Effets respectifs de la spécificité et de la structuration dans la reconstruction, la reconnaissance et le rappel de syllabes sans signification - article ; n°2 ; vol.70, pg 443-459

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L'année psychologique - Année 1970 - Volume 70 - Numéro 2 - Pages 443-459
Résumé
Les effets de la spécificité (déterminée par le nombre plus ou moins élevé de lettres communes aux différents tri grammes d'une liste) et ceux de la structuration (provoquée par la prononciabilité initiale plus ou moins élevée de ces trigrammes) sont examinés dans des épreuves de reconstruction, de reconnaissance et de rappel libre effectuées successivement par chacun des sujets de quatre groupes expérimentaux. Dans le groupe A, les tri-grammes sont à la fois spécifiques et structurés ; ils sont spécifiques et peu structurés dans le groupe B, peu spécifiques et structurés dans le groupe C ; ils ne sont ni spécifiques ni structurés dans le groupe D.
On observe les résultats suivants :
— La spécificité initiale forte des trigrammes conduit à un effet facilitateur massif sur la reconstruction, la reconnaissance et le rappel (p < .001).
— La structuration initiale forte des trigrammes a un effet facilitateur important et très significatif également (p < .001) sur la reconstruction, la reconnaissance et le rappel.
— Les corrélations calculées entre les trois épreuves et pour les quatre groupes, sur la base des performances réalisées pour chaque item, sont comprises entre .868 et .956. Toutes sont significatives au seuil de .01. On en a tiré Vhypothèse que les comportements mis en œuvre dans ces épreuves dépendaient d'un même processus de différenciation, lui-même déterminé essentiellement par la spécificité et la structuration.
Summary
The effects of specificity (determined by the greater or lesser number of common letters in the different trigrams of a list) and those of structuration (caused by the greater or lesser degree of initial pronunceability of the trigrams) were examined in experiments of reconstruction, recognition, and free recall carried on by each of the subjects of four experimental groups. In group A the trigrams are both specifie and structured ; they are specifie and not very structured in group B ; structured and not very specifie in group C, and neither specifie nor structured in group D.
The following results are obtained :
— The strong initial specificity of the trigrams leads to massive facilitation of reconstruction, recognition and recall (p < .001) ;
— The strong initial structuration of the trigrams has important and equally significant facilitating effects (p < .001) on reconstruction, recognition and recall;
— The correlations calculated for the three dependent measures and for the four groups, based on performances for each item, fall between .868 and .956 : ail are significant within a limit of .01. From these results the hypothesis was drawn that the types of behavior put into operation in these experiments depended on the same differentiation process which is essentially determined by specificity and structuration.
17 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1970
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P. Goirier
Effets respectifs de la spécificité et de la structuration dans la
reconstruction, la reconnaissance et le rappel de syllabes sans
signification
In: L'année psychologique. 1970 vol. 70, n°2. pp. 443-459.
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Goirier P. Effets respectifs de la spécificité et de la structuration dans la reconstruction, la reconnaissance et le rappel de
syllabes sans signification. In: L'année psychologique. 1970 vol. 70, n°2. pp. 443-459.
doi : 10.3406/psy.1970.27907
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1970_num_70_2_27907Résumé
Résumé
Les effets de la spécificité (déterminée par le nombre plus ou moins élevé de lettres communes aux
différents tri grammes d'une liste) et ceux de la structuration (provoquée par la prononciabilité initiale
plus ou moins élevée de ces trigrammes) sont examinés dans des épreuves de reconstruction, de
reconnaissance et de rappel libre effectuées successivement par chacun des sujets de quatre groupes
expérimentaux. Dans le groupe A, les tri-grammes sont à la fois spécifiques et structurés ; ils sont
spécifiques et peu structurés dans le groupe B, peu spécifiques et structurés dans le groupe C ; ils ne
sont ni spécifiques ni dans le groupe D.
On observe les résultats suivants :
— La spécificité initiale forte des trigrammes conduit à un effet facilitateur massif sur la reconstruction,
la reconnaissance et le rappel (p < .001).
— La structuration initiale forte des trigrammes a un effet facilitateur important et très significatif
également (p < .001) sur la reconstruction, la reconnaissance et le rappel.
— Les corrélations calculées entre les trois épreuves et pour les quatre groupes, sur la base des
performances réalisées pour chaque item, sont comprises entre .868 et .956. Toutes sont significatives
au seuil de .01. On en a tiré Vhypothèse que les comportements mis en œuvre dans ces épreuves
dépendaient d'un même processus de différenciation, lui-même déterminé essentiellement par la
spécificité et la structuration.
Abstract
Summary
The effects of specificity (determined by the greater or lesser number of common letters in the different
trigrams of a list) and those of structuration (caused by the greater or lesser degree of initial
pronunceability of the trigrams) were examined in experiments of reconstruction, recognition, and free
recall carried on by each of the subjects of four experimental groups. In group A the trigrams are both
specifie and structured ; they are specifie and not very structured in group B ; structured and not very in group C, and neither nor structured in group D.
The following results are obtained :
— The strong initial specificity of the trigrams leads to massive facilitation of reconstruction, recognition
and recall (p < .001) ;
— The strong initial structuration of the trigrams has important and equally significant facilitating effects
(p < .001) on reconstruction, recognition and recall;
— The correlations calculated for the three dependent measures and for the four groups, based on
performances for each item, fall between .868 and .956 : ail are significant within a limit of .01. From
these results the hypothesis was drawn that the types of behavior put into operation in these
experiments depended on the same differentiation process which is essentially determined by specificity
and structuration.Laboratoire de Psychologie de la Faculté des Lettres
et Sciences humaines de Poitiers
EFFETS RESPECTIFS DE LA SPÉCIFICITÉ
ET DE LA STRUCTURATION
DANS LA RECONSTRUCTION
LA RECONNAISSANCE ET LE RAPPEL
DE SYLLABES SANS SIGNIFICATION
par Pierre Goirier
SUMMARY
The effects of specificity (determined by the greater or lesser number
of common letters in the different trigrams of a list) and those of structu
ration (caused by the greater or lesser degree of initial pronunceability
of the trigrams) were examined in experiments of reconstruction, recognit
ion, and free recall carried on by each of the subjects of four experimental
groups. In group A the trigrams are both specific and structured ; they
are specific and not very structured in group B ; structured and not very
specific in group C, and neither specific nor in group D.
The following results are obtained :
— The strong initial specificity of the trigrams leads to massive
facilitation of reconstruction, recognition and recall (p < .001) ;
— The strong initial structuration of the trigrams has important and
equally significant facilitating effects (p < .001) on reconstruction,
recognition and recall;
— The correlations calculated for the three dependent measures and
for the four groups, based on performances for each item, fall between .868
and .956 : all are significant within a limit of .01. From these results the
hypothesis was drawn that the types of behavior put into operation in these
experiments depended on the same differentiation process which is essent
ially determined by specificity and structuration. 444 MÉMOIRES ORIGINAUX
De très nombreux facteurs ont été mis en avant pour inter
préter les diverses caractéristiques des apprentissages verbaux :
similitude, familiarité, significativité, fréquence d'usage, inté
gration, etc. A la suite d'une longue expérimentation dans ce
domaine, deux propriétés principales de ces facteurs se dessinent
progressivement :
— La première se rapporte aux caractéristiques de similitude
et de spécificité du matériel utilisé lors de l'apprentissage.
On sait que Gibson (1940) fait de la discrimination des stimulus
une condition primordiale de l'apprentissage verbal : une meil
leure discrimination, ou différenciation, des stimulus, en relation
inverse avec leur similitude physique, doit conduire à une décrois
sance des effets de généralisation et faciliter l'apprentissage
dans une épreuve associative S-R. Cette relation a été amplement
démontrée.
Ultérieurement, Gibson et Gibson (1955) et Robinson (1955)
ont montré que la discrimination de deux stimulus dépend en
premier lieu de l'identification de leurs caractéristiques spéci
fiques ; ils entendent par là l'appréhension correcte par le sujet
de tout élément appartenant à un stimulus et à lui seul. Ils
ont observé que l'apprentissage discriminatif de formes géomét
riques complexes est d'autant plus rapide que ces formes sont
moins similaires et qu'elles évoquent davantage de réponses
d'identification spécifiques à chacun des stimulus critiques
(des réponses de dénomination verbale, par exemple). La di
scrimination des stimulus dépend donc tout à la fois de leurs
caractéristiques physiques (la similitude) et de la spécificité des
mécanismes de réception psychologiques particuliers à chaque
individu (les réponses d'identification) qui correspondent à ces
caractéristiques1.
— Parmi les propriétés des facteurs efficaces dans l'apprent
issage, il en est une seconde qui paraît également essentielle :
la structuration, ou intégration. Dans les apprentissages verbaux,
les items utilisés comme stimulus ou comme réponses sont le
plus souvent composites, constitués de plusieurs éléments dis
tincts. L'utilisation de ces items nécessite que leurs éléments
constituants soient regroupés par le sujet, intégrés dans un
1. Cette correspondance n'est jamais totale ni directe : elle est fonction
des apprentissages antérieurs de l'individu et de la nature de la tâche :
on en trouvera une illustration significative dans les phénomènes de sélection
indicielle mis en évidence par Underwood, Ham et Ekstrand (1962). P. COIRIER 445
ensemble unitaire et stable. Dans le cas d'un stimulus-mot, par
exemple, les lettres perdent leur autonomie fonctionnelle au
profit de la structure supérieure, organisée, que représente ce
mot. La structuration des éléments d'un groupe, la formation
de liaisons associatives multiples entre ces éléments, selon les
définitions de Mandler (1954) et d'Ehrlich (1968), représente une
condition primordiale dans l'utilisation de ce groupe en tant que
tel.
Dans l'apprentissage associatif, en particulier, on a montré
que la structuration des réponses provoque une meilleure dispo
nibilité de ces réponses : s'agissant de trigrammes non signi
ficatifs, par exemple, on observe que plus ces (utilisés
comme réponses) sont structurés, plus rapide est la phase d'ap
prentissage de la réponse (mesurée par la première apparition
de cette réponse pour quelque stimulus que ce soit) et moins il
y a d'erreurs mixtes (confusions entre les lettres de plusieurs
réponses) (Underwood et Schlulz, 1960 ; Blanchard, 1967).
De plus en plus souvent, les deux types de variables évoqués
ci-dessus tendent à acquérir un statut déterminant dans l'inte
rprétation des apprentissages (voir notamment les modèles de
l'apprentissage associatif proposés par Morikawa (1959) et
Mac Guire (1961)). Ainsi Saltz (1961) définit la différenciation
d'un élément dans un ensemble, par sa plus ou moins grande
probabilité d'utilisation correcte : 1) en fonction inverse de la
similitude de cet élément par rapport aux autres éléments de
l'ensemble, et 2) en fonction du taux de renforcement antérieur
de cet élément, c'est-à-dire de sa fréquence d'apparition ou
d'utilisation. Or, en ce qui concerne la seconde variable invoquée
par Saltz, on a observé que plus souvent un groupe d'éléments
est présenté et utilisé, plus les liaisons entre ces éléments se ren
forcent, plus la structuration du groupe s'accroît (Spear, Ekstrand
et Underwood, 1964 ; Steiner et Sobel, 1968).
Les concepts de spécificité et de structuration : définitions
Compte tenu de l'importance de ces variables et de l'extrême
diversité des définitions qui s'y rapportent, il convient mainte
nant de tenter de leur donner un contenu conceptuel plus précis.
Pour ce faire, on reprendra les définitions proposées par Ehrlich
(1968) :
— Par spécificité d'un stimulus, on désigne la singularité MÉMOIRES ORIGINAUX 446
des éléments qui le constituent quant à leur nature, leur nombre
et leur mode d'organisation. Un stimulus est spécifique quand
ses éléments n'appartiennent qu'à lui seul et à aucun autre st
imulus du même ensemble, et quand l'organisation de ces éléments
(leur ordre spatiotemporel notamment) est entièrement différente
de celle des autres stimulus de l'ensemble considéré. Il en résulte
que la spécificité d'un est toujours relative à l'ensemble
dans lequel il est inclus au cours d'une tâche particulière.
La du stimulus se traduit par l'existence, au
plan psychologique, de réponses d'identification, de mécanismes
de réception eux-mêmes spécifiques. La spécificité des items
utilisés dans un apprentissage doit alors conduire à une utilisation
plus facile de ces items, et par exemple à une diminution des
erreurs dans une épreuve de reconnaissance, de la généralisation
dans une épreuve associative, etc.
— La structuration d'un groupe d'éléments exprime la force
des liaisons entre ces éléments et dépend essentiellement du
nombre de fois où ils ont été utilisés conjointement par le sujet.
Dans ce sens, un mot significatif, une syllabe, un trigramme sans
signification, etc., sont d'autant plus structurés que leurs éléments
littéraux, syllabiques, phonétiques, sémantiques, etc., ont été
plus fréquemment utilisés conjointement. Il devrait en résulter
une plus grande facilité d'utilisation des items, lorsque ceux-ci
sont structurés, dans toute tâche où ils doivent être utilisés,
comme des ensembles d'éléments unitaires et stables et non pas des collections sans liens entre eux.
La différenciation d'un groupe d'éléments résulte des effets
combinés de la spécificité et de la structuration. Un groupe est
d'autant plus différencié que les éléments qui le composent
sont plus spécifiques par rapport à l'ensemble du répertoire du
sujet, et plus fortement liés entre eux, plus structurés. La diff
érenciation détermine la probabilité d'utilisation du groupe en
tant que tel dans toute tâche perceptive ou motrice impliquant
la manipulation d'un ensemble plus vaste de groupes analogues
(détection, reconnaissances, reconstruction, rappel, etc.).
En vue d'apprécier le rôle respectif de la spécificité et de la
structuration comme facteurs d'apprentissage, on fait apprendre
aux sujets 8 trigrammes dont la spécificité et la structuration
initiales varient, dans trois épreuves distinctes : l'une consistant à COIRIER 447 P.
reconstruire les trigrammes entiers lorsqu'une lettre leur est
enlevée, une autre à reconnaître ces trigrammes parmi d'autres
trigrammes similaires, la dernière enfin à les rappeler de mémoire.
HYPOTHÈSES
1. La spécificité initiale forte de trigrammes sans signification
facilite la reconstruction, la reconnaissance et le rappel libre
de ces trigrammes.
2. La structuration initiale forte des trigrammes facilite
de même leur reconstruction, leur reconnaissance et leur rappel
libre.
3. La la et le rappel font
intervenir un même processus de différenciation déterminé par
les deux composantes évoquées ci-dessus : la spécificité et la
structuration. Il devrait en résulter une relation positive forte
entre les performances réalisées au cours des trois épreuves.
MÉTHODE
MATÉRIEL ET CONDITIONS EXPÉRIMENTALES
On utilise 4 listes de 8 trigrammes sans signification, dont chacun
comprend deux consonnes et une voyelle (cf. annexe I).
— La spécificité forte ou faible de ces items est déterminée par le
nombre plus ou moins élevé des consonnes utilisées pour faire les 8 tr
igrammes d'une liste. Dans les listes A et B, la spécificité est forte :
on utilise 16 consonnes différentes. Dans les listes C et D, la spécificité
est faible : on utilise 4 consonnes seulement ; afin de diminuer encore
la spécificité dans ces deux dernières listes, on a d'ailleurs choisi les
consonnes B, P, V et F, très similaires phonétiquement. Dans chacune
des listes, on utilise 4 voyelles. Dans les listes C et D, toutefois, on a
évité qu'il y ait trois lettres communes entre deux trigrammes.
— La structuration forte ou faible des mêmes trigrammes est déter
minée par leur prononciabilité initiale plus ou moins élevée1 : chaque
1. On considère ici que le caractère plus ou moins facilement prononçable
d'un trigramme a un effet déterminant sur sa structuration : d'une part,
on peut supposer que la structuration et la prononciabilité de ce trigramme
ont une origine commune : la plus ou moins grande fréquence d'utilisation
conjointe de ses éléments littéraux ou phonétiques. D'autre part, dans
diverses épreuves, prononciabilité et structuration ont les mêmes effets :
Underwood et Schulz (1960), en particulier, ont montré que dans une 448 MÉMOIRES ORIGINAUX
item se composant de deux consonnes (c) et d'une voyelle (v), on a rendu
la combinaison de ces trois lettres le moins prononçable possible en les
rangeant dans l'ordre v-c-c, pour les listes B et D. On l'a rendue très
prononçable, au contraire, dans les listes A et C, en rangeant les lettres
dans l'ordre c-v-c.
A chacune des listes A, B, C et D correspond un groupe expérimental
désigné par la même lettre.
PROCÉDURE
L'expérience comporte trois séries d'épreuves différentes et alternées :
1. Des épreuves de reconstruction des trigrammes. — On présente
visuellement pendant 20 s les 8 trigrammes, puis on les de
nouveau pendant 40 s avec une lettre manquant à chacun d'eux, rem
placée par un tiret. Le sujet doit replacer les lettres manquantes.
La position de la lettre manquante diffère d'un essai à l'autre ; toutes
les positions sont utilisées successivement.
2. Des épreuves de reconnaissance. — Les 8 trigrammes corrects
sont de nouveau présentés pendant 20 s, puis on les présente mélangés
à 24 trigrammes nouveaux très similaires.
Le sujet dispose de 40 s pour détecter les trigrammes corrects.
Les nouveaux sont construits avec les mêmes lettres
que les trigrammes corrects, mais ces lettres sont arrangées différemment
(on leur donne cependant le même ordre c-v-c ou v-c-c que celui des
trigrammes corrects correspondants).
3. Des épreuves de rappel libre. — On présente encore pendant 20 s
les corrects et le sujet dispose ensuite de 40 s pour les repro
duire dans l'ordre de son choix.
Chaque sujet doit réaliser ces trois épreuves successivement dans
l'ordre : reconstruction, reconnaissance puis rappel, mais alors qu'on
effectue 12 essais pour la reconstruction et la reconnaissance, on n'en que 4 pour le rappel (aux essais 3, 6, 9 et 12). L'ordre des items
présentés varie d'une épreuve à l'autre, d'un essai à l'autre.
Dans chaque groupe, au premier essai, une moitié des sujets
commence par l'épreuve de reconstruction et l'autre par l'épreuve
de reconnaissance. Cette variable n'ayant en rien affecté les performances
ultérieures, il n'en sera plus tenu compte par la suite.
épreuve associative, la prononciabilité et l'intégration littérale fortes des
réponses conduisent à une même facilitation au niveau de la phase d'apprent
issage de ces réponses. Ils ont obtenu, de plus, une corrélation significative
(/• = .72) entre les indices de prononciabilité et d'intégration littérale pour
une série de 8 trigrammes.
Il est toutefois possible qu'en liaison avec la prononciabilité interviennent
d'autres facteurs, tel le degré de signification notamment. P. COIRIER 449
SUJETS
Les sujets sont des jeunes filles de 16,5 à 20 ans, prises dans les classes
de première classique et moderne du Lycée de Jeunes Filles de Niort1.
Elles sont réparties en nombre égal dans les quatre groupes à raison de
12 sujets par groupes.
TABLEAU I
Résumé de l'analyse de variance
pour les épreuves de reconstruction, de reconnaissance
et de rappel
Valeurs de F
Sources de variation Nature de l'épreuve analysée
Reconstruction Reconnaissance Rappel libre
250,94*** 272,38*** 157,63***
Spécificité (1/44) (1/44) (1/44)
20,36*** 32,33*** 12,98***
Structuration
(1/44) (1/44) (1/44)
4,39* Spécificité
x (1/44)
22,00*** 26,87*** 50,91***
Essais
(11/484) (11/484) (3/132)
3,45*** 1,25 Spécificité 2,43
x essais (3/132) (11/484) (11/484)
1,15 1 33 Structuration
x essais (11/484) (11/484)
1,93* 2,42 Spécificité
x structuration (3/132) (11/484) x essais
Seuils de signification : * *** ** =p<.01; = p < .05. .001 ;
Les degrés de liberté correspondant à chaque F sont indiqués entre
parenthèses.
1. Nous remercions tout particulièrement de sa collaboration Mme Bord,
professeur au Lycée de Niort, qui nous a permis de réaliser cette expérience
dans sa classe et nous a donné toutes facilités pour cela. 450 MÉMOIRES ORIGINAUX
RÉSULTATS
Les résultats des épreuves de reconstruction, de reconnais
sance et de rappel sont présentés respectivement dans les figu
res 1, 2 et 3. Us expriment le nombre moyen de réponses correctes,
c'est-à-dire le nombre moyen de trigrammes correctement reconst
ruits, reconnus ou appelés à chaque essai par les sujets des
quatre groupes (le maximum est de 8 pour chaque type d'épreuve).
Une analyse de variance a été effectuée pour chacune des
trois séries d'épreuves. Les principaux résultats de ces analyses
sont résumés dans le tableau I.
I. — Effets de la spécificité
ET DE LA STRUCTURATION INITIALES DES TRIGRAMMES
a) Les effets de la spécificité et de la structuration initiales
des trigrammes sont extrêmement similaires pour la recons
truction, la reconnaissance et le rappel. On le remarque aisément
en comparant la répartition des courbes des quatre groupes
pour ces trois types d'épreuves (fig. 1, 2 et 3), ou en examinant
les résultats des analyses de variance correspondantes.
1. L'effet de la spécificité initiale des trigrammes est massif :
pour la reconstruction comme pour la reconnaissance et le rappel,
les groupes A et B (trigrammes spécifiques) sont respectivement
très supérieurs aux groupes G et D (trigrammes non spécifiques).
Dans les trois cas, la différence est hautement significative
fp < .001).
2. De même, l'effet de la structuration initiale des trigrammes
est important, avec un degré moindre toutefois, dans les trois
types d'épreuves. Les groupes A et G (trigrammes structurés)
sont respectivement supérieurs aux groupes B et D (trigrammes
non structurés), et ceci de façon également très significative
(p < .001).
Ceci confirme nos deux premières hypothèses selon lesquelles
la spécificité comme la structuration d'un groupe d'élém nts
littéraux constituent des variables facilitatrices très efficaces
dans la reconstruction, la reconnaissance et le rappel de ce groupe.
Que dans les trois cas la spécificité ait un effet beaucoup plus
important que celui de la structuration (en gros le double)
ne signifie pas forcément que la spécificité ait une importance

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