Essai d'analyse de l'activité de reproduction de figures géométriques complexes - article ; n°1 ; vol.69, pg 55-66

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L'année psychologique - Année 1969 - Volume 69 - Numéro 1 - Pages 55-66
During the transcription of complex figures, the visual activity can be described as a backward and forward motion between model and copy, and characterized by the respective parts of time devoted to model exploration and to transcription control, as so as by the frequency of this motion. This study examines the relation between this temporal patterning of visual activity with the adequacy of the transcription in children from 5 to 10 years of age. Two levels seem to be distinguished : up to 7, there is an improvement in the transcription of the elementary components of the figure, which are identifled more and more rapidly ; at the following level (7 to 10) the relations between elements are investigated and accounted for, and the reproduction is controlled over a longer duration.
Lors de la copie d'une figure complexe, l'activité visuelle du sujet peut être décrite comme un va-et-vient entre modèle et reproduction, et elle se caractérise par les parts respectives de temps consacré à l'exploration du modèle et au contrôle de la reproduction, ainsi que par la fréquence des va-et-vient. La présente recherche met en relation cette répartition de l'activité visuelle avec le niveau d'adéquation de la copie entre 5 et 10 ans. Deux stades semblent devoir se distinguer : jusqu'à 7 ans, il y a perfectionnement de la reproduction des éléments simples composant la figure, qui sont identifiés de plus en plus rapidement ; au stade suivant (7-10 ans) les relations entre éléments sont explorées et prises en compte, et la reproduction contrôlée plus longtemps.
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1969
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M. Stambak
Marie-Germaine Pêcheux
Essai d'analyse de l'activité de reproduction de figures
géométriques complexes
In: L'année psychologique. 1969 vol. 69, n°1. pp. 55-66.
Abstract
During the transcription of complex figures, the visual activity can be described as a backward and forward motion between
model and copy, and characterized by the respective parts of time devoted to model exploration and to transcription control, as
so as by the frequency of this motion. This study examines the relation between this temporal patterning of visual activity with the
adequacy of the transcription in children from 5 to 10 years of age. Two levels seem to be distinguished : up to 7, there is an
improvement in the of the elementary components of the figure, which are identifled more and more rapidly ; at the
following level (7 to 10) the relations between elements are investigated and accounted for, and the reproduction is controlled
over a longer duration.
Résumé
Lors de la copie d'une figure complexe, l'activité visuelle du sujet peut être décrite comme un va-et-vient entre modèle et
reproduction, et elle se caractérise par les parts respectives de temps consacré à l'exploration du modèle et au contrôle de la ainsi que par la fréquence des va-et-vient. La présente recherche met en relation cette répartition de l'activité
visuelle avec le niveau d'adéquation de la copie entre 5 et 10 ans. Deux stades semblent devoir se distinguer : jusqu'à 7 ans, il y
a perfectionnement de la reproduction des éléments simples composant la figure, qui sont identifiés de plus en plus rapidement ;
au stade suivant (7-10 ans) les relations entre éléments sont explorées et prises en compte, et la reproduction contrôlée plus
longtemps.
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Stambak M., Pêcheux Marie-Germaine. Essai d'analyse de l'activité de reproduction de figures géométriques complexes. In:
L'année psychologique. 1969 vol. 69, n°1. pp. 55-66.
doi : 10.3406/psy.1969.27648
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1969_num_69_1_27648Service de Neuropsychologie de l'Enfant
Hôpital Henri-Rousselle
ESSAI D'ANALYSE
DE L'ACTIVITÉ DE REPRODUCTION
DE FIGURES GÉOMÉTRIQUES COMPLEXES
par Mira Stambak1 et Marie-Germaine Pêcheux2
SUMMARY
During the transcription of complex figures, the visual activity can be des
cribed as a backward and forward motion between model and copy, and charact
erized by the respective parts of time devoted to model exploration and to trans
cription control, as so as by the frequency of this motion. This study examines
the relation between this temporal patterning of visual activity with the adequacy
of the transcription in children from 5 to 10 years of age. Two levels seem to be
distinguished : up to 7, there is an improvement in the transcription of the elemen
tary components of the figure, which are identified more and more rapidly ; at the
following level (7 to 10) the relations between elements are investigated and
accounted for, and the reproduction is controlled over a longer duration.
Tous les travaux qui ont utilisé la copie de figures, que ce
soit comme objet ou comme moyen de recherche, ont mis en
évidence la multiplicité des processus mis en jeu par une telle
activité, dans laquelle il y a intégration de facteurs perceptifs,
intellectuels, moteurs et affectifs. Ce n'est donc pas seulement
les difficultés d'apprécier rigoureusement l'exactitude de la
copie qui justifie le nombre relativement restreint de recherches
expérimentales en ce domaine. Pourtant, des résultats très nets
ont été obtenus, grâce à ce type de réponse, dans le domaine
particulier de la psychologie de l'enfant (Piaget, Inhelder, 1942 ;
Graham, Berman, Ernhart, 1960 ; Wittling, 1966). Des lois du
développement perceptivocognitif ont été dégagées, qui assignent
un rôle capital à l'image mentale : celle-ci, qui procède de l'imi
tation par intériorisation, atteint des configurations toujours
1. Maître de recherches au C.N.R.S.
2. Stagiaire de au STAMBAK ET M. -G. PÊCHEUX 57 M.
activité graphique (CV +, M — , zone hachurée 2) : le sujet
« situerait », alors par rapport à sa reproduction, l'information
prise pendant la phase d'exploration précédente.
2. A un second niveau, on peut analyser en détail le contenu
de chacune des phases des trois types d'activité. L'analyse des
phases d'activité visuelle, d'une part, devrait rendre compte à
la fois de l'organisation temporelle et spatiale des mouvements
oculaires, et des caractéristiques du stimulus et de la copie
concernées par ces mouvements. Les techniques actuelles d'en
registrement des mouvements oculaires, qui laissent encore
dans l'ombre bon nombre de problèmes (Levy-Schoen, 1967),
entre autres celui de l'utilisation de la vision périphérique,
n'ont pas encore été adaptées pour répondre à la question.
Lors de l'activité motrice d'autre part, il faudrait, pour une
étude exhaustive, pouvoir enregistrer selon l'échelle des temps
les différentes caractéristiques du stimulus faisant l'objet du
graphisme.
Si l'on disposait de l'ensemble de ces éléments (déroulement
temporel, caractéristiques utilisées — il serait possible de décrire
précisément l'activité du sujet (on pourrait dire la « stratégie »
qu'il utilise pour répondre à la consigne de copie) et de mettre
en relation cette stratégie avec le résultat obtenu. Dès lors,
on rechercherait l'existence d'une ou plusieurs stratégies opt
imum, leurs caractéristiques et la signification de celles-ci dans
l'ensemble des activités perceptivocognitives.
La présente recherche n'envisage qu'un point restreint de ce
programme très complexe. Elle se limite à l'étude de la répar
tition de l'activité visuelle en phases d'exploration du modèle (E)
et phases de contrôle visuel de la reproduction (CV). La question
précise que nous nous posons est la suivante : entre 5 et 10 ans,
lors de l'activité de copie de figures, quelles relations y a-t-il
entre la qualité de la reproduction et la distribution que le sujet
fait de son activité visuelle en activité d'exploration (E) et
activité de contrôle (CV) (lignes 1 et 2 de la figure 1) ?
TECHNIQUE
APPAREIL
Une plume chauffante trace une ligne sur un papier millimétré se
déroulant à vitesse constante et connue. Lorsque l'enfant cesse d'explorer
le modèle, l'expérimentateur presse un bouton qui commande un dépla
cement latéral de la plume ; lorsque l'expérimentateur relâche la près- 58 MEMOIRES ORIGINAUX
sion, la plume revient dans sa position première. On obtient ainsi une
ligne en créneaux correspondant à la figure 1. Après entraînement de
l'expérimentateur, la fidélité de la méthode s'est révélée satisfaisante.
STIMULUS
Le modèle à copier (fig. 2 a) est constitué d'éléments dont la repro
duction est correctement maîtrisée aux âges où nous nous situons :
cercle, carré, lignes horizontales et verticales. Ces éléments ont été
Fig. 2 a
Fig. 2 b
Ch
2 2a b c = reproduction mauvaise modèle ; reproduction Fig. de 2. 7 — ans. Le de modèle 5 Fig. ans 2 et ; c ses reproductions
juxtaposés horizontalement, de manière à ce que les sujets adoptent le
plus probablement le même ordre de reproduction. La figure complexe
obtenue peut être considérée comme une « bonne forme »x (existence
d'un centre de symétrie) dont on peut penser qu'elle est relativement
facile à mémoriser, du moins pour un adulte.
SUJETS
L'étude a porté sur 175 sujets, répartis comme suit :
5 ans : 20 garçons et 20 filles ;
6 ans : 20 et 20 ;
1. On a également proposé aux sujets une seconde figure, combinant
les mêmes éléments de façon à obtenir une « mauvaise forme », sans structure
d'ensemble. Nous n'exposerons pas ici les résultats obtenus, qui vont dans le
même sens que ceux obtenus sur la première figure. M. STAMBAK ET M. -G. PÊCHEUX 59
7 ans : 20 garçons et 20 filles ;
8 ans : 20 et 20 ;
10 ans : 15 garçons.
Les enfants ont été vus dans des écoles maternelles et primaires ;
ils fréquentaient tous la classe normale de leur âge.
PROCEDURE
Le chevalet portant le stimulus, incliné à 70° sur l'horizontale, est
situé à 1,20 m du bord de la table à laquelle est assis l'enfant, de sorte
qu'il est obligé de lever la tête pour explorer le stimulus et de la baisser
quand il contrôle sa reproduction. Ainsi l'expérimentateur voit nette
ment quand agir sur la commande de l'enregistrement. La consigne est la
suivante : « Tu vas copier le dessin que je vais te montrer sur ce carton,
tu vas le faire bien tout à fait pareil. Alors tu vas bien regarder comment
est le modèle, et tu vas bien t' appliquer, pour dessiner bien tout à fait
la même chose que le modèle. »
RÉSULTATS
Nous exposerons successivement les résultats obtenus à
partir des deux ordres de données dont nous disposons :
— l'enregistrement des différentes phases d'exploration et de
non-exploration (déroulement temporel de l'exploration) ;
— la reproduction de l'enfant ;
pour les mettre ensuite en relation.
DÉROULEMENT TEMPOREL DE L' EXPLORATION
De l'enregistrement obtenu, on peut tirer un certain nombre
d'indices (fig. 3) :
TT : le temps total utilisé par le sujet pour répondre à la
consigne de copie, depuis le moment où le stimulus est
présenté jusqu'au moment où le sujet déclare avoir
terminé ;
TE : le temps total d'exploration du modèle, mesuré par la
somme des segments (+) : ex + ea + es + • • • + en-
TGV : le temps total utilisé à contrôlé visuellement la repro
duction : TT = TE + TCV.
NE : le nombre de phases d'explorations (nombre n de seg
ments (+)). 60 MÉMOIRES ORIGINAUX
De ces quatre indices, obtenus directement, on a dérivé
deux autres indices :
% TE : ^^ proportion du temps consacrée à l'exploration.
TT
NE x 100
nombre d'explorations par seconde X 100. /(NE) :
TT
'TE
■TT-
Fig. 3. — Calcul des indices
Le tableau I donne, pour chaque groupe d'âge, les médians
et quartiles de chacun de ces six indices.
TABLEAU I
Évolution génétique des différents indices
TT TE TCV
Ql Mé Q3 Ql Mé Q3 Ql Mé Q3
5 ans 44 s 14 s 24 s 20 s 60s 41s 28 s 19 s 33 s
6 — 43 s 34 s 29 s 18 s 15 s 9s 25 s 20 s 17s
•j 44 s 30 s 25 s 8s 33 s 20 s 14 s 16 s Ils
8 — 50 s 44 s 33 s 19 s 8s 38 s 28 s 21s
10 — 61s 41s 32 s Ils 10 s 8s 50 s 33 s 23 s
NE %TE ANE)
Ql Mé 03 Ql Mé Q3 Ql Mé Q3
38 26,2 5 ans 12 10 8 50 42 19 22,5
6 — 10,5 8 7 48 37 31 20,8 26 27,6
7 — 11 7 6 40 30 24 20 24,1 29,5
g 21 19,1 24,4 29,7 13 10,5 7 36 24
10 — 12,5 11,5 6 26 20 14 16,1 22,3 29,5
De l'examen de ce tableau ressortent les faits suivants :
a) Le temps total d'exploration du modèle (TE) décroît
régulièrement avec l'âge : on peut donc considérer que l'identi- M. STÀMBAK. ET M. -G. PÊCHEUX 61
fication et la mémorisation de l'information nécessaire à la
reproduction sont d'autant plus rapides que l'enfant grandit.
Pour la figure utilisée, TE paraît atteindre une limite se situant
vers 8 s. ;
b) Le temps total utilisé à contrôler visuellement la repro
duction (TCV), par contre, n'a pas la même évolution monotone.
Les enfants de 6 ans utilisent moins de temps à ce contrôle que
les de 5 ans ; mais, entre 7 et 8 ans, on remarque une
brusque augmentation de la valeur de cet indice ; à partir de
8 ans, les enfants contrôlent bien davantage leur reproduction,
ce qui suppose qu'ils retiennent plus longtemps l'information
prise et cette stratégie tend déjà à être adoptée par certains
sujets de 7 ans (Qx de 7 ans ^ Qt de 6 ans) ;
c) En conséquence, la part relative de temps consacrée à
l'exploration (% TE) diminue très nettement avec l'âge. A
5 ans, 40 % du temps est consacré à l'exploration ; si l'on avait
pu disposer de la 3e ligne de la figure 1 (activité motrice M) on
aurait pu évaluer dans quelle proportion — à coup sûr non
négligeable — les sujets de cet âge dessinent en fixant le modèle,
sans contrôler visuellement leur reproduction. A 10 ans, un
cinquième du temps seulement est consacré à l'exploration ;
d) Dans le total TT, la part de TCV croît avec l'âge
et l'évolution de TT est comparable à celle de TCV : minimum
à 6-7 ans, remontée ensuite à des valeurs analogues à celle de
5 ans. Pour la figure proposée TT varie entre 25" et 1 mn ;
e)ce qui est du nombre de phases d'exploration, on
retrouve encore une courbe à minimum à 7 ans, remontant
ensuite. Par contre, le nombre de phases d'exploration par
unité de temps (/ (NE)) reste le même à tous les âges.
Il apparaît donc clairement qu'à des TT égaux, à 5 et 8-10 ans,
correspondent en fait des stratégies extrêmement différentes :
à 5 ans, la tâche est sans doute difficile : les enfants ont besoin
de beaucoup de temps, et explorent le modèle souvent et long
temps, relativement. A 6 ans, ils maîtrisent mieux ce type de
tâche et l'accomplissent plus rapidement, tant pour l'exploration
que pour la réalisation. A 7 ans, certains sujets adoptent déjà
le style qui caractérise les 8-10 ans : des explorations brèves,
plus nombieuses qu'à 6 ans, et beaucoup de temps passé à
contrôler la réalisation de la reproduction. Dans cette activité
particulière, on retrouve donc, à 7-8 ans, le changement net
d'attitude qui se manifeste, sous des formes diverses dans toutes
les activités cognitives. Au travers des indices, ce changement MÉMOIRES ORIGINAUX 62
se caractérise par une possibilité d'explorer rapidement le
stimulus et d'en mémoriser plus longtemps les caractéristiques
à reproduire. On peut alors se demander si un changement
analogue apparaît également dans les reproductions elles-mêmes.
ÉTUDE DE LA QUALITÉ DES REPRODUCTIONS
Pour évaluer l'exactitude des reproductions, nous avons
considéré deux aspects du modèle :
1) La figure proposée est constituée de cinq éléments (cercles,
carré, « vilebrequins ») juxtaposés dans un certain ordre. Pour
chaque sujet, on a recherché si chacune des cinq formes était
ou non correctement reproduite selon des critères précis, et dans
le bon ordre.
2) Les différents éléments entretiennent entre eux certaines
relations internes à la figure, parmi lesquelles on peut distinguer :
— les relations entre éléments contigus : les extrémités des
« vilebrequins » sont-ils ou non en contact avec le milieu des
côtés verticaux du carré et le diamètre horizontal du cercle ?
— les relations entre éléments non contigus proches : align
ement des côtés horizontaux du carré avec les segments
horizontaux des vilebrequins ;
— les relations entre éléments non contigus éloignés : diamètre
des cercles égal au côté du carré.
On a également considéré la fréquence des dessins dans les
quels ces trois caractéristiques sont simultanément respectées.
Le tableau II donne, à chaque âge, les pourcentages de
reproductions pour lesquelles ces différentes caractéristiques
sont respectées.
En ce qui concerne les formes, un phénomène intéressant
apparaît à 5 ans : dans 70 % des cas, les formes des éléments,
correctement reproduites lorsqu'ils sont isolés1, ne sont pas
conservées lorsque les éléments sont juxtaposés : chez 30 % des
sujets la structure est totalement perdue, le modèle n'est pas
reconnaissable dans la reproduction (ligne sinueuse, formes
disjointes) (fig. 2 b). Dans ces conditions les relations internes
ne sont à peu près jamais reproduites. A 6 ans, la maîtrise des
formes est acquise, les rares échecs qui subsistent à 7 et 8 ans
sont des confusions (3 cercles au lieu de 2) qui n'ont pas la même
signification.
1. Ceci a été vérifié par un prétest. M. STAMBAK ET M. -G. PECHEUX 63
TABLEAU II
Évolution génétique des reproductions
Formes reproduites Analyse des relations internes (les 5 éléments)
-o-
Non Oui -i i D ODO
0/ /o 5 ans . . 6,5 11,5 70 % 30 % 1, % 5 — % 6 — .. 35 - 65 - - 14 4 11,5 7,5 % - — — 7 15 - 85 - 38 - 39 13
— - 8 — . . 8 - 92 - 60 - 25 - 5 45 17, - - 10 — .. 100 - 90 - 53 - 60 5 56,
Mais si la structure d'ensemble de la figure est correctement
reproduite à partir de 6 ans, il n'en n'est pas de même des relations
internes : dans une reproduction typique de 6 ans, les 5 éléments
sont bien reproduits, mais ni les alignements ni les dimensions
ne sont respectés. A 7 ans, les relations entre éléments contigus
et entre éléments proches commencent à apparaître (fig. 2 c).
A 8 ans, les différentes relations sont d'autant mieux respectées
qu'elles concernent des éléments plus proches, à 10 ans, enfin,
elles sont toutes respectées dans plus de la moitié des cas.
Dans la reproduction d'une figure complexe comme celle
que nous avons utilisée, il semble donc qu'il faille distinguer deux
étapes : dans la première, à 5-6 ans, le problème majeur est celui
de la reconnaissance et de la reproduction des éléments en soi.
Une fois cet aspect maîtrisé, lorsqu'il suffit d'un coup d'œil
pour identifier une forme bien connue, l'exploration porte sur
les détails plus fins des relations internes, qui supposent des
mises en relation entre éléments plus ou moins proches.
Peut-on alors considérer qu'à ces différentes étapes corre
spondent des stratégies différentes, et définir une stratégie
optimum ?
EXPLORATION VISUELLE ET QUALITÉ DE LA COPIE
Tant pour les indices qui rendent compte de l'évolution
temporelle de l'exploration que pour l'exactitude des copies,
nous avons vu qu'il existait un changement net d'attitude vers
7 ans. Ce que nous disions de la relative difficulté de la tâche
à 5 ans peut s'expliquer par les problèmes qui paraissent exister,
à cet âge, dans l'identification des différents modèles à repro-

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