Etude génétique de Vintégration temporelle de lettres en mots - article ; n°2 ; vol.76, pg 417-427

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L'année psychologique - Année 1976 - Volume 76 - Numéro 2 - Pages 417-427
Summary
Temporal and visual integration of successively presented letters into words of 4, 5 and 6 letters and of two degrees of familiarity was studied in children aged 7, 9 and 11 years. The children had to pronounce the word which corresponded to the sequence of letters. The verbal response was given either immediately or after a delay of 10 sec during which a colour naming task was interpolated. Performance improved with age, and at 11 years, children easily completed the task both with and without delay. The performance of children aged 7 and 9 years, however, was affected by the delay. Success in this task may be related to reading ability.
Résumé
Etude génétique (7, 9 et 11 ans) de l'intégration temporelle visuelle des lettres en mots (4, 5 et 6 lettres) en utilisant deux degrés de familiarité ; l'enfant doit énoncer le mot qui correspond à la synthèse des lettres présentées l'une après l'autre. Les réponses d'intégration sont données soit immédiatement soit après un délai de 10 s.
On constate une amélioration de la réussite avec l'âge. A 11 ans, les enfants réussissent sans difficulté la tâche.
Par contre, on constate la fragilité des réponses élaborées à 7 et à 9 ans car elles résistent mal à l'interférence de la tâche effectuée pendant le délai de 10 s (dénomination de pastilles colorées). Les enfants de 11 ans réussissent aussi bien avec et sans délai.
L'analyse des mécanismes impliqués dans cette tâche permet d'envisager une relation avec la maîtrise de la lecture.
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1976
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Geneviève Oléron
Monsieur Jacques Blanc
Etude génétique de Vintégration temporelle de lettres en mots
In: L'année psychologique. 1976 vol. 76, n°2. pp. 417-427.
Abstract
Summary
Temporal and visual integration of successively presented letters into words of 4, 5 and 6 letters and of two degrees of familiarity
was studied in children aged 7, 9 and 11 years. The children had to pronounce the word which corresponded to the sequence of
letters. The verbal response was given either immediately or after a delay of 10 sec during which a colour naming task was
interpolated. Performance improved with age, and at 11 years, children easily completed the task both with and without delay.
The performance of children aged 7 and 9 years, however, was affected by the delay. Success in this task may be related to
reading ability.
Résumé
Etude génétique (7, 9 et 11 ans) de l'intégration temporelle visuelle des lettres en mots (4, 5 et 6 lettres) en utilisant deux degrés
de familiarité ; l'enfant doit énoncer le mot qui correspond à la synthèse des lettres présentées l'une après l'autre. Les réponses
d'intégration sont données soit immédiatement soit après un délai de 10 s.
On constate une amélioration de la réussite avec l'âge. A 11 ans, les enfants réussissent sans difficulté la tâche.
Par contre, on constate la fragilité des réponses élaborées à 7 et à 9 ans car elles résistent mal à l'interférence de la tâche
effectuée pendant le délai de 10 s (dénomination de pastilles colorées). Les enfants de 11 ans réussissent aussi bien avec et
sans délai.
L'analyse des mécanismes impliqués dans cette tâche permet d'envisager une relation avec la maîtrise de la lecture.
Citer ce document / Cite this document :
Oléron Geneviève, Blanc Jacques. Etude génétique de Vintégration temporelle de lettres en mots. In: L'année psychologique.
1976 vol. 76, n°2. pp. 417-427.
doi : 10.3406/psy.1976.28153
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1976_num_76_2_28153Année psychol.
1976, 76, 417-428
Laboratoire de Psychologie expérimentale et comparée1
associé au C.N.R.S.
Université René-Descartes el E.P.H.E., 3e section
ÉTUDE GÉNÉTIQUE
DE L'INTÉGRATION TEMPORELLE
DE LETTRES EN MOTS :
ACCESSIBILITÉ ET RÉPONSES DIFFÉRÉES
par Geneviève Oléron et Jean-Jacques Blanc
SUMMARY
Temporal and visual integration of successively presented letters into
words of 4, 5 and 6 letters and of two degrees of familiarity was studied in
children aged 7, 9 and 11 years. The children had to pronounce the word
which corresponded to the sequence of letters. The verbal response was
given either immediately or after a delay of 10 sec during which a colour
naming task was interpolated. Performance improved with age, and at
11 years, children easily completed the task both with and without delay.
The performance of children aged 7 and 9 years, however, was affected
by the delay. Success in this task may be related to reading ability.
Nous recherchons la relation qui existe entre l'acquisition
de la maîtrise de l'intégration temporelle et visuelle de lettres
en mots (ITVL) et le développement de l'enfant.
La tâche (ITVL) consiste à appréhender l'une après l'autre
les lettres d'un mot présentées visuellement dans leur ordre
naturel et à trouver ce mot après coup. Cette tâche exige de
l'individu qu'il découvre le mot en développant certaines acti
vités perceptives, cognitives, sensori-motrices, articulatoires. Il
doit : a) identifier chaque lettre, avec évocation implicite ou
non de la réponse phonétique correspondante ; b) maintenir
1. 28, rue Serpente, 75006 Paris.
A. PSYCHOL. 76 3 MÉMOIRES ORIGINAUX 418
la représentation graphique (système récepteur) ou la repré
sentation phonétique de chaque lettre (système effecteur) ;
c) intégrer progressivement les lettres entre elles pour constituer
une syllabe qui devient alors une autre réponse phonétique
distincte des réponses préalables ; d) maintenir, pendant
l'arrivée progressive des lettres, ces ébauches ou ces représen
tations des réponses correspondant aux syllabes ; e) à partir de
la première syllabe, induire la réactivation de structures phoné
tiques et permettre la découverte du mot avant même que
la série des lettres soit totalement présentée.
La lecture implique des activités comparables bien que la
présentation simultanée de la série des lettres modifie la manière
dont l'information est sélectionnée par le sujet. Nous faisons
l'hypothèse, confirmée par des recherches antérieures, que cette
sélection globale de structures de lettres n'intervient qu'à
un certain niveau de maîtrise de la lecture. Les débuts de la
lecture comportent cet appariement progressif de chaque lettre
d'un mot à un phonème, ou d'un groupe de lettres à un pho
nème. La réponse orale correspondant au mot s'élabore pro
gressivement. La difficulté rencontrée au début de la lecture
est de coordonner la prise de l'information partielle avec sa
structuration plus complexe en syllabes.
Nous avons pu montrer chez l'adulte que la vocalisation
explicite de chaque lettre ne nuit pas à la réussite dans l'int
égration mnémonique (Oléron et Nosjean, 1972). La tâche (ITVL)
souligne en l'isolant l'importance de l'activité mnémonique qui
intervient aussi dans le processus de lecture.
On a montré par ailleurs que la lecture de mots isolés dépend
des caractéristiques mêmes du mot, la longueur (nombre de
lettres), la redondance intra-mot, la familiarité, la prononciat
ion, etc. (Gibson et Levin, 1975).
Dans cette étude nous ne retiendrons que deux de ces variables
en essayant de rendre aussi homogène que possible la difficulté
de prononciation entre les mots ; et par ce biais la redondance
intra-mot; Lefton, Spragins, Byrnes (1973) montrent qu'il y a
un effet très significatif de l'âge dans la découverte d'une lettre
appartenant à un mot en fonction de l'ordre de dépendance des
lettres entre elles ou des probabilités de transition pour une
séquence de lettres. L'enfant de 11 ans maîtrise aussi bien que
l'adulte cette tâche de découverte d'une lettre manquante d'un
mot à partir des autres lettres. Ceci nous conduit à faire l'hypo- G. OLÉRON ET J.-J. BLANC 419
thèse qu'à cet âge également il doit y avoir une performance très
élevée à la tâche (ITVL). On peut considérer que l'activité
hypothétique « d'inférence » proposée par Smith et Haviland
(1972) sera plus spécialement développée dans la tâche (ITVL)
que dans la lecture. Par contre, la prise d'information par bloc
de lettres se trouve éliminée (processus dit « d'unitisation »).
Comme il est souligné au début de l'introduction, nous nous
référons à un schéma des mécanismes de l'activité mnémonique
qui la considère comme au confluent, d'une part, des activités
perceptives et cognitives de réception de l'information (identi
fication) et, d'autre part, de la réactivation des structures de
réponses correspondantes qui mobilisent tous les schemes du
système effecteur et les maintient en éveil. Nous parlerons dans
cette perspective de l'accessibilité des schemes de réponse. Nous
expliciterons le concept emprunté à la conception théorique de
Tulving et Pearlstone (1966) qui ne précisent pas comment se
produit cette modification de l'accessibilité. Notre perspective
est en accord avec les schémas de Simon et Simon (1973) à
propos des processus possibles qui peuvent générer l'épellation
et nous entendons souligner l'importance de la mobilisation
des réponses verbales.
La modification de l'accessibilité des réponses orales corre
spondant aux stimulus littéraux sera manipulée de deux manières.
D'une part, nous choisissons des mots appartenant tous au
lexique des enfants les plus jeunes et extraits de deux ensembles :
les uns sont très familiers au sujet, les réponses sont donc plus
disponibles et d'une accessibilité plus durable, les autres sont
moins familiers, donc d'un degré d'accessibilité moindre. Plu
sieurs recherches ont souligné l'importance de ce facteur :
Fraisse, Blancheteau (1963), Miller, Bruner, Postman (1954),
Rosenzweig, Postman (1958). D'autre part, nous modifions
l'accessibilité de ces mots familiers par une lecture, préalable
à l'expérience. Nous avons montré (Oléron, Charles, 1971)
l'importance de cette connaissance préalable dans une épreuve
d'intégration mnémonique. Cet effet a également été mis en
évidence par Fraisse (1963) dans une épreuve de reconnaissance
tachistoscopique. L'accessibilité des mots aura donc deux modal
ités : l'une de haut niveau qui correspond aux mots familiers,
lus immédiatement avant l'expérience (réponses très accessibles),
et l'autre qui correspond aux mots peu familiers, non lus (réponses
peu accessibles mais cependant connues des enfants). MÉMOIRES ORIGINAUX 420
Nous avons choisi, pour mettre plus clairement en évidence
le rôle de l'accessibilité, de demander aux sujets de donner les
réponses soit immédiatement, soit après un délai de 10 s occupé
par une tâche de dénomination de couleurs.
Nous pouvons alors brièvement énumérer nos principales
hypothèses :
1. En tenant compte de la difficulté de la tâche par référence
aux résultats chez les adultes, nous faisons l'hypothèse que
la réussite va croître dans toutes les conditions avec les trois
niveaux d'âge choisis (7 ans, 9 ans, 11 ans) ;
2. Au point de vue de la difficulté de la réception nous faisons
l'hypothèse que plus les mots auront de lettres plus la tâche
sera difficile et cela dans toutes les conditions (mots de 4, 5 et
6 lettres), sauf pour les enfants de 11 ans.
3. Du point de vue de l'efïection et de l'émission des réponses
nous faisons l'hypothèse que plus l'accessibilité est forte et
plus les réponses seront exactes d'une part, et plus elles
résisteront à la tâche d'interférence au cours du délai d'autre
part.
Nous ne pouvons a priori faire d'hypothèse sur les interac
tions entre ces différents facteurs de variation.
TECHNIQUE DE L'EXPÉRIENCE
LA TACHE ET SON DISPOSITIF
Un programmateur temporel à bande perforée peut faire apparaître
une à une, et toujours au même endroit les lettres majuscules sur un
voyant. Ces lettres se succèdent avec un intervalle de 550 ms et demeur
ent visibles pendant 450 ms.
La tâche du sujet consiste à regarder attentivement chaque série
de 4, 5 ou 6 lettres présentées après un signal « X », qui sert à éveiller
son attention, et qui survient 2 s avant l'apparition de la première
lettre. Un signal rouge à la fin de la série est le signal d'énonciation du
mot ; ce intervient, dans le cas où il n'y a pas de délai (Do),
450 ms après la dernière lettre et 10 s après celle-ci dans le cas du
délai (D10).
Dans la situation normale, dite sans délai (Do), le sujet voit les
lettres puis énonce le mot. Dans la situation avec délai (D10), l'expér
imentateur demande à l'enfant de ne pas dire le mot tout de suite après
la présentation des lettres, mais seulement lorsque apparaît le signal G. OLÉRON ET J.-J. BLANC 421
rouge. Pendant ce délai l'expérimentateur présente à l'enfant un carton
où sont collées des pastilles de couleur que l'enfant doit dénommer
le plus vite possible.
Le sujet a été entraîné par une autre épreuve préliminaire à
dénommer les lettres (majuscules) sur le voyant et on s'est assuré
ainsi qu'il peut les reconnaître sans erreur.
ORGANISATION DE L'EXPERIENCE
Familiarisation avec la lâche
Le sujet est familiarisé avec la tâche à l'aide d'un jeu de cartes
présentées successivement par l'expérimentateur. Ces cartes comportent
les différentes lettres d'un mot, C, I, M, B par exemple, puis le mot
lui-même « CIME ». L'expérimentateur s'assure ainsi que l'enfant a
bien compris la tâche.
Expérience proprement dite
Chaque sujet passe par les deux conditions sans délai Do et avec
délai D10 et toujours dans le même ordre : Do puis D10. Dans chaque
condition le sujet doit découvrir successivement 3 mots de 4 lettres,
3 mots de 5 lettres et 3 mots de 6 lettres.
Il y a un contrebalancement entre les sujets pour que tous les mots
soient vus autant de fois en condition Do et en condition D10. Le même
mot n'apparaît qu'une fois pour un même sujet.
Les mots
II a été constitué quatre listes comprenant successivement dans des
ordres différents, pour la condition Do, 3 mots de 4 lettres, puis 3 de
5 lettres et enfin 3 de 6 lettres et la même organisation des séries de
3 mots de 4, 5 et 6 lettres pour la condition avec le délai D10.
Ces mots ont été choisis pour être aisément prononçables par les
enfants et se terminent tous par un e. Tous les mots de 4 lettres ont deux
syllabes et sont de la forme CVCV. Les mots de 5 lettres sauf deux sont
constitués de deux syllabes de la forme CCVCV ou CVCCV ; les deux
autres mots (un dans chaque condition) ont trois syllabes et sont de la
forme VCVCV. Les mots de 6 lettres sauf deux sont de la forme CVCVCV
et ont tous trois syllabes.
Ces mots sont pour moitié des mots très familiers pour les enfants
et pour moitié des mots peu familiers. Ils appartiennent tous au réper
toire lexical des enfants de 7 ans. Le degré de familiarité a été établi
par une épreuve préliminaire.
Comme il a été prévu pour renforcer l'accessibilité des réponses
vocales, les mots familiers sont présentés un à un, parmi d'autres mots
non utilisés dans l'expérience, sur des cartons et l'enfant doit énoncer 422 MÉMOIRES ORIGINAUX
l'un après l'autre chacun des mots. Cette familiarisation avec les mots
a lieu avant l'expérience proprement dite.
Voici quelques exemples des mots accessibles (A) et moins acces
sibles (Ä) à découvrir.
Nombre de lettres
4 5 6 Accessibilité
A lune table visage
Ä bise crise limace
Les sujets1
II y a 20 enfants, dans chacune des trois classes d'âge : 7 ans ± 4 mois,
9 ans ± 4 mois, 11 ans ± 4 mois.
Les données expérimentales
Pour chaque sujet on a décompté, dans chaque condition expéri
mentale et pour chaque catégorie de mots, le nombre des énoncés exacts.
Ces données ont été traitées par l'analyse de variance.
RÉSULTATS
I. — Effets des principaux facteurs
L'âge, la condition d'énonciation avec ou sans délai et les
caractéristiques formelle et fonctionnelle des mots ont tous des
effets significatifs.
1. On constate un accroissement de la performance avec
l'âge : la note moyenne est de 1,87 à 7 ans, de 2,37 à 9 ans et de
2,77 à 11 ans. Ce résultat est très significatif (F = 41,24, d.i. 2-57,
p < .0005).
2. Influence du délai : ce facteur est aussi statistiquement
significatif. Il y a moins de réponses avec le délai que sans :
2,14 contre 2,53 (F = 62,86, d.i. 1-5, p < .0001).
3. Les caractéristiques des mots :
a) Influence du nombre de lettres : on trouve que la performance
est d'autant meilleure que le nombre de lettres est moins
grand : 2,20 pour les mots de 6 lettres, 2,35 pour 5 lettres
1. Nous remercions M. le Directeur et les enseignants de l'école J. -Jaurès
à Clichy pour leur aimable collaboration. G. OLÉRON ET J.-J. BLANC 423
et 2,46 pour les mots de 4 lettres (F = 10,77, d.i. 2-57,
p < .005).
b) Influence du facteur accessibilité : son effet est significatif,
en effet quand les mots sont connus à l'avance la valeur
moyenne est de 2,64 et elle n'est que de 2,03 en l'absence de
cette connaissance (F = 193,44, d.i. 1-57, p< .0001).
Cependant ces résultats doivent être précisés ; en effet il y a
des interactions significatives entre ces facteurs principaux et le
facteur âge.
II. — Analyse des facteurs principaux
ET DE LEURS INTERACTIONS
EN FONCTION DE L'AGE
La figure 1 permet la représentation détaillée des perfor
mances par âge en tenant compte des trois facteurs principaux.
Cette figure met clairement en évidence des effets différents des
facteurs de variation selon les âges.
A) Etude des facteurs principaux
a) Influence du nombre de lettres. — Le résultat n'est signi
ficatif qu'à l'âge de 9 ans. Pour les autres âges les tendances qui
vont dans le même sens ne sont pas significatives. Ce résultat
sera précisé par l'étude des interactions conditionnées. On peut
dire néanmoins que lorsque la tâche est difficile, à 7 ans, l'échec
tend seulement à être plus fort pour 6 lettres et quand la tâche
est trop facile il n'y a plus de différence entre les résultats pour 4,
5 ou 6 lettres (cas des mots familiers, connus et sans délai).
b) Influence du facteur accessibilité. — Pour chacun des
âges ce facteur est significatif, même pour les enfants de 11 ans
pour lesquels la tâche est facile. Ils réussissent d'autant mieux
que les mots ont été lus préalablement. On peut dire que la
facilitation due à l'accessibilité est d'autant plus grande que le
niveau de la performance est plus faible. A 7 ans l'écart des
performances avec et sans connaissance préalable est de 1,01
(F = 189,51, d.i. 2-19, p < .0005), à 9 ans de 0,57 (F = 37,61,
d.i. 2-19, p < .0005), à 11 ans de 0,27 (F = 20,79, d.i. 2-19,
p < .0005).
On constate avec évidence sur ces courbes que, pour tous les
âges, le facteur d'accessibilité a un effet significatif, quelles que
soient les conditions de délai (avec ou sans) et même à 11 ans. MÉMOIRES ORIGINAUX 424
Nombre moyen de
réussites individuelles
Nombre de
lettres
..... Accessible A O san« délai
— — Non A • avec
Fig. 1. ■ — ■ Réussites individuelles
en fonction de l'âge et du nombre de lettres
Pour chaque âge, 7 ans, 9 ans, 11 ans, on a établi les courbes à partir du
nombre moyen des réussites individuelles, dans chacune des quatre condi
tions expérimentales, en fonction du nombre des lettres à intégrer en un mot.
Le croisement des deux facteurs accessibilité (sans irait plein et avec trait
pointillé) et délai (sans délai : rond vide ; avec délai : rond plein) fournit
ces quatre conditions.
La faible différence constatée est significative en raison de la
faible variation des résultats individuels.
c) Influence du délai. — ■ L'effet du délai est significatif pour
les enfants de 7 ans; l'écart est de 0,50 (F = 22,21, d.i. 2-19,
p <C .0005). De même à 9 ans les enfants réussissent mieux sans
délai qu'avec délai : l'écart est de 0,59 (F = 51,15, d.i. 2-19,
p < .0005). Par contre, à 11 ans le délai n'a aucune influence
lorsque le sujet a découvert la bonne réponse que la tâche
interférente ne parvient pas à détruire. Ce résultat est intéressant
car il montre bien que la solidité de la réponse orale issue de
l'intégration mnémonique des lettres n'est pas la même à 11 ans
et à 9 ans. On peut faire l'hypothèse que plus la rapidité de est grande, plus grande est l'anticipation de la G. OLÉRON ET J.-J. BLANC 425
réponse. Dans ces conditions l'enfant de 11 ans peut consolider
sa réponse avant l'introduction de la tâche interférente. De plus,
il maîtrise davantage la langue.
B) Etude des interactions simples
Une interaction simple entre deux facteurs principaux n'est
significative que pour l'âge de 9 ans : il s'agit de l'interaction
entre l'accessibilité et le délai. L'écart entre les courbes poin-
tillées est plus faible que l'écart entre les courbes pleines à cet
âge (fig. 1). Autrement dit, l'introduction du délai perturbe
plus la réussite quand les réponses sont moins accessibles. Pour
7 ans la tâche est trop difficile et pour 11 ans trop facile pour
que l'interaction soit sensible.
C) Etude des interactions conditionnées
Pour préciser ces résultats, nous avons étudié les interactions
conditionnées de deux facteurs par rapport à un troisième, selon
l'une ou l'autre de ses modalités de variation. Nous ne pouvons
retenir ici que les résultats principaux.
a) Si nous examinons l'interaction entre le facteur access
ibilité et le croisement des facteurs nombre de lettres et délai,
nous constatons qu'elle est significative. Ceci nous conduit à une
décomposition à deux niveaux l'un sans accessibilité (Ä) et
l'autre avec accessibilité (A), c'est-à-dire à ne tenir compte
d'une part que des courbes en pointillés et de l'autre que des
courbes en traits pleins.
A 7 ans les écarts entre les courbes en pointillés et en traits
pleins doivent être considérés comme constants. Il en est de
même à 9 ans et à 11 ans. La grande dispersion des effectifs
de réponse chez les enfants de 7 ans explique ces résultats.
b) Si nous considérons de la même façon l'interaction entre
le facteur délai et le croisement des facteurs nombre de lettres
et accessibilité, nous constatons pour chacun des délais, en
comparant deux à deux les courbes avec des points pleins d'une
part et les courbes avec des points vides d'autre part, que celles-ci
peuvent être considérées comme parallèles à 7 ans et à 11 ans.
En prenant un seuil à p = .10, on peut considérer que ces
courbes ne sont plus parallèles à 9 ans. Ceci veut donc dire que
l'effet de l'interaction des facteurs n'est pas le même quand il
y a un délai ou quand il n'y en a pas. On retrouve ainsi que la

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