Échelle métrique de l'intelligence de Binet Simon. . Résultats obtenus en Amérique, à Vineland - article ; n°1 ; vol.18, pg 288-326

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L'année psychologique - Année 1911 - Volume 18 - Numéro 1 - Pages 288-326
39 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1911
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Goddart
Échelle métrique de l'intelligence de Binet Simon. . Résultats
obtenus en Amérique, à Vineland
In: L'année psychologique. 1911 vol. 18. pp. 288-326.
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Goddart . Échelle métrique de l'intelligence de Binet Simon. Résultats obtenus en Amérique, à Vineland. In: L'année
psychologique. 1911 vol. 18. pp. 288-326.
doi : 10.3406/psy.1911.3859
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1911_num_18_1_3859XI
ÉCHELLE MÉTRIQUE DE L'INTELLIGENCE
DE BINET-SIMON.
RÉSULTATS OBTENUS EN AMÉRIQUE
A VINELAND, N.J.
Le professeur Binet a laissé bien des preuves tangibles d'une
. vie longue et utile. Il a enrichi la science et largement con
tribué au bien-être de l'humanité. De tous ses travaux, on
verra plus tard que son échelle métrique de l'intelligence n'est
pas le moindre. Le but de cet article est d'exposer, brièvement,
l'emploi de cette échelle en Amérique ainsi que les applications
pratiques qui en ont été obtenues.
I
L'échelle fut employée pour la première fois en Amérique à
Training School for Backward and Feeble-Minded Children
(Ecole d'application pour les enfants en retard et les faibles
d'esprit) à Vineland, New-Jersey. Cette institution possède un
département de Recherches psychologiques pour l'étude des
enfants au cerveau défectueux. Pendant le mois de jan
vier 1910, l'auteur de ces lignes étudia l'échelle suffisamment
pour pouvoir en enseigner l'emploi dans l'institution, et par
tout ailleurs où on voulut bien l'essayer.
Les premiers résultats obtenus furent publiés dans le cours
de l'été de 1910, dansle/oMrna/ of Psycho- Asthnics, volume XV,
et le même article fut reproduit dans le Pedagogical
Seminary de Septembre 1910. Ils prouvaient que les
400 élèves de l'école de Vineland, mesurés d'après l'échelle,
pouvaient être classés d'une manière qui concordait admira
blement avec la classification même de l'Institution, laquelle
était le résultat de l'expérience acquise et avait été en usage
pendant plusieurs années.
En prenant l'échelle comme base, une nouvelle classification
fut proposée et l'Association américaine pour l'étude des — ÉCHELLE MÉTRIQUE DE L'INTELLIGENCE 289 GODDARD.
faibles d'esprit (American association fort the study of the
Feeble-Minded) l'adopta provisoirement.
L'échelle Binet était ainsi virtuellement reconnue par une
compagnie américaine ayant toute autorité.
L'essai qui suivit eut lieu en septembre et octobre de la
même année. Toute une population des écoles, composée d'en
viron 2000 enfants, fut soumise à l'échelle. Dans ce cas
encore, les résultats concordèrent d'une manière remarquable
avec ceux provenant de l'expérience personnelle des maîtres,
et l'exactitude de l'échelle fut considérée comme démontrée
pour deux raisons : d'une part la courbe de distribution des
enfants « en retard », « normaux », ou « précoces » d'après
l'échelle, concordait quasi parfaitement avec la courbe normale
de distribution; d'autre part et dans l'ensemble les épreuves
n'étaient ni trop difficiles ni trop faciles puisque le sommet
de cette courbe de distribution est précisément constitué par
la masse des enfants qui réussissent les épreuves parce qu'ils
ont l'âge de les franchir.
Ces résultats furent publiés dans le Pedagogical Seminary
de juin 1911 et un résumé en est donné ci-après :
Les résultats, en ce qui concerne les enfants des six
premiers grades (ou classes) sont indiqués dans la courbe de
répartition qui suit, et par laquelle on voit que pour 554 enfants
dessous £ Au dessus
l'êge ZJIns. 3J\ns 4-./T/7S.
8 37 73 156 312 554 329
Fig. 1.
L'ANNÉE PSYCHOLOGIQUE. XVIII. ,- V j-TT <--^«r-ry"
290 MÉMOIRES ORIGINAUX
l'épreuve s'est trouvée exactement « à l'âge normal » ; c'est-à-
dire que chacun de ces enfants a répondu aux questions de son
âge. 329 étaient, d'après l'épreuve, d'une année au-dessus de
leur âge, et 312 d'une année au-dessous. De plus, 49 enfants
étaient de deux années au-dessus de la moyenne de leur âge,
14, de trois, et 2 étaient de quatre ans au-dessus, tandis que
156 enfants étaient de deux années au-dessous; 79, de trois
années au-dessous ; 37, de quatre ; huit, de cinq ; 6 de six ;
et un seul enfin, de sept années au-dessous de son âge. Ce qui
donne, pour ces six classes, un total de 1547 enfants qui
furent soumis à l'échelle (cf. fig. 1).
Le tableau I montre la répartition de ces 1547 enfants selon
leur âge mental et physique.
On voit exactement combien d'enfants étaient « en retard »,
« à l'âge » et « précoces » pour chaque âge physique.
Tableau I.
AGE MENTAL1
AGE
II III IV V VII VIII IX X XI VI XII XIII TOTAUX
4 an. 2 1 2 3 8
5 — 2 4 8 40 40 16 4 114
6 — 0 3 29 69 9 0 1 1 48 160
7 — 50 4 3 0 1 2 8 15 114 197
8 — 2 2 87 86 16 12 3 209 1
9 — 58 2 27 54 56 4 201
10 — 3 15 24 19 124 27 8 2 222
H — 1 4 13 25 50 60 12 1 166
12 — 4 10 13 42 36 39 144
13 — 1 4 6 30 19 21 7 89
14 — 1 1 6 5 4 3 20
15 — 0 1 3 2 0 6
143 326 155 Totaux. 3 6 17 81 111 337 256 88 13 1547
1. Dans ces tables, les chiffres romains représentent l'âge mental, tel qu'il
est déterminé par les épreuves de Binet. Les chiffres arabes, quand ils sont
employés pour l'âge, indiquent l'âge physique ou chronologique.
Les nombres en caractères gras montrent les enfants « à läge ».
Par exemple, parmi les enfants de quatre ans (âge physique)
l'épreuve indique comme étant :
A l'âge mental de III ans 1 enfant
— — de IV — 2 —
_ _ de V — 2 —
— — de VI — 3 — — ÉCHELLE MÉTRIQUE DE L'INTELLIGENCE 291 GODDARD.
On peut voir qu'en général les enfants avaient le développe
ment mental de la moyenne des de leur âge.
Pour quelqu'un à qui les méthodes statistiques sont familières,
la courbe ci-dessus équivaut par elle-même à une démonstrat
ion mathématique de l'efficacité des épreuves. Les résultats ne
pourraient pas, en effet, s'arranger d'eux-mêmes selon cette
courbe, — laquelle apparaît tout de suite comme une courbe
normale de répartition, — si les questions n'avaient été l'objet
d'une graduation minutieuse. En outre, si ces questions
n'étaient pas justes, âge par âge. c'est-à-dire si elles étaient ou
trop ardues ou trop faciles, le plus fort groupe ne serait pas
« à l'âge », mais serait, soit d'une année au-dessus, soit d'une
année au-dessous, selon que les questions seraient ou trop
faciles ou trop difficiles. Par conséquent, une première conclu
sion s'impose, c'est que les questions choisies par MM. Binet
et Simon sont bien au point, du moins pour les enfants de
cinq à douze ans, et qu'elles s'adaptent à l'âge auquel elles
sont destinées.
Les chiffres obtenus dans ces résultats généraux ont une
très grande signification. Il y a toute raison de croire, et cela
est confirmé par les statisticiens, qu'un groupe quelconque
de 2 000 enfants peut être considéré comme représentant les
conditions moyennes d'un groupe de n'importe quel nombre,
dans n'importe quel pays. Conséquemment, toutes les pro
portions ou pourcentages, que l'on rencontre ici, peuvent être
envisagés comme équivalant de très près aux mesures qu'on
trouverait ailleurs.
Si on n'oublie pas ce principe, il devient très édifiant de cons
tater que nous avons 78 p. 100 des enfants dans des conditions
normales ou satisfaisantes, car nous faisons passer dans le
groupe central, comme satisfaisants, ceux qui sont d'une
année au-dessus et ceux qui sont d'une année au-dessous.
Il est probable, qu'avec un système d'école idéal, quand
le surintendant est suffisamment secondé dans tous les
détails, ces enfants d'une année en retard ou d'une année en
avance seraient examinés d'un peu plus près, afin de s'assurer
si on les a fait passer dans le groupe central avec raison.
Mais, quoi qu'il en soit, cela ne saurait constituer une différence
importante. Au contraire, quand on constate des écarts plus
grands, on doit en retenir qu'on se trouve en présence de
conditions sérieuses. Par exemple, pour les enfants de plus
d'une année au-dessus de « l'âge normal », la proportion est 292 MÉMOIRES ORIGINAUX
de 4 p. 100; cela est certainement significatif : 4 p. 100 des
enfants des six premières classes de nos écoles publiques sont
particulièrement bien doués. Ils sont nés avec un meilleur
cerveau ou un meilleur protoplasma ; de sorte que, étant mieux
doués, ils ont une plus grande capacité pour les travaux de
l'école. Il n'y a aucune bonne raison, il nous semble, pour ne
pas reconnaître ces dispositions et ne pas les utiliser dans nos
écoles en donnant à ces enfants tous les avantages que leurs
dons naturels leur permettraient d'employer; en leur donnant
en d'autres termes, une plus large expérience et une instruction
plus étendue à mesure qu'ils avancent dans leurs études. Cela,
évidemment, ne veut pas dire qu'ils devraient passer plus vite
par les différentes classes, mais peut-être que leurs cours
devraient être augmentés.
Le côté gauche de la courbe de distribution nous indique
d'abord les enfants qui sont en arrière de deux et de trois ans.
L'expérience nous enseigne qu'ils sont ce qu'on appelle en
retard, tout simplement; c'est-à-dire qu'ils ne sont pas
arrêtés, d'une manière permanente, dans leur développement.
Ils constituent comme on le verra, 15 p. 100 des enfants dans
les six premières classes. Ils ont besoin d'aide mais, aidés, ils
peuvent arriver au degré normal; même s'ils restent toujours
en retard, ils peuvent, néanmoins, apprendre assez pour faire
des citoyens utiles et respectés. La classe spéciale les
enfants lents est toute indiquée pour eux.
Nous arrivons ensuite à ceux qui sont de quatre ans, ou
plus, au-dessous de leur « âge », et ici encore l'expérience est
concluante. Les enfants en arrière de quatre ans sont si en
retard qu'ils ne peuvent jamais atteindre le point satisfaisant;
en d'autres termes, ils en sont là parce qu'il y a en eux une
difficulté sérieuse qui ne peut jamais être surmontée; ce sont
des faibles d'esprit. Ils constituent 3 p. 100 des enfants des
classes mentionnées plus haut. Nous ne nous arrêterons pas à
discuter la signification sociale de ce terme, ainsi que son
importance pour tous ceux qui étudient les problèmes sociaux.
Relativement à l'éducation, nous sommes forcés de con
clure qu'il n'est pas juste de garder ces enfants dans la même
classe que l'enfant normal. On devrait les séparer des autres
et leur donner un éducateur spécial qui comprenne leur cas et
puisse les instruire autant que leur condition morale le
permet. 11 est évident qu'ils devraient tous, finalement, être
envoyés dans les établissements pour faibles d'esprit, où ils GODDARD. — ÉCHELLE MÉTRIQUE DE L'INTELLIGENCE 293
auraient des soins et seraient empêchés de contaminer la
société; en attendant qu'on puisse le faire, la classe spéciale
pour les cerveaux défectueux est probablement la solution la
plus sage.
Comme nous l'avons déjà dit, la courbe de répartition prouve,
démontre jusqu'à l'évidence, la remarquable précision de
l'échelle de Binet et Simon. Toutefois nous n'étions pas encore
entièrement satisfaits. Nous voulions savoir si chaque question
de la liste était bien à sa place, car telle est l'habileté avec
laquelle le plan a été étudié que le mode de calcul permet de
donner les résultats avec une grande finesse. L'échelle est très
flexible. Le professeur Binet écrit que, pour calculer le résultat,
on devra d'abord mettre au crédit de l'enfant l'âge mental
pour lequel il a répondu à toutes les questions sauf une.
Puis l'enfant devra être avancé d'une année pour chaque cinq
questions (quelle que soit leur répartition) auxquelles il peut
répondre au delà de ce point.
Cette manière de faire, comme nous venons de dire, donne au
système une flexibilité qui a raison de toutes les particularités
d'exercice auxquelles l'enfant a pu être assujetti, en sorte qu'il
est mesuré réellement au degré qui lui convient, sans que puisse
intervenir un accident quelconque survenu dans son instruc
tion. Mais, cela étant le cas, il est toujours possible que quel
ques-unes des questions soient ou trop difficiles ou trop faciles
pour des enfants de l'âge pour lequel elles sont faites.
Dans le but d'éclaircir ce point, nous avons repris les
réponses faites à chaque question, et dressé des tables à l'effet
de déterminer au juste quelle proportion d'enfants, aux diffé
rents âges, peuvent répondre aux différentes questions. Les
résultats de cette expérience sont indiqués dans la table ci-
après (cf. tableau II).
Explication du tableau H. — La colonne de gauche indique
l'âge mental en chiffres romains, et, au-dessous de cet âge, les
questions en chiffres arabes. Par exemple, V 1 signifie : cinq ans,
première question. Dans la colonne avec en-tête en chiffres
arabes, de 5 à 13, où ces chiffres représentent l'âge physique,
le premier nombre montre la quantité d'enfants qui ont
répondu correctement aux questions; le second montre ceux
qui ont échoué. Par exemple, dans V 1, 32 enfants ont réussi,
2 ont échoué, qui ont l'âge physique de cinq ans; cela veut
dire que ces enfants sont, d'après l'épreuve, « à l'âge » normal. 294 MEMOIRES ORIGINAUX
Tableau II.
IV.GE PHY SIQUE AGE
MENTAL
5 6 7 g 9 10 1 12 13
III
1 1 1 1
2 1 1
3 1 1
1 4 7 7 1
2 5 5 3
IV
14 I 5 1
2 14 4
3 13 2 5 1
4 14 4 1 1
V
2 I 32 20 8
2 23 11 22 3 10
7 3 20 12 14 5
4 30 4 18 8
VI
8 1 15 17 35 30 4 4
2 21 5 27 7 20 2 3
9 3 14 11 31 32 2 4
4 9 6 35 6 23 2 7
5 7 32 5 5 25 3 4
6 13 13 35 8 39 2 7 1
14 11 30 12 43 4 3 1 irTT VII 7
87 1 3 3 24 14 9 34 3
2 5 15 25 96 5 42
3 1 4 18 88 10 37 2
4 2 4 17 22 95 8 36 3
5 1 7 27 77 26 36 7
83 6 6 3 18 19 25 41 3
7 2 1 24 9 94 5 34 1
8 1 10 20 90 17 39 3
VJJ.1
1 1 2 26 33 48 13 5
2 1 4 46 49 79 14 17
3 2 8 6 9 75 90 1 17
4 1 17 47 74 15 16 1
5 4 21 34 40 10 4 • 6 1 52 16 87 2 17 1
IX
1 1 20 49 33 48 7 4
2 13 11 85 4 2 55 1
3 1 11 38 33 23 3 1
4 1 1 3 19 27 45 27 3
5 1 7 22 10 2 1 43 1
6 1 1 16 24 11 3 1 44 1
X
1 1 11 6 6 102 3 2 48 14 2 14 104 5 31 10 2
3 5 4 27 92 17 11 13 2 2
4 1 98 8 2r 13 8 2
XI
1 1 10 67 34 4 7 48 3
2 41 14 1 8 51 39 3 2
3 1 8 10 35 3 3 1
4 8 20 71 37 16 5
5 2 9 35 9 1 28 3
XII
1 1 8 29 23 28 37 7 2 1 2 1 2 18 7 45 5 3 1 44
3 5 30 21 2 8 15 2
4 3 3 2 1 1 20 40 XIII
1 1 4 8 10 29 4 1 2 2 3 17 4 7 1 CO 17 4 7 4 1
II GODDARD. — ÉCHELLE MÉTRIQUE DE L'INTELLIGENCE 295
Ils ont cinq ans et ont subi, avec succès, l'épreuve prescrite
pour cinq ans. La colonne suivante, vers la droite, montre ce
que les enfants de six ans ont fait avec la même question :
20 ont réussi ; il n'y a pas eu d'échec. De la manière, on
peut voir quelle est la proportion d'enfants plus âgés qui ont
réussi. Par exemple, dans VII 3 nous avons comme étant de
leur âge, c'est-à-dire de sept ans, 88 enfants contre 10. Pour
les enfants de six ans, nous en voyons 4 contre 18 passer cette
épreuve et parmi ceux de huit ans, 37 2. Ce qui dénote
que la question est bien à sa place puisqu'elle est trop difficile
pour six ans, 4 ayant réussi, contre 18 qui ont échoué.
Nous considérons qu'une question est mal placée dans
l'échelle si les enfants à qui elle est posée n'y répondent pas
correctement dans une proportion de 75 p. 100.
En examinant la table, on verra que les questions suivantes
sont mal placées parce qu'elles sont trop difficiles : — Ques
tion VI 2. Les succès sont, « à l'âge », de 5 contre 27 échecs,
pour les enfants de six ans ; pour ceux d'un an plus âgés,
2 contre 3. Bien que ces chiffres soient trop faibles pour être
éloquents, on voit que, même parmi les enfants de huit ans, la
moitié des sujets ne semblent pas avoir répondu à la question.
— Question VIII i : nous voyons que 33 enfants de huit ans ont
réussi, alors que 48 ont échoué; pour ceux d'un an plus vieux,
nous avons 13 succès contre 5 échecs. Il est clair que la ques
tion est trop difficile pour huit ans. — Question VIII 5 :
34 enfants ont bien répondu et 40 ont échoué; mais parmi les plus âgés d'un an, 10 ont réussi et 4 ont échoué.
Cette question devrait être transférée à un âge plus avancé. —
Question XII 3 : enfants de douze ans, 15 succès et 21 échecs.
Pour ceux d'un an plus âgés, le résultat est 2 contre 2. — Ques
tion IX 3 : enfants de 9 ans, 33 succès et 23 échecs. Ici les
succès dépassent les échecs, mais la proportion n'est pas assez
large.
Ces cinq questions sont les seules qui soient positivement
trop difficiles et elles devraient ou bien être renvoyées à un âge
plus avancé, ou bien être modifiées de manière à être rendues faciles.
Inversement, si on examine les questions trouvées trop
faciles, on voit que pour la question VIII 3 (enfants de huit ans)
il y a eu 20 succès contre 1 échec; les enfants plus jeunes d'un
an ont répondu dans la proportion de 27 contre 5, et même
ceux de deux ans plus jeunes, dans celle de 8 contre 6. Il est 296 MÉMOIRES ORIGINAUX
évident que cette question pourrait, sans inconvénients, passer
à sept ans. — La XI 2 donne 55 succès contre 0. Les
enfants d'un an plus jeunes ont répondu dans la proportion
de 85 contre 4, et ceux de deux ans plus jeunes dans celle de 13
contre 11. Cette question devrait passera huit ans. — La ques
tion X i (enfants de 10 ans) nous donne pour les enfants de
cet âge 102 succès contre 3 échecs ; chez les enfants d'un an
plus jeunes, 48 contre 6 ; chez ceux de deux années plus jeunes,
1 contre 6. Cette question devrait, de même que la précédente,
être portée à un an en arrière, au moins. — La question X 2
montre « à l'âge » 104 succès contre 5 échecs; pour les enfants
d'un an plus jeunes, 31 contre 14; pour ceux de deux ans plus
jeunes, 5 contre 4. — Pour la question XII 2 enfin, toutes les
réponses sont satisfaisantes ; « à l'âge », 44 contre 0; parmi les
enfants d'un an plus jeunes, 45 ont réussi et 5 ont échoué;
pour les enfants de deux ans plus jeunes, la proportion est de
18 contre 7; pour ceux de trois ans plus jeunes elle est de
3 0. Cette question devrait être transférée aux enfants
d'une année plus jeunes.
Les résultats indiqués dans le tableau II proviennent d'en
fants qui tous avaient le niveau mental de leur âge; c'est-à-
dire qu'un enfant avait pu échouer sur une question, mais,
dans l'ensemble, il subi avec succès la série d'épreuves
de son âge.
Il valait la peine, nous a-t-il semblé, de déterminer si les
mêmes conséquences s'observaient, approximativement, pour
les enfants qui s'écartaient de « l'âge normal ». Nous avons
donc étudié le même problème pour ceux qui étaient quant à
leur niveau mental de une, deux ou trois années au-dessus
et au-dessous de leur âge. Comment, par exemple, un enfant
réellement âgé de neuf ans, mais qui ne mesure que six ans à
l'échelle, se comporte-t-il par rapport à des enfants de six ans?
De tels enfants ont-ils, dans l'ensemble, réussi ou échoué dans
le même rapport, ou à peu près, que ceux dont l'âge physique
est réellement 6 ans?
Un exemple éclaircira le problème. Prenons la question VI 1.
Parmi les enfants « à l'âge », 35 y ont répondu correctement;
8 ont échoué. De ceux qui sont d'une année au-dessus de
« l'âge » (c'est-à-dire les précoces) 34 ont réussi et 8 ont échoué ;
c'est à peu près la même proportion. Tous les enfants de deux
années au-dessus ont réussi : 4 contre 0. Enfin parmi ceux qui

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