y a pas pour cela d'âge régulier. Dans une même couvée les uns le
sont plus.tôt, les autres plus tard ; ceux qui manifestent d'abord ces
dispositions resteront toujours les tyrans des autres, qui ont pris
l'habitude d'être battus avant de devenir combatifs. Chez les o
iseaux parqués ou mis en cage ces phénomènes sont plus nets que
chez les oiseaux qui vivent librement ; ceux-ci notamment ne con
naissent pas le despotisme des générations précédentes.
Entre mâles et femelles les rapports de despotisme peuvent être
altérés pendant la saison du rut. « Le despote est galant et ne frappe
pas l'objet de son amour ; quand l'instinct sexuel diminue il com
mence à frapper doucement sa compagne, quand l'instinct disparaît,
il peut être très cruel ».
Le mâle est despote, chez les poules domestiques, les faisans argent
és, les dindons. La femelle est despote, chez quantité de passereaux.
Quelques espèces (Anas boschas) connaissent un despotisme alte
rnant avec les saisons. La taille et la force en décident ordinairement.
Les espèces animales où la femelle est despote connaissent ces rap
ports sous une forme particulièrement cruelle. Ces femelles préfèrent
l'exercice du pouvoir à l'amour et restent infécondes.
Les oiseaux vieillis parviennent ordinairement à maintenir leur
prestige traditionnel, les jeunes n'osent pas les attaquer.
La saison de l'année influe sur les batailles, elle peut notamment
amener des rassemblements de mâles et des combats entre ceux-ci.
• La santé a une grande importance. L'oiseau malade est battu,
parfois tellement qu'il en meurt.
Des oiseaux qui se connaissent bien, qui sont réunis depuis long
temps se battent moins. De même quand l'agglomération prospère.
On peut trouver chez les oiseaux des rapports de sympathie ou1
d'antipathie dans les cadres même du despotisme. La sympathie-
l'atténue, l'antipathie l'aggrave.
Observées de près, les apparences d'organisation sociale chez les
oiseaux sont dénuées de réalité : ils sont incapables notamment de
s'unir contre un despote commun.
Un oiseau battu par quantité d'autres, manifeste beaucoup de
cruauté à l'égard du petit nombre d'oiseaux qu'il bat. Mais si on
éloigne ses despotes, il peut entrer avec ses subordonnés en rapport
de véritable amitié.
Le despotisme est le même quelle que soit la manière dont les
oiseaux sont éclairés, mais il cesse quand ils ne peuvent plus se voir.
Chez les nocturnes il cesse pendant le jour. PSYCHOLOGIE COMPAREE 31$
II est rare que les rapports de despotisme soient de telle sorte qu'un
oiseau batte tous les autres, mais quand cela se produit cet oiseau
s'habitue à sa situation, et son découragement, le jour où lui-même
est battu, peut aller jusqu'à la mort.
On reconnaît aisément le rang des oiseaux dans leur hiérarchie à leur
aspect. Un oiseau souvent battu est déplumé, sale et souvent malade.
C'est parmi les oiseaux de cette sorte que la mortalité est la plus
grande.
Quand on introduit des oiseaux étrangers dans une agglomération
déjà hiérarchisée, il y a d'abord bataille. Les anciens occupants sont
ordinairement les plus forts, sans doute à cause de leur sécurité plus
grande. Puis une société unique se forme et se hiérarchise peu à peu.
Les oiseaux effrayés s'assemblent, on observe ce fait quand on réunit
deux groupes qui ne se connaissaient pas. Si les nouveaux venus
deviennent despotes, ils exercent ordinairement leur tyrannie moins
rudement que les anciens.
Les jeunes mâles, d'abord battus par les femelles, s'émancipent à
mesure que leurs forces grandissent. Ils menacent d'abord à distance,
puis ils réussissent à battre une femelle, enfin à mesure que leur aspect
devient plus redoutable, ils dominent naturellement. Toutefois la
présence de mâles adultes, qui viennent au secours des femelles, peut
modifier la position des jeunes.
Quand, dans une agglomération d'oiseaux, l'un a peur et prend k
fuite, les autres suivent, affolés. Pourtant un nouveau venu, peureux,
ne décidera pas une calme à la fuite. Dans les espèces
où le mâle est despote et de grande taille, c'est ordinairement lui qui
prend ces initiatives.
Si l'on sépare deux groupes par un filet, des combats s'engagent
d'abord à travers le filet. Mais comme ils ne peuvent pas être décisifs,
ils s'arrêtent, quitte à recommencer et à aboutir une fois le filet
enlevé. On peut remarquer l'attitude hardie de certains oiseaux qui,
abrités par le filet menacent leurs adversaires et qui.si on le supprime,
prennent la fuite. Si on met une certaine distance entre les groupes,
ils sont indifférents l'un à l'autre.
On peut trouver dans une même espèce des tempéraments très
différents.
Le cri de menace diffère selon les espèces et les circonstances.
Les règles générales que nous venons de voir s'appliquent égal
ement aux relations entre oiseaux d'espèces différentes et aux rela
tions entre oiseaux et mammifères.
I. M.
THORLEIF SGHJELDERUP-EBBE. — Instinctive Behaviour and
reactions of peacocks, turkeys and domestic hens (Comportement
instinctif et réactions de paons, dindons et poules domestiques). Se. Sc-
Rev., III, 2, 1924, p. 108-116,
L'auteur continue ses études sur le caractère des oiseaux, leur sou
mission au despotisme de certains d'entre eux, etc., d'après de
simples observations des animaux.
H. P. 314 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
G. REVESZ. — Experiments on animal space perception {Expériences
sur la perception de V espace chez V animal). — Br. J. of Ps., XIV, 4,
1924, p. 387-414.
R. analyse finement, à l'aide d'une série d'expériences, le compor
tement de la poule qui picore : il y a d'abord observation attentive,
la tête étant placée à une distance déterminée et toujours à peu près
constante de l'objet à saisir, puis fixation des yeux sur l'objet, ajus
tement neuro-moteur, et enfin exécution rapide du mouvement.
L'animal est guidé exclusivement par des impressions visuelles. Si la
lumière disparaît, il cesse de picorer ; une poule, enfermée pendant
68 heures dans une caisse noire, avec un vase rempli de grains près
d'elle, ou de nombreux grains étant répandus sur le sol, reste
tout ce temps sans manger. Il est cependant possible d'habituer
certains sujets à continuer à picorer les grains contenus dans un
vase, au moins pendant un certain temps, après que la lumière a été
supprimée.
Dans une autre série d'expériences très ingénieuses, R. a tenté de
rechercher si la poule éprouvait quelques-unes de nos illusions d'op
tique. Pour cela, il la dresse, en lui présentant des figures géomét
riques de grandeur inégale, à picorer seulement le grain qui se
trouve placé sur la plus petite de ces figures ; on peut obtenir, avec
■un entraînement suffisant, que l'animal ne commette pas plus de
10 °/o d'erreurs dans cet exercice ; on présente alors à l'animal un
groupe de deux figures subjectivement inégales (deux segments placés
l'un au-dessus de l'autre). Le pourcentage des erreurs n'est pas plus
élevé. Il semble donc que la poule soit sujette à cette illusion d'op
tique, que l'on constate également chez les enfants de 4 à 6 ans.
Ce sont là des faits importants à connaître, pour établir la genèse
psychologique de ces phénomènes.
G. P.
TH. SCHJELDERUP-EBBE. — Fortgesetze biologische Beobach
tungen des Gallus domesticus [Nouvelles observations biologiques
sur le Gallus domesticus). — Ps. For., V, 3-4, 1924, p. 343-355.
Cet article fait suite à ceux que F Année Psychologique a analysés
dans ses deux derniers volumes. L'auteur y étudie le cri du petit pouss
in, l'attitude de la poule devant un « despote » menaçant, la jalousie à
propos de la nourriture, l'effet occasionnel de la crainte inspirée par
la poule mère sur l'attitude de ses victimes à l'égard de ses poussins,
les conséquences de l'âge. Il analyse les manifestations de l'instinct
maternel et ses aberrations ; le conflit des tendances relatives aux
œufs et aux poussins ; la reconnaissance par la mère de ses propres
poussins ; le comportement à l'égard des ceufs brisés ; les premiers
instincts des à la période de l'éclosion et dans leurs rapports
avec la poule ; la participation du coq à la couvée, qui serait une
survivance ancestrale ; la « transe » de couvée et ses conséquences
sur la combativité de la poule : enfin le sort des nouveaux venus
dans un groupe. On retrouve dans ce travail la richesse et la précision
des détails qui distinguaient les études précédentes de l'auteur sur la PSYCHOLOGIE COMPAREE 315
subordination des animaux dans le groupe social, la voix, la mi
mique, etc. P. G.
CALVIN P. STONE. — A note on « feminine » behavior in adult male
rats (Note sur un « comportement féminin » chez des rats mâles
adultes). — Am. J. of Ph., LXVIII, 1925, p. 39-41.
L'auteur constate et décrit chez un lot de rats mâles adultes un
comportement tout à fait particulier et assez rare. Ces rats, en effet,
présentaient vis-à-vis des autres mâles, l'attitude et les réactions des
femelles en rut. P. B.
CALVIN P. STONE. — Delay in the awakening oî copulatory
ability in the male albino rat, incurred by defective diets (Retard
dans Véveil de l'activité copulative chez le rat blanc mâle sous l'effet
de la diète alimentaire). — J. of comp. Ps., IV, 2, 1924, p. 195-224.
Soumis à une diète restrictive de vingt jours, commencée respect
ivement aux 45e, 30e et 20e jours après la naissance, et réglée de telle
façon que pendant la diète le poids reste stationnaire, des groupes de
jeunes rats ont montré un retard moyen de l'activité sexuelle (copu
lation) de 16,5, 22,5 et 20,5 jours (âge moyen de la maturité sexuelle
chez le rat : de 40 à 50 jours). Cette activité n'apparaît en général eux qu'à un âge auquel ils ont dépassé le poids du rat normal
qui a atteint cette maturité. On constate parallèlement un retard
du développement des spermatozoïdes et des organes génitaux ex
ternes. P. G.
JAMES ROLLIN SLONAKER. — The effect of pubescence, œstrua-
tion and menopause on the voluntary activity in the albino rat (Les
effets de la puberté, du rut et de la ménopause sur V activité volontaire
du rat blanc). — Am. J. of Ph., LXVIII, 1924, p. 294-315.
Les rates présentent une augmentation périodique de leur acti
vité volontaire pendant leur vie sexuelle, et uniquement pendant
cette période. Les mâles ne présentent pas au contraire de modificat
ions périodiques analogues de leur activité. L'activité maxima cor
respond au rut, et l'intervalle compris entre l'apparition de deux
maximums d'activité indique la durée d'un cycle du rut. Les varia
tions de l'activité volontaire présentent leur maximum vers l'âge de
120 jours, elles décroissent ensuite de plus en plus au fur et à mesure
qu'on se rapproche de la ménopause. P. B.
G.-H, WANG. — The relation between « spontaneous » activity and
œstrous cycle in the white rat (La relation entre Vactivité spontanée
et le cycle du rut chez le rat blanc). — Comp. Ps. Monographs, 11,6,
p. 1-27.
Y a-t-il une relation entre le degré d'activité et la période de
rut ? Pour élucider cette question W. place des rats dans une
«age individuelle étroite d'où ils peuvent passer dans un cylindre

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