Dimension et stabilité des systèmes d'association verbale chez les enfants - article ; n°2 ; vol.67, pg 443-461

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L'année psychologique - Année 1967 - Volume 67 - Numéro 2 - Pages 443-461
A « verbal association system » is defined by all the verbal responses which a subject can associate a stimulus-word. The dimension of this system is mesured by the number of responses given by a subject ; its stability, by the mean associative value between its constituent parts, i. e. by the frequency with which the subject gives the same responses to a same stimulus-word, during several association tasks.
The hypothesis is that the dimension of systems increases with age, and that their stability can be variable in a more irregular way because it depends on two factors : the dimension of the systems and the utilization of the different parts by the subject.
The subjects of this experiment are children from 6 to 14 years old. They are asked to write responses associated with 4 stimulus-words successively, and that 6 times. The number of responses given during each trial must be as great as possible.
The first hypothesis is confirmed : the dimension of the systems increase with age. The mean associative value between the parts of a system is not significatively variable from one age to another. The conclusion is : the stability is a functional and general characteristic of every verbal associative system.
These results lead to the hypothesis of a balance between the extension of the associative system and the mean strenght of the connections between its constituent parts.
On définit un « système d'association verbale » par l'ensemble des réponses verbales qu'un sujet est susceptible d'associer à un mot-stimulus. La dimension d'un tel système est mesurée par le nombre de réponses données par un sujet ; sa stabilité, par la force associative moyenne entre ses éléments constituants, c'est-à-dire par la fréquence avec laquelle le sujet donne les mêmes réponses à un même mot-stimulus, au cours de plusieurs épreuves d'association.
On fait l'hypothèse que la dimension des systèmes augmente avec l'âge, tandis que leur stabilité peut varier de façon plus irrégulière, car elle dépend à la fois de leur dimension et de l'utilisation que fait le sujet des différents éléments.
Les sujets de l'expérience sont des enfants de 6 à 14 ans. On leur demande de donner par écrit des réponses associées à quatre mots-stimulus successivement et ceci 6 fois de suite. Le nombre de réponses données à chaque essai doit être aussi grand que possible.
La première hypothèse est confirmée : la dimension des systèmes augmente avec l'âge. La force associative moyenne entre les éléments d'un système ne varie pas d'un âge à l'autre de façon significative. On en conclut que la stabilité est une propriété fonctionnelle et générale de tout système associatif verbal.
Ces résultats conduisent à l'hypothèse d'un équilibre entre l'extension du système associatif et la force moyenne des liaisons entre ses éléments constituants. Ces résultats conduisent à l'hypothèse d'un équilibre entre l'extension du système associatif et la force moyenne des liaisons entre ses éléments constituants.
19 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1967
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C. Bramaud du Boucheron
Dimension et stabilité des systèmes d'association verbale chez
les enfants
In: L'année psychologique. 1967 vol. 67, n°2. pp. 443-461.
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Bramaud du Boucheron C. Dimension et stabilité des systèmes d'association verbale chez les enfants. In: L'année
psychologique. 1967 vol. 67, n°2. pp. 443-461.
doi : 10.3406/psy.1967.27574
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1967_num_67_2_27574Abstract
A « verbal association system » is defined by all the verbal responses which a subject can associate a
stimulus-word. The dimension of this system is mesured by the number of responses given by a subject
; its stability, by the mean associative value between its constituent parts, i. e. by the frequency with
which the subject gives the same responses to a same stimulus-word, during several association tasks.
The hypothesis is that the dimension of systems increases with age, and that their stability can be
variable in a more irregular way because it depends on two factors : the dimension of the systems and
the utilization of the different parts by the subject.
The subjects of this experiment are children from 6 to 14 years old. They are asked to write responses
associated with 4 stimulus-words successively, and that 6 times. The number of responses given during
each trial must be as great as possible.
The first hypothesis is confirmed : the dimension of the systems increase with age. The mean
associative value between the parts of a system is not significatively variable from one age to another.
The conclusion is : the stability is a functional and general characteristic of every verbal associative
system.
These results lead to the hypothesis of a balance between the extension of the associative system and
the mean strenght of the connections between its constituent parts.
Résumé
On définit un « système d'association verbale » par l'ensemble des réponses verbales qu'un sujet est
susceptible d'associer à un mot-stimulus. La dimension d'un tel système est mesurée par le nombre de
réponses données par un sujet ; sa stabilité, par la force associative moyenne entre ses éléments
constituants, c'est-à-dire par la fréquence avec laquelle le sujet donne les mêmes réponses à un même
mot-stimulus, au cours de plusieurs épreuves d'association.
On fait l'hypothèse que la dimension des systèmes augmente avec l'âge, tandis que leur stabilité peut
varier de façon plus irrégulière, car elle dépend à la fois de leur dimension et de l'utilisation que fait le
sujet des différents éléments.
Les sujets de l'expérience sont des enfants de 6 à 14 ans. On leur demande de donner par écrit des
réponses associées à quatre mots-stimulus successivement et ceci 6 fois de suite. Le nombre de données à chaque essai doit être aussi grand que possible.
La première hypothèse est confirmée : la dimension des systèmes augmente avec l'âge. La force
associative moyenne entre les éléments d'un système ne varie pas d'un âge à l'autre de façon
significative. On en conclut que la stabilité est une propriété fonctionnelle et générale de tout système
associatif verbal.
Ces résultats conduisent à l'hypothèse d'un équilibre entre l'extension du système associatif et la force
moyenne des liaisons entre ses éléments constituants. Ces résultats conduisent à l'hypothèse d'un
équilibre entre l'extension du système associatif et la force moyenne des liaisons entre ses éléments
constituants.Laboratoire de Psychologie
de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de Poitiers
DIMENSION ET STABILITÉ
DES SYSTÈMES D'ASSOCIATION VERBALE
CHEZ LES ENFANTS
par G. Bramaud du Boucheron
L'étude que nous présentons ici se place dans le contexte
d'une recherche génétique sur la mémoire verbale. Elle prend
appui sur certains travaux antérieurs qui se rapportent à l'évo
lution du répertoire verbal chez les enfants d'âge croissant et
concerne plus particulièrement l'augmentation du nombre des
éléments du répertoire et l'établissement de liens associatifs
entre ceux-ci. Plusieurs points ont été envisagés.
1) Le répertoire
Considérons l'ensemble des mots qu'un enfant connaît à un
moment donné. Par « mots connus », nous entendons tous les
mots que le sujet est capable de reconnaître dans un discours en
leur attribuant une signification stable, et qu'il est également
capable d'utiliser dans son propre discours. Nous appellerons cet
ensemble, le répertoire verbal de l'enfant.
Nous savons que ce répertoire croît avec l'âge des sujets :
Descoeudres (1957) donne une mesure du répertoire d'enfants de
différents âges : un enfant de 2 ans 9 mois possède 585 mots, un
enfant de 5 ans en possède 1 831, un enfant de 7 ans, 2 758. Ces
chiffres n'ont qu'une valeur indicative puisque chaque mesure a
été faite sur un seul enfant et que, l'auteur le reconnaît, on
n'est jamais certain d'avoir fait un inventaire complet du
répertoire. 444 MÉMOIRES ORIGINAUX
2) Les relations entre les mots du répertoire
Si on présente à un sujet un mot de son en lui
demandant d'y répondre le plus vite possible par un autre
mot, cette réponse n'est pas faite au hasard. Les études
sur les associations de mots, dont la plus connue reste celle
de Kent et Rosanoff (1910), ont montré qu'à un même mot-
stimulus, différents sujets adultes normaux associent le même
mot-réponse avec une fréquence significativement supérieure au
hasard.
Les recherches effectuées sur les associations libres chez les
enfants ont permis de dégager les faits principaux suivants :
a) La fréquence des réponses. — De nombreux auteurs
(McElwee, 1931 ; McFadden, 1931 ; Wheat, 1931 ; McGehee, 1937 ;
Horan, 1956 ; Palermo, 1963 ; Di Vesta, 1964) ont montré que
les fréquences de réponses associées au même mot-stimulus sont
d'autant plus élevées et que le nombre de réponses différentes
associées à un mot-stimulus est d'autant plus faible que les sujets
sont plus âgés.
b) La nature des réponses. — Les premières études
(Woodrow et Lowell, 1916) ont montré que les enfants donnent
moins de réponses du type inverse, surordonné, coordonné,
partie-tout, cause-effet, que les adultes. Ils donnent davantage
de réponses consonnantiques et de réponses du type : verbe-
objet, nom-adjectif, adjectif-nom. Plus récemment, Brown et
Berko (1960), Ervin (1961), Entwistle, Forsyth et Muss (1964)
ont montré que les enfants de moins de 8 ans réalisent fréquem
ment des associations selon les chaînes du langage parlé tandis
que les enfants plus âgés et les adultes donnent plus fréquemment
des réponses appartenant à la même catégorie grammaticale que
le stimulus (cf. aussi Jodelet, 1965 et Florès, 1959).
c) Le rôle des valeurs associatives dans les apprentissages de
couples de mots. — Dans ce type d'expériences le sujet doit
apprendre à associer à chaque mot-stimulus une réponse définie
à l'avance par l'expérimentateur. McCuller (1961), Shapiro (1965),
Wicklund, Palermo et Jenkins (1965) ont montré que les couples
à forte valeur associative sont appris plus rapidement que les
couples à faible valeur associative. Ces résultats, obtenus avec
des enfants, sont classiques chez les adultes.
d) Le rôle des associations et de la catégorisation dans l'appren
tissage d'une liste de mots. — Palermo (1963), Simon et Hess (1965)
ont montré que des listes de mots à forte valeur associative sont G. BRAMAUD DU BOUCHERON 445
apprises plus rapidement par les enfants que des listes de mots
à faible valeur associative. Comparant ces résultats avec ceux
de Deese (1959), obtenus avec des adultes dans une expérience
analogue, Simon et Hess concluent en outre que la relation entre
la valeur associative inter-item des éléments de la liste et le
taux de rappel est d'autant plus élevée que les sujets sont plus
âgés.
Bousfield, Esterson et Whitmarsh (1958) ont montré l'impor
tance du groupement des mots par catégories sémantiques dans
les apprentissages verbaux. Dans la première de ces études, on
montre aux sujets 25 images d'objets appartenant à 5 caté
gories (fruits, fleurs, oiseaux, légumes, nature). Les 5 images
de chaque catégorie sont différemment coloriées : une blanche,
une jaune, une rouge, une verte, une violette. Après une
présentation visuelle de ces images, sans désignation orale ou
écrite, les sujets sont soumis à une épreuve de rappel oral.
L'épreuve est passée par des enfants de 9 et 10 ans et par des
étudiants. Les résultats montrent que le taux de rappel croît
avec l'âge des sujets. On calcule, d'autre part, un indice de
groupement des réponses. Les groupes de réponses pris en consi
dération sont les séquences de mots désignant des objets de
même couleur ou désignant des objets appartenant à une même
catégorie sémantique. La valeur de cet indice croît également
avec l'âge des sujets.
3) Le système d'association verbal
II ressort de ce qui précède que le répertoire verbal d'un
individu est modifié au cours de son évolution. Ces modifications
sont d'ordre quantitatif et qualitatif puisqu'elles portent sur
l'étendue du répertoire, sur la nature des éléments qui le consti
tuent, sur la nature, le nombre et la force des liaisons associatives
entre ces éléments.
— Nous dirons qu'il existe une liaison associative entre deux
mots S et R si, dans une épreuve d'association libre, la pré
sentation de S conduit à la réponse R avec une fréquence supé
rieure au hasard.
— Nous désignerons par système d' association verbal l'e
nsemble des mots reliés les uns aux autres, utilisables par un sujet
au plan perceptif ou moteur à un moment déterminé de son
développement. Le système d'association verbal peut être défini
qualitativement par la nature des éléments qui le composent et 446 MÉMOIRES ORIGINAUX
par la nature des liaisons entre ces éléments. Il peut être défini
quantitativement :
— par le nombre d'éléments qui le constituent ou dimension
du système ;
— par la force moyenne des liaisons entre les éléments du
système ;
— par la variabilité de cette force d'un point à l'autre du système.
ÉTUDE EXPÉRIMENTALE
I. — Hypothèses
Dans notre étude, nous nous sommes intéressés aux systèmes
d'association verbale du seul point de vue quantitatif. Les
hypothèses formulées sont les suivantes :
a) La dimension des systèmes croît avec l'âge par suite de
l'augmentation du répertoire d'une part, et des activités verbales
du sujet d'autre part, qui établissent des liens de plus en plus
nombreux entre les éléments du répertoire ;
b) Selon les recherches citées ci-dessus, 2), d), la force des
liaisons associatives augmenterait également avec l'âge. Pourt
ant, une recherche antérieure (Thomas, Bramaud du Boucheron,
Ehrlich, 1963) avait montré que le rappel correct d'une liste de
mots allemands par des enfants qui apprennent cette langue au
lycée est moins facile pour des élèves de 4e que pour ceux de 5e
et de 6e. Comme la capacité de rappel d'une liste est fonction
des liens associatifs établis entre les mots à retenir, comme d'autre
part le répertoire des mots allemands connus augmente sensibl
ement de la classe de 6e à celles de 5e et de 4e, on peut supposer
que la force associative moyenne de ces mots tend à décroître
au fur et à mesure que la dimension du répertoire augmente.
Nous ferons donc l'hypothèse que la force moyenne des liaisons
à l'intérieur d'un système d'association verbal évolue de façon
relativement indépendante par rapport à la dimension du système :
elle peut rester stationnaire ou même diminuer au cours de
certaines périodes, marquées pourtant par un accroissement
important du répertoire.
c) Lorsque le répertoire augmente, ce sont surtout les liaisons
de force moyenne ou faible qui deviennent plus nombreuses.
Par contre, lorsque la dimension du système reste stable, les
liaisons se renforcent et le nombre de liaisons très fortes augmente
au détriment des liaisons plus faibles. On suppose par conséquent BRAMAUD DU BOUCHERON 447 G.
que la variation de la force des liaisons à l'intérieur d'un système
n'est pas la même selon les périodes de stabilité et d'augmentation
et, d'une façon plus générale, selon le taux d'accroissement du
système.
II. — Technique expérimentale
L'expérience consiste en une épreuve d'association libre,
répétée 6 fois par les mêmes sujets qui sont quatre groupes
d'enfants d'âge croissant.
1) Procédure expérimentale
L'épreuve se passe collectivement. Quatre mots-stimulus ont été
choisis : train, fleur, papier, lion. Les sujets ont à leur disposition un
carnet sur lequel ils écrivent leurs réponses. L'expérimentateur présente
le premier mot-stimulus en le nommant et en l'écrivant sur un tableau
noir ; il demande aux sujets d'écrire sur leur carnet le plus grand nombre
possible de mots que leur suggère ce stimulus. Après 1 mn 1/2 les sujets
arrêtent d'écrire sur ordre de l'expérimentateur ; on leur présente ensuite
le deuxième mot-stimulus auquel ils associent des réponses pendant
1 mn 1/2 et on fait de même avec le 3e puis le 4e stimulus.
Après cette première série de 4 essais, on présente de nouveau aux
sujets le 1er mot-stimulus en les priant d'y associer les mêmes mots que
précédemment et, éventuellement, de nouveaux mots. On procède de
même avec les 3 autres stimulus. Puis on recommence, etc. ; les sujets
font en tout 6 épreuves d'association avec chacun des 4 mots-stimulus.
Dans les consignes, on précise aux sujets qu'ils peuvent écrire
n'importe quel mot auquel le mot-stimulus leur fait penser et que
l'orthographe importe peu.
2) Les sujets
Ce sont des garçons de 6 à 14 ans, élèves d'une école primaire de
Poitiers. Ils ont été répartis en 4 groupes de la façon suivante :
Groupe I : 17 sujets de 6 à 8 ans
— II : 35 — 8 à 10 —
— III : 31 — 10 à 12 —
— IV : 26 — 12 à 14 —
3) Les indicateurs quantitatifs du système d'association
La dimension du système d'association est estimée, comme il est
courant de le faire, par le nombre de réponses différentes associées au
même mot-stimulus. La force associative entre les éléments d'un
couple S-R sera exprimée par la fréquence d'apparition de la même
réponse au cours des présentations successives du même stimulus.
Dans tous les cas ces indices seront établis sur chaque sujet pris
individuellement avant d'être totalisés au niveau de groupe 448 MÉMOIRES ORIGINAUX
expérimental et traduits par une valeur moyenne. Il apparaît en effet
que les méthodes classiques qui déterminent le nombre de réponses
différentes, et leur fréquence d'apparition, directement au niveau d'un
groupe de sujets, ne tiennent pas compte des différences considérables
qui existent entre les répertoires et les systèmes d'association indi
viduels (cf. Ehrlich, 1966). Dans le cas d'une étude génétique — ■ où
l'on sait (cf. p. 444, 2), a) que les éléments associés sont très variables
qualitativement d'un âge à l'autre et d'autant plus variables à l'inté
rieur d'un groupe d'âge que les enfants sont plus jeunes — - les méthodes
classiques conduiraient à une sous-estimation systématique de la force
d'association des mots chez les enfants les plus jeunes, ce qui fausserait
les comparaisons.
C'est pour éviter cette difficulté et pour atteindre réellement les
caractéristiques des systèmes d'association individuels que nous avons
été amenés à faire répéter plusieurs fois l'épreuve associative par chaque
sujet. Cependant, malgré ces précautions, on ne peut atteindre par
cette méthode le système d'association verbal pris dans sa totalité, ni
même les systèmes partiels correspondant intégralement aux 4 mots
inducteurs. En effet on ne peut être certain que toutes les réponses
données par le sujet correspondent effectivement au mot inducteur et
non pas à une réponse donnée précédemment. Il faut supposer d'autre
part que les sujets pourraient donner davantage de réponses si on leur
laissait un temps illimité.
Enfin, la vitesse d'écriture des sujets, variable d'un groupe à l'autre,
a pu jouer un rôle, bien que nous ayons choisi un temps de réponse
assez long pour que même les plus jeunes enfants puissent écrire un
nombre raisonnable de mots. Il semble, du reste, que les sujets du
groupe I n'aient utilisé effectivement qu'une partie du temps qui leur
était accordé : la médiane du nombre de mots associés varie, pour ce
groupe, entre 2,5 et 4 pour un temps de 1 mn 1/2 alors qu'un enfant
de 7 ans peut écrire 4 ou 5 mots à la minute.
La validité des indicateurs retenus pour exprimer les propriétés du
système d'association n'est donc pas assurée et c'est avec prudence qu'il
conviendra d'interpréter les résultats obtenus.
LES RÉSULTATS
I. — La dimension des systèmes d'association
1° Élaboration des indices
Dans le dépouillement des réponses, on a compté comme mots
associés tous les noms, adjectifs, verbes (à l'exclusion des auxil
iaires et des expressions telles que « il y a », « il faut que ») et
adverbes écrits par le sujet, quelle que soit leur orthographe.
Un mot répété à l'intérieur d'un essai n'a été compté qu'une BRAMAUD DU BOUCHERON 449 G.
fois ; par contre, deux mots ayant la même racine sont comptés
comme deux réponses différentes, à moins qu'il ne s'agisse d'un
verbe à temps différents ou d'un nom ou adjectif de deux
genres différents. Enfin le mot stimulus n'est jamais compté,
même s'il se trouve parmi les réponses.
Nous avons calculé :
1. Le nombre total de réponses à chaque essai :
Soit Tj le de mots associés à TRAIN à l'essai i (i de 1 à 6)
Fi — — FLEUR —
— — PAPIER — Pi
— — LION — L,
Pour chaque sujet, on calcule Aj = T{ -f- Ft -f P{ + L{-
On calcule la médiane de A^ pour chaque groupe de sujets et
pour chaque valeur de i ; les médianes sont ensuite divisées par 4
et expriment ainsi le nombre total de mots associés à un seul mot-
stimulus. Ces résultats sont représentés dans la figure 1.
2. Le nombre de mots différents associés à chaque mot-stimulus
au cours des essais successifs. — Soit t{ le nombre de mots associés
à TRAIN à l'essai i et qui n'avaient pas encore été à aux essais précédents ; on a de même fif pif l{.
Pour chaque sujet, on calcule d{ = t{ -\- f{ + p{ -f ^ pour
chaque valeur de i (i de 1 à 6).
Pour chaque groupe de sujets et chacun des essais, on calcule
la médiane des effectifs cumulés de mots différents produits
depuis le début de l'expérience. On calcule donc la médiane des :
Dx = d-y au premier essai ; celle des D2 = tfj -+- c?2 au 2e essai ;
puis celle des D3 = d± -f d2 + d3 ; et celle des D4 = rfa + d2 +
d3 + rf4, etc., jusqu'à D6. Les médianes sont ensuite divisées par 4.
Les résultats sont représentés dans la figure 2. Notons que le
dernier point (D6) de chaque courbe représente la médiane du
nombre total de mots différents associés à un mot-stimulus au
cours de toute l'expérience, pour chacun des groupes.
3. Nombre de mots identiques dans deux essais successifs. —
Soit /',- le nombre de réponses associées à TRAIN à l'essai i et
également à l'essai i-l ; (i de 2 à 6) ; on a de même f'{, p'{, l'{.
Exemple : le sujet associe à train les mots :
A R C D E au 1er essaj
A CD F G H I J au 2e essai
AR F G H I KL au 3*
On a : /', = 3 et /% = 5. 450 MEMOIRES ORIGINAUX
Pour chaque sujet et pour chaque valeur de i (de 2 à 6), on
calcule Sj = t'{ -f /'»• + p'i + l\ ', on calcule ensuite les médianes
des Sj pour chaque groupe de sujets et on les divise par 4. Ces
résultats apparaissent dans la figure 3.
2° Résultats d'ensemble et interprétation
Notons d'abord que, pour ces trois indices, les résultats du
groupe I sont constamment inférieurs à ceux des autres groupes,
©IV
essais
Fig. 1
ceux du groupe IV constamment supérieurs. En revanche, les
résultats des groupes II et III sont toujours très voisins.
Pour la figure 1, on voit que le nombre total de mots associés
est à peu près constant pour le groupe 1 à partir du 2e essai :

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