Comportement des Vertébrés. - compte-rendu ; n°1 ; vol.41, pg 373-400

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L'année psychologique - Année 1940 - Volume 41 - Numéro 1 - Pages 373-400
28 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1940
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f) Comportement des Vertébrés.
In: L'année psychologique. 1940 vol. 41-42. pp. 373-400.
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f) Comportement des Vertébrés. In: L'année psychologique. 1940 vol. 41-42. pp. 373-400.
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f) Comportement des Vertébrés ■
321. — P. V. SCHILLER. — U m weg versuchen an Elr it zen (Expér
iences de détour sur des vairons). — Z. f. Tierps., V, 1942-43,
p. 101-130.
Les vairons (Phoxinus lœvis) s'habituent facilement à passer,
pour prendre la nourriture offerte au bout d'un crochet, d'un compart
iment dans un autre qui est séparé en partie du premier par une
plaque de verre.1 Le temps diminue très vite, que l'ouverture soit
en haut, en bas, à droite, à gauche, etc L'alternance des épreuves
de détour en sens inverse exclut les facteurs kinesthésiques d'orienta
tion et les habitudes de position.
On -complique le problème avec deux cloisons de verre à angle
droit, en forme de T, qui divisent l'aquarium en trois comparti
ments. Les poissons apprennent à passer du premier dans le troi
sième en traversant le second, et inversement. La courbe d'apprentis
sage montre un progrès brusque. Mais une troisième cloison de verre
(deux T perpendiculaires l'un à l'autre) fait de l'aquarium un véri
table petit labyrinthe ; l'apprentissage est lent, la courbe est en dents
de scie très prononcées ;,les retours en arrière sont fréquents ; la
structure ne paraît pas comprise.
Par contre les variations dans la position de l'obstacle à contour
ner ne créent pas de difficulté sérieuse. Il y a une véritable transposir
tion des solutions acquises. Il en est de même dans des variations de
la forme des obstacles. Enfin les combinaisons de plusieurs de ces
obstacles exigent sans doute plus de temps, moins cependant que
n'en demanderaient au total les problèmes partiels dont le nouveau
problème est composé.
Les poissons apprennent vite à prendre le chemin le. plus court
quand deux détours de longueur différente peuvent tous deux mener
au but.
L'auteur examine différentes définitions de l'intelligence et se
rallie à celle de W. Köhler : l'intelligence est l'apçrception de
structures. Cette faculté lui semble très largement répandue dans
le monde animal.
Ce qu'il y a de plus original dans son travail est l'emploi systémat
ique de la. méthode de l'apprentissage aller et retour, qui prouve,
selon lui, la transposition des structures. Mais en fait les sujets neufs
^résolvent souvent le problème du retour aussi facilement que les
autres. Peut-on alors parler de transposition d'une habitude acquise ?
P. G.
322. — MARIA BERWEIN. — Beobachtungen und Versuche über,
das gesellige Leben von Elritzen (Observations et recherches sur
la vie sociale des Vairons), f— Z. für ver. Ph., XXVIII, 1941,
p. 402-420.
Si on met au voisinage d'une bande de Vairons un de ces poissons
isolés, on verra ce dernier, soit s'enfuir s'il est plus jeune et plus petit,
les autres le poursuivant pour le manger, soit se mettre à la poursuite
de l'essaim qui s'enfuit, s'il est plus vieux et plus gros, soit enfin, s'il 374 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES,
est de même1 taille, à quelques millimètres près (de la même anirée,
comme âge) s'agglomérer à la bande de ses congénères.
La privation de cerveau antérieur ne modifie pas ces compor
tements.
Dans la bande le mâle le plus fort est le chef et a seul la livrée
de parade. H. P.
323. — H. SEITZ. — Die Paarbildung bei einigen Cichliden. I. Die
Paarbildung bei Astatotilapia strigigena. Pfeffer (La pariade
chez quelques cichlidiens. I. La pariade chez A., s.). — II. Die bei Hemiehromis bimaculatus (La pariade chez
H emichr omis bimaculatus). — Z. f. Tierps., IV, 1940-41, p. 40-84
et V, 1942, p. 74-101. - •
Les cichlidiens sont un matériel de choix pour cette étude.
Lorsqu'on met dans un aquarium deux mâles en état de maturité
sexuelle, ils s'approchent l'uni de l'autre et, en quelques secondes
prennent la « parure nuptiale », due à l'expansion de systèmes
complexes de chromatophores qui modifient la coloration des tégu
ments. En même temps, ils prennent des attitudes d'intimidation qui
peuvent conduire au combat. Si l'un des adversaires prend la fuite,
il perd aussitôt la parure nuptiale.
Le mâle prend les mêmes attitudes, au début, à l'égard de la
femelle ; mais aux manœuvres d'intimidation succède une nouvelle
féaction (Fegebalz) ; le mâle, au lieu de se placer parallèlement au
partenaire, a le corps incliné à/45° et balaye par dés mouvements
rapides le sable du fond, y creusant une sorte d'excavation; la
femelle répond à cette invitation en suivant le mâle (elle change à ce
moment de coloration). Le mâle là conduit ainsi de place en place ;
une fois la place définitive trouvée, il fouille davantage le sol, il
se glisse sous la femelle, la frappe de la tête dans la région de l'orifice
génital ; les deux animaux décrivent des cercles l'un autour de
l'autre, puis émettent, simultanément, les oeufs et le sperme. La
femelle prend ensuite dans sa bouche les œufs fécondés ; elle fuit,
poursuivie par le mâle, mais ne se laisse plus à ce moment, approcher
par aucun poisson.
Ces comportements ont été l'objet d'une analyse expérimentale
intéressante. Le rôle de. la vue est démontré par des expériences
où les deux partenaires sont séparés par une cloison de verre et par
celles où un mâle se montre agressif à l'égard de sa propre image reflé
tée par un miroir.
Un mâle en état d'infériorité et qui ne prend pas la coloration
nuptiale est traité comme une femelle, tant qu'il reste immobile.
C'est l'ensemble de la parure nuptiale et du comportement agressif
qui déclenche l'attaque. La parure sexuelle persiste' chez le mâle
soumis à la narcose, mais il reste immqbile ; un individu ainsi préparé,
présenté dans une enveloppe de celluloïd, provoque d'abord les
attitudes d'intimidation, puis les invitations sexuelles, enfin l'a
ttaque ; l'alternance des deux dernières attitudes peut se prolonger
pendant un quart d'heure. Le mâle ne peut distinguer le sexe de son
partenaire que par son comportement, qui devient ambigu dans le
conflit de l'immobilité et de la parure sexuelle. L'enlèvement des .
DES VERTÉBRÉS 375 COMPORTEMENT
nageoires dorsales (qui sont un élément de l.a parure nuptiale)
diminue l'agressivité des autres mâles. Un éclairage rouge mono-
chromatique, qui atténue l'effet de la coloration des téguments, agit
dans le même sens.
Des « attrapes » grossières, maintenues en position parallèle au
corps du partenaire, suffisent à provoquer son attitude agressive.
Si l'on ébauche, avec l'attrape, le mouvement de suivre, on obtient
les réactions de provocation sexuelle (Fegebalz).
On peut obtenir des réactions avec des poissons morts (à condition
que l'aspect du tégument ne soit pas modifié), avec des modèles
artificiels plats ou en relief, pisciformes ou rectangulaires, elliptiques,
circulaires. Mais les résultats sont différents avec des mâles élevés
en groupe ou dans l'isolement (les petits sont enlevés de la bouche
de la mère au 9e jour). A l'âge de 73 jours, ils commencent à réagir
à diverses attrapes (avant la maturité sexuelle). Les réactions des
jeunes poissons élevés en groupe sont bien plus sélectives que celles
des isolés ; ceux-ci se laissent tromper par des attrapes plus gros
sières ; leurs réponses correspondent au « schéma » purement instinct
if du partenaire, tandis que, dans la vie du groupe, il s'est différencié
par un conditionnement progressif, du moin.s en ce qui concerne la
provocation des attitudes sexuelles.
Les réactions innées sont déclenchées par des caractères qui
agissent isolément et additionnent leurs effets ; plus ils sont nom
breux, plus la réaction est intense et précise. Au contraire les réactions
acquises, qui se différencient à partir des réactions primitives, dépen
dent de qualités de complexes, et l'absence d'un des éléments suffit
pour inhiber les autres ; ainsi s'explique l'échec des expériences avec
les attrapes chez les animaux qui ont acquis une certaine expérience.
Une deuxième série de reclïerches a été pourvuivie sur un autre
cichlidien, Hemichromis bimaculatus. Les préliminaires de la pariade-
diffèrent par certains détails de ceux que l'auteur a décrits chez
Astatotilapia. La ponte et la fécondation sont précédées de démonstrat
ions qu'il interprète comme actes symboliques.
L' Hemichromis attaque tous les mâles et même des poissons
-d'autres espèces, même s'ils ne présentent pas de parure nuptiale ; .
l'agression commence souvent sans les préliminaires ordinaires.
Des attrapes grossières, rectangle plat, sphère, sont attaquées lorsque,
faute d'autres adversaires, le seuil de la réaction tend à s'abaisser.
■Quand le poisson attaque une sphère argentée pendue à un fil, les
coups qu'il lui porte lui communiquent des mouvements ; ceux-ci ont
le même effet sur l'agresseur qu'une réplique active de l'adversaire;
on réussit encore mieux avec un rectangle plat, plus mobile sou$
les impulsions qu'il reçoit. Une coloration rouge d'une certaine partie
de l'attrape déclenche des attitudes sexuelles, qui se transforment
bientôt en attitudes agressives, parce que l'attrape ne répond pas à
ces avances d'une manière adéquate. Les mouvements, dans ces
cérémonies symboliques, ont encore plus d'importance que la
coloration. ( .P. G.
324. — R. COU J ARD. — L'évolution de la glande testiculaire des
Blennies. — Sur l'existence d'une glande testiculaire et d'une ■
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES ' . 376
glande gériitale chez lés Gobies. — B. B., CXXXV, 1941„
■'. p. 371-373 et 570-574.
La glande génitale des Blennies mâles, annexe du testicule, donne
une sécrétion qui sert à agglomérer les œufs à filaments pondus par
les femelles accourues à l'appel du mâle ; lié à la présence de cette
glande, un comportement spécial et adapté se manifeste : le mâle
creuse un canal dans la masse des œufs et va s'y rouler en sécrétant.
La même convergence entre l'instinct et la formation organique
glandulaire se rencontre chez les Gobies. H. P.
325. — PIERRE RE Y. — Sur le déterminisme du comportement
sexuel du Crapaud mâle {Bufo vulgaris Laur.). — B. S. Z., LXIV,
1941, p. 191-197.
R. distinguera phase d'agression précopulatoire de l'accouplement
proprement dit.
Cette première réaction a un déterminisme visuel, déclenchée par
la vue de la femelle en mouvement (ou même de mâles, de grenouilles),
mais les crapauds aveuglés saisissent les femelles venant à leur
contact (le contact dynamique agissant seul, à moins qu'il porte sur
la face interne des membres antérieurs et la poitrine d'où part
l'incitation au réflexe d'embrassement).
L'accouplement est déclenché par une sensation du ppuce et du
2e doigt rencontrant une surface déprimable (une vessie de caoutchouc
demi-gonflée par exemple). H. P.
326. — L. T. EVANS et M.L. GLAPP. — The relation of thyroid
extract to territorial behavior and to anoxemia in Anolis caroli-
nensis (La relation de Vextrait thyroïdien au comportement terri
torial et à Vanoxyhémie chez ' Anolis carolinensis ) . — J. of
comp. Ps., XXIX, 1940, p. 277-281..
Ce lézard de la Caroline attaque les congénères étrangers qui
entrent dans son domaine (en captivité, dans sa cage). Des injections
d'extrait thyroïdien diminuent la latence de cette réaction et aug
mentent sa fréquence; elles augmentent la combativité (mesurée
sur une échelle conventionnelle). Le traitement augmente aussi le
métabolisme, car les animaux injectés meurent plus vite que les.
témoins dans une atmosphère confinée. P. G.
327. — M. METFESSEL. — Relationships of heredity and environ
ment in behavior (Rapports entre l'hérédité et le milieu dans lé
comportement). — J. of Ps., X, 194Ö, p. 177-198.
Expériences sur le dressage des oiseaux. L'auteur forme trois
groupes ; oiseaux isolés un à un, oiseaux placés dans une cage où se
trouve un stimulus sonore ; en présence de variantes du
même stimulus sonore. — ' On enregistre les chants de ces différents
groupes et on constate que dès la 16e semaine le canari reproduit
tous les thèmes mélodiques propres à son espèce. Là même où
l'oiseau est soumis à un dressage les nouvelles variantes apprises ne
détériorent en rien le chant primitif qui demeure intact.
I. L. COMPORTEMENT DES VERTÉBRÉS 377
328. — EMILE HOUSSE. — Les oiseaux de proie du Chili. Essai
éthologique. — An. Se. N., 11e série, III, 1941, p. 1-96.
L'auteur continue une revue des nombreuses espèces d'oiseaux
de proie chiliens, avec des notes sur les caractéristiques sensorielles
et affectives (solitaires ou sociables, apprivoisables ou irréductibles,
plus ou moins féroces, etc.).
Le Petit-Duc n'est pas exclusivement nocturne, il chasse même
de jour, son ouïe très fine lui permet de percevoir à 10 mètres le
trottinement d'un petit rongeur.
La Chouette effraie réussite trouver son perchoir même au soleil;
facilement apprivoisable, elle peut vivre en bonne harmonie avec des
chats.
La Chouette mineuse est le plus diurne des nocturnes.
H. P.
329. — G. WARNKE. — Akinese und Druekinstinkt bei der Wald
sehneppe (Akinésie et instinct de pression chez la bécasse). —
Bi.Zent., LXI, 1941, p. 162-182.
Chez la bécasse capturée, on provoque très bien l'akinésie, caract
érisée par une absence complète de mouvements avec flexibilité du
eprps, les yeux restant ouverts. Cet état est très analogue à l'état
spontané de la bécasse s'aplatissant contre terre, immobile, les yeux
ouverts, par un instinct d' « auto-compression ». L'origine psychique
dans les deux cas doit être analogue. . H. P.
330. — , E. PLATZ. — Wahrnehmung und Erinnerung bei der
Futterwahl von Vögeln (Perception et Souvenir dans le choix de
la nourriture chez les oiseaux). — Z.-f. Tierps., III, 1939, p. 1-29.
On donne à des chardonnerets et à des pinsons le choix entre
neuf espèces de grains que l'on oppose deux à deux. L'ordre de préfé
rence est très variable d'un jour à l'autre ; il dépend non seulement de
la satiété spéciale qui résulte d'une alimentation monotone dans
la période qui précède l'expérience, mais de la manière dont les1
grains sont présentés ; deux grains ou deux tas de grains, placés sur
un support ou sur la table, mélangés ou non à une troisième sorte de
grains, etc. On peut neutraliser l'influence de la qualité par celle
de la quantité. On a pu dresser les oiseaux à reconnaître l'aliment
préféré par la couleur de là boîte où il était caché.
Dans d'autres expériences, les signaux de reconnaissance sont
des plantes desséchées sur lesquelles on fixe les boîtes (identiques)
contenant les grains ; on obtient 80 % de choix corrects, avec géné
ralisation spontanée, à des plantes de même espèce, de la connais
sance acquise d'un exemplaire- déterminé ; cependant, opposée à un
exemplaire inconnu de même espèce, la plante familière est plus
souvent choisie, si le dressage l'a rendue positive, plus souvent
rejetée, s'il l'a rendue négative. Il semble donc que l'attraction des
oiseaux par certaines plantes repose sur l'expérience et non sur un
schéma inné.
On peut se servir de plantes artificielles pour étudier la perception
des relations. Quand l'oiseau a appris à choisir le modèle à quatre
branches et non le modèle à six branches, on lui offre le choix entre 378 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
des modèles à quatre et à deux branches. Les résultats semblent
prouver que les chardonnerets sont capables d'un choix absolu;
ils sont indécis pour les pinsons. D'autres expériences portent sur le
souvenir libre. On place deux sortes de grains dans des boîtes iden-
' tiques ; on conclut à l'existence d'un souvenir libre, si l'oiseau ayant
ouvert par hasard la boîte qui contient des grains de valeur médiocre, -
n'y touche pas et va aussitôt ouvrir l'autre boîte. Il paraît possible
chez certains oiseaux. Chez d'autres, la tendance à picorer immédiate
ment dans la boîte après l'avoir ouverte a contrarié le dressage.
L'inversion des signaux montre la persistance de leur signification,
qui ne cède que lentement à l'influence de nouvelles expériences.
P. G.
331. — N. TINBERGEN. — Die Uebersprungbewegung (Le mou
vement substitué). — Z. f. Tierps., IV, 1940, p. 1-40.
Quand un oiseau en rencontre un autre de même espèce à la
limite de son territoire personnel, il prend une attitude agressive.
Mais si le combat n'a pas lieu, il est remplacé parfois par des attitudes
singulières : par exemple, l'oiseau fait, à vide, le geste de becqueter
quelque chose par terre. T. décrit unév grande variété de ces attitudes,
en apparence dépourvues de sens, chez des oiseaux, chez des pois
sons, etc. Elles appartiennent par leur origine à des fonctions diverses
(préhension d'aliments, nettoyage de la surface du corps, manifesta
tions sexuelles, couvade, construction ou occupation du nid, etc.).
Elles sont déclenchées par différentes situations, par exemple par
le conflit entre deux impulsions antagonistes : agression et fuite,
dont le développement dépend lui-même de conditions extérieures
(l'attitude d'un animal de celle de son partenaire). Dans
d'autres cas, le mouvement répond à une excitation dont la .réaction
spécifique est épuisée, ou se substitue à une réaction qui vient
d'atteindre trop brusquement son but sans dépenser toute l'énergie
accumulée dans la préparation. Dans une chaîne de réactions instinc
tives dont chaque anneau dépend d'un stimulant externe particulier
fourni par le partenaire, ces mouvements peuvent remplacer ceux
dont le stimulant propre fait défaut, alors que la tension interne pro
voquée par les stimulants précédents subsiste. Dans tous ces cas,
oh relève une circonstance commune : présence d'une impulsion dont
•la réaction normale est impossible.
Il est plus difficile d'expliquer la forme particulière que prend la
réaction substituée. Elle appartient toujours au répertoire instinctif
inné de l'espèce. Elle a un caractère de spontanéité, puisque le stimu
lant externe spécifique fait défaut (dans le geste de picorer, il n'y a
en réalité rien à picorer ; dans le geste de se gratter, il n'y a pas d'irr
itation locale du tégument, etc.). D'ailleurs, elle est indépendante
de conditions humorales actuelles, (les actes qui proviennent du cycle
sexuel ont lieu même en dehors des périodes d'activité sexuelle).
Enfin ces actes ne sont pas des reproductions exactes de ceux qu'on
peut considérer comme leurs modèles (l'oiseau qui fait mine de mang
er, ne regarde pas par terre, mais fixe de l'œil son adversaire).
Quelle est la fonction de cet acte ? Il est en principe une décharge,
la résolution d'une tension. Il peut avoir une fonction secondaire COMPORTEMENT DES VERTÉBRÉS 379
de communication, devenir un rituel susceptible d'agir sur on parten
aire. Il est remarquable que cette fonction de signification appar
tienne surtout à des gestes déformés, qui ne peuvent être confondus
avec les originaux. Ce rôle implique l'existence, chez l'animal témoin
du mouvement, d'un schéma instinctif qui le rend sensible à cette
signification. Ritualisation et schéma ont dû se développer solidair
ement au cours de l'évolution.
D'autres manifestations ont sans doute une autre origine; ce
sont des réactions qui s'éveillent et n'auront toute leur portée et
leur forme définitive que plus tard, avec l'appoint d'autres stimula
tions ; des oiseaux ramassent et gardent un instant dans leur bec des
brindilles; plus tard cette réaction se développera en construction
d'un nid. D'autres enfin sont des démonstrations qui mettent en
valeur une partie du corps de l'animal ; cette attitude peut, avoir une
signification secondaire, mais a son origine dans une fonction pri
maire qui en est indépendante (par exemple l'attitude de I'Épinoche
femelle, attractive pour le mâle, est une conséquence mécanique
du gonflement de l'abdomen par le développement des œufs).
P. G.
332. — N. TINBERGEN et D. J. KUENEN. — Ueber die auslösen
den und die richtunggebenden Reizsituationen der Sperrbewegung
von jungen Drosseln (Turdus merula L. et T. e. ericetorum Tur?
ion) (Sur les excitations qui déclenchent et qui dirigent V ouverture da
bec chez les jeunes grives). — Z. f. Tierps., III, 1939-40, p. 37-60.
Dans la réaction primitive, le cou est tendu verticalement vers le
haut, plus tard il est dirigé vers la tête des parents qui apportent
la becquée. 1° Les excitations , qui déclenchent la réaction sont : les chocs sur
le bord du nid, le toucher du bord du bec, un souffle d'air, exception
nellement le cri d'alarme des parents.
Les excitations directrices optiques n'agissent qu'assez tard.
Pour être efficaces, les « attrapes » doivent êti*e présentées dans la
partie supérieure du champ visuel et être comprises entre certaines
grandeurs limites ; la couleur paraît indifférente ; mais le noir est
plus efficace que le blanc. Le déplacement latéral est moins efficace
que le déplacement en profondeur (vers l'oiseau).
2Q Les excitations qui dirigent viennent d'abord de la sensibilité
statique, puis de la sensibilité visuelle. En principe le bec est tendu
vers la partie supérieure de l'attrape ; à hauteur égale, vers Ja partie
la plus rapprochée. Si on présente deux cercles tangents, le plus petit
est prévalent s'il est au-dessus de l'autre ; une simple saillie sur le
pourtour du grand cercle joue le même rôle ; une échancrure a le
même effet ; le jeune oiseau les suit quand on fait tourner l'ensemble
autour du centre du cercle. Il s'oriente aussi sur un point, noir excen
trique dans un disque blanc ou sur un point blanc dans un disque
noir.
Toutes ces expériences de laboratoire ont été confirmées dans des
expériences de plein air sur des oiseaux élevés par leurs parents.
Le contrôle exclut l'hypothèse d'un dressage (d'ailleurs incompatible
avec le détail des faits). Toutes les observations s'expliquent par ■
'

.
380 ANALYSES PIBLIOGRA.PHIQUES
la théorie du schéma héréditaire. La succession du déterminisme
statique et du déterminisme optique ne résulte pas d'un apprentis
sage ; c'est un fait de maturation. P. G.
333. — F. GŒTHE. — Ueber das Anstossnehmen bei Vögeln (Sur
V attitude agressive chez les oiseaux). — Z. f. Tierps., III, 1939-40,
p. 371-373. ..-■■•■.
L'auteur rapporte des exemples de la tendance des animaux
(notamment des oiseaux) à attaquer un de leurs congénères malade,
blessé ou présentant dans son aspect ou dans son comportement
quelque anomalie. Il y voit un instinct de sauvegarde des caractères
de la race ; chez l'homme on observe aussi une hostilité des groupes
à l'égard .' d'individus ■• qui « " se fo*nt '■■ remarquer » par quelque singularité.
'• '■ P. G.
334. — P. KUHLBAUM. — Beobachtungen an einem durch Flus-
seeschwalben (Sterna hirunda) am vertauchten Ei erbrüteten
, und aufgezogenen Silbermöve (Larus argentatus) (Observations
sur une mouette argentée couvée et élevée, après permutation dyun
œuf, par des hirondelles de mer). — Z. f. Tierps., III, 1939-40,
p. 75-84.
. Un couple d'hirondelles de mer a couvé un œuf de mouette substi
tué à ses propres œufs dans le nid. Le jeune oiseau se distingue de ses
congénères parce qu'il est beaucoup moins effarouché par l'homme,
même en dehors du nid ; mais, pris dans la main, il pousse au début
le cri d'alarme qu'eux (il semble avoir perdu cette habitude
plus tard). Nourri par ses parents adoptifs, il mendie dans l'attitude
des oiseaux de sa race, très différente" de celle des jeunes hirondelles.
Il reconnaît de loin ses parents adoptifs à leur voix. Il a été attaqué
par des mouettes adultes alors qu'il venait d'être nourri par les
hirondelles. Celles-ci l'ont élevé jusqu'au 79e jour — durée supérieure
à celle des soins ordinaires des jeunes chez les hirondelles. Un trait
frappant de sa conduite est la tendance à ne pas s'écarter d'une cer
taine région, ainsi que la peur de l'eau. P. G.
335. — K. LORENZ. — Die Paarbildung bei Kolkraben (La pariade
chez les colas). — Z. f. Tierps., III, 1939-40, p. 278-292.
Il y a deux types de pariades : dans la première, le mâle et la
femelle se différencient par les instincts, mais non par le rang,
dans l'autre ils ont les mêmes instincts et leur rôle respectif résulte de
l'établissement préalable d'une hiérarchie dans laquelle la femelle se
classe comme inférieure. L'un et l'autre type se rencontre dansdès
groupes très différents (poissons, oiseaux), aussi bien que dans des voisins.
Si surprenant que paraisse le second type, c'est ce conflit prélimi
naire qui décide, pour chaque individu, quelle est celle des deux séries
d'instincts dont il dispose qui va entrer en action. Gomme l'a bien vu
Craig, l'oiseau élevé dans l'isolement se comporte comme un mâle,
quel que soit sonvsexe ; mais il prend l'attitude de la femelle en pré
sence d'un individu plus fort. Il cherche toujours à sHmposer comme
mâle ; il y réussit ou il échoue suivant qu'il a affaire à un partenaire
inférieur ou supérieur. COMPORTEMENT DES VERTÉBRÉS 381
Pourquoi ne. voit-on pas, alors, dans les conditions naturelles,
d'accouplement d'individus de même sexe ? Dans certaines espèces,
le mâle est plus fort ; chez les mâles inférieurs et chez les femelles
supérieures le développement des gonades est incomplet.
La parure nuptiale du mâle intimide les individus plus faibles
de même espèce ; il intimide les femelles et inhibe leurs instincts
masculins ; c'est seulement ensuite qu'il les attire. En présence des
mâles, la femelle se comporte comme femelle ; en l'absence des mâles,
elle se comporte comme mâle. Dans les espèces où la parure nuptiale
est permanente, elle rend impossible l'accouplement entre mâles.
Chez les animaux ambivalents, le choix du partenaire est le seul
processus qui soit directement sous l'influence des hormones sexuelles.
Dans un groupe naturel nombreux, les mâles ne s'associent qu'à des
individus inférieurs à eux, les femelles qu'à des individus supérieurs
à elles, ce qui est possible si, d'une façon générale, les mâles sont les
pjus forts et les femelles les plus faibles. Dans certaines espèces le
rang se détermine par des cérémonies où la supériorité s'impose paci
fiquement. C'est le cas pour les colas. Les deux oiseaux qui se ren
contrent cherchent à s'en imposer l'un l'autre ; mais l'un d'eux cède,
recule ; l'autre avance. La femelle prend la position de l'accouple
ment. Peu à peu, les deux oiseaux accouplés ne montrent plus ces
relations de subordination ; la femelle ne manifeste plus de timidité.
P. G.
336 — E. SCHÜZ. — Bewegungsnormen des weissen Storchs
(Normes de mouvements de la cigogne blanche). — Z. f. Tierps.,
V, 1942-43, p. 1-36.
S. qui a pu observer et photographier d'une de sqs fenêtres un
et même, plus tard, plusieurs nids de cigognes sur un toit voisin,
donne une description très précise des comportements de ces oiseaux.
Le claquement du bec, accompagné d'attitudes spéciales comme le
renversement de la tête en arrière, le battement des ailes, quelquefois
précédé d'Un sifflement guttural, est l'expression universelle des
«tats d'excitation. D'autres réactions caractéristiques sont les atti
tudes agressives à l'égard d'oiseaux étrangers ; l'expression du bien-
être (secousse du corps et des ailes) ; celle de la peur et du décourage
ment (paralysie et chute) ; la pariade, l'accouplement, qui n'est pas
précédé, comme dans d'autres espèces d'oiseaux, de mouvements
de reconnaissance compliqués : la construction ou plutôt l'entretien
du nid (car les cigognes utilisent généralement des nids déjà ébauchés
ou construits les années précédentes) ; la couvade, l'aération de la
partie du nid qui forme litière. Les jeunes ne reçoivent pas leur
nourriture dans le bec ouvert, mais la prennent par terre où leurs
parents l'ont laissée tomber ; le geste de quémander consiste donc
à picorer par terre ; il provoque, même à distance, chez les parents
la régurgitation de la nourriture qu'ils ont apportée. Les exercices
préalables au vol ne sont pas un véritable apprentissage, mais une
maturation d'une fonction innée. — L'article est illustré de nomb
reuses photographies. P. G.
337. — E. DIEBSCHLAG. — Psychologische Untersuchungen über

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