Disparités professionnelles de la mortalité des travailleurs d'Electricité et Gaz de France - article ; n°6 ; vol.42, pg 863-879

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Population - Année 1987 - Volume 42 - Numéro 6 - Pages 863-879
Chevalier A , Lfclerc A . Blanc С , у Goldberg M — Diferencias sociales y profesionales de la mortalidad de los trabajadores de la empresa Electricidad y Gas de Francia. La comparación de la mortalidad de los trabajadores de la empresa Electricidad y Gas de Francia, de 20 a 64 anos, con la mortalidad del conjunto de la poblacion mascuhna de Francia de la misma edad, es favorable a los trabajadores de la citada empresa Su tasa de mortalidad estandardizada représenta solamente un 60 °/o de la tasa de mortalidad de Francia respectiva Esta sub-mortalidad se venfica igualmente en el caso de las principales causas de muerte tumores malignos, enfermedaded cardio-vasculares, accidentes, alcoholismo Sin embargo existen importantes diferencias de mortalidad en el seno de la misma empresa, segun la situacion familiar, el mvel socio-profesional y la profesion ejercida Estas diferencias sociales de la mortalidad son del mismo orden de magnitud que en la poblacion general Estas diferencias reflejan talvez los riesgos profesionales que no pueden ser identificados con los datos anahzados en este articule
Chevalier A, Lecierc A, Blanc C, Goldberg M — Disparités professionnelles de la mortalité des travailleurs d'Electricité et Gaz de France. La comparaison de la mortalité des travailleurs d'Electricité et Gaz de France âgés de 20 à 64 ans a celle des hommes vivant en France du même age est en faveur des travailleurs de l'entreprise leur taux de mortalité standardise sur l'âge ne représente que 60 % du taux de mortalité français Cette sous-mortalité est vérifiée pour les principales causes de deces : tumeurs malignes, maladies cardio-vasculaires, accidents, alcoolisme Cependant des disparités de mortalité importantes existent dans l'entreprise en fonction du statut familial, du niveau socio-professionnel et de la profession exercée Ces disparités sociales de mortalité sont du même ordre de grandeur que dans la population générale Elles masquent peut-être des risques professionnels qui ne peuvent être identifies avec les données analysées
Chevalier A . Leclerc A , Blanc С & Goldberg M — Social and occupational inequalities in mortality rates among employees of Electricité de France and Gaz de France. A comparison of mortality rates among employees of the French electricity and gas industries aged 20 to 64, resident in France, shows lower mortality rates than in the general male population of these ages Age-standardized mortality rates in these groups were only 60 per cent of those for the French male population as a whole Mortality rates were lower from all main causes of death malignant neoplasms, cardio-vascular diseases, accidents and alcoholism Significant differences were found between mortality rates of gas and electricity workers, which depended on family status, socio-occupational group, and occupation within the industry These inequalities were of the same order of magnitude as were found in the general population The results indicate the presence of certain occupational hazards which could not be identified from the present data.
17 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1987
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A. Chevalier
A. Leclerc
C. Blanc
H. Goldberg
Disparités professionnelles de la mortalité des travailleurs
d'Electricité et Gaz de France
In: Population, 42e année, n°6, 1987 pp. 863-879.
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Chevalier A., Leclerc A., Blanc C., Goldberg H. Disparités professionnelles de la mortalité des travailleurs d'Electricité et Gaz de
France. In: Population, 42e année, n°6, 1987 pp. 863-879.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pop_0032-4663_1987_num_42_6_16988Resumen
Chevalier A , Lfclerc A . Blanc С , у Goldberg M — Diferencias sociales y profesionales de la mortalidad
de los trabajadores de la empresa "Electricidad y Gas de Francia". La comparación de la de
los de la y Gas de Francia", de 20 a 64 anos, con la mortalidad del
conjunto de la poblacion mascuhna de Francia de la misma edad, es favorable a los trabajadores de la
citada empresa Su tasa de mortalidad estandardizada représenta solamente un 60 °/o de la tasa de
mortalidad de Francia respectiva Esta sub-mortalidad se venfica igualmente en el caso de las
principales causas de muerte tumores malignos, enfermedaded cardio-vasculares, accidentes,
alcoholismo Sin embargo existen importantes diferencias de mortalidad en el seno de la misma
empresa, segun la situacion familiar, el mvel socio-profesional y la profesion ejercida Estas diferencias
sociales de la mortalidad son del mismo orden de magnitud que en la poblacion general Estas
diferencias reflejan talvez los riesgos profesionales que no pueden ser identificados con los datos
anahzados en este articule
Résumé
Chevalier A, Lecierc A, Blanc C, Goldberg M — Disparités professionnelles de la mortalité des
travailleurs d'Electricité et Gaz de France. La comparaison de la mortalité des travailleurs d'Electricité et
Gaz de France âgés de 20 à 64 ans a celle des hommes vivant en France du même age est en faveur
des travailleurs de l'entreprise leur taux de mortalité standardise sur l'âge ne représente que 60 % du
taux de mortalité français Cette sous-mortalité est vérifiée pour les principales causes de deces :
tumeurs malignes, maladies cardio-vasculaires, accidents, alcoolisme Cependant des disparités de
mortalité importantes existent dans l'entreprise en fonction du statut familial, du niveau socio-
professionnel et de la profession exercée Ces disparités sociales de mortalité sont du même ordre de
grandeur que dans la population générale Elles masquent peut-être des risques professionnels qui ne
peuvent être identifies avec les données analysées
Abstract
Chevalier A . Leclerc A , Blanc С & Goldberg M — Social and occupational inequalities in mortality rates
among employees of Electricité de France and Gaz de France. A comparison of mortality rates among
employees of the French electricity and gas industries aged 20 to 64, resident in France, shows lower
mortality rates than in the general male population of these ages Age-standardized mortality rates in
these groups were only 60 per cent of those for the French male population as a whole Mortality rates
were lower from all main causes of death malignant neoplasms, cardio-vascular diseases, accidents
and alcoholism Significant differences were found between mortality rates of gas and electricity workers,
which depended on family status, socio-occupational group, and occupation within the industry These
inequalities were of the same order of magnitude as were found in the general population The results
indicate the presence of certain occupational hazards which could not be identified from the present
data.DISPARITÉS SOCIALES
ET PROFESSIONNELLES
DE LA MORTALITÉ
DES TRAVAILLEURS
D'ÉLECTRICITÉ
ET GAZ DE FRANCE
contrôlées. n'évoluerait l'histoire. souvent reduction. et multiplier determiner croître l'Électricité Alors A. des vient LtcLERC, le La perspectives pas rôle plus que depuis évoqués de Pour A les grande protecteur le de l'on plus C. cet la trois rôle France études comprendre intéressantes fécondité, Blanc pour pensait, égard, guère, aggravant ans surprise expliquer (plus de à sur les et l'espérance l'un dix statuts M. fichiers ni démographique de des les comme Goldberg ans 150 les causes populations rythmes risques mariages, particuliers, 000 des differences auparavant, de le personnes). grandes montrent de vie professionnels les sur des ce masculine plus mats le homogènes changement, de dernières deux entreprises cas que ici soutenus mortalité de On A. des la s'est Chevalier, espère spécifiques années agents mortalité. mortalité facteurs de et ouvrent mise il et toute ainsi faut bien leur ne de à
L'étude de la mortalité a trouvé depuis quelques années un regain
d'intérêt auprès des démographes et des épidemiologistes. En effet, la
mortalité reste un indicateur fiable et sensible des disparités entre sexes,
entre régions, entre groupes sociaux et de leurs variations dans le temps
[15][5][19][8]. L'analyse de la structure de la mortalité par cause médicale
de décès permet également d'étudier les effets de disparités ou de
changements dans le mode de vie.
Les liens entre travail et mortalité n'ont cependant pas été étudiés
en France de façon aussi approfondie qu'ils le sont, par exemple, en
Grande-Bretagne [18].
Population, 6, 1987. 863 880 864 MORTALITÉ DES TRAVAILLEURS DEGF
L'analyse de la mortalité des travailleurs d'Electricité et Gaz de
France présentée ici, avait un double objectif :
— situer les travailleurs de l'entreprise par rapport à la population
générale du point de vue de la mortalité,
— évaluer l'importance respective des facteurs socio-économiques et
des facteurs directement professionnels dans l'analyse des disparités
existantes.
La mortalité des adultes est particulièrement liée aux conditions
sociales et au mode de vie. Par les conditions d'existence qu'elle implique
et par les risques qui peuvent lui être associés, la profession apparaît
comme un facteur déterminant.
Il nous a semblé utile de vérifier qu'il existait des disparités de
mortalité dans une entreprise où le personnel bénéficie d'un même statut
mais exerce des activités diverses. L'hypothèse était que les différences de mises en évidence par les études nationales [5] devaient être
atténuées par l'effet protecteur du statut mais que des risques profes
sionnels particuliers pouvaient au contraire accroître les écarts.
1. L'entreprise et son environnement
Electricité et Gaz de France emploient actuellement plus de 150 000
personnes, de nationalité française, en majorité des hommes (80%). Les
activités de cette entreprise concernent la production, le transport et la
distribution de l'énergie sous forme d'électricité et de gaz. Les emplois y
sont très variés, allant du secteur primaire au secteur tertiaire avec
quelques activités particulières telles que la production d'énergie nucléaire,
d'importantes structures de recherche et des services informatiques très
développés. Plus de 60 % des effectifs appartiennent à la Direction de la
Distribution et sont répartis sur l'ensemble du territoire national. L'âge
d'entrée dans l'entreprise se situe entre 16 et 30 ans, celui de départ en
inactivité est en principe de 60 ans pour le personnel dit « sédentaire »
(personnel administratif, cadres,...) et de 55 ans pour le personnel « actif »,
c'est-à-dire pour ceux dont les activités sont surtout manuelles. Entre 1978
et 1982, période de l'étude, les recrutements ont été plus importants que
les départs, entraînant une augmentation du personnel de 2 à 6% selon
les années.
Du fait de la nationalisation, EGF a un statut proche de celui de la
fonction publique entraînant stabilité d'emploi, bonne protection sociale
et accès à des œuvres sociales variées. Les departs de l'entreprise par
démission sont rares. Ils ne représentent, dans la période considérée que
0,15 % du personnel. Le motif le plus frequent pour quitter est
la mise en inactivité. Elle constitue environ 70% des departs, le décès et
le service militaire représentant respectivement 6 % et 9 % de cet ensemble. MORTALITÉ DES TRAVAILLEURS DEGF 865
L'existence d'un régime particulier de Sécurité sociale a permis la
mise en place d'une base de données médicales informatisée [10]; elle porte
sur tous les problèmes de santé entraînant un recours au système de
Sécurité sociale : absence pour raison médicale de courte et de longue
durée, accident du travail, maladie professionnelle, invalidité et décès en
activité. Ce sont les décès survenus de 1978 à 1982 inclus chez les
travailleurs en activité de sexe masculin qui ont été étudiés, soit 1 608
décès. Parmi eux figurent les décès en longue maladie (environ un quart
des décès) mais non les invalides.
La cause médicale du décès est établie par un médecin conseil et
codée selon une liste restreinte, compatible avec la Classification Inter
nationale des Maladies (8e révision). Est également noté, lorsqu'il existe,
un « état médical concomitant » au décès, codé selon le même principe.
2. Mortalité des travailleurs d'Électricité et Gaz de France
comparée à la situation française
La comparaison porte sur la mortalité des hommes actifs de 20 à
64 ans travaillant à EGF et celle des hommes vivant en France du même
âge. La structure par âge étant différente dans les deux populations, on
a procédé à une standardisation indirecte sur l'âge [17].
La comparaison globale des différences de mortalité est basée sur le
SMR (Standardized Mortality Ratio) :
. 100 x Nb de décès observés à EGF
Nb de attendus {l)
La sur ou sous-mortalité est testée en comparant le nombre de décès
observé au nombre attendu par un test du x2 °u de Poisson selon les
effectifs.
En raison des variations de l'âge de départ en inactivité une
comparaison restreinte à la tranche d'âge 20-54 ans a également été
effectuée. Les résultats n'en seront pas présentés car ils sont en tous points
semblables à ceux de l'étude portant sur la totalité du personnel actif.
Une sous-mortalité importante La sous-mortalité des électriciens et
des gaziers existe à tous les âges
(graphique 1). Le décrochage observé après 55 ans est dû au départ en
retraite des travailleurs « actifs », population, nous le verrons la plus
touchée. Le taux de mortalité standardisé est de 343 pour 100 000 soit 60 %
du taux français. On observe ici un résultat fréquent dans de telles études :
la mortalité d'un groupe de personnes actives est plus favorable que celle
<■> Nombre de décès attendus si les taux de mortalité par âge étaient ceux de la
population de référence ici la France année 1978, dernière année disponible. 866 MORTALITÉ DES TRAVAILLEURS D'EGF
Taux de mortalité par âge (pour 100 000)
1700 1 1 ! 1 1 1 y 1600
- 1500
- 400
- 1300
- Toutes causes confondues 1200
- 1100
- 1000
900
— 800 j
¥ nance. S - 700
- 600
/ . - 500
- - 400
- - 300 y' E.G. p.
- 200
- 100 №D • 13687 1 1 1 1 1 0
50 54 55 59
Age au dec es
Graphique 1. — Taux de mortalité par âge (pour 100 000).
Toutes causes confondues.
Tableau 1. — Mortalité par cause à EGF comparée à la mortalité française
Hommes de 20 À 64 ans.
Part des principales Comparaison globale causes médicales de la mortalité Causes médicales de deces
de décès Décès Deces SMR EGF France observés attendus (en %) (en %) en 5 ans en 5 ans
Tumeurs malignes 80* CIM 140-209 36,9 29,8 593 740
Maladies cardio-vasculaires
+ mort subite 72* CIM 390-458, 782, 796-3, 795 25,5 23,3 410 525
Accidents 63,4* CIM Chapitre XVII sauf suicides 16,2 14,1 260 410
Alcoolisme 64* CIM 291, 303, 571-0 7,2 6,4 116 182
Suicide 65* CIM E950-E959 6,6 5,3 107 163
61,6* 2 609 Total des deces 1 608
* Significatif a 1 p 1 000 MORTALITÉ DES TRAVAILLEURS D'EGF 867
Taux de mortalité
par 5ge (pour 100 000)
110
50 54 55 59 Age au décès
Graphique 2. — Taux de mortalité par âge (pour 100 000).
Ethylisme et accidents.
Taux de mortalité par âge (pour 100 000)
650
50 54 55 59
Age au dec es
Graphique 3. — Taux de mortalité par âge (pour 100 000).
Maladies cardio-vasculaires et tumeurs malignes. MORTALITÉ DES TRAVAILLEURS D'EGF 868
de la population générale [21]. Plusieurs hypothèses sont avancées pour
expliquer ce phénomène appelé « healthy worker effect » par les anglo-
saxons : une sélection par la santé à l'embauche effectuée par l'employeur
ou remployé lui-même, des changements dans les conditions d'existence
dont les principaux seraient un meilleur niveau de vie, un accès facilité
au système de soins, des habitudes différentes dans des domaines tels que
le sommeil, l'alimentation, les loisirs...
Pour les cinq principales causes de décès : tumeurs malignes,
maladies cardio-vasculaires, accidents, alcoolisme et suicide, on observe
une sous-mortalité significative du personnel EG F par rapport à la France
entière (tableau 1). Les courbes des taux de mortalité par âge des deux
populations sont très semblables mais à un niveau nettement moins élevé
à EGF (graphiques 2 et 3). L'écart est particulièrement important pour les
accidents. Parmi eux, sont enregistrés les accidents de travail. Grâce aux
mesures de prévention mises en place dans l'entreprise, ils sont peu
nombreux, 19 en moyenne par an dans la période considérée, dont 5 sont
dus à l'électricité. Il faut cependant remarquer que chez les jeunes
travailleurs le taux de mortalité par accident atteint le niveau national.
On peut se demander si ces différences ne seraient pas le reflet d'une
procédure de codification différente. Nous avons fait l'hypothèse qu'il y
avait équivalence entre la « cause principale » du certificat de décès et la
« cause de décès » des fiches de décès d'Electricité et Gaz de France mais
rien ne permet de l'affirmer. Le médecin de l'entreprise est au moment du
décès dans une situation différente de celle du médecin qui remplit le
certificat de décès : il connaît moins bien les circonstances exactes du
décès mais est mieux informé sur les antécédents. Toutefois, au niveau des
grands regroupements de diagnostics que nous avons considérés, les
différences dans la façon de coder qui existent très certainement ne
devraient pas avoir de répercussions importantes.
Mortalité par cancer Deux études réalisées dans l'entreprise sur une
période plus ancienne (1967 à 1977) faisaient
état d'une surmortalité par cancer légèrement significative par rapport à
la situation française, due principalement aux décès survenus entre 45 et
54 ans [4][2]. Un excès de cas était observé pour les localisations suivantes :
— bouche et pharynx
— localisations de l'appareil digestif autres qu'estomac et œsophage
— bronches et poumons
— appareil génito-urinaire
— cerveau et système nerveux central.
L'examen des données actuelles (tableau 2) montre que la sous-
mortalité par cancer est générale, excepté pour le cerveau et le système
nerveux central. Comme par le passé, la surmortalité observée pour cette
localisation n'est plus si nette quand on regroupe les tumeurs malignes et
les tumeurs de nature non précisée [CI M 191, 192 et 238.1]. Comparer ainsi MORTALITÉ DES TRAVAILLEURS D'EGF 869
Tableau 2. — Décès par localisation de cancer période 1978 Л 1982 (Hommes) à
EGF COMPARAISON À LA MORTALITÉ FRANÇAISE 1978
Décès observés Décès attendus SMR en 5 ans en 5 ans
Oropharynx
(bouche, pharynx)
CIM 140-149 81 99 82
Œsophage
CIM 150 51 66 77
Estomac
35 91 CIM 151 32
Autre digestif 96 92 104
Larynx 66* CIM 161 45 68
Poumon
(autre respiratoire) 76* CIM 162 126 165
Lymphoide, Hodgkin
CIM 200 a 209 49 48 101
CIM 191 184* Cerveau et SN 35 192 >
CIM 191 192 34 102 35
CIM 238-1
Gémto-unnaire
CIM 180-189 42 84 35
44* Autres 43 96
80* 740 Total 593
* Significativement différent de 100 à 1 %
l'ensemble des tumeurs du cerveau est justifié car un examen partiel des
archives portant sur 16 tumeurs du cerveau a montré qu'elles étaient toutes
codées en tumeurs malignes alors que le caractère malin n'était précisé
qu'une fois sur deux dans le dossier.
Ce renversement de tendance par rapport à la situation française est
probablement la résultante de phénomènes variés. Parmi les causes
possibles, citons : la relative diminution de l'alcoolisme grave dans l'entre
prise (l'étude [4] déjà mentionnée à propos des cancers indiquait entre 1969
et 1975 une surmortalité par alcoolisme qui n'existe plus à l'heure actuelle)
et la disparition de certaines nuisances professionnelles [2].
En conclusion, la sous-mortalité des travailleurs d'Électricité et Gaz
de France par rapport à la population générale est nette. Elle existe pour
les principales causes de décès même si certaines différences interviennent
dans les procédures de recueil et de codage des données de mortalité entre
les deux populations étudiées. Les caractéristiques démographiques et
sociales des travailleurs et les conditions de travail dans l'entreprise en sont 870 MORTALITÉ DES TRAVAILLEURS D'EGF
les causes probables. La comparaison des travailleurs non plus à la
population générale mais aux seuls actifs compléterait utilement l'analyse,
en permettant de mieux apprécier la situation réelle de l'entreprise du
point de vue de la mortalité.
3. Mortalité différentielle dans l'entreprise
La recherche de différences de mortalité à l'intérieur même d'EGF
a été faite en comparant différents groupes de travailleurs définis par des
variables démographiques et professionnelles. La méthode est la même que
précédemment, la population de référence pour le calcul des SMR étant
l'ensemble du personnel masculin [9]. Le test de Mantel-Haenszel permet
de tester l'égalité à 100 des SMR [11].
influence Les écarts de mortalité selon l'état raa-
des facteurs familiaux : trimonial sont importants : les célibatai-
la vie familiale protège res, les veufs et les séparés-divorcés ont
une mortalité double de celle des hom
mes mariés (tableau 3). La tendance est semblable pour les principales
causes de décès. Dans la population générale, ce phénomène est connu
depuis longtemps et les écarts sont du même ordre de grandeur qu'à EGF
[5][2O]. Il est retrouvé dans tous les pays industrialisés [1]. Pour les
célibataires, plusieurs types d'explications sont avancés : le célibat pourrait
être la conséquence d'un mauvais état de santé expliquant aussi le décès
prématuré; les célibataires surtout s'ils sont jeunes prendraient plus de
Tableau 3. — Mortalité selon la situation familiale
Etat Nbre de décès SMR Nbre de décès
matrimonial observés en 5 ans attendus (a) (b)
154* Célibataires 170 110
91* Mariés, Concubins 1311 1442
220* Séparés, Divorcés 86 39
225* Veufs 35 15,5
Nbre d'enfants Nbre de deces Nbre de décès SMR
a charge observés en 5 ans attendus (a) (b)
125* 0 890 711 81* 1 341 420 71* 2 225 316
3 109 119 95
4 et + 38 40 95
(a) Si les taux de mortalité par âge étaient ceux de l'ensemble du personnel
(b) Test de Mantel Haenszel significatif a 1 p 1 000*

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