Elaboration et contexte de production - article ; n°1 ; vol.90, pg 29-43

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L'année psychologique - Année 1990 - Volume 90 - Numéro 1 - Pages 29-43
Summary : Elaboration and production context.
Three experiments test the possibility that the superiority of generation, compared to reading, is due to the elaboration of generated target words, i.e. to the activation of semantic features. In experiments 1 and 2, two recall cues (category and semantic) related or not related to presentation context and two tasks (generation and reading) are compared. The results show that, in the production task, any cue related to the context is more effective ; in the reading task, no difference is observed between the two types of cues. In experiment 3, the results show that semantic cues are effective in any context, but that category cues are more effective in the category context than in the semantic context. Overall, these results support the position that production enhances elaboration, thus facilitating target-cue organization.
Key words : generation effect, context, elaboration.
Résumé
On a fait l'hypothèse que l'efficacité de la production, comparée à celle de la lecture, tient à l'élaboration du mot produit, c'est-à-dire à une activation de ses caractéristiques sémantiques, indépendamment du contexte de production. Dans les expériences 1 et 2, on a comparé l'efficacité de deux indices de récupération — reprenant le contexte d'encodage ou représentant une caractéristique sémantique de la cible produite — en situation de lecture et en situation de production. On a constaté qu'en production, l'efficacité des indices de récupération n'est pas indépendante du contexte dans lequel a eu lieu la production, alors qu'en lecture, les deux types d'indice ne se différencient pas. Toutefois, dans l'expérience 3, où on a fait varier simultanément le contexte et les indices de récupération, on observe qu'en production les indices sémantiques spécifiques à la cible ne sont pas sensibles au contexte d'encodage, ce qui n'est pas le cas des indices appartenant à la même catégorie. Ces expériences permettent de penser que l'élaboration de la cible est automatiquement réalisée dans le cas de la production et que c'est elle qui facilite la mise en relation de la cible avec le contexte de Production.
Mots clés : effet production, contexte, élaboration.
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1990
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André Charles
Hubert Tardieu
Elaboration et contexte de production
In: L'année psychologique. 1990 vol. 90, n°1. pp. 29-43.
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Charles André, Tardieu Hubert. Elaboration et contexte de production. In: L'année psychologique. 1990 vol. 90, n°1. pp. 29-43.
doi : 10.3406/psy.1990.29380
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1990_num_90_1_29380Abstract
Summary : Elaboration and production context.
Three experiments test the possibility that the superiority of generation, compared to reading, is due to
the elaboration of generated target words, i.e. to the activation of semantic features. In experiments 1
and 2, two recall cues (category and semantic) related or not related to presentation context and two
tasks (generation and reading) are compared. The results show that, in the production task, any cue
related to the context is more effective ; in the reading task, no difference is observed between the two
types of cues. In experiment 3, the results show that semantic cues are effective in any context, but that
category cues are more effective in the category context than in the semantic context. Overall, these
results support the position that production enhances elaboration, thus facilitating target-cue
organization.
Key words : generation effect, context, elaboration.
Résumé
On a fait l'hypothèse que l'efficacité de la production, comparée à celle de la lecture, tient à l'élaboration
du mot produit, c'est-à-dire à une activation de ses caractéristiques sémantiques, indépendamment du
contexte de production. Dans les expériences 1 et 2, on a comparé l'efficacité de deux indices de
récupération — reprenant le contexte d'encodage ou représentant une caractéristique sémantique de la
cible produite — en situation de lecture et en situation de production. On a constaté qu'en production,
l'efficacité des indices de récupération n'est pas indépendante du contexte dans lequel a eu lieu la
production, alors qu'en lecture, les deux types d'indice ne se différencient pas. Toutefois, dans
l'expérience 3, où on a fait varier simultanément le contexte et les indices de récupération, on observe
qu'en production les indices sémantiques spécifiques à la cible ne sont pas sensibles au contexte
d'encodage, ce qui n'est pas le cas des indices appartenant à la même catégorie. Ces expériences
permettent de penser que l'élaboration de la cible est automatiquement réalisée dans le cas de la
production et que c'est elle qui facilite la mise en relation de la cible avec le contexte de Production.
Mots clés : effet production, contexte, élaboration.L'Année Psychologique, 1990, 90, 29-43
Laboratoire de Psychologie expérimentale
Université Paris V - René-Descarles
EPHE 3e section et EHESS
associé au CNRS1
ÉLABORATION ET CONTEXTE DE PRODUCTION
par André Charles et Hubert Tardieu
SUMMARY ; Elaboration and production context.
Three experiments test the possibility that the superiority of generation,
compared to reading, is due to the elaboration of generated target words,
i.e. to the activation of semantic features. In experiments 1 and 2, two
recall cues (category and semantic) related or not related to presentation
context and two tasks (generation and reading) are compared. The results
show that, in the production task, any cue related to the context is more
effective ; in the reading task, no difference is observed between the two
types of cues. In experiment 3, the results show that semantic cues are
effective in any context, but that category cues are more effective in the
category context than in the semantic context. Overall, these results support
the position that production enhances elaboration, thus facilitating target-cue
organization.
Key words : generation effect, context, elaboration.
INTRODUCTION
A la suite des travaux de Slamecka et Graf (1978), on appelle
effet Production (Generation effect), le fait que des informations
sont mieux rappelées lorsqu'elles sont produites par le sujet que
lorsque celui-ci les lit. Pour mettre en évidence cet effet, on
utilise en général des couples de mots formés d'un mot contexte
et d'un mot cible (ou cible). En situation de production, on
1. 28, rue Serpente, 75006 Paris. 30 André Charles et Hubert Tardieu
présente le mot contexte et seulement un fragment du mot cible
que le sujet doit compléter (par exemple : tigre /ray-res). En
situation de lecture, les deux mots sont présentés en entier.
Le rappel porte le plus souvent sur les cibles. De nombreuses
hypothèses explicatives ont été proposées ; chacune insiste sur
un aspect de la différence entre les deux tâches : une différence
d'effort cognitif (McFarland, Frey et Rhodes, 1980), de mode
d'accès (Kane et Anderson, 1978), d'activation du lexique
(McElroy et Slamecka, 1982), d'organisation inter-items (Graf,
1980), d'attitude du sujet (Begg et Snider, 1987 ; Slamecka et
Katsaïti, 1987), etc. Ces différentes explications sont présentées
dans les articles de Slamecka et Katsaïti (1987) et de Charles
(1988).
D'après l'hypothèse de l'activation lexicale de McElroy et
Slamecka (1982), il ne pourrait y avoir effet Production que si la
cible appartient au lexique du sujet ; en effet, la tâche de pro
duction activerait davantage de traits associés à la cible que la
tâche de lecture. Cette hypothèse est fondée sur le fait que ces
auteurs n'observent pas d'effet Production lorsque les items
cibles sont des non-mots.
Nairne, Pusen et Widner (1985) reproduisent les résultats
de McElroy et Slamecka et précisent l'hypothèse de l'act
ivation lexicale. Pour ces auteurs, la production provoquerait
une activation plus importante de la cible que la lecture et,
surtout, cette activation se diffuserait aux autres items qui lui
sont associés dans le réseau sémantique. Ce processus consti
tuerait, ainsi, un réseau qui faciliterait la récupération de la
cible. Pour mettre ceci en évidence, les auteurs comparent des
mots de fréquence d'usage différente. Si l'effet Production ne
tient pas seulement à une activation en tout ou rien de la cible,
mais est lié à la plus ou moins grande facilité avec laquelle peut
s'établir un réseau de récupération, alors on devrait observer
un effet Production avec des mots fréquents, mais non avec des
mots rares. C'est effectivement ce résultat qui est obtenu. Plus
précisément, comme l'ont montré Nairne et Widner (1988), il
s'avère que la familiarité des cibles est un facteur plus pertinent
que la fréquence d'usage pour l'obtention d'un effet Production.
Partant de ces résultats, nous avons cherché à préciser la nature
du réseau constitué en mémoire sémantique par le sujet lors
qu'il produit une information. La définition de la mémoire
sémantique que nous avons adoptée est celle donnée par Nairne Elaboration et contexte de production 31
et al. (1985) : « La connaissance dont dispose une personne à
propos d'une information verbale, incluant en particulier les
mots et leurs définitions » (p. 183). Nous faisons l'hypothèse
générale suivante : les informations activées par le sujet lors
qu'il produit une information ne sont pas de même nature que
lorsqu'il lit cette même information. En effet, dans la majorité
des tâches de production le sujet doit découvrir la cible, puis
vérifier qu'elle a un sens et, enfin, s'assurer que ce sens cor
respond au sens attendu à partir du contexte (Donaldson et
Bass, 1980, appellent ce processus check of solution adequacy).
Puisque ces activités nécessitent de comprendre la cible, les
informations qui correspondent à sa définition feraient prior
itairement partie du réseau activé par la production. Nous appel
lerons cette activation, l'élaboration de la cible. Ainsi, la pro
duction du mot « abeille » à partir de la cible « ab-il-e » activerait
les concepts de « miel », « ruche », « insecte », etc. En situation de
lecture, comme la cible est directement fournie au sujet, celui-ci
n'a pas à vérifier la relation contexte cible : une activation
aussi spécifique que lorsque la cible est produite ne serait pas
nécessaire.
Cette hypothèse générale s'appuie sur les résultats de deux
expériences. La première à été réalisée par Rabinowitz et Craik
(1986). Ces auteurs ont présenté aux sujets des couples mot
contexte/mot cible (par exemple : avenue/route en lecture et
avenuejro-le en production) ; ils ont utilisé comme indice de
récupération, soit un indice « identique » (avenue), soit un indice
sémantiquement « similaire » au mot contexte (rue). Si l'effet
Production était dû à une activation indifférenciée du réseau
sémantique, on devrait s'attendre à ce qu'en situation de pro
duction, l'indice « similaire » reste aussi efficace que l'indice
« identique », puisqu'il fait partie du réseau sémantique du mot
cible et à ce que, en situation de lecture, son efficacité diminue
puisque le traitement se limite à la seule mise en relation de
l'indice et de la cible. Ceci devrait, donc, conduire à une aug
mentation de l'effet Production. Or, leurs résultats montrent
qu'il tend à diminuer.
Cependant, une analyse du seul exemple fourni par les
auteurs permet de remarquer que l'indice de récupération « simi
laire » entretient avec le mot contexte la même relation que le
mot cible : ce sont tous les trois des exemplaires de la même
catégorie. Cet indice de récupération ne permet donc de mettre André Charles el Hubert Tardieu 32
en évidence qu'un traitement de catégorisation utilisant la
relation entre le contexte et la cible. Or, d'après notre hypothèse,
la production devrait, quel que soit le contexte, activer les
caractéristiques sémantiques de la cible qui correspondent spéc
ifiquement à sa définition. L'indice de récupération « similaire »
ne représente donc pas le meilleur moyen de tester une diff
érence entre ce qui a été activé en production et qui ne l'a pas été
en lecture.
On peut également noter que l'indice « identique » est pré
senté au sujet, ce qui n'est pas le cas de l'indice « similaire ».
Cette disparité tend à invalider la comparaison directe entre
les deux indices de récupération.
L'importance de l'élaboration sémantique, au sens strict où
nous utilisons ce terme, apparaît par ailleurs, clairement, dans
les résultats de l'expérience de McElroy (1987). Cet auteur a
utilisé des couples formés d'un mot cible homographe (par
exemple, banc) et d'un mot contexte qui lui est phonétiquement
lié. Le rappel des cibles est indicé par un mot qui reprend, soit
le sens dominant (par exemple, chaise), soit le sens non dominant
(par exemple, poisson) de l'homographe. Il constate que l'effet
Production est plus important dans le cas où l'on utilise le sens
dominant. La production semble, donc, contraindre le sujet à
choisir une définition de la cible, bien que le contexte ne favorise
pas un traitement sémantique, mais un traitement phonétique.
Dans les expériences présentées ci-dessous, nous avons
cherché à mettre en évidence l'élaboration sémantique de la
cible qui serait, selon nous, spécifique à la production. Pour cela,
nous utilisons le principe de l'encodage spécifique (Tulving et
Osier, 1968 ; Tulving et Thomson, 1970). Selon ce principe, des
différences d'encodage de la cible entre la production et la lecture
devraient se refléter dans l'efficacité des indices de récupération.
Nous avons comparé de deux de récupération
qui sont différents des mots cibles et des mots contextes. Le
premier type d'indice de récupération (indice « caractéristique »)
renvoie à une caractéristique sémantique de la cible ; il corre
spond à un élément de sa définition comme « miel » ou « ruche »
pour la cible « abeille ». Le deuxième type d'indice (indice
« exemplaire ») est un mot qui appartient à la même catégorie
sémantique que les mots contexte et cible. Par exemple, dans
le cas où l'on présente le couple : guêpe/abeille, l'indice de récupé
ration est le mot « araignée ». Compte tenu de notre hypothèse, Elaboration et contexte de production 33
l'indice « caractéristique » devrait être plus efficace que l'indice
« exemplaire » en situation production, mais non en situation de
lecture.
EXPÉRIENCE 1
MÉTHODE
MATÉRIEL
Le matériel est constitué d'une série de 40 items formés d'un mot
contexte et d'un mot cible. Les deux mots appartiennent à la même
catégorie sémantique. A chaque item sont associés deux indices de
récupération : l'indice « exemplaire » appartient à la même catégorie
que les deux mots et l'indice « caractéristique » représente une carac
téristique sémantique du mot cible et seulement de celui-ci, comme
on peut le voir dans l'exemple ci-dessous :
Item présenté Indices de récupération
Contexte Cible Caractéristique Exemplaire
Araignée Abeille Miel Guêpe
Le choix des items et des indices de récupération a été fait à partir
des résultats d'une préexpérience réalisée avec 83 mots cibles. Chaque
mot cible a été présenté avec ses deux indices de récupération à un
groupe de 48 sujets qui devaient choisir l'indice qui leur paraissait le
plus proche sémantiquement de la cible. On a ainsi sélectionné les
40 items pour lesquels le choix entre les deux indices était le plus équil
ibré. Il faut noter que malgré cette sélection, les indices représentant
une caractéristique de la cible restent préférentiellement choisis par
69 % des sujets. Dans une deuxième préexpérience, nous avons cherché
à tester l'efficacité des indices de récupération sélectionnés. Quarante
sujets ont associé librement deux mots à chaque indice : le mot cible
a été choisi dans 31 % des cas à partir des indices « caractéristique » et
dans seulement 8 % des cas à partir des « exemplaire ».
Pour obtenir les mots cibles de la situation de production, on a
supprimé une ou deux lettres de chaque mot en fonction de sa longueur.
Le choix des lettres supprimées et de leur place dans le mot a été fait
après avoir recueilli les temps d'identification de chaque mot cible
présenté sous sa forme fragmentaire à 5 sujets et après avoir obtenu
des temps homogènes.
AP — 2 34 André Charles el Hubert Tar dieu
PROCEDURE
Les items sont présentés dans l'une des deux conditions expériment
ales suivantes : soit les deux mots sont présentés en entier (situation
« lecture »), soit le mot contexte est présenté entier et le mot cible de
manière fragmentaire (situation « production »). Les deux mots sont
présentés simultanément l'un à côté de l'autre, le mot contexte toujours
à gauche. Le mot contexte est écrit en minuscule et le mot cible en
majuscule. Comme cela a été indiqué dans la constitution du matériel,
le rappel est indicé à partir d'un indice « exemplaire » ou d'un indice
« caractéristique ». Les mots sont affectés par contrebalancement aux
quatre conditions expérimentales issues du croisement de ces deux
facteurs. On a ainsi 4 listes de 40 items, 10 pour chaque condition.
L'ordre de présentation des items est aléatoire et différent pour chaque
sujet. Chaque sujet est affecté au hasard à l'une des listes. L'expérience
est pilotée par micro-ordinateur.
La consigne indique au sujet qu'il va passer une expérience de
mémoire, sans lui préciser la forme que prendra le rappel. Toutefois,
on lui demande de faire attention dans tous les cas aux mots contextes
qui peuvent être utiles pour apprendre les mots cibles. Un essai de
familiarisation lui est proposé : il comprend deux items pour chaque
condition de présentation. Chacun des 40 items est ensuite présenté
au centre d'un écran à raison d'un item toutes les trois secondes,
durée de présentation suffisante pour produire le mot quand cela est
demandé.
La consigne de rappel est donnée au sujet après la présentation
des 40 items. Elle lui indique qu'il pourra lire sur l'écran, d'une part,
le type d'indice utilisé («exemplaire » ou « caractéristique ») et, d'autre
part, l'indice de récupération correspondant. Il doit donner le mot
cible que lui évoque cet indice, sans limite de temps. Un essai de fami
liarisation lui est également proposé.
SUJETS
Les 20 sujets de l'expérience sont des étudiants en Licence de
Psychologie de l'Université Paris V. Ils passent cette expérience
comme obligation requise par le règlement des inscriptions aux
examens. Elaboration et contexte de production 35
RÉSULTATS
Le tableau I présente le nombre moyen de rappels corrects.
Tableau I. — Nombre moyen de mots cibles correctement
rappelés en fonction de la tâche et du type d'indice de récupé
ration
Mean number of target-words correctly recalled for each
task and each type of recall cue
Type d'indice de récupération
Type
de tâche Exemplaire Caractéristique
Lecture 4.77 4.22
Production 7.45 5.81
Globalement, le nombre de mots cibles rappelés en situation
de production (6.63) est supérieur au nombre de mots rappelés
en situation de lecture (4.49) ; cette différence est significative
(F(l,19) =47.64, p < .0005). Le nombre de mots cibles rap
pelés à partir de l'indice « exemplaire » (6.11) est plus important
que celui rappelé à partir de l'indice « caractéristique » (5.01) ;
cette différence est également significative (F(l,19) = 10.38,
p < .005).
Ce résultat est surprenant, puisque dans la tâche d'asso
ciation libre (deuxième préexpérience), le mot cible était plus
fréquemment associé à l'indice « caractéristique » qu'à l'indice
« exemplaire ». L'interaction entre les deux facteurs n'est pas
significative (F(l,19) — 3.48, p < .10). Toutefois, les compar
aisons partielles montrent que l'efficacité des deux indices de
récupération est la même en situation de lecture (F(l, 19) = 1.47),
mais que l'indice « exemplaire » est plus efficace que l'indice
« caractéristique » en situation de production (F(l,19) = 13.5,
p < .005). Ce dernier résultat infirme notre hypothèse, puisque
nous pensions que l'élaboration du mot cible, due à sa pro
duction, activerait les caractéristiques sémantiques de ce mot
et permettrait donc au sujet de mieux le récupérer à partir d'un
indice correspondant à l'une de ces caractéristiques.
Les résultats incitent à penser que produire la cible accentue
la mise en relation avec le contexte dans lequel a lieu la pro- 36 André Charles et Hubert Tardieu
duction et privilégie par conséquent ce qui témoigne de cette
mise en relation. Par contre, lire la cible ne privilégierait pas ce
type de traitement. Nous avons tenté de confirmer cette analyse
dans l'expérience 2.
EXPÉRIENCE 2
Si cette analyse est correcte, l'efficacité de l'indice de récupé
ration en situation de production devrait dépendre très étro
itement du type de mot contexte utilisé, alors que nous avions
prévu que la production activait dans tous les cas les caracté
ristiques sémantiques de la cible privilégiant ainsi ce type
d'indice au moment de la récupération. Nous devrions donc
observer une plus grande efficacité de l'indice de récupération
« caractéristique » dans le cas où le contexte correspond à une de la cible. Par contre, en situation de lecture,
les deux types d'indice de récupération devraient être aussi
efficaces, puisque le sujet ne tiendrait pas compte du mot
contexte.
MÉTHODE
MATÉRIEL
Les mots contextes sont choisis de façon à représenter une caracté
ristique du mot cible et à ne pas représenter une caractéristique de
l'indice de récupération de type « exemplaire ». Les indices de récupé
ration sont les mêmes que dans l'expérience 1, mais, bien entendu,
leur relation avec le contexte de production est inversée : l'indice
« caractéristique » et le d'encodage correspondent tous deux
aux caractéristiques de la cible, alors que l'indice « exemplaire » n'est
pas explicitement évoqué par ce contexte d'encodage comme on peut
le voir dans l'exemple ci-dessous :
Item présenté Indices de récupération
Contexte Cible Caractéristique Exemplaire
Ruche Abeille Miel Guêpe

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