Doctrine officielle et déclarations individuelles : les motivations à vivre en communauté - article ; n°1 ; vol.80, pg 7-31

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L'année psychologique - Année 1980 - Volume 80 - Numéro 1 - Pages 7-31
Résumé
Etude sur les motivations à vivre en communauté. La recherche a été faite par enquête en France auprès de 18 communautés d'orientations diverses : politiques, religieuses (chrétiennes et orientales), artisanales, pédagogiques et autres. L'observation a été faite par entretiens individuels. Les résultats de l'analyse factorielle des correspondances des énoncés individuels tendent à montrer, selon l'auteur, que les thèmes correspondent non pas à des motivations personnelles mais à des versions de la doctrine officielle du groupe.
Summary
The study was carried out to determine the motivations which lead people to live in communities. The research was done in France on 18 communities of various orientations : political, religious (Christian and oriental), craftsmen, teachers groups, and various others. The observations reported were gathered during individual interviews. A factor analysis of the correspondances of interview themes reveals a tendency for individual ideas to reflect different versions of the officiai doctrine of the group rather than personal motivations.
25 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1980
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H. Chauchat
Doctrine officielle et déclarations individuelles : les motivations à
vivre en communauté
In: L'année psychologique. 1980 vol. 80, n°1. pp. 7-31.
Résumé
Etude sur les motivations à vivre en communauté. La recherche a été faite par enquête en France auprès de 18 communautés
d'orientations diverses : politiques, religieuses (chrétiennes et orientales), artisanales, pédagogiques et autres. L'observation a
été faite par entretiens individuels. Les résultats de l'analyse factorielle des correspondances des énoncés individuels tendent à
montrer, selon l'auteur, que les thèmes correspondent non pas à des motivations personnelles mais à des versions de la doctrine
officielle du groupe.
Abstract
Summary
The study was carried out to determine the motivations which lead people to live in communities. The research was done in
France on 18 communities of various orientations : political, religious (Christian and oriental), craftsmen, teachers groups, and
various others. The observations reported were gathered during individual interviews. A factor analysis of the correspondances of
interview themes reveals a tendency for individual ideas to reflect different versions of the officiai doctrine of the group rather than
personal motivations.
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Chauchat H. Doctrine officielle et déclarations individuelles : les motivations à vivre en communauté. In: L'année psychologique.
1980 vol. 80, n°1. pp. 7-31.
doi : 10.3406/psy.1980.28300
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1980_num_80_1_28300L'Année Psychologique, 1980, 80, 7-32
Laboratoire de Psychologie sociale
Universilé René-Descarles1
DOCTRINE OFFICIELLE
ET DÉCLARATIONS INDIVIDUELLES :
LES MOTIVATIONS
A VIVRE EN COMMUNAUTÉ2
par Hélène Chauchat
SUMMARY
The study was carried out to determine the motivations which lead people
to live in communities. The research was done in France on 18 communities
of various orientations : political, religious ( Christian and oriental),
craftsmen, teachers groups, and various others. The observations reported
were gathered during individual interviews. A factor analysis of the co
rrespondances of interview themes reveals a tendency for individual ideas
to reflect different versions of the official doctrine of the group rather than
personal motivations.
L'objet de cette étude de motivations est d'analyser les
raisons pour lesquelles certaines personnes adoptent un mode
de vie communautaire plutôt qu'un mode de vie plus traditionnel
fondé sur la cellule familiale conjugale. Les communautés
actuelles, qu'il serait bien hardi d'assimiler aux utopies du
xixe siècle, mais qui leur sont cependant apparentées par leur
caractère anti-institutionnel3 et novateur4 se sont développées
1. 28, rue Serpente, 75006 Paris.
2. Le traitement statistique des données a été réalisé par Jean-Hugues
Chauchat, maître-assistant en mathématiques appliquées à l'Université de
Saint-Etienne, diplômé de l'Institut de Statistique des Universités de Paris.
3. Cette expression est utilisée par D. Hervieu-Léger (1973) à propos
des nouvelles communautés à base religieuse.
4. Les groupes communautaires actuels se développent, en effet, à l'écart
des normes de la société globale. La communauté représente une structure
malléable et non institutionnelle, qui peut être utilisée à des fins diverses.
Aussi, les communautés apparaissent-elles souvent comme de véritables
champs d'expériences dans lesquels s'expérimentent de nouvelles formes 8 Hélène Chauchat
en France, probablement vers la fin des années 60. Le choix
de ce mode de vie, par bien des aspects en rupture avec les normes
de vie traditionnelles de la société globale, incite à s'interroger
sur les raisons individuelles aui ont conduit certains à vivre en
communauté6. Cette étude consiste donc à faire l'analyse des
motifs d'ordre psychologique qui expliquent ou justifient, pour
chaque individu, l'adoption de ce mode d'adaptation à la société.
A quels besoins la communauté répond-elle ? Que recherchent
les personnes qui vivent en communauté ?
L'étude des motivations est trop complexe, trop délicate
aussi pour qu'il soit possible d'utiliser un questionnaire. Le
principe de questions formalisées et systématiques a donc été
rejeté au profit du cadre souple de l'entretien semi-directif où
le sujet en vient à s'impliquer de façon personnelle.
L'étude a été menée à partir des trois consignes suivantes :
« Pour quelles raisons as-tu choisi de vivre en communauté ? »
Cette première consigne concerne les raisons qui ont amené le
sujet à vivre en communauté.
« Es-tu satisfait de ce mode de vie et pourquoi ? » Cette
deuxième consigne l'interroge sur son expérience communautaire,
ses satisfactions, ses déconvenues..., son but étant de cerner
l'image de la communauté actuelle.
« Peux-tu me dire ce que serait pour toi la communauté
idéale ? » Cette dernière consigne, enfin, concerne l'image de la
communauté idéale ; elle essaie d'établir quels sont les rêves
des sujets en matière communautaire, quels sont leurs désirs,
leurs espoirs, leurs projets ; elle constitue le complément indi
spensable à la consigne précédente se rapportant à l'expérience
communautaire.
Les questions ont été formulées de manière très directe.
Toutefois, ce style ne risquait pas de bloquer les personnes inter
viewées, et ceci pour deux raisons. D'une part, les consignes inter-
de vie sociale ainsi que nous avons pu nous en rendre compte dans notre
étude sur les communautés : H. Chauchat, La voie communautaire. Enquête
effectuée en 1975 en France, Paris, Université René-Descartes, thèse de
3e cycle, 1977, ronéo., 433 p.
5. La définition de la communauté retenue dans cette étude est une
définition opérationnelle dont le but est d'éliminer des types de commun
autés ou de groupes qui réuniraient des personnes dans un cadre institu
tionnel sans rapport avec le mouvement de contestation sociale actuel.
Cette définition repose sur six critères : le nombre d'individus, les liens qui
existent entre ces individus, l'habitation, le caractère religieux, le but
économique, enfin l'âge et le sexe. Vivre en communauté 9
venaient au terme d'un long entretien biographique, c'est-à-dire
à un moment où la relation entre l'interviewer et l'interviewé
était déjà bien engagée. La première consigne de l'entretien
sur les motivations était en effet posée au minimum deux heures
après le début de l'entretien, durant lequel le sujet racontait
des souvenirs dans lesquels il était plus ou moins impliqué,
ce qui minimisait les risques de blocage. D'autre part, l'entretien
biographique avait produit un effet de frustration relatif : en
effet, les sujets étaient généralement très étonnés que les ques
tions ne portent pas sur la communauté mais sur leur vie ; aussi
ont-ils trouvé naturel que leur soient finalement posées des
questions sur leur expérience communautaire actuelle, qu'ils
vivent souvent intensément et dont ils parlent volontiers, une
fois la confiance acquise.
Notons que les motifs avancés correspondent plus à des
ralionalisalions qui permettent d'accepter une situation vécue
au moment présent, ou du moins dans une période récente, qu'à
quelques causes profondes que le sujet aime à se cacher à lui-
même et qui pourraient être à l'origine du choix de ce mode de
vie. C'est la raison pour laquelle, en particulier, les réponses
à la première consigne seront appelées « motifs raisonnes » : elles
nous semblent, en effet, directement issues de cette logique du
moment que chacun construit pour surmonter ses émotions.
Quelques mots encore à propos de l'hypothèse générale de
cette étude. Etant donné le caractère très personnel des moti
vations, nous avons cherché à savoir s'il était possible de définir
des types de motivations en fonction de diverses variables indi
viduelles : âge, sexe, niveau scolaire, profession. L'idée étant
que ces caractéristiques individuelles déterminent pour une large
part les motifs de la conduite. Autrement dit, nous avons cherché
à établir une correspondance entre d'éventuels types de moti
vations d'une part et des types d'individus d'autre part, les
facteurs individuels devant être, en quelque sorte, à l'origine des
motivations.
DISCOURS TYPE ET TYPES DE DISCOURS
L'analyse de contenu thématique des réponses aux trois
consignes d'entretien a permis de recenser un assez grand nombre
de thèmes dont le contenu est extrêmement varié. Les stéréo- 10 Hélène Chauchat
Tableau I. - — Liste des items des réponses
à la première consigne
« CD
CO œ CD 73 CO S ö CD CO « o '5* 03 -, D« co g 4Î co .« 3 CO (4 g *s* CD CD CD CO (h — 3 O t, "'S "g g O S CD o g 03 s •Ö o O CD <=^ ^© a. O Motifs raisonnes du choix communautaire o "O
Proximité du sujet avec le courant communautaire
avant sa venue dans la communauté actuelle
PR KO 15 Arrivée accidentelle (23,4)
LU 22 Lecture d'ouvrages (34,4)
PR EM 15 Exemple de personnes proches : mari, amant, ami (23,4) EX 17 Expérience personnelle de type communautaire (26,6)
Rejet d'un mode de vie plus que choix
d'un autre mode de vie
• Rejet du mode de vie actuel :
RE NO 16 Institution familiale (25,0) TW 17 Vie professionnelle (26,6)
NO PO 6 Travail militant (9,4) SO 11 Valeurs et normes sociales (17,2)
• Rejet du mode de vie imposé par la ville :
FU VI 11 Conditions de vie matérielles (17,2) RE 8 Relations humaines (12,5)
FU PO 3 Milieu militant (4,7)
Choix d'un nouveau mode de vie
• Recherche d'une vie différente :
RE RE 14 Nouvelle individualité (21,9) CO 10 Nouveaux rapports humains (15,6)
RE TW 11 Travail libre et créativité (17,2) PO 12 Expérience à valeur exemplaire d'une vie sociale (18,8)
nouvelle
RE GI Accomplissement spirituel 15 (23,4) SO 16 Eléments d'une idéologie nouvelle (25,0)
RE NA 5 Milieu de vie sain (5,0)
• Choix d'un mode de vie communautaire comme
base d'une vie meilleure :
CN IN 18 Epanouissement de l'individu (28,1)
CN RE 15 Amélioration et enrichissement des relations (23,4)
CN des conditions de vie EC 22 (34,4)
CN PO 4 Moyen d'action politique (6,3)
(x) Cette colonne donne la fréquence d'un thème. La fréquence correspond
au nombre de personnes qui ont évoqué ce thème au moins une fois par rapport
au total de personnes interrogées. en communauté 11 Vivre
types les plus communs s'y mêlent aux analyses les plus fines
des situations vécues ; l'enthousiasme fait parfois place à la
résignation, et l'idéalisme à un réalisme désabusé ou même
cynique. L'intérêt du discours ne varie pas nécessairement pro
portionnellement avec le niveau culturel des personnes inter
rogées. Des conditions de vie particulières — la confrontation
avec des expériences nombreuses et enrichissantes, la nécessité
de faire face à des situations pour lesquelles il n'existe pas
toujours de modèles sociaux à imiter — donnent aux paroles de
certains une grande vigueur et un caractère passionnant.
Voici, tout d'abord, les raisons pour lesquelles les personnes
vivant en communauté disent avoir adopté ce mode de vie
plutôt qu'un autre (cf. tableau I). Leur choix se fonde sur un
sentiment profond d'insatisfaction à l'égard du mode de vie
traditionnel ou courant, justifié par diverses expériences famil
iales, professionnelles, politiques, toutes décevantes, et qui ont
engendré une désillusion rédhibitoire sur ce qu'il est possible
d'attendre de la société globale.
La critique et le rejet de cette société dans son ensemble ont
conduit les uns et les autres à rechercher un autre mode de vie et
à poser les principes de base d'une vie différente et meilleure, de
formes sociales nouvelles, voire d'une société issue d'un ordre
révolutionnaire. Le mode de vie communautaire s'est alors pré
senté comme le moyen de concrétiser cette recherche, soit à la
suite de lecture d'ouvrages, soit, d'une manière plus directe,
par l'exemple d'amis ou d'autres personnes proches vivant déjà
en communauté, à moins que cela ne soit par l'expérience imméd
iate et accidentelle, mais convaincante, de ce genre de vie.
Le bilan des avantages et inconvénients de l'expérience
communautaire (cf. tableau II) est parfois lourd, et les conditions
de vie — qui sont souvent difficiles et pénibles, à la fois sur le
plan matériel et sur le plan psychologique — ont donné lieu à
de longues descriptions. Il ressort de tout cela que la vie de
groupe ne s'improvise pas, et que ceux qui en font l'expérience
en sont durement éprouvés. Toutefois, sauf en de rares cas, la
vie communautaire n'est jamais fondamentalement remise en
question : elle est critiquée à travers certaines réalisations qui
en sont faites, mais jamais dans les principes. Généralement,
quels que soient les déceptions et les échecs — dont quelques-uns
sont pourtant cuisants — le solde est positif ! L'expérience
communautaire apparaît même comme une révélation de choses, 12 Hélène Chauchat
Tableau II. — Liste des items des réponses
à la deuxième consigne
lyse
tili •a co m O ce O. 09 <n S iel ce « <X> ë » t* o u u cto a en Bilan du mode de vie communautaire : avantages 3 o o Oô.A-0 Z, -6 <^ô. et inconvénients
/nconue'n/e/î/s
• Conditions de vie matérielle :
M-HA 3 Espace communautaire et habitat communautaire (4,7)
M-SU 7 Revenus (10,9)
M-TP Temps de travail et temps de loisirs 4 (6,3)
M-TW Activités 5 (7,8)
M-NB 9 Nombre de participants (14,1)
• Aléas de la vie de groupe :
- relations à l'intérieur du groupe
R-RD 31 Expérience éprouvante (48,4)
R-RN 15 Pauvreté des relations (23,4)
R-RC 5 Devoirs et obligations (7,8)
- domaines particuliers de la vie du groupe
R-SX 7 Sexualité (10,9)
R-AU 8 Pouvoir (12,5)
- inaptitude à la vie communautaire et sélection R-KI 19 (29,6)
R-PO 4 • Perspective politique de la communauté (6,3)
6 • Aucun inconvénient (9,4)
Avantages
• Bienfait de la vie communautaire :
V + OM 15 (23,4) - équilibre
- libération
V + RE 13 (20,3) Affranchissement des conditionnements antérieurs
V + EC 11 (17,2) des rôles sociaux traditionnels
- enrichissement
V + RO 20 (31,3) Ouverture et dépassement de soi
V + PO 5 (7,8) Conscience politique et solidarité
V + GI 8 (12,5) Attestation de la vérité de l'Evangile
• Communauté = école de vie — Sagesse antique
et compagnonnage
A -f IN 11 (17,2) Approfondissement de la connaissance de soi
A + RE 11 Apprentissage des relations avec autrui
A -f TW 12 (18,8) Rencontre avec un art de vivre
(*) Cf. note tableau I. Vivre en communauté 13
différentes certes de celles qui étaient attendues, mais dont les
enseignements semblent inoubliables et la pratique irremplaç
able. Parmi les sujets interviewés, aucun n'envisage de recom
mencer à vivre autrement qu'en communauté, pas même ceux
pour qui il est devenu évident que la communauté ne peut
constituer une étape d'un processus révolutionnaire, contrai
rement à ce qu'ils avaient pensé à un moment donné. Et le choix
de ce mode de vie apparaît comme définitif.
Enfin, les réponses à propos de l'image de la communauté
idéale (cf. tableau III) sont moins abondantes et paraissent moins
riches aussi que les réponses aux deux autres questions. La
raison en est peut-être la fatigue due à cette longue interview,
à moins qu'il ne s'agisse de la relative pauvreté effective de
l'image idéale elle-même. Dans ce dernier cas, nous pourrions
penser que, là où les réalisations et la pratique existent, il est
moins besoin de chimères... Toutefois, les principes idéaux selon
lesquels il faudrait édifier une communauté ne manquent pas.
Ils concernent aussi bien l'organisation matérielle de la vie
communautaire (règlement et statuts, répartition des tâches,
gestion, rapports avec la société...) que la vie du groupe : les
devoirs de chacun envers les autres et, plus généralement, les
relations des individus entre eux. En réalité, tout se passe
comme si chacun établissait des normes théoriques et idéales
en fonction des expériences qu'il a faites : l'idéal de chacun est
en quelque sorte la morale de ce qu'il a vécu, la morale d'une
histoire, au sens propre de l'expression. Mais les sources mêmes
de cet idéal ne suppriment pas l'aspiration à la perfection et le
désir de solutions utopiques.
L'éventail des thèmes qui ont été évoqués par les interviewés
est vaste. Mais chaque sujet se situe d'une manière particulière
par rapport à cet ensemble de thèmes et ce sont ces différences
individuelles que nous allons examiner.
La recherche des groupes d'individus tenant le même discours
va nous amener à faire une comparaison des réponses données
par chacun. Le décompte des ressemblances et des différences
du discours de chacun avec le discours de chacun des autres
permettra de classer chaque individu avec tous ceux qui lui re
ssemblent le plus par le discours.
Cette étude a été réalisée par la méthode d'analyse des cor-
responsances élaborée par J.-P. Benzécri. 14 Hélène Chauchal
Tableau III. — Liste des items des réponses
à la troisième consigne
48 g, 'S
3 _« -3 "3 eu
ocl.S'd Z •§ o^a. Image de la communauté idéale
- Idéalisation
ID NO 22 (34,4) • Absence d'idéal
• Evocation d'un idéal
ID RE 21 Communauté villageoise (32,8) mondiale des prolétaires ID PO 6 (9,4)
ID GI 4 Communion des saints (6,3)
- Principes de fondement de la commun
auté idéale
• Principes concernant les conditions de
vie matérielle
MI NB 7 Nombre d'or des participants (10,9)
MI AN 3 Caractéristiques d'âge des participants (4,7)
MI HA 13 Habitat communautaire : espace privé et (20,3)
espace
MI JU 9 Statuts et règlements (14,1)
MI BU 19 Projet et orientation des activités communes (29,6)
MI ow 6 Organisation du travail (9,4)
MI EX 4 Autarcie et ouvertures économiques (6,3)
MI Moyens de production et gestion des revenus GR 12 (18,8)
• Principes concernant la vie du groupe
RI IN 40 Préceptes d'une morale communautaire (62,5)
RI RE 16 Principes d'accueil (25,0)
RI 12 Du patriarcat à l'abolition du commandement AU (18,8)
Cf. note tableau I. Vivre en communauté 15
PRÉSENTATION DE LA MÉTHODE D'ANALYSE
DES CORRESPONDANCES
On peut définir une matrice de 64 lignes et 61 colonnes,
dont le terme général n{j prend la valeur 1 ou 0 suivant que
les réponses de l'individu i contiennent ou non le thème j. La
ligne i de cette matrice représente les coordonnées de l'individu i
sur les 61 axes correspondant aux 61 thèmes retenus. Cette
matrice définit ainsi un nuage de 64 points dans un espace à
61 dimensions. Ainsi, la recherche des groupes d'individus tenant
le même discours amène à définir dans l'espace des thèmes une
proximité entre individus : seront confondus deux individus
abordant les mêmes thèmes et ignorant les mêmes thèmes ; seront
considérés comme proches deux individus présentant des slruc-
lures thématiques peu différentes, des profils d'association peu
différents.
C'est l'analyse factorielle des correspondances qui permet
le mieux de repérer et de représenter sous forme condensée ce
type de proximité entre individus et thèmes. Cette méthode
permet en effet de trouver les axes sur lesquels ces proximités
entre individus sont les mieux respectées, quand le nuage des
individus y est projeté. Les axes, ou facteurs, sont extraits
dans l'ordre décroissant du pourcentage d'inertie du nuage qu'ils
expliquent. Ainsi, la représentation du nuage des individus dans
le plan défini par les deux premiers axes est la meilleure qui
puisse se faire, dans un espace à deux dimensions, au sens du
respect des proximités définies.
On démontre qu'on peut projeter sur ces mêmes axes et
plans le nuage des points représentant les thèmes, et qu'on peut
tirer des proximités entre ces points les mêmes conclusions que
pour les individus. On montre également qu'on peut étudier
l'importance de tel ou tel thème dans les regroupements d'indi
vidus, à travers leur proximité, et vice versa. Enfin, les résultats
obtenus par l'analyse des correspondances sur des variables
codées 0 à 1 sont sensiblement meilleurs que ceux que donne
l'analyse en composante principale.
-5033.^0- *jum Jfc _ J / f . \f

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