État de la sensibilité tactile dans trois cas d'hémiplégie organique - article ; n°1 ; vol.11, pg 40-68

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L'année psychologique - Année 1904 - Volume 11 - Numéro 1 - Pages 40-68
I. Distinctions et technique : force, mouvements, temps de réaction; — sensations cutanées : chatouillement, douleur, pression, température, distinction de points touchés successivement, distinction des doigts, acuité tactile, position relative de points touchés, mouvement, grandeurs, distension de la peau, lisse et rugueux ; — sensations des régions articulaires : grandeurs, mouvements, positions (sens des attitudes); — sensations musculo-tendineuses : poids; — sensibilité osseuse; — perception stèréognostique : formes simples, nature des objets, reconnaissance des objets. — II. Observations cliniques. III. Conclusions : stéréognosie et sensibilités superficielle et profonde, stérèognosie et mouvements, stéréognosie et acuité tactile, perception articulaire des mouvements et distension de la peau, sièges anatomiques probables des lésions, syndrome thalamique.
29 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1904
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B. Bourdon
M. Dide
État de la sensibilité tactile dans trois cas d'hémiplégie
organique
In: L'année psychologique. 1904 vol. 11. pp. 40-68.
Résumé
I. Distinctions et technique : force, mouvements, temps de réaction; — sensations cutanées : chatouillement, douleur, pression,
température, distinction de points touchés successivement, distinction des doigts, acuité tactile, position relative de points
touchés, mouvement, grandeurs, distension de la peau, lisse et rugueux ; — sensations des régions articulaires : grandeurs,
mouvements, positions (sens des attitudes); — sensations musculo-tendineuses : poids; — sensibilité osseuse; — perception
stèréognostique : formes simples, nature des objets, reconnaissance des objets. — II. Observations cliniques. III. Conclusions :
stéréognosie et sensibilités superficielle et profonde, stérèognosie et mouvements, stéréognosie et acuité tactile, perception
articulaire des mouvements et distension de la peau, sièges anatomiques probables des lésions, syndrome thalamique.
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Bourdon B., Dide M. État de la sensibilité tactile dans trois cas d'hémiplégie organique. In: L'année psychologique. 1904 vol. 11.
pp. 40-68.
doi : 10.3406/psy.1904.3666
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1904_num_11_1_3666.
Ill
ÉTAT DE LA SENSIBILITE TACTILE
DANS TROIS CAS D'HÉMIPLÉGIE ORGANIQUE
Distinctions et technique : force, mouvements, temps de réaction; —
sensations cutanées : chatouillement, douleur, pression, température,
distinction de points touchés successivement, distinction des doigts,
acuité tactile, position relative de points touchés, mouvement, gran
deurs, distension de la peau, lisse et rugueux ; — sensations des régions
articulaires : grandeurs, mouvements, positions (sens des attitudes); —
sensations musculo-tendineuses : poids; — sensibilité osseuse; — per
ception stèréognostique : formes simples, nature des objets, reconnais
sance des objets. — 11. Observations cliniques. ■ — ]II. Conclusions :
stéréognosie et sensibilités superficielle et profonde, stérèognosie et
mouvements, stéréognosie et acuité tactile, perception articulaire des
mouvements et distension de la peau, sièges anatomiques probables des
lésions, syndrome thalamique.
Malgré le grand nombre de travaux parus sur la sensibilité
chez les hémiplégiques, la question ne nous paraît pas épuisée :
dans la grande majorité des cas, en effet, les observations sont
.trop sommairement prises, et nous avons pu nous rendre compte
de l'extrême importance qu'il y a à multiplier les explorations,
qui doivent porter sur toutes les modalités de la sensibilité.
Nous sommes persuadés qu'en bien des cas des troubles incon
testables ont échappé aux observateurs faute de recherches
suffisantes. Notre but est donc de fournir un plan simple pour
de pareilles investigations. Nous insisterons sur les appareils
dont nous nous sommes servis et que tout observateur peut
coustruire lui-même ou se procurer aisément.
Nous nous abstiendrons de toute étude historique, de récentes
publications contenant les indications bibliographiques les
plus complètes; nous nous bornerons à signaler dans cet ordre
d'idées la thèse de Claparède1, celle de Brécy - et la revue
générale de Francesco Marimo 3.
1. Claparëde, Thèse de Genève, 1898.
2. Brécy, Thèse de Paris, 1902,
3. Francesco Marimo, Le Funzioni sensitive e psichiche negli emiplegi.
Annali di Newologia, 1U04, fasc. 1 et H, p. 20-122. BOURDON ET M. DIDE. — LA SENSIBILITÉ TACTILE 41 B.
Notre étude comprendra :
1. La distinction de la force et des mouvements, celle des
différentes modalités de la sensibilité qu'il nous paraît légitime
de séparer, et la description des appareils qui nous ont servi.
2. Les observations cliniques,
3. Les conclusions.
I. — DISTINCTIONS ET TECHNIQUE
A. Force et mouvements.
Force. — Nous l'étudions, comme on le fait d'ordinaire, au
moyen d'un dynamomètre pressé avec la main.
Mouvements. — Pour pouvoir étudier avec précision la forme,
la régularité, la coordination des mouvements, il faudrait
recourir à la méthode graphique 1. Nous nous sommes bornés à
la simple observation; d'ailleurs, nous proposions d'étu
dier en détail l'état de la sensibilité et non celui de la motilité.
Temps de réaction. — La réaction considérée a été celle de
l'index. L'expérience faite a été l'expérience classique qui con
siste à réagir enlevant le doigt qui presse d'abord sur le bouton
d'un interrupteur Morse. Nous nous sommes servis du chro-
noscope de Hipp.
B. Sensations et perceptions cutanées.
Nous groupons sous ce nom les sensations et perceptions
suivantes : sensations de chatouillement, de douleur, de pres
sion, de température, distinction de points touchés successive
ment ou simultanément, perception de la position relative sur
la peau de points touchés, du mouvement d'un objet
sur la peau immobile, de grandeurs (longueurs,
distances, etc.), appliquées sur la peau également immobile,
perception de la distension de la sans mouvement des
membres, perception du lisse et du rugueux. Toutes ces sen
sations et perceptions présentent cette particularité de ne faire
intervenir que la sensibilité superficielle, cutanée, et de pouvoir
se produire, du moins chez l'adulte, sans mouvements des
membres. Même la rugosité peut être perçue sans aucun mou
vement de l'organe en contact avec le corps rugueux. La per-
l. Pour l'application de la méthode graphique dans ce cas, voir Sommer,
Lehrbuch der psychopathologischen Untersuchunrj s-Methoden, 1899. 42 MÉMOIRES ORIGINAUX
ception du sec ou de l'humide se rattache aussi aux perceptions
cutanées.
Chatouillement. — Nous constatons la persistance de la sen
sibilité au chatouillement en promenant doucement sur la peau
une pointe très flexible en papier, un pinceau léger, une étoffe
soyeuse, les coins d'un mouchoir, etc.
Douleur. — Nous avons considéré la douleur produite par
l'électricité, par la pression et la chaleur. Dans le premier cas,
nous nous sommes servis, comme on le fait d'ordinaire, d'une
bobine d'induction; dans le second, d'un algomètre à ressort
gradué de 25 en 25 grammes et terminé par une pointe mousse ;
dans le troisième, d'eau chauffée dans laquelle nous plongions
la main du malade.
Pression. — Nous avons étudié la sensibilité pour les pres
sions au moyen d'un petit instrument que nous avons décrit
dans Y Année psychologique de 1904, p. 91. Cet instrument,
suffisamment lourd, pourrait rendre aussi, croyons-nous, des
services comme algomètre.
Température. — Nous nous sommes servis ici d'eau froide
ou chauffée et d'éther.
Distinction de points touchés successivement. — L'expérience
se comprend sans explication (voir, d'ailleurs, l'observation
de L-.).
Distinction et désignation des doigts touchés. — Supposons
que, chez l'un de nos malades, nous touchions l'index de la
main gauche : nous pourrons alors demander à ce malade de
toucher avec son autre index, sans rien dire, le doigt que nous
avons touché : il s'agit alors simplement de distinguer le doigt
touché des autres doigts de la môme main. Nous pourrons, au
contraire, lui demander de nommer, sans le toucher lui-même,
le doigt que nous avons touché: il s'agira alors d'une désignation .
Acuité tactile l (distinction de points touchés simultanément). —
1. Nous adoptons la désignation « acuité tactile », qui a déjà été employée
par certains, en raison de sa simplicité, et parce que la fonction tactile
à laquelle elle s'applique correspond exactement à la visuelle
que tout le monde appelle « acuité visuelle ». D'autres expressions
employées parfois pour désigner cette fonction sont « cercles de sensation »,
« zones de Weber », « sens du lieu de la peau », discrimination tactile ».
Les deux dernières sont impropres : en effet, d'une part, il s'agit simple
ment, dans le cas de l'acuité tactile, de distinguer et nullement de loca
liser des impressions; d'autre part, l'expression « tactile »
est trop vague et s'appliquerait aussi bien, par exemple, à la distinction
de points de la peau impressionnés successivement qu'à celle de points
impressionnés simultanément. B. BOURDON ET M. DIDE. — LA SENSIBILITE TACTILE 43
Nous opérons avec un esthésiomètre double; nous pouvons
ainsi, en retournant simplement l'instrument, faire se succéder
très rapidement une impression avec deux pointes et une avec
une seule pointe. Dans une moitié des cas nous appuyons
une pointe et dans l'autre moitié avec deux; les impres
sions avec une pointe et avec deux se succèdent irrégulièrement.
Perception de la position relative de points touchés successive
ment*. On pourrait aussi étudier la perception de la position
Fig. 1.
relative de points touchés simultanément; nous n'avons pas
cru nécessaire de le faire. Nous avons expérimenté de la
manière suivante. Dans la région centrale de la paume de cha
cune des deux mains, nous avons marqué à l'encre des points
suivant directions perpendiculaires entre elles (fig. 1) ;
l'une de ces directions, a, 6, c d, e, f, g, était, par rapport à la
main, longitudinale, et l'autre transversale; la distance de
deux points voisins était de o millimètres, nous touchions suc
cessivement avec une pointe de bois les points d et c, par
exemple, et le malade devait dire si le dernier point touché
1. C'est la perception de la position relative de points touchés, et non
l'acuité tactile, qu'on pourrait appeler, si on tient à conserver cette express
ion, « sens du lieu de la peau ». 44 MÉMOIRES ORIGINAUX
était par rapport au premier en avant ou en arrière, c'est-à-dire
plus près ou plus loin des doigts; si les réponses étaient en
grand nombre fausses, nous touchions successivement deux
points plus distants, par exemple d et b, et ainsi de suite
jusqu'à ce que la distinction des positions se fît avec exacti
tude. Pour la direction perpendiculaire à la précédente, le
malade devait dire si le second point touché était à gauche ou à
droite du premier.
Perception cutanée du mouvement. — Nous ne l'avons pas
méthodiquement étudiée. On pourrait probablement l'étudier
au moyen du dispositif qui sera décrit plus loin et que nous
avons employé pour produire la distension de la peau (fig. 2).
Il importerait, en expérimentant sur la perception cutanée du
mouvement, de ne pas distendre la peau en faisant mouvoir
l'objet sur celle-ci..
Perception des grandeurs. — Nous nous servons ici de deux
emporte-pièces de diamètres différents que nous appliquons
successivement (on pourrait, en effet, expérimenter aussi en les
appliquant simultanément) sur le milieu de la paume de la main.
Il s'agit pour le malade de dire si le second est plus grand ou
plus petit que le premier.
Perception de la distension de la peau. — Nous nous servons,
pour étudier cette perception, du dispositif suivant. Le long de
la tige T (fig. 2) du support entraîné par le chariot du construc
teur Verdin est fixée verticalement une autre tige pleine T' en
métal limée à son extrémité inférieure E de manière à se terminer
par un bord droit long de 8 millimètres et épais de 1 millimètre.
Cette extrémité appuie sur le milieu dorsal de la première pha
lange des doigts (du médius sur la figure), et la pression peut être
réglée au moyen de la vis V grâce à iaquelle on peut faire tourner
autour d'une autre tige qui lui est concentrique la tige T (il
vaudrait mieux pouvoir faire simplement descendre ou monter
la tige T ; néanmoins, le dispositif utilisé permet de régler d'une
manière très satisfaisante la pression). Avec la main, en agis
sant sur la roue P ou autrement, on peut faire avancer ou
reculer le long du doigt l'extrémité E, et. celle-ci, dans son mou
vement, entraîne et distend la peau. On lit sur la règle R, devant
laquelle se déplace la pointe d'une aiguille A, le chemin parcouru
par l'extrémité E. Deux butoirs B et B' permettent de limiter
exactement en avant et en arrière ce chemin. Si on amène dou
cement l'extrémité E d'une position à la position opposée, le
sujet ne perçoit pas le mouvement ; on a ainsi le moyen de le BOURDON ET M. DIDE. — LA SENSIBILITÉ TACTILE 45 B.
soumettre, si on le juge utile, deux fois ou plus de suite à la
même expérience.
Il s'agit pour le malade de reconnaître dans quel sens a lieu
le mouvement de l'extrémité E1.
En faisant cette expérience ou quelque expérience analogue,
on constate qu'il suffit d'entraîner d'une très petite longueur,
de 1 millimètre ou même moins, la peau dans un sens ou dans
l'autre pour que le sens de l'entraînement soit perçu. On peut
Fig. 2.
s'expliquer ce résultat en remarquant qu'en réalité la peau
subit alors une traction dans des régions très éloignées de celle
où l'objet qui sert à la distendre est appliqué : ainsi, qu'avec
un couteau à papier ou quelque objet semblable on entraîne
d'une faible quantité la peau sur la région dorsale de Tune des
mains, on pourra observer un mouvement de la peau à plu
sieurs centimètres de l'endroit où pressera l'objet. C'est
vraisemblablement par les sensations qui se produisent ainsi
loin de la région pressée que nous sommes renseignés sur le
sens dans lequel a lieu l'entraînement de la peau. Si on objecte
que l'effet mécanique produit ainsi à distance est très faible,
1. En divisant la circonférence de la roue P, on aurait le moyen de faire
des mesures micrométriques sur la distension minima nécessaire chez
une personne normale pour que le sens de cette distension pût être pen;u. 46 MÉMOIRES ORIGINAUX
nous rappellerons qu'il suffit d'appliquer en certains endroits
sur la peau un poids de quelques milligrammes pour que la
pression soit perçue.
L'expérience que nous considérons ici présente pour l'analyse
des perceptions l'intérêt suivant, c'est que la distension et le
mouvement de la peau qu'on produit ainsi expérimentalement
se réalisent normalement lorsque nos membres se meuvent, par
exemple, lorsque nous fléchissons les doigts ; on a donc le droit
de supposer que la perception du mouvement de nos membres
se fonde, au moins en partie, sur les sensations qui résultent
ainsi de la distension de la peau.
Perception du lisse et du rugueux. — L'expérience que nous
avons faite au sujet du rugueux est la suivante. Nous intr
oduisons successivement entre le pouce et l'index et retirons
pendant que le malade les presse entre les deux doigts deux
plaques de carton, sur chaque côté desquelles nous avons collé
des feuilles de papier émeri de rugosités très peu différentes1,
la rugosité étant la même pour les deux côtés de chaque
plaque; il s'agit pour le malade de dire si le carton qu'on lui a
fait toucher le second est plus ou moins rude que celui qu'on
lui a fait toucher le premier.
C. Sensations des régions articulaires.
Nous rattachons aux sensations des régions articulaires la
perception des grandeurs, celle des mouvements et celle des
positions (sens des attitudes), lorsqu'elles résultent d'attitudes
ou de changements d'attitude de nos membres : ainsi, quand
nous apprécions la longueur d'une courte baguette, l'épaisseur
d'une feuille de papier en tenant ces objets entre le pouce et
l'index, nous plaçons les extrémités de notre pouce et de notre
index à une certaine distance l'une de l'autre, dans une cer
taine attitude; et, plus la baguette est longue ou la feuille
épaisse, plus les extrémités du pouce et de l'index s'éloignent
l'une de l'autre par des mouvements autour des articulations de
ces doigts. On sait que Duchenne et Goldscheider ont attribué
la perception des mouvements de nos membres, dans le cas ici
1. On trouve dans le commerce des feuilles de papier émeri présentant
un assez grand nombre de rugosités diverses. Le degré de rugosité était
indiqué sur celles dont nous nous servions par des numéros; ceux des
feuilles considérées dans le texte étaient 0 0 et 0: ces feuilles étaient les
moins rugueuses de la collection, et on distinguait difficilement à la vue
leur différence de rugosité. B. BOURDON ET M. DIDE. — LA SENSIBILITÉ TACTILE 47
considéré, à la sensibilité des surfaces articulaires; cette doc
trine est peut-être un peu étroite; ce qui paraît plutôt probable,
c'est que les sensations que nous appelons « sensations des
régions articulaires » se produisent dans tous les organes sen
sibles, y compris la peau elle-même, situés dans les régions
considérées. En tout cas, l'appellation proposée, si on
remarque combien sont importantes les modifications qui se
produisent au niveau des articulations dans les perceptions
citées, paraîtra, croyons-nous, suffisamment justifiée '.
Perception articulaire des grandeurs. — On peut expér
imenter sur cette perception au moyen de courtes baguettes
tenues entre le pouce et l'index, par exemple; on présente au
malade successivement deux baguettes de longueurs un peu
différentes, et il doit essayer de reconnaître si la seconde est
plus longue ou plus courte que la première. Au lieu de baguettes,
on peut encore employer des cartons d'épaisseurs différentes;
c'est cette dernière méthode que nous avons préférée.
Perception articulaire des mouvements. — Nous avons con
sidéré la perception de mouvements passifs du médius et de
l'index; ces mouvements étaient produits autour de l'articula
tion intermédiaire entre la première et la deuxième phalanges ;
la première phalange était immobilisée et c'était l'ensemble
formé par les deux autres qui se mouvait.
Nous avons employé l'instrument suivant (fig. 3). Cet in
strument est, pour la plupart de ses parties, double, afin de
pouvoir servir la main droite et pour la main gauche. Le
dos de la main est appuyé contre une planchette verticale fixée
sur une base horizontale. Une lanière soutient le poignet et
permet ainsi de disposer le doigt sur lequel on expérimente
parallèlement, lorsqu'il est étendu, aux bords de l'ouverture
pratiquée dans la planchette verticale. La main est fortement
pressée contre la par le moyen de la pièce B. Celle ci
porte à sa partie interne une demi-bague en caoutchouc épais
(visible à droite dans la figure), qui enserre la première pha
lange et empêche la pression exercée sur le doigt de devenir
douloureuse; dans le même but, un petit coussin de flanelle F,
sur lequel appuie le dos du doigt, est fixé sur la planchette
verticale. Supposons que le doigt sur lequel on expérimente
soit, comme l'indique la figure, le médius; l'index et l'annu-
1. Au sujet des sensations des régions articulaires on pourra consulter
Bourdon, L'état actuel de la question du « sens musculaire », Revue scien
tifique, 1904, 2e semestre, p. 91 et p. 134. MEMOIRES ORIGINAUX 48
laire sont maintenus écartés du médius par le moyen des tiges
t, t1; le médius peut ainsi se mouvoir librement, sans frotter
contre les doigts voisins. La deuxième phalange du médius est
fortement serrée au moyen d'une vis dans l'anneau de cuivre
mince A, dont le diamètre est inférieur à celui de la phalange;
pour éviter la douleur et permettre, au cas où le diamètre du
Fig. 3.
doigt serait inférieur à celui de l'anneau, d'obtenir néanmoins
une forte compression de la phalange, nous entourons les deux
dernières phalanges d'une ou de plusieurs gaines G, en feuilles
d'étain épaisses de 0 mm. 5. L'anneau A est fixé à une longue
baguette P, très légère et néanmoins rigide, disposée horizon
talement. L'expérimentateur, avec la main, agit sur l'extrémité
libre de cette baguette et la fait mouvoir soit vers la droite, soit
1. Les tiges t', V servent dans le cas où on veut expérimenter sur
l'articulation métacarpo-phalangienne; les doigts dépassent alors en effet
davantage en avant de la baguette B. On dévisse dans ce cas les tiges t, t.

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