Etudes des relations entre l'ordre d'énonciation des objets, la disposition spatiale du modèle et l'organisation spatio-temporelle du dessin de copie d'actions simples - article ; n°1 ; vol.92, pg 29-43

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L'année psychologique - Année 1992 - Volume 92 - Numéro 1 - Pages 29-43
Summary : Relationships between objects enunciation order, the model's spatial setting and organization in space and time of drawings rep-resenting elementars actions.
This study concerns the relationship between the order of enunciation of objects involved in an action (passive or active form) and the temporal organization of drawings representing this action.
Children of CE2 and CM2 levels had to copy drawings with a model. The results show :
1) an influence of the order of enunciation but less regular than that observed in previous studies in which the drawing had to be imagined ;
2) a left to right shemata is the principal factor : the object at the left in the model is drawn first independently of its function (agent or patient). The syntactic form and the spatial disposition of the objets in the models appear to be only secondary factors ;
3) an experiment shows that this schemata is probably dependent on scholastic practices in representing graphics.
Key words : figurative thinking, temporal organization of drawings, left to right schemata.
Ce travail reprend la question, abordée dans deux recherches précédentes, de l'influence de l'ordre d'énonciation des objets lié à la syntaxe active ou passive, employée pour énoncer une action, sur l'organisation temporelle de la conduite de dessin de cette action. Une situation de copie de dessins-modèles est ici utilisée avec des enfants scolarisés en CE2 et CM2, ces résultats montrent :
1) que l'influence de l'ordre d'énonciation continue à s'exercer mais qu'elle
est moins régulière que dans les situations déjà étudiées où le dessin
doit être imaginé ;
2) un schème gauche —> droite consistant à commencer le dessin par l'objet
placé à gauche dans le modèle, quel que soit par ailleurs la fonction de
cet objet (actant ou patient) s'est avéré être le facteur dominant et rend
compte de l'essentiel des résultats. La forme syntaxique et la disposition
spatiale des objets dans les dessins-modèles n'interviennent qu'au titre
de facteurs subordonnés au précédent ;
3) une deuxième expérience montre que ce schème est vraisemblablement lié aux habitudes scolaires concernant le traitement et l'élaboration des graphismes.
Mots clés : pensée figurative, organisation temporelle des dessins, schème gauche-droite.

15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1992
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César Florès
Annie Magnan
Etudes des relations entre l'ordre d'énonciation des objets, la
disposition spatiale du modèle et l'organisation spatio-temporelle
du dessin de copie d'actions simples
In: L'année psychologique. 1992 vol. 92, n°1. pp. 29-43.
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Florès César, Magnan Annie. Etudes des relations entre l'ordre d'énonciation des objets, la disposition spatiale du modèle et
l'organisation spatio-temporelle du dessin de copie d'actions simples. In: L'année psychologique. 1992 vol. 92, n°1. pp. 29-43.
doi : 10.3406/psy.1992.29487
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1992_num_92_1_29487Abstract
Summary : Relationships between objects enunciation order, the model's spatial setting and
organization in space and time of drawings rep-resenting elementars actions.
This study concerns the relationship between the order of enunciation of objects involved in an action
(passive or active form) and the temporal organization of drawings representing this action.
Children of CE2 and CM2 levels had to copy drawings with a model. The results show :
1) an influence of the order of enunciation but less regular than that observed in previous studies in
which the drawing had to be imagined ;
2) a left to right shemata is the principal factor : the object at the left in the model is drawn first
independently of its function (agent or patient). The syntactic form and the spatial disposition of the
objets in the models appear to be only secondary factors ;
3) an experiment shows that this schemata is probably dependent on scholastic practices in
representing graphics.
Key words : figurative thinking, temporal organization of drawings, left to right schemata.
Résumé
Ce travail reprend la question, abordée dans deux recherches précédentes, de l'influence de l'ordre
d'énonciation des objets lié à la syntaxe active ou passive, employée pour énoncer une action, sur
l'organisation temporelle de la conduite de dessin de cette action. Une situation de copie de dessins-
modèles est ici utilisée avec des enfants scolarisés en CE2 et CM2, ces résultats montrent :
1) que l'influence de l'ordre d'énonciation continue à s'exercer mais qu'elle
est moins régulière que dans les situations déjà étudiées où le dessin
doit être imaginé ;
2) un schème gauche —> droite consistant à commencer le dessin par l'objet
placé à gauche dans le modèle, quel que soit par ailleurs la fonction de
cet objet (actant ou patient) s'est avéré être le facteur dominant et rend
compte de l'essentiel des résultats. La forme syntaxique et la disposition
spatiale des objets dans les dessins-modèles n'interviennent qu'au titre
de facteurs subordonnés au précédent ;
3) une deuxième expérience montre que ce schème est vraisemblablement lié aux habitudes scolaires
concernant le traitement et l'élaboration des graphismes.
Mots clés : pensée figurative, organisation temporelle des dessins, schème gauche-droite.L'Année Psychologique, 1992, 92, 29-43
Laboratoire de Psychologie expérimentale et comparée
Université de Nice-Sophia-Antipolis1
ÉTUDES DES RELATIONS
ENTRE L'ORDRE D'ÉNONCIATION DES OBJETS,
LA DISPOSITION SPATIALE DU MODÈLE
ET L'ORGANISATION SPATIO-TEMPORELLE
DU DESSIN DE COPIE D'ACTIONS SIMPLES
par César Florès et Annie Magnan2
SUMMARY : Relationships between objects enunciation order, the model's
spatial setting and organization in space and time of drawings rep
resenting elementars actions.
This study concerns the relationship between the order of enunciation
of objects involved in an action (passive or active form) and the temporal
organization of drawings representing this action.
Children of CE2 and CM2 levels had to copy drawings with a model.
The results show :
1) an influence of the order of enunciation but less regular than that
observed in previous studies in which the drawing had to be imagined ;
2) a left to right shemata is the principal factor : the object at the left in
the model is drawn first independently of its function (agent or patient) .
The syntactic form and the spatial disposition of the objets in the models
appear to be only secondary factors ;
3) an experiment shows that this schemata is probably dependent on
scholastic practices in representing graphics.
Key words : figurative thinking, temporal organization of drawings,
left to right schemata.
1. 98, bd. Edouard-Herriot, bp 369,06007 Nice Cedex.
2. Nous remercions le directeur et les enseignants de l'Ecole Siméon-
Fabre (Sainte-Maxime) pour leur active participation à ce travail. 30 César Florès et Annie Magnan
INTRODUCTION
L'acte qui consiste à dessiner un objet concret ou une compos
ition d'objets a un début et une fin, c'est-à-dire une organisation
temporelle qui est susceptible de nous donner quelques informa
tions sur les mécanismes d'une forme de pensée que certains
spécialistes des sciences de l'art (notamment Francastel, 1967)
ont appelé figurative mais qu'il serait probablement plus juste
de qualifier de figuratrice dans la mesure où il s'agit de processus
actifs qui interviennent toute tentative de représentation
figurale.
Les données expérimentales sur la question ne sont pas nomb
reuses. Philippe Wallon (1990) fait justement remarquer que si
le « dessin-image » a donné lieu à une bibliographie considérable,
le « dessin-activité » n'a pas souvent intéressé les chercheurs.
Les travaux réalisés concernent essentiellement l'exécution d'une
figure simple — cercle, spirale — (Zazzo, 1950, Bender, 1957,
Lurçat, 1974) ou complexe (Osterrieth, 1944), ou encore le
dessin d'un personnage (Goodnow, 1977) ou d'un animal (Wallon,
op. cit.). Avec des méthodes diverses ont été notamment étudiés
la direction du geste, la segmentation de l'activité graphique,
l'ordre des traits, la succession des parties (tête, bras, tronc,
jambes), l'évolution du trait de contour, etc. La perspective dans
laquelle nous nous plaçons relève d'un autre niveau d'analyse.
Il ne s'agit plus d'étudier comment l'enfant procède pour dessiner
un objet, mais l'organisation temporelle qu'il imprime à sa
conduite lorsqu'il représente par le dessin une « scène » simple,
décrite verbalement et nécessitant au moins deux objets : l 'élude
porte alors sur l'ordre dans lequel les objets sont dessinés l'un après
l'autre et non sur l'ordre des traits pour dessiner chaque objet. Les
rapports langage-dessin se trouvant impliqués, il a paru pertinent
de commencer la recherche en mettant en relation l'organisation
temporelle de l'acte de dessiner avec certains des aspects les
mieux étudiés de l'organisation temporelle du langage en faisant
l'hypothèse que la première peut être sensible à l'influence de
la seconde.
C'est ainsi que deux travaux précédents (Florès, 1985 ; Florès
et Campagnola, 1987) procédèrent à l'étude des relations entre
l'ordre dans lequel une action à deux objets (un adant et un
patient) était dessinée par des enfants et l'ordre d'énonciation Ordre dénonciation et organisation du dessin 31
de ces objets inhérent à la forme syntaxique choisie, active ou
passive, pour indiquer l'action à reproduire graphiquement. Dans
ces travaux deux catégories d'actions furent utilisées : des actions
réversibles (AR) dans lesquelles chacun des deux objets peut
remplir les fonctions d'actant et de patient telle que « le chat
attaque le chien », et des actions non réversibles (ANR) n'auto
risant pas cette inversion telle que « la voiture cogne l'arbre ».
Les résultats obtenus dans les deux recherches mentionnées
coïncident pour montrer que l'ordre d'énonciation des objets
influence effectivement l'organisation temporelle du dessin quels
que soient l'âge des sujets et la réversibilité ou non réversibilité
de l'action à dessiner. Autrement dit, Yactant est plus probable
ment dessiné en premier avec la forme active (ordre actant-
patient) et le patient l'est à son tour avec la forme passive (ordre
patient-actant).
Une influence de cette nature a ses propres limites que l'on
connaît mal. Les unes sont inhérentes à la nature des actions :
ainsi les dessins d'ANR se sont avérés moins sensibles à l'ordre
d'énonciation que ceux des AR. Les autres à la singularité des
actions dont certaines favorisent de façon persistante l'un des
termes en présence quelle que soit, par ailleurs la forme syn
taxique. D'autres encore tiennent à l'oubli de la syntaxe : en
situation de dessin différé de 24 heures (op. cit., 1987), et en
conformité avec ce que suggèrent certaines conclusions d'une
expérience de Florès d'Arçais (1974), la syntaxe passive étant
sujette à l'oubli, le dessin réalisé dans l'ordre actant-patient
devient, dans ce cas et après ce délai, plus fréquent que celui
dont l'élaboration commence par le patient.
Dans cette perspective, il nous a paru intéressant d'examiner
une situation expérimentale où le sujet n'a plus à « imaginer » un
dessin à partir d'une consigne verbale, mais seulement à le repro
duire par un acte de copie, le langage n'intervenant maintenant
qu'au titre de commentaire précisant la signification du modèle
proposé. Cette situation diffère donc de celle employée dans les
travaux antérieurs, par l'introduction d'un dessin-modèle dans
lequel chacun des deux objets, actant et patient, est positionné
relativement à l'autre. Cette disposition spatiale (DS) peut avoir
un effet sur l'organisation de la conduite de dessin laquelle sera
alors envisagée aussi bien sous son aspect temporel que spatial.
La question posée devient donc la suivante : l'organisation
spatio-temporelle de la conduite de dessin de sujets placés en César Florès ei Annie Magnan 32
situation de copie d'un modèle graphique à deux objets sera-t-elle
plutôt influencée par l'ordre d'énonciation des ou plutôt
par leur disposition spatiale (DS) dans le modèle proposé ou par
l'un et l'autre à la fois et de quelle manière ?
Enfin, s'agissant d'une activité de copie d'un modèle, le sujet
est placé dans une situation proche de certaines situations sco
laires qui lui permettent d'acquérir les habitudes d'élaboration
de graphismes. De telles habitudes, et particulièrement celles
responsables du tracé de l'écriture, et à propos desquelles nous
parlerons plus loin de « scheme gauche -> droite », sont suscept
ibles de jouer un rôle dans cette expérience, comme ce fut le
cas dans des travaux antérieurs portant sur des conduites gra
phiques (Behkiche, 1989). Il convient donc d'analyser les résultats
sous cet angle afin d'étudier leurs effets possibles.
EXPÉRIENCE 1
MATERIEL
II est composé de 8 phrases exprimant des actions simples énoncées à
la forme active et à la forme passive selon les conditions de l'expérience :
— 4 actions sont réversibles (AR) :
— le chat attaque le chien,
— le camion dépasse la moto,
— le poisson rouge mange le poisson vert,
— le garçon pousse la fille ;
— 4 actions sont non réversibles (ANR) :
— la dame regarde la maison,
— la voiture cogne l'arbre,
— l'oiseau trouve la fleur,
— le ballon renverse la bouteille.
A chacune de ces 8 phrases correspond un dessin-modèle. Pour
obtenir ces dessins on a demandé à 25 enfants de ce2 et à autant de cm2
de dessiner les actions. Parmi ces dessins a été choisi pour servir de
modèle relatif à chaque action, celui qui a été jugé à la fois le plus simple
et le plus expressif. Puis un sondage a été fait afin de s'assurer que l'un
des objets de chaque dessin-modèle, l'actant ou le patient, n'était pas
dessiné systématiquement en premier.
La permutation spatiale des deux objets dans les localisations gauche
et droite du modèle engendre deux dessins pour chaque action : Ordre dénonciation et organisation du dessin 33
— l'un avec l'actant placé à gauche et le patient à droite : disposition
spatiale Actant-Patient désignées : DS A-P ;
— l'autre, en miroir, avec le patient placé à gauche et l'actant à droite :
disposition spatiale Patient-Actant désignée : DS P-A.
Les deux modalités d'actions réversible et non réversible, les deux
dispositions spatiales et les deux formes syntaxiques conduisirent à
huit combinaisons différentes de ces trois facteurs ce qui permet de
construire une première liste type dans laquelle chacune des huit phrases
n'apparaît qu'une seule fois :
AR x DS A-P x Active Le poisson rouge mange le poisson vert
ANR x DS P-A x la voiture cogne l'arbre
AR x DS P-A x Passive le chat est attaqué par le chien
ANR x DS A-P x Active la dame regarde la maison x DS P-A x Passive La fleur est trouvée par l'oiseau
AR x DS A-P x la fille est poussée par le garçon
AR x DS P-A x Active le camion suit la moto
ANR x DS A-P x Passive la bouteille est renversée par le ballon
Puis à partir de cette première liste trois autres listes furent cons
truites : a) en faisant varier seulement la disposition spatiale : DS P-A
au lieu de DS A-P et vice versa ; b) en faisant varier seulement la forme
syntaxique : passive au lieu d'activé et vice versa ; c) en faisant varier
à la fois l'un et l'autre de ces deux facteurs.
Enfin, la nécessité d'inverser les fonctions d'actant et de patient
attribués aux deux objets des AR (« le chien attaque le chat » et « le
chat attaque le chien ») entraîna l'élaboration de quatre autres listes,
identiques aux précédentes, mais dans lesquelles ce renversement de
fonctions était effectué.
PROCÉDURE
Les examens eurent lieu individuellement. A chaque sujet était
attribuée l'une seule de ces listes et à chaque liste correspondait le même
nombre de sujets. Ces derniers disposaient d'un crayon feutre noir,
d'un rouge et d'un vert pour dessiner les poissons. Pour chaque copie
une feuille blanche de format standard 21 x29,5 leur était procurée.
La séance d'examen comprenait deux phases : une phase de mise
en train dans laquelle le sujet dessinait un bonhomme, puis une phase
expérimentale qui commençait avec la consigne suivante : Maintenant
lu vas faire autre chose. Je voudrais que tu copies ce dessin (présentation
a" un modèle), que tu le dessines tout pareil. On introduisait alors immé
diatement l'énoncé choisi à la forme active ou passive, par exemple :
Tu vois « le camion dépasse la moto ». Dessine. Le dessin de copie étant
terminé on le retirait du champ visuel. On procurait à l'enfant une
autre feuille blanche et un autre modèle en lui disant : « Maintenan
copie celui-là », et en énonçant chaque fois la phrase correspondante
comme s'il s'agissait d'un simple commentaire. César Florès et Annie Magnan 34
L'expérimentateur enregistrait l'ordre dans lequel les deux objets
de chaque modèle étaient dessinés.
SUJETS
48 sujets, 24 élèves de ce2 et 24 de cm2, normalement scolarisés
participèrent à cette expérience.
RÉSULTATS
Pour l'analyse des résultats nous parlerons de direction ou
d'orientation de la copie pour désigner l'organisation spatio-
temporelle de l'acte de copie lui-même. La direction gauche-
droite sera représentée par la flèche -» et la droite-
gauche par la flèche +-.
La prise en considération de la disposition spatiale du modèle
conjointement à la direction de l'acte permet de distinguer quatre
cas :
— A -> P : actant placé à gauche dans le modèle et dessiné en
premier ;
— A <- P : patient placé à droite dans le modèle et dessiné en
premier ;
— P -> A : patient placé à gauche dans le modèle et dessiné en
premier ;
— P •<- A : actant placé à droite dans le modèle et dessiné en
premier.
Compte tenu des analyses qui vont suivre, il est utile de
souligner que lorsque la DS A-P du modèle coïncide avec un acte
orienté A -> P, ou la DS P-A avec un acte orienté P -> A, la
copie a été réalisée selon une direction gauche-droite (G -> D).
Comme on le verra cette orientation de l'acte est majoritairement
utilisée : nous parlerons à son propos de scheme G ->D. Enfin,
quand il s'agit d'analyser le seul ordre temporel de la réalisation
de la copie, sans aucune référence aux aspects spatiaux ni à la
direction de l'acte, nous écrirons ordre A-P et ordre P-A, la
copie commençant par l'actant dans le premier cas et par le
patient dans le second.
A) Relations entre l'ordre d' énonciation des objets, la réversibilité \
non réversibilité des actions et Vordre temporel de réalisation
des copies
384 dessins de copie, c'est-à-dire 192 pour les sujets de ce2 et
autant pour ceux de cm2 ont été recueillis. La disposition spatiale Ordre d'énoncialion ei organisation du dessin 35
des objets dans une seule de ces copies était inversée par rapport
à la DS du modèle. Gomme dans les travaux précédents (op. cit.,
1985, 1987) aucune différence statistiquement significative ou
pouvant traduire une tendance systématique ne fut enregistrée
entre les sujets des deux niveaux scolaires. Les analyses qui
suivent négligent donc ce facteur.
Tableau I. — Relations entre formes syntaxiques, nature
de l'action et ordre temporel de la copie
Percentages of drawings executed in the orders A-P
and P-A
Nature de 1 action
Forme Ordre temporel Non
syntaxique de la copie réversible Réversible Totaux
/- Pourcentages de copies effectuées dans chacun des deux ordres temporels 0)
72,92a Active 46,88 (l)Actant-Patient (A-P) 59,90
53,12 27,08 40,10 (2)Patient-Actant(P-A)
(96) (96) (192)
Passive 36,46 52,08 44,27 (3) Actant-Patien! (A-P)
63,54 47,92 55,73 (4) Patient-Actant (P-A)
(96) (96) (192)
(5)Pourcentages d'objet
57,81b énoncés et copiés en 55,21 60,42
premier (l)+(4)
(192) (192) (384)
//- Effets de la réversibilité/non réversibilité de l'action 0)
62,50b ©Pourcentages de 41,67 52,08
copies dans l'ordre A-P
(7)Pourcentages de 58,33 37,50 47,92
copies dans l'ordre P-A
(2)+(4)
(192) (192) (384)
(') Entre parenthèses : effectifs totaux de copie
Différences par rapport à p = .50
a : significatif au seuil .01
b : au seuil .05
?V César Florès el Annie Magnan 36
Le tableau I contient les pourcentages de copies qui ont été
réalisées selon les deux ordres temporels possibles A-P et P-A,
sans référence à l'organisation spatiale du dessin effectué ni à
la direction de l'acte. Pour l'analyse de ce tableau nous n'avons
retenu que les pourcentages correspondant à un seuil de signif
ication statistique au moins égal à P = .05 avec le test de chi
deux. Les faits observés sont alors les suivants :
1. 57,81 % des 384 copies ont été effectuées avec un ordre tem
porel qui coïncide avec l'ordre d'énonciation des objets de
la syntaxe utilisée.
2. Cette influence du langage reste modeste et ne concerne essen
tiellement que les copies d'AR qui ont été précédées par un
énoncé à la forme active : 72,92 % des copies faites de cette
manière ont été effectuées dans l'ordre A-P (significatif au
seuil de P = .01).
3. Enfin, considérées indépendamment des formes syntaxiques,
les copies d'AR tendent à adopter plus fréquemment l'ordre
A-P (62,5 %, significatif au seuil de P = .05) que l'ordre P-A.
Cette tendance avait déjà été observée par Florès (1985).
Tableau II. — Relations entre la disposition spatiale (DS)
du modèle, les formes syntaxiques et la nature de l'action
(ARjANR) et les pourcentages concernant l'organisation
spatio-temporelle des dessins de copies (expérience I)
Relationship between spacial disposition, syntactic form
and the action (AR/ANR) of model and the percentages
of spatio-temporal organization of drawings (experience 1)
DS. AP DS. P-A
Pas Active Passive Syntaxe Ac'dve ive Totaux Active Passive Totaux Totaux
G— D A— P À— P A— p A— P A— P G-D G-D P-»A P-A P-A P-A P-A
AR 93,7 6,6 77,1 22,9 85,4 47,9 52,1 72,9 27,1 60,4 70,8 75,0 72,9
68,7 ANR 31,3 56,2 43,8 62,5 75,0 25,0 83,3 16,7 79,2 71,9 69,8 70,8
Totaux (%) 81,2 18,8 66,7 33,3 74,0 61,5 38,5 78,1 21,9 69,8 71,3 72,4 71,9
*
' pourcentages de copies effectuées dans l'ordre d'énonciation des objets

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