Étude expérimentale sur les processus de mesure spatiale linéaire - article ; n°1 ; vol.27, pg 94-173

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L'année psychologique - Année 1926 - Volume 27 - Numéro 1 - Pages 94-173
80 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1926
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Janina Budkiewicz
V. Étude expérimentale sur les processus de mesure spatiale
linéaire
In: L'année psychologique. 1926 vol. 27. pp. 94-173.
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Budkiewicz Janina. V. Étude expérimentale sur les processus de mesure spatiale linéaire. In: L'année psychologique. 1926 vol.
27. pp. 94-173.
doi : 10.3406/psy.1926.6314
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1926_num_27_1_6314ÉTUDE EXPÉRIMENTALE SUR LES PROCESSUS
DK MESURE SPATIALE LINÉAIRE
Travail du laboratoire de psychologie-physiologique de la Sorbonne
Par Mlle Janina Budkiewicz.
Sommaire :
Première Partie. Chapitre I. Le but et la méthode des recherches.
— Chapitre II. Coup d'œil général.
Deuxième Partie. L'analyse des mesures sans vérification sensor
ielle. — Chapitre I. Le développement des mesures pendant leur
exécution. — Chapitre 11. L'inexactitude de chaque partie et
l'inexactitude de chaque reproduction par rapport à la mesure;
exacte. — § 1. Les résultats numériques. — § 2. Les régulateurs
psychologiques de l'inexactitude E/>. — Chapitre III. L'inexacti
tude de la moyenne des divisions et l'inexactitude de la moyenne
des reproductions par rapport à la longueur exacte. — § 1. Les
résultats numériques. — § 2. Rapport entre EcJ et Ep. Compensa
tion d'erreurs. — § 3. Les régulateurs psychologiques de VEd dans
les divisions. — Chapitre IV. L'irrégularité des divisions et des
séries de reproductions. — § 1. Les résultats numériques. —
§ 2. Les régulateurs psychologiques de l'irrégularité. — Chap
itre V. Généralisation des résultats analysés dans les chapitre»
précédents. — Chapitre VI. La tendance des écarts des divisions
et des reproductions par rapport à la longueur exacte. — Chap
itre VII. La tendance des premiers éléments des mesures par
rapport à la longueur exacte. Le rôle de la première partie. —
Chapitre VIII. Fréquence des valeurs. — Conclusion de la deuxième
partie.
Troisième Partie. L'analyse des mesures avec la vérification sensor
ielle. — Chapitre I. L'analyse des résultats numériques. —
§ 1. L'inexactitude de chaque partie par rapport à la mesure
exacte. — § 2. L'amélioration de l'Ep des divisions avec la vérifica
tion sensorielle postérieure, par rapport à l'Ep des divisions sans
vérification sensorielle. — § 3. Les résultats numériques des repro
ductions avec la vérification sensorielle. — § 4. Fréquence des
valeurs dans les mesures vérifiées. — Chapitre II. Quelques mots
au sujet de la et de la correction des erreurs. — Chap
itre III. L'analyse psychologique des mesures vérifiées. —
Conclusion de la troisième partie. BUDKIEWICZ. ÉTUDE EXPERIMENTALE SUR LES PROCESSUS, ETC. 95* J.
Quatrième Partie. L'étude des différences individuelles. — Chap
itre I. Le classement des sujets d'après les résultats numériques
des mesures. — § 1. Le classement les globaux
des divisions. — § 2. Le d'après les de chaque
mode des divisions. — § 3. Le classement d'après les résultats de
chaque type des mesures. — • Chapitre II. La détermination indi
viduelle des types dans l'exécution des divisions.— Chapitre III. hes,
descriptions introspectives des sujets. — Conclusion de la quatrième*
partie.
Conclusion générale.
PREMIÈRE PARTIE
Chapitre Ier. — Le but et la méthode des recherches;
Le but de nos recherches a été de comparer, au point de vue?
numérique, les différents modes de mesure de l'espace linéaire,,
ainsi que de découvrir les mécanismes psychologiques qui, dans-
les conditions de nos expériences, régissaient l'exécution des mes
ures. Nous nous sommes bornée à, étudier ces deux problèmes:
celui de la division d'une étendue linéaire en un certain nombre
de parties et celui de la reproduction d'étendues linéaires. Nou&
avons d'ailleurs traité le problème de la reproduction plutôt
comme un problème auxiliaire, et, ainsi nous l'avons examiné^
systématiquement seulement pour la série de 10 reproductions
consécutives de la longueur donnée égale à- 6 millimètres, et
pour la reproduction isolée de 60 millimètres. Notre plus grand
intérêt a porté sur le problème des divisions linéaires sous trois,
modes : kinêsique, tactile et visuel.
Nous avons établi une série d'expériences sans vérification
sensorielle : Dans le scheme général le sujet obtenait la percep
tion de la longueur (toujours la même, égale à 60 mil
limètres) qu'il devait diviser en un nombre défini de parties
égales. Le nombre des parties et leur longueur exacte étaient :
2 (30 millimètres) ; 3 (20 millimètres) ; 4 (15 millimètres) ;
6 (10 et 10 (6 millimètres). Le temps n'étant pas
limité, le sujet pouvait examiner à son gré la longueur donnée
à diviser et chercher la valeur convenable du segment. Mais,
une fois l'exécution commencée, il n'avait pas le droit de re
voir ce qu'il avait fait, ni la partie de la longueur qui lui res
tait encore à diviser. Dans cette série d'expériences, nous avons. 96 MÉMOIRES ORIGINAUX
pu distinguer 3 périodes : 1) L'examen de la longueur donnée ;
2) Les essais de division ; 3) L'exécution de la division.
Plus tard, un problème nous a suggéré l'idée de faire une
série d'expériences complémentaires, qui se limitèrent aux
divisions kinésiques en 3 et en 4 parties : Nous avons, dans ces
expériences, supprimé complètement la seconde période. Le
sujet était obligé, après l'examen de la longueur donnée (60 mil
limètres) de la diviser d'un seul coup et sans connaître la der-
. nière partie de la division. Ainsi il n'avait aucun moyen de
concevoir son erreur dominante.
Dans la seconde série de nos expériences, celle-ci comportant
une vérification sensorielle, nous avons voulu obtenir, dans les
limites techniques disponibles, le meilleur rendement possible
de nos sujets, placés dans les conditions les plus « naturelles»
et les plus commodes pour eux. Nous avons subdivisé cette
série d'expériences en 2 groupes : 1) Avec vérification sensorielle
postérieure, faisant suite aux expériences sans vérification sen
sorielle ; le sujet recevait la consigne de vérifier et de corriger
son travail antérieur le mieux possible ; 2) Avec vérification
sensorielle simultanée : Le sujet devait diviser aussi bien que
possible la longueur donnée en un nombre défini de parties
égales. Il pouvait se mettre au travail dans les conditions les
plus commodes pour lui, étant exclue toutefois la possibilité de
subdiviser, c'est-à-dire que le sujet n'avait pas le droit, en-
divisant, par exemple, une longueur en 4 parties, de la diviser
d'abord en 2. Les expériences par reproduction répétée de lon
gueurs identiques étaient analogues aux séries de divisions en
10 parties (segment de 6 millimètres). Il y avait seulement
alors 2 périodes : 1) L'examen de la longueur donnée ; 2) L'exé
cution de la série des reproductions. Dans toutes les expériences
le temps était illimité.
Les sujets faisaient les reproductions et les 5 catégories de
divisions du même mode, pendant la même séance. Le nombre
et l'heure des séances dépendaient dans une large mesure du
temps disponible de nos sujets et de leur fatigabilité. Toutefois
pendant une séance, nous avons fait au moins une épreuve
pour chaque division et pour chaque série de reproductions
du même mode. La succession des divisions était différente à
à chaque séance. Nous avons introduit cette variation pour ne
pas influencer toujours les mêmes par les facteurs
secondaires, tels que la fatigue ou l'apprentissage. Nous avons BUDKIEWICZ. ÉTUDE EXPERIMENTALE SUR LES PROCESSUS, ETC. 97 J.
fait nos recherches dans les trois domaines des perceptions
kinésiques, tactiles et visuelles.
Kinésie. — Les mesures ont été exécutées par le mouvement
horizontal latéral, extérieur (de gauche à droite) de la main
droite. Nous avons utilisé l'appareil de Michotte. Cet appareil
comprend un rail horizontal long d'environ 600 millimètres et
supporté par un trépied. Il supporte en ses deux extrémités
deux petites colonnes entre lesquelles un fil de cuivre est tendu
parallèlement au rail. La tension du fil peut être réglée par une
vis, placée à l'une des deux colonnes, dont la seconde possède
une vis de serrage, destinée à maintenir le fil. Au-dessous du fil
se trouve une règle horizontale, parallèle au fil. Elle porte une
graduation en millimètres. Le long du rail peuvent glisser deux
curseurs. Chacun d'eux supporte une colonne percée à son ex
trémité supérieure d'une cavité, dans laquelle on a fait passer
le fil de cuivre. Ils supportent également deux index, qui, dans
le mouvement des curseurs, se déplacent devant la graduation.
Une vis de serrage permet d'immobiliser chaque curseur dans
un point quelconque du rail. Deux bobines de la même longueur
sont enfilées sur le fil de cuivre. L'une des bobines, la bobine a,
est placée entre deux curseurs, l'autre, la bobine #, entre l'une
des deux colonnes du rail et l'un des deux curseurs. La longueur
à diviser a été donnée par cette partie du fil, qui se trouvait
entre deux curseurs. Le sujet, ayant les yeux bandés, se plaçait
debout, devant l'appareil. Il prenait légèrement la bobine a entre
le pouce et l'index de la main droite, et la glissait le long du fil,
en explorant ainsi la longueur donnée. Après quelques mouve
ments de va-et-vient, le sujet faisait les premiers essais de -divi
sion. Il les trouvait indispensables pour « éviter le pur hasard ».
En faisant définitivement la division le sujet arrêtait un instant
la bobine après chaque division, en la pressant généralement
un peu. Ces arrêts et ces pressions aidaient, selon nos sujets, à
obtenir une perception claire et distincte de la longueur exé
cutée. Afin de ne pas prolonger cet arrêt par notre inscription
des résultats, ce qui pouvait avoir une influence sur les exécut
ions, nous avons fixé pour chaque expérience une bande de
papier millimétrique le long de la graduation de l'appareil. Ainsi
notre travail se limitait à faire au-dessous d'une raie marquée
au milieu de la bobine, un point sur la bande de papier., Dans
les expériences complémentaires, exécutées à Varsovie, nous
avons été obligée de remplacer l'appareil de Michotte par notre
caisse, que nous allons décrire plus loin, et qui nous a servi à
l'année psychologique, xxvn. 7 MEMOIRES ORIGINAUX 98
obtenir les mesures tactiles et visuelles. Dans les expériences
principales la longueur à reproduire était donnée par cette partie
du fil, qui se trouvait entre la colonne du rail et le curseur le
plus rapproché de cette colonne. Au moyen de la bobine b le
sujet explorait la longueur donnée et la reproduisait ensuite
autant de fois que nous l'avions demandé, en glissant la bo
bine a le long du fil de cuivre.
Nos expériences principales ont porté sur 6 sujets adultes,
dont 4 polonais : M. Paul K., psychologue, M. Henri S., psy
chotechnicien, M. Victor Lt., étudiant en sociologie et M. Mar
ie H. docteur en philosophie et deux demoiselles : MUe S
imone T., étudiante en psychologie, Française, et M»e Vanda
L., Polonaise, licenciée en droit.
Chaque épreuve a été répétée 5 fois ; ainsi nous avons obtenu
en somme 150 divisions kinésiques \ 30 reproductions kiné-
siques de la longueur de 60 millimètres et 30 séries de 10 repro
ductions de la égale à 6 millimètres. Avec les sujets
K. S., H., nous avons fait encore d'autres séries de reproduc
tions dans lesquelles la longueur des étalons et le nombre des
reproductions correspondaient aux mesures exactes et au
nombre des parties des divisions. Le nombre total de ces séries
a été 51. Enfin nous avons examiné un Polonais, licencié es
lettres et musicien., M. V. D., aveugle et privé de la main
droite. H exécutait les mesures par le mouvement horizontal,
latéral, extérieur de la main gauche. Il a fait la série complète
de divisions et la série complète de reproductions, en somme
45 épreuves kinésiques. Nos expériences complémentaires ont
porté sur 9 sujets, dont 5 messieurs de 19-22 ans, élèves d'une
école technique à Varsovie, et 4 dames de -25-35 ans. Les mess
ieurs nous ont servi de sujets seulement pendant une seule
séance, exécutant chacun 3 divisions en 3 parties et 3 divisions
en 4 parties. Les dames nous ont servi au moins pendant
2 séances : Mme Sophie Cz. et Mme Marie L. ont fait 8 épreuves
pour chacun des deux types de divisions, Mlle Jeanne K.
10 épreuves pour chaque type de et Mme Jadwiga
1 Souvent dans les divisions en 10 parties et de temps en temps dans les
divisions en 6 parties le sujet n'obtenait pas pendant la première exécution
le nombre exact de parties. Il répétait alors la division quelquefois même
5-6 fois On pourrait nous objecter que les premières réussites que nous avons
utilisées dans nos calculs n'étaient pas libres de quelque vérification. Afin
de se mettre à l'abri de cette objection nous allons donner, à côté des résul
tats numériques des divisions réussies, les résultats des premières divisions
manquées correspondantes. BUDKIEVVICZ. — ETÜDE EXPERIMENTALE SUR LES PROCESSUS, ETC. 99 j 4.
Ch., 22 épreuves pour la division en 3 parties et 19 épreuves
pour la division en 4 parties. Ayant obtenu 123 épreuves com
plémentaires, la somme totale des expériences kinésiques à
donc été de 429.
Tact. — Pour rapprocher les conditions des mesures tactiles
des conditions de la vie courante nous avons fait nos expé
riences sans isoler les sensations tactiles des autres sensations
de la main. Ainsi la perception de la longueur a été fondée sur
l'ensemble des sensations cutanées et des sensations kinésiques
de la main. Naturellement, au fur et à mesure de la diminution
de la longueur exacte, ces dernières sensations perdaient de
plus en plus leur importance pendant l'exécution de la division.
Leur rôle commençait à s'atténuer un peu à partir de la division
en 4 parties. Pour réaliser nos expériences nous avons imaginé
un appareil très simple, qui nous a servi également à obtenir les
mesures visuelles. Il se compose d'une caisse haute de 34 milli
mètres, large de 40 millimètres, longue de 630 millimètres.
Dans son intérieur se trouve un coussin assez dur. Le couvercle,
cloué à la caisse, porte au milieu une fente large d'un millimètre,
qui s'étend le long de la caisse. Des épingles en acier, de la
même hauteur et ayant les têtes également grandes servent à
marquer sur la fente les longueurs voulues. Les têtes des
épingles, piquées à travers la fente dans le coussin, s'élèvent
au-dessus de la fente et forment ainsi des points limitatifs sen
sibles au toucher. Le sujet, les yeux bandés, a toute liberté dans
la façon d'explorer la longueur donnée. Quelquefois il n'utilisait
que les index des deux mains, une autre fois il mettait en jeu
les deux mains. L'index et le pouce de la main droite aident en
général à placer les épingles à l'endroit choisi de la fente. Nous
avons fait pour le tact actif toutes les trois séries de nos expér
iences. Pourtant le nombre d'épreuves avec la vérification
simultanée étant très limité, nous allons nous garder de génér
aliser les résultats obtenus. Des 6 sujets normaux qui ont pris
part aux expériences de mesures kinésiques, 4 ont subi les
épreuves tactiles : M. P. K., M. H. S., M. V. Lt., Mlle V. L. et
le 5e sujet M. V. D., l'aveugle.
La technique de ces expériences a été la moins satisfaisante
dans nos recherches, car nous n'avons pu obtenir dans les séries
principales le même nombre d'épreuves pour chaque sujet.
Nous avons en partie pallié à cette erreur, en nous gardant
d'introduire dans nos calculs les moyennes générales qui ne 100 MÉMOIRES ORIGINAUX
seraient pas basées sur les valeurs moyennes, calculées séparé
ment, pour chaque sujet.
Nombre Nombre Nombre des mesures avec des mesure* avec des mesures sans la vérification la -verification vérification postérieure simultanée Sujets
Divisions repro Divisions repro Divisions repro
ductions ductions ductions
P. K. 25 2+2 25 2+2 0 3+3
H. S. 15 0 15 0 5 -+- 5 10
V. Lt 19 3 + 4 19 3 + 4 5 2 + 1
V. L. 9 1 + 1 9 1 + 1 15 3 + 4
V. D. 15 3+3 15 3+3 0 0
Somme totale 83 9 + 10 83 9 + 10 30 13 + 13
Somme totale d'épreuves tactiles = 260
Voir, ci-dessusr le tableau de la distribution des épreuves
pour nos 5 sujets.
Vision. — Nous avons utilisé, dans les expériences sur les
mesures visuelles, le même appareil qui nous a servi pour obtenir
les tactiles. Dans l'appréciation visuelle des longueurs
nous avons laissé toute liberté aux mouvements oculaires. Pour
rendre impossible la vérification sensorielle, nous avons utilisé
dans les série? sans des petits écrans en papier,
ayant une fente 1,5 fois plus grande que la mesure exacte. Le
sujet avait toute liberté d'explorer la longueur donnée. Il faisait
généralement les premiers essais de division au moyen de petits
arrêts oculaires. Les arrêts restés inaperçus, le sujet parlait
alors des essais réalisés « mentalement ». Pour les mesures vi
suelles, nous avons pu obtenir de chaque sujet — comme dans
les expériences kinésiques principales — le même nombre
d'épreuves. Nous avons examiné 4 sujets, les mêmes qui ont
pris part aux séries précédentes. Chacun d'eux a fait trois série»
d'épreuves sans vérification sensorielle, 3 séries avec la vérif
ication sensorielle postérieure, et 2 séries avec la vérification
sensorielle simultanée. En somme nous avons obtenu 224 me
sures (divisions et reproductions visuelles).
Le nombre total de toutes nos épreuves a été de 913. J. BUDKIEWIOZ. ETL'DE EXPERIMENTALE SLR LES PROCESSUS, ETC. 101
Chapitre IL — Coup d'œil général
II nous a fallu, pour pouvoir comparer numériquement les
résultats obtenus, les considérer sous quelques points de vue
•différents, qui nous ont paru les plus importants parmi ceux
que nous avons rencontrés au cours de nos recherches. Les
■conditions techniques des divisions sans vérification sensorielle
nous ont permis de soulever beaucoup de problèmes, qui
n'existent plus pour les vérifiées. Dans les divisions
sans vérification la dernière partie de la division joue un autre
rôle que les parties précédentes. Sa grandeur est la conséquence
nécessaire de la longueur donnée et de la somme des longueurs
des divisions précédentes. Ainsi nous avons été obligée de baser
tous nos calculs, pour les divisions en parties, sur les résultats
obtenus pour n — 1 parties. En examinant les divisions faites
par le sujet, le premier problème qui s'impose à nous, c'est le
problème de l'inexactitude de chaque partie, par rapport à la
mesure exacte. C'est un général pour toutes les divi
sions vérifiées ou non vérifiées, et pour toutes les reproductions.
Un autre problème est celui de l'inexactitude de la moyenne
des n — 1 parties d'une division par rapport à la mesure exacte,
de problème est surtout intéressant dans les divisions sans
vérification sensorielle. Il existe également dans toutes les r
eproductions, mais il disparaît tout à fait les divisions
vérifiées. Ici, toutes les parties jouent le même rôle dans la
division. Chaque partie peut être corrigée et comparée avec les
autres et alors chacune possède la même signification pour les
interprétations numériques. Comme d'autre part la longueur à
diviser est limitée, la moyenne des n parties de cette
est toujours égale à la mesure exacte. Le troisième problème
que nous allons examiner est celui de l'irrégularité ou de l'im
précision des mesures, qui s'exprime par la moyenne des écarts
de n — 1 éléments, par rapport à la moyenne de ces éléments.
L'irrégularité de chaque division se confond, dans les divisions
vérifiées, avec l'inexactitude de chaque partie, parce que la
moyenne des parties est toujours égale à la mesure exacte. Le
quatrième problème envisagé est celui de la tendance des écarts
de tous les éléments d'une mesure par rapport à la longueur
exacte. Il nous a paru intéressant aussi d'examiner de plus près
la première partie des divisions sans vérification sensorielle. MÉMOIRES ORIGINAUX 102,
Cette partie est la première réalisation sensorielle d'un modèle
de mesures, imaginé d'une façon purement « mentale ». Quel
est alors so"n rôle sur la suite des divisions. Et les écarts de toutes
ces premières parties par rapport à la mesure exacte prennent-
ils une certaine direction ? Enfin nous allons examiner la fr
équence des valeurs rencontrées dans les exécutions subjectives
des divisions et des reproductions. Les problèmes énumérés
découlent de l'analyse objective des résultats. On les exprime
par les chiffres et par les graphiques. Mais comment expliquer
psychologiquement les valeurs obtenues ? Quels sont les méca
nismes psychologiques qui règlent ces différents aspects des
mesures ? Pour pouvoir esquisser quelques explications il nous
a fallu recourir à. la méthode de l'introspection. Nous nous ren
dons bien compte que les tâches imposées à nos sujets ont été
bien complexes et qu'il pouvait y avoir une foule de facteurs,
ayant de l'influence sur les résultats objectifs. On trouve même
une vérification de cette opinion dans une grande variabilité
individuelle.Le moment de l'expérience, l'attitude du sujet, son
état d'esprit, la façon de se mettre au travail et de l'exécuter,
les petites aides, qu'il invente d'une division à l'autre, ce sont
des facteurs tellement variables, spéciaux et particuliers,
qu'il est impossible de les analyser et même de les énumérer
totalement. Ainsi nous avons été obligée de laisser de côté ces
facteurs dans notre analyse et dans nos explications psycholo
giques générales. Cependant quelques-uns, parmi les facteurs
psychologiques, semblent avoir une influence plus grande et
plus générale. Dans les divisions sans vérification sensorielle,
nous avons trouvé trois groupes de principaux facteurs psychol
ogiques. Le premier c'est le modèle des divisions1, on la mesure
imaginée. Sa formation précède toute division et semble être
indispensable. Il est tout à fait d'un ordre imaginaire et quelquef
ois même d'un ordre rationnel. Souvent, surtout dans les di
visions kinésiques, c'est plutôt un scheme intentionnel qu'une
représentation concrète. Au second groupe de facteurs psycho
logiques de divisions sans vérification appartiennent les souve
nirs des parties antérieures. Quelquefois le sujet ne se rappelle
que la dernière partie, qui précède immédiatement celle qu'il
va réaliser, une autre fois il parle comme d'une représentation
de la moyenne des parties déjà faites. Cette moyenne se forme
i. Voir les descriptions individuelles du modèle. Quatrième- partie, cha
pitre III.

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