Esthétique, Ethique, Logique et Linguistique comparées - compte-rendu ; n°1 ; vol.30, pg 515-527

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L'année psychologique - Année 1929 - Volume 30 - Numéro 1 - Pages 515-527
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1929
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d) Esthétique, Ethique, Logique et Linguistique comparées
In: L'année psychologique. 1929 vol. 30. pp. 515-527.
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d) Esthétique, Ethique, Logique et Linguistique comparées. In: L'année psychologique. 1929 vol. 30. pp. 515-527.
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au sens ordinaire que l'on donne à ce mot. Des faits qu'il a observes,
il conclut que ces enfants sont supérieurs aux enfants moins bien
doués aussi bien au point de vue physique qu'à celui de l'équilibre
mental. Selon lui, le déséquilibre qu'on a si souvent attribué au géoie
serait un mythe.
W. et L. pensent que cette affirmation est une généralisation ha
sardeuse et s'efforcent de montrer que tout au moins chez les grands
initiateurs religieux, on rencontre de nombreux cas indiscutables de
déséquilibre. On peut même dire qu'un« de leurs caractéristiques
est l'instabilité. Il n'est pas prouvé non plus que tous les génies r
econnus aient été des enfants bien doués. G. P.
649. — E. SCHLINK. — Persönlichkeitsänderungen in Bekehr un '
gen und Depressipnnen (Changements de personnalité dans les
conversions et les dépressions). — A f. ges. Ps., LXX, 1-3, 1929,
p. 81-118.
S. se propose d'examiner les rapports entre les états de dépression
et les conversions, en s'appuyant sur une étude détaillée de quelques
cas : 9 cas de conversion chez des normaux ; 12 malades atteints de
folie maniaco-dépressive ; quelques croyant« mais n'ayant
pas eu à subir de et, enfin, des malades croyants.
Dans cette communication préalable on trouvera quelques consi
dérations générales et des extraits d'observations de quatre convertis,
D. W.
650. — R. K. MUKHERJI. — Psychology of Rites (Psychologie des
Rites) — Ind. J. of Ps., IV, 4, 1929, p. 147-160.
Les rites religieux, dont l'auteur cite un certain nombre d 'exempte*.,
poor la plupart empruntés aux traditions de l'Inde, favoriseraient
l'adaptation de l'homme à des situations critiques, au cours de l'évo
lution de la vie (naissance, initiation, puberté, mariage, mort) ou des
saisons, et la socialisation s'est faite des pratiques religieuses. P*une
manière générale la magie lui apparaît comme un substitut plus
grossier de la science fondé sur la méthode des essais et erreurs, ou
plutôt comme la forme primitive de la science. H. P.
d) Esthétique, Ethique, Logique et Linguistique comparées 1
651. — H. STOLPE. — Collected Essays in ornamental art (Recueil
d'essais sur Van décoratif). — Traduction anglaise par Mrs H. C.
March, avec une introduction par Henry Balfour, Stockholm. Afton-
bladets tryckeri, 1927, in-4 de xvm-128 p., avec 197 fig. et altas
inrf0 de 20 pi.
Cet ouvrage réunit, en traduction anglaise, deux travaux de
Stolpe : U Evolution dans Fart décoratif des sauvages, paru en 1890-91
dans Y mer, et Etudes sur Vart américain, contribution à la
1. Voir aussi les n°» 37, 437, 908, 954. 516 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
biologie de Vörnement, publié à Stockholm en 1896. Le premier étant
bien connu et facilement accessible dans les traductions anglaise et
allemande publiées presque en même temps que l'original, nous nous
bornerons à résumer le second, qui n'avait pas encore été traduit du
suédois.
Une introduction rappelle des idées directrices aujourd'hui famil
ières et que Stolpe a été l'un des premiers à soutenir. Elles sont par
ticulièrement confirmées par l'art des Eskimo, qu'étudie la première
partie du travail. Les plus caractéristiques des Eskimo sont les
Angmagsalik, à cause de leur isolement à l'égard de toute influence
du monde civilisé. Ils ont une ornementation exclusivement zoo-
morphe, correspondant au stade inférieur de la décoration. Les motifs,
dérivés de la queue du phoque, du morse ou de la baleine, se trouvent
sur tous les objets, et sans ces ornements, où le prototype est devenu
méconnaissable, les objets ne seraient pas, « comme il faut », d'après
la déclaration même des indigènes. On reconnaît sur des visières,
par mise en série, des dégénérescences de la baleine. On trouve chez
les autres Eskimo des motifs zoomorphes et anthropomorphes et des
motifs d'apparence géométrique. Le treillage qui décore les couteaux
arrondis à travailler les peaux pour les vêtements reproduit l'enve
loppe d'osier qui entourait primitivement le dos de la pierre servant
de couteau. Un autre décor est constitué par des cercles centrés,
généralement disposés en rangées, réunis par des traits d'union ou
par une ligne passant par tous les centres ; leur signification reste
inconnue ; dans quelques cas seulement ils correspondent à des yeux
de baleine.
Passant aux Indiens, il faut mettre à part les motifs qui ne sont
pas d'origine indigène. Les décors végétaux (feuilles et fleurs) fr
équents dans les broderies de perles ou de piquants de porc-épic teints
sont empruntés aux objets de pacotille des Blancs. L'origine indigène
d'un autre motif fréquent, le cœur semblable à celui de nos jeux de
cartes, est également suspecte ; le pentagramme est certaii:eme; t
importé. Le style authentiquement indigène est zoomorphe et an
thropomorphe. Certaines massues ont une tête humaine et un corps
de saurien terminé par un pied humain. Divers objets portent une
décoration pictographique. Le décor des Indiens de la prairie est
aussi pauvre dans la céramique que dans la sculpture sur bois ; par là
ils s'opposent à leurs voisins de l'Ouest, les Pueblo. Un type de vases
fournit un exemple bien démonstratif de routine {expectancy) : ils
reproduisent dans la technique céramique des vases en écorce, dont
ils conservent non seulement la forme, mais aussi l'imitation des
coutures et du décor en piquants de porc-épic. Une étude détaillée
est consacrée aux pendants discoïdes, en coquille, à la fois bijoux et
amulettes, retrouvés dans les mounds. Les gravures qui les décorent
comprennent des faces humaines, qui représentaient peut-être
des masques, des corps humains entiers, extrêmement stylisés
quoiqu'avec des détails très soignés et qui semblent des copies bar
bares de prototypes mexicains, classiques, des serpents à sonnettes
très stylisés ; des araignées, très naturalistes au contraire, mais qui
empruntent certains détails aux insectes (deux yeux au lieu de huit,
anneaux à l'abdomen). Ces araignées portent parfois sur le dos une PSYCHOLOGIE ETHNIQUE ET SOCIALE 51?
croix, certainement inspirée de la réalité, mais qui doit avoir en
outre une signification symbolique. D'autres disques en coquille ont
comme décor un carré dont les angles forment une boucle et dont
chaque côté est surmonté d'une tête d'oiseau ; ce doit être un symb
ole des quatre vents, qui a aussi un équivalent dans l'ancien
Mexique. Un autre signe, qui se compose essentiellement d'un cercle
d'où partent des rayons courbes, comme un soleil en pyrotechnie, a
été rapproché, assez arbitrairement, du symbole chinois de l'absolu
(Yin, Yan ou Taï-ki).
La croix, qui /est d'origine indigène, a des significations diverses.
Chez les Dakota, les Atabask et les Algonkin, elle symbolise les
quatre vents. Chez les Dakota, elle représente la libellule, animal
sacré considéré comme en relation avec la pluie. Ce motif a donné
lieu à une méprise amusante. Un missionnaire qui traduisait les
Evangiles en langue indigène, ne sachant comment rendre le mot
croix, montra un dessin cruciforme et en demanda le nom. On lui
répondit sus-be-ca (libellule), de sorte qu'il écrivit: Jésus-Christ fut
cloué sur une libellule.
Les Indiens de l'Amérique du Nord-Ouest ont une ornementation
à la fois géométrique dans la vannerie et zoo-anthropomorphique
non seulement pour les poteaux placés devant les habitations, mais
aussi pour différents objets, entre autres les pipes, et pour le tatouage
particulièrement développé chez les Haïda. Les animaux totems
représentés sont extrêmement modifiés, mais toujours reconnaissabJes
à certains détails ; ils ont souvent des têtes ou des membres humains.
Les yeux jouent un rôle prépondérant et sont souvent figurés à part.
Le décor oculé n'est nullement un critère de race ou de civilisation,
pas plus que la croix ou tout autre motif.
L'étude se termine par un développement sur la céramique des
Pueblo et notamment des Zuiii. Nous n'en retiendrons qu'un fait
curieux, qui montre le rôle joué dans l'ornementation par des consi
dérations étrangères à l'esthétique. Les femmes Zufii, en traçant les
lignes qui font le tour d'un vase, ont soin qu'elles ne se rejoignent
pas tout à fait et laissent entre leurs extrémités un petit intervalle,
le « chemin de sortie de la vie », c'est-à-dire le passage par où la vertu
vivifiante de la nourriture ou du breuvage .contenu dans le vase
s'introduit dans le corps de la personne qui mange ou boit. Ce chemin
de sortie est le pendant du chemin d'entrée de la vie qui, dans les
figures de mammifères, relie la bouche et le cœur.
L'ouvrage est accompagné d'un altas reproduisant une foule de
documents de l'Amérique du Sud, principalement des massues de
Guyane, à décors très curieux, dont certains ont nettement une ori
gine anthropomorphe. La stylisation essentielle consiste dans la
suppression de la tête et le remplacement des membres par quatre
spirales. G.-H. L.
652. — E. PITTARD. — Les arts populaires de l'Afrique. Quelques
peintures d'Abyssinie. — Archives suisses d'Anthropologie génér
ale, V, 1928-20, p. 87-103 (8 fig.).
Le Musée- d'Ethnographie de Genève possède neuf peintures sur
étoffe de coton, œuvres d'un artiste professionnel abyssin actuelle- ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES Si$
ment vivant et chef d'école. Ces peintures représentent des scènes de
chassé et de guerre, de la vie journalière ou des cérémonies de la
cour, des portraits de princes, des sujets d'histoire, des légendes rel
igieuses. Leur intérêt est double : au point de vue ethnographique,
elles nous renseignent sur la variété des types ethniques, le costume,
l'armement et le harnachement, sur divers objets ou coutumes, telles
que celle, récemment supprimée, du ghébeur ou repas donné au
peuple par les souverains ; d'autre part, elles sont représentatives
de l'art abyssin contemporain. Le style offre un curieux mélange de
réalisme naïf et de hiératisme dû à l'influence de l'art byzantin dont
les œuvres religieuses sont encore abondantes dans la région. La
perspective et les proportions sont négligées ; par contre, les détails,
les attitudes, les expressions, même lorsqu'ils sont gauchement ren
dus, sont d'une exactitude et d'une fidélité remarquables. Bien que
cet art soit déjà savant, il conserve certains traits du réalisme intellec
tuel caractéristique de l'art primitif : un buffle a la tête de profil et
les cornes de face ; des antilopidés, à sabots bisulqués, présentent
leurs de profil, espacées pour les empêcher de se masquer,
encadrées par les oreilles de face. Un spécimen très net de ce que j'ai
appelé le type d'Épinal de narration graphique est fourni par la
représentation de la légende de Balahissa, le mangeur d'hommes, qui,
après avoir commis les pires méfaits pendant toute sa vie, donna un
jour à boire à un lépreux. Le démon de la mort vient l'étrangler, mais
ta Vierge le lui arrache en récompense de sa bonne action. Huit épi
sodes de cette histoire sont représentés chacun par une image dis
tincte, inscrite dans un cadre et portant une légende explicative,
séparée de ses voisines par une marge, les huit images étant disposées
en quatre rangées horizontales de deux. Gr.-H. L.
653. — L. STRUBE. — Felsbilder ans Chile {Pêtrogiyphes du Chilï).
Ipek, IV, Î92S, p. 92-95 (4 pi.).
Bien que l'art rupestre soit répandu dans tout le Chili, comme
d'ailleurs dans toute l'Amérique du Sud, ses trois principaux centres
sont la bordure septentrionale du désert d'Atacama, la provinee de
Coquimbo et celle de Colchagua.
Il faut se garder de conclusions prématurées sur l'âge de ces figures
rupestres ; toutefois leur caractère stylisé semble devoir les faire
attribuer à l'âge du Bronze plutôt qu'à celui de la Pierre. Les visages
hiératiques sont spécialement caractéristiques de la province de
Coquimbo. Leur stylisation rectangulaire les rapporte à la civilisation
de Tiahuanaco ou plus probablement à une civilisation dérivée de
celle-ci , par exemple la civilisation Chincha. Dans le Nord on trouvé
de nombreuses figures animales, particulièrement des tigres, qui
proviennent certainement de l'autre côté de la Cordillière et doivent
par suite être rapportées au royaume Inca. Il y a lieu de distinguer
deux modes de représentation : des silhouettes naturalistes, peut-être
les plus anciennes, qui rappellent le Paléolithique espagnol et africain,
et des représentations schématiques de lamas et d'hommes (« style
péruvien ») répandues sur toute la région andine. Les lamas sont
souvent reliés par une ligne droite, indice d'élevage qui permettrait
de les considérer comme incasiques. Dans le sud de la province de i>SVCHOLÖGlE ETHNIQUE Et SOCIALE H9
Coquimbo, de nombreuses lignes entrelacées, hachures, figures sché
matiques manifestent une parenté avec la région diaguite et la
Patagonie. G. -H. L.
654. — H. OBERMAIER et P. WERNERT. — La edad cuatér-
naria de las pinturas rupestres del Levante espanol (L'âge paléoli
thique des peintures d'Espagne orientale). — Memorias de
la real Soeiedad espanola de Historia natural, XV, 1929, p. 527-
537 (10 fig.).
Le style absolument original des peintures rupestres d'Espagne
orientale confère un intérêt spécial à la détermination de leur date.
Leur âge paléolithique, en l'absence de preuves stratigraphiques, est
établi par les arguments suivants. L'évolution technique, manifestée
par les couches superposées de peintures, est parallèle à celle de l'art
franco-cantabrique. Dans la conception artistique, si les peintures
d'Espagne diffèrent de l'art franco-cantabrique par la prédominaïtee
des figurations humaines, la composition et l'absence de la troisième
dimension (profondeur et relief), on rencontre de part et d'autre îa
recherche de l'expression et de la caractéristique. C'est seulement
avec l'Azilien et te Maglemosien qu'apparaît le schématisme et la de la symétrie. Les deux milieux manifestent dans le style
des influences réciproques et synchroniques. La faune représentée fte
comprend que des animaux sauvages, les uns exclusivement pléistô^
cènes, les autres correspondant à la faune, soit réelle, soit figurée, de
l'Espagne du Nord ; les différences ne sont pas plus grandes entre orientale et l'Espagne du Nord qu'entre celle-ci et la
France. Enfin, au point de vue palethnologique, les sujets traités
(châsses, combats, danses) sont de caractère paléolithique. Le»
armes ou bijoux représentés coïncident avec les objets figiarés otr
réels de la région franco-cantabrique. Le pagne d'une femme peinte
de Minateda rappelle étonnamment celui de l'a statuette d'ivoire âe
Lespugue. Le ceinturon retrouvé sur le squelette de la sépulture de
Duruthy et figuré sur la représentation masculine de Lausseï se
retrouve sur un chasseur du Mas d'En Josep. La chasse au miel,
représentée à la Arana, est, concurremment avec la au gibier,
l'une des occupations caractéristiques du stade de civilisation le pliis
primitif. Non moins primitive est la civilisation matérielle que repré
sentent tes peintures : costume rudimentaire, qui est un ornement
plutôt qu'un vêtement, arcs, flèches et carquois, paniers. Nulle part
n'apparaît dans ces peintures aucun indice de l'agriculture ou de la
domestication des animaux. G.-H. L.
655. — E. PÏTTARD. — Les stations magdaléniennes de Vejrrier.
— Genava, VII, 1929, p. 43/78 (47 fig.).
Ce mémoire constitue la première partie d'tmè monographie sur le
site magdalénien de Veyrier, au pied du Salève, dans le canton de
Genève, mais à deux pas de la frontière française, avec ses trois sta
tions, grotte Taillefer, abri Favre-Thioly et station des Grenouilles,
découverte en 1916 et ainsi nommée à cause de l'abondance des osse
ments de batraciens qui y ont été recueillis (plus de 6.000 fémurs). Il
résume l'histoire des découvertes et décrit les instruments en os et 520 ANALYSES BiBUOGIUPHIQIJES
en bois de cervidés, ainsi que les objets de parure. Une seconde partie,
par L. Reverdy, est consacrée à l'outillage lithique.
Cet ensemble de stations, qui présente l'intérêt d'être à la limite
du massif alpin, est en outre l'un des habitats paléolithiques les plus
anciennement découverts (1833) et celui qui a fourni pour la première
fois une gravure quaternaire, plusieurs années avant la découverte
de Brouillet père au Chaffaud. Les pièces comprennent notamment
un objet énigmati que, ressemblant à un harpon, mais dont les bar-
belures sont disposées en sens inverse de ce qu'exigerait une utilisa
tion pratique, quelques aiguilles à chas, des pointes de sagaie presque
exclusivement à double biseau, sauf une à base fendue, et des bâtons
à trou (« bâtons de commandement »).
Les bijoux consistent en coquilles de pétoncles percées de deux
trous, l'un dans la région bombée de la charnière, l'autre dans la
partie diamétralement opposée, pour former les éléments de parures
telles que colliers ; deux dents perforées pour servir de pendeloques,
une sorte de perle rectangulaire en steatite noire (on a dit d'abord à
tort jayet), percée en son centre. On a trouvé encore un fragment de
crâne d'enfant âgé au plus de quelques mois, portant une perforation
presque exactement circulaire, correspondant presque certainement
à une trépanation (unique spécimen connu pour l'époque paléoli
thique), sans qu'il soit permis de décider si elle a été effectuée sur le
vivant ou après la mort.
Les manifestations artistiques certaines se réduisent à des gravures
sur des bâtons troués, d'abord celui qui a été découvert par Mayor
en 1833, avec une gravure inachevée qui semble représenter la tête
et le dos d'un oiseau, un autre portant sur ses deux faces des dessins
confus dont la signification zoomorphique et à plus forte raison la
détermination spécifique restent incertaines, enfin le bâton bien
connu dit de Veyrier, provenant de la grotte Thioly, qui montre d'un
côté un bouquetin, de l'autre une figure ramiforme. G.-H. L.
656. — C. GAILLARD. -^ L'art préhistorique à la Genière, com
mune de Serrières-sur-Ain. — Ipek, IV, 1928, p. 1-12 (1 pi.).
L'abri sous roche de Genière (commune de Serrières-sur-Ain), sur
le bord de la rive gauche de l'Ain, à 8 kilomètres en amont de Poncin,
comprend trois niveaux archéologiques, séparés par des couches sté
riles. Le plus récent est néolithique, les deux autres magdaléniens. Le
niveau médian, le plus intéressant, a livré un squelette en mauvais
état de conservation, dont seul le crâne, qui était en partie teinté
d'ocre rouge, a pu être reconstitué ; il appartenait à un enfant de
7 ou 8 ans, du type des négroïdes de Grimaldi. Le même niveau con
tenait environ 1.500 silex grossièrement taillés de type magdalénien
final et azilien, témoignant d'une influence capsienne, et deux belles
gravures sur minces plaques de calcaire brutes. L'une figure un renne,
apparemment jeune et en rut, dont la tête rappelle celle du cerf
bramant des Hoteaux ; l'autre un bison, l'un des plus beaux connus,
presque identique à l'un des bisons polychromes de la caverne de
Font-de-Gaume. Il serait exagéré d'en conclure que les deux images
de bison sont du même auteur ou que l'une a été inspirée par l'autre ;
niais il est permis de penser d'une part que toutes deux reproduisent PSYCHOLOGIE ETHNIQUE ET SOCIALE 521
d'après nature la même variété de bison, d'autre part qu'elles sont
contemporaines, ce qui confirme l'attribution au Magdalénien final
des polychromes de Font-de-Gaume. G.-H. L.
657. — H. SEGER. — Der Widder von Jordansmühl (Le bélier de
Jordansmühl). — Ipek, IV, 1928, p. 13-17 (2 fig., 1 pi.).
Cette superbe pièce, en argile de couleur brun de cuir, de 36 centi
mètres de long et 32 centimètres de haut, est de tendances assez. natur
alistes (pelage rendu d'une façon schématique, ' articulation des
genoux, sabots). Les différentes pièces de comparaison se rapportent
à la céramique à bandes ponctuées. Mais le bélier appartient à la c
éramique de type nordique où le décor cordé apparaît pour la première
fois en Silésie. La plastique figurée, étrangère à la zone de civilisation
nordique, doit avoir été empruntée à la céramique à bandes. C'est
une nouvelle preuve que les immigrants venus du Nord ont vécu à
côté de la population indigène et en ont reçu des influences.
G.-H. L.
658. — FERENC VON TOMPA. — Ueber einige ungarländische
Denkmäler der prähistorischen Kunst (Sur quelques monuments de
Vart préhistorique hongrois). — Ipek, IV, 1928, p. 18-24 (2 pi.).
Cet article étudie un lot de quatre objets entrés au Musée national
hongrois vers 1915, et provenant selon toute vraisemblance d'une
même station du bas Danube. Le premier est une idole creuse de
8 centimètres de haut, à tête cassée, d'âge néolithique ; les trois
autres, de l'âge du Bronze, sont un petit pot, un hochet en forme
d'oiseau, mais dont la tête, à oreilles semble d'un mammifère, enfin
une idole féminine de 10 centimètres de haut, à bras en moignons. Le
corps porte des incisions, incrustées de chaux blanche, figurant la
parure et le vêtement ; le rendu du costume est assez naturaliste
par opposition aux traits du visage, On voit sur le dos la representat
ion d'une natte de cheveux, qui se retrouve sur d'autres objets du -
bas Danube. Sur le devant descendent des épaules deux droites
obliques terminées par une sorte de trident, où je vois, non comme
l'auteur des pendeloques du collier, mais des bras représentés en-
gravure.
De ces objets est rapproché un vase anthropomorphe provenant
de Kenézlo, station typique de la civilisation néolithique hongroise.
Cette civilisation, qui descend directement de la civilisation de Bukk,
est largement répandue dans le bassin de la Theiss ; elle rayonne
vers l'Ouest et le Nord sous le nom de civilisation de Lengyell en
Basse-Autriche, Moravie, Bohême et même Silésie ; des caractères
analogues se retrouvent également en Serbie, Bulgarie et Thessalie.
La céramique de Dimini est très voisine du-vase de Kenézlo, qui doit
appartenir au Néolithique récent ou à l'Énéolithique. G.-H. L.
659. — W. LA BAUME. — Bildliche Darstellungen auf ostgerma
nischen Tongefässen der frühen Eisenzeit (Représentations figurées
sur des cases d'argile du premier âge du Fer). — Ipek, IV, 1928,
p. 25-48 (4 fig., 16 pi.).
On a trouvé dans la région entre le bas Oder et la basse Vistule, avec comme centré la Pomerellie, de nombreuses tombes à caissons
de (vnie-ve pierres siècles datant avant de J.-C.) l'époque et descendant de Hallstatt jusqu'à (G et la période D de Reinecke) ancienne
de La Tène (jusqu'au 111e siècle). Elles contiennent fréquemment
avec le mobilier funéraire des vases d'argile, dits urnes à visage, qui
en réalité veulent représenter un corps humain entier. Ces urnes à
visage, dont oiï connaît actuellement plus de 500, et également des
urnes sans indication du visage, portent souvent des figures formées
de traits ou de points qui, dans les vases noirs, sont d'ordinaire remplis
d'une matière calcaire blanche destinée à les faire ressortir. Les unes
sont de simples ornements géométriques, d'autres représentent des
détails du corps humain figuré par l'urne ; d'autres enfin repré
sentent des armes, instruments, pièces de costume ou de parure, des
hommes et des animaux. C'est à ces dernières qu'est consacrée la
présente étude.
Les urnes à visage et les urnes cinéraires sans visage ne repré
sentent pas, comme on l'a cru autrefois, une divinité et spécialement
une divinité funéraire, mais le défunt dont elles contenaient les
cendres. Sans prétendre à la fidélité d'un portrait, elles cherchent au
moins à signaler le sexe. Les urnes féminines, qui ne portent jamais
de figures d'âmes ou d'autres attributs masculins, sont caractérisées
comme bijoux par des pendants d'oreilles soit réels, soit rarement
reproduits en gravure, et par des dessins de colliers d'un certain type,
Composés de plusieurs colliers plats superposés attachés par derrière
au moyen d'un fermoir. Ün ornement énigmatique en forme de trois
rameaux divergeant vers le bas figuré sur la partie inférieure du
visage ne se rencontre que sur des urnes incontestablement fémi
nines, et ne saurait par suite être interprété comme une barbe. En
général, bien qu'avec quelques exceptions, les femmes portent une
seule épingle (le plus souvent à grosse tête) sur la poitrine, les hommes
deux épingles à petite tête sur Fépaule droite. Les urnes sont souvent
munies de ceintures ou de ceinturons, parfois impossibles à distin
guer de colliers et dont certains semblent porter des pendeloques. Les
couvercles des urnes aussi bien masculines que féminines représentent
^tantôt les cheveux, tantôt un bonnet. Des peignes, attachés à la
ceinture, se trouvent sur des urnes principalement, mais non exclu
sivement féminines. Gomme armes, les urnes masculines ont des
lances, presque toujours au nombre de deux, rarement de trois,
toujours à droite, souvent accompagnées de l'indication du bras
droit, et des figures qui doivent être des boucliers. Un certain nombre
de figures représentent des voitures, des cavaliers, des chevaux et
autres animaux, une chasse au cerf, peut-être des chiens, enfin des
hommes d'un rendu extrêmement schématique.
Toutes ces gravures sont exécutées au trait ou en pointillé ; souvent
tout ou partie des traits sont faits en arête de poisson, exceptionnell
ement certains détails sont en relief. La décoration des vases, comme
leur exécution, devait être l'œuvre des femmes, parmi lesquelles se
trouvaient probablement des professionnelles et si une pratique
poursuivie pendant des générations leur avait fait acquérir une grande
habileté technique, elles restaient maladroites pour le décor figuré,
qui se substitue seulement alors au décor géométrique. PSYCHOLOGIE ETHNIQUE Et SOCIALE 52$
Si la valeur artistique de ces productions est faible, il n'en est pas
de même de leur importance au point de vue de l'histoire de la civi
lisation. Elles nous montrent des objets dont aucun spécimen réel
ne nous est parvenu, comme les voitures, nous indiquent le rôle
important du cheval, utilisé même à la chasse, et nous renseignent
sur le costume masculin et féminin. Ces figures ne se trouvant que
sur des urnes cinéraires ont une signification religieuse. Ce sont des
substituts du mobilier funéraire réel (parures pour les deux sexes,
armes ou voitures pour les hommes) ; mais elles n'ont aucune signi
fication symbolique. G. -H. L.
660. — W. SCHULZ. — Edelmetallschmuck der Volkerwandefnn-
gszeit in Mitteldeutschland {Bijoux précieux de V époque des grandes
invasions en Allemagne centrale). — ïpek, IV, 1928, p. 57-63 (5 pi.).
Malgré l'homogénéité des arts mineurs à l'époque des grandes
invasions, chaque peuple germanique présente une certaine original
ité pour les bijoux. Les orfèvres, auxquels était attribué un rang
élevé, étaient attachés à la cour du roi et des principaux nobles. Il y
avait certainement des ateliers, peut-être continués de père en fils,
et probablement des corporations. Les bijoux avaient une grande
diffusion, ne fût-ce que comme cadeaux ; diverses fibules de Weimâr,
de Prusse orientale, de Hesse rhénane et d'Italie sont tellement sem
blables qu'elles doivent provenir d'un même atelier.
Le style le plus remarquable des bijoux de l'Allemagne centrale
est celui de Thuringe, qui correspond à l'apogée du royaume de Thti-
ringe, autour de 500 après J.-C, bien que des préludes de cette orfè
vrerie remontent jusque vers 300. Le bijou le plus répandu est la
fibule portée par les femmes, et le progrès consiste principaleriient
dans des variations croissantes du type à archet. Les fibules sont
généralement en argent doFé. Les incrustations en pâte d!e verre du
début sont ensuite remplacées par des grenats sertis dans une feuille
d'or. La décoration porte principalement sur la tête semi-circufâire
et sur le, pied en forme d'animal. La tête est souvent munie de boutons,
d'abord trois, rarement quatre, puis cinq, exceptionnellement sept.
D'une variété de la fibule à trois boutons sort la fibule spécifiquement
thuringienne, où les deux volutes qui décoraient antérieurement la
tête sont interprétées en têtes d'oiseaux. A une influence Scandinave
est due la fibule à tête rectangulaire et pied en tête animale. On ren
contre également quantité de petites fibules en argent doré ou en or,
avec incrustations ou en cloisonné de formes variées : en S, en aigle,
en cigale, en oiseau ou poisson, en cheval, etc. Comme autres bijoux
on trouve des pendeloques, notamment une en forme de grappe de
raisin* des bractées d'or à anses portant des décors variés, des boucles
de ceintures et de ceinturons. A partir du vie siècle, la fibule à archet
est remplacée par la broche à disque, pendant qu'aux décors en relief
et aux inscrustations succèdent des décors gravés et des ponctuat
ions, G.-H. L.
661. — K. COOMARASWAMY. — Archaic Indian terracottas [Terres
cuites archaïques hindoues). — Ipek, IV, 1928, p. 64-76 (5 pi.).
Les plus anciennes terres cuites hindoues sur lesquelles on possède

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