Compréhension d'un texte et liaisons entre les mots - article ; n°2 ; vol.61, pg 377-395

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L'année psychologique - Année 1961 - Volume 61 - Numéro 2 - Pages 377-395
Summary
We have studied how the original order of words in a text can be reconstructed from an arrangement of these words in a different order. We have investigated hocv far the grouping of these same words by twos or threes can modify the difficulty of reconstruction.
The successful reconstruction of the text is the criterion of the comprehension of significant relations between the words and thus of the comprehension of the ideas in the original text.
We have studied how the linguistic tools, grammatical rules and verbal habits, intervene in the reconstruction of the text. The texts were presented as telegrams : a form with Utile redundancy. The subjects had to reconstruct the telegrams by manipulating words or groups of words written on small cards.
The more the text was broken up, the more difficult ii was. The understanding of the significant relations between words was always superior to the accuracy of the relations established between them in the reconstruction of telegrams fan expanded rewording of the telegrams sup-ported this). We have established the role of the constraint imposed by the customary verbal associations and that of the uncertainty created by equivalence of the role which several words can play in relation to one other word when the syntax does not completely determine the choice.
Résumé
Nous avons étudié comment l'ensemble des mots d'un texte préalablement mis en désordre, peut être reconstitué conformément à son ordre original. Nous avons recherché dans quelle mesure le groupement de ces mêmes mots par deux ou par trois peut modifier la difficulté de reconstitution.
La reconstitution du texte est le critère de la compréhension des relations significatives entre les mots et donc celui de la compréhension des idées du texte original.
Nous avons étudié comment les outils linguistiques, règles grammaticales et habitudes verbales interviennent dans la reconstitution des textes. Les textes étaient présentés sous une forme peu redondante, en télégrammes. Les sujets devaient reconstituer ceux-ci en manipulant les mots ou les groupes de mots écrits sur de petites fiches.
Plus le fractionnement des textes est grand plus grande est la difficulté. La compréhension des relations significatives entre les mots est toujours supérieure à l'exactitude des liaisons établies entre ceux-ci dans la reconstitution des télégrammes (une rédaction développée du télégramme en fait foi).
Nous avons constaté le rôle de la contrainte imposée par les associations verbales coutumières et celui de l'incertitude créée par l'équivalence du rôle que peuvent jouer plusieurs mots par rapport à un autre quand la syntaxe n'apporte pas un élément de décision dans le choix.
19 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1961
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Geneviève Oléron
Compréhension d'un texte et liaisons entre les mots
In: L'année psychologique. 1961 vol. 61, n°2. pp. 377-395.
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Oléron Geneviève. Compréhension d'un texte et liaisons entre les mots. In: L'année psychologique. 1961 vol. 61, n°2. pp. 377-
395.
doi : 10.3406/psy.1961.26820
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1961_num_61_2_26820Résumé
Résumé
Nous avons étudié comment l'ensemble des mots d'un texte préalablement mis en désordre, peut être
reconstitué conformément à son ordre original. Nous avons recherché dans quelle mesure le
groupement de ces mêmes mots par deux ou par trois peut modifier la difficulté de reconstitution.
La reconstitution du texte est le critère de la compréhension des relations significatives entre les mots et
donc celui de la compréhension des idées du texte original.
Nous avons étudié comment les outils linguistiques, règles grammaticales et habitudes verbales
interviennent dans la reconstitution des textes. Les textes étaient présentés sous une forme peu
redondante, en télégrammes. Les sujets devaient reconstituer ceux-ci en manipulant les mots ou les
groupes de mots écrits sur de petites fiches.
Plus le fractionnement des textes est grand plus grande est la difficulté. La compréhension des relations
significatives entre les mots est toujours supérieure à l'exactitude des liaisons établies entre ceux-ci
dans la reconstitution des télégrammes (une rédaction développée du télégramme en fait foi).
Nous avons constaté le rôle de la contrainte imposée par les associations verbales coutumières et celui
de l'incertitude créée par l'équivalence du rôle que peuvent jouer plusieurs mots par rapport à un autre
quand la syntaxe n'apporte pas un élément de décision dans le choix.
Abstract
Summary
We have studied how the original order of words in a text can be reconstructed from an arrangement of
these words in a different order. We have investigated hocv far the grouping of these same words by
twos or threes can modify the difficulty of reconstruction.
The successful reconstruction of the text is the criterion of the comprehension of significant relations
between the words and thus of the comprehension of the ideas in the original text.
We have studied how the linguistic tools, grammatical rules and verbal habits, intervene in the
reconstruction of the text. The texts were presented as telegrams : a form with Utile redundancy. The
subjects had to reconstruct the telegrams by manipulating words or groups of words written on small
cards.
The more the text was broken up, the more difficult ii was. The understanding of the significant relations
between words was always superior to the accuracy of the relations established between them in the
reconstruction of telegrams fan expanded rewording of the telegrams sup-ported this). We have
established the role of the constraint imposed by the customary verbal associations and that of the
uncertainty created by equivalence of the role which several words can play in relation to one other
word when the syntax does not completely determine the choice.Laboratoire de Psychologie expérimentale de la Sorbonne
COMPRÉHENSION D'UN TEXTE
ET LIAISONS ENTRE LES MOTS
par Geneviève Oléron1
Les différentes idées ou significations exprimées par un mes
sage verbal dépendent d'une part du sens de chacun des mots
qui le composent et d'autre part de leurs mises en relation. En
général, l'ordination des mots est déterminée par les significations
présentées, si du moins on respecte les règles de la langue, et elle
l'est d'autant plus que le texte est moins redondant.
L'objet de notre étude est de rechercher dans quelle mesure
la compréhension d'un texte bref est possible lorsque tous ses
éléments (mots, signes de ponctuation), sont mis en désordre. On
pourra dire que le texte ainsi déformé est compris ou compréh
ensible s'il est ou peut être reconstitué par la réordination des
éléments constituants.
Dans cet exposé, nous distinguerons « liaison » et « relation ».
Nous entendons par « liaison » le fait que dans un texte deux
mots se suivent, et par « relation », sous-entendu significative,
le fait que ces deux mots dépendent l'un de l'autre du point de
vue du sens que leur conjonction doit exprimer. Une relation
entre deux mots peut ainsi impliquer une non-continuité stylis
tique ; ainsi, un adverbe peut séparer le sujet du verbe.
Pourquoi se poser un tel problème ? Il nous a paru important
de rechercher comment les contraintes qui dépendent elles-mêmes
des propriétés psycholinguistiques des mots, autodéterminent
leurs relations mutuelles. En fait ce sont les études sur la mémoire
de textes significatifs brefs qui nous ont conduit à rechercher les
facteurs d'organisation des mots entre eux, dans l'hypothèse
extrême où l'on considère l'activité mnémonique comme un
certain stockage. Si au cours de la mémorisation d'un texte
significatif l'activité mnémonique est telle que les mots sont
1. Cette étude a été menée avec la collaboration technique du Centre de
Recherches de Radio et Télévision française et celles de M. Alain Danset et
de Mme Laperrousaz-Florés.
a. psychol. 61 25 378 MÉMOIRES ORIGINAUX
mieux retenus que leurs relations, on se trouve au moment de
l'évocation devant un ensemble de mots dont il faut retrouver
les liens. Cette situation extrême est partiellement vraie comme
le montrent les travaux de Bartlett et de ses disciples qui parlent
de reconstruction.
Nous essayons dans cette étude de rechercher comment un
contexte, ensemble fini de mots inorganisés, impose ses
contraintes dans le rétablissement des relations significatives
entre les mots et permet ainsi la compréhension de ce message
désordonné. Comprendre revient à résoudre un puzzle verbal,
un problème à l'aide d'outils linguistiques acquis que nous
classons grossièrement en trois catégories :
A) Les moyens grammaticaux. — Connaissances des catégories
grammaticales, des règles d'accord, de l'usage de la ponctuation.
B) Les habitudes verbales, — des significations
élémentaires des mots, des associations habituelles de ceux-ci,
du rôle du contexte dans la détermination sémantique des mots.
Comme l'ont montré Howes et Osgood (1954) le sens d'un
mot ambigu est déterminé par le contexte immédiat. Ainsi,
« somme » placé dans la succession — salaire, augmentation,
travail, horaire — prendra le sens « d'argent », par contre, dans la
succession — fatigue, travail, horaire, repos — prendra le sens
de « sommeil ».
C) Les connaissances socio-culturelles, — Celles-ci constituent
le back-ground de tout l'acquis que nous utilisons constamment.
Celui-ci dirige le sujet vers les thèmes significatifs, évocables
d'après les mots, et qui l'aident à la reconstitution du texte.
Les hypothèses que nous avons posées à la base de ce travail
sont alors les suivantes.
1° L'ensemble désorganisé des mots d'un texte implique des
contraintes qui doivent permettre une certaine compréhension
du texte original. Ce travail doit essayer d'en préciser l'étendue.
2° Si la désorganisation du texte n'est pas totale mais partielle»
c'est-à-dire si l'on maintient des liaisons entre les mots (mots
groupés deux par deux ou trois par trois), la difficulté de compré^
hension doit être réduite. En effet, le groupement des mots par
deux diminue de moitié, ou de moitié plus un, le nombre des
groupements et donc l'incertitude, puisque les permutations
possibles entre les mots ou entre les groupements est fonction
du nombre de ceux-ci.
3e Y a-t41 une dépendance étroite entre la « liaison » et la
« relation significative » des mots ? OLÉRON. -rr COMPRÉHENSION D'UN TEXTE 379 G.
4° Les contraintes sémantiques sont-elles dissociables des
contraintes grammaticales ?
5° Nous avons conservé les signes de ponctuation qui indi
quent nous semble-t-il les sous-ensembles possibles du texte.
Leur présence est-elle efficace ?
RÉALISATION DE L'EXPÉRIENCE
A) L'expérience
L'expérience est collective et comprend deux parties, l'une la reconsti
tution d'un texte G et l'autre celle d'un texte R.
Cette reconstitution que les sujets exécutent en même temps mais
individuellement se fait en temps libre. L'expérimentateur distribue le
texte dans une enveloppe sous la forme d'une pile de mots et de signes
de ponctuation ou de groupes de ceux-ci. Ces petites fiches qui portent
ces éléments sont superposées au hasard sans que jamais deux d'entre
elles qui comprennent des éléments contigus dans le texte à reconstituer,
se suivent.
A un signal donné, tandis que l'on déclenche une horloge, le sujet
retire la pile de mots et en prend connaissance en les plaçant un à un
sur la table.
La consigne est la suivante :
« Dans chaque enveloppe, vous trouverez des mots ou des groupes
de mots ainsi que des signes de ponctuation, Votre tâche consiste à
reconstituer le plus rapidement possible une nouvelle présentée sous
forme de télégramme.
« Vous prendez connaissance des mots ou des groupes de mots un
à un, et dans l'ordre où ils se trouvent. Vous commencerez au signal
« Allez ». Vous déposerez les différents éléments sur la table, puis vous
les déplacerez les uns par rapport aux autres jusqu'à ce que vous ayez
reconstitué le télégramme,
« Aussitôt que vous aurez terminé cette reconstitution, vous noterez
l'heure sur la feuille blanche sur laquelle vous recopierez ensuite le tél
égramme.
« Vous indiquerez également sur la feuille le numéro porté sur
l'enveloppe.
« Ceci fait, vous remettrez les mots dans l'ordre où ils étaient au
début (ils portent un numéro d'ordre au verso), et vous vous assurerez
que les éléments sont bien au complet (leur nombre est indiqué sur
l'enveloppe). »
La reconstitution est achevée quand le sujet la considère comme
la meilleure approximation possible du texte original. II écrit alors le
télégramme sous une forme développée. Cette rédaction doit permettre
de mieux juger la nature exacte des relations sémantiques établies entre
les mots et la compréhension. ÎJ80 MÉMOIRES ORIGINAUX
Les sujets ont tous reconstitué les deux textes en commençant par
la reconstitution d'un texte sous forme U ou D et ensuite en effectuant
celle de l'autre texte sous la forme T (voir ci-dessous).
B) Les textes et leurs modalités de présentation : U, D, T
Pour simplifier la tâche des sujets et pour éviter une analyse trop
complexe des résultats, nous avons utilisé deux textes peu redondants
mis sous forme de télégrammes. Ainsi se trouvent supprimés des termes
de liaisons grammaticales, articles, prépositions secondaires, conjonct
ions, etc., mais nous avons conservé la ponctuation.
Les textes R et G ont été extraits d'informations brèves d'un journal.
Chaque texte comporte 20 éléments (mots et ponctuation) pour G et
21 pour R. Ils sont composés de trois sous-ensembles.
Chaque texte a été présenté selon trois modalités : U, D, T.
a) Pour la modalité U, les éléments sont inscrits chacun sur des
fiches distinctes ;
b) Pour la modalité D, les éléments sont groupés deux par deux sur
les fiches conformément à leur position dans les textes originaux. Il
y a deux formes Dx et D2 pour chaque texte selon que le fractionnement
a isolé le premier mot du texte, soit D1} ou les deux premiers mots du
texte, soit D2 ;
c) Pour la modalité T, les éléments sont groupés par trois sur les
fiches. Les fractionnements effectués trois éléments par trois éléments
fournissent trois modalités : T1( T2, T3.
Les piles de ces fiches pour chaque modalité de chaque texte ont été
constituées comme nous l'avons dit au hasard.
Texte G. — Exemple des trois modalités : U, D1; T2.
U Grèves / bâtiment / région / ouest / ; / Vannes / meeting / milliers /
ouvriers / acceptent / trêve / une / semaine / ; / Lorient / préfet /
rétablit / contact / patrons / ouvriers /./ (21 éléments).
Dx Grèves / bâtiment région / ouest ; / Vannes meeting / milliers ouvriers /
acceptent trêve / une semaine / ; Lorient / préfet rétablit / contacts
patrons / ouvriers. / (11 éléments).
T2 Grèves bâtiment / région ouest ; / Vannes meeting milliers / ouvriers
acceptent trêve / une semaine ; / Lorient préfet rétablit / contact
patrons ouvriers /. / (8 éléments).
Texte R. — Commission Marine Marchande constitue délégation
présidée Pelbois. Démarche près Ramadier, rapporter blocage crédits
construction paquebot ligne Atlantique-Nord.
C) La méthode de reconstitution
II nous paraît utile de souligner les caractéristiques particulières
de la méthode utilisée : 1° En effet, dans les conditions décrites ci-dessus,
les sujets manipulent les mots comme des objets ; 2° Dans une certaine
mesure, on élimine les contraintes structurales dues à une présentation OLÉRON. COMPRÉHENSION D'UN TEXTE 381 fi.
graphique des mots qui, même largement isolés et disposés en désordre
sur une vaste feuille, sont plus liés entre eux que dans notre technique
où ils sont tout à fait mobiles les uns par rapport aux autres ; 3° Les
sujets peuvent déplacer les mots comme des jetons, sans pouvoir ni les
oublier, ni les répéter ; 4° Tout nouvel essai d'organisation détruit le
précédent et les structures nouvelles peuvent s'imposer.
D) Les sujets
Ceux-ci sont tous Français, étudiants de première année en psychol
ogie, hommes et femmes.
LES RÉSULTATS
Les reconstitutions des textes télégrammes peuvent être
étudiées en premier lieu en les classant en deux catégories, les
« exactes » et les autres. Sera considérée comme « exacte » toute
réordination qui est conforme au texte d'où sont issus les
éléments.
Nous analyserons plus finement les données en soulignant
qu'une compréhension exhaustive d'un texte implique un certain
ordre et un seul des éléments. Des erreurs de détail peuvent
intervenir qui permettent cependant de saisir les significations
plus générales.
Nous avons donc analysé nos résultats de la façon suivante :
I. — Étude du rétablissement des textes dans l'ordre exact ;
IL — quantitative et qualitative des liaisons des
éléments ;
III. — Étude de la compréhension des textes au niveau des
significations partielles spécifiques et au des
idées générales ;
IV. — - Étude de la durée temporelle de reconstitution, en tant
qu'indice de difficulté.
I. — Étude des reconstitutions des textes
Nous avons fait figurer dans le tableau I les pourcentages
des reconstitutions exactes pour les six modalités de fractionne
ment : U, Du D2, Tj, T2, T3 chacun des textes.
1° Exactitude. — On constate que :
a) Pour la modalité U, il n'y a qu'une seule reconstitution
correcte de la nouvelle R, soit 3,6 % et aucune de la nou
velle G. '
382 MEMOIRES ORIGINAUX
TABLEAU I
Modalités de fractionnement
U D T
U Di D2 Ti T2 T3
Nombre de sujets .. 16 25 35 19 16 23 Nouvelle
G % ordre exact .... 26,3 31,2 43,8 52 65,2 0
Nombre de sujets .. 29 19 15 20 24 24 Nouvelle
R % ordre exact .... 3,6 21 80 40 87,5 66,7
II n'est pas possible de réordonner les textes à partir des
éléments isolés. Les indéterminations dans les mises en relation
des ne sont que partiellement levées par les contraintes
qu'imposent l'ensemble des mots et chacun d'eux.
b) Les taux de réussite vont en croissant quand on passe
des modalités U à D puis à T.
2° Degrés de difficulté et modalités. — II apparaît en compar
ant les taux de réussite selon les différentes formes d'une même
modalité que la difficulté à reconstruire les textes ne tient pas
uniquement à la valeur quantitative du fractionnement du
texte, mais à un autre facteur qui comme nous le verrons est la
« nature des liaisons » à rétablir. En effet, pour la nouvelle G, les
taux de réussite sont bien équivalents en Dx et D2, 26,3 % et
31,2 %, mais il n'en va pas de même pour la nouvelle R où le
résultat en D± (21 %) est très significativement différent de
celui en D2 (80 %) (test du j^ sur les proportions).
Le phénomène est moins évident dans la modalité T pouf
le texte G, mais plus sensible pour le texte R où la différence est
significative au seuil de p = .01 entre T1 et T2. A vrai dire, nous
pensions trouver presque 100 % de réussite en T, quand il n'y
a que 7 ou 8 éléments à réordonner.
Si l'on compare globalement pour la nouvelle G les propor
tions de réussite en D et en T nous trouvons une différence signi
ficative à .02. La réussite selon la modalité D est inférieure à
celle en T. On ne peut en dire autant en R, où la nature des él
éments du fractionnement a joué au hasard comme une variable
systématique et non aléatoire.
3° II est un fait commun pour les deux nouvelles. Les taux de OLERON. COMPREHENSION D UN TEXTE 383 G.
réussite sont plus faibles pour les modalités Dx et TV (tableau I).
L'isolement du premier mot du texte nuit à l'exactitude de
la réordination. Comme on peut le voir dans le tableau II,
cette perturbation n'est pas due uniquement au fait que ce mot
n'a pas été mis au début du texte. Ceci est vrai pour la nou
velle R en U et Tx. L'échec relatif serait dû aussi à l'importance
du rétablissement de la première liaison difficile dans le texte G
comme dans le texte R.
TABLEAU II
% de l'exactitude dans le choix du premier mot
qui commence le texte
T U D! D2 T2
1er mot exact :
Nouvelle G Grèves 77,1 75 93,8 64 86,9 78,8
1er mot exact :
Nouvelle R Commission . 31 87,5 84,2 86,6 40 91,6
II. — Étude des liaisons « exactes » entre deux éléments
Lorsque les textes n'ont pas été totalement reconstitués,
certaines parties l'ont été néanmoins.
Nous avons entrepris l'analyse de ces réussites partielles en
recherchant les liaisons d'éléments dites « exactes », c'est-à-dire
conformes au texte original. Nous étudierons à la fois quanti
tativement et qualitativement ces données.
A) Étude quantitative. — Pour faire cette étude, nous avons
fait l'inventaire de toutes les liaisons établies dans les protocoles
des sujets, qu'elles soient exactes ou inexactes. Nous avons
utilisé pour cela des matrices à double entrée. Les éléments de
fractionnement (mots, ponctuation ou leurs groupements) sont
ordonnés selon le texte original au long des lignes et des colonnes.
Dans chaque case, on place un signe qui correspond à la colonne
dû mot « liant » et à la ligne du mot « lié », c'est-à-dire celui qui
le suit dans le protocole.
Nous avons réalisé ainsi six matrices par texte : une pour la
modalité U, deux pour la modalité D, trois pour la modalité T où
sont analysés « tous » les protocoles des sujets.
Les liaisons exactes sont groupées tout au long d'une dia
gonale de la matrice. On peut aussi discerner les liaisons erronées
et leur systématique. 384 MEMOIRES ORIGINAUX
TABLEAU III
Nouvelle R. Pourcentages des reconstitutions des liaisons exactes
pour toutes les modalités de fractionnement
(Les pourcentages sont classés par valeurs décroissantes)
Modalités de
Nouvelle R
U D2 Tx T2 T3
Marine Marchande 96,8 100 100
Ligne Atlantique Nord 93,6 79,2
Construction paquebot 71,4 85 80
Blocage crédits 67,8 86,7 87,5
Constitue délégation 50,0 60
Crédits construction 42,1 75
Démarche près 50,0 57,9 79,2
Présidée Pelbois 93,3
46,8 Paquebot ligne 52,6 87,5
39,1 Près Ramadier 100 85
. Démarche ......... 35,7 80 91,7
Rapporter blocage 63,2 70
Délégation présidée 35,7 52,6 95,8
65 Pelbois 25,0 31,6
Atlantique Nord 63,2 65
Commission Marine 25,0 52,6 45
Marchande constitue 21,4 42,1 79,2 80 , rapporter
Ramadier . . . 21,4 57,9 91,7
Les taux de reconstitution des liaisons exactes, c'est-à-dire
conformes aux textes, sont indiqués dans les tableaux III et IV
pour les différentes modalités. Ces pourcentages comprennent
également les cas où les liaisons exactes appartiennent à des
textes intégralement reconstitués.
a) Liaisons exactes et modalité U : Nous pouvons affirmer
d'une part que les liaisons ont été rétablies beaucoup plus
fréquemment que ne le prévoit le hasard et d'autre part qu'elles
présentent des degrés différents de difficulté (valeurs décrois
santes des réussites dans les tableaux III et IV).
L'indice d'exactitude de reconstitution des liaisons, ou
moyenne des pourcentages pour la modalité U est de 40,7 pour la
nouvelle G et 45,5 pour R. Ces valeurs figurent dans le tableau V
ainsi que leur dispersion. On peut alors conclure que le fractio
nnement des mots « un à un » n'a pas détruit toutes les signif
ications partielles. Certaines s'imposent en dépit de l'existence
des liaisons fausses qu'elles côtoient.
b) Liaisons exactes et modalité D et T : Si nous examinons les
taux de réussites pour la reconstitution des liaisons exactes en D
et T nous constatons :

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