Effets séquentiels dans l'estimation du temps par double évitement chez le rat - article ; n°1 ; vol.67, pg 1-21

De
Publié par

L'année psychologique - Année 1967 - Volume 67 - Numéro 1 - Pages 1-21
Summary
The responses of the rat in a double avoidance situation sesm characterized by a systematic temporal overestimation. In fact, the reinforcement serial effects are probably responsible of this phenomenon : each response leads the following one, which reproduces or corrects the latency of the former response, according as it was followed by a shock or by a going out. So, the estimations group themselves on one bound of the « safety » temporal interval proposed to the rat, generally the lower bound. But with a good adjustment of the intensity of the shocks punishing the advances and the delays and after a long learning, sequences of underestimations which alternate with sequences of overestimations appear and, for explaining the data, it is necessary to hypothesize the double possibility of centration on both bounds of the temporal interval.
Résumé
Les réponses fournies par le rat dans la situation de double évitement ont pu donner l'impression d'une surestimation temporelle systématique. En fait les effets séquentiels de renforcement sont probablement à l'origine de ce phénomène, car chaque réponse guide la suivante, qui en reproduit la latence ou la corrige, selon qu'elle a été suivie par un choc ou par une sortie. De cette manière les estimations finissent par se grouper sur l'une des limites de l'intervalle temporel « de sûreté » proposé au rat, habituellement la limite inférieure. Cependant, grâce à un ajustement judicieux de l'intensité des chocs punissant les avances et les retards, et après apprentissage prolongé, des séquences de sous-estimations apparaissent, qui alternent avec celles de surestimations, et pour rendre compte des données il faut faire l'hypothèse de la double possibilité de centration sur l'une et l'autre limites de l'intervalle temporel.
21 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1967
Lecture(s) : 5
Nombre de pages : 22
Voir plus Voir moins

Marc Blancheteau
Effets séquentiels dans l'estimation du temps par double
évitement chez le rat
In: L'année psychologique. 1967 vol. 67, n°1. pp. 1-21.
Abstract
Summary
The responses of the rat in a double avoidance situation sesm characterized by a systematic temporal overestimation. In fact, the
reinforcement serial effects are probably responsible of this phenomenon : each response leads the following one, which
reproduces or corrects the latency of the former response, according as it was followed by a shock or by a going out. So, the
estimations group themselves on one bound of the « safety » temporal interval proposed to the rat, generally the lower bound.
But with a good adjustment of the intensity of the shocks punishing the advances and the delays and after a long learning,
sequences of underestimations which alternate with sequences of overestimations appear and, for explaining the data, it is
necessary to hypothesize the double possibility of centration on both bounds of the temporal interval.
Résumé
Les réponses fournies par le rat dans la situation de double évitement ont pu donner l'impression d'une surestimation temporelle
systématique. En fait les effets séquentiels de renforcement sont probablement à l'origine de ce phénomène, car chaque réponse
guide la suivante, qui en reproduit la latence ou la corrige, selon qu'elle a été suivie par un choc ou par une sortie. De cette
manière les estimations finissent par se grouper sur l'une des limites de l'intervalle temporel « de sûreté » proposé au rat,
habituellement la limite inférieure. Cependant, grâce à un ajustement judicieux de l'intensité des chocs punissant les avances et
les retards, et après apprentissage prolongé, des séquences de sous-estimations apparaissent, qui alternent avec celles de
surestimations, et pour rendre compte des données il faut faire l'hypothèse de la double possibilité de centration sur l'une et
l'autre limites de l'intervalle temporel.
Citer ce document / Cite this document :
Blancheteau Marc. Effets séquentiels dans l'estimation du temps par double évitement chez le rat. In: L'année psychologique.
1967 vol. 67, n°1. pp. 1-21.
doi : 10.3406/psy.1967.27546
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1967_num_67_1_27546L'ANNEE PSYCHOLOGIQUE
TOME LXVII (Fascicule 1)
MÉMOIRES ORIGINAUX
Laboratoire de Psychologie expérimentale et comparée de la Sorbonne
Laboratoire associé au C.N.R.S.
EFFETS SÉQUENTIELS
DANS L'ESTIMATION DU TEMPS
PAR DOUBLE ÉVITEMENT CHEZ LE RAT
par Marc Blancheteau
I. — La situation de double évitement
La situation de double évitement a été conçue par Ruch (1931)
pour étudier la discrimination des durées chez l'animal ; elle
consiste à faire traverser à un rat un couloir formé de deux
grilles successivement électrifiées, les périodes de mise sous
tension étant séparées par un « intervalle de sûreté » pendant
lequel aucune grille ne délivre de choc : le rat doit profiter
de ce répit pour passer de la grille A où il a été introduit
à la grille intermédiaire B, et sortir de l'appareil. Si cette
réponse est différée au-delà de la limite supérieure de l'inter
valle, le rat reçoit un choc sur la grille d'introduction A ;
si au contraire la latence de réponse se situe en deçà de la
limite inférieure, l'animal reçoit un choc sur la grille B qui fait
ainsi fonction de barrière dans le cas de tentatives de sortie
trop précoces.
Nous avons repris cette expérience, décrit en détail la situa
tion et la conduite des rats, et fourni une analyse quantitative
des résultats (Blancheteau, 1965). Ces derniers, très semblables
d'ailleurs à ceux de Ruch, présentent trois caractères principaux,
que nous rappellerons brièvement :
— Le rat est capable d'estimation temporelle puisqu'il
apprend la discrimination requise, son taux d'essais réussis
A. PSYC.HOL. 67 1 2 MEMOIRES ORIGINAUX
passant en quatre semaines d'exercice de 0 % à 50 % environ ;
toutefois il ne parvient jamais à dépasser ce stade d'un essai
réussi sur deux en moyenne.
— La moyenne temporelle des estimations des rats ne
coïncide pas avec le milieu de l'intervalle de sûreté, c'est-à-dire
avec le moment où la probabilité de choc est minima. En
fait, chez la plupart des sujets, elle coïncide avec la limite
inférieure de cet intervalle, c'est-à-dire avec le moment où il
devient possible de passer de A en B sans recevoir de choc
sur cette dernière grille ; parfois au contraire elle correspond
à la limite supérieure, soit à la nécessité de passer en B pour
éviter Je choc en A. Ce sont donc les discontinuités tempor
elles de la situation expérimentale qui guident l'estimation
du sujet.
— Enfin la dispersion des résultats, quelle qu'en soit la
tendance centrale, est assez importante ; elle semble dénoter
une grande imprécision d'estimation temporelle, alors qu'au
cours de la pratique journalière l'expérimentateur ressent la
possibilité de prédire assez bien, pour un rat donné, ce que va
être la performance lors de chaque essai, en fonction de ce
qu'a été l'essai précédent.
Nous avons déjà exposé et discuté en détail (Blancheteau,
1965) les deux premiers caractères mentionnés ci-dessus et qui
sont d'ailleurs corrélatifs, à savoir la limitation des réussites
à 50 % et la centration des estimations sur l'une des limites
de l'intervalle de sûreté. Notons que les hypothèses concernant
la régulation des estimations temporelles émises à propos de
ce double aspect des résultats ont été principalement inspirées
de l'examen séquentiel des données. C'est-à-dire que le fait de
considérer la régularité des successions d'essais réussis et de
chocs reçus s'est avéré beaucoup plus fructueux que l'examen
de la distribution statistique globale des estimations. Ce fait
est dû principalement à la grande dispersion de la population
des mesures, et c'est précisément à rendre compte de ce troisième
caractère que la présente étude est destinée. Elle va donc
consister en un approfondissement de l'examen
séquentiel d'estimations temporelles recueillies dans des condi
tions très semblables à celles que nous avions utilisées aupara
vant. Ainsi les faits et les interprétations que nous allons pré
senter s'articulent directement avec les conclusions auxquelles
nous avions déjà abouti : il convient donc de les rappeler ici
brièvement. M. BLANCHETEAU 6
Résultats précédemment obtenus
Nous avions noté que le groupement des estimations temp
orelles sur l'une des limites de l'intervalle de sûreté traduisait
un évitement prédominant du choc correspondant à l'autre limite
temporelle. Ainsi, les limites d'intervalle étant 1 mn et 2 mn,
un rat « précoce » tendant à passer vers 1 mn agit comme s'il
évitait au maximum le choc sur la grille d'introduction A qui
survient au bout de 2 mn ; inversement, un sujet « tardif »,
qui sort de A vers 2 mn, paraît éviter au maximum 1' electrif
ication de la grille B qui dure jusqu'à 1 mn après son introduction
sur la grille A. Le choc le plus évité est donc rarement reçu en
fin d'apprentissage et fonde simplement la principale motivation
aversive.
Dans ces conditions le choc reçu sur la grille la moins évitée,
et qui est donc finalement beaucoup plus souvent reçu par le
rat, paraît prendre valeur d'indice temporel permettant de
corriger les estimations ultérieures : ce choc apporte une info
rmation et contribue à l'établissement et au maintien de la
discrimination.
Ce rôle apparaît évident lorsqu'on supprime les chocs sur
les deux grilles, car il se produit alors un décalage des estima
tions dans le sens « précoce » ou « tardif » suivant la tendance
déjà manifestée par les sujets, survenant de façon très sensible
en peu d'essais jusqu'à abolition totale de la discrimination
temporelle : finalement le rat passe sans délai de A en B, ou
reste indéfiniment en A.
Dans les conditions expérimentales ordinaires (avec choc)
ce glissement ne peut se produire, car les estimations sanction
nées d'un choc entraînent une correction lors de l'essai suivant,
et inversement un essai où le rat a pu sortir sans choc laisse se
produire un décalage d'estimation lors de l'essai suivant, d'où
possibilité d'erreur. La performance de l'animal finit ainsi par
se stabiliser sous forme d'une sorte d'alternance d'essais réussis
et d'essais manques, traduisant des oscillations des valeurs
d'estimation de part et d'autre d'une des limites de l'intervalle
de sûreté. Le plafonnement à 50 % du taux des réussites est
principalement dû à la nécessité de chocs correctifs pour qu'il y
ait ensuite émission de réponses correctes.
Nous n'avions pas étudié de façon plus précise ce processus,
et cependant ce sont ces relatives régularités de succession des
modifications quantitatives de chaque réponse en fonction de 4 MEMOIRES ORIGINAUX
la précédente qui permettent une certaine possibilité de pré
diction. Ainsi Y incertitude portant sur chaque estimation n'est
pas aussi grande que peut le laisser croire l'examen global de
la dispersion statistique de l'ensemble des réponses pour chaque
rat ; par conséquent l'estimation temporelle est moins aléatoire,
ou plus précise, qu'on pouvait le penser d'après cette dernière
forme de présentation des données.
Hypothèses proposées
L'intérêt de l'analyse séquentielle ainsi esquissée repose
en fait sur un postulat, à savoir que chaque estimation est
principalement relative à la précédente : s'il y a eu choc il
s'ensuit une rectification de la latence de réaction, et sinon il y
aura simplement reproduction de cette latence, avec éventuell
ement un décalage systématique.
Ce dernier point spécialement est intéressant, car il revient
à faire de chaque estimation réussie (sortie sans choc) un étalon
pour l'estimation suivante. Or, certaines données de la littérature
nous ont paru venir à l'appui de cette conception.
A) Travaux antérieurs. — En effet, nous avons constaté une
similitude évidente entre nos données quantitatives ayant trait
à la dédifférenciation temporelle chez le rat lorsqu'on supprime
les chocs, et les données de décalage d'estimation temporelle
obtenues par Llewellyn-Thomas (1959) grâce à une procédure
psychophysique bien particulière. Cet auteur faisait estimer
une durée de 5 s à des sujets humains par la méthode de repro
duction (appui sur une clé morse produisant un son), mais
l'étalon fourni chaque fois n'était autre que l'enregistrement
de la réponse donnée au titre de l'estimation immédiatement
antécédente. Dans ces conditions les trois quarts des sujets
donnent des estimations de plus en plus courtes, se stabilisant
vers 1,8 s après 4 essais, alors que les autres sujets fournissent
des réponses de plus en plus longues. Ces résultats ont été
retrouvés par Keim (1962). Leur analogie est frappante avec la
conduite de nos rats « précoces » et « tardifs », aussi bien dans
la proportion relative de l'effectif de ces deux sortes de sujets
(les « précoces » étant la majorité) que dans le faible nombre
d'essais suffisant à provoquer ce « glissement » accentué (cf.
Blancheteau, 1965, p. 351).
A vrai dire, on peut faire l'économie de ce montage expéri
mental en feed-back positif, qui a cependant l'avantage de définir
nettement chaque réponse d'estimation comme étalon pour la BLANCH ETE AU M.
suivante. En effet Jampolsky (1950) a utilisé une tâche d'est
imation temporelle dans laquelle le sujet doit frapper des coups
espacés de 5 s sans guide d'aucune sorte ; dans ces conditions,
75 à 80 % des sujets tendent à raccourcir cet intervalle, et les
autres sujets à l'augmenter. Ce résultat est très comparable à
celui de Llewellyn-Thomas et tendrait à montrer que le même
processus a joué dans les deux situations, à savoir que le sujet
utilise comme étalon sa dernière estimation. Il s'agit dans les
deux cas de réponses non sanctionnées et non corrigées ; tout se
passe autrement si le sujet a un moyen de contrôle et de régula
tion, comme dans le cas d'une épreuve de synchronisation de
sa propre frappe avec une frappe modèle à cadence constante.
Dans cette seconde situation étudiée par Jampolsky, les valeurs
des intervalles estimés présentent des fluctuations comparables
à celles que nous avions constatées chez nos rats au cours des
conditions standards de double évitement, c'est-à-dire avec
electrification successive des deux grilles.
B) Énoncé des hypothèses. — Sur la base de ces données
bibliographiques et de nos premières inferences expérimentales,
nous nous sommes proposés d'approfondir l'étude des séquences
d'estimations temporelles chez l'animal dans la situation de
double évitement, afin d'en mieux comprendre la cohérence.
Les principes théoriques qui nous ont guidés peuvent se systé
matiser comme suit :
1) Chaque estimation temporelle est fonction de l'estimation
précédente. Nous entendons par estimation la première réponse
de passage de A en B qui a lieu lors de chaque essai, qu'elle
permette une sortie sans choc hors de l'appareil, ou qu'elle soit
sanctionnée par un choc sur l'une des grilles A ou B. Notons que
dans le cas de choc en B la réponse considérée comme estimation
est suivie d'une ou plusieurs autres réponses plus tardives
jusqu'à ce que le rat sorte sans recevoir de choc en B ; nous
aurons à nous demander si ces réponses secondaires ne jouent
pas un rôle également.
2) II faut considérer séparément les estimations qui font
suite à un essai réussi et celles qui font suite à un essai manqué,
c'est-à-dire au cours duquel la réponse de passage de A en B ne
s'est pas située dans l'intervalle de sûreté et a donc été sanc
tionnée par un choc sur l'une des deux grilles.
3) En effet, nous émettons l'hypothèse que dans le premier
cas l'estimation est basée sur les indices temporels ayant déter
miné la réponse précédente, renforcée positivement par la sortie MEMOIRES ORIGINAUX
sans choc. Il s'agit donc d'une répétition ou d'une reproduction,
pouvant être affectée de façon variable par un gradient d'évite-
ment prédominant à l'égard d'une des grilles, ce qui augmente
la probabilité de choc sur l'autre grille, par anticipation ou
retard systématique (cf. Blancheteau, 1965).
Essais
Fig. 1. — Treize essais successifs effectués par le rat Wistar RI. Les est
imations comprises dans l'intervalle de sûreté (essais réussis) sont figurées par
un point encerclé ; les autres points correspondent à des réponses données au
cours d'essais manques par erreur d'anticipation.
4) Dans le second cas au contraire l'estimation consiste en
une rectification par rapport aux indices temporels qui ont guidé
la dernière réponse, renforcée négativement par un choc. Cette
rectification doit se faire dans le sens d'un allongement de la
latence en cas de choc antécédent sur la grille B (erreur d'anti
cipation), et inversement par raccourcissement si le choc a eu
lieu en A (erreur de retard). Il ne s'ensuit pas obligatoirement
un essai réussi, car la correction peut être insuffisante ou exces
sive : l'essentiel est qu'elle ait lieu. Notons que dans le cas d'est
imations centrées sur la limite inférieure de l'intervalle de sûreté
(qui sont la majorité) il est facile de distinguer, en cas de répé
tition d'erreurs par anticipation, ce qui est correction insufïi- BLANCHETEAU 7 M.
santé de ce qui est réitération ou aggravation de la réponse
« précoce » antécédente, par simple comparaison des temps de
latence chronométrés. Par contre, dans le cas de plusieurs erreurs
par retard consécutives, il est impossible de distinguer ce qui
est correction de ce qui serait aggravation, puisque à la limite
supérieure de l'intervalle (2 mn par exemple), le rat est obligé
1 mn-
30s
Essais
30 S-1
Fig. 2. — Onze essais successifs effectués par le rat Wistar R4. Les points
encerclés figurent les essais réussis, les autres points, des erreurs de retard.
de quitter la grille A qui s'électrifie. Heureusement les erreurs
de retard sont les plus rares, et surviennent isolément dans la
plupart des cas.
C) Principales sortes de séquences d'estimations. — Les divers
principes exposés ci-dessus définissent la cohérence des réponses
que doit fournir le rat, et permettent de déterminer quatre
séquences de base. En effet, si nous faisons figurer les réponses
sur un graphique en portant en ordonnée la latence de réponse
pour chaque essai mesurée en secondes et en abscisse la succession
des essais, et si nous relions entre eux les points ainsi obtenus, nous
pouvons obtenir quatre types principaux de figures (fig. 1 à 4) :
1) Des oscillations dessinant des dents de scie sur la limite MEMOIRES ORIGINAUX
inférieure de l'intervalle de sûreté : alternance d'essais réussis
« tôt » et d'erreurs par anticipation (fig. 1) ;
2) Des oscillations sur la limite supérieure, correspondant
à une semblable alternance, avec prépondérance d'erreurs par
retard (fig. 2).
Ces deux catégories de figures commencent et se terminent
par des erreurs de même type, c'est-à-dire précoces ou tardives.
1 mn ■
30 s
Essais
30 S J
Fig. 3. — Sept essais successifs effectués par le rat Long-Evans n° 9
3) Des obliques reliant la limite supérieure à la limite infé
rieure : décalages d'estimations réussies « tardives » vers un niveau
d'adaptation plus précoce (fig. 3) ;
4) Des obliques orientées dans l'autre sens, et traduisant
un semblable décalage vers un niveau d'adaptation « tardif »
(fig- 4).
Ces deux dernières catégories de figures commencent et se
terminent par des erreurs de type opposé : tardives puis précoces
dans le premier cas, précoces puis tardives dans le second ; ceci
correspondrait à des renversements de la tendance d'évitement
prédominante.
Ces diverses séquences peuvent se rencontrer « à l'état pur », BLANCHETEAU lJ M.
c'est-à-dire qu'elles sont entièrement conformes aux principes
théoriques exposés plus haut. Cependant les cas de non-conformité
sont fréquents, le sens de la modification quantitative de cer
taines estimations étant inverse de celui qui pouvait être prédit
en fonction de l'essai précédent. C'est précisément sur ce point
que porte notre recherche expérimentale, destinée à vérifier le
bien-fondé de notre schéma de principe théorique. Après avoir
Essais
30 s ~>
Fig. 4. — Huit essais successifs effectués par le rat Wistar R4
rappelé les conditions d'expérience, nous allons donc envisager
successivement les estimations consécutives à un essai où le rat
a reçu un choc, puis celles qui font suite à un passage sans choc.
IL — Conditions expérimentales
La situation est essentiellement celle qui a été exposée brièvement
plus haut, et qui a déjà fait l'objet de nos premières recherches ; notam
ment les limites de l'intervalle de sûreté sont respectivement de 1 et 2 mn.
Notons cependant que nous avons procédé cette fois par essais
distribués (trois par jour en moyenne se succédant à une heure d'inter
valle au moins). D'autre part nous avons toujours réglé les chocs sur

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.