Comportement des Vertébrés. - compte-rendu ; n°1 ; vol.35, pg 362-376

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L'année psychologique - Année 1934 - Volume 35 - Numéro 1 - Pages 362-376
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1934
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f) Comportement des Vertébrés.
In: L'année psychologique. 1934 vol. 35. pp. 362-376.
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f) Comportement des Vertébrés. In: L'année psychologique. 1934 vol. 35. pp. 362-376.
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à de l' alcool ou de la glycérine ou à des récipients vides, en utilisant,
soit de l'eau pure (distillée), soit de l'eau salée, soit du lait, soit de
la terre humidifiée, soit un jus de citron. H. P.
f) Comportement des Vertébrés1
335. — J. C. WELT Y. — Experiments in Group behavior of Fishes
(Expériences sur le comportement agrégatif des poissons). —
Ph. Z., VIL 1, 1934, p. 85-127.
Examen de l'influence du groupement sur le comportement
'des individus chez les poissons, jusqu'ici assez négligés (F Ameiurus
ayant déjà été étudié par Bowen).
Chez Umbra Uni la réunion d'individus a un effet simple et
permanent, inhibiteur, sur tout apprentissage ; les poissons se conten
tent de se battre.
Les recherches ont essentiellement porté sur le poisson rouge,
avec des labyrinthes élémentaires (passage d'un compartiment à un
autre d'un aquarium par un passage étroit, conique par exemple,
pour la recherche de la nourriture).
Le temps de réaction, pour la réussite, au cours d'essais successifs,
•comporte surtout dans la première phase, des durées moindres quand
Jles poissons sont en groupe que quand ils sont isolés.
Le fait de mettre un poisson déjà entraîné avec un poisson neuf
provoque une accélération initiale des réussites, plus grande que
quand il y a deux poissons neufs ensemble.
Une certaine interaction, dans les groupes, stimule l'activité
exploratrice, élimine certaines inhibitions, avec une cohésion de
^groupe assurée par l'intégration visuelle.
La capacité de rétention des groupes serait un peu plus grande,
.après un intervalle donné, que celle des poissons isolés.
En ce qui concerne le problème de l'imitation, une donnée serait
•en laveur de son intervention : on place un poisson neuf dans un
compartiment voisin de ceux où un autre poisson opère son apprent
issage, et on le sépare avec un verre transparent ou opaque. Or,
quand le verre est transparent, le poisson neuf, qui a pu voir l'autre,
mis lui-même à l'apprentissage, s'éduque plus vite. H. P.
336. — M. THOMAS. — L'immobilisation protectrice. Observations
sur Carausius morosus. — B. An. S. Ent. B., LXXIV, 1934,
p. 313-325 et 351-360.
Les manœuvres qui provoquent l'immobilisation révèlent de
notables différences individuelles, chez les adultes aussi bien que
•Chez les nouveau-nés : certains tombent en catalepsie plus ou moins
prolongée, d'autres se défendent et cherchent à fuir. Même chez
ceux qui sont immobilisés, et sauf prolongation en un sommeil
véritable, il y a des signes d'activité qui conduisent l'auteur à affirmer
qu'il ne s'agit pas d'un réflexe, mais d'une ruse dont on peut se deman
der quelle est, dans la genèse, la part de l'intelligence et celle de l'ins
tinct. H. P.
1. Voir aussi les N°3 234, 235, 238, 273. ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 363 PSYCHOLOGIE
3S7. — WERNER FI SCH EL. — Gedächtnisversuche mit Schildkröten
(Recherches sur la mémoire avec des tortues). — Zoologischer
Anzeiger, GVII, 3-4, 1934, p. 49-61.
DeuxChelydraserpentina L. sont dressées à aller saisir un morceau
<le lombric dans une fente ménagée entre blocs de plâtre reliés par un
fil de cuivre, avec, au-dessus et en arrière, des parois de celluloïd :
la tortue apprend rapidement à introduire sa tête par-dessous le
fil de cuivre en l'allongeant dans la fente ; à ce moment, nouveau
dispositif, la proie est en arrière de la paroi de celluloïd que la tête
vient heurter quand elle opère comme précédemment, mais la paroi
supérieure de celluloïd étant raccourcie, la tortue peut saisir la proie
en plongeant la tête dans la fente après l'avoir passée au-dessus du
fil de cuivre. Après de nombreux échecs, subitement l'animal com
prend la nouvelle manœuvre et lia réussit.
En revanche, l'échec est complet quand (pour dissocier la mémoire
des actes et la mémoire des perceptions) on offre à la tortue deux buts
correspondant à ces deux formes d'activité. Préférant les vers de
farine aux lombrics, les deux tortues /n'apprirent pas à aller saisir
d'abord (comme elles le font librement) le ver de farine par une
manœuvre du type du second apprentissage, alors que le lombric
•est obtenu par une manœuvre du premier type. H. P.
338. — L. VERLAINE. — L'Instinct et l'intelligence chez les
oiseaux. IV La nidification. — Recherches philosophiques. .1.1 L,
1933-34, p. 286-305. — V. Le rythme et 1' « instinct de reproduct
ion ». — Bull, de la Soc. royale des Sciences de Liège, 1933, n° 12,
p. 235-237.
Des oiseaux n'ayant pas connu le nid maternel sauraient-ils
■construire un nid ? V. désirait répondre expérimentalement à cette
question de Wallace. Il n'y a pas pleinement réussi et a dû se content
er d'étudier les capacités de nidification chez des canaris, qui,
vivant en cage depuis de nombreuses générations, disposent de nids
artificiels et n'ont pas l'occasion de nidifier par eux-mêmes.
Il a constaté que de jeunes femelles se montraient — plus que les
vieilles femelles ayant déjà disposé de nids artificiels — capables,
maladroitement d'abord, de construire des nids. Mais, à la génération
suivante, élevés dans des nids construits sur le modèle ancestral,
les oiseaux auraient mieux réussi leur construction, utilisant, semble-
t-il, les souvenirs du nid qu'ils ont connu.
Tout en maintenant sa formule, qui n'est pas heureuse, « l'instinct
n'est rien », V. reconnaît qu'une impulsion interne existe. S'attaquant
aux conceptions de Thomas, il repousse la notion d'une « connaissance
innée d'un plan de vie propre à l'espèce »., hypothèse expérimentale
ment invérifiable.
Mais l'essai de définition qu'il donne reste assez obscur : « L'impul-
:sion interne paraît donc bien consister uniquement en l'expérience
acquise et qui, en s'acquérant, modifie et organise l'impulsion interne
■elle-même. »
Reprenant des expériences sur les merles, qui lui montrèrent un
perfectionnement progressif de la nidification d'une femelle, il eut 364 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
l'occasion de constater des faits lui permettant de nier l'existence-
d'un rythme dans l'instinct de reproduction. H. P.
339. — Mlle M. GILTAY. — La notion du nombre chez les oiseaux.
— Bull, de la Soc. royale des Sciences de Liège, 1934, n° 5, p. 112-
115.
Devant un rouge-gorge on dispose quatre récipients portant un
couvercle avec des points, dont le nombre (de 1 à 3) désigne le nombre
de morceaux de vers de farine contenus ; dans chaque expérience,,
l'oiseau ne peut jamais avoir que trois morceaux, soit dans un seul
récipient, soit dans deux, soit dans trois.
Or, le rouge-gorge a appris effectivement, au cours de combinai
sons des plus variées, à choisir le récipient à trois points de préférence,.
et, sinoa, ceux à deux et à un point.
Toutefois, après avoir appris à préférer 2 à 1 au cours d'une
longue série d'essais, il continua au début à préférer 2 mis en compét
ition avec 3. En revanche, un tarin dressé à choisir 2 contre 1 a
choisi spontanément 3 vis-à-vis de 2 et 4 vis-à-vis de 3. H. P.
340. — CHIN SOOK RI. — Sur la discrimination du nombre chez,
les pigeons (en japonais avec résumé anglais). — Acta Psycholo-
gica Keijo, II, 3, 1934, p. 76-83.
Dressage conditionné de pigeons à un nombre variable de chocs-
sonores (rétraction de la patte à un choc électrique survenant au*
bout d'un nombre donné de bruits).
Deux des animaux sur 3 ont donné des résultats positifs (au bout
de 1.400 à 2.600 associations seulement) ; l'un n'a réussi à distinguer
que 1 de 2 ; l'autre a réussi à distinguer 3 de 2 ou de 1.
L'association acquise persistait encore au bout d'un mois, mais
une nouvelle acquisition a exercé une forte inhibition rétroactive.
H. P.
341. — J. v. ESSEN. — Das Problem des tierischen Raumgedächtn
isses (Le problème de la mémoire spatiale chez les animaux). ■ —
Z. f. Ps., GXXXII, 1934, p. 335-348.
Développant sa thèse de l'orientation chez les oiseaux, v. E.
admet qu'en dehors de l'orientation négative dans l'évitement d'obs
tacle, l'orientation positive n'existe chez le pigeon que pour les
objets attrayants (endroit où il a été nourri). Ses déplacements sont
la résultante d'un double tropisme. Mais comment peut-il être corre
ctement orienté quand l'objet n'est plus dans son champ visuel ?
On peut admettre que par contraste les objets présents sont devenus,
répulsifs. Mais il nous semble que l'explication est insuffisante ; iî
faudrait un vecteur positif dans une direction qui ne peut être que
représentée. P. G.
342. — H. SCHOLE. — Ueber die Ausbildung rythmisch-motoriseher
Funktionen beim Haushuhn (Sur la formation des fonctions
motrices rythmiques chez la poule domestique ). — Z. f. Ps., GXXXII,
1934, p. 289-303.
Une planche percée de deux rangées de trous avance par saccades PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQÜE ET BIOLOGIE 365
régulières sous le plancher d'une cage étroite où se trouve une poule :
celle-ci, par une fente ménagée dans le plancher, peut saisir au
passage les grains placés dans les trous. On peut répartir ces grains
suivant certaines combinaisons : par exemple : un alternativement à
droite (le trou de gauche étant vide) puis à gauche (le trou de droite
étant vide). Dans ce cas la poule prend, pour une certaine vitesse de
la planche, l'habitude d'une oscillation rythmique du bec à droite et
à gauche. Si un grain est placé quelquefois dans un trou qui devrait
être normalement vide, on pourra voir par l'attitude de la poule, dans
cette expérience critique, dans quelle mesure sa réaction est condi
tionnée par la loi générale de distribution des grains ou par la percep
tion de la situation actuelle. Les deux attitudes possibles existent :
S. les compare aux attitudes rationaliste et empiriste ; elles carac
térisent nettement certains individus. On peut compliquer la loi de
distribution et chercher les limites des rythmes moteurs susceptibles
d'être créés chez la poule. P. G.
343. — S H. ODANI. — Étude expérimentale sur les mécanismes
cérébraux dans l'apprentissage (en japonais, avec résumé anglais).
— Jap. J. of exp. Ps., I, 2, 1934, p. 143-210.
Recherches sur le rat blanc dressé à une discrimination entre la
lumière et l'obscurité, après jeûne (récompense par nourriture, puni
tion électrique).
Chez 21 animaux le dressage est fait après destruction du cortex
frontal, occipital, ou pariéto-temporal, 26 restant normaux.
L'atteinte dans la capacité d'apprentissage s'est montrée minime
et fonction de l'étendue de la lésion, sans influence de la région.
En revanche, pour 19 animaux dressés d'abord, puis opérés,
la destruction cérébrale n'a eu d'effet que quand elle a porté sur la
région occipitale (avec corrélation de 0,81 entre les erreurs commises
et l'étendue de la destruction dans cette région).
Mêmes constatations pour une habitude fondée sur la discrimi
nation entre deux éclairements de 0,1 et 1 lux, avec cette différence
que les lésions gênent davantage cet apprentissage plus difficile.
En conclusion, le cortex occipital a une influence spécifique, mais
-aussi une fonction dynamique non spécifique, telle qu'on la rencontre
-dans tout le cortex, possédant à cet égard une équipotentialité.
H. P.
344. — T. SOUCHARA. — Études systématiques sur la psychologie
des nouveau-nés. I. Influence des stimulations par la saccharine
II. Réactions aux Stimuli amers (en japonais avec résumé allemand
etanglais). — Jap.J. of exp.Ps., I, 1 et 2, 1934, p. 1-18 et 127-142.
Dès le premier jour un nouveau-né réagit à des solutions de
saccharine par des mouvements de succion ; le seuil d'excitabilité
est toutefois plus élevé alors, et s'abaisse pendant la première semaine
pour s'approcher du seuil des adultes. La réaction fait défaut dans le
sommeil profond et dans les états d'agitation.
Des recherches sur 38 enfants de moins de 10 jours avec des
solutions de quinine ont montré que les réactions pouvaient aussi
bien être positives que négatives aux fortes concentrations (5 %), 366 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
s-e montrant douteuses aux faibles (comme vis-à-vis de l'eau pure),,
mais l'action de l'âge est très caractéristique : Le premier jour, toutes
les réactions sont positives (réflexe de succion), et la fréquence de-
ces positives décroît pour tomber à 0 le 7e jour.
Les réactions négatives apparaissent vers le 4e jour et, à partir
du 8e jour, il n'y a plus que des réactions négatives. H. P.
345. — A. REY. — Recherches sur l'organisation sensori-motrice
de la souris. — Ar. de Ps., XXIV, 95, 1934, p. 256-284.
Les expériences ont porté à peu près exclusivement sur la souris
albinos, et ont cherché à déterminer les activités spontanées de l'an
imal en dehors de tout dressage, ce que l'A. appelle les constantes
d'assimilation sensori-motrices de l'espèce, les conduites spontané
ment mobilisées, venant opposer l'unité de l'organisation à l'hétéro
généité et à la multiplicité des situations dues au milieu. L'activité
de libération comprend quatre phases : inspection, grattage, saut,
attaque de l'élément emprisonnant par la morsure (le récipient étant
en bois).
Cette conduite du rongement a été reprise de plus près dans
d'autres expériences (passage de libération à se frayer à travers un
papier tendu). Le temps de libération varie de 15 minutes à 1 heures.
Il y a donc des différences individuelles énormes. Il ne semble pas y
avoir de déterminisme bien net. Dans 95 % des cas l'animal n'a pas
trouvé le processus de libération au bout d'une heure. On attire-
son attention en perçant un petit trou dans le papier, et l'animal se
libère alors généralement assez vite. Replacé une 2e fois dans le même
milieu, la précédente expérience reste valable et la souris se libère
elle-même assez vite. Mais au cours d'essais successifs (une vingtaine)
il y a encore de grosses différences dans les temps. Certains sujets
sont rapides et constants, d'autres lents et irréguliers, — Les troubles
consécutifs à des lésions du cortex se traduisent dans la façon dont
la déchirure du papier est faite : Les coups de dents sont irréguliers
et comme donnés au hasard, au lieu que l'ouverture soit constituée
par une seule déchirure assez centrale. Un seul lambeau est arraché
par l'animal intact, une série par l'animal opéré, les troubles sont
proportionnels à l'étendue de la lésion.
Si on change les conditions de milieu, le travail de libération
étant le même, dans un autre cadre, l'animal est peu désorienté.
M. F.
346. — H. ZIMMERLING. — Die Orientierung von Mäusen durch
unselbständige transponierte Teilinhalte des optischen Wahrneh-
mungsfeldes ( V 'orientation des souris grâce à des contenus partiels
transférés dé façon dépendante dans le champ de perception optique),
— Bi. Zentr., LI-V, 1934, p. 226-250.
Par ce titre obscur, l'auteur veut désigner le fait que des souris
arrivent à reconnaître une forme déterminée dans des complexes
structuraux variés, à la reconnaître pour elle-même.
Après avoir fait jeûner 15 heures les animaux, on les met au
centre de quatre compartiments désignés par des figures sur un PSYCHOLOGIE ZOOLOGIÇUE ET BIOLOGIE 367
écran et dont l'un contient la nourriture. Les choix erronés sont punis-
par un choc électrique.
Or l'auteur a réussi à dresser ses souris à choisir un cercle, quelle
que soit sa grandeur, sa position, sur fond ponctué ou strié, même
dans une présentation tout à fait nouvelle, et à éviter toutes les
autres figures, triangles, carrés, étoiles, flèches, etc.
Mais, faute de données numériques assez détaillées et complètes,
il est difficile de vérifier l'exactitude des conclusions de l'auteur.
H. P.
347. — T. MARKIEWICZ. — On the behaviour of normal and aleo-
holised mice on a story maze (Le comportement de souris normales
et alcoolisées dans un labyrinthe à étages). — Kwart. Ps., V, 3-4,
1934, p. 290-336.
Le labyrinthe, dont s'est servi l'A., construit avec de minces
planchettes et formant 3 étages, présentait cette particularité que,,
grâce ä sa construction, l'animal (de même que l'expérimentateur)
pouvait saisir d'un seul coup d'œil la situation d'ensemble. Il comport
ait de bonnes voies et des impasses. L'animal, placé au sommet, adopter spontanément (on n'a fait intervenir ni récompense
ni punition) l'une des deux attitudes : descendre ou rester en place.
Les sujets ont été répartis en 3 groupes : A : 32 mâles et 34 femelles
de 3-4 mois (chaque sujet faisant un seul essai) ; B : 16 mâles et
16 femelles de 6-7 mois (4 essais) ; G : 10 mâles normaux et 10 mâles
alcoolisés systématiquement pendant 10 mois (4 essais). Les résultats
ont été exprimés par le nombre d'animaux ayant réagi d'une façon
motrice ou de ceux qui n'ont pas descendu du sommet, par le nombre
de différentes façons de descendre (bonnes voies ou impasses), par
le nombre de répétitions.
Il y a une grande différence entre le comportement des mâles et
celui des femelles. Celles-ci commencent à descendre plus vite, adoptent
plus fréquemment des bonnes voies, manifestent un progrès rapide et
de l'homogénéité. Les mâles descendent sans réfléchir, pour ainsi
dire : ils cherchent à se libérer de n'importe quelle façon d'une situa
tion incommode. Ils sont impulsifs et manquent d'homogénéité.
La théorie des « essais et erreurs » ne suffit guère pour expliquer
le comportement des animaux dans un labyrinthe. Devant ce fait
qu'un grand nombre de souris ont commencé ä descendre correctement
dès le premier essai, force est d'admettre chez elles une sorte d'intui
tion (dans le sens de « insight ») de la situation d'ensemble. Les
animaux répétant les essais, manifestent une tendance à l'automatisme
(répétition des mêmes segments de voie). Il y aurait donc lieu d'ad
mettre deux facteurs de comportement de souris : 1° une impulsivité
d'origine interne conditionnant la motricité biologique de l'animal et
prenant parfois l'aspect d'un automatisme moteur ; et 2° une réac
tivité ou tendance à s'adapter à une situation donnée ; celle-là se
manifestant dans certains cas par une intuition (« insight »).
Quant au groupe C, celui des souris alcoolisées confrontées avec
les souris normales, on a remarqué que les premières ont commencé à
descendre plus tard que les secondes. Leur descente a été plus mauv
aise, mais s'améliorait rapidement au- point de devenir meilleure que 368 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
-celle des souris normales au 4e essai. La mobilité spontanée cependant,
diminuait progressivement (moins de répétitions, limites de diff
érences individuelles rapprochées). Le progrès n'a été ici, en somme
qu'apparent, puisqu'il s'accompagna d'un abaissement de niveau.
Une descente correcte ne serait ici qu'une expression de tendances
psychomotrices primitives. "A. G.
348. — E. G. TOLMAN. — Backward elimination of errors in two
successive discrimination habits (Élimination à rebours des erreurs
dans deux habitudes successives de discrimination) . — Un. of Cal.,
VI, 9, 1934, p. 145-152.
Rose avait constaté sur 4 rats, qui devaient apprendre à traverser
successivement 2 boîtes de discrimination blanc-noir, que la 2e était
apprise plus vite que la lre (v. An. Ps., 1931, n° 408). T. a répété
l'expérience en changeant l'ordre des clartés correctes (noir, blanc)
et la nature de la punition (cul-de-sac au lieu de tape sur le nez).
Chacun des 4 rats a appris la 2e boîte nettement plus vite que la
lre. Gomme dans les labyrinthes, la proximité (spatiale, temporelle ?)
du but favorise l'apprentissage. G. D.
349. — B. F. RI ESS. — Limits of learning ability in the white rat
and the guinea pig (Limites des possibilités d'apprentissage chez le
rat blanc et le cobaye). — Genet. Ps. Mon., XV, 4, 1934, p. 303-368.
Les expériences dont l'auteur présente les résultats font partie
d'une série de recherches entreprises à l'Université de Columbia,
dans le but de comparer entre elles les capacités d'apprentissage de
différentes espèces animales, éprouvées par les mêmes techniques.
Comme Shuey travaillant sur le chat {An. Ps., 1931, n° 417), R. a
employé la boîte de Jenkins, dans laquelle la solution du problème
consiste essentiellement dans le fait d'appuyer sur une ou plusieurs
touches (ou petites plates-formes sur le sol même de la cage) pour
provoquer l'ouverture de la boîte contenant la nourriture ; une
simple modification du nombre et des touches utiles (déterminée par
des modifications de circuits) permet de varier à volonté la complexité
des problèmes.
Les cobayes (20 sujets) ont appris plus rapidement que les rats
(35 rats blancs mâles) à provoquer l'ouverture de la porte par l'e
nfoncement d'une seule touche, le critère d'apprentissage étant la
réussite dans 9 essais sur 10 épreuves consécutives (1er critère). Mais
ils n'ont réussi qu'exceptionnellement le problème impliquant l'e
nfoncement de 2 touches, et les succès n'ont jamais excédé 4 essais
sur 5 (2e critère) ; tandis que dans cette 2e situation l'apprentissage
des rats a été couronné de succès dans 33 % (1er critère) ou 58 %
(2e critère) des cas. Pour les rats eux-mêmes l'enfoncement de 3 tou
ches n'a pu être maîtrisé.
Dans les 2 cas la dispersion des résultats a été élevée, mais se
trouve sensiblement diminuée par l'élimination de quelques cas
individuels.
Comparées aux résultats obtenus sur le chat dans des conditions
tout à fait analogues, les données de ce travail placent extrêmement PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 369
T)as les limites d'apprentissage pour les 2 groupes de rongeurs consi
dérés. A. B.-F.
350. — M. H. ELLIOTT. — The effect of hunger on variability of
performance (L 'effet de la faim sur la variabilité du comportement).
— Am. J. of Ps., XLVI, 1, 1934, p. 107-112.
On a remarqué chez des rats affamés une tendance, dans un
appareil à choix multiple, à emprunter une voie de préférence aux
autres, et ceci indépendamment du fait que tous les choix sont
récompensés. La variabilité du comportement du rat dans ces essais
successifs est d'autant moins grande que l'état de jeûne a été plus
poussé, l'effet n'étant pas réversible : pour l'animal remis à un régime
alimentaire normal, la variabilité n'augmente plus. A. B.-F.
351. — G. M. PETERSON. — Mechanisms of handedness in the rat
(Mécanismes de la prévalence d'un membre chez le rat). — Comp.
Ps. Mon., 9, 16, 1934; 66 pages.
On trouve chez les rats à peu près un nombre égal de droitiers et
de gauchers et un nombre moindre d'ambidextres. On le prouve en
observant la manière dont l'animal prend sa nourriture avec sa patte,
quand il ne peut l'atteindre directement avec la bouche, ou la façon
dont il apprend à manœuvrer un levier. L'usage préférentiel d'un
membre est constant pour le même animal dans une même opération,
mais non dans les opérations différentes (il en est de même chez
l'homme).
Des expériences de croisements pendant 1 générations montrent
que cette préférence n'est pas héréditaire (du moins comme caractère
mendélien). Des expériences d'hystérectomie droite ou gauche suivies
de grossesse, ou des observations directes de la position du foetus,
montrent que cette circonstance n'a pas d'action. L'énucléation d'un
«eil n'entraîne pas de préférence du membre opposé.
Les lésions corticales contralatérales sont souvent suivies d'un
transfert durable de la d'un côté à l'autre. On peut dél
imiter une aire dont les lésions, même si elles n'intéressent que 4 %
de l'écorce, sont décisives, tandis que des lésions énormes qui respec
tent cette aire, ne produisent pas de transfert. P. G.
352. — J. BIERENS DE HAAN. — Versuche über die Verwendung
der Kiste als Schemel bei einigen Procyoniden (Recherches sur
Vemploi de la caisse comme escabeau chez quelques procyonidés). — -
Z. f. Ps., CXXXII, 1934, p. 193-216.
Les primates sont-ils les seuls à se servir de caisses comme
escabeaux ? B. de H. a tenté l'épreuve sur 2 « ratons » dont un seul
(Nasua narica) a réussi à manier la caisse. Au début, il a fallu placer
devant lui un appât sous la caisse pour lui suggérer de la soulever et
de la mouvoir. Les premiers succès ont été fortuits. La première indi
cation de solution apparaît à la 35e expérience (10e jour). Mais l'ani-
aml est encore désorienté quand la caisse est changée de place.
C'est seulement au 16e jour (88e expérience) que le problème est
résolu clairement, et l'aptitude s'est conservée après 5 mois d'inter
ruption des exercices.
l'année psychologique, xxxv 21 370 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
L'auteur s'appuie sur cette étude pour discuter la théorie de Köhl
er et pour montrer qu'une solution intelligente n'est pas nécessair
ement soudaine. Elle peut être trouvée par essais et erreurs. La véri
table définition de l'intelligence est la généralisation de ha. solution,
son indépendance finale par rapport aux circonstances accidentelles
de l'expérience. P. G.
353. — K. HERTER. — Dressurversuche mit Igeln. IL Porm-
Helligkeitsdressuren, Farbenunterscheidung, Labyrinthversuche,
Rhythmus und Selbstdressuren (Recherches de dressage chez les
hérissons. II. Dressages à la forme, à la clarté, différenciation des
couleurs ; recherche au labyrinthe ; dressages au rythme et auto
dressages). — Z. für ver. Ph., XXI, 3, 1934, p. 450-462.
Les expériences de dressage ont montré que les hérissons discr
iminaient bien les formes (cercles, croix et combinaisons de croix et
de secteurs), et pouvaient être dressés à choisir (action relative) les-
contours les plus riches.
Des dressages à une clarté (c'est-à-dire une albedo de surfaces
réfléchissantes) ont montré, avec des papiers colorés, que les clartés
respectives de ceux-ci étaient dans les mêmes rapports que pour
l'œil humain doué de vision chromatique. Le dressage aux couleurs
elles-mêmes est parfaitement possible, mais les couleurs doivent
apparaître au hérisson probablement moins saturées que pour l'œil
humain (surtout pour le jaune).
Au labyrinthe, le hérisson montre une capacité d'apprentissage
très semblable à celle du cobaye, parallèlement étudié.
Pour des dressages à une alternance rythmique d'orientations
droites et gauches, le hérisson réussit un peu moins bien que le cobaye.
Enfin, en laissant les animaux libres de choisir une porte à droite
ou à gauche, sans sanction d'un choix ou de l'autre, on constate des
préférences variables avec les individus, incertaines au début, mais
se stabilisant progressivement dans un sens donné (ce que l'auteur
appelle un « autodressage », habitude se prenant spontanément).
H. P.
354. — K. HERTER. — Körpertemperatur und Aktivität beim Igel
(Température du corps et activité chez le hérisson). — Z. für ver.
Ph., XX, 1934, p. 511-544.
En hiver, le hérisson actif a une température réglée à 33°5-35°5,
avec maximum nocturne vers 3 heures du matin et minimum vers
15 heures. En été, la température est plus élevée d'environ 1°. Le
rythme nycthéméral se montre largement indépendant de la tempé
rature extérieure et de la nourriture. Lorsque la chaleur est grande,
ou le froid, la température s'élève notablement jusqu'à 38°. C'est
un abaissement modéré qui accompagne la baisse thermique carac
téristique du sommeil hibernal. Entre 17° et 14°5 (dans le milieu où
se trouve le hérisson), il y a déjà un engourdissement avec hypother
mie (entre 30° et 15°). C'est entre 14°5 et 5°5 que la régulation
thermique cesse complètement (la température du corps étant à
1° au-dessus de la température environnante). Mais au-dessous de
5°5 la régulation reprend, maintenant d'abord un niveau de 60„

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