Esthétique, Ethique, Logique et Linguistique comparées - compte-rendu ; n°1 ; vol.32, pg 540-550

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L'année psychologique - Année 1931 - Volume 32 - Numéro 1 - Pages 540-550
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1931
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d) Esthétique, Ethique, Logique et Linguistique comparées
In: L'année psychologique. 1931 vol. 32. pp. 540-550.
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d) Esthétique, Ethique, Logique et Linguistique comparées. In: L'année psychologique. 1931 vol. 32. pp. 540-550.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1931_num_32_1_5073ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 540
775. — KEITH SWARD. — Temperament and religious experience
(Le temperament et l 'expérience religieuse). — J. of Soc. Ps., II, 3,
1931, p. 374-397.
Comparant des étudiants de séminaires catholiques à 2.000 univers
itaires et hommes d'affaires, S. trouve chez les premiers une ten
dance très nette à l'introversion et au sentiment d'infériorité. Cette
étude faite au moyen des échelles Heidbreder, indique une influence
de l'âge au point de vue du complexe d'infériorité, les séminaristes,
les plus jeunes, étant les plus sujets à cette attitude ; mais l'intr
oversion ne paraît pas avoir de rapport avec l'âge.
Un examen détaillé des réponses semble bien indiquer des ten
dances individuelles et non une forme de comportement stéréotypé
en vogue dans les écoles confessionnelles. Ces résultats confirment
ceux obtenus précédemment par James et Leuba, dans leurs études
des saints et personnalités religieuses. J. M.
d) Esthétique, Ethique, Logique et Linguistique comparées 1.
776. - C. SCHUWER. - Sur la signification de l'art primitif. - J.
de Ps., XVIII, 1931, p. 120-162.
On trouvera, dans cette étude, un abondant recueil de faits et
d'argumentations à l'appui de la thèse que, chez les primitifs, les
divers arts ont un rôle magique ou religieux, et plus généralement
utilitaire. Mais il n'en résulte nullement, croyons-nous, que l'art
n'ait eu chez les primitifs que cette destination et que, même à le
supposer né de la magie, il ne soit jamais parvenu chez eux à s'en
détacher pour satisfaire à des tendances proprement esthétiques,
sans doute multiples et confuses, mais désintéressées. Cette nouvelle
thèse repose sur une certaine conception de la mentalité primitive
qui, à son tour, ne se justifie que par le rôle attribué à l'art, c'est-à-
dire par un cercle vicieux. La sociologie et l'ethnographie ont, selon
nous, à se garder de deux écueils : l'un de croire à l'homogénéité de la
mentalité de tous les primitifs pour l'opposer en bloc à celle des
civilisés considérée également comme homogène ; l'autre de prendre
non seulement comme hypothèse de travail, mais comme principe
indiscutable, le postulat constamment démenti par les faits que les
mêmes effets résultent toujours des mêmes causes. G. -H. L.
777. - ANTON SPRINGER. - Kunstgeschichte. VI. Die ausser-
europäische Kunst (Histoire de l'art. VI. L'art, extraeuropéen). —
Vol. in-4° de IX-732 p., avec 812 fig. et 16 pi. en couleurs, Alfred
Kroner, Leipzig, 1929. Prix : 40 Mark broché.
On a fini par s'apercevoir qu'il était arbitraire de limiter le domaine
de l'art à l'Europe et à l'antiquité classique, que les manifestations
artistiques de tous les temps et tous les pays y avaient droit de cité,
et qu'une histoire générale de l'art ne pouvait se désintéresser des
arts préhistoriques et exotiques. C'est à ces derniers qu'est consacré
le présent ouvrage. L'ampleur et la variété de son contenu rendent
tout résumé impossible. Nous devons nous borner à en énumérer
1. Voir aussi les nos 55, 453, 1638. .
Psychologie ethnique et soctALE 541
les chapitres avec les noms de leurs auteurs, qui offrent toutes
garanties de compétence. C. Glaser, de Berlin, étudie l'art d'Extrême-
Orient (Chine et Japon) ; St. Kramrisch, de Calcutta, l'art hindou
(Inde, Ceylan, Indo-Chine et Indonésie, Nepal et Thibet, Turkestan
oriental) ; E. Kühnel, de Berlin, l'art islamique, P. Germann, de
Leipzig, l'art africain ; H. Ubbelohde-Doering, de Marburg, l'art
américain (Mexique, région maya, Amérique centrale et pays de
l'or de l'Amérique du Sud, région péruvienne); A. Kramer, de Stutt
gart, l'art océanien (art australien et papou, art malayo-polynésien,
art mélanésien, art indonésien, art indien). Chaque chapitre est
accompagné d'une bibliographie indiquant principalement des
ouvrages à figures, et d'un index.
Les figures, aussi abondantes que l'exigeait un ouvrage de ce
genre, sont d'exécution parfaite. Elles ont toutefois, à mes yeux,
le défaut d'être en simili, procédé qui entraîne l'emploi de papier
couché, de mauvaise conservation et dont les reflets rendent la lec
ture très difficile à la lumière artificielle. Peut-être y aurait-il avan
tage, dans une édition postérieure, à reporter les deux petites sections
du chapitre sur l'art océanien, consacrées à l'art indonésien et à
l'art indien, dans le chapitre sur l'art hindou, en les combinant avec
les passages correspondants. Je regrette enfin que le chapitre sur
l'art américain ait écarté systématiquement l'art des « sauvages »,
au moins de l'Amérique du Nord : il n'y a pas plus de raison pour
eux que pour les Noirs d'Afrique ou les Océaniens de reléguer leurs
productions artistiques dans l'ethnographie. Mais ce sont là détails
de peu d'importance, et ce livre est excellent comme initiation à
l'étude des arts exotiques. G. -H. L.
778. - G. A. GARDNER - The rock-paintings of La Quebrada
(Les peintures rupestres de la Quebrada). — Ipek, VI, 1930, p. 80-92,
avec 15 fig. et 4 pi.
Description détaillée de peintures rupestres découvertes en 1928
à la Quebrada, l'un des nombreux ravins qui sillonnent le massif
gréseux constituant l'extrémité des Sierras del Norte, près de la
frontière Nord-Ouest de la province de Cordoba (République Argent
ine). Ces peintures sont exécutées dans plusieurs abris, dont deux
particulièrement importants, de 2 mètres 1 /2 à 3 mètres de largeur
et de profondeur et longs, le premier de 9 mètres 1 /2, le second de 7.
Les peintures, fort déteintes et parfois partiellement détruites par des
lichens, sont au nombre d'environ 200 pour le premier abri, 400 pour
le second. Elles présentent des superpositions nombreuses et compli
quées. La grande majorité sont blanches ; quelques-unes sont
blanches et noires, noires ou rouges. Un cinquième environ est cons
titué par des alignements de taches qui sont parfois des restes de
figures partiellement détruites et par des images incompréhensibles
dont certaines pourraient être des représentations humaines bizarre
ment stylisées. Les quatre cinquièmes restants sont des figures
d'hommes et d'animaux. Le plus grand nombre représentent des
quadrupèdes, principalement des lamas ; on trouve également des
daims, deux cerfs à andouillers (qui apparaissent ici pour la première
fois), des renards, quelques chevaux et chèvres. Certaines juxtaposi- 542 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
tions d'animaux semblent former des groupes voulus, en particulier*
un couple avec ses petits. Les organes sexuels sont souvent soigneuse
ment figurés. Quelques lamas paraissent tenus par un homme au
moyen d'un licou. Il y a encore des oiseaux, rapaces aux ailes tantôt
repliées, tantôt ouvertes, un grand hibou, quelques lézards ou gre
nouilles, plusieurs serpents, enfin une figure, où l'auteur, non sans
quelque arbitraire selon moi, voit un -insecte, une mante. Les figures
humaines représentent des Indiens à coiffures de plumes variées,
parfois descendant le long du dos, tenant un arc et une flèche, aux
quels s'ajoutent, dans le second abri, cinq ou six Espagnols, dont deux
à cheval. Dans un des abris, il y a un cavalier dont la monture semble
être un lama. G.-H. L.
779. - E. PETERS. - Die Kunst des Magdalénien vom Petersfels
(L'art magdalénien du Petersfels). — Ipek, VI, 1930, p. 1-6 (1 fig.,
5 pi).
L'âge du Renne allemand semble localisé dans le Jura souabe,
prolongement du Jura suisse où se trouvent les stations bien connues
du Kesslerloch et du Schweizersbild. L'auteur a découvert au lieu
qu'il a appelé Petersfels près d'Engen (Bade) une station du Magdal
énien moyen. Les œuvres d'art comprenaient deux rennes, peut-être
un couple, sur bâton percé en bois de renne, un cheval gravé sur
graphite, une tête de cheval sur fragment de côte de renne, une gra^
vure énigmatique sur os ; des décors géométriques sur un bâton
percé à deux trous et sur des pointes de sagaies, qui sur l'une doivent
être des poissons stylisés. Un disque en ivoire de mammouth est
décoré de rayons reliés par une sorte de toile d'arraignée. Parmi une
quarantaine de pendeloques en graphite, de formes variées, deux
semblent être des stylisations du corps féminin. G.-H. L.
780. - N. FETTICH. - Neue Grabfunde von Regöly (Ungarn) aus
der Völker wander ungs zeit (Nouvelles trouvailles funéraires d'époque
barbare de Regöly, Hongrie). — Ipek, VI, 1930, p. 77-79 (2 pi.).
Le Musée national hongrois possède un groupe d'objets provenant
de plusieurs tombes de Regöly (comté de Tolna, Hongrie), qui appar
tiennent à là civilisation des nomades cavaliers, importante civilisa
tion d'Asie orientale, dont les porteurs sont de race mongole. On
rencontre à la fois des originaux fondus dans un moule taillé en bois
et des imitations grossières. La technique de là fonte et le bronze
employé semblent indiquer que les originaux ont été fondus en Asie,
et l'éloignement n'empêchait pas des nomades cavaliers de les trans
porter. On peut par suite conjecturer que les pièces originales sont
asiatiques et les imitations hongroises ; celles-ci pourraient avoir été
faites dans les régions où les bons originaux étaient en usage et qui
étaient Un centre de la civilisation des nomades cavaliers. Le comté
de Tolna, d'où proviennent les objets de Regöly, semble avoir joué
un rôle important dans la dernière phase de cette civilisation, où
s'introduisent des éléments slaves. Les imitations doivent avoir
été en usage au temps des Avares (vne et vme siècles); elles dispa
raissent après les campagnes de Charlemagne au début du ixe siècle
et n'atteignent pas la conquête hongroise (896). 11 semble qu'à PSYCHOLOGIE ETHNIQUE Èf SOCIALE 543
l'époque de transition des vme et ixe siècles, la source d'où dérivent
les imitations hongroises ait fourni quelques motifs végétaux et
humains au style dit carolingien. G. -H. L.
781. - T. G. LETHBRIDGE. - East Angles, an account of recent
îieldwork in Cambridgeshire and Suffolk (Les Angles de l'Est,
d'après les fouilles récentes des comtés de Cambridge et de Suffolk). —
Ipek, VI, 1930, p. 69-76 (4 pi.).
Les retranchements du comté de Cambridge appartiennent proba
blement à la période de la lutte de l'Anglie orientale avec l'Anglie
centrale, puis avec la Mercie, qui eut son apogée au milieu du
viie :iècle après J.-C. L'importance de ces travaux de fortification
témoigne d'une autorité centrale organisée et d'un propos délibéré
des habitants de cette région de s'isoler de leurs voisins de l'Ouest.
Par là s'explique la différence de fréquence des divers types de
fibules à l'Est et à l'Ouest de cette barrière. Les Angles de l'Est
croyaient à la survivance des morts : les mobiliers funéraires conte
naient des bijoux, des quartiers de viande, des œufs de cane dans un
pot. Leur nourriture semble avoir été animale et ne témoigne pas
d'agriculture. Ils habitaient au bord de marais dans de petites cabanes
d'une'seule pièce, ne dépassant guère 2 m. 50 sur 4 mètres. L'obscur
ité de ces sortes de poulaillers explique leur goût pour tous les bijoux
susceptibles de produire un effet éclatant, en particulier les grandes
fibules ciselées à hauts reliefs, dorées ou incrustées de grenats et de
verre. La fouille systématique de cimetières entiers établit la simul
tanéité d'usage d'objets que les théories fondées sur le rapprochement
d'objets de provenances différentes séparent par un intervalle de
temps notable : ainsi, dans une tombe de Holywell Row (Suffolk), une
femme avait été enterrée avec cinq fibules échelonnées sur
durée théorique de 60 ans, probablement acquises au cours de son
existence et dont les plus usées étaient celles qui auraient dû être les
plus récentes. La chronologie des vestiges anglo-saxons a été égal
ement comprimée sans nécessité par la croyance que les tombes conte
nant des mobiliers funéraires devaient nécessairement être d'époque
païenne, soit antérieures au milieu du vne siècle. Il est très contes
table que. comme on l'admet généralement, les Anglo-Saxons une
fois établis en Angleterre aient rompu tout contact avec la mer : rien
ne prouve que les nombreux objets exotiques retrouvés dans les
tombes de la fin du vie et du début du vne siècles, cristal, argent,
grenats, boucles, verre, jusqu'à des cauris de l'Inde, aient été import
és par des marchands étrangers. L'ambre, qui se multiplie dans les
tombes à partir du vie siècle, pouvait provenir de la côte Est d'Angle^
terre où on en trouve encore aujourd'hui et a peut-être servi d'in
strument d'échange avec le Kent, la France et le Yorkshire.
G.-H. L.
782. - E. PETERSEN. - Ein neuer Schatzfund aus der Völker
wanderungszeit (Découverte récente d'un trésor de V époque barbare).
- Ipek, VI, 1930, p. 56-68 (3 pi).
Le Musée de Breslau a acquis récemment un groupe d'objets, com
prenant en particulier des monnaies d'or romaines et une agrafe 544 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
de ceinture en argent massif, qui, malgré l'incertitude des renseigne
ments sur leur origine, proviennent sans doute d'un trésor de la région
de Kalisch. D'après les pièces de comparaison, notamment hongroises,
l'agrafe doit être une œuvre de l'art ostrogoth du ve siècle, bien que
le territoire où se trouve Kalisch ait été occupé jusque vers la fin
du ive siècle par les Vandales. Le trésor de Kalisch, comme celui de
Boroczyce en Galicie * orientale, prouve qu'au ve siècle, après le
départ de la tribu vandale prédominante, l'Allemagne orientale et la
Pologne doivent avoir conservé d'importants éléments de population
germanique appartenant ä des tribus inconnues, qui se sont proba
blement réunis autour de certains centres politiques. G. -H. L.
783. - JOSEF STRZYGOWSKI. - Die altslavische Kunst (L'art
slave antique). — 1 vol., in-4° de XIV-296 p., avec 263 fig. Benno
Filser, Augsburg, 1929, Prix, relié : 60 Mark.
Ouvrage d'une lecture laborieuse, mais riche de contenu et des plus
suggestifs, dont nous ne pouvons que signaler les thèses principales,
en laissant de côté les solides argumentations qui les justifient. Il a
comme idée directrice, une opposition radicale à la conception selon
laquelle l'Europe entière, avant d'être soumise à l'influence byzant
ine et romaine, n'était peuplée que de Barbares et constituait pour
ainsi dire une espèce de réceptacle vide, de sorte que toutes les manif
estations artistiques postérieures doivent être considérées comme
un héritage de l'antiquité classique, du monde méditerranéen après
son apogée gréco-latine. Cette conception, qui repose en partie sur
l'idée que tout ce qui ne s'appuie pas sur des documents écrits est
sans intérêt pour l'historien, fait entièrement abstraction de l'archéo
logie préhistorique, et par §uite, ne cherche pas à savoir ce qu'était
l'Europe au moment où elle a reçu l'influence de Rome pour l'Ouest,
de Byzance pour l'Est.
Si, au contraire, on veut ne négliger aucun des renseignements
que peut fournir l'archéologie et plus généralement l'ethnographie,
on doit tout d'abord reconnaître dans l'Europe orientale une couche
sous-jacente au byzantinisme, qui s'oppose au monde hellénistique
par la matière de son architecture, en bois et non en pierre, et par
l'absence de la figure humaine comme thème artistique. Cette Europe
orientale, terrain de l'art slave antique, n'est que le prolongement
de l'Asie antérieure et septentrionale, de l'Iran et de la Sibérie. Le
« pont baltique » est l'intermédiaire entre l'Europe orientale et l'Asie
d'une part, la Scandinavie, la mer du Nord et le Rhin d'autre part.
Par là est passé un courant non seulement artistique, mais ethno
graphique, dû aux relations commerciales comme aux migrations
et dont les effets se sont fait sentir jusqu'à l'invasion mongole. Le
mazdéisme et le culte du feu semblent avoir été communs à l'Iran,
au monde slave antique, à la région baltique et même aux Celtes
d'Irlande. D'autre part, un autre mouvement parti de Sibérie franchit
l'Oural et pénétra dans les pays nordiques, où il a laissé dans l'art
des traces particulièrement nettes, l'entrelacs animal, dont l'origine
est cherchée d'ordinaire dans l'art provincial romain tardif, et les
manuscrits à initiales ornées de poissons et d'oiseaux. G. -H. L. PSYCHOLOGIE ETHNIQUE ET SOCIALE 543
784. — A. M. TALLGREN. — Kaukasische anthropomorphe Figuren
und der vorderasiatische Kulturkreis {Figures anthropomorphes du
Caucase et la zone ethnographique d'Asie antérieure). — Ipek, VI,
1930, p. 48-55 (7 pi.).
Le trésor de Kazbek, près de Wladikaukaz, sur le versant Nord
de la chaîne centrale du Caucase, doit avoir été enfoui vers 600 avant
J.-C. Il représente probablement un faciès local de la civilisation du
Caucase septentrional qui, après avoir débuté à l'âge du Bronze ancien
avec la civilisation du Kouban et de Maikop, se prolongea longtemps
sur place et influença dans la suite la civilisation scythe. Ce rameau
localisé dans le Haut-Caucase a reçu une forte influence hittite
ou d'Asie antérieure, qui a déjà été reconnue dans les civilisations
préhistoriques d'Arménie et de Transcaucasie, et qui ici se manifeste
notamment dans les figures anthropomorphes, vraisemblablement
représentations de divinités de fécondité, qui se rattachent au groupe
des statuettes archaïques de Syrie et de Cappadoce. Par l'intermé
diaire du Caucase, ces figures se sont répandues jusque dans la Russie
centrale et la région de l'Oural et se sont prolongées les figures
de Perm de l'âge du Fer. Les documents préhistoriques du Caucase,
comme ceux de l'Asie mineure orientale, de l'Arménie et de l'Iran,
ont une grande importance pour l'archéologie de l'Eurasie septen
trionale et du monde méditerranéen (civilisations étrusque et ibé
rique). G.-H. L.
785. - R. LANTIER. - Bronzes votifs ibériques. - Ipek, VI, 1930,
p. 38-47 (2 pi).
Etude d'une dizaine de statuettes en bronze de la collection Val
encia de Don Juan à Madrid, provenant des sanctuaires ibériques
de Castellar de Santisteban et de Despenaperros. Malgré la diversité
des sujets : porteuse d'offrandes et orantes, guerriers à pied et à che
val, une voiture, elles forment un ensemble assez homogène qui se
rattache vraisemblablement au groupe de Despenaperros. La déter
mination de l'origine des figurines de ce genre est d'ailleurs rendue
presque impossible par le fait que ce sont simplement des objets
votifs destinés uniquement à exprimer l'idée de prière indépendam
ment de toute préoccupation technique ou esthétique. Les sanctuaires
de Castellar de Santisteban et de Despenaperros apparaissent comme
les centres religieux d'une région riche et peuplée, habitée par une
société nettement hiérarchisée où domine une classe militaire et
peut-être aussi une classe sacerdotale ; le premier semble n'avoir été
qu'un pèlerinage de petites gens, le second avoir attiré en foule
à la fois riches et pauvres.
Malgré leur caractère spécifiquement ibérique, ces productions
de l'art industriel du second âge du Fer ont des relations avec le reste
de européen du même temps. La Grèce des vie et Ve siècles a
exercé, notamment par l'intermédiaire des colonies grecques en Es
pagne, une influence certaine aussi bien sur les bronzes votifs que
sur la statuaire ; on relève également, avec les étrusques des
analogies assez étroites, qui témoignent de l'unité d'ensemble de la
civilisation méditerranéenne à l'époque de la Tène. G.-H. L.
l'année psychologique, xxxii. 35 546 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUE!*
78ß. — Q. PARET, — Die früheisen zeitliche Keramik der schwäbis
chen Alb (La céramique du Jura souabe au premier âge du Fer) . —
Ipek, VI, 1930, p. 31-87 (7 pi.).
Le Jura souabe, centre de la zone de civilisation hallstattienne, est
aussi la région où la céramique hallstattienne a atteint son apogée
et laissé ses chefs-d'œuvre, L'âge du Bronze final, vers 1,000 ayant
J,-G., avait été marqué par un fort accroissement de population, sans
doute dû à une immigration, à en juger par le changement des cou
tumes funéraires et les fortes influences étrangères, notamment
orientales, dans l'art industriel. Au début du Hallstattien, vers 800,
se produit un nouveau changement de civilisation, qui consiste en
gros dans un retour à l'état antérieur à l'âge du Bronze final, et dont
les principaux caractères sont les sépultures sous tumuli, le recul de
l'agriculture devant l'élevage et la diminution des relations Gommer^
ciales, attestée par la rai été des bi'oux métalliques. Les cimetières
du Jura souabe ou de l'Allemagne du Sud présentent avec ceux de la
région plus septentrionale une différence très nette qui semble devoir
être attribuée à une différence de populations.
La céramique de luxe, à destination presque exclusivement funér
aire, comme le prouvent la minceur des parois et les faibles dimens
ions de la base, ainsi que son absence presque complète dans les
fouilles d'habitations, présente une évolution indigène. Elle conserve
les formes du début de l'âge du Bronze récent : urnes, tasses et plats
à profil en escalier, et de même la technique du décor en champlevé
(Kerbschnitt) et par impression de cachets. Aux vases noirs, souvent
avec traces de couleur blanche dans les creux, succèdent des vases
polychromes colorés en noir, généralement avec du graphite, déjà
employé pour les vases noirs, et en rouge. Le décor est exclusivement
géométrique.
Au Hallstattien récent (vne-ve siècles) se produit un nouveau
changement : les relations commerciales se développent, comme le
prouvent les nombreux bijoux en bronze, or. jayet, corail, ambre et
verre trouvés dans les tumuli funéraires, où par contre la céramique
disparaît presque entièrement. G.- H. L.
787. — J. NAKAYA. — Introduction à l'étude des figurines de l'âge
de pierre au Japon. — Ipek, VI, 1930, p. 19-30 (3 cartes et 5 pi).
Le Néolithique du Japon, qui semble y avoir été apporté par immi
gration il y a 5 ou 6.000 ans, est la période de Jômonshiki. Le bronze
y fut introduit par des populations d'origine chinoise vers le me siècle
avant J.-G, (période de Yayoishiki). Les vestiges de la civilisation de
Jômonshiki comprennent une céramique à décor exclusivement géo
métrique de type cordé, des figurines en terre cuite et exceptionnell
ement en pierre, des tablettes en pierre et cuite, des masques en
terre cuite, très beaux et très rares, des vases à visages et des rebords
de vases ornés de visages, des animaux grossiers en terre cuite. La
distribution géographique des différentes catégories typologiques de
figurines, rapprochée de celle des poteries de l'époque de Jômonshiki
et en particulier des vases à bec, permet d'en déterminer la chronolog
ie relative. G. -H. L. PSYCHOLOGIE ETHNIQUE ET SOCIALE 547
788. — U. RELLINI. — La piu antica ceramica dipinta d'Italia (La plus
ancienne céramique peinte d'Italie). — Ipek, VI, 1930, p. 7-18 (6 pi.).
La céramique peinte énéolithique d'Italie est localisée dans les
régions de Ripoli (Abruzzes), Pulo et Matera (Pouilles et Basilicate),
dans les villages du type de Stentinello (Sicile méridionale) et dans
la grotte de Jelio (Çapri). D'origine certainement indigène, elle a pris
naissance en différents points de la péninsule. On peut reconnaître,
avec des faciès régionaux, des transports d'objets et des influences
qui semblent témoigner de relations commerciales étendues. Les céra
miques de Matera et de Sicile comprennent quatre groupes, dont
trois communs aux deux régions : A, production locale de travail
négligé, B, à larges bandes rouges, qui doit également être d'origine
indigène, D.lignes en fin réseau, et un groupe Ç caractéristique de cha
cune des deux régions : synthèse complexe de courbes, de motifs
méandriques et de triangles à Matera, bandes et étoiles rouges à
bordure brune en Sicile.
Les analogies avec la Crète ne portent que sur les motifs élément
aires. La céramique du type C de Matera présente une ressemblance
avec le décor, mais non avec les formes compliquées des vases thessa-
liens. Selon toute vraisemblance, les premiers modèles de céramique
venus de l'Europe orientale ont fourni dans chacun des centres,
matière à une évolution spéciale. G. -H. L.
789. - JALHAY (le P. EUGENIO). - Nuevas nxaniîestacipnes de
arte rupestre del Noroeste de la Peninsula (Nouvelles figures ru-
pestres du Nord-Ouest de l'Espagne). — Bpletin de la Comision
provincial de Monumentos historicos y artisticos de Orense, IX,
1931, p. 225-235 (8 fig.).
Ces gravures rupestres, relevées à Oya (province de Pontevedra
dans le Sud-Ouest de la Galice), rentrent dans le groupe général de
Galice, qui s'étend depuis sa partie septentrionale (La Corogne)
jusqu'à la région limitrophe du Portugal. On y remarque notamment
des croix de Lorraine et des croix simples, dont une en forme de XV
qui sont selon toute vraisemblance des schématisations du corps
humain ; elles sont parfois inscrites dans un cartouche arrondi plus
ou moins irrégulier ; des quadrupèdes simplifiés, mais encore assez;
naturalistes ; des serpents, considérés comme un témoignage d'ophio-
lâtrie (celui de la fig. 3 paraît bien figurer un serpent à gueule ouverte ;
mais les dessins « serpentiformes » de la fig. 7 n'ont rien de reptiles ;
celui du haut à gauche ressemblerait plutôt à un bonhomme de prof
il) ; des cercles concentriques que l'on a rapportés au culte du soleil.
Le groupe le plus remarquable réunit des quadrupèdes schémat
iques, dont un portant une charge, et deux dessins de voiture attelée.
Celui du centre offre un exemple particulièrement remarquable de
rabattement dans la représentation des deux bêtes de l'attelage,
dont chacune est montée par un personnage.
L'âge de ces gravures peut s'étendre de la fin du Néolithique au
plein âge du Bronze ;yil est bien difficile de déterminer leur chronol
ogie relative, car on rencontre associés des motifs purement géomét
riques et des motifs figurés à des degrés différents de schématis
ation. G.-H. L. i)48 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
790. — G.-H. LUQUET. - La magie dans l'art paléolithique. - J.
de Ps., XVIII, 1931, p. 390-427.
Le problème de la signification de l'art paléolithique ne peut plus
s'accommoder d'une solution simpliste qui attribuerait à toutes ses
manifestations en bloc, soit une destination magique, soit un carac
tère purement esthétique. Il faut distinguer dans les œuvres d'art
paléolithiques trois catégories : celles dont le rôle magique est extr
êmement probable, celles pour lesquelles il est possible mais incertain,
celles pour lesquelles il est inadmissible. Il semble que la destination
magique ne puisse pas avoir été originelle et ait été surajoutée, vra
isemblablement vers la fin de l'Aurignacien, à un art jusque-là désin
téressé. Mais au Magdalénien, les deux conceptions esthétique et
magique de l'art ont coexisté, et cette coexistence empêche, dans la
plupart des cas, de discerner pour chaque œuvre d'art prise à part
si elle relève de l'une ou de l'autre. I. M.
791. — A. MOLNAR. — Die Bedeutung der neuen osteuropäischen
Musik. Zur Psychologie der Musik als Sprache [La signification
de la musique moderne de V Europe de Vest. La psychologie du lan
gage musical). - A. f. ges. Ps., LXXXI, 1-2, 1931, p. 166-178.
Dans ce rapport présenté à la réunion du congrès des sociétés music
ales, à Vienne, le 2 juin 1930, l'auteur fait une analyse de la mu
sique moderne. Il conclut que la musique moderne de l'Europe de
l'Est est importante pour le développement culturel de la société
contemporaine. Le rôle de cette musique serait d'établir la commun
auté de langage musical dans l'Europe entière. B. N.
792. — R. LANDOIS. — De l'influence des altérations de la vue
sur l'œuvre des artistes. — Thèse de Médecine, In-8° de 92 pages,
Paris, 1931.
Une défectuosité de la vue peut être avantageuse dans certaines
professions. Le myope, avec bonne acuité visuelle, perçoit mieux les
détails, il perçoit également mieux le rouge et le jaune.
Ces qualités se retrouvent chez les peintres et littérateurs myopes.
Une altération grave, mais lente de la vision, peut amener le
peintre à modifier son genre et à en créer un nouveau, c'est le cas
de Degas.
Les sens apportent des images au cerveau qui les met en œuvre.
On a pensé que la production intellectuelle différait suivant la nature
de ces images et on a cherché si le génial jouissait d'une finesse de
sens particulier. L'auteur, au contraire, a voulu examiner l'idée
inverse et il a cherché si une vue défectueuse pouvait produire
l'originalité du génie. M. H. P.
793. - ALBERT WELLEK. - Das Doppelempfinden im abendlän
dischen Altertum und Mittelalter [Les synesthésies dans Vantiquité
et le moyen- âge occidentaux). — A. f. ges. Ps., LXXX, 1.-2,1931,
p. 120-166.
Rappel d'ouvrages tel que Histoire originelle des synesthésies dans
la çie spirituelle des Orientaux, La Synesthésie dans Vhistoire de
Vesprit, Synesthésie et synthèse chez Wagner...

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