Etude de l'invariance d'une relation spatiale chez les bébés de 4 à 9 mois : être entre deux objets - article ; n°4 ; vol.85, pg 489-502

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L'année psychologique - Année 1985 - Volume 85 - Numéro 4 - Pages 489-502
Résumé
Le but de ces deux expériences est l'étude d'une relation spatiale « un objet est situé au milieu de deux autres » et de l'invariance de cette relation après le déplacement des objets. 57 bébés âgés de 4 à 9 mois ont participé aux deux recherches. On procède à trois types de déplacements : une translation de 180°, de 90° et une rotation dans le plan vertical. La tâche de l'enfant est le repérage visuo-moteur de l'objet central après déplacement. Les résultats montrent que le repérage visuel de l'objet central s'effectue bien, même si le bébé ne prend pas d'objet ou en prend un autre. Les performances varient en fonction des situations, la translation de 180° est la mieux réussie, celle de 90° est toujours la plus difficile. Que l'objet soit visible ou non pendant le déplacement, le bébé possède l'invariant « être au milieu de » dès 4 mois.
Mots clés : invariant spatial, relation entre deux objets, coordination sensorimotrice.
Summary : How do 5 to 9 month-old infants master the invariant « to be in between » ?
Two experiments investigated the child's apprehension of the spatial relationship, « an object is between two other objects », and their detection of the invariance of this relationship over displacements of the objects. 57 infants, aged 4 to 9 months, were presented with objects undergoing three types of movement : two rotations in the horizontal plane (180° and 90°) and a rotation in the vertical plane. These movements were visible in one experiment and invisible in the second one. Only the central object was moveable, and the infants were expected to look at and to grasp that object after the display was moved. The results show that the infants tended to look at the central object, even when they did not grasp it or grasped a different object. Performance varied as a function of conditions, the easiest condition being the 180° rotation, the 90° one being always the most difficult. It is concluded that infants as young as 5 month master the invariant « to be in between » whether the display is visible or not when moved.
Key words : spatial invariant, in between relationship, sensori-motor coordination.
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1985
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Arlette Pineau
Arlette Streri
Etude de l'invariance d'une relation spatiale chez les bébés de 4
à 9 mois : être entre deux objets
In: L'année psychologique. 1985 vol. 85, n°4. pp. 489-502.
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Pineau Arlette, Streri Arlette. Etude de l'invariance d'une relation spatiale chez les bébés de 4 à 9 mois : être entre deux objets.
In: L'année psychologique. 1985 vol. 85, n°4. pp. 489-502.
doi : 10.3406/psy.1985.29109
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1985_num_85_4_29109Résumé
Résumé
Le but de ces deux expériences est l'étude d'une relation spatiale « un objet est situé au milieu de deux
autres » et de l'invariance de cette relation après le déplacement des objets. 57 bébés âgés de 4 à 9
mois ont participé aux deux recherches. On procède à trois types de déplacements : une translation de
180°, de 90° et une rotation dans le plan vertical. La tâche de l'enfant est le repérage visuo-moteur de
l'objet central après déplacement. Les résultats montrent que le repérage visuel de l'objet central
s'effectue bien, même si le bébé ne prend pas d'objet ou en prend un autre. Les performances varient
en fonction des situations, la translation de 180° est la mieux réussie, celle de 90° est toujours la plus
difficile. Que l'objet soit visible ou non pendant le déplacement, le bébé possède l'invariant « être au
milieu de » dès 4 mois.
Mots clés : invariant spatial, relation entre deux objets, coordination sensorimotrice.
Abstract
Summary : How do 5 to 9 month-old infants master the invariant « to be in between » ?
Two experiments investigated the child's apprehension of the spatial relationship, « an object is
between two other objects », and their detection of the invariance of this relationship over
displacements of the objects. 57 infants, aged 4 to 9 months, were presented with objects undergoing
three types of movement : two rotations in the horizontal plane (180° and 90°) and a rotation in the
vertical plane. These movements were visible in one experiment and invisible in the second one. Only
the central object was moveable, and the infants were expected to look at and to grasp that object after
the display was moved. The results show that the infants tended to look at the central object, even when
they did not grasp it or grasped a different object. Performance varied as a function of conditions, the
easiest condition being the 180° rotation, the 90° one being always the most difficult. It is concluded that
infants as young as 5 month master the invariant « to be in between » whether the display is visible or
not when moved.
Key words : spatial invariant, in between relationship, sensori-motor coordination.L'Année Psychologique, 1985, 85, 489-502
MÉMOIRES ORIGINAUX
Laboratoire de Psychologie cognitive
Institut de Psychologie de V Université de Caen1
Laboratoire de Psychologie expérimentale
Université René-Descartes et EPHE
3e section, associée au CNRS2
ÉTUDE DE L'INVARIANCE
D'UNE RELATION SPATIALE
CHEZ LES BÉBÉS DE 4 A 9 MOIS :
ÊTRE ENTRE DEUX OBJETS3
par Ariette Pineau1
et Streri2
SUMMARY : How do 5 to 9 month-old infants master the invariant
« to be in between » ?
Two experiments investigated the child's apprehension of the spatial
relationship, « an object is between two other objects », and their detection
of the invariance of this relationship over displacements of the objects.
57 infants, aged 4 to 9 months, were presented with objects undergoing
three types of movement : two rotations in the horizontal plane (180°
and 90°) and a rotation in the vertical plane. These movements were visible
in one experiment and invisible in the second one. Only the central object
was moveable, and the infants were expected to look at and to grasp that
object after the display was moved. The results show that the infants tended
to look at the central object, even when they did not grasp it or grasped a
different object. Performance varied as a function of conditions, the easiest
condition being the 180° rotation, the 90° one being always the most diffi
cult. It is concluded that infants as young as 5 month master the invariant
« to be in between » whether the display is visible or not when moved.
Key words : spatial invariant, in between relationship, sensori-motor
coordination.
1. Esplanade de la Paix, 14 000 Caen.
2. 28, rue Serpente, 75006 Paris.
3. Cette recherche a été réalisée avec la participation d'étudiants de
l'Université de Caen. 490 A. Pineau el A. Streri
Cette recherche a pour but l'étude du repérage visuo-moteur,
chez des bébés de 4 à 9 mois, d'un objet situé entre deux autres
et de l'invariance de cette relation en fonction des déplacements
des objets dans l'environnement.
La localisation visuelle d'un objet et son atteinte par l'enfant
a pu être mise en évidence très précocement par Bower,
Broughton et Moore (1972), von Hofsten (1982), McDonnell
(1979) mais la coordination entre l'œil et la main ne s'exerce
activement que vers 4-5 mois.
Le problème se complique lorsque l'objet est posé sur un
autre, caché derrière un écran, dans un récipient... ou bien
encore occupe successivement plusieurs places. Piaget (1967)
avait déjà observé que l'enfant de 8-9 mois ne prend pas un
objet posé sur un support ; à 6 mois, il ne le recherche pas, lor
squ'on le cache devant lui ; à 9-12 mois, il présente une conduite
tout à fait typique : il persiste à rechercher l'objet à l'endroit
où il l'a précédemment retrouvé et non à l'endroit où on l'a
réellement caché devant lui. Ainsi, l'atteinte d'un objet est
également perturbée par la complexité des propriétés spatio
temporelles en jeu dans ces situations.
Actuellement, les recherches sur l'organisation perceptive du
nourrisson révèlent que dès 4 mois, il reconnaît un objet par
tiellement caché (Spelke, sous presse 1985) et, dès 6 mois, le
repérage visuel d'un objet après déplacement de l'enfant est
bien effectué (MacKenzie, 1983). D'autre part, à 4-5 mois, il
prend l'objet sur un support lorsqu'il est présenté latéralement,
alors qu'il ne l'atteint pas en présentation médiane (De Schonen
et Bresson, 1981). Enfin, un objet caché existe pour l'enfant
de 5 mois (Bower et Wishart, 1972) et dans les situations de
caches successives, les erreurs de place la recherche de
l'objet peuvent être interprétées en terme de références spatiales
(Butterworth, 1976 ; Acredolo, 1978 ; Bremner, 1978).
C'est dans ce dernier type de situation qu'une première
recherche sur l'invariance d'une relation spatiale : « être au
milieu de » (Maury et Streri, 1981) a été entreprise. Les bébés
âgés de 8 à 14 mois devaient rechercher un objet caché dans
un récipient situé entre deux autres. Les auteurs constatent
qu'après déplacement du dispositif, l'enfant retrouve difficil
ement l'objet caché dans le récipient central. D'après l'analyse
du comportement des bébés, elles concluent que peut-être, à
cet âge, l'enfant n'établit pas de lien, sur le plan spatial, entre Invariance d'une relation spatiale 491
les trois récipients. Cependant, l'étude de l'invariance de cette
relation spatiale se doublait de la difficulté de recherche de
l'objet, dont on sait les problèmes qu'elle pose aux enfants de
cet âge.
Afin de savoir comment s'établit cette relation « être entre
deux objets » et elle reste invariante en fonction des
déplacements de l'ensemble du système, nous avons voulu réexa
miner le problème dans une situation différente. Nous pensons
que si l'objet intéressant l'enfant ne disparaît pas de sa vue et
si les dimensions du dispositif d'ensemble sont plus petites, la
mise en relation spatiale des objets entre eux sera favorisée.
Trois objets identiques posés sur un support sont alignés
devant l'enfant. Il doit prendre l'objet central situé à égale dis
tance des deux autres. Tout déplacement de l'ensemble du dis
positif conserve invariantes les relations spatiales entre les trois
objets. L'expérience a pour but de voir si cette invariance
existe chez des bébés de 4 à 9 mois, après différents types de
déplacement : rotations horizontales de 180°, de 90° et rotation
dans le plan vertical. Ces différentes rotations amènent l'objet
central soit dans le champ latéral soit dans le champ médian
de l'enfant, et l'objet reste proche ou est éloigné de lui.
Il est donc plausible de penser que, selon les déplacements
effectués, les difficultés rencontrées par l'enfant lors de la saisie
de l'objet sont inégales et par conséquent maîtrisées à diff
érentes étapes du développement. Cependant, compte tenu de
ce que nous savons de l'organisation perceptive du nourrisson,
on peut faire l'hypothèse que le repérage visuel pourra attester
de l'existence d'un invariant spatial même si la prise de l'objet
est absente ou inadéquate.
Mais, toute modification des relations entre l'enfant et son
milieu par déplacement des objets ou de lui-même
montre une influence du sens de ce déplacement, droite ou
gauche, sur le comportement visuel de l'enfant. Par exemple,
les recherches de Deloache, Rissman et Cohen (1978), sur les
processus de l'orientation de l'attention ont révélé une asymét
rie très importante au profit de la droite chez les bébés de
16 semaines. Bullinger et Jouen (1983), Vurpillot et Bullinger
(1983), dans l'étude des interactions visuo-posturales insistent
sur le fait que les changements de posture imposés aux bébés
par les situations ont une incidence sur la localisation visuelle
des stimuli. Ces de posture doivent jouer égale- 492 A. Pineau et A. Sireri
ment sur l'atteinte manuelle des objets, et la prise d'un objet
parmi d'autres est à considérer non seulement comme un pro
blème spatial mais comme un problème moteur. Nous faisons
donc l'hypothèse que le sens du déplacement, droite ou gauche,
peut avoir une incidence sur la programmation du geste de
prise de l'objet. Nous n'étudierons pas l'ajustement de la main
en fonction de l'orientation de l'objet (von Hofsten et Fazel-
Zandy, 1984 ; Lockman, Ashmead et Bushneil, 1984). Ce pro
blème nous semble secondaire dans la mesure où la balle, quelle
que soit la position du dispositif, est présentée au bébé de la
même façon.
EXPÉRIENCE I
PROCÉDURE EXPÉRIMENTALE
MATÉRIEL
II est composé d'une planche de bois de 30 cm de long, 12 cm de
large et 6 cm de haut, peinte en blanc, sur laquelle sont alignées trois
balles de 4,5 cm de diamètre, identiques et de couleur vive (rouge).
Les balles sont posées à 7,5 cm du bord de la planche et sont écartées
entre elles de 7,5 cm. Afin de susciter l'intérêt de l'enfant pour l'objet
central, la balle du milieu est mobile, manipulable, alors que les deux
autres sont fixées sur la planche. De plus, lorsqu'on détache la balle,
l'enfant découvre une lumière clignotante. Il a une trace de l'endroit
où se trouvait l'objet après sa prise. La boule centrale adhère au support
avec du velcro. Sa prise est donc aisée et elle est maintenue sur le dispos
itif quand il est vertical.
Déroulement de l'expérience.
L'enfant est assis sur les genoux d'un expérimentateur. Le dispositif
(support + balles) est placé devant lui sur une table. Les manipulat
ions sont faites par un second L'expérience est
enregistrée au magnétoscope.
Elle comprend deux phases :
Phase I : Phase de familiarisation
Le bébé apprend à repérer l'objet central par rapport aux deux
autres, sa propriété de mobilité et l'existence de la lumière clignotante.
Chaque enfant est familiarisé avec le dispositif à sa droite et à sa gauche. Invariance d'une relation spatiale 493
II est ainsi face à l'un, puis l'autre des objets extrêmes, mais jamais
devant l'objet central, afin que ce dernier ne soit pas privilégié et que
l'enfant établisse une relation entre les trois objets. On arrête la phase
de familiarisation lorsque l'enfant prend trois fois de suite l'objet
central dans chaque condition.
Phase II : Phase test
La phase test comporte six essais : l'enfant est assis devant un
des objets extrêmes, l'objet central est donc soit à sa droite, soit à sa
gauche. L'expérimentateur soulève l'objet central afin que l'enfant
repère son emplacement puis il effectue devant lui un déplacement du
dispositif, c'est-à-dire :
a) une rotation de 180° dans le plan horizontal. Si l'objet central est
à droite de l'enfant, il se situera après rotation à sa gauche et
inversement ;
b) une rotation de 90° dans le plan horizontal. Si l'objet central est
situé dans le plan latéral de l'enfant, il sera dans le plan médian ;
c) une rotation amenant le dispositif dans une position verticale.
Cette s'effectue à partir de l'extrémité la plus proche de
l'enfant.
Chaque type de transformation de la situation comporte deux points
de départ, l'un à droite et l'autre à gauche de l'enfant, celui-ci devant
donc effectuer six prises de l'objet (cf. fig. 1, p. 494).
RÉSULTATS
1. Phase de familiarisation
Dès les premiers essais, les bébés repéraient l'objet central
lorsqu'il était situé soit à leur gauche, soit à leur droite. De
même, tous les bébés étaient motivés par la boule centrale et la
lumière clignotante, et se désintéressaient rapidement des boules
fixées sur le support. Indépendamment de tout déplacement,
les prises de l'objet se faisaient systématiquement avec la main
ipsilatérale, que le dispositif soit à gauche ou à droite de l'enfant.
2. Phase test
Le tableau I donne la répartition des prises et des non-prises
de l'objet en fonction des situations pour chaque groupe. Nous
avons considéré, comme réponse, le premier objet touché par 494 A. Pineau et A. Streri
Fig. 1 : Exemple des différents déplacements effectués : le point de départ
est situé à la gauche de l'enfant.
A Position du dispositif avant une rotation.
Bx du après rotation de 180°.
Ba du une dans le plan vertical.
B3 Position du dispositif après une rotation de 90° dans le plan horizontal.
On s'assure que l'enfant suit bien des yeux le déplacement mais un
expérimentateur maintient les bras du bébé pendant la transformation
afin d'éviter toute prise prématurée de l'objet. L'ordre des différentes
translations et du point de départ du déplacement est contrebalancé
entre sujets, soit douze ordres différents possibles par groupe de sujets.
SUJETS
39 bébés (26 filles et 13 garçons) âgés de 4;12 mois à 9;17 mois (âge
moyen : 7 mois 5 jours) ont participé à l'expérience. L'expérience se
déroulait dans les crèches4. Ils sont répartis en trois groupes d'âges,
par tranche de deux mois :
Gl : N = 12 4;12 mois à 6 mois ; âge moyen : 5 mois 18 jours (5 G et 7 F)
G2 : N = 15 6;1 mois à 8 mois ; âge : 6 mois 27 (6 G et 9 F)
G3 : N = 12 8;1 à 9;17 mois ; âge moyen : 9 mois 2 jours (2 G
et 10 F).
4. Nous remercions Mesdames les Directrices de crèches de Caen et leur
Collaboratrices pour l'accueil aimable qu'elles nous ont toujours réservé. Invariance d'une relation spatiale 495
Tableau I. — Répartition des réponses
(prise de l'objet central, 0, et prise d'un autre objet)
en fonction de l'âge et des situations
90° 1800 Vertical
Prise 0 Prise Prise 0 Prise Prise 0 Prise
autre autre autre objet cen cenobjet cenobjat
tral tral Situations tral
Groupe 1
N = 12 17 5 2 7 9 8 3 12 9
Groupe 2
N = 15 29 0 21 5 4 11 5 14 1
Groupe 3
N = 12 22 1 1 18 5 1 14 7 3
l'enfant après déplacement. Lorsque l'objet touché n'était pas
l'objet central, c'était toujours l'objet proximal dans les situa
tions où le dispositif était horizontal, et souvent la boule du
bas en position verticale. Selon la situation, certains bébés
ne prenaient aucune boule.
Un premier résultat nous semble important : le bébé, dès 4
à 6 mois, est capable de retrouver l'objet central après rota
tion de 180° dans 71 % des cas. D'autre part, on constate que
les performances varient en fonction des trois situations : la
rotation de 180° est toujours la mieux réussie à tous les âges
par rapport aux deux autres et cette différence est très accen
tuée chez les plus jeunes bébés. De plus, entre les deux autres
situations (vertical et 90°), c'est toujours la rotation de 90°
qui pose le plus de problème puisqu'elle n'est réussie qu'à 58 %
chez les plus grands.
Enfin, on observe une évolution des prises de l'objet central
en fonction de l'âge dans les trois situations, 180° (X2 = 8,58
p < .02), vertical (X2 = 12,86 p < .01) et 90° (X2 = 10,96
p < .01) v =2.
L'enregistrement du comportement visuel des bébés, pour
chaque essai, a permis de vérifier leur regard aussi bien pen
dant le déplacement qu'après stabilisation du dispositif. Nous
avons analysé les fixations visuelles dans le cas de non-prise
de l'objet central (aucune réponse manuelle) ou de la prise d'un 496 A. Pineau et A. Sireri
autre objet. Dans le cas de non-prise de l'objet, nous avons
retenu comme indice de réponse la première fixation après
stabilisation du dispositif. Dans le cas d'une prise autre que
l'objet central, c'est le comportement visuel pendant la prise
que nous avons retenu. Le tableau II donne le pourcentage de
fixations visuelles en fonction de ce type de réponses pour
les trois groupes.
Tableau IL — Pourcentage des fixations de l'objet central
et ailleurs lors de la prise d'un autre objet
ou en l'absence de toute prise
Comportement visuel
Objet central Ailleurs
Groupe 1 71 29 2 59 41
Groupe 3 72 28
On constate que dans le cas où l'enfant touche une des
boules extrêmes ou ne prend rien, l'analyse de son compor
tement visuel met en évidence une fréquence élevée de regards
dirigés vers l'objet central. (71 % des regards au Gl, 59 % au G2,
72 % au G3).
Autrement dit, dès 4 mois, l'absence de prise comme la
prise des boules extrêmes n'excluent pas un repérage visuel
adéquat. Les difficultés dans l'atteinte de l'objet semblent se
situer non pas au niveau de l'organisation perceptive du bébé
mais à celui de la programmation de son geste.
Rappelons que nous avons effectué les déplacements en
partant soit de la gauche soit de la droite du bébé afin d'exa
miner la répercussion du sens du déplacement sur la program
mation de l'atteinte de l'objet central. Pour chaque situation
et pour chaque groupe d'âge, nous avons effectué une analyse
des procédures d'atteinte de l'objet central.
Rotation de 180° dans le plan horizontal
Quatre-vingt-huit pour cent des enfants de 4 à 6 mois pren
nent l'objet central avec la main ipsilatérale quelle que soit la
direction du déplacement. Entre 6 et 8 mois, les prises ipsilaté-

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