Efficacité de la contraception : méthodes et résultats - article ; n°2 ; vol.18, pg 329-348

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Population - Année 1963 - Volume 18 - Numéro 2 - Pages 329-348
La mesure de la fécondité physiologique ou fertilité et des effets des pratiques contraceptives sur la fécondité a fait l'objet, au cours des dernières années, de nombreuses recherches théoriques et pratiques. L'Institut national d'études démographiques lui a consacré diverses études. Cette analyse, plus complexe qu'il ne paraît au premier abord, présente une importance considérable, au moment où la prévention des naissances est de plus en plus en question. Peu de personnes, même parmi les plus spécialisées dans la diffusion de ces pratiques, connaissent en France les résultats obtenus. M. M. Seklani, dont les travaux sur la population de la Tunisie et de l'Egypte ont déjà retenu l'attention, fait, dans cette étude, le point des connaissances acquises sur la mesure de l'efficacité de la contraception, en insistant particulièrement sur les facteurs de natures diverses dont elle dépend.
M. Seklani. — Eficacia de la contracepción : metodos y résultadog.
La medida de la fecundidad fisiológica o fertilidad, y de los efectos de practicas contraceptivas sobre la fecundidad ha sido el objeto, en estos ultimos anos, de numerosas investigaciones teóricas y practicas. El Instituto Nacionál de Estudios Demograficos de ha consagrado varios estudios.
Este análisis, más complejo que no parece en primera vista, présenta une importancia considerable, ahora cuando la prevención de los nacimientos esta de más en cuestión.
Pocas personas, incluso entre las más especializadas en la difusión de estas practicas conocen en Francia los resultados logrados.
M. M. Seklani, del cual han llamado la atención los trabajos sobre la población de Tunisia y de Egipto, présenta en este estudio los conocimientos adquiridos en la medida de la eficacia de la contracepción, insistiendo particularmente sobre los factures de origen diferente de los cuales dépende.
Seklani Mahmoud. — Contraceptive Efficiency. Méthode and Results.
Many theoretical and practical researches have dealt during recent years with the measurement of fecundity and the incidence of contraception on fertility. The Institute has published various papers on this subject.
This analysis is much more difficult than it seems but becomes more and more necessary since the birth control is a worldwide issue.
Even among the best advocates of these methods in France a few are informed of the basic results.
Mr. Seklani whose studies on the population of Tunisia and Egypt have aroused some interest reviews in his paper what is known about the measurement of the contraceptive efficiency and stresses the various factors involved.
20 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1963
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Mahmoud Seklani
Efficacité de la contraception : méthodes et résultats
In: Population, 18e année, n°2, 1963 pp. 329-348.
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Seklani Mahmoud. Efficacité de la contraception : méthodes et résultats. In: Population, 18e année, n°2, 1963 pp. 329-348.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pop_0032-4663_1963_num_18_2_10764Résumé
La mesure de la fécondité physiologique ou fertilité et des effets des pratiques contraceptives sur la
fécondité a fait l'objet, au cours des dernières années, de nombreuses recherches théoriques et
pratiques. L'Institut national d'études démographiques lui a consacré diverses études. Cette analyse,
plus complexe qu'il ne paraît au premier abord, présente une importance considérable, au moment où
la prévention des naissances est de plus en plus en question. Peu de personnes, même parmi les plus
spécialisées dans la diffusion de ces pratiques, connaissent en France les résultats obtenus. M. M.
Seklani, dont les travaux sur la population de la Tunisie et de l'Egypte ont déjà retenu l'attention, fait,
dans cette étude, le point des connaissances acquises sur la mesure de l'efficacité de la contraception,
en insistant particulièrement sur les facteurs de natures diverses dont elle dépend.
Resumen
M. Seklani. — Eficacia de la contracepción : metodos y résultadog.
La medida de la fecundidad fisiológica o fertilidad, y de los efectos de practicas contraceptivas sobre la
fecundidad ha sido el objeto, en estos ultimos anos, de numerosas investigaciones teóricas y practicas.
El Instituto Nacionál de Estudios Demograficos de ha consagrado varios estudios.
Este análisis, más complejo que no parece en primera vista, présenta une importancia considerable,
ahora cuando la prevención de los nacimientos esta de más en cuestión.
Pocas personas, incluso entre las más especializadas en la difusión de estas practicas conocen en
Francia los resultados logrados.
M. M. Seklani, del cual han llamado la atención los trabajos sobre la población de Tunisia y de Egipto,
présenta en este estudio los conocimientos adquiridos en la medida de la eficacia de la contracepción,
insistiendo particularmente sobre los factures de origen diferente de los cuales dépende.
Abstract
Seklani Mahmoud. — Contraceptive Efficiency. Méthode and Results.
Many theoretical and practical researches have dealt during recent years with the measurement of
fecundity and the incidence of contraception on fertility. The Institute has published various papers on
this subject.
This analysis is much more difficult than it seems but becomes more and more necessary since the
birth control is a worldwide issue.
Even among the best advocates of these methods in France a few are informed of the basic results.
Mr. Seklani whose studies on the population of Tunisia and Egypt have aroused some interest reviews
in his paper what is known about the measurement of the contraceptive efficiency and stresses the
various factors involved.DE LA CONTRACEPTION : EFFICACITÉ
MÉTHODES ET RÉSULTATS
consacré effets et au La pratiques. cours des mesure des diverses pratiques dernières L'Institut de études la contraceptives fécondité années, national (1). de physiologique nombreuses d'études sur la fécondité démographiques recherches ou fertilité a fait théoriques l'objet, et lui des a
Cette analyse, plus complexe qu'il ne paraît au premier abord,
présente une importance considérable, au moment où la prévention
des naissances est de plus en plus en question.
Peu de personnes, même parmi les plus spécialisées dans la
diffusion de ces pratiques, connaissent en France les résultats
obtenus.
M. M. Seklani, dont les travaux sur la population de la Tunisie
et de l'Egypte ont déjà retenu l'attention, fait, dans cette étude,
le point des connaissances acquises sur la mesure de l'efficacité
de la contraception, en insistant particulièrement sur les facteurs
de natures diverses dont elle dépend.
Les études sur l'efficacité de la contraception sont en général d'ordre
clinique ou démographique. Les premières sont basées sur les résultats de
l'expérience des couples, pour lesquels une ou plusieurs méthodes sont pres
crites par la clinique. Les secondes sont basées sur l'expérience dans une popul
ation. Les résultats sont alors enregistrés pour tous les couples d'un échantil
lon sélectionné.
Les résultats obtenus après calcul ne sauraient donc faire l'objet de compar
aison avec une rigueur arithmétique, non seulement à cause des erreurs
d'échantillonnage (2) ou d'inexactitudes dans les déclarations des couples,
mais aussi en raison de la nature même des ensembles de couples soumis à
l'enquête que la sélection, la durée d'observation ou des possibilités physio
logiques obéissant aux lois du hasard peuvent diversifier.
(1) Voir notamment : « Recherches sur la fécondité biologique. Étude d'un groupe de
familles nombreuses » par Paul Vincent, cahier n° 37, 278 p., 1961. « La fécondité
naturelle. Observations, théorie, résultats », par Louis Henry. Population, octobre-décembre
1961, n° 4. L'Eugénique, par J. Sutter, cahier n° 11, 1950; voir en particulier le chapitre V.
Une bibliographie plus complète est donnée plus loin.
(2j R.G. Potter and P.C. Sagi : « Some procedures for estimating the sampling fluctua
tions of a contraceptive failure rate ». In Research in Family planning, édité par C.V. KlSER,
pp. 389-405. Princeton 1962. 330 EFFICACITÉ DE LA CONTRACEPTION
I. DIFFÉRENTES DÉFINITIONS ET MESURES DE L'EFFICACITÉ
L'efficacité d'emploi (use-effectiveness) est une notion ou une grandeur
dont on précisera plus loin la définition, qui dénote la capacité des méthode
de contraception, employée par une population donnée, à réduire les chancess
de grossesses. Nous verrons que cette capacité dépend tant de certaines carac
téristiques de la population observée que de la longueur des périodes pendant
lesquelles la contraception a été employée. Cette efficacité d'emploi est sens
iblement différente de l'efficacité physiologique qui serait obtenue si les
méthodes étaient employées dans les conditions idéales, sans omissions,
sans erreurs dans les techniques.
La proportion des couples Les premiers auteurs mesuraient l'efficacité
enregistrant des succès. de la contraception par la proportion, dans un
certain nombre de couples contracepteurs, de
ceux qui évitent une grossesse.
Corrado Gini t1) a énuméré les faiblesses de cette méthode.
a. Elle attribue le même poids à tous les couples qui échouent. Or l'échec
d'un couple contracepteur qui n'a eu qu'une conception, n'a pas la même
importance que celui d'un couple échouant 3 ou 4 fois à la suite.
b. Le pourcentage de succès ne tient pas compte de la longueur de la
période pendant laquelle une femme est susceptible d'être fécondée. Cette
critique vise surtout les femmes qui ont recours aux cliniques néo-malthus
iennes et qui se trouvent généralement exposées au risque de la fécondation
pendant une période plus courte, après le recours à la clinique, qu'avant
ce recours. En général, le pourcentage de succès est plus élevé après
la consultation à la clinique. Mais cela peut provenir des inégalités dans les
périodes d'observation. De plus, il suffit pour un couple d'avoir une seule
grossesse pour être considéré comme n'ayant pas réussi dans l'utilisation des
pratiques contraceptives, même si à l'aide de ces pratiques, le nombre des
conceptions non désirées a été réduit par exemple d'une douzaine à une ou
deux.
c. Le pourcentage des succès dépend, dans une large mesure, de la fécon-
dabilité de la femme. La même méthode anticonceptionnelle donne un pour
centage moins fort pour un groupe de femmes à fécondabilité élevée que pour
un autre à faible fécondabilité.
La proportion Une autre méthode fut alors proposée; la mesure
des grossesses non désirées, du rapport du nombre d'échecs au nombre
de cas (cases-failures). Il s'agit de rapporter
le nombre de grossesses non désirées au nombre de toutes les grossesses
(1> Gini C. : « Sur la mesure de l'efficacité des pratiques anticonceptionnelles ». Revue de
l'Institut International de Statistique, pp. 1-36. La Haye, 1942. MÉTHODES ET RÉSULTATS 331
obtenues par toutes les femmes ayant eu recours à la contraception. Dickinson
Га employée concurremment à la première.
Cette méthode représentait un progrès. Mais, si elle tenait compte du
poids des échecs, elle négligeait les femmes qui, ayant employé avec succès
les méthodes contraceptives pendant toute leur vie matrimoniale, n'ont jamais
eu de grossesses ni accidentelles ni désirées, c'est-à-dire les femmes stériles,
sans le savoir.
Les travaux de Pearl. Pearl proposa ensuite d'utiliser le taux*1):
К „ = nombre de grossesses observées X 100 d'années d'exposition au risque
Une femme n'est exposée au risque de la fécondation depuis son mariage
jusqu'à la ménopause que pendant une durée totale inférieure à celle de la
période reproductive. Pour déterminer la période d'exposition au risque,
on déduit de la durée qui sépare le mariage du moment de l'enquête, le temps
passé en séparation, en grossesse, en périodes d'aménorrhée puerpérale. On
déduit neuf mois pour une grossesse menée à terme, trois mois pour un avor-
tement et un supplémentaire pour une période puerpérale. Pearl appliqua
sa formule à un groupe de 2.000 femmes ayant accouché en 1931, 1932 et
1933 dans 39 hôpitaux des États-Unis d'Amérique. Ces femmes étaient inter
rogées sur l'utilisation qu'elles avaient faite des procédés contraceptifs au
cours de leur vie conjugale et le taux R était calculé séparément pour le groupe
des couples contracepteurs et des non-contracepteurs. Les résultats à l'époque
surprirent. Chez les blancs, le taux des contracepteurs était à peine inférieur
à celui des non-contracepteurs et chez les noirs on observait le contraire. En
réalité, il y avait un « biais » fondamental dans les observations de Pearl.
En effet, les 2.000 femmes considérées avaient accouché à l'hôpital. Par consé
quent, les couples contracepteurs étaient des couples sélectionnés : ceux pour
lesquels la contraception avait échoué.
L'enquête de Stix Un peu plus tard, Stix et Notestein ont cherché à uti-
et Notestein. liser la formule de Pearl en améliorant les conditions
d'observation (2>.
L'observation a porté sur 991 femmes vivant dans un quartier de New
York, le Bronx, et qui sont venues consulter en 1931 et 1932 « The Birth
Control Clinical researd Bureau » établi à New York par Margaret Sanger en
M Pearl R : « Contraception and Fertility in 2.000 women ». Human Biology, septembre
1932, vol. 4, n° 3. « On the frequency of use of contraceptive methods and their effectiveness
and used, by a sample of American women ». Bull. Inst. Int. de statistique, tome XXVII,
première livraison (session de Mexico, 1933), p. 208-224, La Haye, 1938.
(2> Stix et Notestein : « Controled Fertility. An evaluation of clinic service ». Baltimore,
1940, p. 201. 332 EFFICACITÉ DE LA CONTRACEPTION
1923. Il ne s'agissait plus exclusivement de mères de famille. Stix et Notes-
tein ont distingué d'abord les durées d'exposition en trois catégories.
La durée pendant laquelle le couple n'emploie habituellement pas la
contraception : le taux mesure alors la fécondité non contrôlée des couples.
La durée d'exposition s'étend alors du mariage à l'instant où commence l'usage
des contraceptifs.
La durée pendant laquelle la contraception était pratiquée. Était comptée
dans cette catégorie toute exposition durant laquelle le couple a essayé de
prévenir une grossesse, par tous moyens.
La durée qui suit l'emploi habituel des contraceptifs et pendant laquelle
le couple a suspendu provisoirement cet emploi, en vue d'avoir un enfant.
On obtient alors le taux de grossesse « planifiée ». On inclut seulement, dans
la durée d'exposition, le temps écoulé entre l'interruption de l'usage des
contraceptifs et la réalisation de la conception.
Les taux de grossesse relatifs à chaque catégorie sont alors calculés à partir
de la somme des durées d'exposition et de la somme des grossesses obtenues
par toutes les femmes.
Stix et Notestein ont alors déduit une mesure de l'efficacité e d'un contra
ceptif dans le cas où ce dernier est prescrit par la clinique, en comparant
le taux de grossesse T = =1 pour toutes les femmes employant la technique
G'
contraceptive prescrite, au taux de grossesse T = _r, pour ces mêmes femmes
si elles n'employaient pas de contraceptifs (G et G' étant les nombres de gros
sesses, E et E' étant les périodes d'exposition au risque).
T'— T
L'efficacité de la contraception est mesurée par —= — Pour calculer le
taux T correspondant aux couples contracepteurs, deux informations sont
nécessaires : le temps pendant lequel chaque femme a pratiqué la technique
prescrite et le nombre de grossesses accidentelles et menées à terme, lorsque
cette technique a été scrupuleusement employée. Le calcul du taux T' est
plus difficile. On ne peut pas évidemment calculer T' pour la même période
et le même groupe de femmes pour lequel on a calculé T. Il faut soit considérer
le même de à une autre période où ces femmes ne pratiquent
pas la contraception ou considérer un autre groupe de couples non contra
cepteurs aussi semblable que possible au groupe des couples contracepteurs.
T' ne sont pas autre chose que ce qu'on appelle aujourOn remarquera que T et
d'hui la fécondabilité des groupes de couples considérés.
Apport théorique de C. Gini. C'est le mérite de Gini 0) d'avoir montré
clairement que c'était précisément en
comparant la fécondabilité des couples avec et en l'absence de contraception
Op-cit. MÉTHODES ET RÉSULTATS 333
qu'on pouvait évaluer l'efficacité des pratiques contraceptives. Il établit dans
l'article déjà cité les formules, d'ailleurs très simples, permettant ces compar
aisons. Ces formules, fait remarquer Gini mesurent les effets de la contra
ception à la condition que les nombres utilisés pour les calculs représentent
bien les grandeurs qu'on a définies. Or, il en est rarement ainsi pour de multi
ples raisons dont les principales tiennent au fait que l'utilisation des pratiques
contraceptives est liée précisément à la fécondabilité. C'est ainsi par exemple
que parmi les femmes qui ne pratiquent pas la contraception dès le début de
leur mariage, les plus fécondes atteignent dans un intervalle plus court le
nombre désiré d'enfants, et adoptent aussitôt les pratiques contraceptives,
tandis que celles dont la fécondité est plus faible peuvent échelonner leurs
grossesses, et recourir à la contraception beaucoup plus tard.
Comme on ne peut pas mesurer en même temps, pour un groupe de femmes
donné, la fécondabilité avec et sans pratiques contraceptives, on est obligé
d'utiliser, dans les formules, des observations portant sur des groupes différents
ou le même groupe à des périodes différentes, en supposant que les facteurs
autres que ceux relatifs à l'usage de procédés contraceptifs sont les mêmes,
dans les diverses situations envisagées. La remarque qu'on vient de faire
montre combien cette hypothèse peut s'écarter de la réalité et Gini n'a pas de
peine à montrer que ce manque d'homogénéité des groupes que l'on compare
explique les anomalies des résultats des enquêtes américaines.
La nécessité de perfectionner les outils de mesure a suscité ces dernières
années de nombreuses recherches. Les tavaux de plusieurs auteurs en majorité
anglo-saxons ont permis de révéler quelques aspects, jusque-là inconnus,
du problème. Nous nous proposons d'exposer dans ce qui suit l'essentiel de
ces travaux.
II. LES EFFETS DE LA FÉCONDABILITÉ DIFFÉRENTIELLE
SUR LA MESURE
DE L'APPLICATION DES PRATIQUES CONTRACEPTIVES
Pour voir comment l'existence de différences de fécondabilité entre les
femmes d'un groupe donné exerce une action perturbatrice sur les outils de
mesure de l'efficacité des mesures contraceptives, Ch. Tietze a eu l'idée d'exa
miner sur un modèle théorique Í1) comment se répartissent au cours du temps
les grossesses, suivant qu'on utilise ou non les pratiques contraceptives.
La façon dont se produisent les grossesses en l'absence de limitation volont
aire des naissances dépend de multiples facteurs biologiques et sociologiques.
Nous n'exposerons pas ici les résultats des recherches poursuivies dans ce
(1) Ch. Tietze : «Differential fecundity and effectiveness of contraception». Eugenic
review, n° 4, janvier 1959, p. 231-237. 334 EFFICACITÉ DE LA CONTRACEPTION
domaine Í1) de la reproduction « naturelle ». Nous partirons de la répartition
observée des grossesses suivant le temps mis pour concevoir, dans deux
groupes de femmes n'utilisant pas de procédés contraceptifs.
Résultats des deux enquêtes. Les enquêtes qui fournissent les meilleures
données disponibles sur ce sujet sont celles
d'Indianapolis et de Baltimore, relatives à un groupe de couples qui ont
interrompu leurs pratiques contraceptives, en vue d'avoir des naissances.
Tableau I. — Grossesses selon le temps demandé pour concevoir
OBSERVÉES DANS DEUX GROUPES DE FEMMES N'UTILISANT PAS DE PRATIQUES
CONTRACEPTIVES
Nombre de grossesses Moyenne Quotient Temps demandé Temps
moyen pour concevoir de Baltimore Indianapolis deux sériel fécondabilité
en mois en mois •/„
1 1.0 529 356 341 340
234 2-3 2.5 530 235 277
4-6 5.0 309 140 163 171
7-12 9.5 207 90 107 102
13-24 18.5 79 60 54 44
73 69 58 Plus de 24
Total 1.727 950 1.000
2* colonne. a. Au temps moyen indiqué dans la
U) Gini C. : « Premières recherches sur la fécondabilité de la femme ». Proceedings of the
Int. Math. Congress, Toronto, 1924, p. 889-892.
Henry L. : « Fondements théoriques des mesures de la fécondité naturelle ». Revue de
l'Institut international de Statistique, vol. 21, n° 3, La Haye, 1953, p. 135-151.
Henry L. : « Fécondité et natalité en régime naturel ». Bulletin international de statistique,
1954, t. xxxiv, p. 11-16.
Henry L. : « La fécondité naturelle; observations; théorie; résultats ». In Population 1961,
n° 4, p. 625-636.
Henry L. : « Intervais between confinements in the absence of birth control ». In Eugenic
Quaterly, 5, 1958, p. 200-211.
Henry L. : « Fécondité et famille. Modèles mathématiques (II) ». In Population 1961,
p. 27-43.
Henry L. : « Some data on natural fertility ». Eugenics Quarterly, 8, 1961, p. 81-91.
Pearl R. : « The Natural History of Population », New- York, 1939.
Sauvy A. : « La prévention des naissances ». « Que sais-je ? » Paris, P.U.F. 1962, chap. III.
Biologie humaine, p. 18.
Sheldon J. Segal : « Report on Research toward the control of fertility », p. 337-350.
In Research in Family Planning, edited by Clyde V. Kiser, Princeton, 1962.
Vincent P. : « La stérilité physiologique des populations ». In Population, 1950, n° 1,
p. 45-64. P. : « Données biométriques sur la conception et la grossesse ». In Population,
1956, 1, p. 59-82.
Whelpton et Kiser : « Social and psychological factors affecting fertility ». The Milbank
Memorial Fund, 5 vol., 1946-1949-1950-1954-1958, New-York. MÉTHODES ET RÉSULTATS 335
Voici les deux séries de résultats présentées par Tietze, d'après ces deux
enquêtes. Il s'agit de femmes nouvellement mariées, dont l'âge médian au
mariage est autour de 21 ans.
On a complété le tableau présenté par Ch. Tietze, en calculant, pour divers
temps, une série de quotients mensuels de fécondabilité de femmes qui n'ont
pas encore conçu. On voit que la fécondabilité décroît constamment avec le
temps. Si toutes les femmes des deux groupes considérés avaient la même
fécondabilité individuelle, on observerait des quotients à peu près invariables.
Mais, en réalité, les deux groupes sont formés de femmes de fécondabilité
individuelle différente. Si bien que les femmes les plus fécondes conçoivent
rapidement. Elles sortent du groupe des n'ayant pas encore conçu et,
par conséquent, la fécondabilité moyenne de ce groupe diminue.
Le modèle de Tietze. Tietze construit un modèle de population hypothétique,
composée de trois groupes, à l'intérieur de chacun des
quels la fécondabilité est homogène. La fécondabilité du groupe A est de 0,50
(haute fécondabilité) celle du groupe В est de 0,10 (fécondabilité moyenne) et
celle du groupe С est de 0,01 (faible fécondabilité).
Une population réelle hétérogène peut être composée de ces trois groupes
de femmes. Tietze propose la composition suivante : 60 °/o des couples appar
tiennent au groupe A ,38 % au groupe B, et 2 °/o au groupe C. On obtient
alors une population telle que les grossesses réalisées selon les intervalles en
mois soient réparties comme suit :
Tableau II. — Répartition des grossesses
DÉSIRÉES DANS LA POPULATION ENTIÈRE, SELON LE TEMPS
Pourcentage Intervalles des grossesses Groupe A Groupe В Groupe С dans la population (en mois) entière
30,00 3,80 0,02 33,82 1
15,00 18,44 2 3,42 0,02
3 7,50 3,08 0,02 10,60
4-6 6,57 7,52 0,06 14,15
7 12 0,92 9,45 0,11 10,48
0,01 7,70 0,20 7,91 13-24
3,03 1,57 4,60 24 et plus 0,00
Total 60,00 38,00 2,00 100,00
On voit que les hypothèses de Tietze conduisent à un modèle qui reproduit
à peu de choses près, la répartition moyenne observée à Baltimore et India
napolis (tableau I).
La période d'exposition au risque relative à chaque couple-mois se déter-
mien alors de la manière suivante : ayant 100 couples exposés au départ et 336 EFFICACITÉ DE LA CONTRACEPTION
sachant que 34 couples conçoivent pendant le premier mois, il reste 66 couples
exposés au deuxième mois, dont 18 conçoivent pendant ce mois et 11 con
çoivent au troisième mois. Des 37 couples exposés au quatrième mois, 6,5 cou
ples conçoivent et il en reste 30,5 exposés, dont 3,5 couples conçoivent
au cinquième mois, etc., de sorte que, durant l'intervalle du quatrième mois
au sixième le nombre de couples-mois d'exposition au risque est
37 + 30,5 + 27 = 94.
Après avoir déterminé les périodes d'exposition au risque, on calcule des
quotients de grossesses par couple-mois (ou pour 100 couples-années). C'est
ainsi que le tableau III a été établi. On retrouve une diminution des quotients
voisine de celle correspondant à la moyenne des observations de Baltimore
et d'Indianapolis (tableau I). Comme on calcule souvent des quotients de
grossesse pour des périodes d'observation groupant plusieurs mois, on a pré
senté dans la partie inférieure du tableau III les indices cumulatifs.
Intervention Si l'on tient compte de la stérilité permanente,
de la stérilité permanente, les chiffres du tableau vont être sensiblement
modifiés. Pour les femmes de l'âge considéré
(âge médian 21 ans au début de l'observation), on peut estimer à 5 % la pro-
Tableau III. — Couples-mois d'exposition au risque,
NOMBRE DE GROSSESSES ET QUOTIENTS DE GROSSESSES
DANS UNE POPULATION MODÈLE D'APRÈS LE TEMPS DEMANDÉ POUR CONCEVOIR
Nombre de mois Quotient de grossesses Temps demandé Grossesses
pour concevoir risque pour 100 couples Par Par 100 (pour au départ (mois) 100 couples) couples-mois couples-années
100 33,8 406 1 0,338
66 18.4 334 2 0,278
3 48 10.6 0,222 266
4-6 94 14.2 0,150 180
108 10.5 0,098 117 7-12
97 7.9 0,082 98 13-24
Plus de 24 187 4.6 0,025 30
Total 700 100.0 0,143 171
Totaux cumulatifs
1 100 33.8 0,338 406
166 52.2 0,314 1-2 377
214 62.8 1-3 0,293 352
308 77.0 1-6 0,250 300
1-12 416 87.5 0,210 252
1-24 513 95.4 0,186 223
Total 700 100.0 0,143 172

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