Etudes générales et Méthodologie. - compte-rendu ; n°1 ; vol.29, pg 320-331

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L'année psychologique - Année 1928 - Volume 29 - Numéro 1 - Pages 320-331
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1928
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a) Etudes générales et Méthodologie.
In: L'année psychologique. 1928 vol. 29. pp. 320-331.
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a) Etudes générales et Méthodologie. In: L'année psychologique. 1928 vol. 29. pp. 320-331.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1928_num_29_1_4832320 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
l'animal. Les groupes de contrôle seraient dans tous les cas soignés
par le même expérimentateur que les groupes d'expérience, de façon
à ce qu'il n'y ait entre les deux aucune autre différence que celle de
leur -ascendance. G. P.
167. — CURT ROSENOW.— Certain aspecty of Heredity and one
more definition of Instinct (De certains aspects de l'hérédité et une
définition de plus de Vlnstinct). — Ps. Bul. (Amer. Psychol. As
sociation), XXV, 3, 1928, p. 148-149.
La définition, que propose R., de l'instinct, est la suivante : une
forme de comportement « meaningful » doit être regardée comme
instinctive dans la mesure où elle constitue une adaptation aux né
cessités biologiques développée durant l'histoire de l'espèce, et de
l'individu, à condition qu'un tel comportement se présente dans au
moins 98 % des individus de la même espèce.
La traduction du « meaningful » est difficile ; il implique une signi
fication, une utilité, une finalité du comportement, mais l'auteur
précise que l'organisme n'a pas nécessairement conscience des résul
tats de l'activité, qui peut devenir chez l'homme un but conscient,
mais qui constitue seulement l'effet dernier du comportement
adapté. H. P.
2° Psychologie Zoologique et Biologie
a) Etudes générales et Méthodologie 1
167 bis. — F. BUYTENDIJK. — Psychologie des Animaux. —
(Traduction française du Dr Bredo). — In-8 de 315 pages. Paris,
Payot, 1928. Prix : 25 francs.
Le professeur de physiologie de l'Université de Groningue a dirigé
pendant un certain nombre d'années, à Amsterdam, un Institut de
Psychologie animale où il a poursuivi et dirigé de nombreuses re
cherches expérimentales de très grand intérêt.
Aussi est-il intéressant de voir publier une édition française de
l'ouvrage néerlandais de synthèse qu'il a consacré à la psychologie
animale, édition française présentée par une préface de Claparède.
Il y a dans cet ouvrage une large documentation — qui ne vise
nullement à être complète mais qui comporte des exemples signifi
catifs destinés à illustrer les grandes questions posées, — et il y a
surtout une élaboration et une systématisation.
Ce n'est pas un manuel objectif, un recueil de faits, c'est une phi
losophie de la psyche animale, solidement étayée de faits nombreux,
bien choisis, d'expériences personnelles rigoureusement conduites,
mais dirigée par un système d'opinions et de croyances.
Partisan d'un vitalisme animiste, F. B. pense qu'il doit y avoir un
facteur immatériel assurant une vie superindividuelle s'étendant au-
dessus des générations successives des organismes, et qu'à cette vie
appartient une unité logique qyi relèvera d'une âme mondiale ou
d'un Dieu, de fortes indications étant fournies, à ses yeux, en faveur
d'une conception « chrétienne-théistique » du monde.
C'est là une attitude qui peut ne pas sembler aussi nécessaire
1. Voir aussi les n°s 59, 130, 139, 140, 141. PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 321
qu'à l'auteur ; mais on n'est pas obligé de le suivre sur ce terrain
métaphysique.
On n'en lira pas moins avec fruit les chapitres du livre consacrés à
la psychologie des Protozoaires, à la critique de la théorie des tro-
pismes, à la notion de perception — très imprégnée de spéculation
philosophique, — à l'instinct en général et aux instincts sociaux en
particulier, à la formation des habitudes (chapitre particulièrement
bien documenté et appuyé d'expériences personnelles), enfin au
problème de la pensée des animaux, (avec relation des principales Köhler"
•expériences faites sur les singes par Yerkes, par et par l'au
teur lui-même).
Ce livre est de nature à éveiller utilement la réflexion et à donner
le goût de la recherche par les discussions qu'il ne manquera pas de
susciter. H. P.
168. — C. J. WARDEN. — The development of modern compara*
tive Psychology {Le développement de la Psychologie comparée mod
erne). — Quarterly Review of Biology, III, 4, 1928, p. 486-522.
Intéressante étude historique illustrée de plusieurs planches (avec
18 photographies de zoopsychologues) et appuyée d'une bibliogra
phie de 261 travaux.
L'auteur divise en deux périodes l'histoire moderne de la psychol
ogie animale, la période anecdotique (1859-1890), avec Darwin et
Romanes, et de nombreux observateurs qui continuent encore leurs
recherches aujourd'hui, en particulier sur le comportement et les
mœurs des Insectes, et la période expérimentale commençant vers
1890 (avec Lubbock, Morgan, Loeb, etc.) et s'épanouissant largement
aujourd'hui,- avec travaux sur les animaux inférieurs et jusque sur
les Anthropoïdes, et discussions théoriques et doctrinales. H. P.
169. — D. K. Ä.DAMS. —, The inference of mind (Comment établir
l'existence de processus mentaux ?) — Ps. Rev., XXXV, 3, 1928,
p. 235-252.
Comment établir qu'il existe chez les animaux soumis à l'obser
vation tels ou tels processus mentaux ?
A. discute le principe de Morgan : « En aucun cas, on ne doit
considérer une action comme relevant d'une activité mentale de
type élevé, lorsqu'on peut l'interpréter comme relevant d'une acti
vité mentale d'un type moins élevé. » C'est l'application à la psychol
ogie animale du principe d'économie d'Occam : II ne faut pas mult
iplier les entités plus que la nécessité ne l'exige. Ce principe d'éco
nomie a rendu dé grands services dans les sciences inductives. Il
exprime simplement la tendance de la science vers l'unité, le désir de
réduire un ensemble phénoménal complexe à l'unité d'un concept.
Mais Morgan a fait de ce principe une application inexacte, en
l'interprétant à l'aide d'une certaine conception de l'évolution, et
en admettant pour démontrées des idées contestables, à savoir :
que l'évolution est orthogénétique, que la différence entre les orga
nismes est purement une différence de complexité, etc. De plus ce
principe de Morgan est d'une application pratique difficile. Comment
déterminer quelles sont les activités psychiques d'un ordre supé
rieur ? Dira-t-on que l'on doit s'appuyer sur l'ordre de développe-
l'année psychologique, xxix. 21 322 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
ment et l'ordre d'évolution ? Mais c'est précisément cela que la psy
chologie animale cherche à étudier. On ne peut prendre pour point
de départ la conclusion.
A. propose de remplacer ce principe par le suivant : « On peut
assurer qu'un processus mental existe dans un organisme en se basant
sur la structure de cet organisme, sur la situation, V histoire et le
comportement, quand un processus mental similaire a été invariabl
ement associé chez nous-même avec cette structure, cette situation,
cette histoire ou ce comportement. La probabilité de inference
est proportionnelle au degré de similarité. La structure, c'est, par
exemple, la forme générale de l'organisme, le système nerveux, la
spécialisation à Fintérieur du système nerveux. La situation, c'est le
milieu tel qu'il est vu par l'expérimentateur. On doit tenir compte
aussi de l'histoire de l'organisme. Un grand nombre d'actes nous
paraissent très faciles parce que nous y avons été habitués dès notre
enfance. Notre supériorité dans ce cas peut tenir uniquement aux
exercices que nous avons faits précédemment. Par contre, il peut arri
ver que l'animal, à Tinsu de l'expérimentateur, ait eu précédemment
l'expérience de telle ou telle situation. Le comportement doit être
observé d'une façon objective, c'est-à-dire indépendante d'un obser
vateur particulier. Il doit être décrit autant que possible sans réfé
rence à des processus mentaux de l'animal. Mais une pareille des
cription a le droit d'être anthropomorphique et de faire appel à la
finalité. Il y a une série de mouvements tels que nous disons : le chat
cherche à sortir de la cage. L'observateur le plus « objectiviste » peut
constater ce fait. L'homme est la mesure de toutes choses et son
effort pour éviter l'anthropomorphisme en décrivant l'activité ani
male est appelé à avoir autant de succès que l'effort pour s'élever
dans l'air en se haussant sur la pointe des pieds. Lorsqu'on le peut,
cette forme de description anthropomorphique doit être évitée, mais
il est des cas où cela est impossible.
Une grande difficulté de la psychologie animale est que l'expér
imentateur, en comparant son expérience à celle de l'animal, doit
faire abstraction de la partie verbale du comportement. Mais il est
d'autre part, impossible de décrire un comportement non verbal
sans employer de mots. Cette difficulté est insoluble, mais il faut la
connaître et en tenir compte. G. P.
X70. — L. CARMICHAEL. — A further experimental stedy of the
development of behavior {Nouvelle étude expérimentale sur le dév
eloppement du comportement). — ■ Ps. Rev., XXXV, 3, 1928, p. 253-
260.
Dans une précédente série d'expériences, G. avait utilisé les
embryons de grenouilles et de salamandre. Les prenant à une période
où les mouvements spontanés ne se sont pas encore manifestés, il les
plaçait dans une solution étendue de chlorétone. Cet anesthésiqu©
n'empêche pas la croissance, mais supprime toute manifestation
motrice. Les animaux conservés comme témoins {non anesthésiés)
nageaient librement alors que ceux du premier lot restaient
immobiles'. A ce moment, on replaçait ceux-ci dans l'eau pure et au
bout de quelques minutes, on les voyait se mettre à leur tour à nager» PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQÜK ET BIOLOGIE 323
Une expérience de contrôle montrait que le temps qui leur était
nécessaire pour cela n'était pas supérieur au nécessaire à des
animaux sachant déjà nager pour se dégager de l'effet de l'anesthé-
sique. On pouvait donc conclure que l'influence des facteurs exté
rieurs était nulle ou à peu près sur le développement de la mctilité.
Dans une nouvelle série d'expériences, C. opère sur des œufs de
salamandre, qu'il divise en ti ois lots. Le premier est placé dans une
salle obscure et à l'épreuve du bruit, les deux autres dans le labo
ratoire, le second dans une salle éclairée, mais peu fréquentée, le
troisième dans la salle eommune. Lorsque les embryons de ce tro
isième lot commencent à nager, on visite les deux autres lots. On
constate qu'il n'y a aucune différence notable entre eux. La lumière,
le bruit et les vibrations n'ont donc eu aucun effet accélérant sur le
développement de l'activité motrice.
Un appareil neuro-musculaire qui n'a jamais fonctionné auparavant
est donc capable de déterminer, la première fois qu'il est soumis à une
excitation, un comportement d'un genre particulier. G. P. â'
171. — J. A. BIERENS de HAAN . — üaber Wahl aach relative»
und absoluten Merkmalen. Versuche an Affen und Bienen ( Sur ce
choix d'après critères relatifs et absolus. Recherches sur des singes
et des abeilles). — Z. für ver. Ph., VII, 3, 1928, p. 462-487.
Des abeilles sont dressées à venir trouver de la nourriture sur des
papiers gris sombre (n° 20 de Hering juxtaposé au n° 8) ; ensuite on
met le papier à côté d'un plus sombre encore, avec change
ments d*orientation générale du dispositif (.20 et 29). Les abeilles
vont au papier pour lequel le dressage a été fait. Si on emploie une
combinaison plus claire (papieps 8 et 4), les abeilles vont indifféreEti-
ment sur les deux. Il n'y a donc pas eu dressage à la plus sombre des
deux surfaces, mais à une surface d'une certaine clarté ; ce qui va
contre l'opinion de Köhler que le choix d'après un critère relatif
représente la forme primitive du choix, 1« critère absolu étant plus
tardif.
Les expériences sont faites aussi par dressage de deux singes du
genre Nemestrinus : L'un est dressé au plus clair etPautre au plus
sombre des deux papiers gris (n08 7 et 16).
1 Celui qui est dTessé au plus sombre (n° 16), mis en face du plus
clair (n° 7) et d'un plus clair encore (n° 4) choisit le plus sombre des
deux, et se fonde donc sur le critère relatif ; mais, mis en présense
du n° 16 et d'un plus sombre (n° 28), il choisit cette fois le plus clair
auquel il a été (dressé (critère absolu) dans 90 % des cas, et seul
ement dans 10 % le. plus sombre (critère relatif). Celui qui est dressé au
plus clair (n° 7), en présence des deux plus sombres, (n° 16 et 28)
choisît le plus clair desdeux (critère relatif), et, en présence d'un plus
clair encore (n° 4 et 7) choisit dans 60 % des cas le plus sombre,
le tfi 7 auquel il a été dressé (critère absolu) et dans 40 % le plus clair
(critère relatif).
En dressant ensuite les singes à des figures formées de deux petits
cercles noirs à distance variable, on observe encore que dressé à la
plus petite distance, en face de deux distances plus grandes, un des
singes choisit bien dans la plupart des cas la petite, et que, 324 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
dressé à la plus grande, en face de deux plus petites, l'autre choisit
bien la plus grande, le critère relatif jouant quand il n'y a plus per
ception de la figure pour laquelle s'est fait le dressage. Quand cette
figur.e est représentée avec une à distance encore moindre ou encore
plus grande, les choix sur critère absolu et sur critère relatif s'équi
valent à peu près en fréquence. Et le résultat est le même avec des
triangles inégaux. Dans ce cas des choix fortuits se répartiraient de
même. Le dressage vaudrait pour un ensemble complexe en dehors
duquel il y aurait désorientation de l'animal. H. P.
172. — MAURICE THOMAS. — La fuite devant le danger et la
simulation de la mort. — Ann. et Bull, de la Soc. ent. de Belgique,
LXVIII, 1928, p. 53-72.
L'auteur cite des observations relatives à des immobilisations se
produisant en l'absence d'excitations sensitives (par exemple chez
les araignées) et ne correspondant pas à l'immobilisation réflexe de
Rabaud. « A côté du sommeil hypnotique et de l'immobilisation
réflexe, il existe une troisième immobilisation, que l'animal s'impose
et pendant toute la durée de laquelle il garde, si je puis m'exprimer
ainsi, tous ses esprit, c'est-à-dire la pleine maîtrise de soi-même et
la notion de ce qui se passe autour de lui. »
L'immobilisation est alors une activité comparable à la fuite
devant le danger. Selon T. il y a « ruse », mais la question resterait
ouverte d'une véritable simulation de la mort.
Il propose l'expression d'« immobilisation psychique », à situer à
côté de 1'« hypnose » de Fabre et de « l'immobilisation réflexe » de
Rabaud, et n'accepte pas celle d'immobilité protectrice (Piéron), en
remarquant que les faits qu'il décrit confirment ceux que j'avais
mis en évidence en 1908, et qu'il ne connaissait pas quand il faisait
ses propres observations. H. P.
173. — K. S. LASHLEY. — Neural factors in Intelligence {Facteurs
nerveux en matière d'intelligence). — Ps. Bul. (Amer. Psychol.
Association), XXV, 3, 1928, p. 147.
Des rats atteints de lésions cérébrales (atteignant 2 à 81 % du
pallium, en comprenant, chez l'un ou l'auire des animaux toutes
les régions corticales) sont mis à l'apprentissage de labyrinthes
(5 types) ou de compartiments à discriminer (de 2 types) et sont
réétudiés après 6 semaines d'intervalle pour la rétention.
Les résultats généraux, fort intéressants, de ces recherches sont
les suivants :
La difficulté de l'apprentissage du labyrinthe croît proportionnell
ement à Ja lésion (et indépendamment de la région corticale intéressée);
elle se manifeste de façon permanente après la lésion, d'autant plus
que le labyrinthe est plus complexe. Mais les habitudes discrimina-
tives ne sont pas affectées.
■ La rétention est en corrélation étroite avec la capacité d'apprent
issage. H. P.
174. — J. A. GENGERELLI. — Preliminary experiments on the
causal factors in animal learning {Expériences préliminaires sur
les facteurs qui conditionnent V apprentissage chez les animaux). — >•
J. of comp. Ps., yill, 5, 1928, p. 435-458. PSYCHOLOGIE ZOOLOCIQUE ET BIOLOGIE 325
Ces expériences sont faites pour montrer l'insuffisance de la théor
ie de Watson, qui explique la formation des habitudes par l'inlluence
de la récence et de la fréquence, et en général de toute explication par
le principe du réflexe conditionnel.
Des rats apprennent à parcourir un labyrinthe simple formé d'une
allée droite et d'une allée latérale qui se termine en cul de sac. Des
portes peuvent être fermées de manière à obliger les animaux à
entrer dans l'impasse et à séjourner quelque temps dans la partie
terminale du cul-de-sac ; ensuite ils peuvent revenir à la bifurcation
et terminer correctement l'épreuve, la porte ayant été ouverte
pendant leur détention. Le dressage terminé, on procède aux épreuves
critiques (toutes les portes sont ouvertes). Or les rats apprennent très
vite à faire l'économie du détour par l'impasse : si la théorie de
Watson était vraie, ils ne pouvaient que répéter ce détour et non le
corriger.
Même expérience, mais la chambre de détention devient la chambre
d'alimentation et réciproquement. Le même groupe de rats qui vient
de former l'habitude précédente acquiert en deux oü trois essais
l'habitude opposée, ce qui est tout à fait contraire aux principes de
récence ou de fréquence. Le passage de la solution précédente à celle-
ci se fait brusquement : on ne voit pas par exemple des rats entrés
d'abord dans l'impasse y pénétrer progressivement de moins en
moins loin.
Dans une autre expérience avec un appareil de forme un peu plus
compliquée, mais où la circulation est libre d'un bout à l'autre, on
place, après un dressage préalable, la nourriture au fond de l'impasse.
Les rats apprennent vite le parcours qu'ils avaient d'abord dû élimi
ner. On observe à la bifurcation des hésitations, des arrêts dont la
théorie du réflexe conditionnel ne rend pas compte.
Avec l'appareil à portes intérieures de la première expérience,
on oblige l'animal à faire le détour (mais sans détention) puis à re
venir et à achever le parcours par la porte qui a été ouverte.
Pendant l'apprentissage, le rat essaye d'abord de se dérober au
détour absurde, il gratte à la porte fermée ; mais ces réactions ne
tardent pas à disparaître. Néanmoins ce dressage n'empêche pas la
correction de se faire très vite dès que, dans les expériences critiques,
la porte se trouve ouverte dès le début.
Dans le parcours direct le rat trouvait par exemple à sa droite le
chemin de la chambre de nourriture, tandis qu'il l'avait à sa gauche
quand il revenait de l'impasse. Certains individus le cherchent en
effet à leur gauche, d'autres à leur droite. Pour étudier ce phéno
mène, l'auteur emploie un autre labyrinthe en forme de T à deux
branches horizontales. Supposons que la nourriture soit dans la
seconde branche (la plus éloignée) et à gauche, la branche proximale
étant fermée de part et d'autre. Quand le rat a forméunehabitude, on
ouvre la première branche et on ferme le couloir central à ce niveau.
On peut aussi faire l'inverse, c'est-à-dire allonger le labyrinthe au
lieu' de le diminuer, sans changer sa forme générale. Nous n'entre
rons pas dans le détail des résultats qui sont complexes et dont
l'auteur ne présente, pas pour le moment, d'interprétation positive,
son but étant surtout de montrer l'insuffisance des théories courantes.
P. G. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 326
175. — W. M. BOROVSKI. — Experimentelle Untersuchungen
über den Lernprozess. III. Experimente mit dem doppelten Ha
milton apparat (Recherches expérimentales sur le processus d'apprent
issage. III. Expériences avec l'appareil double de Hamilton). —
Z. für ver. Ph., VII, 2, 1928, p. 289-303,
Dans l'appareil de Hamilton (Behav. Mon. n° 1.3, 1916), l'animal a
à choisir entre quatre compartiments dont un seulement donne
accès au compartiment à nourriture. Dans le dispositif de l'auteur
(ne comportant pas de punition électrique des erreurs, comme dans
celui de H.) le premier choix donne accès à un nouveau carrefour sur
4 directions encore, et cette fois avec le compartiment à nourriture au
bout. Etude sur trois groupes de rats, l'un avec disposition constante
des bons couloirs (le 4e puis le 2e), un autre avec cons
tante de la deuxième moitié et variable de la première, et le tro
isième avec disposition variable de la deuxième et constante de la
première moitié. Les résultats numériques sqnt donnés en détail.
Cette fois encore la suppression des erreurs commence dans la
deuxième moitié. Lorsqu'on change les couloirs de la première
moitié, et non de la seconde, l'apprentissage est plus rapide que
quand on change les couloirs de la deuxième partie seuls (en ne
comptant pas les erreurs qui consistent à s'engager dans un mauvais
couloir de la partie variable). Quand ensuite on éprouve les deux
derniers groupes avec un dispositif constant, c'est le 3° groupe (qui
avait le dispositif constant de la lre moitié) qui apprend cette fois
le plus vite.
L'observation des rats semble indiquer que l'automatisation pro
gressive implique substitution aux signes extéroceptifs d'orienta
tion un guidage uniquement proprioceptif, kinesthésique. H. P.
176. — Y. H. HO. — Tranfer and degree of integration (Tranferl
et degré d'intégration). — J. of comp. Ps., XI, 1, 1928, p. 87-99.
Le transfert étudié ici est l'influence d'une habitude sur une
autre. Des rats dressés à parcourir un labyrinthe A sont ensuite exer
cés dans un autre labyrinthe B, puis remis au premier : dans cer
taines séries on intercale entre A et B une période de repos plus ou
moins longue. On trouve que l'aptitude à rapprendre A est favorisée
par l'apprentissage de B, et le bénéfice est d'autant plus sensible que
B a été plus complètement appris, plus profondément intégré.
Cependant ce bénéfice n'existe pas si B a été appris mécaniquement
(toutes les impasses étant bloquées, ce qui dispense l'animal d'avoir
à choisir). Il y a également transfert dans l'acquisition de la nou
velle habitude (B), du fait de l'intégration préalable de l'ancienne
(A). Enfin il y a un effet positif de l'habitude acquise
dans B sur l'achèvement de l'habitude relative à A quand celle-ci
n'a pas été d'abord poussée jusqu'à sa forme parfaite. P. G.
177. — C. J. WARDEN et H. W. NISSEN. — An experimental
analysis of the obstruction method of measuring animal drives
(Analyse expérimentale de la méthode de mesure des impulsions par
V obstruction). — J. of comp. Ps., VIII, 4, 1928, p. 325-342.
Avant de tirer des conclusions de l'emploi d'un appareil de mesure, PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 327
il faut le mettre à l'épreuve. C'est l'objet de ce travail sur l'appareil
employé à l'Université de Columbia pour l'étude des impulsions chez
les animaux. L'instinct alimentaire ou sexuel est opposé à la crainte
de traverser une grille électrisée qui sépare l'animal de son objectif»
A l'épreuve, on a été conduit à employer -un courant assez faible
pour ne pas provoquer des inhibitions absolues, assez efficace cepen
dant pour introduire une différence significative dans les résultats ;
la moyenne des passages est réduite de moitié quand on donne le
courant. Le stimulant est visible à travers une porte transparente»
qui présente des ouvertures suffisantes pour la diffusion de l'odeur
et qui s'ouvre automatiquement quand le rat traverse la grille ;
ici encore la comparaison du nombre des passages avec ou sans stimu
lant en démontre l'efficacité. On peut aussi étudier dans les deux
cas la distribution des passages dans les vingt minutes que dure
l'épreuve ; alors que leur nombre décroît régulièrement quand il
n'y a pas de stimulant, il se maintient constant ou augmente dans
le cas contraire.
Si on répète les épreuves sur un même groupe, on constate une
accoutumance progressive, mais assez lente ; les rats hésitent de
moins en moins à traverser la grille. On pourrait attribuer ce résul
tat aux effets accumulés du jeûne de vingt-quatre heures qui précède
chaque épreuve, les animaux n'étant plus, en fait, alimentés qu'un
jour sur deux ; mais si ce facteur est réel, il y a néanmoins un effet
positif d'accoutumance comme le montre la comparaison avec un.
groupe de contrôle soumis à la même diète, mais non à la répétition
des dix séries d'épreuves.
La méthode se montre assez précise pour déceler des différences
individuelles de réaction, car le rang des individus dans les épreuves
successives se maintient sensiblement constant. P. G.
178. — M. H. ELLIOTT. — The effect oi change of reward oit
the maze performance of rats {L'effet du changement d'appât sur
les rats dans l'exercice du labyrinthe). — University of California
Publications in Psychology, 1928.
L'objet de cette étude est de déterminer l'effet d'un changement
d'appât sur des rats qui ont subi un entraînement pour parcourir
un labyrinthe en vue d'un appât déterminé. Les sujets sont divisés
en deux groupes : un groupe d'expérimentation et un groupe de
contrôle. Les rats du firent les progrès
habituels dans l'accomplissement de leur exercice pendant les
10 premiers jours. Le dixième jour, de la graine de tournesol fut
substituée à la mixture qui avait servi jusqu'alors. Cette substitu
tion fut la cause d'un accroissement du temps de recherche et du
nombre des erreurs pour les sujets étudiés, le changement dans
l'accomplissement de leur exercice semble être plus qu'un simple-
dérangement temporaire puisqu'il croît au lieu de décroître pendant
6 jours. Le groupe d'expérimentation avait été divisé en deux sous-
groupes A et B, le premier nourri d'une ration très réduite de graines
de tournesol, le second avec la mixture primitive. Du 16e au
20e jour, les animaux du sous-groupe A, nourris d'une ration mi
nime revinrent aux résultats primitifs, antérieurs au changement de 328 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
ration. Le sous-groupe B, quand il reçut de nouveau la bouillie du
début revint aussi à son résultat primitif. Cependant, dans
l'ensemble ce groupe retourna plus vite et plus uniformément aux
résultats primitifs que les animaux à demi-affamés. Ainsi il semble
que le changement d'appât ait produit une sorte de bouleverse
ment émotionnel. Aucune accoutumance ne s'est faite, au con
traire. Le dans les résultats ne semble pas dû non plus
aux conditions physiologiques générales résultant du régime du
tournesol. Il semble à l'auteur que l'accroissement des erreurs soit
dû à ce que les rats cherchaient la nourriture à laquelle ils étaient
accoutumés. Il importe donc, dans les expériences d'entraînement
de s'en tenir pendant le cours d'une série d'expérience à une seule
catégorie d'appât. P. A.-B.
179. — S. KOSTER et A. GEESINK. — Etude expérimentale
de la fonction de l'hypophyse chez le chien. — Ar. néerl. de Ph.,
XIII, 3-4, 1928, p. 601-603.
K. et G. ayant obtenu la survie, dans d'assez nombreux cas, de
chiens jeunes ou adultes, pensent que l'hypophyse n'est pas indi
spensable à l'existence. Parmi les très nombreux troubles énumérés
comme consécutifs à l'ablation de cet organe nous notons : L'inhibi
tion de la croissance, les changements de pelage, les changements
dans le métabolisme du calcium (inhibition de la dentition), la dimi
nution du sucre dans le sang, la dégénérescence graisseuse, l'abaiss
ement thermique général, la diminution de la pression sanguine,
l'atrophie génitale.
La valeur de ces expériences est malheureusement considérable
ment réduite par le fait (que les auteurs reconnaissent les premiers)
qu'on ne peut jamais parler d'ablation totale de l'hypophyse, et
qu'une fraction d'organe à sécrétion inlerne, suffit, on a pu le cons
tater souvent, à continuer à jouer un rôle important dans la marche
générale de l'organisme. M. F.
180. — H. A. VERMEULEN. — Sur la fonction de la glande thy
roïde des oiseaux. — Ar. néerl. de Ph., XIII, 3-4, 1928, p, 603-605.
Comme il est impossible d'extirper la thyroïde chez les oiseaux, on
peut pour étudier son rôle, examiner l'effet de la nutrition avec du
tissu ou de la poudre de thyroïde. Les animaux en supportent sans
inconvénient d'assez fortes doses, (jusqu'à 50 grammes à la fois pour
une poule moyenne). On réussit ainsi à donner des caractères femelles
à des animaux mâles, d'une part, dans d'autres cas, en opérant sur
de vieilles bêtes, à supprimer chez elles pendant quelques mois, les
caractères de la sénilité. Chez des adultes, on constate souvent la
perte du plumage, une semaine après l'ingestion d'une forte dose
de poudre ; il reparaît après 21 jours, mais les plumes sont plus
fines et sans couleurs (25 à 30 grammes de thyroïde fraîche). Il
semblerait donc que la mue périodique des oiseaux soit la conséquence
d'une intensification de la fonction thyroïdienne. Point de vue corro
boré par le fait que la dépigmentation s'accompagne d'une atrophie
prononcée des glandes sexuelles (un testicule de coq passe de 40
à 9,5 grammes pour ingestion de 25 grammes de poudre fraîche). Or

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