Eludes générales et Méthodologie - compte-rendu ; n°1 ; vol.31, pg 382-397

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L'année psychologique - Année 1930 - Volume 31 - Numéro 1 - Pages 382-397
16 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1930
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a) Eludes générales et Méthodologie
In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 382-397.
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a) Eludes générales et Méthodologie. In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 382-397.
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382 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
ojj de colère, oiêmâ regain d'intérêt dû à l'adoption de nouvelles mi-
thodes, mêmes périodes d'arrêts, suivies de rapide exécution, avant le
succès. Les divergences, quant aux erreurs et aux durées, bien que
parfois assez, grandes, ne permettent pas de se prononcer pour une
supériorité de l'un ou de l'autre. A. B.-F.
2e Psychologie zoologique et Biologie
a) Etudes générales et méthodologie l
254. — L. BRÉTÉGNIER. — L'activité psychique chez les animaux.
Iostioct et Intelligence. — In-8 de 387 pages, Vigot, 1930, Prix :
50 francs.
Le colonel vétérinaire B. a passé sa thèse de doctorat vétérinaire
avec ce travail de psychologie animale, et c'est, depuis assez peu de
temps qu'existe ce grade, la troisième thèse de cet ordre, ce qui est un
intéressant symptôme de l'intérêt porté à ces problèmes par les
hommes qui sont professionnellement conduits à se mettre en contact
avec nos frères inférieurs.
Appuyé d'une documentation étendue, dont témoigne une large
bibliographie, le livre de B. n'est pas un traité systématique, mais il
comporte un historique important, et un bon exposé méthodolo
gique général.
Un chapitre est consacré aux tropismes et à la théorie de Lœb,
exposée et critiquée, comme trop simpliste pour s'accorder avec la
complexité des faits.
« Lœb, conclut B. est un très grand esprit scientifique qui a orienté
de fécondes recherches sur Je comportement animal ; pour qui les
biologistes ne peuvent avoir qu'une grande reconnaissance. Les
extrémistes, en quelque domaine que s'exerce leur action, sont gens
précieux ; ils dirigent, les uns à droite, les autres à gauche, dans des
directions divergentes, des rayons lumineux qui éclairent des e
spaces encore inexplorés ; ils découvrent ainsi des parties de vérité
auxquelles leur outrance fait la part trop grande, qu'ils déforment de
bonne foi pour les faire entrer dans la théorie soutiennent. »
Réflexions judicieuses i
Après deux autres chapitres généraux encore sur le réflexe et
l'instinct, viennent des études plus spéciales, sur le psychisme des
insectes sociaux, sur les états affectifs chez les animaux, sur l'intell
igence et sur le langage, chez les vertébrés supérieurs.
En indiquant la supériorité notable de l'homme, B. se demande si
elle se maintiendra dans l'évolution sociale, qui paraît réserver de
plus en plus, trouve-t-il, la spéculation intellectuelle à une élite.
« L'homme, en se cantonnant de plus^en plus dans les mêmes fonc
tions, en ignorant l'activité du voisin et en s'en désintéressant, effec
tuera machinalement les mêmes gestes, par habitude d'abord, et
1. Voir aussi les n°s 1054, 1055, 1063, 1134 à 1138. ZOOJLOGIQÜE Vf ßJQLOGIE $$$
peut-être aussi, à la longue, héréditairement, par instinct ? L'homme
mpyen des siècles futurs, dont le cerveau sera désaccoutumé du
labeur intellectuel, ne risquera-t-il pas, comme l'animal, de n'avoir
plus que des éclairs d'intelligence, lorsque l'imprévu le mettra dans la
nécessité de sortir du chemin routinier ? »
Cette conclusion est d'un pessimisme qui contraste avec l'attitude
habituelle, fondant de grands espoirs sur le développement intellec
tuel de l'humanité en lequel Richet manifeste sa foi. Sans être non
plus trop optimiste, on peut penser que le maintien et le développe
ment d'une culture générale, contrepoids de la spécialisation profes
sionnelle, empêchera cette automatisation radicale. H. P.
255. - H. ANDRÉ, BUYTENDIJK, G. DWELSHAUVERS,
M. MANQUAT. — Vues sur la psychologie animale, avec avant-
propos, discussion et notes par R. COLLJN, R. DALBIEZ, et
,1. MARITAIN. - Cahiers de Philosophie de la Nature, IV. In-8
de 175 pages. Paris, 1930. Prix : 20 francs.
La première des études du recueil est une conférence du botaniste
Hans André à la 3e réunion de la Société de Philosophie de la Nature
(avril 1929) sur « la différence de nature entre les plantes et les an
imaux », la plante, être de forme statique s'opposent à l'animal, être
d'action, conférence qui se termine par une citation de Paul Claudel,
envisageant la plante comme ayant un rôle d'ornement et parure,
et déclarant « que la science prendra un tout autre aspect quand elle
regardera l'œuvre du créateur, ion plus dans un esprit de critique,
mais dans un esprit desympathie? avec la certitude d'y trouver, non
pas le doute et le désespoir, mafc la joie éternelle ».
C'est à Buytendijk que revient le soin de creuser un autre fossé
dans la création, en consacrant sa conférence à la même reunion
aux « différences essentielles des fonctions psychiques de l'homme
et des animaux », ayant reçu l'illumination qui lui a révélé « la certi
tude d'une origine inconnue », le poussant « jusqu'à l'abîme vertig
ineux qui existe entre l'homme ßt le reste de la nature ».
Mais B. est un expérimentateur et relate les résultats de nomb
reuses et intéressantes recherches, qui paraissent rapprocher si
ngulièrement l'homme de l'animal sur le terrain biologique, jusqu'au
coup d'aile de l'interprétation poétique qui crée la rupture.
L'intelligence, cherche-t-il à montrer, comporte une certaine
conquête, une possession ; mais elle n'existe réellement que chez
l'homme parce que, pour qu'il y ait possession, richesse véritable, il
faut que ce soit un luxe sans nécessité biologique. Ainsi « c'est la raison
pour laquelle, chez l'homme seul, il y a vraiment de l'intelligence,
puisque chez l'animal on trouve tous les caractères, tous les traits,
toutes les apparences, toutes les images et toutes les expressions de
cette faculté mentale » !
De Buytendijk est publiée également une traduction d'un article
des Philosophischer Anzeiger sur « le signalement de l'organique », qui
se caractériserait non tant par l'adaptation, que par la richesse et le
luxe inutile, et une étuûe écrite en commun avec H. André sur la
valeur biologique de l'art poétique de Claudel, qui a découvert le
principe de la finalité « hétérotrope » (de Becher et Wasmann) dans 384 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
l'harmonie du monde, quand il a écrit que « le cerisier et le hareng ne
sont pas si féconds que pour eux-mêmes, mais pour les peuplades
pillardes qu'ils nourrissent », et a su concevoir que la plante avait
un rôle exclusif de parure et d'ornementation, ce que la morphologie
végétale ne peut qu'entièrement confirmer !
Enfin les deux dernières études représentent des communications
de Dwelshauvers sur des observations psycho-pathologiques faites
sur une chatte, et de M. Manquât, sur les tropismes dans le comporte
ment animal, où le professeur de l'Institut catholique d'Angers, repre
nant les arguments de sa thèse, soutient qu'il n'y a pas de stimuli
impératifs chez les animaux, mais seulement des stimuli détermi
nants, l'intérêt intervenant dans la détermination, intérêt individuel
ou intérêt de l'espèce, comme chez le Bousier, soumis à des exci
tations « qui font vibrer un psychisme déposé en son organisme par
un créateur intelligent et bienveillant ».
On voit qu'à la Société de Philosophie de la Nature, l'esprit po
sitif et l'esprit mystique sont assez étroitement unis et que le do
maine de la science n'y est pas considéré comme distinct de celui
de la foi. C'est, pour ma part, ce que je regrette. H. P.
256. - BASTIAN SCHMID. — Tierphonetik [Phonétique animale).
- Z. für ver. Ph., XII, 3-4, 1930, p. 760-773.
Après avoir rappelé les erreurs que l'on commet dans l'audition
des cris des animaux, et les difficultés de notation (avec exemple des
notations très différentes du même cri, tel celui du coq, dans diverses
langues), l'auteur a tenté des déterminations phonétiques par la
méthode oscillogràphique après réception microphonique, et il donne
quelques exemples des résultats obtenus concernant les voyelles et
consonnes émises par quelques animaux comparativement à des
phonèmes humains . Il a étudié des chiens divers, chats, cobayes,
chauve-souris, éléphants, chimpanzés, coqs, poules, oies, pigeons,
grenouilles, etc.
On a des u chez le chien qui hurle ou aboie avec fureur, ou chez la
grenouille qui croasse, ou chez le pigeon qui roucoule, des o le
chien ou la poule qui glousse, chez le chat ou le cochon.
Les a se montrent très variables ; les canes donnent des nasales
(pomme ein).
Pour les consonnes, 1'/ se rencontre chez le chat et l'oie, le t chez la
chauve-souris, le w chez le chien, I'm le chat, et la chauve-souris
possède une explosive très nette.
Des espèces différentes peuvent donc posséder des sons communs,
et à côté de cela on trouve d'une race à l'autre de chiens des différences
considérables. H. P.
257. - J. A. BIERENS DE HAAN. - Zoologischer Garten und
Tierpsychologie in Amsterdam (Le jardin zoologique et la psychologie
animale à Amsterdam). — Der Zoologische Garten, III, 1930,
p. 189-204.
Pour faire de la psychologie animale, tout au moins des Vertébrés,
il faut s'installer près des bêtes vivantes, si l'on ne veut pas comme
aux Etats-Unis se limiter à peu près à la psychologie du rat blanc, ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE . 385 PSYCHOLOGIE
nous dit très justement B. de H. C'est au Jardin Zoologique qu'il
faut s'installer, et c'est ce qui vient de se faire à Amsterdam, où,
pour la première fois, un laboratoire de psychologie animale a été
construit et installé dans un « Zoo ».
L'auteur donne une description et des photographies du pavillon,
où les installations permettent d'expérimenter sur des poissons —
grâce à des aquariums —, aussi bien que sur les oiseaux et les mammifè
res, les singes en particulier. H. P.
258. - WERNER FISCHEL. - Weitere Untersuchung der Ziele
der tierischen Handlung {Nouvelle recherche des buts de Vactivité
animale). — Z. für ver. Ph., XI, 1930, p. 523-548.
Dans un précédent travail (Cf. An. Ps., XXX, p. 318) l'auteur
avait montré que des souris peuvent résister à des influences percep
tives immédiates sous l'influence d'un souvenir, quand on leur donne
toujours simultanément des graines de deux sortes dont l'une est
préférée à l'autre ; les mêmes résultats sont obtenus avec des porcs-
épics à qui l'on donne à la fois un morceau de pain blanc et un morceau
de pain noir ; après quelques expériences l'animal ne prend plus au
hasard le premier morceau de pain rencontré ; mais cherche le pain
blanc et laisse le pain noir, à condition que la distance ne soit pas trop
grande de l'un à l'autre (40 centimètres au maximum).
Avec des chèvres, la recherche peut aller jusqu'à faire soulever un
couvercle de boîte pour y trouver l'aliment préféré qui s'y trouve
caché, après une éducation un peu plus longue.
Les Lémuriens échouent dans une recherche de cet ordre, oubliant
vite ; toutefois ils donnent certaines preuves d'intelligence, tirant sur
la ficelle pour attirer un fruit qui y est attaché, mais seulement lors
que la direction du lien est perpendiculaire à la paroi grillagée de
la cage, échouant dès que cette direction est oblique. H. P.
259. - F. J. J. BUYTENDIJK. - A propos de la façon dont les
animaux se débarrassent de leurs entraves. — Ar. néer. de Ph., XV,
2, 1930, p. 213-237.
L'A. a étudié chez une série d'animaux (étoiles de mer, ophiures,
crabes, pagures et hippocampes), la façon dont s'effectuait la libé
ration quand on embarrassait l'animal de liens plus ou moins serrés,
et de belles photographies viennent illustrer de façon intéressante
ses observations. Les réactions employées pour arriver à la libération
sont naturellement très différentes selon l'anatomie des animaux et
la complexité plus ou moins grande de leur système moteur. Cepen
dant dans presque tous les cas B. a pu observer que la libération ne
pouvait pas s'expliquer par la collaboration d'un petit nombre de
réflexes, mais qu'il y avait au contraire de véritables actes, coor
donnés et dirigés. Chez les pagures en particulier, on ne peut pas
parler d'une conduite de la libération. Il y a élaboration d'une tech
nique variable, appropriée à chaque situation particulière, et s'élabo-
rant chaque lois d'après un principe déterminé. Il faut cependant
noter que les mouvements de libération peuvent, chez certaines es
pèces persister alors qu'il n'y a plus de liens qui en justifient l'utilité,
ce qui semble un peu controuver les vues de l'auteur. M. F.
l'année psychologique, xxxi. 25 ,
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES" 386
260- — W, S. HUNTER, — A consideration of Lashley's theory of
iÜe eqtüipoteritiality of cerebral action (Examen dé la théorie de
Lashley de Véquipotentialité de faction cérébrale). — J. of gen. Ps.,
IIÎ, 4, 193Ö, p. 455-468.
Tout en appréciant les nombreuses données obtenues par L. sur
les effets dés lésions cérébrales, H. se refuse à admettre l'interpréta
tion de Lashley. Elle néglige les résultats sur la discrimination vi
suelle du rat et systématise ceux du iabyrinthe, situation ou les st
imuli sont assez nombreux et complexes pour que la performance se
trouve proportionnelle, indépendamment de la localisation, à la
masse corticale hétérogène conservée.
H. critique notamment, de nouveau, lés expériences de Lashley et
Bail (1929) éliminant la proprioception, et d'où les auteurs ont conclu
à un mécanisme intra-nerveux capable de produire une succession des
mouvements en l'absence de données sensorielles directrices. (Dans
la même revue, V, i, 1931, L. défendra ces expériences et précisera sa
position générale, la situant à certains égards nettement à côté, donc
à l'abri, des critiques de Hunter.) G. D.
2Ö1. — CLARK L. HULL. — Simple trial and error learning : ä
study in psychological theory (L'apprentissage simple parle procédé
des essais et des erreurs : étude concernant la théorie psychologique.)
Ps. Rev., XXXVII, 1930, p. 241-256.
Une véritable explication est inséparable, suivant l'auteur, de la
déduction. Elle doit comporter en même temps la nécessite logique et
une possibilité de prévision. Aussi faüt-il que la deduction aboutisse
à la connaissance de faits absolument nouveaux et qui ne soient pas
contenus dans les prémisses d'une façon explicite. C'est donc cet él
ément de nouveauté qui serait le caractère essentiel de la vraie expli-
cation deductive. Il arrive souvent, toutefois, que ce qui passe pour
une explication manque entièrement de ce caractère déductif. Expli
quer consiste alors uniquement à subordonner un phénomène à un
principe plus ou moins général. En ce qui concerne la psychologie, il
est trop évident qu'elle use fréquemment de ces formés de pseudo-
explication. Il suffirait de citer les noms de certains behavioristes
qui croient un phénomène mental expliqué quand ils l'ont rattaché
fiau scheme général : stimulus-réaction.
H. est d'avis, pour sa part, que la psychologie peut tenter la voie
qui conduit à l'explication deductive et c'est pour démontrer cette
possibilité qu'il présente dans son mémoire l'exemple d'une méthode
appliquée à l'apprentissage par le procédé des essais et des erreurs,
dont les résultats sont conformes à ses postulats théoriques. Suppo
sons que nous ayons trois stimuli S^, S^ et S- qui provoquent dans
un organisme donné des réponses Rx, Ry et R;. Admettons aussi que
ces réponses impliquent une voie terminale commune en sorte
qu'elles ne peuvent pas se produire simultanément. Si, d'autre part,
Sx représente un stimulus neutre incapable de déclencher d'emblée
une réponse nette mais qui a été associé séparément aux stimuli
Sx, $>y et Sz, dans des complexes différents, il ne manquera pas d'ac
quérir la valeur d'un stimulus conditionnel capable de provoquer
trois tendances incompatibles entre elles et aboutissant aux réponses PSYCHOLOGIE, ZOOLOGIE ET BIOLOGIE 387
Ri, Rv et R;. On peut présumer, en outre, que les trois tendances
à l'action sont caractérisées par des degrés différents de forcé ou de
puissance et que ces degrés sont dans le rapport de 3, 2 et 1. La r
éponse R. est la seule qui comporte la réussite et qui, par conséquent,
subit un renforcement et met un terme à l'action du stimulus St. Ces
conditions étant posées, on peut se demander quel sera le comporte
ment de l'organisme sous l'action de St agissant soit isolément soit
en connexion avec d'autres stimuli plutôt indifférents. Il est évident
qu'il s'ensuivra une sorte de compétion entre les tendances dont la
mise en jeu simultanée est impossible. Or, la succession des essais est
susceptible d'être prévue si on tient compte non seulement des forces
respectives, des tendances mais aussi des augmentations et des
baisses de celles-ci résultant, suivant le cas, de la réussite, de l'échec,
et de l'intervalle des essais ou des cycles d'essais. En fait, chaque
réaction se déroulera suivant la plus forte des trois tendances rivales.
La précision peut devenir alors très exacte si l'on évalue chaque fois
la force des trois tendances moyennant la convention suivante : Oh
suppose que par suite de l'échec encouru la force de la tendance a
baissé de 0,9 points, que l'effet du « recouvrement » spontané se chiffre
par 0,3 points et que, d'autre part la tendance augmente de 0,3 points,
soit du fait du renforcement déterminé par le succès, soit grâce à la
« restauration » qui s'opère pendant l'inaction. On arrive ainsi par
des combinaisons successives à une combinaison telle où le premier
essai d'un cycle expérimental, coïncide avec la réussite. Mais ce qui
rehausse la valeur de ce procédé c'est qu'il permet certaines prévi
sions. On peut affirmer, par exemple, que, lorsque le premier des
quatre cycles a. été effectué, il y aura, au début du cycle nouveau,
une tendance d'autant plus forte aux actes « ratés » que l'intervalle
séparant les deux cycles ä été plus grand. Ces résultats permettent,
d'une manière générale, de donner une réponse rationnelle à une série
de questions qui se posent d'ordinaire relativement à dès cas pareils
de la conduite simple. L'auteur, n'hésite pas, d'ailleurs, à les inter
préter dans le sens d'un mécanisme radical. P. K.
262.- — W. M. BOROVSKI. — Ueber adaptive (Èkonoinie und ihre
Bedeutung für den Lernprozess (Sur l'économie adaptative et sa signi-
iication pour le processus d'apprentissage). — Bi. Zentr., L, 1, 1930,
p. 49-60.
L'auteur pose d'abord quelques définitions, sur la situation, rap
port entre conditions externes et internes pour un organisme, à tin
moment donné, sur le stimulus (Reiz) comportant changement de
situation d'origine externe ou interne, enfin sur la réaction ou ré
ponse, comportant l'ensemble des processus déclenchés par le stimulus
(et en l'absence desquels ce dernier reste inîraliminaire).
ha, puissance des réactions peut être comparée dans la mesure où
l'une en peut empêcher une autre.
En quoi consiste alors Yéconomie adaptative ? Si un animal pro
duit une réaction qui est dans ces circonstances sans valeur biolo
gique, la puissance de cette réaction s'en trouvera désormais dimi
nuée, et, en revanche, si la a une valeur biologique, sa puis
sance s'en trouvera chaque fois accrue. 388 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Ce principe s'applique aux réflexes conditionnels, et l'on peut y
ramener la loi de l'effet de Thorndike, celle de la répétition de Smith,
de la fréquence de Watson, de l'adaptation positive et négative de
Woodworth.
Toutefois un autre principe d'accroissement dans la puissance des
réactions se rencontre dans le rythme : pour l'apprentissage les répéti
tions rythmiques ont une plus grande efficacité. H. P.
263. — W. FISCHEL. — Borowski's Prinzip der adaptiven Œko-
nomie {Le principe d'économie dans V adaptation de Borowski). —
Z. f. Ps.: CXVIII, 1-3, 1930, p. 177-190.
L'adaptation est plus ou moins économique selon qu'il s'agit
d'êtres supérieurs ou inférieurs. Un animal à sang-froid n'a guère à
se déplacer pour trouver sa nourriture ; un mammifère ou un oiseau
doit le faire et ne peut s'adapter à cette nécessité qu'à condition
d'éviter le gaspillage d'énergie. Telle est la fonction de la mémoire.
Elle existe déjà chez les êtres inférieurs (mollusques, crustacés infé
rieurs) qui peuvent bien s'adapter à un signal, mais non réaliser une
adaptation différentielle à deux signaux à la fois ; aussi quand les
circonstances changent rapidement en sont-ils réduits à s'adapter
par essais et erreurs. De même un insecte inférieur est incapable
d'éliminer spontanément une réaction sans valeur biologique (à
moins qu'elle ne soit sanctionnée par une punition). Le Dytique
continue à happer des objets sans valeur alimentaire, qu'il rejettera.
Au contraire un insecte supérieur y renonce : l'abeille apprend à dis
tinguer l'eau sucrée de l'eau pure.
Chez les Vertébrés, au-dessus des instincts qui limitent déjà le
nombre des actes, interviennent les habitudes. Un des traits carac
téristiques des animaux supérieurs est l'adaptation consécutive à
une seule expérience (singes). Mais surtout ils peuvent considérer un
but, c'est-à-dire obéir à la représentation d'un objet absent qui de
vient, un principe de sélection ; ils cherchent un aliment défini dont
ils ont gardé le souvenir et cessent de réagir alors à l'aliment en gé
néral. Enfin la meilleure utilisation de l'énergie est celle qui apparaît
dans les solutions intelligentes, qui dispensent des essais et des erreurs l'invention des moyens. P. G.
264. — J. A. GENGERELLI. — The principle oî maxima and mi
nima in animal learning [Le principe des maxima et des minima
dans V apprentissage animal). -- J. of comp. Ps., XI, 2, 1930,
p. 193-236.
Nos explications réduisent les phénomènes moins familiers à des
phénomènes plus familiers. Mais il ne faut pas oublier que le degré
de familiarité d'un phénomène varie avec le niveau de culture. Pour
beaucoup de gens l'apprentissage (learning) ne pose aucun problème,
parce qu'il est un fait très familier : pour le savant à qui les phéno
mènes de la physique et de la physiologie sont familiers, il y a un pro
blème ; mais la tentative de réduction du premier aux seconds est
encore peu satisfaisante.
Abordons le problème en partant d'une observation : un rat habitué
à un labyrinthe a tendance à esquisser le mouvement de tourner avant PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 389
d'arriver à l'angle du couloir ; il tend à abréger le chemin qui conduit
au but. L'élimination des impasses n'est que l'expression de cette
tendance.
Pour la mettre en évidence, on lâche le rat à l'angle d'une enceinte
carrée, la nourriture étant placée à l'autre extrémité de la diagonale.
Si l'intérieur du carré est entièrement libre, le parcours d'abord très
sinueux tend de plus en plus vers la diagonale. Il en est sensiblement
de même chez un rat aveugle. Il en est encore de même si on intercale
sur le parcours une série de petites barrières interrompues parallèles
à l'une des bases : le chemin tend vers la ligne droite, autant que le
permet la configuration des obstacles. Plaçons maintenant le point
de départ et le point d'arrivée aux extrémités de l'autre diagonale :
le chemin se déforme progressivement et tend vers cette autre dia
gonale.
D'autres rats sont dressés à parcourir deux couloirs à angle droit.
Quand on enlève les cloisons, l'animal tend de plus en plus vers l'hy-
pothénuse du triangle rectangle.
Une boîte oblongue est divisée en deux compartiments. La porte
qui les fait communiquer ne s'ouvre que si l'animal est passé sur deux
petites plates-formes situées l'une sur le côté droit, l'autre sur le côté
gauche de la caisse. L'animal arrive à réaliser le parcours le plus éco
nomique par une série de corrections, et il en est de même quand on
modifie la position des plates-formes.
En face d'une situation qui comporte une infinité de solutions,
l'animal, sous la pression du besoin, tend donc à choisir celle qui
comporte le parcours le plus réduit compatible avec la satisfaction
de ce besoin. Quand il n'y a pas de besoin, la réaction, en vertu du
même principe, tend à disparaître. Ainsi s'expliquent les adaptations
positives et négatives. C'est sans doute là un principe finaliste, puis
qu'il définit un phénomène par référence à un état final et non à un
état passé. Mais un grand nombre de lois physiques se formulent de
cette façon. Le principe rentre dans la catégorie générale des lois de
maximum et de minimum. Il permet de prévoir la conduite ; il faut
l'accepter comme un principe descriptif abstrait, actuellement irr
éductible et fécond. P. G.
265. — R. CH. TRYON. — Studies in individual differences in maze
ability. I. The measurement of the reliability of individual differences
(Etude des différences individuelles dans l'aptitude au labyrinthe .
I. La mesure de la valeur des différences individuelles) . — J. of comp.
Ps., XI, 2, 1930, p. 145-170.
Les polémiques des dernières décades — notamment entre Hunter
et Carr — au sujet de la valeur de la méthode du labyrinthe con
duisent T. à formuler huit principes auxquels il subordonne cette
valeur. Un appareil est d'autant plus comparable à lui-même qu'il
est composé d'un plus grand nombre de parties. Un résultat indivi
duel n'a de valeur que si l'animal est d'abord familiarisé avec l'appar
eil. Il faut éliminer la manipulation directe de l'animal par l'expér
imentateur. L'évaluation doit être objective ce qui conduit à l'enr
egistrement automatique du parcours et des erreurs. Il faut éviter de
grouper des animaux de même origine pour ne pas faire intervenir 390 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES .
un facteur systématique ; pour les mêmes raisons il faut faire varier
le sexe, l'âge, le poids. Les meilleures corrélations sont celles qu'on
obtient entre les essais pairs et impairs (mais non entre la première et
la seconde partie des expériences). Enfin une moyenne n'a de sens
qu'avec un grand nombre de sujets.
T. a construit deux appareils (X et Y) qui sont des applications
de ces principes. Ils combinent 17 à 20 éléments en forme de T. L'ani
mal entre de lui-même et de plein pied de sa cage dans le labyrinthe.
Il est d^abord habitué à un parcours réduit qui le familiarise avec les
rideaux des impasses et les fermetures automatiques des portes der
rière lui. L'enregistrement du parcours est automatique. On emploie
des groupes de 140 rats de provenance très diverse. La récompense
est proportionnée dans les groupes mâles et femelles à l'appétit des
sujets. On n'emploie pas d'animaux trop jeunes.
Dans ces conditions on obtient entre les essais pairs et impairs (un
par jour pendant 18 jours), des corrélations de 0,976 ±0,0014 et de
0,9682 dz 0,0018, c'est-à-dire que les résultats sont aussi stables
qu'avec les meilleurs tests employés en psychologie humaine.
P. G.
266. .— G. C. GRINDLEY. - Experiments on the Infjuence pf
Reward on Learning in young Chickens (Expériences sur V influence
de la récompense sur V apprentissage des jeunes poussins). — Br. J.
of Ps., XX, 2, 1929, p. 173-180.
En entraînant des poussins à sortir de labyrinthes et de cages et
à se diriger vers le point où se trouve la nourriture, celle-ci consistant
en un, deux, quatre ou six grains de riz cuit, suivant les groupes de
sujets, G. a obtenu des courbes d'apprentissage plus rapide chez les
groupes mieux récompensés. La supériorité du groupe de dix sujets
recevant six grains sur le groupe qui ne recevait qu'un grain a été de
23 %, 29 % et 60 % dans trois séries d'expériences. Dans ces expé
riences, le groupe qui ne recevait aucune récompense n'a donné aucun
apprentissage.
Il n'en est pas de même lorsque la nourriture est visible derrière
une cloison de verre, sans que l'animal puisse l'atteindre. Dans ces
conditions, cinq paires de poussins ont donné dans une série de 12 es
sais effectués tous à la suite les uns des autres, une courbe d'ap
prentissage à pente lente, il est vrai, jusqu'au quatrième essai ;
puis une décroissance des réussites à partir du cinquième essai. Il
semble donc que- l'apprentissage puisse se faire au début en absence
de récompense effective. D. W.
267. — F. G. RUCH. — Food-reward versus esçape-ïrom-water as
conditions motivating learning in the white rat (Effets comparés de
la récompense sous forme de nourriture et de la fuite hors de Veau, eh
tant que mobiles dans V apprentissage, chez le rat blanc). — J. of
genet. Ps., XXXVIII, 1-4, 1930, p. 127-145..
Les expériences de l'auteur ont eu pour but de déterminer, par la
comparaison avec l'ancienne technique de la récompense sous forme
de pourriture, la valeur d'une méthode jusqu'ici peu employée, util
isant d'autres mobiles pour l'apprentissage.

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