Démences et Psychopathies d'origine organique. Encéphalites. Arrêts de développement - compte-rendu ; n°1 ; vol.31, pg 590-605

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L'année psychologique - Année 1930 - Volume 31 - Numéro 1 - Pages 590-605
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1930
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f) Démences et Psychopathies d'origine organique.
Encéphalites. Arrêts de développement
In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 590-605.
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f) Démences et Psychopathies d'origine organique. Encéphalites. Arrêts de développement. In: L'année psychologique. 1930
vol. 31. pp. 590-605.
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raux comme ses muscles de relation. Il présente des ptôses, de l'hypo
tension artérielle, de l'hypertension veineuse, de l'insuffisance hépat
ique. Très émotif, ses émotions accroissent sa fatigue, qui est chro
nique mais qui présente un cycle quotidien, atteignant son maximum
au réveil, disparaissant vers les 5 heures du soir. C'est une fatigue
que le mouvement fait disparaître et qui est liée, non pas à l'inaction,
mais à l'activité statique ou tonique des muscles. Elle se traduit
par une impression douloureuse de poids. Il semble qu'elle soit liée à
une hyperalcalose des humeurs. H. W.
«87. — HALBERSTADT. - Etude clinique de la démence mélancol
ique présénile. - An. M.-Ps., LXXXVIII, 1, 1930, p. 409-425.
Parmi les affections préséniles, la démence mélancolique doit être
décrite à part et présente une certaine autonomie. Elle débute entre
40 et 50 ans, le plus souvent chez la femme, sans avoir été précédée
d'aucun prodrome, aussi ne peut-elle être assimilée à un accès cycl
othymique. Par ses manifestations et par son évolution elle s'en di
stingue d'ailleurs très nettement. Les idées, le ton affectif, les attitudes
sont bien d'un mélancolique ; mais l'anxiété est modérée, il y a du
maniérisme dans le débit et dans les gestes ; bientôt apparaissent des
stéréotypies, du gâtisme intermittent, de la sitiophobie, des auto-
mutilations, et la démence s'installe rapidement.
Par là, la démence mélancolique présénile se distingue de la mé-
ancolie figée qui, malgré son uniformité et ses stéréotypies, est de
début plus tardif, d'évolution beaucoup plus lente et n'aboutit qu'à
une démence relativement légère. Elle ne peut pas non plus être
confondue avec Fartériosclérose cérébrale, ne s'accompagnant pas
de vertiges, de céphalées, ni de troubles mnésiques. Quant à la schizo
phrénie tardive, c'est une notion très contestable, à moins qu'il ne
s'agisse d'une schizophrénie recommençant d'évoluer après une rémis
sion prolongée. H. W.
/) Démences et psychopathies d'origine organique.
Encéphalites. Arrêts de développement V
£88. — E. D. WIERSMA. — Psychology of Dementia {Psychologie,
de la démence), — J. of Ment. Sa, LXXVI, 312, 1930, p. 1-42.
Dans les deux conférences qu'il a faites à l'Université de Londres,
W., après avoir rappelé l'utilité des méthodes de psychologie expé
rimentale en clinique psychiatrique, définit la démence comme un état
de conscience dimiauee et passe en revue les différentes formes de
démence. Il s'applique à montrer qu'il n'y a pas de solution de conti
nuité entre le normal et le pathologique et qu'à un degré très atténué
les troubles qui caractérisent les psychoses démentielles se rencontrent
chez l'individu normal.
En rappelant les enquêtes qu'il a effectuées, il affirme l'existence
d'une prédisposition psychologique même dans le cas d'une démence
aussi manifestement organique que la paralysie générale. D. W.
1. Voir aussiftles n°» 614 à 617, 687. PSYCHOLOGIE PATHOLOGFQUE 59t
689. - G. DEMAY et A. SIZARET. - Perversions consécutives à
une diphtérie grave. — An. M.-Ps., LXXXVIII, 1930, p. 53-57.
On connaît les perversions et troubles du caractère consécutifs
à l'encéphalite épidémique. D'autres infections peuvent avoir des
effets analogues. A la suite d'une diphtérie ayant laissé, pendant un
mois, les membres inférieurs paralysés, une enfant de 13 ans présente
un complet changement d'état somatique et psychique : arrêt de la
croissance, amaigrissement, non-apparition des fonctions catamé-
niales. En même temps, cessation de tous progrès scolaires, colères,
mensonges, vols surtout alimentaires. C'est à la suite d'un vol qu'elle
est internée à l'âge de 33 ans. H. W.
690. - STEPHAN KRAUSS. — Untersuchungen über Aufbau und
Störung der menschlichen Handlung. I. Teil. Die Korsakowsche (Études sur la structure et les troubles de l'activité humaine.
L Le syndrome de Korsakoff). — A. f. ges. Ps., LXXVII, 1930,
p. 649-692.
L'auteur propose une interprétation du syndrome psychique de
Korsakoff, basée sur une observation clinique et psychologique d'un
malade, présentant ce syndrome à la suite d'une blessure du erâae.
En faisant ressortir dans cette observation l'attitude passive du mal
ade, le manque d'intérêt et de spontanéité de son comportement,
l'incapacité d'une action continue et de travail, Fauteur déduit de
ce défaut de l'activité les autres troubles caractérisant le syndrome
de Korsakoff.
Le malade n'ayant plus d'activité, perd la notion du temps (Zeit-
bewosstseiri) qui est déterminée par une série d'actions, «t présente en
conséquence des troubles de mémoire. B. N.
691. — CONOS. — Quelques cas d'une nouvelle affection neurotrope
constituant probablement la forme cérébrale de la maladie 4e
Flatau. — Enc, XXV, 1950. p. 675-^^0.
L'A. relate huit observations de malades chez qui se sont produits
d'une façon brusque, variable et fugace, des symptômes d'origine
cérébrale : hémiplégie légère et transitoire, accès épileptiïormes ou
myocloniques, troubles mentaux allant de la confusion mentale
jusqu'à un état semi-comateux ou d'apparence démentielle, troubles
de la parole ou de l'élocution.
La température s'élève rarement jusqu'à 38° et reste habituell
ement aux environs de 37°. Le liquide céphalo-rachidien est souvent
hypertendu, l'albumine augmentée, le glucose diminué; la lympho-
cy tose, si elle existe, est légère, rarement intense.
Cette affection paraît être de tous points semblables à celle que
Flatau a décrite, mais avec des symptômes médullaires ou névri-
tiqnes. H. W.
692. - A. AUSTREGESILO et D. DO COUTO. - Nenrofibroma-
tose de Recklinghansen et maladie de Paget. — Enc, XXV, 1330,
p. 592-599.
Maladie de l'ectoderme, la neurofibroinatose de Recklmghausen
peut intéresser, en proportion variable suivant les cas, la peau, les 592 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
nerfs ou les centres nerveux. Sa Symptomatologie est donc également
très variable : absence de troubles nerveux et trophiques ; paresthé-
sies et amyotrophies, ou lésions des centres, pouvant aboutir aux
effets d'une tumeur ou à l'épilepsie. Il n'est pas sûr qu'elle soit tou
jours d'origine congénitale. Sa rencontre avec des maladies trophiques
comme la maladie de Paget, peut faire supposer que le régime en
docrinien et le système neuro- végétatif ne sont pas étrangers à son
développement. Les dystrophies et déformations osseuses de la-
maladie de Paget ne semblent pas, en effet, uniquement dues à de
l'artérite, d'origine syphilitique ou tuberculeuse, comme c'est l'opi
nion la plus habituelle ; mais elles semblent bien résulter aussi
d'altérations dans les sécrétions internes. H. W.
693. - C. J. URECHIA. - Contribution à l'étude de la maladie de
Pick. - Enc, XXV, 1930, p. 728-750.
La maladie de Pick consiste essentiellement en une démence qui
se complique d'aphasie évoluant sans ictus. Sa durée peut varier
entre 2 et 15 ans. Elle survient habituellement à l'âge mûr, mais
quelquefois entre 30 et 40 ans, pouvant alors en imposer, au début,
pour une démence précoce.
La maladie commence par de l'amnésie de fixation, de la désorien-
tation dans l'espace et vis-à-vis des personnes. Progressivement
l'attention devient fugace, dispersée ; elle dévie rapidement. L'affec
tivité est labile. L'apathie et l'indolence dominent habituellement,
mais il peut y avoir de l'euphorie ou de la tristesse, d'ailleurs chan
geantes et incohérentes.
Les lésions, très étendues et prédominant habituellement au lobe
frontal et au lobe temporal, sont atrophiques, dégénératives et non
inflammatoires. L'A. en décrit minutieusement l'histologie. H. W.
694. - J. LHERMITTE et PH. PAGNIEZ. - Anatomie et Physiol
ogie pathologique de la chorée de Sydenham. — Enc, XXV, 1930,
p. 24-47.
L'anatomo-pathologie et les inoculations de substance cérébrale
montrent qu'il y a deux sortes de chorée, Fune de nature inflammat
oire et infectieuse, l'autre de nature degenerative.
Parmi les lésions souvent très diffuses qui s'observent dans la
chorée, celles qui semblent en rapport avec elle sont les lésions du cer
velet ou du pédoncule cérébelleux supérieur, celle du corps strié
et celle du corps de Luys. En forçant un peu les traits, on pourrait
dire que la chorée de Sydenham est avant tout cérébelleuse et la
chorée de Huntington striée. Pourtant Kinnier Wilson impute l'or
igine de la chorée à des lésions non totalement destructives de l'écorce
cérébrale. Il est certain que l'intervention de l'écorce est nécessaire
(circonvolution post-centrale), car dans les cas de décérébration, il
n'y a pas de chorée ; mais de simples lésions corticales n'entraînent pas
de troubles choréiques. Kinnier Wilson regarde les mouvements
choréiques comme une réplique très exacte des mouvements volon
taires (appropriés à un but). C'est ne pas tenir compte de leur
arythmie et de leur irrégularité. H. W. PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 593
695. - P. GUIRAUD et M»« Y. LE GANNU. - Syndrome dément
iel présénile avec atteinte du liquide céphalo-rachidien. — An.M.-
Ps., LXXXVIII, 1, 1930, p. 242-248.
2 observations de malades qui ne peuvent être rangées ni parmi les
presbyophrènes, ni dans le syndrome de Korsakoff et qui semblent
réaliser un syndrome présénile dont les traits caractéristiques sont :
une lésion chronique des centres nerveux qu'atteste une atteinte
discrète du liquide céphalo-rachidien ; une amnésie profonde ; de
l'improductivité physique avec persévération idéatoire et verbale ;
une étroite limitation de l'espace et du temps qui fait vivre le malade
dans un perpétuel présent ; de l'euphorie avec insconscience de la
maladie. H. W.
696. - R. TARGOWLA, A. OMBREDANE, M"* S. NOUEL. -
Syndrome vagal dans un cas d'encéphalite épidémique. — Enc,
XXV, 1930, p. 63-65.
Dans un cas d'encéphalite épidémique, évoluant sans manifestat
ions de Parkinsonisme, se produisent des crises d'aphonie avec an
goisse et paresthésies cardiaques. Elles surviennent surtout à l'occa
sion d'injections intraveineuses de septicémine ou de sali cy late de
soude glucose. Elles ne sont p.as modifiées par des injections de
chlorure de calcium ; mais les injections d'insuline et de pilocarpine
qui sont des excitants du vague, les font disparaître. Les crises se
produisent dans le territoire du laryngé inférieur. Si l'on ajoute à
cela que le réflexe oculo-cardiaque est aboli chez ce malade, on peut
conclure à une atteinte des noyaux du vague et particulièrement de
celui qui répond au laryngé inférieur. II. W.
697. — R. TARGOWLA. — La psychose anxieuse, syndrome encé-
phalitique. - An. M.-Ps., LXXXVIII, 1, 1930, p. 249-266.
Le syndrome d'anxiété a été souvent considéré par les aliénistes
comme une simple forme de la mélancolie. En fait il a droit à une cer
taine autonomie, Souvent il existe seul ou l'emporte dans le tableau
clinique sur les manifestations des autres syndromes qui peuvent
lui être associés. Il se caractérise par une grande agitation motrice,
par des terreurs, des plaintes, des interprétations sans justification
objective, par des réactions sur soi-même souvent dangereuses et
qui peuvent aboutir au suicide.
Souvent l'accès d'anxiété est mêlé de symptômes, soit confusion-
nels, soit mélancoliques. Il s'intercale d'ailleurs très fréquemment
entre un état de confusion et un état dépressif. En même temps des
signes plus ou moins discrets et fugaces attestent son origine orga
nique : signes neurologiques de la série pyramidale ou extrapyrami-
dale, et pupillaires d'une part, signes d'insuffisance hépato-
rénale, modifications des humeurs et particulièrement du liquide
céphalo-rachidien d'autre part. Il s'agit donc d'une névraxite d'ori
gine toxi-infectieuse.
L'agent de cette névraxite est à chercher dans des virus filtrants, et
qui peuvent d'ailleurs être de nature diverse : virus du rhumatisme
articulaire aigu et de différentes infections banales, de l'encéphalite
épidémique, de la sclérose en plaques, de la névraxite disséminée
l'année psychologique, xxxi. 38 594 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
à forme anxieuse et même de la syphilis à certaines de ses périodes
évolutives. H. W.
698. - E. TOULOUSE, L. MARCHAND, A. COURTOIS.- Deux cas
d'encéphalites psychosiques aiguës post-puerpérales. — An. M.-
Ps., LXXXVIII, 2, 1930, p. 316-325.
Deux observations de malades qui présentent, quelques jours après
un accouchement normal, le tableau du délire aigu. Les centres encé
phaliques et plus particulièrement l'écorce Ironto-pariétale et le bulbe,
présentent des lésions inflammatoires et des lésions destructives,
sans trace de microbes. Sans doute, s'agit-il de virus filtrants. H. W.
699. — CEILLIER. — Parkinsonien post-encéphalitique, neuî îois
condamné sans expertise médicale, malgré une infirmité extrême
et très apparente. — Enc, XXV, 1930, p. 243-245.
Le malade était passible de la relégation si à son 9e vol il avait
été enfin soumis à l'examen d'un expert. H. W.
700- — R. BRIAN. — Evolution d'accès à forme septicémique chez
un encéphalitique parkinsonien. — An. M.-Ps., LXXXVIII, 2,
1930, p. 341-342.
De temps en temps se produisent chez un encéphalitique parkin
sonien des ascensions thermiques, dépassant 40° et qui durent 2 à
3 jours. Ainsi s'affirme la longévité du virus dans
l'organisme humain. H. W.
701. - C. HEUYER etMlleS. SERIN. - Syndrome de dépersonnali-
sation consécutif à une encéphalite épidémique. — Enc, XXV, 1930.
p. 629-632.
Un encéphalitique présente, en même temps que des impulsions
au suicide et des obsessions , l'impression d'être le spectateur de sa
propre activité et ne pas se reconnaître en particulier quand il se
regarde dans la glace.
Les A. insistent sur l'origine organique, et non psychogène, de ce
syndrome, du moins dans le cas présent. H. W.
702. - L. VAN BOGAERT. - Perversion morale chez l'enîant à la
suite d'une infection vraisemblablement poliomyélitique. — J. de
N. et de Ps., XXX, 9, 1930, p. 579-584.
Un enfant, après une crise d'allure poliomyélitique dont il ressort
sans séquelles physiques, présente, après trois mois de convalescence
normale, des troubles du caractère qui vont s'aggravant depuis un
an que dure l'observation. Colères, violences, tentative d'étrangl
ement sur un petit camarade, blessures volontaires sur lui-même pour
voir du sang, et surtout perversité sexuelle manifeste, masturbation,
tentatives d'attouchement sur toutes les fillettes qu'il approche et
même sur sa mère. Il ne présente aucun trouble neurologique, aucun
déficit intellectuel, aucune différence des réflexes d'une moitié à
l'autre du corps. L'enfant ne présentant avant sa maladie aucune héré
dité ou prédisposition personnelle, il semble bien que la perversité
ait été créée de toutes pièces par les accidents neurotropes. Comme PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 595
dans les séquelles de l'encéphalite, le temps de latence assez consi
dérable est à noter ici, et l'auteur montre combien, en cas d l'inculpa
tion, il est difficile de porter un diagnostic de responsabilité, étant
donné ce temps de latence, et l'absence de tout trouble neurologique
physique ou mental. M. F,
703. - R. TARGOWLA, A. LAMACHE,J. DUBAR. - Jteçl*erçhes
manométriques et ophtalwQscopiques sur les vaisseaux rétiniens dans
les syphilis nerveuses. — Enc, XXV, 1930, p. 519-521,
Les relations étroites de la circulation rétinienne et de la circulation
cérébrale d'une part, la fréquente concomitance des troubles de ci
rculation rétinienne et des troubles psychiques d'autre part a incité
les A. à mesurer la pression rétinienne chez des paralytiques géné
raux et dans différents autres cas de syphilis cérébrale. Ils ont pu
constater ainsi que les altérations des vaisseaux rétiniens sont i
ncomparablement plus fréquentes dans les formes ménmgo-vasçu-
laires de la syphilis nerveuse que Ja méningo-ençéphalite para
lytique. H. W.
704. - G. VERMEYLEN et P, VERVAECK. -r £es formes psy-
choçiques chez les paralytiques généraux malarisés et la notion de
démence paralytique. — Enc, XXV, 1930, p. 563-591 et 643-666.
Etude très importante tant par le tableau clinique et les observat
ions qu'elle présente que par la discussion nosographique qui suit.
L'application de la malariathérapie aux paralytiques généraux, sou
lève deux sortes de questions : Pratiques parce qu'elle peut, au liçu
de la guérison, entraîner l'apparition de psychoses dont les consé
quences médico-légales ou sociales peuvent être, beaucoup plus
graves que celles de la paralysie générale sous sa forme classique.
Théoriques, parce que c'est la démence elle-même, irréversible par
définition et dont la paralysie générale était donnée comme l'exemple
le plus authentique, qui se trouve remise en question aussi bien par
les transformations psychosiques que par les cas de guérison ou de
rémission qui sont devenus fréquents depuis l'emploi de la malaria-
thérapie.
Les syndromes psychiques qu'il arrive de voir succéder à la maja-
riathérapie peuvent aussi, mais très exceptionnellement, être la forme
spontanée de certaines paralysies générales. Les exemples en sont
d'autant plus rares dans la littérature que l'attention ne se portait
pas encore sur eux. Depuis la malariathérapie ils représentent une
proportion importante de cas traités : 18,1 % dans la statistique per
sonnelle des auteurs. Ils répondent à des affections mentales nette
ment individualisées par la clinique psychiatrique à cette différence
près qu'ils sont le plus souvent combinés à certains symptômes, en
particulier neurologiques et sérologiques, qui appartiennent à la
paralysie générale, qu'ils sont parfois d'évolution ou de nature un
peu composite et peuvent se transformer l'un dans l'autre.
Les plus fréquents de ces syndromes post-malariques sont les syn
dromes hallucinatoires. Parfois, il s'agit d'hallucinations plus ou
moins compliquées d'onirisme ou de confusion et telles que la simple
infection malarienne pourrait les susciter. Mais elles peuvent aussi 596 ANALYSES BlULlOGKAPUlQUEä
prendre la forme d'hallucinose, avec conscience de l'état hallucinat
oire et plus souvent encore celle du délire hallucinatoire chronique.
Il peut y avoir ébauche d'idées d'influence, mais l'écho, la prise de la
pensée, etc., semblent faire défaut. Par leur aspect et leur allure, ces
troubles se trouvent aussi rappeler très exactement ceux des états
paranoides.
Le tableau de la paranoïa est beaucoup moins fréquent, mais il
peut se rencontrer sous ses aspects habituels de revendication et
d'interprétation. Dans ce cas, les malades peuvent devenir d'autant
pius dangereux que la situation succédant à leur maladie risque de
leur offrir plus de difficultés, difficultés dues aux circonstances,
à leur entourage ou à un certain déficit de leurs aptitudes professionn
elles. Leurs motifs de revendication peuvent être aussi de nature
hypocondriaque et avoir leur source, soit dans le souvenir de leur
maladie et des soins reçus, soit plus souvent encore, dans les paresthé-
sies diverses dont ils peuvent continuer à souffrir. De même que dans
les formes hypocondriaques de la paralysie générale, ce sont là des
cas dans lesquels la terminaison par des ictus et par la mort semble
être particulièrement rapide.
La forme maniaco-dépressive, alternance d'états dépressifs et
d'excitation, paraît surtout se développer chez des cyclothymiques
constitutionnels, qui ont pu déjà présenter antérieurement à la
malariathérapie et aux premiers symptômes de la paralysie générale
des crises de mélancolie ou de manie.
Enfin, s'observe aussi la forme catatonique avec négativisme, man
iérisme, grimaces, impulsions, stéréotypies.
Ces modifications de la paralysie générale par la malaria et aussi
par des médicaments chimiques, tels que le stovarsol, viennent s'ajou
ter aux analyses critiques qu'a suscitées l'étude de la démence pré
coce, en particulier pour remettre en question la nature de la démence,
qui se définissait essentiellement par une diminution d'emblée et par
une abolition irréversible des fonctions intellectuelles. En effet, cette
abolition ne peut plus être dite irréversible, à moins de retrancher
la paralysie générale du nombre des démences ; mais des fluctuations
fonctionnelles du même genre peuvent s'observer jusque dans la dé
mence sénile par exemple. Il faut donc substituer à la notion d'aboli
tion définitive celle de phrénolepsie, c'est-à-dire d'une simple suspen
sion des fonctions intellectuelles, qui peut être plus ou moins inte
rmittente suivant les circonstances, soit extérieures, soit internes.
Peut-être la phrénolepsie n'est-elle qu'une anticipation de l'abolition,
qui resterait le terme ultime de la démence devenue alors définitive.
Mais rien ne permet de l'affirmer.
Cette explication, ne suffit pourtant pas à rendre compte du pol
ymorphisme observable dans ces démences psychosiques et dans la
démence elle-même. Il faut distinguer entre les différentes formes de
l'intelligence et par suite entre les différentes sortes d'atteintes qu'elle
est capable de subir. Il y a d'abord une intelligence primitive et in
tuitive, dans laquelle les solutions naissent soudain et d'un seul
coup au contact de chaque situation particulière, c'est par exemple
l'intelligence dont Köhler a constaté les manifestations chez les
chimpanzés. Il y a aussi une intelligence supérieure, qui est l'intelli- PATHOLOGIQUE 597 PSYCHOLOGIE
gence discursive, rationnelle, dont la diminution ou l'abolition répond
â ce qui est communément décrit sous le nom de démence. Il y a
enfin une intelligence qui est constituée par les différents automat
ismes sans cesse utilisés par nos opérations intellectuelles. A l'atteinte
primitive de l'intelligence intuitive répond la démence précoce. A
celle des instruments intellectuels le cas de ces malades qui doivent
suppléer à la perte de leurs intruments intellectuels par un surcroît
d'efforts que manifestent bien leur bradypsychie et leur grande
fatigabilité.
Reste le rapport des troubles psychiques avec les lésions anato-
miques. Il est possible que la malariathérapie transforme ces lésions
comme elle transforme l'état psychique. En particulier, la malaria
pourrait transformer les affinités du tréponème et par suite la paral
ysie générale en syphilis cérébrale. Certaines constatations anato-
miques seraient en faveur de cette hypothèse. Sous l'influence de la
malaria, les lésions deviendraient moins diffuses, et tendraient à
prendre une forme nodulaire et périvasculaire. Mais ces transfor
mations anatomiques, pour réelles qu'elles puissent être, ne coïn
cident pas exactement avec les modifications psychiques. Entre les
unes et les autres, il y a décalage dans le temps et même il peut ne
pas y avoir correspondance. Il faut donc renoncer à l'ancienne con
ception des localisations qui faisait du psychisme un simple décalque
de l'anatomie cérébrale.
Dans chaque cas, il faut savoir faire la part du procès pathologique
lui-même, des prédispositions propres au sujet, et même des circons
tances extérieures. H. W.
705. — CI. URECHIA. - Bouffées délirantes au début de la paral
ysie générale. - Enc, XXV, 1930, p. 627-629.
Ce début de la paralysie générale par des bouffées délirantes à
récidives, qui serait rare selon l'auteur, lui semble explicable, non
par la constitution du malade, mais par une intoxication surajoutée
et de préférence par une intoxication alcoolique. H. W.
706. — TH. SIMON. — Le niveau mental des paralytiques généraux.
- An. M.-Ps., LXXXVIII, 1, 1930, p. 385-394.
La recherche du niveau mental chez les généraux a
pris une importance pratique depuis que la thérapeutique permet
d'enregistrer des rémissions ou des guérisons. Faite avant et après le
traitement elle fournira des repères précis. Eventuellement, elle
permettra de reconnaître dans la déficience intellectuelle ce qui est
dû à la démence proprement dite et à l'excitation plus ou moins déli
rante. H. W.
707. — TH. SIMON. — Nouvelles remarques sur la démence paraly
tique et les examens propres à en apprécier le degré. — An. M.-Ps.,
LXXXVIII, 1930, p. 436-448.
Le degré de la soi-disant démence que présente un paralytique
général est communément évalué par le clinicien d'après le nombre
d'accrocs qu'il commet dans ses opérations intellectuelles ou d'après
la difficulté que lui coûte leur exécution. Mais les accrocs et la diffi- S§8 ANALYSES BtBLIOÖlUPHIQUfiS
Culte n'affectent pas invariablement les mêmes opérations. Il ne s'agit
done pas de troublés définitivement fixés et permanents. Leur consta
tation laisse par suite à peu près entière la question du niveau mental.
Pour rechercher le niveau mental, il existe des épreuves hiérarchi
sées, épreuves d'intelligence, épreuves d'instruction, épreuves pro
fessionnelles. Ces épreuves, en même temps qu'elles permettront
d'établir le niveau mental du malade mettront aussi en évidence le
ralentissement ou les accrocs de son ideation. Une telle recherche est
rendue plus nécessaire que jamais par les résultats thérapeutiques
aujourd'hui obtenus dans le traitement de la paralysie générale. Il ne
s'agit plus seulement d'établir si le malade doit être interné, mais
s'il peut être rendu a la liberté et dans quelles conditions, ce qui
exigé des mesures en utl sens beaucoup plus précises. H. W.
708. — TH. SIMON. — Examen de paralytiques généraux avant et
après traitement. - An. M.-Ps., LXXXVIII* 2, 1930, p. 118-132.
Appliquant les tests de développement de l'échelle Binet-Simon
à l'examen de paralytiques généraux avant et après traitement, l'A.
ne trouve que de faibles différences de niveau mental. Mais la man
ière de réagir qu'ont ces malades après traitement semble indiquer
un moindre affaiblissement mental et l'A. croit pouvoir en conclure
que le niveau mental serait en rapport avec les lésions acquises, l'affa
iblissement intellectuel avec le pouvoir d'évocation. Mais avant de
discuter cette distinction, ne faudrait-il pas se demander si des tests
de développement, établis essentiellement pour comparer les enfants
de même âge entre eux, conviennent bien apprécier l'activité
intellectuelle des adultes. H. W.
709. - LEROY et MËDAKOVITCH. - Différences clinique et
thérapeutique de la paralysie générale chez la femme. — An.
M.-Ps., LXXXVIII, 1, 1930, p. 368-384.
Pour quelle raison, les résultats thérapeutiques de la paralysie géné
rales sont-ils moins satisfaisants chez la femme que chez l'homme ?
Est-ce à cause de sa forme particulière ? Elle est en effet d'évolution
plus torpide, mais ausi plus continue et d'allure plus démentielle.
Pourtant l'expérience montre que les formes démentielles ne sont pas
moins curables que les autres. Est-ce, dans le cas de la malariathérapie
moindre réaction de la femme au plasmode ? Rien n'autorise à le
dire. Est-ce en rapport avec les sécrétions internes de la femme ?
Mais l'âge de la femme et le fait qu'elle soit traitée avant ou après
la ménopause paraît sans influence. Peut-être le degré plus élevé
de complexité mentale qui se rencontre avec plus de fréquence chez
l'homme que chez la femme, lui permet-il, en cas de rémission, d'avoir
à sa disposition des moyens de compensation plus actifs. Mais la
raison principale paraît être que par son régime de vie et par le genre
de ses occupations, l'homme atteint de paralysie générale est amené
à consulter et à se faire traiter de façon plus précoce que la femme.
H. W.
710. - R. TARGOWLA et J. LACAN. - Paralysie générale pro
longée. - Eric, XXV, 1930, p. 83-85.
Tableau classique d'une paralysie générale dont dévolution paraît

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