Etats maniaco-dépressifs - compte-rendu ; n°1 ; vol.31, pg 586-590

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L'année psychologique - Année 1930 - Volume 31 - Numéro 1 - Pages 586-590
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1930
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e) Etats maniaco-dépressifs
In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 586-590.
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e) Etats maniaco-dépressifs. In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 586-590.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1930_num_31_1_30042586 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
hébéphrénie,. Fhvjection de protein« typhique détermine au bout de
24 heures de l'ictère avec grosse hyperthermie et du catatonisme
bien caractérisé avec troubles vaso-moteurs : membres inférieurs
pâles en position allongée ou élevée, cyaniques en position déclive.
L'influence de l'intoxication est nette. Elle est à rapprocher des syn
dromes catatoniques qui ont été observés au cours de la fièvre ty
phoïde. H. W.
677. - DUPOUY et BALLERIN. - Trois nouveaux cas de parégo-
risme. - An., M.- Ps., LXXXVIII, 2, 1930, p. 54-57.
Les doses quotidiennes atteignent 250, 350 et même 465 grammes.
Dans un cas l'élixir parégorique avait été substitué au laudanum
que le malade utilisait contre ses insomnies, dans les 2 autres cas,
l'élixir parégorique avait d'abord été employé pour calmer des crises
gastro-intestinales; H. W.
m%. — G. DEMAY et A. SIZARET. - Tentatives répétées de suicide,
séquelles d'alcoolisme subaigu {impulsions post-oniriques). — An.
M.- Ps., LXXXVIII, 1, 1930, p. 67-70.
De même que Régis a signalé dans les cas de délire onirique des
troubles émotifs à forme obsédante, qui survivent à la conviction déli
rante, de même après disparition du complexe idéo-affectif répon
dant au délire, les réactions motrices qui lui étaient liées peuvent
continuer à se produire un certain temps. Tel cet alcoolique que son
anxiété et ses idées de culpabilité poussaient au suicide et qui conti
nue de se livrer exactement aux mêmes gestes de suicide, alors qu'il
n'en; a plus aucun motif conscient, l'état délirant s'étant totalement
effacé. Sans doute s'agit-il de simple persévération motrice, peut-être
aussi est-ce le souvenir inconscient de l'état idéo-affectif antérieur
dont faction persiste à se faire sentir. H. W.
e) Etats maniaco-dépressifs 1
679. — G. FATTOVIGH. — Alcune considéra zioni sulla psicosi
maniaco-depressiva a lungo intervalle- (Quelques considérations
sur la psychose maniaco-dépressive à long intervalle). — Riv. sp.
di Fr., LUI, 3-4, 1930, p. 346-368.
La récidive est la règle pour les crises de la psychose maniacod
épressive. Le diagnostic en est fait d'après les caractères qu'elles
présentent chacune. Dès la première, il est possible de pronostiquer
leur retour. Mais ce retour peut tarder bien des années. Et, par suite,
la mort peut survenir avant lui. Une crise de manie ou de dépression
restée unique dans l'existence d'un malade ne permet donc pas de
conclure contre le caractère périodique de cette affection. D'ailleurs,
il y a beaucoup de crises larvées qui échappent à l'observation du
médecin. H. W.
lu Vois «mai I» nf» 608, 611. PATHOLOGIQUE 583 PSYCHOLOGIE
680. — G. HALBERSTADT. — Syndromes anormaux au cours de la
psychose maniaco-dépressive. — An. M.-Ps., LXXXVIII, 1, 1930,
p. 117-142.
Il arrive que la psychose maniaco-dépressive présente, au cours de
ses accès, différents traits qui peuvent la faire confondre avec d'autres
psychoses pourtant toutes différentes. Des manifestations catato-
niques peuvent se produire au cours de l'accès maniaque et certaines
schizophrénies peuvent évoluer sous forme intermittente. C'est par
ordre de fréquence décroissante dans les états mixtes, maniaques et
enfin mélancoliques que se rencontrent des symptômes appartenant
à la démence précoce ; c'est dans la jeunesse ou l'âge avancé plutôt
qu'à l'âge moyen ; sous l'influence de l'alcoolisme, de la débilité ment
ale ; chez les sujets de type asthénique ou athlétique plutôt que de
type pycnique. Pour certains auteurs, il s'agirait alors d'une combi
naison des deux psychoses, ou même du passage de Tune à l'autre.
La rencontre d'accès maniaco-dépressifs et de syndromes délirants
a également donné lieu à différentes interprétations. L'excitation
intellectuelle qui s'observe dans la paranoïa et notamment dans sa
forme revendicatrice a incité Specht à en faire une conséquence de
l'excitatioa maniaque, ce qui est fort contestable. Mais au cours d'une
paranoïa peuvent se produire des alternances d'excitation et de dépress
ion. Association de deux psychoses, disent de nombreux auteurs.
Enfin le délire peut survenir avec chaque accès et disparaître avec
lui. Cette forme délirante de l'accès maniaque serait imputable aux
dispositions constitutionnelles du sujet ou à des facteurs exogènes
tels que l'alcoolisme.
Les formes confusionnelles de la psychose maniaco-dépressive
l'ont fait rapprocher à tort de l'épilepsie. Quand la confusion est pos
térieure au début de l'accès maniaque, elle peut être une conséquence
de l'épuisement. Si c'est la confusion qui précède (comme lors d'un
accouchement), il s'agit plutôt d'un accès de confusion. Kleist a dis
tingué aussi bien de la manie-dépression, que de la démence précoce
ou de l'agitation confusionnelle des psychoses purement motrices, à
forme hyper et akinétique.
Les obsessions et les impulsions sont fréquemment en rapport
avec des états mixtes, mélancoliques ou même maniaques ; c'est
vrai en particulier de nombreux cas de dipsomanie.
La neurasthénie ne serait souvent qu'une forme atténuée de la
cyclothymie. H. W.
681. — I. A. BRADLEY. — Manic-depressive psychosis in identical
twins [La psychose maniaque-dépressive chez des jumelles univitel-
linnes). — Am. J. of P., IX, 1930, p. 1061-1064.
L'auteur rapporte le cas de deux jumelles univitellinnes âgées
de 50 ans, d'une constitution physique similaire. Toutes les deux
ont eu un retard de premier développement psycho-moteur, et ont eu
toutes les maladies infantiles entre 8 et 11 ans. Les deux ont été opé
rées du ventre à 30 ans et ont eu un bégaiement. Les deux jumelles
ont été internées à plusieurs reprises sur un diagnostic de psychose
maniaque-dépressive avec agitation, excitation psycho- motrice, fuite
dea idées» et hallucination» auditives. Chez les deux, la période de ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 588
dépression est atypique et associée à un syndrome cata tonique.
L'auteur conclut que la maladie mentale dépend d'une déficience
héréditaire dans le plasma germinal. J. A.
682. — J. LAUTIER. — Délires secondaires à la manie. Délires inter
prétatifs. - An. M.-Ps., LXXXVIII. 1, 1930, p. 163-176.
L'A. publie deux observations de malades qui, à la suite de plu
sieurs accès de dépression ou de manie, fixent certaines des idées dél
irantes qui étaient apparues dans le dernier accès et se comportent
en parfait accord avec ces idées. Dans les délires consécutifs à la
manie, Anglade a noté au contraire la variabilité des idées délirantes
et le manque de cohérence entre ces idées et la conduite du malade.
Peut-être la manie n'a-t-elle pour effet que d'éveiller des dispositions
latentes. Il y aurait simple combinaison de deux psychoses, de deux
types constitutionnels. H, W.
683. - E. MINKOWSKI. - Etude sur la structure des états de dé
pression. Les dépressions ambivalentes. — Ar. Su. de Neur.,
XXVI, 2, 1930, p. 230-257.
L'auteur donne deux observations, dont la première surtout est
intéressante, en ce que le malade, jeune homme cultivé, s'analyse de
façon très détaillée. Ses plaintes sont données comme manifestations
hypocondriaques et cénestopathiques, comme relevant d'un accroiss
ement de matérialité, d'une déficience de la notion du moi, d'une em
prise extérieure et discordance, d'une impression d'ambival
ence, d'un sentiment d'incomplétude, et particulièrement d'une
désagrégation très marquée de la notion du temps.
Le malade se considère comme un « malade du temps » ; il a « un
sentiment de décalage par rapport au devenir ambiant », il pense
« tourner en sens inverse de la terre » ; le temps fuit « avec une rapi
dité atroce ». Ayant la conception abstraite du recommencement,
il se trouve comme dans le vide, ne pouvant vivre « ce qu'il y a de
nouveau à chaque moment », pour employer une expression de Bergson.
Pour avoir le sentiment d'existence, et celui d'achèvement, il
faut une activité personnelle soutenue par le « dynamisme vital »
qui a fléchi chez le malade.
Toutes les manifestations sont expliquées et déduites de ce point
de vue, un facteur schizophrénique étant invoqué pour rendre compte
de la pathogénie.
La deuxième observation concerne une femme de 36 ans, dont les
plaintes cénestopathiques, plus accentuées, marquent une désagréga
tion plus profonde de la personnalité, conduisant au syndrome d'a
utomatisme mental de Glérambault. H. P.
684. — WALTHER JAHRREISS. - Das hypochondrische Den
ken {La pensée hypochondriaque). — Ar. für Ps. und Nerv.,
XCII, 1930, p. 686-821.
L' « hypochondrie » était une maladie du corps à l'époque prépsy
chiatrique ; aujourd'hui, le syndrome hypochondriaque est une « mal
adie » psychique à laquelle on suppose également des bases soma-
tiqués. Les progrès de la neurologie font penser que les mécanismes PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 589
récepteurs périphériques produisant la douleur sont troublés chez
l'hypochondriaque. A côté de cette analyse causale des phénomènes
psychopathologiques chez l'hypochondriaque, il faut placer la théorie
finaliste d'Adler : l'hypochondrie est une réaction de l'individu
faible contre les exigences de l'ambiance, une façon de dissimuler
une insuffisance réelle. Pour expliquer les sentiments hypochon-
driaques, l'auteur distingue tout d'abord le sentiment de bonne santé
(sentiment complexe neutre) ou le sentiment de maladie d'une part,
et, d'autre part, l'images patiale du corps. Les deux seraient troublés
chez l'hypochondriaque. Il attribuerait une attention « narcissique »
à certains organes ou parties du corps. L'hypochondrie serait ainsi
une régression vers le stade infantile, stade dans lequel on attribue
au corps propre un caractère d'étrangeté. J. A.
685. — P. ABÉLY. — La mélancolie pancréatique (D'une forme fr
équente de la mélancolie d'in volution). — An. M.-Ps., LXXXVIII,
2,1930, p. 300-311.
La mélancolie d'involution, celle qui débute dans la période pré-
sénile et qui n'a pas été précédée d'un autre accès mélancolique ou
d'un accès maniaque s'accompagne très fréquemment d'un syndrome
lié à l'insuffisance du pancréas : glycosurie spontanée inconstante et
glycosurie alimentaire constante, glycémie adrénalinique très mar
quée, avec exaspération des troubles mentaux ; hypertension habit
uelle, mais sujette à des variations rapides et de grande amplitude,
avec exagération de l'anxiété au moment des fortes et apaisement
au moment des faibles tensions ; sympathicotonie et, angiospasmes
périphériques, extrasystoles, dysthyroïdie, polyurie, constipation
opiniâtre. En outre, s'observent des algies comme dans le diabète,
du tremblement digital, le plus souvent intentionnel ; une saveur
métallique de la salive qui est un signe important de pancréatite
interstitielle chronique, de l'amaigrissement.
C'est donc la triple fonction des hormones pancréatiques : méta
bolisme des hydrocarbones, influence hypotensive, action vagoto-
nique, dont l'insuffisance constitue ce syndrome. Effectivement
l'opothérapie pancréatique a des effets très favorables.
Les troubles mentaux consistent en paroxysmes d'anxiété qui
coïncident avec les plus fortes tensions. Des rémissions brusques et
complètes, mais de courte durée, peuvent se produire. Chez les ascen
dants de ces malades se constatent des cas de mélancolie et de dia
bète. H.W.
686. — M. MONTASSUT. - Etude clinique et nosologique de la
dépression psycho- musculaire chronique avec émotivité constitu
tionnelle. - Enc, XXV, 1930, p. 616-625.
L'A. rassemble les traits qui sont propres au neurasthénique ou
déprimé constitutionnel. Il ne se rencontre pas très fréquemment,
une quarantaine de fois sur 3.000 malades qui se sont présentés à la
consultation de l'hôpital Henri-Rousselle.
Au point de vue somatique il est de squelette longélique, de muscul
ature grêle, c'est-à-dire exactement l'inverse du type pycnique et
syntone de Kretschmer. Son hypotonie intéresse ses muscles viscé- 590 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
raux comme ses muscles de relation. Il présente des ptôses, de l'hypo
tension artérielle, de l'hypertension veineuse, de l'insuffisance hépat
ique. Très émotif, ses émotions accroissent sa fatigue, qui est chro
nique mais qui présente un cycle quotidien, atteignant son maximum
au réveil, disparaissant vers les 5 heures du soir. C'est une fatigue
que le mouvement fait disparaître et qui est liée, non pas à l'inaction,
mais à l'activité statique ou tonique des muscles. Elle se traduit
par une impression douloureuse de poids. Il semble qu'elle soit liée à
une hyperalcalose des humeurs. H. W.
«87. — HALBERSTADT. - Etude clinique de la démence mélancol
ique présénile. - An. M.-Ps., LXXXVIII, 1, 1930, p. 409-425.
Parmi les affections préséniles, la démence mélancolique doit être
décrite à part et présente une certaine autonomie. Elle débute entre
40 et 50 ans, le plus souvent chez la femme, sans avoir été précédée
d'aucun prodrome, aussi ne peut-elle être assimilée à un accès cycl
othymique. Par ses manifestations et par son évolution elle s'en di
stingue d'ailleurs très nettement. Les idées, le ton affectif, les attitudes
sont bien d'un mélancolique ; mais l'anxiété est modérée, il y a du
maniérisme dans le débit et dans les gestes ; bientôt apparaissent des
stéréotypies, du gâtisme intermittent, de la sitiophobie, des auto-
mutilations, et la démence s'installe rapidement.
Par là, la démence mélancolique présénile se distingue de la mé-
ancolie figée qui, malgré son uniformité et ses stéréotypies, est de
début plus tardif, d'évolution beaucoup plus lente et n'aboutit qu'à
une démence relativement légère. Elle ne peut pas non plus être
confondue avec Fartériosclérose cérébrale, ne s'accompagnant pas
de vertiges, de céphalées, ni de troubles mnésiques. Quant à la schizo
phrénie tardive, c'est une notion très contestable, à moins qu'il ne
s'agisse d'une schizophrénie recommençant d'évoluer après une rémis
sion prolongée. H. W.
/) Démences et psychopathies d'origine organique.
Encéphalites. Arrêts de développement V
£88. — E. D. WIERSMA. — Psychology of Dementia {Psychologie,
de la démence), — J. of Ment. Sa, LXXVI, 312, 1930, p. 1-42.
Dans les deux conférences qu'il a faites à l'Université de Londres,
W., après avoir rappelé l'utilité des méthodes de psychologie expé
rimentale en clinique psychiatrique, définit la démence comme un état
de conscience dimiauee et passe en revue les différentes formes de
démence. Il s'applique à montrer qu'il n'y a pas de solution de conti
nuité entre le normal et le pathologique et qu'à un degré très atténué
les troubles qui caractérisent les psychoses démentielles se rencontrent
chez l'individu normal.
En rappelant les enquêtes qu'il a effectuées, il affirme l'existence
d'une prédisposition psychologique même dans le cas d'une démence
aussi manifestement organique que la paralysie générale. D. W.
1. Voir aussiftles n°» 614 à 617, 687.

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