Etude génétique de la reproduction de phrases relatives. - article ; n°2 ; vol.75, pg 427-443

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L'année psychologique - Année 1975 - Volume 75 - Numéro 2 - Pages 427-443
Résumé
On a demandé à des enfants de 6;5 à 11 ans, de répéter, après un court délai, les phrases relatives prononcées par l'E.
L'analyse des réponses a montré que les emboîtées sont moins bien reproduites que les dérivées à droite, à tous les âges, et que les relatives en QUE sont moins bien reproduites que les relatives en QUI. Ces résultats sont discutés à la lumière de l'hypothèse des fonctions parallèles.
On a également trouvé que les relatives en QUE V SN sont moins bien reproduites que les relatives en QUE SN V et que le facteur réversibilité est en interaction avec les facteurs structuraux.
L'analyse des erreurs a révélé que l'omission des morphèmes grammaticaux QUI et QUE disparait, après 6;5 ans, au profit de réponses de substitution de morphèmes, d'énonciation des deux phrases de base (à 8-9 ans), et de transformations syntaxiques correctes chez les enfants les plus âgés.
Summary
Children from 6;6 to 11 years old were asked to repeat, after a short delay, sentences with relative clauses that the E had read to them. The analysis of the responses showed that in ail age groups, sentences with embedded clauses are more difficult to reproduce than sentences with right branching clauses, and that sentences with the relative pronoun QUE (which) are more difficult to reproduce than sentences with the relative pronoun QUI (who). These results are discussed within the framework of the parallel functions hypothesis. It was also shown that QUE V SN (which followed by Verb-Subject-Object) are more difficult than QUE SN V (which followed by Subject-Object-Verb) and that the reversibility factor is in interaction with the structural factors.
The analysis of errors has revealed that omission of the grammatical morphemes QUE or QUI which is observed in the youngest children is no longer observed in the other groups in which errors consist mainly of the substitution of morphemes, the production of the two component sentences (8-9 year-olds), and of correct syntactic transformations in the oldest children.
17 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1975
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M Kail
Etude génétique de la reproduction de phrases relatives.
In: L'année psychologique. 1975 vol. 75, n°2. pp. 427-443.
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Kail M. Etude génétique de la reproduction de phrases relatives. In: L'année psychologique. 1975 vol. 75, n°2. pp. 427-443.
doi : 10.3406/psy.1975.28106
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1975_num_75_2_28106Résumé
Résumé
On a demandé à des enfants de 6;5 à 11 ans, de répéter, après un court délai, les phrases relatives
prononcées par l'E.
L'analyse des réponses a montré que les emboîtées sont moins bien reproduites que les dérivées à
droite, à tous les âges, et que les relatives en QUE sont moins bien que les relatives en
QUI. Ces résultats sont discutés à la lumière de l'hypothèse des fonctions parallèles.
On a également trouvé que les relatives en QUE V SN sont moins bien reproduites que les relatives en
QUE SN V et que le facteur réversibilité est en interaction avec les facteurs structuraux.
L'analyse des erreurs a révélé que l'omission des morphèmes grammaticaux QUI et QUE disparait,
après 6;5 ans, au profit de réponses de substitution de morphèmes, d'énonciation des deux phrases de
base (à 8-9 ans), et de transformations syntaxiques correctes chez les enfants les plus âgés.
Abstract
Summary
Children from 6;6 to 11 years old were asked to repeat, after a short delay, sentences with relative
clauses that the E had read to them. The analysis of the responses showed that in ail age groups,
sentences with embedded clauses are more difficult to reproduce than sentences with right branching
clauses, and that sentences with the relative pronoun QUE (which) are more difficult to reproduce than
sentences with the relative pronoun QUI (who). These results are discussed within the framework of the
parallel functions hypothesis. It was also shown that QUE V SN (which followed by Verb-Subject-Object)
are more difficult than QUE SN V (which followed by Subject-Object-Verb) and that the reversibility
factor is in interaction with the structural factors.
The analysis of errors has revealed that omission of the grammatical morphemes QUE or QUI which is
observed in the youngest children is no longer observed in the other groups in which errors consist
mainly of the substitution of morphemes, the production of the two component sentences (8-9 year-
olds), and of correct syntactic transformations in the oldest children.Année psychol.
1975, 75, 427-443
Laboratoire de Psychologie expérimentale et comparée
associé au C.N.R.S.
Université René-Descartes et E.P.H.E., 3e section
ÉTUDE GÉNÉTIQUE DE LA REPRODUCTION
DE PHRASES RELATIVES
II. — Reproduction différée
par Michèle Kail1
SUMMARY
Children from 6;6 to 11 years old were asked to repeat, after a short
delay, sentences with relative clauses that the E had read to them. The
analysis of the responses showed that in all age groups, sentences with
embedded clauses are more difficult to reproduce than sentences with right
branching clauses, and that sentences with the relative pronoun QUE
(which) are more difficult to reproduce than sentences with the relative
pronoun QUI (who). These results are discussed within the framework of
the parallel functions hypothesis. It was also shown that QUE V SN
(which followed by Verb-Subfect-Obfect) are more difficult than SN V by Subject-Object-Verb) and that the reversibility factor
is in interaction with the structural factors.
The analysis of errors has revealed that omission of the grammatical
morphemes QUE or QUI which is observed in the youngest children is no
longer observed in the other groups in which errors consist mainly of the
substitution of morphemes, the production of the two component sentences
(8-9 year-olds), and of correct syntactic transformations in the oldest
children.
Dans une recherche précédente (Kail, 1975) portant sur la
reproduction immédiate de phrases relatives par des enfants
1. Recherche réalisée avec la collaboration de Madeleine Léveillé. 428 MÉMOIRES ORIGINAUX
(de 5;3 à 9;6) nous avons montré que celle-ci dépend de certaines
caractéristiques de leur structure superficielle :
a) Les relatives emboîtées (ex. : la fille qui pousse le garçon
renverse le bol) sont moins bien reproduites que les relatives
dérivées à droite (ex. : la fille pousse le garçon qui renverse le
bol) et ce d'autant plus que les enfants sont plus jeunes. Chez
les plus jeunes enfants, l'analyse des erreurs révèle l'existence
d'une segmentation erronée des relatives emboîtées, qui consiste
à considérer comme proposition sous-jacente toute suite superf
icielle NVN (par ex. : le garçon renverse le bol).
b) Les relatives comportant le morphème grammatical QUE
sont moins bien reproduites que les relatives comportant le
morphème QUI ; en particulier, chez les enfants les plus jeunes,
l'erreur la plus fréquente consiste à substituer QUI à QUE et
donc à énoncer le plus souvent une phrase anomale. Nous avons
interprété cette plus grande difficulté des relatives en QUE, en
termes de non-correspondance entre l'ordre de surface et l'ordre
sous-jacent des éléments S, V, 0. En effet, dans les relatives
en QUE, la structure de surface de la proposition relative est
telle que l'objet (le pronom relatif) précède le sujet. Cette inter
prétation se réfère à l'idée qu'un ordre existe en structure pro
fonde tel que le syntagme nominal sujet d'une phrase ou d'une
proposition se trouve au début de celle-ci.
c) Parmi les relatives en QUE, nos résultats indiquent que
la forme QUE SN V (ex. : la fille que le garçon pousse renverse
le bol) est mieux reproduite que la forme QUE V SN (ex. : la
fille que pousse le garçon renverse le bol).
Un tel résultat confirme l'importance du rôle de l'ordre des
éléments dans la relative puisqu'en effet dans la forme QUE V SN,
non seulement l'objet précède le sujet mais le verbe précède
également le sujet.
Le but de la présente recherche est d'étudier quel rôle jouent
les 3 facteurs envisagés ci-dessus dans une situation de repro
duction différée qui, d'une part, implique une analyse plus
approfondie de la phrase modèle et qui, d'autre part, fait inter
venir directement les capacités mnémoniques et productives de
l'enfant. Alors que la reproduction immédiate nous a permis
d'étudier l'évolution des stratégies perceptives de segmentation
des relatives chez les enfants, la reproduction différée, en raison
des modifications plus importantes apportées par les enfants
dans la reproduction de la phrase modèle, devrait permettre de M. KAIL 429
préciser certains décalages existant entre la compréhension
effective et la production. On pourra ainsi, en comparant les
résultats obtenus dans ces deux situations, voir à quelle(s)
étape(s) du traitement s'opèrent les distorsions essentielles pour
un âge donné.
Nous avons également montré (Kail, 1975) que la reproduct
ion immédiate des relatives ne dépend pas du caractère réver
sible ou non réversible des phrases présentées, résultat compatible
avec l'idée que cette situation ne permet pas une analyse réelle
des relations sémantiques qu'entretiennent entre eux les éléments
de la phrase. En revanche, nous formulons l'hypothèse qu'en
reproduction différée les phrases réversibles seront moins bien
reproduites que les non réversibles : en effet, pour ces dernières,
l'analyse lexicale des noms peut suffire pour inférer leur fonction
dans la phrase.
TECHNIQUE EXPÉRIMENTALE
LES PHRASES UTILISÉES
Ce sont les mêmes que celles qui ont été présentées en reproduction
immédiate. Rappelons que l'on a constitué 2 listes expérimentales
contenant chacune 14 phrases. Parmi celles-ci figurent 2 phrases coor
données destinées à s'assurer que la capacité mnémonique des sujets
n'est pas dépassée. Chaque liste contient 12 relatives : 6 réversibles (R)
et 6 non réversibles (NR). La distribution des différents types de relatives
est la suivante : pour les relatives en QUI : 1 emboîtée, 1 dérivée à
droite ; pour les relatives en QUE : 2 emboîtées et 2 dérivées à droite
en raison des 2 formes QUE SN V et QUE V SN.
Exemples :
— Dérivée à droite en QUI non réversible (D QUI NR)
« Le voleur tue le chien qui garde la maison. »
— Dérivée à droite en QUE réversible (D QUE R)
« La maîtresse appelle la fille que gifle le garçon » (forme QUE V SN).
— Emboîtée en QUE non (E QUE NR)
« Le bébé que la maman lave jette le savon » (forme QUE SN V).
—en QUI réversible (E QUI R)
« L'ambulance qui suit la voiture croise le camion. »
Le facteur concernant l'ordre des éléments dans les relatives en QUE
est croisé avec les listes, chaque sujet étant affecté à l'une ou l'autre
liste. L'ordre des phrases est contrebalancé. 430 MÉMOIRES ORIGINAUX
PROCÉDURE EXPÉRIMENTALE
Chaque phrase est lue à haute voix par l'expérimentateur sans accen
tuer les frontières de la relative par des pauses. Après la lecture de la
phrase, l'expérimentateur laisse s'écouler une durée de 3 s à l'issue de
laquelle il demande à l'enfant de compter (de 1 en 1 ou de 2 en 2 selon
l'âge) pendant une durée de 7 s. L'enfant doit ensuite reproduire la
phrase qui lui a été présentée. La consigne insiste sur le fait qu'il doit
« redire exactement la même phrase ».
Des phrases d'essais de différents types sont présentées afin de
s'assurer que l'enfant exécute correctement la séquence des actions
demandées.
L'expérimentateur note les réponses de l'enfant.
SUJETS
80 enfants (20 x 4) appartenant au même groupe scolaire que ceux
qui ont participé à la reproduction immédiate et choisis dans des classes
parallèles. Toutefois, en raison de la relative complexité de la tâche,
l'expérience n'a pas été réalisée en maternelle.
Les enfants se répartissent donc comme suit : CP : 6;5 ; CEI : 7;6 ;
CMl : 9;7 ; CM2 : 11;1.
ANALYSE DES RÉSULTATS
Dans l'analyse qui suit, sont considérées comme des repro
ductions correctes toutes les réponses qui respectent la structure
syntaxique de la phrase modèle, en dépit de changements lexicaux
éventuels (synonymes, mots du même champ sémantique...).
I. — • Les reproductions correctes
Tableau I
Pourcentage de reproductions correctes
en fonction du type de relative et de l'âge des sujets
Emboîtées Dérivées à droite
QUI QUE QUI QUE
37,5 25 55 CP (6;5) .... 56,2
31,9 CEI 61,1 63,8 68 (7;6)
CMl 87,5 53,7 80 72,5 (9;7) ....
85 63,7 82,5 81,2 CM2 KAIL 431 M.
Dans le tableau I, pour les relatives en QUE, nous n'avons
pas tenu compte de l'ordre des éléments SN et V dans les
reproductions des sujets. Ainsi, par exemple, pour la phrase
stimulus : « Le cheval saute la barrière que répare le fermier »,
la réponse : « Le la que le fermier répare »
est considérée comme une reproduction correcte. L'analyse de
ce facteur ordre est envisagée au § 3.
Ainsi que l'indique le tableau I, le pourcentage global de BR
augmente avec l'âge et pour chaque type de phrase considéré
(F3.74 = 16,64 S. à p < .0005). On peut noter qu'une différence
importante existe entre les enfants de 7;6 et de 9;7.
Pour les phrases coordonnées utilisées comme contrôle les
pourcentages de BR sont les suivants : CP : 61 % ; CEI : 72,5 % ;
CM1 : 90 % ; GM2 : 98 %.
L'examen du tableau I indique que les emboîtées en QUE
sont les plus difficiles à reproduire à tous les âges, puis viennent
ensuite les emboîtées en QUI jusqu'à 7;6, les 2 types de dérivées
ne se différencient pratiquement pas.
1) Reproduction des relatives emboîtées
et des relatives dérivées
Sur l'ensemble des groupes, les relatives emboîtées sont moins
bien reproduites que les dérivées à droite : (F^^ = 35,95 S. à
p < .0005). Toutefois l'analyse effectuée sur chacun des groupes
révèle que la différence diminue avec l'âge, dans le même temps
où l'homogénéité des sujets augmente pour cette différence.
Rappelons qu'un résultat analogue avait été observé en repro
duction immédiate, mais, ainsi que nous le verrons, les erreurs
ne sont pas imputables aux mêmes facteurs.
2) Reproduction des relatives en QUI
et des relatives en QUE
Sur l'ensemble des groupes, les relatives en QUI sont plus
faciles à reproduire que les relatives en QUE (F^u = 18,12 S.
à p < .0005). L'analyse effectuée sur chacun des groupes montre
que c'est chez les enfants les plus âgés que les relatives en QUI
sont significativement les plus faciles (CM1 : Fx_19 = 23,73 S.
à p< .0005 et en CM2 : Fx.19 = 7,17 S. à p < .01).
Notons qu'en reproduction immédiate, la différence pour les
2 types de relatives était maximale à 6;7, et tendait à disparaître
avec l'âge. Gomme on le voit, les résultats en reproduction différée 432 MÉMOIRES ORIGINAUX
sont différents du point de vue de l'évolution génétique. L'analyse
de l'interaction de ces deux facteurs emboîtées/dérivées et
QUI/QUE montre que celle-ci est significative pour tous les
groupes d'âge (sauf chez les plus jeunes). Nous verrons dans
la discussion comment peut être interprêtée une telle interaction.
3) Reproduction des relatives en QUE SN V
et en QUE V SN
Tableau II
Pourcentage de reproductions correctes des relatives en QUE
en fonction de la forme QUE SN V et QUE V SN
Dans ce tableau, seules les relatives en QUE respectant l'ordre
du modèle sont considérées comme BR.
Emboîtées Dérivées
QUE SN V QUE V SN SN V QUE V SN QUE
CP 25 12,5 (6;5) . 52,5 17,5
CEI 25 19,4 61,1 25 (7;6) .
CMl 42,5 47,5 70 45 (9;7) .
52,5 37,5 CM2 77,5 47,5
Sur l'ensemble des groupes, les relatives en QUE SN V sont
mieux reproduites que les relatives en QUE V SN (Fx_74 = 20,69 S.
à p < .0005). L'analyse réalisée sur chaque groupe d'âge montre
que cet effet est d'autant plus net que les enfants sont plus jeunes
(à l'exception du CMl où aucune différence n'existe). Sur l'e
nsemble des groupes, l'interaction de ce facteur ordre avec la
structure emboîtée ou dérivée est significative (Fx.74 = 10,36 S.
à p< .005). En d'autres termes, lés sujets respectent moins
l'ordre dans les relatives dérivées en QUE que dans les emboîtées
en QUE.
Toutefois, si l'on ne tient pas compte du respect de l'ordre
SN V ou V SN dans la réponse, les relatives en QUE SN V ne
sont que légèrement mieux reproduites que les relatives en QUE
V SN (Fi.74 = 5,05 S. .02 < p < .05), sur l'ensemble des groupes,
résultat par ailleurs confirmé dans l'analyse réalisée sur chaque
groupe, à l'exception du groupe 6;5 pour les emboîtées (cf.
tableau II bis). M. KAIL 433
Tableau II bis
Pourcentage de reproductions correctes
(sans respect de l'ordre V SN du modèle)
Emboîtées Dérivées
SN V QUE V SN SN V QUE V SN QUE QUE
32,5 17,5 GP 57,5 55 (6;5) .
CEI 33,3 30,6 69,7 66,6 (7;6) .
CMl 52,5 55 77,5 67,5 (9;7) .
72,5 55 CM2 87,5 75
La confrontation des tableaux II et II bis révèle 2 faits
intéressants :
— d'une part, l'ordre QUE SN V et QUE V SN ne semble pas
avoir d'effet majeur sur la « compréhension » des relatives
emboîtées et dérivées puisqu'un changement d'ordre dans la
réponse laisse penser que la relative a été correctement
décodée.
— d'autre part, que l'un des ordres (QUE SN V) est produit
beaucoup plus fréquemment que l'autre , il semble donc que
ce facteur intervienne plutôt au niveau des opérations de
reconstruction de la phrase présentée, qu'au niveau de l'ana
lyse des relations fonctionnelles entretenues par ses éléments.
Il est intéressant de rappeler ici qu'en reproduction immédiate,
nous n'avons jamais observé de changement d'ordre dans la
réponse du sujet.
Notre hypothèse de départ selon laquelle les phrases réver
sibles seraient plus faciles à reproduire que les non réversibles
ne semble pas entièrement vérifiée. Les résultats obtenus indi
quent que sur l'ensemble des groupes la différence n'est pas
significative. Toutefois, le facteur réversibilité semble être en
interaction avec les facteurs structuraux (emboîtement et forme
en QUE) puisque par exemple les emboîtées en QUE réversibles
sont toujours moins bien reproduites à tous les âges que les
emboîtées en QUE non réversibles.
Notons également que pour les autres types de relatives une
tendance existe au profit d'une plus grande facilité de repro
duction des phrases non réversibles, et ce à tous les âges. 434 MÉMOIRES ORIGINAUX
4) Reproduction des relatives réversibles (R)
et non réversibles (NR)
Tableau III
Pourcentage de reproductions correctes
pour les différentes relatives
en fonction de la réversibilité et de l'âge
QUI QUE
R NR % Gl. R NR % Gl.
Emboîtées
30 45 37,5 CP (6;5) 20 30 25
72,2 50 61,1 11,1 52,7 31,9
90 85 87,5 32,5 75 53,7 CM2 CMl CEI (11:1) (9;7) (7;6)
90 85 80 45 82,5 63,7
Dérivées
55 55 55 52,5 60 56,2
55,5 72,2 63,8 66,6 69,3 68 CM2 CMl CP CEI (11:1) (7;6) (9;7) (6;5) 85 80 75 62,5 82,5 72,5
80 85 82,5 72,5 90 86,2
II. — Analyse des erreurs par type de phrase
EN FONCTION DE L'ÂGE
Trois types d'erreurs sont à mentionner :
a) Omissions de QUE :
Les omissions les plus « primitives » qui consistent à omettre
le pronom relatif QUE tout en conservant l'ordre des éléments
lexicaux tel quel (ex. : le bébé que lave la maman jette le
savon -> le bébé lave la maman jette le savon) sont beaucoup
moins fréquentes qu'en reproduction immédiate et disparaissent
pratiquement dès l'âge de 7;6. En revanche apparaît une nouvelle
forme de réponse dans laquelle le morphème QUE est également
omis, mais qui indique que l'enfant a dégagé correctement une
et souvent les deux phrases sous-jacentes : (ex. : la maman lave
le bébé ; le bébé jette le savon). Cette très intéressante catégorie
de réponse pose la question de savoir pourquoi, dans ces condi
tions, l'enfant ne parvient pas à reproduire exactement la phrase
modèle. Deux hypothèses peuvent être invoquées :
— ou bien la trace mnémonique des caractéristiques formelles
du modèle a disparu, l'enfant traduisant alors sous la forme
syntaxique la plus simple ce qu'il a compris ;

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