Comportement des Vertébrés - compte-rendu ; n°1 ; vol.36, pg 315-337

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L'année psychologique - Année 1935 - Volume 36 - Numéro 1 - Pages 315-337
23 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1935
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f) Comportement des Vertébrés
In: L'année psychologique. 1935 vol. 36. pp. 315-337.
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f) Comportement des Vertébrés. In: L'année psychologique. 1935 vol. 36. pp. 315-337.
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des abeilles a montré que la maturité pollinique (en particulier chez
les pavots, la verveine, etc.) s'effectuait au même moment du jour,
régulièrement, et qu'il y avait un rythme régulier de la production
de nectar de bien des fleurs (par exemple Asklepias comuti), variation
rythmique de la quantité produite, et aussi du taux de sucre.
Et les abeilles se conforment à ce rythme pour leurs visites aux
fleurs, ce qui montre la signification biologique de leur mémoire
du temps, établie par les dressages à venir chercher de la nourriture
à une heure définie du jour ou à des intervalles réguliers. II. P.
343. — A. MOLITOR. — Neue Versuche und Beobachtungen an
Grabwespen. VII (Nouvelles recherches et observations sur les
guêpes fouisseuses). — Bi. Zentr., LV, 1935, p. 163-168.
Nouvelles expériences de lâchage, à des distances variables de
leur nid, de Cerceris et de Philanthus (femelles) marqués avec des
couleurs différentes.
A 150 pas de distance 3 individus sur 6 reviennent (50 %), à
250, 5 sur 14 (38 %), à 450 ,1 sur 4 (25 %).
Le retour s'est montré plus difficile pour des Philanthes trans
portés au cours du sommeil. Les faits sont à rencontre de la concep
tion d'un sens d'orientation, d'un « Richtungssinn » mystérieux.
L'Hyménoptère lâché se meut en une direction quelconque
et ne s'oriente qu'à partir du moment où il aborde une région déjà
connue. H. P.
344. — MARGUERITE COMBES. — Observations d'après lesquelles
l'activité des fourmis serait le fait d'une minorité de travailleuses
dans tous les groupements étudiés. — An. Se. N., 10e S., XVIII,
1935, p. 97-102.
Des pourvoyeuses, qui vont chercher du sucre, sont en très
petit nombre, refaisant de nombreux voyages (15 consécutifs pour
une seule fourmi dans un cas).
Un petit nombre d'ouvrières actives pour la promenade des
larves, la construction du nid, la surveillance en cas d'alerte, ou un
déménagement, tel est le fait observé chez des Formica (F. ruf a,
fusca, pratensis). H. P.
f) Comportement des Vertébrés1
345. — F. REINHARDT. — Ueber Richtungswahrnehmung bei
Fischen besonders bei der Elritze « Phoxinus laevis L. » und beim
Zwergwels « Ameiurus nebulosus » Raf. (Sur la perception de
direction chez les Poissons, en particulier le Vairon P. l. et le
Poisson-chat A. n.). — Z. für ver. Ph., XXII, 5, 1935, p. 570-603.
— K. V. FRISCH et S. DIJKGRAAF. — Können Fische die
Schallrichtungen wahrnehmen ? (Les Poissons peuvent-ils perce
voir les directions sonores ?). — Ibid., p. 641-655.
L'auteur, se fondant sur les résultats positifs du dressage auditif
1. V. aussi les n0" 23G, 328, 307, 718, 719. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 316
de ces poissons, a cherché si, après un dressage de ce type, la source
sonore (son pur de 652 v. d. ou bruit d'un trembleur) étant placée
à côté de la baguette à nourriture, on pouvait mettre en évidence
une localisation de la source sonore ; mais il a échoué ; avec le bruit,
l'orientation en direction de la source s'est produite à très petite
distance (10-20 cm.).
Lorsqu'il y a des ébranlements de l'eau accompagnant la prise
de nourriture, le dressage permet de constater l'orientation correcte
vis-à-vis de l'origine des ébranlements, toujours à courte distance,
orientation assurée par la sensibilité tactile tégumentaire (persistant
après exclusion du labyrinthe et des organes de la ligne latérale).
Les expériences ayant été poursuivies dans des bassins où les
réflexions sonores sur les parois représentaient une source de confu
sion et une cause d'erreur importante, Von Frisch a repris la question
en introduisant des sources sonores dans un lac, avec des bateaux,
et les résultats, avec des vairons dressés à s'alimenter auprès des
sources multiples dont on pouvait faire fonctionner l'une ou l'autre,
ont été encore négatifs. H. P. .
346. — M. METFESSEL. — Roller canary song produced without
learning from external source (Chant du canari à roulade réalisé
sans apprentissage fondé sur une source extérieure). — Science,
LXXXI, 1935, p. 470.
Sur 12 canaris nés en cage, 8 mâles et 4 femelles ont été élevés
isolément, protégés de tout bruit extérieur, et leurs chants ont
été enregistrés. Or, sans possibilité d'apprentissage, le chant a
présenté les effets caractéristiques des canaris élevés ensemble.
H. P.
347. — M. PLATH. — Ueber das Farbenunterscheidungsvermögen
des Wellensittichs (Sur le pouvoir de discrimination chromatique
de la Perruche ondulée). — Z. für ver. Ph., XXII, 5, 1935, p. 691-
708.
Par dressage au choix d'une porte entre six, conduisant à la nourr
iture et à paroi marquée par une couleur de la série d'Ostwald, les
perruches ondulées (Melopsittacus undulatus Shaw) se montrent .
capables de distinguer les couleurs, de les différencier des gris,
et aussi, mais moins bien, de différencier des gris d'après la clarté.
Les couleurs de dressage reconnues ont été le jaune, l'orangé,
le rouge, le violet, le bleu, le vert bleu, le vert d'eau, le vert feuille.
En utilisant comme couleurs de comparaison les 24 du cercle
d'Ostwald, on constate d'après la décroissance plus ou moins rapide
du pourcentage des erreurs pour les nuances voisines, que la discr
imination se fait le mieux pour le jaune (n° 2 du cercle) et le vert-feuille
(n° 23), ensuite pour le violet (n° 11), le moins bien pour l'orangé
(n° 5) et le vert d'eau (n° 20).
Mais ces constatations ne valent que dans les conditions d'emploi
des couleurs pigmentaires dans une série choisie pour constituer
le cercle chromatique d'Ostwald.
D'après la distribution dans un spectre des maxima et minima
de différenciation, l'auteur conclut à l'existence de trois groupes COMPORTEMENT DES VERTÉBRÉS 317
de qualités chromatiques apparentées, le groupe central jaune et
vert- jaune, à finesse maxima, et les deux groupes d'encadrement
rouge-orangé et vert-bleu, à finesse minima.
Mais cette conclusion dépasse considérablement les données de
fait, qui sont en somme assez pauvres. H. P.
348. — G. MURCHISON. — The experimental measurement of a
social hierarchy in « Gallus domèsticus » : I. The direct identifi
cation and direct measurement of Social Reflex n° 1 and Social
Reflex n° 2 (La mesure expérimentale d'une hiérarchie sociale
chez G. d. : I. U identification et la mesure directes du Réflexe
Social 1 et du Réflexe Social 2). — J. of gen. Ps., XII, 1, 1935,
p. 3-38. — II. The and inferential measurement
of Social Reflex n° 1 and Social Reflex n° 2 by means of Social
L' identification et la mesure inférentielle du R. s. 1 discrimination (
et du R. s. 2 au moyen de la discrimination sociale). — J. of soc.
Ps., VI, 1, 1935, p. 3-29. — III. The direct and inferential
, measurement of Social Reflex n° 3 (Mesure directe et mesure
inférentielle du R. s. S). — J. of genet. Ps., XLVI, 1, 1935, p. 76-
101. — ■ IV. Loss of body weight under conditions of mild
starvation as a function of social dominance (La perte de poids
corporel, dans des conditions de légère inanition, comme fonction
de la dominance sociale). — J. of gen. Ps., XII, 2, 1935, p. 296-311.
— G. MURGHISON, G. M. POMERAT et M. X. Z ARROW.
— V. The post-mortem measurement of anatomical features
(La mesure des caractères anatomiques). — J. of
soc. Ps., VI, 2, 1935, p. 172-181. — G. MURGHISON. —
VI. Preliminary identification of social law (Identification prél
iminaire de la loi. sociale). — J. of gen. Ps., XIII, 2, 1935, p. 227-
248.
Une expérimentation qui a pour but d'établir des lois sociales
doit d'abord rechercher les éléments communs à toute conduite
sociale, chez tout animal social. M. propose les suivants : Réflexe
social n° 1 (R. s. 1), rapprochement de 2 individus l'un vers l'autre ;
R. s. 2, combat de 2 individus ; R. S. 3, rapprochement sexuel ;
Discrimination sociale n° 1, jugement de la valeur d'un autre par
rapport à soi ; D. s. 2, jugement de la valeur d'un autre par rapport
à un tiers.
Le 1er test consiste à libérer simultanément 2 individus aux
extrémités opposées d'un couloir (appareil A). Le R. s. 1 se mesure
par la vitesse du rapprochement, le R. s. 2 par le nombre de congé
nères vaincus. Toutes les 4 semaines, un schéma fut établi, figurant
les dominances relatives entre 6 mâles. La hiérarchie est complexe
(polygonale) jusqu'à la 28e semaine, puis se simplifie et devient
rectiligne (chaque coq étant dominé par tous ceux de rang supérieur,
et dominant tous ceux de rang inférieur).
Sauf à la 169 semaine (mais peut-on parler de corrélation pour
6 individus ?), il n'y a pas de relation entre le R. s. 2 et le poids
du corps. Il est possible que la dominance, qur s'établit vers la
16e semaine, tende à persister malgré les variations de poids relatif.
R. s. 1 et R. s. 2 varient en raison directe l'un de l'autre. Pour 318 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
le R. s. 2 maximum, la vitesse (et l'énergie cinétique, etc.) du R. s. 1
croît linéairement avec l'âge (de 16 à 36 sem.). Temps, trajet par
couru, avant le R. s. 1, sont aussi fonction du R. s. 2 (linéaire pour
le trajet).
La Discrimination sociale n° 2 est testée dans l'appareil B,
où un animal est libéré à 3 m. 50 de 2 petites cages grillagées conte
nant chacune un individu. Il n'y a pas de corrélation entre la D. s.
et le poids de l'animal préféré. Par contre, on obtient une relation
linéaire entre la D. s. dont un animal est l'objet et son R. s. 2 ; la
corrélation est négative s'il ne s'agit que de mâles, positive si c'est
une poule qui choisit entre 2 coqs (le dominant est préféré). Entre
la D. s. et le R. s. 1, la relation devient linéaire à la 36e semaine.
Le R. s. 3 est mesuré par la fréquence des invites sexuelles.
Pour les femelles qui en sont l'objet, c'est une fonction linéaire
décroissante de leur R. s. 1. Pour les mâles, le temps qui précède
leur R. s. 3 (dans l'appareil A) est une fonction linéaire décroissante
des R. s. 1 et 2 ; la fréquence du R. s. 3 est une fonction linéaire
croissante des R. s. 1 et 2 (malheureusement, le R. s. 3, observé entre
la 20e et la 48e semaine, ne s'est manifesté que chez 3 mâles sur 6,
peut-être à cause du croisement). Enfin, le choix d'un mâle par les
femelles est une fonction linéaire croissante des R. s. 1 et 2 du
mâle. L'observation de divers comportements : la poule favorite,
l'insulte sociale (coq traité comme une poule), l'intégration sociale
(calme des dominants, irritabilité des dominés), indique aussi des
relations linéaires avec les R. s. 1, 2 et 3, mesurables.
Les 6 coqs furent privés de nourriture 48 heures. La perte de
poids est une fonction linéaire des R. s. 1, 2 et 3. Même résultat si
on considère le rapport de la perte de poids à la moyenne des poids
depuis la naissance.
De même que le simple poids du corps, aucune des 47 mesures
effectuées (sur 5 coqs), concernant le sang, les glandes et diverses
dimensions ou relations corporelles, ne montre de corrélation avec
les réflexes sociaux. Gela n'exclut pas la possibilité de facteurs
physiologiques.
Le dernier article fait la synthèse des résultats. Les 3 R. s.,
la D. s. et la perte de poids se sont montrés en relation linéaire
chacun avec les autres ; d'où 20 équations du premier degré, système
réductible à 4 équations. Si on remplace les mesures par les rangs
des individus, on peut aboutir à une seule formule : le classement
des coqs est le même pour les 5 grandeurs étudiées (du moins, il
ne semble pas que M. aboutisse en fin de compte — à grand renfort
de calcul différentiel et de graphiques — à une autre loi). G. D.
349. — W. GRUZE. — Maturation and learning in chicks (Maturation
et apprentissage chez les poulets). — J. of comp. Ps., XIX, 1935,
p. 371-409.
Les poulets éclosent et sont maintenus, dans tous les groupes,
à l'obscurité, sauf pour les tests qui ont lieu en principe toutes les
24 heures. Mais, selon les groupes, le premier test est retardé de 24,
48, 72, 96, 120 heures -r tantôt l'apprentissage dans chaque test est
limité à un certain nombre de coups de bec, tantôt il est illimité. COMPORTEMENT PES VERTÉBRÉS 319
On constate que dans le cas d'apprentissage illimité, la maturation
organique compense rapidement le retard apporté à l'exercice initial ;
il n'en est plus de même quand l'exercice est limité. C'est surtout
sur l'aptitude à viser le grain que a une action. P. G.
350. — S. G. PADILLA. — Further studies on the delayed pecking
Of chicks (Nouvelles études sur le retard du picorement chez les
poulets). — J. of comp. Ps., XX, 1935, p. 413-443.
Les poulets sont élevés à l'obscurité complète et n'en sont tirés
qu'au moment des tests ; ceux-ci comportent tantôt un nombre
illimité, tantôt un nombre strictement limité de coups de bec.
On constate à la fois l'influence de la maturation et celle de l'exercice.
La partie la plus nouvelle du travail concerne des poulets restés
8 à 14 jours à l'obscurité avant le premier test à la lumière. Ils
restent longtemps inactifs, l'activité du picorement se développe
lentement, sous l'influence d'une éducation artificielle spéciale qui
demande des semaines. Cependant, leur état de santé, leur force
et leur poids n'étaient pas inférieurs à ceux des poulets normaux ;
il ne semble pas non plus, d'après le comportement et l'état des
yeux, que leur vision ait souffert. Si après chaque test on les maintient
à la lumière un certain temps (sans leur donner occasion de picorer)
le résultat n'est pas meilleur. Il y a une véritable régression de l'ins
tinct de picorer. D'ailleurs des poulets élevés dans les conditions
normales perdent définitivement un peu de la précision de leur
coup de bec après un séjour de 14 jours à l'obscurité. P. G.
351. — C. S. BRIDGMAN et L. ÇARMICHAEL. — An experimental
study of the onset of behavior in the fetal guinea-pig (Etude
expérimentale de l'apparition du comportement chez des fœtus de
cobaye). — J. of genet. Ps., XLVII, 2, 1935, p. 247-267.
Avant l'apparition d'un véritable comportement, c'est-à-dire de
réponses sensori-motrices impliquant un trajet nerveux, les A. ont
observé des contractions myogéniques des muscles. Le véritable
comportement actif, qui apparaît un peu plus tôt qu'on ne l'a
noté (dans les dernières heures du 25e jour) devance de 10 à 14 heures
l'apparition des mouvements dits spontanés. C'est là Tune des
observations très importantes de cette étude. Le comportement
spontané en dernière analyse serait attribuable soit à des stimulations
proprioceptives, à des pressions résultant de l'opération par laquelle
le fœtus a été extrait, soit à la stimulation de la lumière intense
sous laquelle le fœtus est placé pour être observé. Les premières
réponses sensori-motrices du cobaye fœtal sont précisées et intéressent
la tête et les membres antérieurs. Les A. n'ont pas observé dans le
développement du comportement 1' « individuation » dont parle
Coghill selon lequel le développement se ferait d'un ensemble (pattern)
indifférencié à un élément (réflexe). Ils n'ont pas non plus observé
qu'un ensemble « dominerait » le comportement de l'organisme.
Ils croient que, lorsque de tels ensembles sont observés, leur product
ion est le résultat de la nature du stimulus employé et de la stimu
lation proprioceptive produite par la réponse initiale, c'est-à-dire
de phénomènes périphériques, plutôt que d'un « pattern » existant 320 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
dans le système nerveux central. Le terme réflexe leur semble un
mot descriptif convenable pour les premières réponses du cobaye
foetal et ils n'ont jamais éprouvé le besoin, pour exprimer leurs
observations, d'expressions comme «réponses généralisées, totalement
intégrées, non spécifiques ». A. T.
352. — J. B. ROWLEY et M. M. BOLLES. — Form discrimination
in white mices (Discrimination de la forme chez les Souris blanches)
— J. of comp. Ps., XX, 1935, p. 205-210.
Dans un appareil à deux compartiments, des souris blanches,
préalablement dressées à discerner un carré d'un cercle, font sens
iblement autant de choix corrects quand on leur présente deux
figures plus petites. De même, l'effet de l'apprentissage persiste
quand on passe de figures noires sur fond blanc à des figures blanches
sur fond noir. P. G.
353. — G. P. STONE, R. G. BARKER et M. I. TOMILIN. —
Sexual drive in potent and impotent male rats as measured by
the Columbia obstruction apparatus (Mesure, dans Vappareil
d'obstruction de Columbia, de la tendance sexuelle chez des rats
mâles « puissants » et « impuissants »). — J. of genet. Ps., XLVII,
1, 1935, p. 33-48.
Les A. ont cherché à déterminer l'importance de la « capacité »
et de 1' « incapacité » sexuelles en ce qui concerne la force de la
tendance sexuelle mesurée dans l'appareil d'obstruction de G. (une
grille électrisée sépare le compartiment initial du compartiment
terminal où se trouve une femelle mûre). Par capacité, les A. enten
dent seulement le fait que dans un test préliminaire et à l'époque
de ce test un mâle mis en présence d'une femelle se livre à une
activité copulatrice, tandis que le rat dit impuissant se contente
dans les mêmes conditions de flairer la femelle sans tenter l'accou
plement. Sur une population de 55 mâles, 24 ont copule, 31 non.
Ils ont alors été placés dans l'appareil d'obstruction. Le groupe
des copulateurs a exécuté un beaucoup plus grand nombre de
franchissements que le groupe des non-copulateurs. Cependant,
de si grandes différences individuelles se sont montrées dans chaque
groupe, qu'il est impossible sur la base de la capacité ou incapacité
copulatrice de prédire si un rat donné franchira ou ne franchira
pas fréquemment la grille. Néanmoins, dans l'étude de l'impulsion
sexuelle, il faudrait toujours tenir compte de ces facteurs de capacité
et d'incapacité sexuelles et si les études antérieures sont un peu
équivoques, cela viendrait de ce que ces facteurs n'ont pas été
suffisamment contrôlés. A. T.
354. — J. R. SLONAKER. — Sex drive in rats (Impulsion sexuelle
chez les rats). — Am. J. of Ph., GX, 1, 1935, p. 176-181.
On sait que les rattes, au cours de leur vie sexuelle, manifestent
rythmiquement une recrudescence d'activité synchrone de la période
œstrale. L'activité de mâles isolés est uniforme. Si un rat dans sa
cage est à côté de la cage contenant une ratte, la courbe d'activité
du rat tend à suivre le rythme de l'activité de la femelle. Au moins COMPORTEMENT DES VERTÉBRÉS 321
2 facteurs modifient l'activité normale du mâle : 1) une excitation
due à la période œstrale connue sous le nom de « sex drive » ; 2) l'acti
vité augmentée de la femelle provoque un rythme dans l'activité
du mâle. Expériences conduites dans le but de justifier ces possibil
ités. Description de la technique (les rats marchent dans une cage
tournante). Courbes à l'appui. G. V.
355. — G. P. STONE, M. I. TOMILIN et R. G. BARKER. —
A comparative study of sexual drive in adult male rats as measured
by direct copulatory tests and by the Columbia obstruction appa
ratus (Etude comparée de V impulsion sexuelle chez le rat mâle
adulte, mesurée soit par des tests directs d'accouplement, soit par
Vappareil d'obstruction de Columbia). — J. of comp. Ps., XIX,
1935, p. 215-242.
On détermine au préalable la vigueur sexuelle chez le rat mâle
par la fréquence des accouplements avec des femelles réceptives ;
cette mesure résulte d'une série assez compliquée de tests où l'on
cherche à éliminer les influences perturbatrices secondaires et à
obtenir des résultats consistants. Plus tard, ces mêmes animaux
sont placés dans l'appareil d'obstruction de l'Université Columbia,
où, pour rejoindre la femelle, ils doivent traverser une grille eiectrisee.
Les corrélations des deux sortes d'épreuves sont positives, mais
faibles (0,35 à 0,44) ; les auteurs discutent les causes vraisemblables
de ces différences. P. G.
356. — R. L. THORNDIKE. — Organization of behavior in the
albino rat (Organisation du comportement chez le rat blanc). —
Gen. Ps. Mon., XVII, 1, 1935, p. 1-70.
L'auteur a appliqué aux réussites du rat blanc les méthodes
de l'analyse factorielle jusqu'ici réservées à la psychologie humaine ;
il a soumis 6 rats blancs d'environ 60 jours à une série d'épreuves,
4 types de labyrinthe (2 du modèle Warner- War den, et 2 d'un modèle
en élévation), deux boîtes à mécanisme, un appareil à obstruction
du modèle de Columbia pour la mesure de la force des tendances
(la faim), un appareil pour les réflexes conditionnés et une cage
tournante pour examen de l'activité volontaire spontanée.
Les indices de fidélité, par répétition des épreuves, se sont
montrés satisfaisants (supérieurs à 0,70) sauf pour les labyrinthes
en élévation (où ils ont été inférieurs à 0,40), les 32 séries de
mesures (erreurs, temps de parcours, etc.) fournies.
Les intercorrélations par couples de ces 32 séries (992 coefficients
calculés), en majorité positives (85 %) mais relativement faibles
(0,20 en moyenne en mettant à part les intercorrélations pour
les labyrinthes, avoisinant 0,50) ont été utilisées pour la recherche
des facteurs par la méthode simplifiée des centres de gravité de
Thurstone.
Avec trois facteurs, la corrélation résiduelle entre les séries de
mesures comme variables se réduisait assez pour être attribuable
au hasard. De ces trois facteurs, l'un paraît jouer de façon à peu
près exclusive dans les tests de réflexes conditionnés, les deux autres
ayant un caractère plus général et étant hypothétiquement identifiés
l'année psychologique, xxxvi 21 322 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
avec la docilité et une capacité de transfert, dans l'adaptation
aux situations. H. P.
357. — K. S. LASHLEY. — Studies of cerebral functions in learning.
I. The behavior of the rat in latch box situation. II. The mechanism
Of vision (Etudes sur les fonctions cérébrales dans la formation
des habitudes. I. Le comportement du rat dans la situation de la
boîte à mécanismes. II. Le mécanisme de la vision). — - Comp.
Ps. Mon., XI, 1935, n° 52, 42 et 79 pages.
Ces deux mémoires sont consacrés à la discussion expérimentale
de contradictions énigmatiques dans les théories du Learning. L'effet
des lésions est considérable dans certains types d'expériences (laby
rinthes), presque nul dans d'autres (certaines boîtes à mécanismes).
Dans le premier article, on compare l'apprentissage dans cinq sortes
de boîtes à mécanismes ; dans les quatre premières, les rats porteurs
de lésions cérébrales sont inférieurs aux normaux, et d'autant
plus que les lésions sont plus étendues ; mais il n'en est pas de
même dans la cinquième, où aucune différence ne se constate dans
les résultats quantitatifs. L. insiste sur les différences qualitatives
du comportement et montre que la solution des rats opérés est en
réalité de qualité inférieure à celle des normaux.
Dans le deuxième mémoire, il étudie l'apprentissage et le réap
prentissage du discernement de la lumière et de l'obscurité. Les
lésions de l'écorce striée (zone visuelle) ne suppriment les effets de
l'apprentissage antérieur que si elles sont totales. La fonction obéit
à une loi de tout ou rien ; elle est conservée si quelques neurones
sont intacts. Dans la destruction totale de cette zone, entraînant
dégénérescence du corps genouillé externe, le réapprentissage ulté
rieur reste d'ailleurs toujours possible à condition que le thalamus
ne soit pas complètement détruit. Resterait à expliquer pourquoi
les centres sous-corticaux ne paraissent intervenir qu'après la des
truction de l'écorce. P. G.
358. — G. C. DREWS. — The effects of mixed incentive on the
behaviour Of rats (Les effets d'un mobile mixte sur le comportement
des rats). — Br. J. of Ps., XXVI, 2, 1935, p. 120-134.
Les nombreuses recherches effectuées, surtout aux États-Unis,
sur les divers effets de la récompense et de la punition dans les
expériences ayant pour objet l'apprentissage chez les rats ont donné
lieu à des discussions sur le rôle effectif du résultat final de la conduite.
On sait que Thorndike s'est vu obligé de reviser sa fameuse Loi de
l'Effet. Reprenant les recherches de Warden et de Nissen, D. s'est
proposé de préciser l'effet du mobile mixte consistant dans l'action
simultanée de la nourriture et d'un son très intense. Les résultats
de ces expériences conduites avec beaucoup de rigueur (groupes
de comparaison dressés pour l'action isolée de ces motifs, etc.)
sont surprenants. Dans les premiers essais consécutifs à la mise en
jeu du motif mixte, le comportement des rats est varié, mais, dans
la suite, la durée de leurs performances est plus brève. P. K.
359. — YUEH TANG. — On the development of different placing
reactions in the albino rat (Sur le développement de différentes DES VERTÉBRÉS 323 COMPORTEMENT
réactions d'attitude chez le rat blanc). — Chinese J. of Physiology,
IX, 4, 1935, p. 339-346.
Après Rademaker qui a décrit diverses réactions d'attitude chez
le chien, certaines paraissant être d'origine tactile et d'autres d'origine
proprioceptive, et après Bard et Brooks qui ont montré le contrôle
cortical Ioc9lisé de ces réactions chez des chats et des rats, l'auteur,
a examiné Tage d'apparition des 5 réactions décrites par Rademaker :
sur 52 rats, le début d'apparition a toujours été postérieur à la
première semaine, et compris, en moyenne, entre 11 et 18 jours avec
variabilité individuelle moyenne élevée (7 jours) ; l'apparition des
réactions des pattes antérieures est plus précoce que celle des pattes
postérieures. H. P.
360. — TH. MC CULLOCH. — The selection of the intermediate of
a series of weights by the White rat (La sélect ion des intermédiaires
dans une série de poids par le rat blanc). — J. of comp. Ps., XX
1935, p. 1-12.
Des rats sont dressés à distinguer un poids de 75 grammes d'un
poids de 150 grammes d'une part et d'un poids de 25 grammes
d'autre part. Dans les expériences critiques, ils ont affaire à des
couples de poids de 75-150 d'une part et de 150-262,5 d'autre part.
Enfin ils sont remis en présence des couples primitifs. L'expérience
montre l'existence d'une double tendance au choix absolu d'une
part, au choix relatif d'autre part (c'est-à-dire au choix du poids
intermédiaire indépendamment des valeurs absolues). P. G.
361. — E. A. RUNDQUIST et W. T. HERON. — Spontaneous acti
vity and maze learning (Activité spontanée et apprentissage du
labyrinthe). — J, of comp. Ps., XIX, 1935, p. 297-311.
Y a-t-il corrélation entre l'aptitude à apprendre le labyrinthe
et l'activité générale ? Les travaux antérieurs ayant donné des
résultats confus, R. et H. ont repris ce problème. On compare l'acti
vité, mesurée dans des cages à révolution pendant une certaine
période, et l'élimination des erreurs dans le labyrinthe. Pour avoir
des résultats plus nets, on s'est adressé d'une part à deux colonies
de rats sélectionnés positivement et négativement au point de vue
de l'activité générale pendant 17 générations, d'autre part à deux
autres groupes sélectionnés pour l'aptitude au parcours de labyrinthes
pendant 4 générations. Les « actifs » sont supérieurs dans l'étude
du labyrinthe, mais surtout plus sensibles à la motivation ; leurs
progrès sont affectés beaucoup plus que ceux des « lents » par la
réduction do valeur de l'appât. P. G.
362. — E. E. EVER ALL. — Perseveration in the rat (La persévé-
ration chez le rat). — J. of comp. Ps., XIX, 1935, p. 343-369.
On fait apprendre à des rats un labyrinthe en T à deux branches
transversales inégales ; dans un groupe on va'jusqu'à 95 % de choix
corrects pendant 4 jours consécutifs, dans d'autres, on pousse jusqu'à
l'obtention du même résultat pendant 12 jours consécutifs. On
change alors la position du but ; dans le nouvel apprentissage, certains
groupes reçoivent un choc électrique à l'entrée du carrefour ; cette

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