Comportement des Vertébrés - compte-rendu ; n°1 ; vol.28, pg 373-388

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L'année psychologique - Année 1927 - Volume 28 - Numéro 1 - Pages 373-388
16 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1927
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e) Comportement des Vertébrés
In: L'année psychologique. 1927 vol. 28. pp. 373-388.
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e) Comportement des Vertébrés. In: L'année psychologique. 1927 vol. 28. pp. 373-388.
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240. — MARGUERITE COMBES. — Sur la répugnance des four
mis à se laisser choir, étudiée par Sir John Lubbock. — An. Se. N.,
X, 2, 1927, p. 223-231.
Par répétition les Formica ruf a, déjà étudiées, arrivent à sauter de
plus en plus haut (jusqu'à sauter d'un porte-plume placé à 1 m. 50
du sol), sans charge. Elles sautent même avec des larves. H. P.
240 bis. — A. VANDÉL. — Observations sur les mœurs d'une four
mi parasite : Epimyrma Vandeli Santschi. — B. S. ent., 19, 1927,
p. 289-295.
Cette espèce est dépourvue d'ouvrières. La femelle s'installe dans
un nid de Leptothorax recedens Nyl.: revenant, malgré des expulsions
répétées, elle parvient à tuer la femelle adverse, et est dès lors adoptée.
H. P.
e) Comportement des Vertébrés
241. — LOUIS ROULE. — Les Poissons et le monde vivant des eaux.
T. IL La Vie et l'Action. — In-8, 378 p. Paris, Delagrave, 1927.
Dans la belle publication que le professeur d'ichtyologie du Muséum
a consacrée aux Poissons avec illustrations en couleur dues au pinceau
de F. Angel, et qui doit comprendre 9 volumes (Formes et attitudes.
— Vie et Action. — Voyages et Migrations. — Pontes et Nids. —
Larves et Métamorphoses. — Poissons d'eau douce. — Poissons de
rivage et de haute mer. — des abîmes. — Pêches et piscicul
ture), le Tome II comporte un certain nombre de questions d'ordre
psychobiologique (sur les palpes des rougets, sur ce que voient les
yeux des poissons, sur le sens vibratoire). Aussi devons-nous signaler
ce grand ouvrage de vulgarisation, agréable à lire, dû à un biologiste
particulièrement compétent et d'un haut esprit scientifique. H. P.
242. — M. THOMAS. — Les poissons migrateurs. — Bulletin des Nat
uralistes belges, mai 1927.
L'auteur s'oppose aux conceptions de Roule qui rend compte des
migrations des poissons par un certain jeu de tropismes. « Dans aucun
domaine, dit-il, les causes qui assurent la perdurance de la vie ne
peuvent être ramenées à de simples coïncidences, qui auraient très
bien pu ne pas se produire ». A ses yeux « il reste évident que les êtres
vivants ont la notion précise des besoins de l'espèce aussi bien que
de ceux de l'individu, et que c'est cette notion qui s'exerce sur eux
et commande impérieusement à leurs faits et gestes. » H. P.
243. — L. ROULE. — Un cas de mémoire topographique, ou pou
vant s'y rapporter, chez Blennius basiliscus. — Bull, de la Soc.
zoologique, LI, 1927, p. 368-370.
Après déplacements, cette Blennie (poisson) sait regagner sa coquille
vide de Pinna qui lui sert de domicile, par intervention exclusive
probable de la mémoire visuelle chez cette espèce dépourvue de
tentacule céphalique et douée de vision binoculaire. H. P. 374 ANALYSES BIRUOGRAPHIQUES
244. — I. TENCATE. — Sur la production de ce. q,ue l'on appelle
l'état d'hypnose animale chez la Raie. — Ar. neer. de Ph., XII, 2,
1927, p. 188-190 et 257-259.
Selon Pawlow le facteur prépondérant dans la production des états
de somnolence et de sommeil chez l'animal est une excitation uni
forme et permanente d'un organe des sens en l'absence d'excitation
des autres organes. Pour d'autres auteurß, dont Verworn, c'est
l'inhibition imposée des mouvements de fuite et de correction
de la position qui détermine l'état d'hypnose animale (la plupart de
ces auteurs ayant opéré sur des poissons). — L'auteur a repris cette
question, sur la raie (raja clavata). Les animaux étaient placés dans
des cristallisoirs d'eau de mer courante (donc non-interyentiqn de
l'augmentation du taux de CO2 dans l'état observé) où ils ne pouvaient
faire aucun mouvement. Dans ces conditions on n'a jamais observé
l'état d'hypnose. De faibles mouvements de la queue et des nageoires
persistent sans interruption. Même résultat les raies étant placées sur
le dos, et dans l'impossibilité de rectifier leur position. Si, au contraire,
on produit une excitation constante de contact en plaçant un linge
mouillé sur la tête ou le dos de l'animal, il y a rapidement (30 à 60 s
econdes) une immobilité brusque, arrêt complet de tous les mouve
ments, même les plus faibles. — De légères excitations de pression,
l'action du soleil restent sans effet, alors que l'animal réagissait vi
olemment à ces stimuli dans le premier cas. Il semble que l'état observé
corresponde bien à ce qu'il est convenu d'appeler l'hypnose animale,
et que les conditions dans lesquelles il se réalise donne raison à la
théorie de Pawlow, montrant ainsi une certaine parenté entre l'hyp
nose et l'état de simple somnolence ou de sommeil, M. F.
245. — SALOMEA BIEDERMANN. — Le sens et la mémoire des
formes d'un objet chez les Anoures. L'inversion de l'habitude après ou
sans amortissement. — S. RAZWILOWSKA. — Le sens et la mé
moire des dimensions d'un objet chez les Anoures. Types du com
portement individuel. Coexistence de plusieurs processus d'associa
tion indépendants l'un de l'autre (en polonais, avec résumé fran
çais). — Travaux de l'Institut Nencki, N° 56, 31 p. et N° 60, 24 p.
Varsovie, 1927.
B. montre que des rainettes réagissent à des objets inertes et ont
une discrimination très fine des formes (découpées dans du bristol),
par exemple de 6 figures de même surface (triangles., carré, rectangle,
parallélogramme), avec réaction acquise à la forme seule (habitude
« iconotropique ») indépendamment des dimensions, de la position,
de la couleur, etc.
L'animal apprend à saisir la forme de carton comme un insecte,
par association acquise (avec un essai par jour, en 3 ou 4 semaines).
L'habitude non renforcée par des répétitions s'amortit peu à peu (sans
que la décroissance ait été numériquement suivie), en 3 ou 4 semaines
(avec encore persistance d'une trace révélable dans des essais d'ac
quisition -d'habitude nouvelle).
Quand on accouple une forme à la forme associée, il y a un certain
transfert de l'association, des éléments divers juxtaposés au couple PSYCHQLOGJE ZQQLQfiïQUE ET IHQLOGIE 375
n'apportant pas de perturbation, mais la substitution d'une forniß
étrangère à la forrne principale entraîne des réactions négatives
vis-à-vis de la forme accessoire elle-même.
L'étude de quelques espèces comparées de batraciens montre des
différences spécifiques : Le Bonibinateur a une grande vitesse d'asso
ciation, la perte étant aussi très rapide (suivant une règle très, géné
rale des phénomènes de mémoire).
Le Crapaud ne réagit jamais en l'absence d'appât vivant, la gre
nouille verte réagit très mal ; la rainette acquiert assez lentement
mais ees associations sont stables. Il y a aussi des différences indivi
duelles.
R. avec la même méthode d'association des formes à une proie
vivante (blatte) a étudié chez le Burnhinator igneus et deux espèces,
de grenouilles {flâna terfiporaria et R. esculenta), les différences, indir
viduelles dans l'acquisition de la réaction à des différences de gran-
deur, les plus petites étant de 1 à 2,5 cmq ou de 2,5 à 4 cmq) : il y a
des animaux qui associent d'emblée, d'autres qui n'associent jamais
de façon parfaite ou qui ne réagissant pas aux objets associés,. Comme
vitesse d'acquisition, certains individus ont leur habitude différenciée
après 8 ou 9 essais (1 par jour), d'autres ne l'ont pas encore complè
tement après plus de 100 essais. En augmentant les intervalles
(jusqu'à 3 ou 5 jours), le temps nécessaire ne paraît pas modifié en
moyenne (ce qui implique une économie dans le nombre des essais).
Ces deux travaux, dirigés par Minkiewicz, constituent îes numé-
ros 2 et 3 des recherches de ce dernier sur l'expérience optique des
Batraciens. H. P.
g46. — A. VANDEJL. — APÇmsition d'habitude chez lß cyapaud. ^
Bull, de la Soc. zoologique de France, Ï4J, 1927, p. 50r5\.
Chez des crapauds mâles, dans une cage» nourris, une, fois, pay s
emaine depuis huit mois, le soulèvement du couvercle provoque
l'agitation, avec mouvements de langue comine à Ja vue de Ja nourr
iture par un phénomène d'anticipation associative fort net, engendré
par moins de 40 essais, ce qui représente une acquisition d'habitude
assez, rapide (favorisée sans doute par la grandeur des intervalles
entre les essais successifs). H. Pt
247. — WERNER FJSCHEL.— Uebçr das qçpchfniss und den Ant
rieb der Vögßl (Sur la mérr\<xij'e et V incitation de? oiseaux). — Z. für
ver^Ph., V, 1927, p. 390-4J6.
Des pigeons, nourris de façon répétée avec des pois jaunes hésitent
à manger de l'orge et continuent à chercher des PQis.
Sur d'autres oiseaux encore, un chardonneret et un serin, avec
des habitudes alimentaires préalables l'auteur montre qu'un stimuluß
antérieur absent peut continuer d'exercer une action par un méca-
nismß mnémonique, ce qui peut difficilement être pris poyr une
découverte sensationnelle.
Il envisage ensuite Je rôle de la mémoire dans 1' « Antrieb p des oi
seaux, c'est-à-dire dang l'ensemble des stimulations internes pu
externes poussant à l'actiqn, suivant J'expression de g^ymanskj.
Quelques expériences, aßsej peu significatives, çpnduisent à classer 376 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
les incitations à se nourrir dans l'ordre suivant : la faim, la vue d'une
nourriture connue ; le souvenir d'une nourriture ; la quantité de trouvée ; le désir de la réussite. H. P.
248. — C.-G. GRINDLEY. — Experiments on the « direction oî asso
ciations » in young chickens [Expériences sur la des associa
tions chez déjeunes poulets). — Br. J. Ps., XVII, 3, 1927, p. 210-221.
On peut dresser le petit poulet de dix jours à venir chercher sa
nourriture,, à travers une série d'obstacles, au son d'un cornet. Une
association s'est établie entre le son du cornet et la distribution de
nourriture qui le suit.
Peut-on établir une association du même genre en sens inverse,
c'est-à-dire en plaçant l'excitation auditive après la distribution ?
L'expérience montre que dans ce cas, le nombre des réactions obtenues
n'est pas supérieur au chiffre des erreurs probables, le résultat est
donc douteux.
De même, le son du cornet peut être associé à une excitation élec
trique et provoquer les mêmes réactions, s'il est émis avant ; s'il est
émis après, les résultats sont nuls.
Ces faits confirment les expériences de Krestovnikov et de Wohl-
gemuth. G. P.
249. — M. HERZ. — Beobachtungen an gefangenen Rabenvögeln
(Observations sur des corvidés captifs). ■ — Ps. Forsch., VIII,
3-4, 1927, p. 336-397.
Les oiseaux, capturés très jeunes, sont un choucas (Calceus mone-
dula) et une corneille noire (Corvus corone) ; un freux (C.Jrugilegus)
adulte n'a vécu que peu de temps ; un foulque (Fulica atra) et une
mouette (Larus ridibundus) ont servi à quelques comparaisons.
Sur ces animaux l'auteur a fait des observations continues et des
expériences. Il décrit les mouvements de l'œil, les réactions émotionn
elles, les rapports avec l'observateur qui ont fini par devenir assez
familiers pour rendre possible l'expérimentation.
Ces oiseaux ont une tendance innée à becqueter dans les trous,
fentes, même dans les jointures entre les doigts, les trous du nez ou
de l'oreille, les coutures des vêtements et des chaussures ; il paraît y
avoir là un effet de contraste lumineux (bien que contrairement à
l'homme, ils voient nettement dans des ouvertures obscures).
Cacher et chercher sont des instincts. Ils cachent l'excès de leur
nourriture, mais aussi tout ce qui a une valeur pour eux, dans les
trous ou fissures naturelles. L'objet est souvent recouvert de feuilles,
de papier, de terre, mais il n'est pas toujours complètement dissimulé.
Plus tard l'animal cherche plutôt la cachette elle-même que l'objet
caché. Cependant la perception d'un objet éveille le souvenir de
l'objet caché semblable. Des objets cachés sont retrouvés après cinq
heures. Ils cherchent un objet caché par l'homme ou qu'on feint de
poser quelque part (mais non, comme le chien, un objet lancé). La
corneille revient à plusieurs reprises au point où elle a laissé par
mégarde tomber un objet qu'elle ne retrouve pas du premier coup.
Ils peuvent écarter avec le bec des obstacles qui les empêchent de
s'emparer d'un objet. Le freux écarte la pierre qui empêche la porte .
PSYCHOLOGIE ZOOI.OG1QUE ET BIOLOGIE . 377
d'une cage de s'ouvrir (d'elle-même), pour y prendre le morceau de
viande qu'on vient d'y placer. Le corbeau déplace une pierre mise
par l'observateur à l'issue d'une de ses cachettes. Ils essaient d'ouvrir
davantage la porte entrebâillée d'une cage qui contient à manger,
en agissant d'abord avec le bec au voisinage des gonds, puis de
l'autre côté.
En général l'oiseau ne vole pas directement vers le but, mais décrit
des courbes (qu'exigent les conditions physiques du vol). Mais il fait
de plus les détours nécessaires pour contourner les obstacles. Il r
emonte un objet suspendu à une bande d'étoffe de quelques centi
mètres de large, mais non à ficelle ; la corneille qui d'ordinaire
se sert de son pied pour maintenir le morceau quand elle mange,s'en
sert aussi pour maintenir la bande pendant qu'elle la reprend plus
loin avec le bec.
H. décrit toute une série de jeux (avec des objets mobiles, minces,
présentant des contrastes, mais sans valeur alimentaire). Certains
objets de prédilection sont reconnus individuellement avec précision.
Les oiseaux jouent avec l'observateur à des jeux où les objets
passent de l'un à l'autre. Non seulement les objets individuels sont
bien distingués ; mais il y a une tendance à les assembler par genres
(noix, grains de maïs, écailles, pierres). La chute des objets les sur
prend et les effraye quelquefois : ils semblent tout ignorer des condi
tions de leur équilibre.
Mentionnons enfin de curieuses expériences sur la reconnaissance
(générique) de certains objets (graines connues) et leur distinction
d'avec des objets fabriqués plus ou moins semblables par la forme,
la couleur et l'aspect.
L'impression générale donnée par cette étude, inspirée par les
travaux de Köhler, est que le niveau mental des oiseaux comme celui
de beaucoup d'animaux supérieurs, avait été sous-estimé et qu'il
convient de revenir sur ce jugement sommaire. P. G.
250. — 0. KROH. — Weitere Beiträge zur Psychologie des Haashuhns
(Nouvelle contribution à la Psychologie de la poule domestique). —
Z. f. Ps., CIII, 3-4,1927, p. 203-227.
On peut dresser des poules à ne prendre des grains que dans cer
taines conditions. L'effet du dressage persiste-t-il hors de ces condi
tions spéciales ? Goetz a dressé des poules à choisir le plus gros de
deux grains de maïs sans toucher à l'autre (on peut aussi faire l'i
nverse). Le résultat se maintient en dehors de la salle d'expériences
et en l'absence de l'expérimentateur. Les dimensions du support sur
lequel chaque grain est placé sont indifférentes. Par contre, l'animal
est troublé par la présence d'autros poules, ou par l'intensité excessive
de sa faim.
Si on donne trois grains de grosseur différente disposés à égale
distance l'un de l'autre, mais dans un ordre quelconque, il prend le
plus gros, puis le moyen et laisse le petit. Si on donne quatre grains,
deux gros et deux petits rangés en ligne dans un ordre quelconque,
il ne prend que les deux gros.
On peut remplacer les grains de maïs avec lesquels le dressage a
été obtenu par des grains de blé, de petits morceaux de pain ou de :

ANALYSES B!BI40nBAPfl|QUES 9?8
viande. Cinq poulets sur sjx ne commirent aucune faute. Si qn donne
un gros morceau de pain et un petit morceau de viande, ils prennent
Je premier (bien qu'ils préfèrent la viande).
L'appréciation de la grosseur relative est donc indépendante des
facteurs de position, de forme (d'autres épreuves montrant qu'il
ne s'agit pas de la grandeur des images rétiniennes). Ces résultats
paraissent à l'auteur peu favorables aux théories qui font jouer un
rôle à la forme de l'ensemble (théorie de la Forme) et aux sentiments
de passage (Uebergangserlebnisse).
Une poule dressée à choisir d'après la couleur du substrat, en
tire4-elle un bénéfice accessoire quand il s'agit de choisir d'après la
place des grains dans la série ? R. Scholl a comparé deux groupes de
quatre poules : le premier a été dressé à choisir les grains 2,4, 6, 8,
placés sur des cartons de couleur, en négligeant les 1, 3, 5, 7, sur des gris ; plus tard les deux groupes ont été dressés
à çhqisir les mêmes grains sur des cartons uniformes. Or le premier
groupe a été dressé à la deuxième tâche plus vite que le premier : il y
a donc un effet latent du dispositif initial.
O. Kroh ßt R. Scholl ont étudié l'acquisition de réactions aux
formes géométriques. Le dressage est fait avec le triangle equilateral
et lß cercle ; les grains sont libres dans le premier cas, collés ou fixés
dans le second. L'éducation est très laborieuse avant qu'on obtienne
des résultats stables. Cependant on finit par aboutir, dans les épreuves
de contrôle où tous les grains sqnt libres, à ce que l'animal ne prenne
que sur les triangles et néglige ceux qui se trouvent sur des cerqles,
des carrés, 4es pentagones. Mais ces objets sans intérêt biologique
deviennent difficilement des critères ; certains animaux cherchent
yißib.Jenient à leur en substituer d'autres (traces sur les grains des
tentatives antérieures pour picorer, trace des moyens de fixation,
petits mouvements des grains à la Suite des coups de bec sur la
planche). Les auteurs pensent avoir éliminé ces critères indirects en
modifiant leurs expériences ; la forme peut sûrement intervenir,
inais l'animal ne l'utilise que quand tous les autres sont inutilisables.
L'effet du dressage à la dimension relative des deux grains s'est
montré extrêmement stable. Après des interruptions de 4 et 7 mois,
un nouveau montre une économie considérable des répéti
tions, ou même il n'est pas nécessaire. P. G.
251. — W. et K.-MC. DOUGALL. — Notes on instinct and inte
lligence in rats and cats (Notes sur V instinct et V intelligence chez les
rats et chez les chats). — J. of comp. Ps., VII, 2, 1927, p. 145-176.
JVfc. D. donne dans cet article d'intéressants détails sur les aspects
psychologiques d'expériences entreprises sur des rats et dont l'objet
principal était l'étude de l'hérédité des caractères acquis.
Les recherches avec le labyrinthe ordinaire ne permettent pas tou
jours de vaincre l'inertie de certains animaux. Il n'en est pas de
même quand le labyrinthe est immergé dans l'eau d'une puye ; le rat,
dès l'âge de 20 jours, se met à nager pour gagner ]e sol ferme. S'il
peut apercevoir la sortie, il s'y dirige aussitôt ; s'il ne la voit pas,,
mais qu'il l'ait déjà trouvée accidentellement 4ans leg épreuves pré
cédentes,, jl la cherche, ]$.&, D. se refusp à confondre pette exploration PSYCHOLOGIE' ZpOWMÏlQUB ET BIOLOGIE 379
avec une série de mouvements « fortuits » (on les rencontre au con
traire chez des individus fatigués qui ne tardent pas à couler au, fond :
les deux comportements sont tout à fait différents,).
Le rôle de la vue peut être mis en évidence. Le labyrinthe bifurqu^e
en deux couloirs latéraux terminés par des plans inclinés de sortie.
Une des issues est toujours obscure, l'autre éclairée ; s'il chcis.it celle-ci
le rat reçoit un choc électrique pénible. Tous les animaux ont appris
à sortir par le côté obscur. D'abord l'animal, approchant de la porte
éclairée, s'arrête puis bondit par l'issue ; un peu plus tard il marque
une hésitation, mais la sortie éclairée semble exercer une fascination
que les expériences pénibles n'arrivent à vaincre que lentement.
Quand il commence à se détourner du couloir éclairé, le rat revient
d'abord souvent dans la chambre centrale, au point de départ ; plus
tard, il ira directement au couloir obscur. Il y a dans l'éducation un
moment critique ; le nombre des succès augmente brusquement (sans
que les erreurs soient encore complètement éliminées), selon Me. P.,
c'est alors que le problème est compris.
Plus tard on complique la tâche : le couloir obscur de sortie est
barré par une cloison qui descend un peu au-dessous du niveau de
l'eau. Le rat apprend à plonger pour passer dessous ; cette réaction
innée se produit quand tous les autres moyens ont été vainement
essayés, sans dépendre d'une impression sensible quelconque.
Dans un labyrinthe plus compliqué, la bonne piste fait des détours
où s'ouvrent cinq impasses. Ici, comme en général dans le problème
du labyrinthe, il est impossible d'expliquer l'élimination des erreurs
par des réactions fortuites en supposant que la sélection se fait par
les lois de récence et de fréquence.
Certains rats, transportés du laboratoire dans l'appartement, sont
devenus tout à fait familiers. Ils ont pris l'habitude d'ouvrir, en le
soulevant avec le nez, le couvercle saillant d'une bofte qui renferme
leur nourriture. On a muni alors la boîte d'un verrou de type simple ;
une tige de bois fixée par une vis autour de laquelle elle pivote vient
s'engager par une encoche dans le couvercle saillant. Un premier rat
apprit avec l'aide de l'homme à ouvrir le verrou : on porte l'animal
de manière à pousser doucement la tige avec son nez. Après 20 à
25 expériences de ce genre, le rat pousse de lui-même le verrou avec
son nez et ouvre la boîte. On ajoute alors de l'autre côté de Ja boîte un
second levier Li qui se manœuvre en sens inverse. Le rat, assisté par
l'homme, apprend à l'ouvrir avec sa patte et fait ensuite les deux
autres opérations. On place alors une autre tige La qui verrouille Li.
En deux ou trois séances, le rat apprend à la manier. Successivement
on ajoute L3, Li qu'il apprend à tourner dans l'ordre voulu ; puis un
nouveau verrou L5 qui, situé sur une autre face, exige un déplacement
de l'animal et donne des difficultés. On lui apprend à l'ouvrir avec
son nez : le lendemain, il l'ouvre lui-même avec sa patte. On continue
à garnir le tour de la boîte de verrous (jusqu'à quatorze). A partir du
sixième, le rat les ouvre de sa propre initiative sans avoir besoin
d'être instruit. Il distinguait à la vue un verrou fermé d'un verrou
ouvert. Si, par exemple, il ne tourne pas suffisamment L,, il rencontre
de la résistance dans le maniement des suivants, il revient alors en
arrière et corrige sa faute ; quelquefois il repart du début et passe en 380 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
revue tous les verrous jusqu'à L8. Si on serre la vis d'un verrou pour
le rendre plus dur à manier, le rat insiste. D'autres rats ont appris,
avec les mêmes résultats, le maniement des leviers. Ainsi, contrair
ement à l'opinion de Thorndike, les animaux peuvent apprendre par
imitation active de mouvements passifs. La solution intelligente se
distingue de la sélection de mouvements aveugles. Voici un exemple
de la dernière : un rat arrive accidentellement à manœuvrer un levier
avec une patte de derrière, cela résulte de la position même prise par
l'animal pour ouvrir les autres leviers ; ici l'effet lui échappe et la plus
légère modification dans le jeu de ce levier ne suscite pas, comme
dans les exemples précédents, les corrections nécessaires.
Voici d'autres exemples d'activité intelligente. Un rat arrive de
lui-même à ouvrir une boîte en soulevant le couvercle avec les dents.
D'autres apprennent à hisser un objet (os de poulet suspendu au
bout d'une ficelle) : il a suffi de le faire devant eux ; ils se servent des
pattes de devant comme un homme de ses mains, s'aidant aussi des
mâchoires quand le poids de l'objet est plus grand. Il ne s'agit pas
d'un jeu avec la ficelle, car ils perdent vite l'habitude quand on rem
place l'os par un objet sans valeur, et y reviennent aussitôt, dès qu'on
attache l'objet de leur convoitise.
L'article se termine par quelques observations sur le comportement
relatif du chat, du rat et de la souris.
Un jeune chat de 20 jours, mis avec des rats, ne montre qu'un peu
de curiosité ; les rats sont effrayés et pendant deux jours n'osent
sortir de leur cage, malgré l'absence du chat : puis ils finissent par se
familiariser avec lui. La vue d'une souris déclenche chez le chat (qui
n'en a encore jamais vu auparavant) toute la série d'actes instinctifs,
poursuite, mise à mort. L'animal, au cours de cet acte est excité,
sauvage ; cependant rien n'est changé dans la suite à son comporte
ment avec les rats. P. G.
252. — R.-H. HUBBARD. — The stimulus for the visual discrimina
tion habit (Le stimulus dans la formation d'habitudes par discrimi
nation visuelle). — J. of comp. Ps., VII, 1, 1927, p. 75-81.
Quand un animal forme une habitude par discrimination de signaux
visuels, il faudrait pouvoir préciser la nature exacte du stimulant.
Un rat est placé dans une boîte où s'ouvrent deux chemins : l'un,
vers la nourriture, est indiqué par une ouverture circulaire éclairée
du fond par une lampe, mais certains animaux doivent passer par
cette ouverture avant d'entrer dans le couloir latéral qui conduit à la
chambre d'alimentation, tandis que d'autres entrent directement
dans ce couloir par une porte latérale. Cette seconde épreuve est
beaucoup plus difficile que la première. L'auteur suggère plusieurs ex
plications : ou bien, dans la première, des stimuli non visuels s'ajoutent
du fait du franchissement de l'ouverture circulaire ; ou bien la per
ception de l'ouverture a toujours lieu, tandis que l'animal peut ne
pas avoir regardé le signal employé dans la deuxième méthode ; ou
enfin la perception de l'ensemble de la situation forme un tout dont
la signification est plus accessible dans un cas que dans l'autre.
P. G. ZOOLOGIQl'E ET BIOLOGIE 381 PSYCHOLOGIE
253. — A.-H. GAYTON. — The discrimination of relative and
absolute stimuli by albino rats. (La absolue et relative
des stimuli chez les rats albinos). — J. of comp. Ps., VII, 2, 1927,
p. 93-106.
Travail inspiré par celui de Köhler sur le chimpanzé et la poule
domestique. Les animaux sont dressés à choisir dans une boîte à
deux compartiments celui qui est le plus éclairé. Quand le dressage
est assez avancé, ils sont soumis à des expériences de transfert
(épreuves critiques de Köhler), c'est-à-dire qu'au lieu d'avoir à choisir
entre les éclairements A et B, (B > A) ils doivent opter entre G et B
(G > B). Si le choix dépend des qualités absolues, il y a trois hypo
thèses possibles : a) réaction positive à B ; b) réaction négative à A ;
c) les deux sortes de réactions combinées. Après trente expériences
quotidiennes de choix avec A et B et 75 % de résultats corrects au
23e jour, on intercale des épreuves de transfert. Sous les trois formes
envisagées plus haut, l'hypothèse de l'appréciation des qualités
absolues s'accorde mal avec les résultats. En principe, c'est la relation
des qualités qui est décisive ; l'animal a pris l'habitude de choisir le
couloir éclairé par le signal le plus lumineux. Cependant il ne s'agit
en somme que d'une proportion supérieure de choix en ce sens.
C est préféré à B, mais moins que B n'est préféré à A ; il n'atteint la
valeur d'option de B que quand il est opposé à A. Il se peut donc
que A ait aussi une valeur négative propre. P. G.
254. — T.-C. RUCH. — Preliminary study o£ the ability of the
albino rat to discriminate inclined planes (Etude préliminaire de
l'aptitude du rat albinos à distinguer V inclinaison de plans). — J.
of comp. Ps., X, 6, 1927, p. 405-423.
Les données kinesthésiques jouent un rôle important dans l'expé
rience du labyrinthe ; pour pouvoir faire varier les conditions dont
elles dépendent, R. s'est servi du plan incliné. L'appareil se compose
d'une chambre d'où partent deux couloirs inclinés qui aboutissent
à des boîtes dans l'une desquelles l'animal peut trouver à manger.
L'inclinaison des couloirs par rapport à la verticale peut être variée ;
un dispositif électrique permet de faire intervenir une « punition »,
d'un côté ou de l'autre. Naturellement l'animal ne reçoit le choc
qu'après s'être engagé assez loin sur le plan incliné, de manière à
ce cfu'il ait eu le temps d'en apprécier la pente. On ne tient pas compte
du cas où il s'engage directement dans le bon chemin, ce qui peut
être accidentel, mais seulement des cas où, prenant l'autre, il rebrousse
chemin avant d'arriver à la zone dangereuse : en d'autres termes, ce
sont ces corrections qui permettent d'apprécier le progrès. Il va
sans dire que le bon chemin est tantôt à droite, tantôt à gauche pour
éviter que le rat ne se guide d'après la position et non d'après la
pente.
Dans ces conditions, quatre rats sont arrivés assez rapidement à
distinguer sûrement deux pentes de 15° et 25°. On, a continué le
dressage en diminuant la différence progressivement ou brusquement :
il semble que les rats puissent arriver à percevoir une différence de
3° seulement entre les deux plans.
Pour éliminer le rôle de la vue, on a répété l'expérience avec des

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